Québec : la route des explorateurs

Sur les traces des premiers colons et des chercheurs d’or, partez de Montréal pour explorer le nord-ouest québécois, en traversant de vastes territoires sauvages de forêt et de lacs. Le Canada comme on le rêve…

La route des explorateurs

Au 17ème siècle, alors que les rives du Saint-Laurent ne dénombraient que quelques comptoirs de commerce de fourrure, l’Ouest du Québec était une vaste étendue de forêt parsemée d’une myriade de lacs. Ce n’est qu’à la fin du 19ème siècle que les premiers colons fondèrent des villages au nord de Montréal, ouvrant la voie pour une exploration vers le nord de ce territoire sauvage qui n’était parcouru que par les peuples autochtones et les trappeurs. Depuis l’aéroport de Montréal, louez une voiture et rejoignez Saint-Jérôme, où débute la route des Belles Histoires. Le long de cette route pittoresque qui suit la trace des premiers explorateurs, vous découvrirez des villages charmants (Saint-Sauveur, Val-David, Sainte-Agathe-des-Monts…) et de vielles gares reconverties en musée, qui racontent des histoires en effet peu banales : celle du curé Labelle, un colosse qui fut à l’origine de la colonisation de la région en obtenant la création d’une ligne de chemin de fer ; ou celle de Jackrabbit, un Norvégien qui amena la pratique du ski de fond au Canada, et qui skiait tous les jours à plus de 100 ans ! Une piste cyclable longe l’ancienne voie de chemin de fer (le P’tit Train du Nord), très agréable à faire en été, et qui se transforme en piste de ski de fond l’hiver…

Sur le territoire de l’ours, du loup et de l’orignal

Le village de Mont-Tremblant est situé à la lisière du plus grand parc national du Québec : 1500 km² de forêt, 400 lacs, 6 rivières parsemées de chutes et de cascades, et un doux relief créé par la chaîne des Laurentides. Bref, un paradis pour les amoureux de la nature, la vraie. Celle où l’on aperçoit un loup au bord de la route, celle où l’on peut voir le castor ou l’orignal depuis son canot, celle où un cerf de Virginie bondit sur le sentier devant votre VTT, et celle où le raton-laveur furète la nuit autour des tentes pour chercher de la nourriture… C’est aussi le territoire de l’ours, mais sa rencontre est très rare, heureusement ! Des randonnées guidées et des sorties en canoë sont organisées avec des guides, mais il est possible de s’aventurer dans ces forêts et sur ces lacs en liberté, car les sentiers sont très bien fléchés. Au bout d’un moment, en se retrouvant seul dans la nature, on ressent probablement le même frisson que les anciens coureurs des bois, un frisson provoqué autant par la fascinante beauté de ces espaces vierges, que par notre peur ancestrale devant la vie sauvage…

Reprenez la route 117 (la transcanadienne) vers le nord jusqu’à Mont-Laurier, et rejoignez le parc de la Montagne du Diable. Un nom surprenant, faisant écho au lac Windigo (diable en algonquin), deux sites pourtant magnifiques et paisibles. Quelques chalets posés au bord d’un lac permettent de poser ses valises afin d’explorer, à pieds ou en VTT, les forêts alentours. C’est là que j’ai rencontré Carl Blondin, un trappeur qui m’a montré la diversité des fourrures qu’il prépare avec des animaux chassés l’hiver : martre, zibeline, renard, loup, loutre, ours… Il connaît et il aime tellement les hôtes de ces bois, qu’il arriverait à convaincre un anti-chasse du rôle utile du trappeur en tant que régulateur des populations d’animaux. Oui, il assure aimer ces animaux, même s’il les tue, en tout cas il leur montre du respect à la façon des autochtones, en utilisant tout ce qu’ils peuvent apporter aux hommes (viande, graisse, fourrure, griffes…). Et en plus, il leur « redonne vie » en étant taxidermiste. Il faut entendre Carl imiter le cri de l’orignal en rut pour comprendre à quel point il est en symbiose avec la nature dans laquelle il vit…

L’étape coup de coeur

A 30 minutes de voiture de ce parc, une piste poussiéreuse mène au bord du lac Baskatong, un immense réservoir artificiel qui forme comme une petite mer intérieure. D’ailleurs, l’été, ses rives sont prises d’assaut par des familles de Québécois, qui viennent y camper en autonomie, canoë sur la galerie. Mais ce lac est si grand que chacun peut profiter de son petit bout de paradis, en étant seul au monde… D’un coup de bateau, ces  Robinson de la Belle Province viennent déjeuner ou dîner au Rabaska Lodge, un campement d’une vingtaine de bungalows qui possède un très bon restaurant. Plus que ses poissons grillés ou ses chalets posés au bord du lac, ce resort vaut surtout pour l’accueil de Dominique et Martin, un couple franco-québécois dont la gentillesse et la bonne humeur vous donnent l’impression d’être des amis de la famille ! Le matin, promenade en forêt, l’après-midi, mini-croisière, ski nautique ou partie de pêche sur le lac… Le soir, c’est un plaisir à nul autre pareil de s’asseoir au bord du lac avec une bière (ou dans le jacuzzi posé sur la terrasse !), et de contempler le coucher de soleil en écoutant la nature qui se prépare à la nuit. Comme la civilisation est lointaine ! Qui n’a pas entendu le cri déchirant du huard (oiseau lacustre), celui lancinant du ouaouaron (grosse grenouille), ou celui glaçant du coyote, n’a pas ressenti ce frisson mêlé d’extase qui vous saisit pendant ces instants d’une pureté originelle.

Or vert, or jaune

Toujours plus au nord, la transcanadienne traverse l’immense réserve faunique de la Vérendrye, et pendant plus de 200 km, le rideau compact des épinettes s’ouvre et se ferme à l’infini sur des lacs ou des marais, comme autant de fenêtres sur un monde sauvage et beau. Retour à la civilisation à Val-d’Or, en Abitibi-Témiscamingue. Cette cité minière a poussé comme un champignon dans les années 1930, et prospère grâce à son or vert (l’exploitation forestière), et à celui qui est extrait du sous-sol. La « cité de l’or » permet de découvrir le mode d’extraction de l’or et les terribles conditions de travail des mineurs d’autrefois. On descend dans les galeries avec un petit train, et un guide vous promène dans ces boyaux humides en expliquant précisément comment attaquer les veines de pierre avec des marteaux-piqueurs ou de la dynamite, comment remonter le minerai, comment s’éclairer, comment respirer, etc… Le moment le plus passionnant est quand un opérateur fait couler du métal en fusion, et que l’on voit apparaître une petite boule d’or pur ! Le village minier adjacent de Bourlamaque regroupe des maisons faites en gros rondins de bois, qui sont des versions modernes de la mythique cabane au Canada.

 

Un refuge au poil

Continuez vers le nord pour rejoindre Amos, où se trouve le refuge Pageau. Dans cet asile pour animaux blessés ou orphelins, vous pourrez observer de près toute la faune des forêts alentour. Les animaux qui sont trop infirmes ou trop habitués à l’homme pour être relâchés dans la nature, sont des résidents permanents, et une fiche détaille leur infortune : accident de la route, électrocution, kidnapping, mère tuée par des chasseurs… Marie-Frédérique Frigon s’occupe avec une attention touchante de ces animaux infortunés, et entretient une étonnante complicité avec les loups qu’elle a nourris au biberon… Certains résidents permanents portent des noms, tel que Chubaka le porc-épic, qui prend délicatement entre ses dents l’amande qu’on lui donne, ou tel que Marcel l’orignal,  qui tend volontiers son énorme museau pour une caresse. S’il n’y a pas trop de monde, vous pourrez aussi nourrir ces attachants pensionnaires du refuge, et vous capoterez ben raide ! (vous adorerez)

 

A savoir :

  • De mai à juillet, vous serez importunés par les maringouins (moustiques). Préférez septembre et début octobre, lorsque les érables repeignent la forêt des chaudes couleurs de l’été indien.
  • L’itinéraire décrit dans cet article s’arrête à Amos, mais en fait, la véritable « Route des Explorateurs » continue jusqu’à Rouyn-Noranda (où l’on peut prendre un avion pour revenir à Montréal), et traverse la province de l’Outaouais en passant par Ottawa.

 

Pratique

Y aller : Air Transat propose un vol quotidien et direct pour Montréal depuis Paris, à partir de 375 € A/R.

Forfait : Le voyagiste Jetset propose un autotour en liberté de 12j/11 nuits qui suit la « route des explorateurs », à partir de 1529 €/p incluant l’hébergement et la location de voiture. http://www.jetset-voyages.fr/visionneuse/_2018/Jetset_Voyages_-_Brochure_2018_am_nor.pdf

Bonnes adresses

Le Baril Roulant, à Val David : auberge qui brasse ses propres bières et qui réinvente avec talent le plat national québécois, la poutine. Propose aussi l’hébergement, en chambre ou dortoir.

Le Rabaska Lodge, à Ferme-Neuve : étape réconfortante après une randonnée ou une partie de pêche. A partir de 130 € la nuit (2 nuits min).

Le Prospecteur, à Val d’Or : microbrasserie qui propose un délicieux burger au wapiti, ou des pâtes à la sauce bolognaise de cerf rouge !

Hôtel Albert Best Western, à Rouyn-Noranda : chambres spacieuses et confortables. A partir de 100 €/ch double.

A lire

Le guide Ulysse Québec, le meilleur de tous les guides sur cette destination ! Sur leur site, il est même possible de télécharger des chapitres, selon les régions.  https://www.guidesulysse.com/

Se renseigner

www.quebecoriginal.com ; www.laurentides.com ;  www.tourisme-abitibi-temiscamingue.org

J'ai trouvé mon lac à Ferme-Neuve (Québec) !
J’ai trouvé mon lac à Ferme-Neuve (Québec) !

Echappées belles en Dalmatie

La Dalmatie possède des sites touristiques majeurs et pourtant méconnus : des cités antiques parfaitement conservées, un parc naturel enchanteur, et une île aux criques désertes qui fait voir la vie en bleu..

Splendeurs de l’antiquité gréco-romaine

A 2 h de Paris en vol direct, Split est un port de croisières qui a la chance de posséder une vieille ville datant de l’époque romaine, faisant partie du patrimoine mondial selon l’Unesco. Ce quartier est en réalité un palais fortifié ceint de remparts, fondé au 3ème siècle par l’empereur Dioclétien. Cette opulente résidence était si vaste qu’à la chute de ce tyran, la population s’installa à l’intérieur, transformant ce palais en ville dans la ville, et contribuant à sa bonne conservation. En passant par l’une de ses quatre monumentales portes, on fait un saut dans le temps de 1700 ans ! Nul besoin d’aimer les vieilles pierres pour être subjugué par la beauté de ces tours romanes, de ces églises et de ces palais ornés d’ouvrages d’art gothique ou Renaissance. Les souterrains abritent des expositions et des stands proposant de l’artisanat de qualité : bijoux en corail, objets sculptés en pierre de Brac, cravates en soie peintes à la main (eh oui, ce sont les Croates qui ont inventé la cravate !)… Devant la cathédrale flanquée d’un sphinx égyptien en granit noir, la place péristyle bordée de colonnades invite à la contemplation. L’astucieux tenancier du bar Luxor a installé des coussins sur les marches en pierre pour transformer le tour de la place en terrasse… Des gladiateurs romains avec leurs glaives prennent la pose pour quelques pièces, et l’on se demande qui sont les intrus, dans cette place : eux, ou nous ? Ne manquez pas de vous promener dans le quartier de Varos, ancien quartier de pêcheurs très calme qui regorge de petits bars authentiques et d’appartements privés à louer pour pas cher…

A 30 minutes de Split, Trogir possède également des trésors architecturaux grecs et romains, concentrés sur un petit îlot. Pas étonnant qu’elle soit classée au Patrimoine mondial ! Ses merveilles en font l’un des bijoux de la côte dalmate, un mini-Dubrovnik, mais sans les remparts… Entrez par la porte Sud, une énorme porte en chêne cloutée du 16ème siècle, et déambulez dans les étroites ruelles pavées de grosses dalles calcaires patinées par le temps, avec des bars en terrasse sur les placettes et de petites églises à presque tous les coins de rue… Certaines sont si étroites qu’on peut toucher les murs en écartant les bras ! Reposez-vous à l’ombre sous la loggia située devant la place de la cathédrale. C’était une cour médiévale de justice, et elle conserve son plafond en bois peint et ses colonnes romaines à chapiteaux ornés. La cathédrale, romane en bas et gothique en haut, est le monument le plus important de la ville. Son portail roman, surtout, est sublime : on voit danser sur les frises des apôtres, des bûcherons, des centaures et des animaux illustrant des scènes de la vie quotidienne et des épisodes mythiques, et, juchés sur un lion, Adam et Eve, dissimulant sous une feuille de vigne leur nudité originelle…

 

Sibenik et les cascades de Krka

A 1 h de route de Split, Sibenik est une autre cité ancienne, cette fois fondée par les Vénitiens, qui la dotèrent d’une belle cathédrale et de quatre forteresses. Commencez par visiter celle de Barone, car elle offre un splendide point de vue sur cette ville côtière. Vus depuis cette terrasse, les tours et les clochers des églises sont comme les mats de vaisseaux de pierre sur un océan de toits, dont les tuiles jaunes ou ocres seraient les vaguelettes immobiles… La cafétéria située sur la terrasse propose des produits de saison locaux, et la petite boutique attenante n’a que des jolies choses de la meilleure qualité : éponges, bijoux en corail…  En bas, dans la vieille ville, vous ne résisterez pas au charme de ce dédale de venelles pavées à l’ambiance médiévale, dont la moindre placette accueille une terrasse de bar ou de restaurant. Les aficionados de « Game of Throne » y reconnaîtront la cité de Braavos, dont plusieurs scènes ont été tournées ici ! Dans le jardin médiéval du monastère St-Laurent, on imagine tout à fait la reine Olenna Tyrell se reposer à l’ombre des treilles fleuries…

 

En passant une ou deux nuits à Sibenik, vous pourrez rejoindre le parc national de Krka tout proche. Vous y admirerez des myriades de cascades dans un cadre verdoyant, au long d’un parcours de 2 km sur pontons de bois ménageant des belvédères et permettant d’observer la faune sauvage. Venez-y le plus tôt possible pour profiter de cette merveille naturelle sans la foule, et n’oubliez pas votre maillot de bain, car il est possible de se baigner devant les plus belles chutes dans une eau couleur d’émeraude ! Conseil pratique : plutôt que de passer par Skradin pour rejoindre le site en bateau (ou de faire 5 km à pieds sous le cagnard…), je vous conseille d’y accéder par Lozovac, où il y a un grand parking gratuit, et une navette qui conduit aux chutes. Comme le site est immense, il est possible d’accéder à d’autres chutes (cascades Roski), en passant par des moulins où l’on peut se régaler de charcuteries et de fromages locaux autour de frais bassins ou de biefs. Si vous n’avez pas de voiture, le mieux est de prendre un bateau à Stradinski Bus, et de faire un tour complet en 4h30, qui prévoit un arrêt de 30 minutes dans le ravissant îlot du monastère de Visevac, et un autre d’1h30 sur le site de Roski Slap.

 

Mamma mia, quel bleu !    

Vis est une île située à 2 h de ferry de Split. La vie y est douce et tranquille et c’est l’endroit rêvé pour une escapade romantique ou une cure anti-stress. Louez un scooter et sillonnez la route côtière bordée de vignes et d’oliveraies, pour dénicher la crique déserte où faire une sieste sans que l’odeur de crème solaire ne couvre les parfums de la garrigue… Les plages sont formées de galets, plus ou moins gros, mais il y a souvent des dalles calcaire pour étendre sa serviette, et cet inconfort est compensé par la pureté cristalline de la mer Adriatique. Beaucoup de guides mentionnent la plage de Stiniva comme étant la plus belle. C’est vrai, mais elle a pas mal d’inconvénients : son chemin d’accès est raide et très pierreux (oubliez les tongs et la glacière chargée de bières…) ; elle est toute petite et prise d’assaut par les plaisanciers venus en bateau (oubliez l’intimité…) ; et elle est à l’ombre une bonne partie de la journée (oubliez le bronzage…). J’ai préféré la plage de Srbrena (se prononce comme ça s’éternue), vers Rukavac, une plage de galets étincelants, d’où son surnom, plage d’argent. Comme partout à Vis, l’eau est cristalline, et sa fréquentation est moindre, enfin, à part en juillet et août. Les familles ou les gastronomes préféreront la plage de Stoncica, car elle descend en pente douce dans une sorte de calanque, et elle dispose d’un bon restaurant traditionnel. Le soir, attablez-vous en terrasse sur le port de Komiza, adorable port de pêcheurs, pour déguster un poisson grillé accompagné d’un Vugava, le vin blanc local. Si vous parlez anglais, le serveur vous parlera avec fierté du film Mamma Mia 2 (sortie fin juillet), qui a été tourné ici. Meryl Streep et Pierce Brosnan ont sans doute été voir la fameuse grotte bleue, qui se trouve dans une petite île au large de Komiza. Comme c’est l’attraction majeure de l’île, il faut y aller tôt si vous ne voulez pas faire 1 h de queue là-bas, avant de monter dans les petites barques qui se faufilent à flot continu dans la grotte. Mais pas trop tôt non plus, car c’est seulement entre 11 h et 14 h que les rayons du soleil se reflètent sur le fond marin en irradiant cette grotte d’une lumière bleue opalescente, un bleu à la fois céleste et abyssal. « A kind of blue » comme dit le batelier, une sorte de bleu qui fait la célébrité de cet îlot situé à quelques milles de Vis…

 

A savoir (en pastille) : Voyage à éviter en juillet et août, car à cette période, les sites sont sur-fréquentés, et la chaleur accablante. Meilleure saison : mai-juin, ou septembre-octobre. En automne, le site de Krka est sublime avec les feuillus qui prennent des teintes jaune-orangés. Notions d’anglais souhaitables.

Pratique

Voyagiste : Bemex Tours propose un forfait incluant le vol A/R Paris-Split, la location de voiture, le ferry, et 7 nuits en B&B en hôtel 4*, à partir de 1350 €/p. http://www.bemextours.com

Bonnes adresses

Basic, à Split : appartements simples mais très bien situés, près de la vieille ville, de la plage de Bacvice, et des ferrys. Rapport qualité/prix imbattable : à partir de 40 € la nuit !

Konova Varos, Ban Mladenova 7, à Split : décor rustique, poissons grillés, et surtout des plats de viandes cuits à la braise sous une cloche (peka). Compter environ 30 €/p.

Trapula, à Sibenik : appartements cosy dans une maison située au calme sur le port. La logeuse parle français. Environ 50 €/nuit le studio.

A Sibenik : Grom, rue de Zagreb, le meilleur glacier ; et Jum, place des 4 Terrasses, la meilleure pâtisserie.

Pelegrini (1* Michelin), à Sibenik : le chef propose une cuisine subtile et inventive, une fabuleuse expérience gastronomique qui a un coût : compter environ 100 €/p avec le vin. Tous les produits servis sont exceptionnels, y compris les vins, jusqu’à l’huile d’olive, et même le pain !

Hôtel San Giorgio, à Vis : le seul hôtel de charme de l’île, décoré avec goût, aux ravissants petits jardins ombragés…  A partir de 125 €/ch double.

Dalmatino, à Rukavac (Vis) : pour les poissons grillés et les fruits de mer. Terrasse au-dessus de l’eau.

Konova Jastozera, à Komiza (Vis) : spécialités de langoustes élevées sous les tables !

Se renseigner

http://www.croatietourisme.com

 

Sensations fortes à Madagascar

Connaissez-vous beaucoup d’endroit au monde où l’on peut marcher sur des roches tranchantes, voir des lémuriens, nager avec des requins-baleines, et dormir sur une île embaumant l’ylang-ylang et la vanille ? Non, c’est seulement autour de Nosy Be, au nord-ouest de la Grande Île !

MADAGASCAR Nosy Tanikely

Après avoir atterri à Nosy Be, l’île concentrant l’essentiel du tourisme régional, prenez une navette pour rejoindre Nosy Komba, une plus petite île recouverte de forêt, sans route ni véhicule, dont la moindre crique sableuse est occupée par une poignée de bungalows noyés dans la végétation tropicale. Le cadre idéal pour s’acclimater à la chaleur et l’humidité, et pour prendre le pouls du rythme malgache tout en langueur et douceur, mora-mora… La jungle qui bruisse derrière les bungalows est moins sauvage qu’elle en a l’air, et les insulaires y cultivent toutes sortes de fruits et légumes, ainsi que des plantations de vanille, le nouvel or vert de cette île. Il y a bien des lémuriens à Nosy Komba, mais ils sont tous au nord, vers Ampangorinana, le côté le plus touristique de l’île. Quasiment apprivoisés, ils n’hésitent pas à venir sauter sur l’épaule pour quémander une banane… Triste spectacle, il vaut mieux ne pas cautionner cela, vous verrez des lémuriens à d’autres occasions. Voir la faune sauvage dans son élément naturel, c’est tellement plus beau ! C’est ce qu’on se dit à Tanikely, un îlot situé tout près de Nosy Komba, qui abrite une réserve naturelle marine. Son récif  corallien abrite une quantité invraisemblable de poissons de toutes sortes, et la faible déclivité du fond permet de les observer en snorkeling (palme, masque et tuba) dans d’excellentes conditions. Outre les habituels squatteurs colorés des patates de corail (demoiselles, chirurgiens, perroquets…), on y rencontre fréquemment des mérous, des barracudas et même des tortues ! Un véritable aquarium naturel…

Les tsingy de l’Ankarana

Tsingy est issu d’une expression malgache signifiant « marcher sur la pointe des pieds », et désignant par extension un massif calcaire effilé par l’érosion, parfois haut de 50 m. C’est une forêt de pierre en forme de canyon, dont les sommets sont acérés et parfois tranchants comme des lames ! Il existe plusieurs massifs de tsingy à Madagascar, mais celui du massif de l’Ankarana est le plus accessible. Depuis Nosy Komba, un bateau vous conduira au port d’Ankify, et votre chauffeur vous attendra pour vous conduire en 4×4 au Iharana Bush Camp, en 3 à 4 h de route. Ce camp de brousse jouit d’une situation privilégiée, au bord d’un lac dominé par ces fameux tsingy. Au petit matin, un guide vous conduira sur les chemins aménagés dans cet étonnant et mystérieux chaos minéral, au cœur duquel poussent d’étranges plantes tels que arbres-bouteille ou pieds d’éléphant, baobabs nains, lianes, orchidées aériennes… Les tsingy sont peuplés d’une faune endémique, et il est fascinant de voir comment les agiles lémuriens arrivent à se déplacer dans cet univers austère en sautant de pics en pics ! Dans les grottes rendues facilement accessibles grâce à un aménagement de passerelles et d’échelles, on rencontre des mygales, des lézards et des chauve-souris suspendues au plafond, où s’accrochent aussi d’élégantes draperies de calcite ocres. Au retour vers Nosy Be, n’omettez pas de vous arrêter à la plantation Millot, un domaine fondé en 1904 par un colon français visionnaire, considéré ici comme un demi-dieu, car il a su faire prospérer la région avec ses plantations de cacao et sa distillerie de plantes à parfum (citronnelle, vétiver, ylang-ylang…). On y découvre les différentes variétés de cacao, la fermentation et le séchage des fèves, qui seront torréfiées par le chocolatier français Valrhona. Profitez-en pour acheter des épices ou des huiles essentielles, également produites sur place !

Requins-baleines et dauphins font leur show

Nosy Be est une île volcanique assez montagneuse qui ne révèle sa véritable beauté que si l’on sort des sentiers battus du tourisme. En l’occurrence de la ville principale, Hell-Ville, polluée et encombrée par d’innombrables tuk-tuk jaunes, et de la zone balnéaire, Ambatoloaka, constituée d’un alignement de location de motos ou de quad, de centres de plongée, de petits commerces, de restos et bars louches, bref tout ce qu’il faut pour satisfaire les besoins des vahazas (Blancs), pour la plupart des hommes célibataires ayant dépassé la cinquantaine, illustrant la triste réalité du tourisme sexuel… L’intérieur de l’île a un tout autre visage, authentique et accueillant, et la meilleure façon de le découvrir est d’y faire une randonnée à cheval à partir de l’Ambaro Ranch. La balade traverse des paysages agricoles ou sauvages verdoyants, entre plantations d’ylang-ylang, bananeraie ou champ d’ananas, et l’on croise des paysans sereins et souriants, et des enfants vous apostrophent joyeusement en criant le nom des chevaux… Après avoir fait une pause au bord d’un lac sauvage au pied du mont Passot, les chevaux arrivent sur la plage juste avant le coucher de soleil, et entrent dans la mer pour se rafraîchir : c’est magique ! L’autre excursion incontournable consiste à aller en bateau à Nosy Iranja, la parfaite illustration de l’île paradisiaque de carte postale : eau cristalline et turquoise, sable blanc, cocotiers, village de pêcheurs et nappes brodées flottant au vent… En chemin, vous croiserez sûrement des bancs de dauphins facétieux qui font la course avec le bateau et effectuent des sauts périlleux juste pour montrer leur bonne humeur, et d’octobre à décembre, vous pourrez aussi vous mettre à l’eau pour nager avec des requins-baleines, totalement inoffensifs et indifférents à votre présence. La sensation ressentie lorsqu’on frôle cette immense créature marine est très forte, et inoubliable !

Pratique

Y aller : Air Austral est la compagnie la plus pratique et la plus fiable pour accéder à Nosy Be, en passant par La Réunion. La classe affaires Club Austral est plus chère, mais outre les avantages en terme de confort (lit à 180 °, accès aux salons, service et repas impeccables…), cela permet de sortir en premier de l’avion à Nosy Be, et ainsi d’éviter l’interminable attente causée par les formalités d’entrée. http://www.air-austral.com

Evaneos est un voyagiste dont le concept novateur consiste à mettre les voyageurs en relation direct avec des agences locales. Votre contact à Madagascar se charge de tout (hébergement, transport, guide…), vous concocte un programme personnalisé, et est joignable en permanence pour vous assister si besoin ! C’est du « cousu main » au prix du prêt-à-porter… A partir de  www.evaneos.fr

Bonnes adresses

Jardin Vanille, à Nosy Komba : bungalows noyés dans la végétation luxuriante, face à la mer turquoise, une situation de rêve à prix raisonnable : 88 €/j en 1/2 pension. http://www.jardinvanille.com

Home The Residence, à Nosy Be : sur une plage isolée du nord de l’île, une trentaine de villas de luxe sont louées avec leur personnel, dans un esprit de tourisme durable et responsable. Piscine privée, spa bénéficiant de l’aura majestueuse d’un banian pluricentenaire, restaurant gastronomique… Il faut profiter des prix de lancement, incroyablement bas pour des prestations d’un tel niveau, surtout si l’on vient en tribu ou entre amis : à partir de 163 €/j pour 4/5 p !  www.home-la-residence.com

Iharana Bush Camp : confort dit « de brousse » dans des cases inspirées par l’habitat traditionnel malgache, mais qui ont beaucoup de charme, surtout celles ayant vue lac. Le site lui-même est fabuleux, au pied des tsingy de l’Ankarana ! Et ce camp contribue à faire vivre deux villages… A partir de 184 € pour 2 en  1/2 pension. http://www.iharanabushcamp.com

Nouveauté 2018 : Trois tyroliennes installées dans le massif pour survoler les tsingy !

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https://madagascar-tourisme.com/fr

La véritable tarte Tatin

Cette succulente tarte aux pommes caramélisées est trop souvent malmenée par des cuisiniers pressés qui ne maîtrisent pas sa longue cuisson. Directement issus de son terroir d’origine, voici les astuces et les secrets pour réussir une véritable tarte Tatin !

La tarte Tatin
Loir-et-Cher Lamotte-Beuvron Tarte Tatin de La Duchesse Anne, sur une pâte feuilletée

 

Ah, la tarte Tatin ! Un classique de la pâtisserie française, le Graal de toute mamie ou pâtissier du dimanche qui se respecte, mais aussi le cauchemar des véritables gourmands, qui ne retrouvent pas toujours au restaurant ou chez leurs amis la tarte savoureuse et fondante de leur enfance… Il faut reconnaître que l’on vous sert parfois des pommes à peine cuites inondées de caramel, sur une pâte sèche ou brûlée… Ce qui est finalement logique, si l’on considère que c’est à l’origine une tarte ratée ! En effet, selon la légende, cette tarte serait née d’une étourderie d’une des sœurs Tatin. Mais cette origine prétendument attribuée à la maladresse d’une cuisinière est plus que suspecte, et l’entoure d’un halo de mystère, entretenu par le fait qu’il n’y a pas qu’une façon de la réaliser… Pour y voir plus clair, rendons-nous sur place, à Lamotte-Beuvron, dans le Loir-et-Cher, pour soutirer des infos et des recettes à ceux qui la cuisinent le mieux, à l’endroit même où officiaient les sœurs Tatin.

La tarte Tatin
Loir-et-Cher – Lamotte-Beuvron A l’hôtel Tatin
La tarte Tatin
Loir-et-Cher / Lamotte-Beuvron Katia et Martial Caillé, propriétaires de l’hôtel Tatin

 

Une fake news pâtissière

Pour la confrérie des Lichonneux de la tarte Tatin, honorables membres gourmands et ardents défenseurs de sa recette originelle, la légende de la tarte ratée est infondée. Elle aurait été lancée au début du XXème s. par le critique culinaire Curnonsky, célèbre ambassadeur des cuisines provinciales, qui inventa l’histoire de la maladresse des sœurs Tatin pour amuser son auditoire lors d’une conférence de presse (#balancetonmacho#) ! L’anecdote plut aux journalistes, et contribua à la réputation de cette spécialité solognote, que l’on retrouvait pourtant déjà dans tout l’Orléanais… Elle devint même un des desserts signature de chez Maxim’s ! Cette fake news pâtissière eut la vie dure, et les sœurs Tatin ne firent rien pour la contredire, au contraire, vu l’affluence de Parisiens venant à leur hôtel pour découvrir cette fameuse tarte renversée ! D’ailleurs l’actuel propriétaire de l’hôtel Tatin, Martial Caillé, laisse toujours planer le doute, et place bien en évidence devant le bar de l’hôtel le potager en faïence bleue des sœurs Tatin, comme pour garantir l’authenticité de sa recette…  Selon lui, bien sûr, il est dépositaire de la véritable recette, bien qu’aucune trace écrite de la recette autographe n’ait été retrouvée à l’hôtel. Lorsque son père a repris l’établissement, en 1968, l’hôtel était resté fermé de longues années, et après la disparition de la dernière des sœurs Tatin, en 1919, la recette se serait transmise oralement, de cuisinière en cuisinière… Quoiqu’il en soit, le patron de l’hôtel, qui est aussi son chef cuisinier, n’a pas accepté de dévoiler sa recette, tout au plus ai-je pu assister à la délicate et spectaculaire phase du retournement, une fois que les pommes ont bien caramélisées au fond de la poêle.  De toutes façons, il n’aurait pas été possible de reproduire sa technique à la maison, car il utilise un large poêlon en Inox avec double-fond en cuivre, spécialement conçu par son père pour la cuisson de la tarte Tatin…

 

 

La recette des sœurs ? Tintin !

Pas plus de réussite à la boulangerie-pâtisserie Blanche de Castille, une autre référence dans la région pour cette tarte. Très avenante et sympathique, Isabelle Vauconsant vend ses tartes comme des petits pains, mais reste énigmatique quand il s’agit de la recette… Son mari Pascal, qui officie au fournil, donne toutefois quelques tuyaux : choisir des variétés de pommes qui tiennent bien à la cuisson (Reine des Reinettes, pomme clochard, Golden, Jonagold…) ; les éplucher la veille et les déposer dans la casserole avec le sucre et le beurre pour qu’elles sèchent un peu et que leur jus imprègne le sucre du futur caramel… En fait, il y a autant de façons de faire la tarte Tatin que de pâtissier, apparemment ! Car Magali Frizot, jeune pâtissière de Nouan-le-Fuzelier, a une autre technique : elle prépare un caramel dans un moule, le recouvre de pommes, et fait cuire le tout au four. Elle pose alors dessus la pâte sablée, et remet au four pour une 2ème cuisson ! Quant à Dany Julien, aimable grand-mère qui a remporté deux fois de suite le 2ème prix du concours de la meilleure tarte Tatin de Lamotte-Beuvron, ses pommes sont fondantes, mais peu caramélisées, et sa pâte est épaisse…

Retournons auprès de la confrérie des « Lichonneux ». On ne sait pas ce que ça veut dire, mais avec un tel nom à s’en lécher les babines, ils doivent savoir de quoi ils parlent ! En tout cas, ils affirment qu’ils sont dépositaires de la véritable recette de la tarte Tatin, et dans leur grande magnanimité, ils la partagent de bon cœur. Je l’ai goûtée chez eux, elle est fameuse ! Les confrères insistent pour dire qu’elle doit être servie nature, sans cannelle, ni glace, ni crème Chantilly… Dont acte ! Après…, chacun fait ce qu’il veut dans sa cuisine. Personnellement, je prévois toujours une crème Chantilly maison, aromatisée au Calvados…

 

Recette de la tarte Tatin (selon les Lichonneux)

Ingrédients :

  • 1 pâte brisée
  • 2 kg de pommes
  • 80 g de beurre fondu
  • 130 g de sucre

– Dans un moule à manqué de 24 cm de diamètre et de 5 cm de haut (moule spécial tarte Tatin en vente au rayon pâtisserie des grandes enseignes) , faites fondre le beurre et le sucre sans faire le caramel. Disposez-y les pommes épluchées et coupées en quartiers, rangées les uns à côté des autres, sur le dos, puis recouvrez d’une autre rangée de pommes, dos sur le dessus. Tout doit être bien compact, sans trop d’espace entre les pommes.

– Mettez au four 30 min à 200 °C.

– Sortez le moule du four et posez-le sur un feu moyen pour faire mijoter pendant 25 à 30 min. Vers la fin, imprimez un mouvement tournant au moule. Quand le caramel est prêt, on entend un « Psschuitt » qui indique la fin de cuisson.

– Arrêtez le feu, puis posez la pâte brisée sur les pommes, faîtes quelques trous à la fourchette et remettez au four pour 25 min. environ.

– Pour démouler, attendez que la tarte soit refroidie, repassez quelques minutes sur une plaque chauffante et quand c’est décollé, retournez d’un geste vif sur le plat de service. Attention, protégez-vous les mains avec des gants, car du caramel chaud pourrait couler…)

– Cette tarte est meilleure si elle est servie tiède. Bonne dégustation !

La tarte Tatin
Loir-et-Cher – Lamotte-Beuvron A l’hôtel Tatin Tarte Tatin de Martial Caillé, refroidissant sur le potager datant de l’époque des soeurs Tatin

Où l’acheter ?

– Hôtel-restaurant Tatin (à emporter sur commande) : 5 av. de Vierzon, Lamotte-Beuvron

– Blanche de Castille : 45 av. de l’Hôtel de Ville, Lamotte-Beuvron

– Maison Fouquiau-Frizot : 2 pl St-Martin, Nouan-le-Fuzelier

 

Blague Ch’ti  : qu’est-ce que tu fais quand t’as fait une tarte aux pommes et qu’elle sort du four ? Ben t’attin !

 

Le caramel au beurre salé

C’est la friandise bretonne par excellence, alliance du beurre salé et du sucre, qui se déguste en bonbons ou en pâte à tartiner. Chaque artisan a sa recette secrète, certains ont accepté de m’ouvrir leurs portes…  Vous prendrez bien un p’tit caramel ?

Le caramel au beurre salé
BRETAGNE – Morbihan – Quiberon Caramels et crème de caramel au beurre salé

Bien que l’on retrouve de vieilles recettes de caramel au beurre salé dans des livres de cuisine bretonne du milieu du XXème siècle, c’est un caramélier breton, Henri Le Roux, qui a eu l’idée, en 1977, de fabriquer une friandise à la fois tendre et craquante, facile à conserver. Il ajouta donc du sel à son caramel, ainsi que des éclats de noisettes, de noix ou d’amandes, et déposa sa marque. Bien lui en prit, car devant le succès de ce bonbon, nombre de pâtissiers lui emboîtèrent le pas et le copièrent, fabricant à leur tour ce délicieux bonbon au goût de Bretagne. Il a toujours gardé une longueur d’avance sur ses concurrents, déclinant les goûts à l’envi (thé, yuzu, framboise, sésame, orange, etc…) et fabricants un bonbon haut de gamme que les connaisseurs viennent chercher jusque dans ses boutiques parisiennes ou bretonnes (Quiberon et Landévant), où l’on trouve aussi d’excellents chocolats. Il a même ouvert une boutique à Tokyo ! Côté recette, je n’aurais pas de détails. Il a même été impossible de photographier une machine particulière dans le laboratoire de fabrication, pour ne pas que ses concurrents voient avec quoi il arrive à donner la texture si particulière à ses bonbons !

 

Nicolas Hubert, par contre, est moins prudent. Il m’a ouvert les portes de son atelier, alors qu’il confectionnait une fournée de caramel au beurre salé. Avec sa femme Caroline, pâtissière de formation elle aussi, ils ont ouvert à Minihy-Tréguier (à l’ouest de Paimpol) leur atelier de fabrication nommé astucieusement l‘Ambr’1, dans lequel ils produisent plus de 15 t de caramel par an, mais aussi de la crème fondante et des pâtes de fruits. Pour proposer une confiserie de qualité, ils sélectionnent avec soin leurs produits de base, tel que le beurre Bordier de Saint-Malo, ou la nacre de sel du Pays de Retz, jusqu’aux ingrédients qu’ils intègrent dans certains bonbons, tels que le piment d’Espelette, la vanille de Madagascar ou les éclats de noisettes. Dans un grand bac en inox, Nicolas prépare d’abord un caramel avec de l’eau et du sucre, et lorsque la coloration souhaitée est atteinte (le degré de cuisson du caramel est crucial et déterminera en grande partie le goût du futur bonbon), il ajoute du beurre salé (beaucoup !) et de la crème fraîche liquide. Dans un grand nuage de vapeur qui rendrait accro’ tout gourmand qui se respecte, il touille et surveille la cuisson. Tout l’art du caramélier est dans le choix de la température et de la durée de la cuisson. Lorsqu’il juge que la consistance est parfaite, Nicolas verse le caramel dans de plus petits bacs, lui ajoute éventuellement des ingrédients supplémentaires, et l’étend sur des plaques pour refroidir. Une fois découpés en petits cubes et emballés, ils sont prêts à être dégustés !

 

En ce qui concerne la pâte de caramel au beurre salé, la recette n’est pas très différente. A La Maison d’Armorine de Quiberon, entreprise familiale qui a créé la marque « Salidou », on fabrique les deux, et le directeur n’a pas voulu dévoiler le détail de ses recettes, on le comprend. Tout au plus saurons-nous que les bonbons contiennent du lait concentré, alors que la crème de Salidou est fait avec de la crème fraîche… Ici aussi, on aromatise les bonbons à différents parfums (amande, pomme, chocolat, nougatine…), et l’on propose un packaging rétro charmant, convenant bien à ces friandises qui nous replongent dans la douceur de l’enfance…

Le véritables amateurs de crème de caramel au beurre salé délaissent les préparations industrielles, qui ont parfois un goût âcre, ou doucereux, sans réel caractère ni onctuosité. C’est pourquoi il vaut mieux acheter des préparations artisanales sur place, en Bretagne, dans les épiceries fines ou les boutiques de souvenirs. Comme par exemple celle de Rozell et Spanell, une petite marque créée par une ancienne crêpière à Pleurtuit (Ille-et-Vilaine).  Sa crème nature est à se damner, et elle a réussi à trouver le dosage parfait pour rendre délicieux son caramel au Poivre de Sichuan, de même que celui au thym ou au piment d’Espelette. Contrairement au caramel nature, qui sublimera divinement vos crêpes ou vos gaufres, ces spécialités peuvent parfumer un rôti ou accompagner un fromage.

 

Bonnes adresses

Vente par correspondance :

 

 

La République Dominicaine, de plages en plages

A la sortie de l’hiver, qui n’a pas envie de soleil, de plages de rêve et de cocotiers ? De partir en famille pour un prix abordable ? La République Dominicaine répond magnifiquement à ces attentes. Partageant une île des Caraïbes avec Haïti, ce grand pays dispose d’assez de plages pour pouvoir y passer chaque année une semaine dans un endroit différent, jusqu’à la fin de ses jours ! Cela finit par se savoir, et chaque hiver des milliers de touristes européens, américains et canadiens débarquent par charters entiers dans ses aéroports. Car – c’est un autre avantage – ce pays compte cinq aéroports internationaux, qui permettent d’atterrir au plus près des plages de son choix.

LA REPUBLIQUE DOMINICAINE Île de Saona

Boca Chica et Juan Dolio (aéroports de Saint-Domingue ou de La Romana)

Points forts : plages à très faible pente (idéal pour les jeunes enfants), et récif corallien très proche. Les zones de baignade des hôtels sont des aquariums naturels où l’on voit des poissons même tout près du bord ! La proximité de la capitale permet de passer une journée culturelle. En effet, Saint-Domingue a été la première ville du Nouveau Monde, et l’on y admire de superbes édifices coloniaux de cinq siècles. En arpentant la calle de las Damas, dans le centre historique, vous serez séduits par la beauté de ces palais de roche corallienne dont certains sont transformés en musée.

L’autre point fort, est l’attractivité des prix du logement dans les petits hôtels de cette zone.

Points faibles : une prostitution trop voyante à Boca Chica, des plages bondées et bruyantes, car très populaires. Côté hôtelier, il y a de tout, mais dans la petite hôtellerie économique, cela peut être assez roots, voire pas très propre ni très sûr…

 

Bayahibe (aéroport de La Romana)

Points forts : immenses plages de sable blond baignées par les eaux claires et calmes de la mer Caraïbe. La playa Laguna, par exemple, est l’une des plus belles de toute l’île ! Bayahibe est un petit village de pêcheurs qui est le point de départ des bateaux pour l’île Saona. C’est l’excursion la plus prisée en République Dominicaine, et l’on pourrait s’étonner que tant de touristes quittent les superbes plages de leur hôtel pour aller sur une île qui n’a rien d’autre à offrir que… ses plages. Oui mais, quelles plages ! En chemin, les bateaux s’arrêtent en général sur un haut fond sableux, pour que les touristes puissent barboter dans une eau turquoise au milieu des poissons en sirotant une boisson fraîche. Puis ils longent les mangroves peuplées d’oiseaux, et débarquent pour déjeuner sur l’une de ces plages parfaites, où les cocotiers élancent leurs troncs effilés vers le ciel en faisant exploser leur ramure verte, comme un feu d’artifice végétal. Sachant que l’île est très fréquentée, il est utile de payer un peu plus pour se faire déposer plus loin que la plage principale. Par exemple vers Mano Juan, un village de pêcheurs tranquille dont les habitants mettent de l’huile dans leurs sardines en vendant des toiles naïves et colorées…  Juste avant de reprendre l’avion, s’il vous reste quelques heures, faites vous amener à los Altos de Chavon, non loin de l’aéroport. C’est un complexe touristique situé en surplomb de la rivière Chavon, avec un golf, où se trouve l’étonnante reconstitution d’un village médiéval italien ! Ce décor spectaculaire a servi de cadre pour des scènes d' » Apocalypse Now  » et de « Rambo ». C’est aussi un centre culturel et artistique qui abrite notamment une école d’art, une école de design affiliée à la Parsons School de New York, et un riche musée archéologique précolombien. 

Points faibles : je n’en ai pas vu. C’est pour moi l’un des meilleurs spots de la Rep’ Dom’ !

La côte des cocotiers (aéroport de Punta Cana)

Points forts : Punta Cana et Bavaro sont les plages les plus connues de la côte des Cocotiers, située à la pointe Est dans la partie la moins arrosée de l’île, et qui aligne 50 km de plages de rêve. On y trouve l’offre la plus étendue d’hôtels et d’activités nautiques. C’est l’idéal pour ceux qui viennent chercher le soleil des tropiques, et rien d’autre. Enorme choix d’hôtels à tous les prix.

Points faibles : la concentration des hôtels qui sont collés les uns aux autres. C’est le royaume du all inclusive pour pas cher, avec du rhum bas de gamme au bord de la piscine, des soirées dansantes (et navrantes) et des buffets insipides… A noter aussi l’éloignement de l’excursion à l’île Saona (3 h de bus A/R).

 

 

La péninsule de Samana

Points forts : La péninsule de Samana est occupée en son centre par une cordillère montagneuse couverte d’une végétation luxuriante, offrant des paysages d’une sauvage beauté. Ici, pas de grands resorts, mais des petits hôtels de charme. De nombreux français se sont installés à Las Terrenas, village dévolu à un tourisme plutôt haut de gamme. La péninsule compte les plus belles plages de l’île, en tout cas les moins fréquentées, telles que playa Coson, playa Rincon ou celles de l’adorable îlot cayo Levantado. Trois excursions exceptionnelles : une journée en bateau pour découvrir le parc naturel de Los Haïtises, une randonnée à cheval dans la forêt qui aboutit à la splendide cascade d’El Limon, et l’observation des baleines à bosses qui viennent se reproduire dans la baie de mi-janvier à mi-mars.

Points faibles : Sa difficulté d’accès : 3 h de route depuis le plus proche aéroport international. Le mauvais état des routes et la présence bruyante des motos et des quads.

 

La côte nord (aéroport de Puerto Plata)

Points forts : Ses plages, encore, qui font le succès des stations de Puerto Plata, de Sosua et de Cabarete. Ici, c’est l’océan Atlantique qui baigne les plages plantées de cocotiers, et les vagues sont au rendez-vous. Cela fait le succès de Cabarete, station balnéaire jeune et sportive, très animée le soir, fréquentée par les amateurs de surf et de kite-surf. Puerto Plata est plus familiale, et a l’avantage d’être le point de départ d’excursions dans l’intérieur montagneux du pays. En passant par Santiago, pour visiter une fabrique de cigares, vous irez jusqu’à Jarabacoa, pour pratiquer des sports d’aventure dans la jungle tropicale : rafting, canyoning, randonnée pédestre ou équestre, quad… Ne manquez pas non plus de visiter Puerto Plata, qui recèle de jolies maisons coloniales en bois, et dont le musée de l’Ambre est passionnant. On y apprend tout de cette résine fossile dont certains fragments renferment des moustiques qui ont probablement piqué des dinosaures !

Points faibles : la circulation délirante de Puerto Plata et de Santiago, et la pollution qui en découle.

 

PS : Je tiens ici à remercier Philippe Ramond, journaliste et ami qui a effectué ce reportage avec moi, et qui n’a pas hésité à me prêter son appareil photo au début du séjour lorsque mon réflex est tombé à la mer. Les 3/4 des photos de ce reportage ont donc été faites avec l’appareil numérique dont il s’est privé, et je lui en serai reconnaissant jusqu’à la fin de mes jours !

LA REPUBLIQUE DOMINICAINE Philippe Ramond

Pratique

Ce reportage ayant été réalisé il y a 15 ans, les adresses et les prix relevés alors ne sont plus valables.

J’ai cependant particulièrement apprécié :

Le Gran Bahia Principe Levantado (5*), à Samana (style victorien)

Le Viva Wyndham Dominicus Palace (5*), à Bayahibe.

Le Bahia Las Ballenas de Las Terrenas (petit hôtel de charme)

Le Rancho Baiguate de Jarabacoa (roots)

Le Nicolas de Ovando (5*), à St-Domingue (dans bâtiment historique)

LA REPUBLIQUE DOMINICAINE Saint-Domingue Chambre du Sofitel Nicolas de Ovando

 Se renseigner

http://www.godominicanrepublic.com/fr/

LA REPUBLIQUE DOMINICAINE Coucher de soleil vers Juan Dolio