Les chefferies du Cameroun

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Même s’il est un peu présomptueux de prétendre, à l’instar du slogan officiel, que le Cameroun représente toute l’Afrique dans un seul pays, il faut reconnaître que ce grand territoire, s’étendant de l’Afrique équatoriale aux confins des régions sahariennes, présente une extraordinaire variété de faune, de flore, de paysages et de cultures. La population est composée de plus de 200 groupes ethniques aux traditions séculaires intactes. C’est d’ailleurs l’attrait principal du Cameroun, qui a su mettre en valeur sa culture en la rendant accessible aux touristes, sans pour autant perdre de son authenticité.

Pour s’en convaincre, rendons-nous dans le nord-ouest du pays, sur les hauts plateaux du pays Bamiléké, à quelques heures de route de Yaoundé, la capitale. Dans cette région, la société s’organise autour de la chefferie, petit royaume indépendant aux temps précoloniaux, qui joue encore un grand rôle religieux, culturel et politique de nos jours. A sa tête, il y a un chef qui détient un pouvoir considérable. Appelé selon les régions fon, lamido, ou sultan, le chef est le médiateur entre le monde des ancêtres et celui des vivants, il est entouré de sociétés secrètes, et il jouit de prérogatives sans bornes. Aujourd’hui, il est possible de visiter des chefferies, de rentrer dans les palais, et même de rencontrer certains chefs. A Bana, le roi Sikam Happi V reçoit les touristes par petits groupes. Mais cette audience, pour planifiée et tarifée qu’elle soit, ne perd rien de sa solennité, et inspire à chacun un silence respectueux. Entouré de ses « ministres », vieux notables portant de grandes lances à trois pointes, au visage hiératique recouvert d’un tissu décoré de cauris, le jeune roi dévisage d’abord les membres de l’assemblée, qui sont invités à se présenter en frappant trois fois dans leurs mains, et en s’adressant à lui en disant « majesté », comme l’exige le protocole. C’est assez impressionnant ! Pendant qu’il discourt en usant de paraboles, son téléphone portable dépassant de son grand boubou brodé, l’une de ses quinze femmes, héritées du précédent chef, sert des rafraîchissements…

A Bamoun, on ne rencontre pas le sultan, personnage très important, ami personnel de Charles Pasqua, mais on visite dans son palais un extraordinaire musée abritant une riche collection d’objets relatant l’histoire de 600 ans de la dynastie Bamoun : masques, statues, fétiches liés au pouvoir, à la sorcellerie, objets d’art… Une large place est accordée au 17ème sultan, Njoya, personnage de roman qui a inventé un alphabet, avec lequel il a écrit l’histoire de son peuple, un traité de médecine traditionnelle, une bible (car il a aussi créé sa religion), et un livre érotique décrivant 56 positions amoureuses ! Il faut dire qu’il avait 1500 épouses… A Bafut, c’est la reine (l’une des reines) du fon qui se charge de faire visiter la chefferie, en anglais, car nous sommes dans la partie anglophone du Cameroun. Ici, la visite se termine en apothéose devant la grande case du fon, couverte de chaume et soutenue par des piliers sculptés : après la performance de musiciens traditionnels, jouant de l’arc musical, de la cithare ou du balafon, des esprits recouverts de plumes, armés d’un bâton et portant des masques d’animaux, certains juchés sur des échasses, entament une danse rituelle époustouflante sur un rythme effréné, laissant les spectateurs ébahis, fascinés, envoûtés.

 

Les sortilèges du Cameroun proviennent aussi des spectaculaires chutes d’Ekom (où a été tourné Greystoke), de la démesure de l’iroko, le géant des forêts, des inénarrables scènes de marché, de l’incomparable suavité des fruits tropicaux, de l’ineffable douceur et parfum des nuits étoilés sur les hauts plateaux, de l’éclat magique d’une plage de sable noir au clair de lune, et surtout, de l’inoubliable silhouette du mont Cameroun, se découpant sur la flamboyance d’un coucher de soleil sur l’océan…

Pratique

Y aller : Paris-Yaoundé avec Brussel Airlines (avec correspondance), à partir de 400 €, ou Air France en vol direct à partir de 500 €.

Circuits organisés : plusieurs voyagistes français proposent des circuits au Cameroun, associant la découverte culturelle des chefferies à un séjour balnéaire, un safari ou une excursion sur le mont Cameroun. Contacter Nomade Aventure, Explorator ou Afrique Authentique.

Bureau d’information touristique : 26, rue de Longchamp, 75016 Paris. Tél. : 01 45 05 96 48

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