Les îles de la mer d’Iroise

Au large du Finistère, la mer d’Iroise est parsemée d’un archipel d’îles et d’îlots qui constituent les terres les plus occidentales de notre territoire. Ces petits bouts de terre arrachés au continent sont des réservoirs de biodiversité, et représentent un condensé de Bretagne dans ce qu’elle a de plus authentique et de plus sauvage. Les trois plus grandes îles sont habitées, voici pourquoi il faut s’y rendre sans plus attendre…    

Ouessant, la Bretagne comme on l’aime

Ouessant est un petit bout de Finistère fiché dans l’océan, qui concentre le meilleur de la terre et de la mer de Bretagne. 

FINISTERE - Ile de Ouessant
Eglise de Lampaul

 

Un coup de sirène bref et puissant, et le Fromveur II, qui relie quotidiennement Brest à l’île d’Ouessant, s’éloigne du quai en provoquant de gros remous. Sur le pont, une brise marine fraîche et iodée picote les joues et donne un goût salé aux lèvres. On respire un grand coup, et c’est toute la Bretagne qui s’engouffre dans les poumons. Ah, le bon air ! Le bateau fend vaillamment la houle, accompagné de quelques goélands, et la crête écumeuse des vagues forme comme un immense troupeau de moutons gambadant sur la mer d’Iroise (*). Si le temps le permet, restez sur le pont, vous verrez peut-être les dos argentés et bombés d’une bande de dauphins, ou les museaux noirs et poilus des phoques qui ont élu domicile autour de l’archipel de Molène, où le bateau fait escale. Après deux heures et demie de cure d’iode, vous atteindrez le port du Stiff, où attendent plusieurs loueurs de vélos. Comme les voitures sont interdites (à part les taxis et celles des insulaires), c’est le meilleur moyen de découvrir Ouessant, une île relativement plate de 8 km sur 3 km, la plus grande du Finistère. Toutefois, comme les sentiers côtiers sont interdits au vélo, vous pouvez aussi opter pour la rando. Des balades en boucle balisées, d’une dizaine de km chacune, permettent de faire le tour de l’île par les sentiers côtiers. Si vous optez pour le vélo, depuis le débarcadère, vous aurez deux options : en partant sur votre gauche vous rejoindrez Porz Arlan, un port minuscule orienté au sud et dont la digue protège une belle plage de sable ; et en partant à droite, en quelques coups de pédales, vous atteindrez le phare du Stiff. Du haut de sa lanterne vous découvrirez une dentelle de rochers écumants où, à toutes les époques, sont venus s’empaler toutes sortes de navires. La faute aux puissants courants qui brassent entre les îles de la mer d’Iroise, tel le redoutable Fromveur, signalé par les phares de la Jument et celui du Kéréon. Mais cela ne décourage pas les pêcheurs, qui sortent leurs filets et leurs lignes dès que la mer en furie se calme tant soit peu. Il reste deux pêcheurs professionnels, et tous les anciens marins ont conservé un petite coque pour taquiner le bar ou piéger le homard aux beaux jours… Le nez au vent, vous roulerez sur les petites routes bordées de murets de pierres sèches, ou à pieds sur les sentiers qui sillonnent l’île jusque dans ses recoins les plus sauvages. C’est-à-dire les pointes recouvertes d’herbe rase, hérissées de rochers aux formes d’animaux fantastiques ; les cales verdies par le goémon, où se blottissent quelques barques esseulées ; les petites criques et les plages, justes assez grandes pour étendre sa serviette ; les landes impénétrables d’ajoncs et de bruyères, où des lapins détalent à votre passage… Les moutons prés-salés s’abritent derrière leur gwasked, un muret de terre ou de pierre, ou paissent tranquillement dans les champs. Il y en a autant que d’habitants, c’est-à-dire plus de mille ! Au printemps et durant l’été, les brebis sont attachées et s’occupent de leurs agneaux, mais le jour de la St-Michel, les moutons sont lâchés et vont brouter en liberté les landes herbeuses imprégnées d’embruns. C’est d’ailleurs pour cela qu’on les appelle les prés-salés ! Quelques moulins habilement restaurés offrent aux quatre vents leurs ailes en forme de râteaux. Juste pour la forme, car il y a longtemps qu’on ne cultive plus rien sur l’île… Ca et là, vous vous arrêterez pour admirer une maison ouessantine aux volets bleu outremer, une girouette originale, ou un jardinet fleuri. Musardez, flânez, humez l’air du large et la bonne odeur de tourbe qui s’échappe des cheminées, et n’ayez pas peur de vous perdre : tous les chemins mènent à Lampaul, ou vers son port ! Mais c’est certainement la faim qui vous ramènera au bourg. L’appétit aiguisé par l’effort et par l’air marin, vous vous régalerez de crêpes au froment ou d’un plateau de fruits de mer, à moins que vous n’ayez commandé la veille chez Jacky ou à La Duchesse Anne un buadenn, un ragoût d’agneau cuit sous les mottes, la spécialité de l’île. Si des devantures de magasins vous font des clins d’œil, n’hésitez pas à entrer pour voir la maquette de bateau ou les chaussons en laine qui vous font envie. Passez aussi à la boucherie pour faire provision de silzic, une saucisse fumée à la tourbe. En fin d’après-midi, rendez-vous à la pointe de Porz Doun pour voir le soleil peindre la mer en rouge, puis, lorsque le dernier rayon bascule, vous verrez s’allumer le phare du Créac’h, sur la pointe de Pern, en face, et plein d’autres petits feux aux quatre coins de l’horizon. Enfin, impossible de séjourner à Ouessant sans passer une soirée au pub « Ty Korn ». Certains soirs, de vieux loups de mer entonnent en chœur de poignantes chansons de marins, gaies ou tristes, qui feront chavirer le vôtre (de cœur…). Après de telles journées, saturées d’iode et d’émotions, le sommeil viendra facilement. Sinon, c’est l’endroit idéal pour compter les moutons !

(*) : L’origine du mot « iroise » n’est pas clairement établi. Certains historiens le font dériver de la dénomination bretonne vernaculaire hirwaz, pouvant signifier long chenal. Pour d’autres, il pourrait s’agir du mot breton ervoas qui signifie l’abîme, l’océan profond. Mais la référence étymologique la plus vraisemblable est tirée du dictionnaire universel français et latin de Trévoux, rédigé par les Jésuites au XVIIIème s. « Irois, oise » signifie occidental, et est employé pour qualifie les Irlandois, le peuple le plus occidental de l’Europe.   

Deux passionnants musées

Et s’il pleut ? Et bien vous aurez moins de scrupules à passer du temps dans les deux musées de l’île. L’écomusée du hameau Niou Uhella présente dans deux maisons traditionnelles en granit l’habitat et le mode de vie à Ouessant au siècle dernier. Les pièces minuscules sont occupées par les lits clos et les vaisseliers confectionnés avec du bois d’épaves. Vous découvrirez des coutumes étonnantes, comme celle de la demande en mariage : la jeune fille apportait un gâteau à son fiancé, et s’il le mangeait, il l’acceptait pour épouse. Le musée évoque aussi la tradition de la proëlla. Lorsqu’un marin disparaissait en mer, famille et amis se retrouvaient pour une veillée funèbre autour d’une croix de cire dite « croix de proëlla ». Le lendemain, après la cérémonie religieuse, la croix était transportée en procession au cimetière, près de l’église, et déposée dans un discret mausolée que l’on peut voir encore aujourd’hui.

C’est naturellement sur le site du phare du Créac’h, l’un des plus puissants du monde, que se trouve le musée des phares et balises. Vous découvrirez l’histoire héroïque des bâtisseurs de phares, les lentilles gigantesques et les techniques employées pour porter la lumière le plus loin possible. On comprend l’importance de ces signaux dans une île comme Ouessant, entourée d’écueils et de violents courants, qui était surnommée « l’île d’épouvante »… Un funeste dicton marin présageait même : « Qui voit Ouessant, voit son sang ! ». Mais on dit aussi « Qui voit Molène, voit sa peine » et « Qui voit Sein voit sa fin » ! Optimistes ces bretons, non ?

FINISTERE - Ile d'Ouessant
Au musée des phares et balises

 

Molène, le bol d’air

A mi-chemin entre le Conquet et Ouessant, Molène est un bout de caillou de 1,2 km sur 800 m. L’endroit a été classé réserve de biosphère par l’UNESCO. On y respire, dit-on, l’air le plus pur du monde…

FINISTERE - Ile de Molène

En breton, moal enez, dont on a fait Molène, signifie « île chauve ». C’est l’île principale d’un archipel, un semis d’îlots déserts, seulement fréquentés par une faune spécifique, et battus par les vents. Trois d’entre eux sont classés « réserve naturelle » : l’accès à Balaneg et Trielen est sévèrement réglementé, mais aller sur Banneg est interdit : il abrite la plus importante colonie de pétrels tempête de France. On peut circuler autour en bateau pour observer l’animal symbole de cette mer d’Iroise : le phoque moine. Ce petit monde est surveillé de près par la Maison de l’Environnement Insulaire. Vous y apprendrez tout sur la faune, la flore et le patrimoine de l’archipel. Dans l’église St-Renan, sont exposés les précieux objets cultuels offert par la Reine Victoria, et de curieux ex-voto. Regardez bien la goélette pendue à sa corde de chanvre : l’avant du bateau donnerait le sens des vents à venir…

Promenez-vous le long des chemins creux et des ribines, ces ruelles étroites exemptes de véhicules. Les brouettes sont les seules « voitures à une roue » de l’île ! A Molène, pas ou peu de culture : on cultive le plaisir du temps qui passe… Le soir, les Molénais viennent bavarder sur le port, près de l’abri du canot de sauvetage où des peintures murales racontent la petite histoire de l’île. Prenez le temps de visiter le petit musée communal qui est situé dans la cour de la mairie. Il vous racontera l’histoire poignante du naufrage du Drummond Castle, ce navire qui faisait la ligne entre l’Afrique du Sud et l’Angleterre, qui s’est perdu dans le brouillard et qui s’est fracassé sur un écueil en faisant 400 victimes… Il y a eu trois survivants, et la reine Victoria récompensa les îliens qui leur ont porté secours en offrant un ciboire et une horloge pour l’église, ainsi qu’une citerne pour récupérer l’eau de pluie. Il faut dire que l’eau est une denrée précieuse, ici. C’est peut-être pour cela que les vieux marins boivent autant de whisky !

 

Sein, une île de caractère

Aplatie sur l’horizon comme une galette, l’île de Sein a l’air d’un mirage, et semble pouvoir disparaître sous les flots au moindre coup de vent. Détrompez-vous, cette île a du caractère et de la résistance !

FINISTERE - Ile de Sein
FINISTERE – Ile de Sein

Naviguer vers l’île de Sein offre un grand privilège : longer les falaises du Cap Sizun, voir la pointe du Raz depuis la mer, et doubler le phare de la Vieille où tanguent les « lignards » d’Audierne venus taquiner le bar. Un spectacle qui ne dispense pas d’affronter ensuite le clapot qui chahute toujours cette zone considérée comme une des plus redoutable de la côte bretonne. La navette accoste au pied de Men Brial, le phare vert et blanc. Dès que vous avez posé le pied sur cette terre étroite et sans arbres, plate comme la main, le sentiment de débarquer dans un endroit spécial est très fort. Une sorte de bout du monde. Sur le quai des Paimpolais, la mode vient aux crépis colorés, mais il reste quelques maisons blanches aux volets bleus qui se serrent dans d’étroites ruelles que l’on dit suffisamment larges pour laisser passer les barriques… Au cœur du village, l’église a été construite avec du granit venu du continent. Nos lointains ancêtres, eux, ont pris celui de l’île pour ériger les « Causeurs », deux mégalithes encore debout. Vous irez marcher le long de la côte sauvage, aux rochers perclus de légendes, et vous flânerez sur la lande raclée par les vents, parfois submergée par les grandes marées. Au pied du Grand Phare, la petite chapelle saint Corentin résiste héroïquement aux éléments naturels. Mais c’est d’un autre héroïsme dont les îliens sont le plus fiers : en 1940, à l’appel du Général de Gaulle, les Sénans sont partis pour l’Angleterre. Ils représentaient le quart des volontaires de la France libre ! Le monument des Sénans Libres commémore cet acte de patriotisme : devant la croix de Lorraine, un marin que le temps a habillé de mousse jaune se tient debout face à l’océan. Cette histoire est évoquée dans l’ancien Abri du Marin, qui est maintenant réunie avec l’ancien Abri du Canot de Sauvetage en Mer pour former un musée d’histoire locale et d’arts et traditions populaires. L’unique occasion de voir, sur un mannequin, le costume et la coiffe de l’île que presque plus personne ne porte. Vous y découvrirez aussi de récurrentes et douloureuses histoires de naufrages. Souvenirs et vestiges sont conservés dans des vitrines. Dans l’entrée du musée sont alignés les bottes et le cirés des bénévoles toujours prêts à prendre la mer en cas de besoin. Il est vrai que dès que ça souffle, les lames viennent s’écraser sur la digue en projetant des geysers d’écume, et c’est très impressionnant…

Le peintre de la lumière et de la mer

Didier-Marie Le Bihan se dit peintre de la lumière. Dans son atelier ouvert sur la mer, il peint des tableaux en glacis selon la complexe technique du clair-obscur. Souvent, il intègre des paysages de l’île dans ses peintures. Travaillant « en transparence », il lui faut entre deux et six ans pour terminer une œuvre. A défaut d’être pointilliste, ce peintre pointilleux ne vend que par Internet, selon un savant jeu d’enchères. Mais,  « s’il n’y a pas d’émotion qui passe, ça ne sert à rien ! » affirme-t-il. Il ne vend donc qu’à ceux qui se sont donnés la peine de venir le voir un jour sur son île…

www.didierlebihan.com

 

PRATIQUE

Pour Ouessant

Y aller

Au départ de Brest, 2 h 30 de navigation ; du Conquet 1 h 15. www.pennarbed.fr    

Se loger

De l’hôtel au camping en passant par les chambres d’hôtes ou les locations à la semaine, vous aurez le choix pour passer la nuit à Ouessant. Belle vue sur la baie de Lampaul depuis l’hôtel 2* Roch Ar Mor. Chambres doubles à partir de 38 €. www.rocharmor.com

Se restaurer

Ty Korn, à Lampaul. Cuisine raffinée de poissons de ligne et de fruits de mer.

Crêperie du Stang, dans le bas du bourg de Lampaul.

A faire

Les plages de sable étant peu nombreuses à Ouessant, les activités sont tournées vers la mer. Vous pourrez pratiquer la voile, la planche à voile et le kayak de mer en vous adressant au centre nautique du Kornog, à Lampaul. Tél. : 06 56 88 21 29

Ondine Morin connaît son île comme sa poche et sait en parler. Guide interprète régional, elle propose de passionnantes balades-découvertes et des sorties nocturnes ou matinales très originales :  Tél : 06 07 06 29 02 et  www.kalon-eusa.com

 Artisanat

Pour se protéger du vent, les moutons d’Ouessant ont une toison épaisse, qui a toujours été utilisée pour fabriquer des vêtements en laine. Il reste quelques fileuses sur l’île qui utilisent la toison de leurs moutons, blancs ou marrons foncés, pour tricoter des pull-overs, des bonnets, ou des chaussettes en pure laine vierge. Ils sont mis en dépôt-vente dans les magasins de souvenirs du bourg. Allez par exemple à « l’Abri du Mouton », où Isabelle Patard a créé des souvenirs originaux (mobiles, objets décoratifs, cartes postales…) avec de minuscules moutons en fil de laine écrue ou teinte.

Se renseigner :  www.ot-ouessant.fr

 

Pour Molène

Y aller

Au départ de Brest, 1 h 45 de navigation ; du Conquet, 45 minutes. www.pennarbed.fr  

Se loger et se restaurer

L’Archipel : bar-restaurant proposant deux gîtes et trois chambres d’hôtes, tout vue mer. Spécialités de fruits de mer, ragoût de homard, et saucisse de Molène aux algues. www.archipelrestaurant.com

Artisanat : en haut de l’embarcadère, un atelier propose des cosmétiques biologiques marins aux algues de l’île Molène (gamme ALGALYS).

A faire : randonnées accompagnées en kayak de mer. Partez à la découverte des dauphins, loutres, phoques moines de l’archipel, avec Quentin Cuillandre. Breizh Kayal Evasion (06 56 74 65 84)

 Se renseigner :  www.molene.fr

 

Pour Sein

Y aller

Au départ d’Audierne, 1 h de traversée. www.pennarbed.fr  

Se loger, se restaurer

Hôtel-restaurant Ar Men : route du Phare. Chambre double à partir de 65 €, ½ pension à partir de 135 € pour deux personnes. Spécialités de poissons et ragoût de homard.  www.hotel-armen.net

Se renseigner  : www.mairie-iledesein.com

 

La charcuterie corse

Hélas souvent galvaudée, la véritable charcuterie corse a le goût unique de son terroir. Pourquoi est-elle si savoureuse, et comment faire le tri entre l’authentique de caractère et la fade copie industrielle ? Existe-t-il un label de qualité auquel se fier ? Pour le savoir, il faut se rendre sur place et rencontrer des éleveurs et des producteurs, fiers de leurs salaisons et de leur savoir-faire.

Stéphane Paquet visite ses cochons Nustrale en compagnie d’un autre éleveur, Paul Casamarta

Le 4×4 de Stéphane Paquet cahote sur un chemin bosselé de Sampolu Giovicacci, au-dessus de Bains-de-Guitera, en Corse du Sud. A 1300 m d’altitude, sous les sommets enneigés de Punta di Forco d’Olmo, la châtaigneraie parée des couleurs d’automne s’étend à perte de vue. Stéphane (qui était alors président du syndicat de défense et de promotion des charcuteries de Corse) s’arrête au bord d’une parcelle, et s’avance dans le champs en compagnie de Paul Casamarta, un éleveur-producteur de charcuterie corse traditionnelle. Immédiatement, des cochons noirs et blanc sortent des frondaisons et s’approchent d’eux en grognant, curieux de cette visite impromptue. Constatant qu’on ne leur apporte rien de bon, les porcs reprennent vite, le groin à ras du sol, leur quête de châtaignes. Il faut dire qu’à cette période de l’année, c’est l’essentiel de leur nourriture, et c’est justement cela qui confère à leur viande son caractère, son gras et son goût si particulier. Cela, et la race des porcs. Stéphane Paquet explique : « En Corse, l’élevage de porcs relève d’une tradition pastorale ancestrale reposant sur l’utilisation du territoire montagnard par des animaux de race endémique connue sous le nom de « Nustrale » (la nôtre). C’est une race rustique à croissance lente, qui se distingue par sa capacité génétique à faire du gras avec en particulier un taux de persillé élevé. Leur élevage la plupart du temps en liberté suit le rythme des saisons : en été, on les monte en estive, au-dessus de 1200 m d’altitude, là où ils trouvent des herbes, racines, glands de hêtre, ainsi qu’un complément alimentaire tous les 3 à 4 jours. C’est l’époque où est programmée la mise bas des femelles, de manière à ce que l’année suivante, les porcs âgés de plus de 1 an soient « finis » aux fruits d’automne les 45 derniers jours de leur engraissement. En automne, quand les châtaignes sont prêtes à être récoltées, les cochons sont rentrés et chacun ramasse les plus belles châtaignes. 40 jours plus tard, les cochons sont relâchés dans la châtaigneraie, et c’est à eux de se goinfrer ! Quand les châtaignes sont épuisées, on les fait descendre dans des forêts de chênes verts, pour qu’ils se nourrissent de glands. De novembre à février, ces châtaignes et ces glands constituent le meilleur des festins, et donnent à leur viande un goût subtil de sous-bois et de noisette. Comme autrefois, l’abattage des porcs Nustrale, qui sont donc âgés d’un an et demie, a lieu exclusivement durant la période d’hiver. Contrairement aux autres porcs élevés en batterie sur le continent et utilisés pour la charcuterie soi-disant corse, abattus toute l’année au bout de 6 mois d’un engraissement intensif… »

La fabrication traditionnelle

Retour en plaine, à Murato, à l’atelier de charcuterie de Patrick Fiori. Alors qu’il embosse de gros saucissons, cet éleveur-producteur détaille les principaux éléments constituant la charcuterie corse : « Après l’abattage (a tumbera) réalisé en hiver encore parfois à la ferme, l’animal est dépecé et découpé, et la viande transformée. On le sait, tout est bon dans le cochon, et rien ne sera perdu, du sang aux entrailles en passant par la tête ou les pattes… En ce qui concerne la charcuterie, les deux pattes arrière sont parées et salées au sel sec, poivrées, puis mises à sécher de longs mois en cave pour se transformer en jambon sec (prisuttu) ; l’échine salée servira à faire la coppa embossée dans le caecum, qui sera ficelée, fumée et séchée ; le filet et le carré de côtes donnera le lunzu, préparé comme la coppa ; la poitrine servira à faire de la panzetta, et le reste, mixé plus ou moins gros, parfois fumé et séché, servira à confectionner différents types de saucissons poussés dans le suivant ou la rosette. Il ne faut pas oublier le figatellu, une fine saucisse fumée, en forme de U, à base de foie, qui se consomme rôtie au feu, quelques semaines après sa fabrication ! » C’est d’ailleurs pour cela qu’il est si rare d’en trouver, les connaisseurs se les arrachent, ou les réservent : un figatellu vendu après le mois d’avril a donc peu de chances d’être issu de la charcuterie corse traditionnelle… Après l’embossage des saucissons, le temps est venu de la maturation et du séchage des viandes, et ça prend du temps. Généralement, les saucissons et les jambons de qualité sont séchés et affinés à la ferme, au frais dans des pièces sombres et ventilées. Au cours de différents reportages en Corse, j’ai eu l’occasion de visiter plusieurs fermes qui produisent de la charcuterie haut de gamme, et ce qui m’a stupéfié, c’est de voir les conditions d’hygiène des pièces où étaient suspendus jambons et saucissons : caves aux murs moisis ouvertes aux courants d’air, toiles d’araignées partout, sol en terre battue… A 1000 lieues des salles blanches aseptisées, à l’hygrométrie contrôlée, dans lesquelles s’affinent les charcuteries du continent. Et pourtant, au goût comme en qualité, c’est le jour et la nuit ! La charcuterie traditionnelle est savoureuse et équilibrée, fondante et parfumée, tandis que la charcuterie industrielle est souvent trop salée ou fumée, pour donner l’illusion d’une puissance aromatique qui n’est pas apportée par la viande… Cette distinction m’a été confirmée par François Casabianca, ingénieur à l’INRA de Corte. Pour lui, il ne fait aucun doute que la race porcine corse, à croissance lente, a une incidence forte sur le plan organoleptique : la viande est bien rouge et persillée, et son gras, légèrement rosé, joue un rôle dans les arômes qui se développent au cours de la maturation du jambon. C’est lui qui m’a appris que certains fabricants de charcuterie corse, pour faire face à une demande saisonnière importante, utilisent sans le dire des carcasses d’animaux importés (porcs sur pied de Bretagne ou morceaux prédécoupés en provenance d’Espagne ou des Pays-Bas), et tentent de « corsifier » la viande en la fumant un peu ou en la ficelant ! Et parfois ils ajoutent du sucre et des ferments… Alors comment faire pour séparer le bon groin de l’ivraie ?

Le point sur les labels

Heureusement, les efforts de Stéphane Paquet et des défenseurs de la véritable charcuterie corse n’ont pas été vains, et l’INAO a accordé en 2011 l’AOC pour le prisuttu, la coppa et le lunzu. Ce label garantit que la charcuterie est obtenue à partir de porcs de race nustrale élevés en Corse, avec des porcelets nourris sous la mère (sans lait artificiel), bénéficiant d’un parcours avec densité maximum de 5 porcs par hectare, qui passent un minimum de 45 jours en engraissement naturel sous les chênes et les châtaigniers, et qui sont abattus en hiver à 12 mois minimum. Le jambon AOC devra perdre au moins 25 % de son poids au séchage, et être commercialisé avec un minimum de 12 mois. Le lunzu AOC doit être affiné au moins 2 mois et vendu à 3 mois minimum. La coppa AOC doit être affinée au moins 2 mois, et vendue à 5 mois d’âge minimum.

Là où ça se « corse », c’est qu’un consortium regroupant 11 entreprises charcutières familiales de Corse (qui revendique 75 % de la production de l’île), a obtenu l’indication géographique protégée (IGP) pour 7 de ses produits : lonzu, coppa, bulagna, panzetta, figatellu, saucisson sec et prisuttu. Des produits qui auront droit à l’appellation « Charcuterie de l’île de Beauté ». Or, ce label rivalise avec l’AOC, ce qui provoque la confusion chez le consommateur, car il ne sait plus à laquelle se fier ! En effet, l’IGP garantit des porcs d’origine 100% française et des produits transformés en Corse, mais sans exiger une race particulière ni une provenance des porcs, qui peuvent venir de Bretagne ou d’ailleurs en France (bonjour l’empreinte carbone !). Seule la charcuterie AOP garantit des porcs corses et une charcuterie transformée sur l’île, qui a de facto droit à l’appellation « charcuterie corse ».  Enfin, comme si la situation n’était pas assez compliquée, une charcuterie corse (l’Atelu Corsu) a obtenu en 2016 le Label Rouge pour ses saucissons, sa rosette et sa coppa. Si le Label Rouge garantit une fabrication contrôlée et une qualité générale du produit, il ne garantit pas la race des porcs, qui peuvent donc aussi provenir de Bretagne… Finalement, la meilleure façon de déterminer si une charcuterie corse est de qualité, c’est de la goûter ! Venez en Corse, demandez aux insulaires où ils achètent leur charcuterie, posez des questions dans les boutiques sur le mode de fabrication et la race des porcs, votre curiosité sera récompensée car vous éviterez ainsi qu’on vous traite comme « u pinsuttu » (un touriste à la voix pointue) à qui l’on peut vendre n’importe quoi, du moment que cela a l’apparence locale…   

Les bonnes adresses

Voici une liste de boutiques vendant de la charcuterie corse de haute qualité :

  • U Muntagnolu, 15 rue César Campinchi, à Bastia. https://www.umuntagnolu.com/
  • L’Orriu, cours Napoléon, à Porto Vecchio. https://www.lorriu.fr/
  • San Mighele, U Peru, à Murato
  • Atelu Corsu, route d’Alata, à Ajaccio
  • U Stazzu, 1 rue Bonaparte, à Ajaccio
  • Tempi Fa, 7 av Napoléon, à Propriano
L’Orriu, à Porto-Vecchio

Irrésistible Cuba

Le mojito, le cigare, la langouste, les vieilles voitures américaines et les plages de rêve ? Oui, c’est ça Cuba, mais pas seulement. Cette grande île caribéenne séduit aussi par son architecture coloniale et par la gentillesse des Cubains, pour qui l’hospitalité c’est comme la salsa : une seconde nature !

CUBA Jolie cubaine

La Havane

A l’occasion de son 500ème anniversaire, La Havane s’est refait une beauté en restaurant certains bâtiments historiques de la vieille ville, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco. Les peintures fraîches aux couleurs pastels des maisons coloniales s’accordent avec celles, plus flashy, des opulentes voitures américaines des années 50. Louez l’une de ces décapotables avec chauffeur pour faire un tour de la ville. Ces plantureuses limousines mille fois rafistolées empruntent les belles et larges avenues en ouvrant une faille spatio-temporelle (et pas avec une DeLorean mais avec une Cadillac ou une Chevrolet !) qui fait entrevoir le temps où La Havane était une ville cossue, symbolisant le rêve américain… Mais si l’on s’éloigne dans les ruelles adjacentes, on découvre une réalité moins flatteuse, avec des immeubles en ruine et une population très pauvre. Pas de problème pour entrer dans les magasins d’Etat aux trois-quarts vides, ni pour circuler entre les étals chargés de fruits et légumes des petits marchés, car on se sent en sécurité, et les Cubains font tout leur possible pour être agréables si vous leur adressez la parole. Notamment pour guider vos pas vers les bonnes adresses… A ce propos, pour boire un verre, évitez les bars du Floridita ou de la Bodeguita del Medio, surtout en pleine journée : ils sont cités dans tous les guides, et leur sur-fréquentation gâche tout le plaisir que l’on peut avoir à siroter un daïquiri ou un mojito en écoutant de la musique cubaine. Préférez le bar du Nacional, un hôtel mythique qui a accueilli tous les personnages célèbres passés par La Havane depuis les années 30, ou bien celui sous arcades d’El Patio, sur la place de la cathédrale, ou bien n’importe quel petit bar avec des musiciens ! Faites une promenade sur le Malecon, le boulevard maritime où la population aime se retrouver pour pêcher ou flâner. Là encore, si vous discutez avec les Cubains, ils vous conseilleront de délaisser le cabaret Tropicana (un spectacle flamboyant style Las Vegas) pour celui plus authentique du Copa Room (anciennement Palacio de la Salsa) dans l’hôtel Habana Riviera (quartier général des mafieux Lucky Luciano et Meyer Lansky dans les années 50 !), où se produisent les meilleurs groupes cubains. On vous proposera peut-être des cigares, tombés du camion, ou présentés comme une super-promotion, mais la plupart du temps, c’est une arnaque et ces cigares, aussi maquillés qu’une jinetera (littéralement cavaleuse, donc prostituée) de boîte de nuit, n’ont ni la saveur ni la qualité des cigares vendus dans les hôtels ou dans les boutiques spécialisées.

D’ailleurs, l’une des visites incontournables qu’il faut faire à La Havane, c’est celle de l’usine de cigares La Corona. Des centaines d’ouvriers et d’ouvrières s’activent lentement (on est à Cuba, quand même…) dans de grandes salles empestant le tabac froid, et un guide vous arrête d’atelier en atelier pour expliquer les différentes étapes de fabrication d’un cigare. Cette diversion touristique ne perturbe pas les torcedores, qui manient, coupent et roulent les larges feuilles marron en un barreau de chaise oblong qui, une fois pressé et manucuré, devient un puro Monte-Christo, ou un Roméo et Juliette qui se consumera un jour entre les doigts d’un amateur de havane… Si ces marques renommées portent le nom de livres célèbres, c’est parce qu’il est de tradition, dans ces usines de cigares, qu’un ouvrier fasse la lecture à haute voix, une ou deux fois par jour, soit avec la presse locale, soit avec des romans. Les plus appréciés ou les plus lus, ont fini par donner leur nom à certains cigares !

Les villes coloniales du centre de Cuba

A 4 h de route à l’ouest de La Havane, Cienfuegos est une ville portuaire dont le centre-ville, construit au début du XIXème s. par des Bordelais, regorge d’édifices coloniaux néoclassiques. Vous trouverez les plus beaux bâtiments autour du Parc Marti, tel qu’un arc de triomphe ou le musée provincial, inspiré du Capitole de La Havane, lui-même inspiré de celui de Washington… Il faut arpenter le paseo el Prado, c’est l’avenue principale, dont le terre-plein central permet d’admirer, de part et d’autre, les belles maisons de couleur pastel aux arcades supportées par d’élégantes colonnades. Tout au bout de cette rambla, arrêtez-vous pour prendre un verre au yachtclub (1924), dont la terrasse offre une belle vue sur la marina et la baie.

Un peu plus au nord, Santa Clara possède également un beau patrimoine architectural autour du Parc Vidal, mais on y vient surtout pour célébrer la mémoire de Che Guevara, qui a connu ici en 1958 sa plus belle victoire, lors de l’attaque d’un convoi de train blindé. Ce glorieux épisode a conduit à la prise du pouvoir de Fidel Castro et à l’indépendance du pays. Sur le site même de l’attaque, quelques wagons se visitent, dans lesquels une exposition succincte relate l’événement, et l’on se demande pourquoi un bulldozer est surélevé sur un terre-plein en béton : c’est celui qui a servi à faire dérailler le convoi ! Cette bataille est aussi représentée sous forme de fresque sur le site du Mémorial dédié au Che. Au milieu d’une immense place (de la Révolution, bien sûr) trône une monumentale statue en bronze du guérillero en tenue de combat, le bras gauche en écharpe, dont le piédestal porte gravée sa célèbre formule : « Hasta la victoria siempre » !

Encore une heure de route vers le nord et voici Sagua-la-Grande, ville fondée en 1812 par les Espagnols, pour servir de port d’exportation du sucre et de la mélasse. Comme c’était aussi un port de pêche dynamique, qui envoyait le poisson aux USA, la petite ville a connu une période de prospérité, ce qui explique la taille impressionnante de son église, et l’architecture néo-classique des bâtiments qui l’entourent. Sagua-la-Grande n’étant pas (encore) sur les circuits classiques des voyagistes, elle est très peu fréquentée par les touristes, et le voyageur qui la découvre aujourd’hui a un peu l’impression d’être le premier à fouler ces trottoirs éventrés, ces rues trop larges pour une circulation erratique, où les rares bagnoles américaines font vraiment leur âge, et où les vélos et triporteurs (avec ou sans frein !) transportent dans d’invraisemblables équilibres, bêtes, gens, victuailles et encombrants. Les Cubains vous dévisagent un peu plus qu’à l’accoutumée, mais sans insistance, et si l’on engage la conversation, ils veulent tout savoir de vous, votre nationalité, de quelle ville vous venez, et surtout ce que vous faites ici ! Il faut dire que l’animation est limitée, il n’y a guère qu’un bar ouvert le soir, et à priori pas grand-chose à visiter, à part un musée de la musique regroupant quelques vieux instruments. Il faut voir le pont en fer qui enjambe la Sagua, appelé immodestement « el Triunfo », et prendre un verre sur le toit-terrasse du seul hôtel correct de la ville, le Sagua. Lorsque la marina d’Isabela-de-Sagua, à une dizaine de km de la ville, sera fonctionnelle, et que les cayos situés au large seront accessibles, cette paisible bourgade coloniale constituera une halte non dénuée de charme et une alternative pertinente aux excursions plus lointaines vers le sud-est de l’île.    

Au sud de ces deux villes, Trinidad est un bijou de ville coloniale, qui n’a pas bougé ou presque depuis sa période de prospérité au milieu du XIXème s., lorsque l’industrie sucrière battait son plein. Conservé « dans son jus » (de canne), le centre-ville est si bien préservé qu’il est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. Pour en avoir le meilleur aperçu, il faut monter au sommet de la tour du Palais Canterro, une superbe édifice aux immenses pièces ornées de peintures italiennes, réparties autour d’un patio rafraîchi par une grande fontaine (on dit que lors des réceptions, à la Belle Epoque, elle glougloutait du champagne !). Le palais abrite les collections hétéroclites et poussiéreuses du musée historique municipal, et l’on peut se contenter de monter directement au sommet de la tour pour avoir une vue panoramique sur la ville, dont les clochers blancs des églises se découpent sur les montagnes verdoyantes qui l’entourent. Baladez-vous ensuite dans les ruelles pavées bordées de maisons coloniales aux teintes pastel, vous découvrirez un Cuba provincial et paisible, où les habitants vous parleront de la douceur d’y vivre, tout en se balançant sur leur rocking-chair collé contre les grilles en fer forgé qui enserrent la plupart des fenêtres en rez-de-chaussée. Il y a des groupes de musiciens dans tous les bars et sur toutes les placettes. Au Cancanchara, goûtez au vieux cocktail cubain qui a donné son nom au bar, à base d’eau de vie de canne, de citron vert et de miel. Qui n’a pas siroté un cancanchara ou un mojito dans un bar de Trinidad, n’a pas la moindre idée du plaisir qu’on peut avoir à voyager à Cuba !

Et les plages ?

Toutes les plus belles plages de Cuba, facilement accessibles, se situent sur la côte nord, ourlées par les eaux chaudes et translucides de la mer des Caraïbes. En effet, la plupart des fleuves se dirigent vers le sud, déversant sur cette côte les sédiments qu’ils charrient. Les plages y sont donc moins belles… Le problème, c’est que les plages du nord sont presque toutes occupées par des zones hôtelières denses et sans charme, y compris celles qui sont situées sur des îlots, les cayos. Vouloir trouver une plage de rêve déserte à Cuba relève de la gageure, à moins de parler espagnol, de voyager en autonomie en utilisant les erratiques transports en commun locaux, et d’accepter de loger chez l’habitant dans des conditions de confort sommaires… Les plages situées dans les îlots au large de Sagua-la-Grande (notamment à cayo Esquivel) correspondent à ce profil, mais à l’heure actuelle, elles sont encore inaccessibles… Pour profiter des plages de sable blanc corallien et des lagons couleur émeraude, il faudra donc loger dans un resort « tout compris » de Varadero, de cayo Coco ou de cayo Santa Maria. Cette dernière île, accessible par une digue de 50 km de long, a conservé une plage ouverte aux Cubains, et une autre très peu fréquentée, qui est un petit bijou : la Perla Blanca…

Pratique

Trois compagnies desservent La Havane en 10 h de vol : Air France, Corsair et Air Caraïbes. A partir de 600 € A/R.

Havanatour et Sol Latino, les voyagistes spécialistes de Cuba, ont une offre complète de circuits, autotours et séjours. TUI propose un circuit accompagné « Terres Cubaines » d’une semaine, à partir de 1600 €/p.

Bonnes adresses

Elegancia Suites Habana : maison d’hôte de charme dans le quartier calme de Vedado, avec terrasse, jacuzzi et personnel parlant français. 3 fois par semaine, en fin d’après-midi, une cantatrice cubaine vient chanter a cappella pour les clients : l’opéra à l’apéro, c’est classe ! A partir de 120 €/ch en B&B.

CUBA – La Havane A l’Elegancia suite Habana, un hôtel E dans le Vedado

Nacional (5*), à La Havane : pour son ambiance surannée, son bar mythique, sa terrasse vue mer, et ses chambres historiques nommées d’après les personnalités qui y ont séjourné. A partir de 230 € la ch double, en B&B.

Hotel La Ronda, à Trinidad : Hôtel E (comme Encanto, enchantement) avec chambres confortables donnant sur un patio. A partir de 100 € la ch double en B&B.

Paladar Ceiba, à Trinidad : pour déguster une langouste grillée (spécialité de la maison) en terrasse, à l’ombre d’un énorme fromager. Compter 25 € le déjeuner.

CUBA – Trinidad Langouste grillée au restaurant Ceiba

La Casa del Habano, dans l’hôtel Melia Cohiba : c’est le meilleur endroit pour acheter des cigares : très grand choix, bons conseils, prix corrects. Propose également de vieux rhums.

A lire : Portraits de La Havane, de Valérie Collet (Hikari éditions), où 14 Havanais parlent de leur ville en donnant leurs adresses préférées.  

Destination Cuba : c’est un magazine gratuit consacré uniquement aux attraits touristiques de l’île. Il est distribué lors du Salon mondial du Tourisme, à la Porte de Versailles, à Paris (14-17 mars). On le trouve aussi à l’Ambassade de Cuba (14 rue Presles, 75015 Paris), à l’Office du tourisme Cubain (2 passage du Guesclin, 75015 Paris), ainsi que dans une centaine d’agences de voyage.

CUBA Rhum et coco, les deux mamelles de Cuba

La Thaïlande en tourisme durable

Très loin des plages et des îles du sud dénaturées par le tourisme de masse, voici un itinéraire dans les provinces du Nord de l’ancienne Siam, privilégiant la »green attitude » et le tourisme durable. Une Thaïlande authentique qui ravira les amateurs de nature et de culture.

Chiang Mai, la capitale du nord

Chiang Mai est la seconde ville de la Thaïlande. Elle s’étend dans une vallée verdoyante au cœur du Lan Na, un ancien royaume nourri d’influences birmanes et laotiennes, qui a doté la ville de nombreux temples où s’expriment le meilleur de l’architecture et des arts thaïes. Tel le wat Chet Yod, un temple du XVème s. dont les murs sont sculptés de superbes bas-reliefs de divinités hindoues. Sous son banian sacré, des fidèles prient devant des autels surchargés de statuettes de serpent, l’animal totémique du temple… Après en avoir visité plusieurs, vous comprendrez le rôle important que tient le bouddhisme dans la société thaïlandaise, et vous aurez vu l’incroyable diversité dans leur décoration, parfois kitsch, souvent baroque, toujours fastueuse. Le soir, après une halte dans un salon de massage pour harmoniser vos chakras et soulager vos courbatures, faites un tour au centre-ville pour goûter la « street-food » locale, telle que la soupe Tom Yum à la citronnelle (assez épicée), le pad thaï (nouilles de riz sautées aux crevettes) ou un curry au lait de coco… 

Trek dans la jungle

A 1 h de route de Chiang Mai, la capitale du nord, le parc national Doi Inthanon porte le nom du plus haut sommet du pays, qui culmine au-dessus des forêts de mousson à 2565 m d’altitude. C’est évidemment très humide, et de spectaculaires cascades grondent dans les replis d’un relief vigoureux. Mae Ya est la plus haute chute d’eau du parc, son voile blanc recouvre 250 m de rochers, et forme à ses pieds un brumisateur géant, très agréable en atténuant la chaleur ambiante. La marche d’approche permet d’admirer des orchidées épiphytes, poussant aux creux moussus des arbres, tandis que l’air est parfois zébré par l’éclair bleu d’un martin-pêcheur. Un guide local vous devancera dans la jungle, en s’arrêtant pour vous montrer ce qu’un œil non averti ne saurait déceler – un coléoptère gros comme la main, une plante carnivore, un papillon aux ailes comme un tableau – et pour décrypter les cris d’animaux émergeant de la canopée ou des taillis impénétrables… L’observation directe est rarement possible, mais savoir que des éléphants, des gibbons et des tigres vivent dans cette jungle, procure de vrais frissons d’aventure ! Le parc national de Mae Charim est lui à 1 h de route de la ville de Nan. Il est traversé par la rivière Wa, dont les rapides permettent de faire de belles descentes en rafting. Une autre façon de traverser ces magnifiques forêts aux milles nuances de vert, sous le regard intrigué des singes dans les frondaisons des arbres, et celui amusé des pêcheurs sur les rives…

Rencontres autochtones

Le principal intérêt de voyager hors des sentiers battus du tourisme, c’est de rencontrer des communautés autochtones aux us et coutumes préservées, sans être considéré comme un porte-monnaie à deux jambes. Dans les villages de montagne du nord de la Thaïlande vivent des Akhas, des Hmongs ou des Karens, dont le mode de vie n’a guère changé depuis des siècles, téléphone portable et télévision mis à part… Vivant dans des cases en tek sur pilotis, certains portent un costume traditionnel en coton, tissé et brodé de couleurs chatoyantes, et ne demandent en général pas d’argent si l’on souhaite les photographier. Au contraire des femmes-girafes Padaung, qui vivent dans des villages frontaliers avec la Birmanie, et qui monnayent l’image de leur cou déformé par des anneaux en laiton… Je ne les juge pas de fonctionner ainsi, je condamne plutôt les touristes qui achètent l’image de leur difformité… Je sais bien que pour cette minorité ethnique, c’est un critère esthétique ou une identité culturelle, mais cette « coutume » fait souffrir des femmes, dès l’âge de 5 ans. Pour information, en 2008, le HCR (Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés) a encouragé le boycott par les touristes des villages Kayans (ou Padaung), considérant que les femmes y sont exhibées comme dans un « zoo humain ».  A l’inverse, les villageois que j’ai rencontrés dans mon voyage hors des sentiers battus du tourisme, se montrent touchés par l’intérêt que leur porte le visiteur étranger, et ils acceptent donc de se faire prendre en photo avec un plaisir évident. Ainsi, à Ban Sobhad, un village entouré de rizières dans le parc Doi Inthanon, la tisseuse était visiblement ravie devant l’objectif, et son sourire arc-en-ciel s’harmonisait avec les couleurs de ses cotonnades… Et en plus, son sens inné de l’hospitalité lui a même commandé de nous offrir un thé ou un café ! Parfois, l’accueil est organisé, comme à Samkha, une sorte de village « modèle » qui vit en autosuffisance et qui protège sa forêt de la culture sur brûlis. Nunok, une jeune femme Karen parlant anglais, reçoit de petits groupes chez elle, et explique autour d’un savoureux repas préparé par sa tante, comment la reforestation et la construction de digues ont amélioré leurs récoltes de riz, d’ail et de piment. Assis en cercle sur une natte autour d’un assortiment de plats, chacun trempe des petites boulettes de riz gluant dans les sauces proposées, tout en bombardant Nunok de questions. Alors que son cousin (un jeune bonze) s’est mis à l’écart pour consulter discrètement son smartphone, Nunok résume les principales restrictions auxquelles doivent se plier les moines bouddhistes (il y en a 227 !), et nous explique pourquoi un jeune homme (ou une jeune femme, il y a des nonnes habillées de blanc qui servent dans les temples), accepte ces règles contraignantes dans la société contemporaine…  Un bel exemple de tourisme durable... Dans le même ordre d’idée, je citerai l’exemple du « Royal Project » du parc Doi Inthanon, situé à côté du village de Klunklang : dans le but d’inciter les tribus montagnardes à ne pas pratiquer la culture sur brûlis (ce qui aggrave la déforestation), ni la culture d’opium, le gouvernement thaïlandais a formé ces villageois à des techniques d’agriculture modernes et respectueuses de l’environnement, tout en leur fournissant l’équipement et les outils pour le faire. Le site est splendide et se visite, le tourisme étant une composante du projet, car une partie de ce qui est produit sur place est cuisiné et servi dans un restaurant sur pilotis surplombant les cultures ! C’est génial comme idée, et à la satisfaction de voir la population travailler dans des serres de culture hydroponiques, des champs de fraises ou de salade, ou dans une ferme piscicole, s’ajoute le plaisir de retrouver tous ces produits dans son assiette. On ne peut pas manger plus local, avec des saveurs thaïe épicées, c’est un régal, et en plus tout est bio !   

THAÏLANDE – Parc national Doi Inthanon Petite fille devant un champ de fraises bio

De fabuleux temples bouddhistes

La religion tient une place capitale dans la vie des Thaïlandais. Le bouddhisme, teinté d’animisme dans les tribus du nord, régit la vie de tous les jours. Devant chaque maison ou commerce, les gens se recueillent en joignant les mains près du menton devant de petits autels chargés d’offrandes aux esprits. Dans chaque région, les temples (wat) reflètent l’architecture et le style décoratif des civilisations qui les ont influencées : l’Inde du sud au wat Chet Yod de Chiang Mai ; la Birmanie au wat Si Rong Muang de Lampang, rouge et or jusque sur ses toitures étagées, surchargé de dorures, de verres colorés et d’innombrables statues de bouddhas au regard bienveillant, sur lesquelles les gens pieux collent de petites feuilles d’or… Le wat Phumin de Nan abrite des peintures murales extraordinaires, véritables BD racontant la vie de Bouddha. Une fresque est particulièrement célèbre, celle de ce couple d’amoureux coiffés et habillés à la mode thaïe Lue, où un homme tatoué susurre des mots doux à l’oreille d’une femme au sourire complice, qui lui effleure le genou. Cette scène osée pour l’époque, reprise par tous les peintres et illustrateurs du pays, montre le vrai visage de la Thaïlande : une civilisation raffinée et délicate, à mille lieues des turpitudes de Pattaya ou de Phuket…

THAÏLANDE – Nan Jeune bonze du wat Phra That Khao Noi

Prolongation balnéaire au sud de Bangkok

Pour ceux qui ne conçoivent pas de voyage en Asie sans profiter tant soit peu des plaisirs balnéaires, la Thaïlande du sud offre l’embarras du choix. Mais sans descendre jusqu’à Phuket, il est possible de s’arrêter à Hua Hin, une grande station balnéaire un peu chic, pas trop éloignée de Bangkok, fréquentée par le gratin de la capitale. Vous y trouverez de bons hôtels, des restaurants spécialisés en fruits de mer, installés sur la plage, et toute la palette habituelle d’activités nautiques… Les plages ne sont pas à tomber à la renverse, c’est pourquoi vous en profiterez pour faire quelques excursions sympas. Par exemple faire un safari au parc naturel national de Kuiburi. On s’installe à l’arrière d’un 4×4, qui sillonne à faible vitesse des pistes jalonnées de postes d’observation. Il pleuvait à verse pendant mon safari, mais nous avons quand même pu observer une troupe d’éléphants qui se baignaient dans une mare. Voir ces pachydermes insouciants dans leur élément naturel, s’aspergeant et prenant un plaisir visible à leur bain, c’est tout de même autre chose que de voir des éléphants piétiner dans un zoo, ou dressés à balader des touristes, quand ils ne sont pas asservis aux rudes travaux de débardage en tirant de lourdes grumes de bois… De plus, l’argent dépensé dans cette réserve revient intégralement aux paysans du coin, puisque ce sont eux les chauffeurs et les guides du safari ! Encore un bel exemple de tourisme durable. Par contre, je déconseille le Khao Deng canal boat trip, une excursion proposée dans tous les hôtels, consistant à faire un tour de bateau sur des canaux marécageux. Le cadre est superbe, avec ces falaises karstiques bordant la mangrove, mais le moteur pétaradant est si bruyant (et polluant !) qu’il gâche tout le plaisir de la balade, en plus de faire fuir toute la faune… Quand on pense qu’il suffirait d’un moteur électrique pour transformer cet attrape-touriste en balade merveilleuse… Enfin, il nous a été signalé, dans la région, une excursion à faire absolument, que je n’ai malheureusement pas eu le temps de faire : il s’agit de la grotte Phraya Nakhon, le joyau du parc national de Sam Roi Yot. Accessible à pieds après un petit trek, la grotte abrite une modeste construction érigée sur un tertre, un petit pavillon royal construit en 1890 à l’occasion de la visite du roi Rama V. Si votre guide a bien calculé son coup, vous devrez arriver au moment où les rayons de soleil éclairent quasi miraculeusement ce temple en passant par une ouverture au sommet de la grotte, et en le nimbant de lumière : il paraît que c’est magique ! (Je joins une photo prise sur google images…)

Mon voyage pratique

Y aller : La Thaï Airways a un vol direct quotidien Paris-Bangkok en A380, à partir de 839 € A/R. https://www.thaiairways.com/fr_FR/index.page?gclid=EAIaIQobChMIxafNiM6V3wIVTLvtCh0jVwo3EAAYASAAEgKpEPD_BwE

Voyagiste : Grâce à son réceptif local très réactif, Evaneos vous concoctera un itinéraire sur mesure en Thaïlande du nord, à partir de 900 €/p pour 7 nuits en B&B. www.evaneos.fr

Séjourner :

Au Rati Lanna de Chiang Mai, un somptueux 4* « éco-friendly », situé au bord de la rivière Ping. A partir de 250 €/ch en B&B.

THAÏLANDE – Chiang Mai Hôtel Rati Lanna Riverside

Coup de cœur pour le très « roots »  Giant Bamboo Hut, une maison tout en bambou en forme de bateau, au charme fou, au milieu des rizières de Doi Inthanon. Compter environ 80 € la nuit pour 2 en pension complète. Réservation sur Facebook.  https://www.facebook.com/Giant-Bamboo-Hut-356513381353632/

Nan Seasons boutique resort : 7 villas en tek noyées dans la verdure, surplombant les rizières. A partir de 70 €/ch en B&B.

Evason Hua Hin : situé à Pranburi, à l’écart de l’animation de Hua Hin, magnifique 5 * aux chambres spacieuses, donnant dans un jardin tropical. Idéal pour une cure de bien-être, grâce à la zénitude de sa piscine, et surtout grâce à son spa The Six Senses, l’un des plus réputés de Thaïlande. A partir de 250 €/ch double en B&B. 

THAÏLANDE – Pranburi A l’hôtel Evason

Onusa retreat, au sud de Hua Hin : superbes villas en tek abritées dans un jardin tropical, à deux pas de la mer. Le proprio est un australien qui s’appelle…Gary Cooper ! A partir de 150 €/ch en B&B.

Se restaurer :

Huean Hom, à Nan : juste à côté du wat Phumin, restaurant à la clientèle exclusivement thaïe, qui fait un délicieux khao soï, le plat du nord emblématique, avec des nouilles de blé au bouillon de coco, des épices et de la viande. Pas cher du tout…

Let’s SeaBeach, à Hua Hin : jolie terrasse vue mer pour ce restaurant de poissons à la cuisine raffinée. Compter 30 €/p.

Bien-être : Oasis Spa (Sam Lan Road), à Chiang Maï : un havre de paix et de douceur au cœur du bruyant centre-ville. Le traditionnel massage thaï de 2 h est à seulement 45 € !

THAÏLANDE – Nan

Se renseigner : http://www.tourismethaifr.com  

Retournons à Saint-Martin !

Plus d’un an après avoir été dévastée par l’ouragan Irma, cette île des Caraïbes a pansé ses plaies et accueille à nouveau les vacanciers dans de bonnes conditions. C’est le moment d’y aller pour encourager les prestataires qui sont restés, et qui ont investi dans la rénovation de leurs hôtels ou restaurants. L’île est redevenue une destination idéale à cette période de l’année ; en effet, vous pourrez profiter de ses superbes plages et de sa gastronomie réputée, tout en faisant vos achats de Noël, puisque c’est une île duty-free !

SAINT-MARTINPlage le long de la côte occidentale
SAINT-MARTIN Plage le long de la côte occidentale

Située au nord de l’arc antillais, Saint-Martin est une petite île assez vallonnée, au littoral ourlé de magnifiques plages de sable corallien, baignées par des eaux turquoises à 28 °C, et ombragées par des cocotiers balançant mollement leurs longues palmes sous les alizés. Bref, une île de rêve, comme Anguilla ou Saint-Barthélémy, ses voisines… L’île est partagée entre deux nations, la France et la Hollande : au sud de l’île, appartenant aux Antilles néerlandaises, on parle l’anglais ou le néerlandais, et la monnaie est officiellement le florin ; au nord, la partie francophone est une Collectivité d’Outre-Mer, et la monnaie est en principe l’euro. Mais en réalité, tous les locaux parlent anglais, et le dollar est la principale monnaie partout !

Durement frappée par l’ouragan Irma, l’île s’est en partie reconstruite, même si l’on voit çà et là les stigmates du désastre. En tous cas, la moitié environ des hôtels ont déjà rouverts leurs portes, certains entièrement rénovés, et les plages de rêve sont toujours là, déroulant leur tapis chaud et moelleux sous les douces vaguelettes d’une mer Caraïbes limpide dans laquelle on se sent aussi bien que dans un liquide amniotique… Dans ce cadre idyllique, un cocktail à la main, on a peine à imaginer que cet éden ait pu connaître un jour l’enfer…

SAINT-MARTINHôtel Radisson Plage de l'Anse Marcel, où se situe l'hôtel
SAINT-MARTIN Plage de l’Anse Marcel

 

A chacun sa plage de rêve

Fait rare sur une si petite île (comme l’île de Ré), Saint-Martin compte une trentaine de plages de sable blanc. L’Anse Marcel est une vaste baie bien abritée, mais ses plages sont réservés aux deux hôtels très haut de gamme qui sont actuellement en rénovation. Pour avoir un peu de tranquillité, vous irez à l’Anse Heureuse, une adorable petite plage quasi déserte, accessible en 10 minutes de marche depuis Grand-Case. La baie Orientale était un peu le St-Trop’ local, avec ses complexes hôteliers et ses paillotes de plage ; c’est là où venait bronzer la jet-set, avec une belle offre de sports nautiques. C’est beaucoup plus calme, les people se sont rabattus sur Saint-Barth’ car l’ouragan a tout rasé… Au moins, la baie a gagné en naturel ce qu’elle a perdu en animation. Les restaurants de plage se reconstruisent un peu plus en retrait (et en béton !), tel le Bikini Beach, très agréable avec sa terrasse en bois et ses transats ombragés de parasols vert pomme. Plus familiale, la plage de l’îlot Pinel, accessible en ferry depuis Cul-de-Sac, est une étonnante langue de sable qui s’étire en pente si douce qu’on la croirait posée sur un lagon. Ses deux restaurants ont été reconstruits, permettant de siroter un mojito ou déguster une langouste grillée entre deux séances de snorkeling… Pour vraiment s’isoler, il faut se rendre sur l’îlot Tintamarre, qui, comme son nom ne l’indique pas, est très calme car totalement inhabité. Inclus dans une réserve marine, ses fonds sont superbes, et ils ont été totalement épargnés par l’ouragan. A noter, pour les amateurs de sensations fortes, le carré de plage situé au bout de la piste d’atterrissage, du côté hollandais. Certains avions passent si près qu’on est fouetté par le souffle des réacteurs. Apparemment certains aiment ça, puisqu’il y a toujours du monde pour hurler de joie à chaque passage d’avion, en respirant à grands poumons des rafales de kérosène…

 

Une île duty-free

 L’île étant exemptée de taxes, St-Martin est comme un duty-free géant ! Si vous allez à Marigot, la capitale de la partie française, vous pourrez faire du lèche-vitrines devant les boutiques de mode de la rue Kennedy, avec ses ateliers de peintres et ses galeries d’art (celles qui n’ont pas fermé…). Juste à côté, s’étend le long du front de mer le plus grand marché de l’île. Il regorge d’épices, de tissus madras, et de très jolis objets artisanaux en bois, pierre volcanique, corne, écaille de tortue… Au West Indies Mall, un petit centre commercial situé à deux pas, vous trouverez chez Vanity First ou l’Occitane vos produits de beauté et parfums préférés. Il y a même une boutique Lacoste. Et tout est 10 à 40 % moins cher qu’en métropole ! Du côté hollandais, c’est à Philipsburg qu’il faut aller, pour flâner sur Beach Street, où se serrent les bijouteries, magasins d’équipement électronique, grandes enseignes de mode… En marchandant un certain temps (les vendeurs, la plupart indiens, sont coriaces !), vous arrivez à obtenir des prix très intéressants, surtout en payant en dollars. Attention, on est censé déclarer ces achats en douane en rentrant en France.

De grandes tables sous les cocotiers

Autre atout de Saint-Martin : c’est la capitale gastronomique des Caraïbes. Certes, il y a moins de restaurants qu’avant Irma. Mais les produits frais arrivent toujours quotidiennement de Rungis ou des USA, et permettent de réaliser des recettes d’inspiration française,  agrémentées d’épices locales. Alors que certains chefs récitent leur partition sur les pianos des grands hôtels, d’autres préfèrent opérer à Grand-Case, un charmant village lové le long d’une jolie plage, où l’on assiste à de fabuleux couchers de soleil. Cette zone a été particulièrement frappée par l’ouragan, de nombreux restaurants ont fermé, mais il en reste assez pour satisfaire les gastronomes les plus exigeants. Le Pressoir et le Barranco sont deux restaurants gastronomiques, mais il y en a pour tous les budgets, surtout si l’on s’attable devant un « lolo », gargote locale proposant des acras, des grillades de poisson, de lambis, ou des crabes farcis. Cerise sur le gâteau (de patate douce), l’addition est moins salée que l’eau de mer devant laquelle vous dînerez… En effet, même si les prix paraissent élevés, les restaurateurs acceptent la règle de parité entre l’euro et le dollar, ce qui est avantageux si vous payez en dollars : par exemple, un menu à 50 € ne vous reviendra en fait qu’à 45 €, si vous payez 50 $…. Cela paiera la bière que vous prendrez en sortant du resto dans un bar musical, où vous danserez la salsa et le zouk sur la plage !

SAINT-MARTINHôtel Radisson Plage de l'Anse Marcel, où se situe l'hôtel
SAINT-MARTIN Plage de l’Anse Marcel

Pratique

Y aller : 1 vol quotidien par Air France, et 3 vols par semaine par Air Caraïbes.

Durée du vol : environ 8 h

Décalage horaire : – 5 h

Climat : chaud et ensoleillé toute l’année, avec parfois quelques douches tropicales.

Se loger

  • Le Mercure Marina & Spa (3*) : situé sur une belle plage à 5 minutes de Marigot, cet hôtel de style créole est en train de monter en gamme. A la fin des travaux, ce sera un 4*…
  • Couleur Café : tout le charme des cases créoles dans ces chambres d’hôtes couleur locale, bien situées à 5 min de la baie d’Orient et de l’embarcadère pour l’îlet Pinel. A partir de 616 $ la semaine pour 2 p. Réservation sur Facebook.
  • La Plantation : des villas colorées de style colonial et des studios équipés (40 m²), dotés de terrasse dominant la baie Orientale. A partir de 277 €/nuit pour 2 en B&B en haute saison. http://www.la-plantation.com/
  • Locations : on peut trouver des studios en appartements ou bungalows, en bord de mer, à partir de 400 € la semaine. Réserver sur : www.abritel.fr ou www.iha.fr

Bonnes tables

Le Pressoir, à Grand-Case : authentique case créole de 1871 (reconstruite après Irma), où l’on déguste les mets les plus fins dans une ambiance intime. Compter 50 €/p (60 € avec la langouste). http://www.lepressoirsxm.com/?lang=fr

Sol e Luna, à Mont Vernon, sur les hauteurs de la Baie Orientale : à l’heure actuelle, la meilleure table de l’île. Compter environ 70 € le menu gastronomique, sans le vin… http://solelunarestaurant.com/

Se renseigner

https://www.st-martin.org/fr/

SAINT-MARTINHôtel Radisson La plus grande piscine des Antilles
SAINT-MARTIN L’ex-Radisson avait la plus grande piscine des Antilles

 

Nota-bene : Toutes les informations ci-dessus ont été vérifiées en novembre 2018, et mon texte original a été mis à jour en tenant compte du passage d’Irma. Les photos ont été faites avant l’ouragan, il est possible que certaines ne correspondent pas exactement à la réalité, mais n’ayez aucune crainte, les plages sont toujours aussi belles, à Saint-Martin ! Et la photo de l’avion à l’atterrissage a été « piquée » sur le site de l’office du tourisme, car je n’ai pas pu la faire sur place, et elle est assez spectaculaire…

Trois sites incontournables au Vietnam

Pour un premier voyage dans ce pays du Sud-Est asiatique bordé par la mer de Chine, voici trois étapes permettant de découvrir l’essentiel de ses attraits touristiques.

VIETNAM - Nha Trang
VIETNAM – Nha Trang

 

Hanoï, une capitale captivante

La plupart des guides locaux commencent la visite d’Hanoï par la place Ba Dinh, où l’on ne badine pas avec la discipline : c’est sur cette place impeccable que trône le mausolée de style soviétique d’Hô Chi Minh, fondateur du parti communiste indochinois, et principal artisan de l’indépendance du pays. Des soldats en uniforme blanc tirés à quatre épingles arpentent la place et veillent à la tranquillité de celui qui repose ici, que le peuple surnomme affectueusement « Oncle Hô ». Il est possible de visiter un petit musée qui lui est consacré, ainsi que son humble maison sur pilotis, perché au-dessus d’un étang à carpes. Puis direction le cœur de la vieille ville, qui conserve de nombreux témoignages de la présence française, à l’époque de la Cochinchine : le pont Paul Doumer construit par Eiffel, l’Opéra qui est inspiré par l’Opéra Garnier, certains immeubles de style Haussmannien, des hôtels à la façade coloniale, tel que le mythique Metropole Legend à la façade blanche immaculée, où se pressent toutes les célébrités, et devant lequel de jeunes mariés viennent souvent faire des séances photo… Il faut dire que les habitants sont assez francophiles et friands de notre culture : les sandwichs à la baguette et le café au lait sont entrés dans les habitudes locales, et les restaurants français ou les boutiques de mode à la « french touch » font florès. Et ne vous étonnez pas, dans un restaurant ou dans la rue, si vous paraissez dans l’embarras, de vous faire aborder par un vieil homme aux manières polies et avenantes, qui sera ravi de vous renseigner ou de vous aider dans un français châtié, trop heureux de pratiquer la langue de Molière qu’il a apprise pendant ses jeunes années…

Au cœur de la ville, Ho Hoan Kiem, ou le lac « de l’Epée restituée », au superbe pont de bois laqué de rouge, est un repère utile pour s’orienter. Il doit son nom à une vieille légende concernant une tortue et son épée magique (ce qui explique la tour de la Tortue en son centre), et ses rives sont fréquentées le matin et le soir par des joggeurs, des pratiquants de tai-chi, et autres joueurs de badminton ou de ballon. Il est très agréable de s’asseoir en terrasse de l’un des cafés alentours pour profiter du spectacle en dégustant une glace, un café ou une bière Ha Noï. Au nord du lac se trouve le Vieux Quartier, surnommé le quartier des 36 rues, car ce lacis de ruelles était jadis constitué de corporations d’artisans (les ferblantiers, les dinandiers, les menuisiers, les sculpteurs de marbre, etc…), une tradition toujours respectée, mais les corps de métier actuels ne correspondant pas forcément au nom des rues… L’ancienne rue du Chanvre se spécialise désormais dans la soie, et les marchands d’huile ont laissé la place aux magasins de chaussures ! C’est un quartier extrêmement vivant, à la densité humaine incroyable, que la plupart des agences de tourisme locales proposent de parcourir en pousse-pousse, soucieuses d’éviter tout risque aux voyageurs étrangers, pas habitués à circuler dans ces artères surchargées, où d’innombrables scooters louvoient à pleine vitesse au mépris total de toute règle de circulation… D’autant plus que les occidentaux sont souvent scotchés au milieu de la rue ou du trottoir par une scène de la vie, banale ici, mais extraordinaire pour le primo-visitant : des poulets égorgés dans le caniveau, un salon de coiffure improvisé en pleine rue, un porteur disparaissant sous son fardeau de légumes, un buffle sur l’arrière d’une moto… Il faut dire qu’ici, tout se porte et se transporte en moto, même les objets les plus encombrants et hétéroclites : des armoires, des frigos, des matelas, des pains de glace, des bambous, et même des vases de Chine ! Toutes sortes d’animaux, et des gens bien sûr, jusqu’à 4 ou 5 par moto ! Et on ne parle pas de grosses cylindrées, mais d’humbles et vaillantes 125 cm3 pétaradantes, les plus chargées ou les moins récentes laissant derrière elles un nuage noirâtre justifiant le masque de protection que la plupart des passants arborent sur le visage… Pour vous remettre de vos émotions, faites une halte dans un salon de massage traditionnel. Là encore, surprise : au lieu de s’isoler dans des cabines individuelles (ça existe aussi), une rangée de fauteuils articulés attend le client. Il suffit de s’y asseoir, et une masseuse aux doigts de fer vous prodigue un massage à la carte, tout en discutant avec sa collègue… Ce massage en public est très économique (10 € pour 50 minutes), distrayant, et relaxant pour peu que vous ayez refréné l’ardeur de votre masseuse, qui peut s’avérer tortionnaire si l’on ne précise pas d’emblée la « dureté » du massage souhaité !

Enfin, ne manquez pas de visiter Van Mieu, le temple de la Littérature, superbe temple érigé au XIème s. et dédié à Confucius. Cet exemple classique d’architecture chinoise, qui accueillit la première université du pays, se compose de cinq cours ceintes de murs, contenant des pavillons, des bassins, des stèles, et la « Grande maison des Cérémonies », reposant sur 40 piliers de bois laqués rouge, où des étudiants viennent toujours prier les veilles d’examens, en touchant la tête d’une statuette de tortue, animal réputé pour son grand Savoir…

A la fin de la visite, mon guide a parfaitement résumé Hanoï en une phrase : une ville façonnée par 1000 ans de présence chinoise, et 100 ans de colonisation française !

La baie d’Ha Long

A 2 h de route de Hanoï, l’embarcadère de Bai Chay grouille d’activité, car c’est de là que partent les centaines de bateaux-hôtels sillonnant la baie d’Halong. « Qui n’a pas vu la baie d’Ha Long n’a pas été au Vietnam », répète-t-on au pays d’Ho Chi Minh. Il est vrai que cette baie n’a pas usurpé son classement au patrimoine mondial de l’humanité : ce paysage marin hérissé d’une multitude de piton rocheux recouverts de jungle, est l’un des plus pittoresques et fascinants qui soient en Asie. On se croirait dans le film « Indochine » ! Pour l’admirer dans de bonnes conditions, il faut faire une croisière sur une jonque et passer au moins une nuit à bord. Ces bateaux traditionnels en bois à la voile ocre en forme d’aile de papillon (malheureusement souvent repliée), confèrent un cachet délicieusement exotique à la croisière. Celui que j’ai testé, de la compagnie Paradise Cruises, se nomme le « Indochina Sails ». Il contient une dizaine de luxueuses cabines habillées de teck et de marbre, dotées d’une large baie vitrée pour admirer le paysage depuis le lit… Mais on en profite mieux sur le pont, avec une vue panoramique. Appuyé au bastingage, ou allongé sur un transat, on ne se lasse pas de voir défiler les pitons karstiques émergeant de la mer de Chine couleur de jade, comme de petites montagnes émergeant d’une mer de nuages… Pour passer le temps, on s’amuse à reconnaître des formes zoomorphes dans ces îlots rocheux, d’ailleurs plusieurs portent effectivement un nom d’animal, tel que Chien, Lion ou Crocodile… La journée à bord est rythmée par des activités couleur locales : séance matinale de tai-chi, cours de cuisine (pour apprendre à faire des nems !), massages tonifiants ou relaxants… Même par mauvais temps, il est fascinant de voir émerger de la brume ces mamelons karstiques fantomatiques, qui auraient, comme le prétend la légende, été créés par la queue d’un dragon géant furieux…

Parfois, vous embarquerez sur une annexe pour visiter une grotte, telle Sung Sot (surnommée la grotte aux surprises car elle abrite d’étranges concrétions calcaires, dont l’une évoque un phallus géant…), ou un village de pêcheur flottant, dont les habitants vous inviteront en souriant à découvrir leur humble demeure baignée d’une entêtante odeur de nuoc-mâm (sauce de poisson fermentée). Pour le folklore, on repassera, car les bicoques en planches sont souvent recouvertes de tôle ondulée ou de vilaines bâches en plastique, et les pêcheurs délaissent les traditionnels chapeaux en paille de riz pour des casquettes Coca-Cola… Plus fun, la sortie kayak vous fera longer et passer sous les pitons calcaires, à travers des galerie creusées par l’érosion. Parfois on ressort à l’intérieur d’une sorte de cratère aux parois couvertes de végétation où nichent des oiseaux marins, formant un abri invisible de l’extérieur, une cachette idéale pour des pirates. Qui sait si il n’y a pas là quelque fabuleux trésor ?

A savoir : la meilleure période pour voir la baie d’Halong sous le soleil, c’est de mars à mai, et aussi en septembre-octobre.

 

Nha Trang, une station balnéaire en plein boom

C’est la station balnéaire qui « bouge », très animée, attirant autant les touristes étrangers que les Vietnamiens avides de s’amuser. Bien que largement bétonné, le front de mer n’est pas désagréable, avec sa plage de sable doré longue de 5 km, bordée par une large promenade agrémentée de jardins et d’espaces publics. A l’arrière, une rangée de grands immeubles enlaidit le paysage, mais il faut bien loger ses 500 000 habitants… Toutes les activités nautiques peuvent être pratiquées pour un tarif raisonnable, y compris de la plongée autour des petites îles de l’archipel qui s’éparpillent dans la baie (25 €/p pour un baptême de plongée à l’île Mun). Le village de pêcheurs de Nha Trang dispose d’un très joli port naturel à l’embouchure de la rivière Caï, protégé par des îlots rocheux, et le matin, il faut aller voir, depuis le pont Xom Bom, la flottille de bateaux bleu et rouge rentrer au port, leurs coques ventrues remplies des poissons frais que vous dégusterez le soir, grillés dans l’un des restaurants du front de mer. Il y a aussi pleins de cafés sympas, à l’ambiance décontractée et festive, pour boire un verre, danser ou s’exercer au karaoké…

Au nord de la ville ses dressent les tours de Po Nagar, fabuleux site érigé entre les VIII et XIème s. par la dynastie Cham, d’origine hindoue. Ce qui explique que ces monuments en brique rouge, de forme pyramidale, soient décorés de bas-reliefs de Shiva, et que l’on trouve, un peu partout sur le site, des lingam (symboles phalliques) reposant sur des yoni (symbole de l’organe génital féminin), pour évoquer leur complémentarité, de type « ying et yang ». A l’intérieur de la plus haute tour, trône la déesse Uma à dix bras, dans un intérieur sombre enfumé d’encens. Beaucoup de dévotion de la part des locaux, qui se prosternent longuement devant les images de divinités, déposent des fleurs et des offrandes, prient ou chantent… Il faut rester sur place assez longtemps pour assister à l’une des représentations d’une troupe de danseurs et de musiciens. Dans ce cadre, c’est très émouvant, même si l’on n’est pas amateur de musique indienne traditionnelle. A l’ouest de la ville, prenez un peu de hauteur pour visiter la pagode de Long Son. Juché sur un promontoire flanqué d’un escalier de 150 marches, un gigantesque bouddha d’une blancheur étincelante surplombe le site et nargue le visiteur exténué d’un sourire énigmatique. L’ambiance est très zen et serait propice à la méditation, si un bonze ne tapait pas toutes les minutes sur une énorme cloche. Hypnose auditive ou supplice ? A vous de voir…

Le saviez-vous ?

S’il y a un Institut Pasteur à Nha Trang, sur le front de mer, c’est grâce à Alexandre Yersin, un médecin français ayant travaillé avec Pasteur, qui, à la fin du 19ème s., a été l’un des premiers européens à explorer le delta du Mékong. Il a introduit des plantations de quinquina (produisant la quinine), et a trouvé un vaccin anti-pesteux, fabriqué dans l’antenne officielle de l’Institut Pasteur qu’il a fondé à Nha Trang. Mort en 1943, il est vénéré ici comme un saint…

Pratique

Y aller : Vietnam Airlines relie Paris à Hanoï en vol direct (10 h de vol), à partir de 800 € A/R.

Bonnes adresses :

  • Paradise Cruises (baie d’Halong) : à partir de 400 € pour 2j/1 nuit pour 2 p en pension complète.
  • Mövenpick Hotel à Hanoï : très bien situé à 10 min à pieds du vieux quartier. A partir de 150 € en B&B.

A Nha Trang, voici trois adresses, une pour les « fauchés », une pour les « blindés », la dernière assez chère mais abordable, pour se faire plaisir… :

* Son & Daughter guesthouse : agréable pension de famille située en ville, à 10 min de la plage. Chambres simples mais très propres, doubles, triples ou en dortoir. A partir de 10 € la ch.

* Six Senses Hideaway : fabuleux resort isolé dans la baie de Ninh Van, accessible uniquement par bateau, composé de luxueuses villas disposant d’un majordome, d’une piscine et d’un ponton privé. Le cadre est merveilleux, avec de gros rochers émergeant d’une eau turquoise, un peu comme aux Seychelles. Le design et le mobilier ethno-chic est top, tout est en bois précieux ou en bambou… L’hôtel de rêve, en pension complète, forcément, car isolé de tout. Cela explique en partie le prix : autour de 1000 € la villa… par jour évidemment (750 € en basse saison).

* Ana Mandara (5*) : l’un des trois seuls hôtels posés sur la plage, avec de charmants et confortables bungalows, chacun ayant son propre spa. A partir de 250 € la nuit en B&B.

Forfait : Marco & Vasco peut concocter un séjour d’une semaine avec Hanoï, la baie d’Halong et Nha Trang à partir de 2000 €/p. Vols et transferts inclus et guide francophone à chaque étape.

Bons guides :

– A Hanoï : Nguyen Ngoc Cuong ( jadecuong@yahoo.com )

– A Nha Trang : Vo Duy Hoang ( vdhoangdendalat@yahoo.com.vn )

 

Balades à Salzbourg : … et le charme opéra !

Avec ses élégants châteaux, ses églises baroques et sa vieille ville inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, Salzbourg séduit tous ses visiteurs, qu’ils soient venus pour écouter de la musique classique ou pour expérimenter le lifestyle autrichien de la « Rome du Nord ».

Salzbourg
AUTRICHE – Salzbourg Statue de Mozart

Dès l’arrivée à l’aéroport de Salzbourg, nommé Wolfgang Amadeus Mozart, le ton est donné. Cette fastueuse ville baroque, modelée par des princes-archevêques catholiques du XIIIème au XVIIIème siècle, vit sous l’emprise du classique. De la musique comme de l’architecture, dont le cachet italianisant forme un décor parfait pour le lieu de naissance du génial musicien, qui a une place, une statue, et même un chocolat à son nom ! Sa maison de naissance se trouve dans la Getreidegasse, la plus belle rue de la vieille ville, surnommée la « rue des enseignes », en raison de la profusion des enseignes en fer forgé suspendues aux façades. La plus belle est celle d’une ancienne brasserie, dont le symbole a été remplacé par un discret M jaune, puisque c’est maintenant un … McDonald ! Ce n’est pas la bière mais le sel qui a fait la prospérité de la ville, comme son nom l’indique : salz(sel) et burg (ville). Les archevêques ont construit une forteresse médiévale sur une butte surplombant la ville, d’un blanc étincelant comme une saline, qui abritait les réserves de l’or blanc. Cette manne leur a permis d’embellir leur cité, d’entretenir des artistes, et de construire de fastueuses résidences. La principale est accolée à la somptueuse cathédrale baroque aux cinq orgues, et ses salles d’apparat croulant sous les peintures, les miroirs vénitiens et les tapisseries de Bruxelles, sont devenues des musées, dont les expositions illustrent 1300 ans d’art.

De l’autre côté de la Salzbach, la rivière qui traverse la ville, le château Mirabell abrite aujourd’hui la mairie. Si elle n’est pas occupée par un mariage, il est possible de voir la Marmorsaal, l’ancienne salle des fêtes du château, toute de marbre et de dorures, dans laquelle Mozart et ses enfants se produisaient. Un peu à l’extérieur de la ville, à Hellbrunn, un archevêque hédoniste a fait construire un château de plaisance dans un parc de 60 ha. Vous suivrez un parcours agrémenté de jeux d’eaux d’une ingéniosité folle, avec grottes piégées, automates mus par l’eau, fontaines capricieuses, et le guide ne manquera pas de vous arroser par surprise, comme le faisait sans doute le malicieux archevêque à ses hôtes de marque… En faisant un saut dans le temps de 400 ans, on imagine sans peine un aréopage de dames corsetées aux robes amples et aux coiffures extravagantes, et de gentilshommes en perruque, pourpoint et hauts-de-chausses, s’esclaffer de ces facéties et s’esbaudir devant ce feu d’artifice aquatique ! A quelques kilomètres de là, au terminus du bus qui vous aura déposé à Hellbrunn, descendez à Untersberg et prenez le téléphérique qui monte sur le Hochthron. Une  marche facile de 30 minutes vous mènera au sommet, à 1853 m d’altitude, où des bancs judicieusement placés permettent de contempler sereinement la plaine et Salzbourg traversé par la Salzach.

Symphonie turquoise en lacs majeurs

A 30 km à l’Est de Salzburg, s’étend une splendide région montagneuse parsemée d’une dizaine de grands lacs, le Salzkammergut. C’est une Autriche de carte postale, très verte, avec de ravissants chalets en bois posés au bord de lacs couleur d’émeraude. Il faut emprunter le petit train à crémaillère qui monte au sommet du Schafberg, à 1783 m d’altitude, pour avoir une vue à 360 ° qui embrasse à la fois les sommets enneigés des Alpes autrichiennes, et les nappes vertes posées à leurs pieds. On passerait bien la journée à contempler d’aussi beaux paysages, mais ce serait dommage, car en bas, les petits villages sont très pittoresques. Surtout St-Wolfgang, station de villégiature chic aux chalets cossus plusieurs fois centenaires. Son église abrite un retable connu dans le monde entier, et une pierre miraculeuse qui généra ici un pèlerinage depuis plus de 1000 ans… Aujourd’hui, ce sont les eaux turquoises du lac qui attirent du beau monde à St-Wolfgang, un prénom décidément très cher aux Salzbourgeois !

Où écouter du classique ?

Toute l’année, des concerts sont programmés dans les sites prestigieux de la ville. La salle baroque de l’abbaye St-Peter sert de cadre à des dîners-concerts où une troupe interprète des extraits d’opéras de Mozart. Et des concerts gratuits sont donnés dans les jardins du château Mirabell.

A savoir : le festival d’été est le plus fameux rendez-vous de musique classique au monde. Au programme, des opéras de prestige et des concerts avec de grands interprètes. http://www.salzburgfestival.at

Salzbourg
AUTRICHE – Salzbourg Dîner concert Mozart au St-Peter Stiftskulinarium

Pratique

Y aller

Par Lufthansa et/ou Austrian Airlines, en passant par Frankfort ou Munich. A partir de 350 € A/R.

Bon plan

La SalzburgCard permet d’entrer gratuitement dans la plupart des musées et attractions, et d’utiliser à volonté les transports publics. Un pass indispensable, à 43 €/p pour 3 jours.

Se loger

Hôtel Weisse Taube : idéalement situé à 2 pas de la place Mozart, dans la vieille ville. A partir de 100 € la ch double.

Le Cheval Blanc, à St-Wolfgang : hôtel 4 * de la chaîne Romantik Hotel, posé au bord du lac. Grand spa, piscine extérieure flottante, literie grand confort avec son amas des housses… A partir de 100 €/p avec le petit déjeuner.

Se restaurer

« m32 » : restaurant du musée d’Art Moderne, dont la terrasse offre la plus belle vue sur Salzbourg. Cuisine gastronomique, un peu cher à la carte, mais avec un menu au déjeuner à 16 €.

Schloss Fisherei : à 20 km de Salzbourg, restaurant-pêcherie aux longues tables en bois léchées par les eaux cristallines du lac Fuschlsee, où l’on déguste de succulents poissons fumés du jour, tout en admirant le château qui a servi de cadre au tournage des films de « Sissi ». Compter 20 € le repas.

Se renseigner :  www.salzburg.info

Office National Autrichien du Tourisme (0800 941 921) et  www.austria.info/fr

 

Note : les photos de cet article ont été prises avec mon téléphone portable (même pas un bon…), mon matériel photo étant en réparation pendant le reportage. Désolé pour leur piètre qualité !