Trois sites incontournables au Vietnam

Pour un premier voyage dans ce pays du Sud-Est asiatique bordé par la mer de Chine, voici trois étapes permettant de découvrir l’essentiel de ses attraits touristiques.

VIETNAM - Nha Trang
VIETNAM – Nha Trang

 

Hanoï, une capitale captivante

La plupart des guides locaux commencent la visite d’Hanoï par la place Ba Dinh, où l’on ne badine pas avec la discipline : c’est sur cette place impeccable que trône le mausolée de style soviétique d’Hô Chi Minh, fondateur du parti communiste indochinois, et principal artisan de l’indépendance du pays. Des soldats en uniforme blanc tirés à quatre épingles arpentent la place et veillent à la tranquillité de celui qui repose ici, que le peuple surnomme affectueusement « Oncle Hô ». Il est possible de visiter un petit musée qui lui est consacré, ainsi que son humble maison sur pilotis, perché au-dessus d’un étang à carpes. Puis direction le cœur de la vieille ville, qui conserve de nombreux témoignages de la présence française, à l’époque de la Cochinchine : le pont Paul Doumer construit par Eiffel, l’Opéra qui est inspiré par l’Opéra Garnier, certains immeubles de style Haussmannien, des hôtels à la façade coloniale, tel que le mythique Metropole Legend à la façade blanche immaculée, où se pressent toutes les célébrités, et devant lequel de jeunes mariés viennent souvent faire des séances photo… Il faut dire que les habitants sont assez francophiles et friands de notre culture : les sandwichs à la baguette et le café au lait sont entrés dans les habitudes locales, et les restaurants français ou les boutiques de mode à la « french touch » font florès. Et ne vous étonnez pas, dans un restaurant ou dans la rue, si vous paraissez dans l’embarras, de vous faire aborder par un vieil homme aux manières polies et avenantes, qui sera ravi de vous renseigner ou de vous aider dans un français châtié, trop heureux de pratiquer la langue de Molière qu’il a apprise pendant ses jeunes années…

Au cœur de la ville, Ho Hoan Kiem, ou le lac « de l’Epée restituée », au superbe pont de bois laqué de rouge, est un repère utile pour s’orienter. Il doit son nom à une vieille légende concernant une tortue et son épée magique (ce qui explique la tour de la Tortue en son centre), et ses rives sont fréquentées le matin et le soir par des joggeurs, des pratiquants de tai-chi, et autres joueurs de badminton ou de ballon. Il est très agréable de s’asseoir en terrasse de l’un des cafés alentours pour profiter du spectacle en dégustant une glace, un café ou une bière Ha Noï. Au nord du lac se trouve le Vieux Quartier, surnommé le quartier des 36 rues, car ce lacis de ruelles était jadis constitué de corporations d’artisans (les ferblantiers, les dinandiers, les menuisiers, les sculpteurs de marbre, etc…), une tradition toujours respectée, mais les corps de métier actuels ne correspondant pas forcément au nom des rues… L’ancienne rue du Chanvre se spécialise désormais dans la soie, et les marchands d’huile ont laissé la place aux magasins de chaussures ! C’est un quartier extrêmement vivant, à la densité humaine incroyable, que la plupart des agences de tourisme locales proposent de parcourir en pousse-pousse, soucieuses d’éviter tout risque aux voyageurs étrangers, pas habitués à circuler dans ces artères surchargées, où d’innombrables scooters louvoient à pleine vitesse au mépris total de toute règle de circulation… D’autant plus que les occidentaux sont souvent scotchés au milieu de la rue ou du trottoir par une scène de la vie, banale ici, mais extraordinaire pour le primo-visitant : des poulets égorgés dans le caniveau, un salon de coiffure improvisé en pleine rue, un porteur disparaissant sous son fardeau de légumes, un buffle sur l’arrière d’une moto… Il faut dire qu’ici, tout se porte et se transporte en moto, même les objets les plus encombrants et hétéroclites : des armoires, des frigos, des matelas, des pains de glace, des bambous, et même des vases de Chine ! Toutes sortes d’animaux, et des gens bien sûr, jusqu’à 4 ou 5 par moto ! Et on ne parle pas de grosses cylindrées, mais d’humbles et vaillantes 125 cm3 pétaradantes, les plus chargées ou les moins récentes laissant derrière elles un nuage noirâtre justifiant le masque de protection que la plupart des passants arborent sur le visage… Pour vous remettre de vos émotions, faites une halte dans un salon de massage traditionnel. Là encore, surprise : au lieu de s’isoler dans des cabines individuelles (ça existe aussi), une rangée de fauteuils articulés attend le client. Il suffit de s’y asseoir, et une masseuse aux doigts de fer vous prodigue un massage à la carte, tout en discutant avec sa collègue… Ce massage en public est très économique (10 € pour 50 minutes), distrayant, et relaxant pour peu que vous ayez refréné l’ardeur de votre masseuse, qui peut s’avérer tortionnaire si l’on ne précise pas d’emblée la « dureté » du massage souhaité !

Enfin, ne manquez pas de visiter Van Mieu, le temple de la Littérature, superbe temple érigé au XIème s. et dédié à Confucius. Cet exemple classique d’architecture chinoise, qui accueillit la première université du pays, se compose de cinq cours ceintes de murs, contenant des pavillons, des bassins, des stèles, et la « Grande maison des Cérémonies », reposant sur 40 piliers de bois laqués rouge, où des étudiants viennent toujours prier les veilles d’examens, en touchant la tête d’une statuette de tortue, animal réputé pour son grand Savoir…

A la fin de la visite, mon guide a parfaitement résumé Hanoï en une phrase : une ville façonnée par 1000 ans de présence chinoise, et 100 ans de colonisation française !

La baie d’Ha Long

A 2 h de route de Hanoï, l’embarcadère de Bai Chay grouille d’activité, car c’est de là que partent les centaines de bateaux-hôtels sillonnant la baie d’Halong. « Qui n’a pas vu la baie d’Ha Long n’a pas été au Vietnam », répète-t-on au pays d’Ho Chi Minh. Il est vrai que cette baie n’a pas usurpé son classement au patrimoine mondial de l’humanité : ce paysage marin hérissé d’une multitude de piton rocheux recouverts de jungle, est l’un des plus pittoresques et fascinants qui soient en Asie. On se croirait dans le film « Indochine » ! Pour l’admirer dans de bonnes conditions, il faut faire une croisière sur une jonque et passer au moins une nuit à bord. Ces bateaux traditionnels en bois à la voile ocre en forme d’aile de papillon (malheureusement souvent repliée), confèrent un cachet délicieusement exotique à la croisière. Celui que j’ai testé, de la compagnie Paradise Cruises, se nomme le « Indochina Sails ». Il contient une dizaine de luxueuses cabines habillées de teck et de marbre, dotées d’une large baie vitrée pour admirer le paysage depuis le lit… Mais on en profite mieux sur le pont, avec une vue panoramique. Appuyé au bastingage, ou allongé sur un transat, on ne se lasse pas de voir défiler les pitons karstiques émergeant de la mer de Chine couleur de jade, comme de petites montagnes émergeant d’une mer de nuages… Pour passer le temps, on s’amuse à reconnaître des formes zoomorphes dans ces îlots rocheux, d’ailleurs plusieurs portent effectivement un nom d’animal, tel que Chien, Lion ou Crocodile… La journée à bord est rythmée par des activités couleur locales : séance matinale de tai-chi, cours de cuisine (pour apprendre à faire des nems !), massages tonifiants ou relaxants… Même par mauvais temps, il est fascinant de voir émerger de la brume ces mamelons karstiques fantomatiques, qui auraient, comme le prétend la légende, été créés par la queue d’un dragon géant furieux…

Parfois, vous embarquerez sur une annexe pour visiter une grotte, telle Sung Sot (surnommée la grotte aux surprises car elle abrite d’étranges concrétions calcaires, dont l’une évoque un phallus géant…), ou un village de pêcheur flottant, dont les habitants vous inviteront en souriant à découvrir leur humble demeure baignée d’une entêtante odeur de nuoc-mâm (sauce de poisson fermentée). Pour le folklore, on repassera, car les bicoques en planches sont souvent recouvertes de tôle ondulée ou de vilaines bâches en plastique, et les pêcheurs délaissent les traditionnels chapeaux en paille de riz pour des casquettes Coca-Cola… Plus fun, la sortie kayak vous fera longer et passer sous les pitons calcaires, à travers des galerie creusées par l’érosion. Parfois on ressort à l’intérieur d’une sorte de cratère aux parois couvertes de végétation où nichent des oiseaux marins, formant un abri invisible de l’extérieur, une cachette idéale pour des pirates. Qui sait si il n’y a pas là quelque fabuleux trésor ?

A savoir : la meilleure période pour voir la baie d’Halong sous le soleil, c’est de mars à mai, et aussi en septembre-octobre.

 

Nha Trang, une station balnéaire en plein boom

C’est la station balnéaire qui « bouge », très animée, attirant autant les touristes étrangers que les Vietnamiens avides de s’amuser. Bien que largement bétonné, le front de mer n’est pas désagréable, avec sa plage de sable doré longue de 5 km, bordée par une large promenade agrémentée de jardins et d’espaces publics. A l’arrière, une rangée de grands immeubles enlaidit le paysage, mais il faut bien loger ses 500 000 habitants… Toutes les activités nautiques peuvent être pratiquées pour un tarif raisonnable, y compris de la plongée autour des petites îles de l’archipel qui s’éparpillent dans la baie (25 €/p pour un baptême de plongée à l’île Mun). Le village de pêcheurs de Nha Trang dispose d’un très joli port naturel à l’embouchure de la rivière Caï, protégé par des îlots rocheux, et le matin, il faut aller voir, depuis le pont Xom Bom, la flottille de bateaux bleu et rouge rentrer au port, leurs coques ventrues remplies des poissons frais que vous dégusterez le soir, grillés dans l’un des restaurants du front de mer. Il y a aussi pleins de cafés sympas, à l’ambiance décontractée et festive, pour boire un verre, danser ou s’exercer au karaoké…

Au nord de la ville ses dressent les tours de Po Nagar, fabuleux site érigé entre les VIII et XIème s. par la dynastie Cham, d’origine hindoue. Ce qui explique que ces monuments en brique rouge, de forme pyramidale, soient décorés de bas-reliefs de Shiva, et que l’on trouve, un peu partout sur le site, des lingam (symboles phalliques) reposant sur des yoni (symbole de l’organe génital féminin), pour évoquer leur complémentarité, de type « ying et yang ». A l’intérieur de la plus haute tour, trône la déesse Uma à dix bras, dans un intérieur sombre enfumé d’encens. Beaucoup de dévotion de la part des locaux, qui se prosternent longuement devant les images de divinités, déposent des fleurs et des offrandes, prient ou chantent… Il faut rester sur place assez longtemps pour assister à l’une des représentations d’une troupe de danseurs et de musiciens. Dans ce cadre, c’est très émouvant, même si l’on n’est pas amateur de musique indienne traditionnelle. A l’ouest de la ville, prenez un peu de hauteur pour visiter la pagode de Long Son. Juché sur un promontoire flanqué d’un escalier de 150 marches, un gigantesque bouddha d’une blancheur étincelante surplombe le site et nargue le visiteur exténué d’un sourire énigmatique. L’ambiance est très zen et serait propice à la méditation, si un bonze ne tapait pas toutes les minutes sur une énorme cloche. Hypnose auditive ou supplice ? A vous de voir…

Le saviez-vous ?

S’il y a un Institut Pasteur à Nha Trang, sur le front de mer, c’est grâce à Alexandre Yersin, un médecin français ayant travaillé avec Pasteur, qui, à la fin du 19ème s., a été l’un des premiers européens à explorer le delta du Mékong. Il a introduit des plantations de quinquina (produisant la quinine), et a trouvé un vaccin anti-pesteux, fabriqué dans l’antenne officielle de l’Institut Pasteur qu’il a fondé à Nha Trang. Mort en 1943, il est vénéré ici comme un saint…

Pratique

Y aller : Vietnam Airlines relie Paris à Hanoï en vol direct (10 h de vol), à partir de 800 € A/R.

Bonnes adresses :

  • Paradise Cruises (baie d’Halong) : à partir de 400 € pour 2j/1 nuit pour 2 p en pension complète.
  • Mövenpick Hotel à Hanoï : très bien situé à 10 min à pieds du vieux quartier. A partir de 150 € en B&B.

A Nha Trang, voici trois adresses, une pour les « fauchés », une pour les « blindés », la dernière assez chère mais abordable, pour se faire plaisir… :

* Son & Daughter guesthouse : agréable pension de famille située en ville, à 10 min de la plage. Chambres simples mais très propres, doubles, triples ou en dortoir. A partir de 10 € la ch.

* Six Senses Hideaway : fabuleux resort isolé dans la baie de Ninh Van, accessible uniquement par bateau, composé de luxueuses villas disposant d’un majordome, d’une piscine et d’un ponton privé. Le cadre est merveilleux, avec de gros rochers émergeant d’une eau turquoise, un peu comme aux Seychelles. Le design et le mobilier ethno-chic est top, tout est en bois précieux ou en bambou… L’hôtel de rêve, en pension complète, forcément, car isolé de tout. Cela explique en partie le prix : autour de 1000 € la villa… par jour évidemment (750 € en basse saison).

* Ana Mandara (5*) : l’un des trois seuls hôtels posés sur la plage, avec de charmants et confortables bungalows, chacun ayant son propre spa. A partir de 250 € la nuit en B&B.

Forfait : Marco & Vasco peut concocter un séjour d’une semaine avec Hanoï, la baie d’Halong et Nha Trang à partir de 2000 €/p. Vols et transferts inclus et guide francophone à chaque étape.

Bons guides :

– A Hanoï : Nguyen Ngoc Cuong ( jadecuong@yahoo.com )

– A Nha Trang : Vo Duy Hoang ( vdhoangdendalat@yahoo.com.vn )

 

Balades à Salzbourg : … et le charme opéra !

Avec ses élégants châteaux, ses églises baroques et sa vieille ville inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, Salzbourg séduit tous ses visiteurs, qu’ils soient venus pour écouter de la musique classique ou pour expérimenter le lifestyle autrichien de la « Rome du Nord ».

Salzbourg
AUTRICHE – Salzbourg Statue de Mozart

Dès l’arrivée à l’aéroport de Salzbourg, nommé Wolfgang Amadeus Mozart, le ton est donné. Cette fastueuse ville baroque, modelée par des princes-archevêques catholiques du XIIIème au XVIIIème siècle, vit sous l’emprise du classique. De la musique comme de l’architecture, dont le cachet italianisant forme un décor parfait pour le lieu de naissance du génial musicien, qui a une place, une statue, et même un chocolat à son nom ! Sa maison de naissance se trouve dans la Getreidegasse, la plus belle rue de la vieille ville, surnommée la « rue des enseignes », en raison de la profusion des enseignes en fer forgé suspendues aux façades. La plus belle est celle d’une ancienne brasserie, dont le symbole a été remplacé par un discret M jaune, puisque c’est maintenant un … McDonald ! Ce n’est pas la bière mais le sel qui a fait la prospérité de la ville, comme son nom l’indique : salz(sel) et burg (ville). Les archevêques ont construit une forteresse médiévale sur une butte surplombant la ville, d’un blanc étincelant comme une saline, qui abritait les réserves de l’or blanc. Cette manne leur a permis d’embellir leur cité, d’entretenir des artistes, et de construire de fastueuses résidences. La principale est accolée à la somptueuse cathédrale baroque aux cinq orgues, et ses salles d’apparat croulant sous les peintures, les miroirs vénitiens et les tapisseries de Bruxelles, sont devenues des musées, dont les expositions illustrent 1300 ans d’art.

De l’autre côté de la Salzbach, la rivière qui traverse la ville, le château Mirabell abrite aujourd’hui la mairie. Si elle n’est pas occupée par un mariage, il est possible de voir la Marmorsaal, l’ancienne salle des fêtes du château, toute de marbre et de dorures, dans laquelle Mozart et ses enfants se produisaient. Un peu à l’extérieur de la ville, à Hellbrunn, un archevêque hédoniste a fait construire un château de plaisance dans un parc de 60 ha. Vous suivrez un parcours agrémenté de jeux d’eaux d’une ingéniosité folle, avec grottes piégées, automates mus par l’eau, fontaines capricieuses, et le guide ne manquera pas de vous arroser par surprise, comme le faisait sans doute le malicieux archevêque à ses hôtes de marque… En faisant un saut dans le temps de 400 ans, on imagine sans peine un aréopage de dames corsetées aux robes amples et aux coiffures extravagantes, et de gentilshommes en perruque, pourpoint et hauts-de-chausses, s’esclaffer de ces facéties et s’esbaudir devant ce feu d’artifice aquatique ! A quelques kilomètres de là, au terminus du bus qui vous aura déposé à Hellbrunn, descendez à Untersberg et prenez le téléphérique qui monte sur le Hochthron. Une  marche facile de 30 minutes vous mènera au sommet, à 1853 m d’altitude, où des bancs judicieusement placés permettent de contempler sereinement la plaine et Salzbourg traversé par la Salzach.

Symphonie turquoise en lacs majeurs

A 30 km à l’Est de Salzburg, s’étend une splendide région montagneuse parsemée d’une dizaine de grands lacs, le Salzkammergut. C’est une Autriche de carte postale, très verte, avec de ravissants chalets en bois posés au bord de lacs couleur d’émeraude. Il faut emprunter le petit train à crémaillère qui monte au sommet du Schafberg, à 1783 m d’altitude, pour avoir une vue à 360 ° qui embrasse à la fois les sommets enneigés des Alpes autrichiennes, et les nappes vertes posées à leurs pieds. On passerait bien la journée à contempler d’aussi beaux paysages, mais ce serait dommage, car en bas, les petits villages sont très pittoresques. Surtout St-Wolfgang, station de villégiature chic aux chalets cossus plusieurs fois centenaires. Son église abrite un retable connu dans le monde entier, et une pierre miraculeuse qui généra ici un pèlerinage depuis plus de 1000 ans… Aujourd’hui, ce sont les eaux turquoises du lac qui attirent du beau monde à St-Wolfgang, un prénom décidément très cher aux Salzbourgeois !

Où écouter du classique ?

Toute l’année, des concerts sont programmés dans les sites prestigieux de la ville. La salle baroque de l’abbaye St-Peter sert de cadre à des dîners-concerts où une troupe interprète des extraits d’opéras de Mozart. Et des concerts gratuits sont donnés dans les jardins du château Mirabell.

A savoir : le festival d’été est le plus fameux rendez-vous de musique classique au monde. Au programme, des opéras de prestige et des concerts avec de grands interprètes. http://www.salzburgfestival.at

Salzbourg
AUTRICHE – Salzbourg Dîner concert Mozart au St-Peter Stiftskulinarium

Pratique

Y aller

Par Lufthansa et/ou Austrian Airlines, en passant par Frankfort ou Munich. A partir de 350 € A/R.

Bon plan

La SalzburgCard permet d’entrer gratuitement dans la plupart des musées et attractions, et d’utiliser à volonté les transports publics. Un pass indispensable, à 43 €/p pour 3 jours.

Se loger

Hôtel Weisse Taube : idéalement situé à 2 pas de la place Mozart, dans la vieille ville. A partir de 100 € la ch double.

Le Cheval Blanc, à St-Wolfgang : hôtel 4 * de la chaîne Romantik Hotel, posé au bord du lac. Grand spa, piscine extérieure flottante, literie grand confort avec son amas des housses… A partir de 100 €/p avec le petit déjeuner.

Se restaurer

« m32 » : restaurant du musée d’Art Moderne, dont la terrasse offre la plus belle vue sur Salzbourg. Cuisine gastronomique, un peu cher à la carte, mais avec un menu au déjeuner à 16 €.

Schloss Fisherei : à 20 km de Salzbourg, restaurant-pêcherie aux longues tables en bois léchées par les eaux cristallines du lac Fuschlsee, où l’on déguste de succulents poissons fumés du jour, tout en admirant le château qui a servi de cadre au tournage des films de « Sissi ». Compter 20 € le repas.

Se renseigner :  www.salzburg.info

Office National Autrichien du Tourisme (0800 941 921) et  www.austria.info/fr

 

Note : les photos de cet article ont été prises avec mon téléphone portable (même pas un bon…), mon matériel photo étant en réparation pendant le reportage. Désolé pour leur piètre qualité !

Chypre, l’île d’Aphrodite

Si la mythologie grecque a fait naître Aphrodite à Chypre, c’est sans doute parce que cette île a tout pour séduire : des montagnes, des forêts, des terres fertiles, ainsi qu’une côte ourlée de superbes plages. Chypre dispose aussi d’un patrimoine archéologique et historique considérable, qui en fait un condensé de 5000 ans d’histoire de la Méditerranée.

Dès les premiers pas à Nicosie (ou Lefkosia, nom grec de la capitale chypriote), on a la sensation de fouler une terre hellène. Des drapeaux bleus et blancs flottent un peu partout, et lorsque l’on fait le tour des remparts vénitiens, très bien conservés, les petits marchés qui s’y trouvent baignent dans une ambiance « à la grecque ». Sur les terrasses des bars de la rue piétonne Ledra St, les locaux sirotent de l’ouzo en grignotant des olives, et la carte des restaurants ne diffère pas de celle qu’on pourrait trouver à Athènes… Au milieu de Ledra St, justement,  se trouve un poste de contrôle surveillant la « ligne verte« , une zone démilitarisée contrôlée par les Casques Bleus, séparant la ville entre la République de Chypre (dont le gouvernement est le seul qui soit reconnu par la communauté internationale) et la République turque de Chypre du nord. Le passage est maintenant possible entre ces deux parties de l’île, mais au moment de ce reportage, cela ne l’était pas, et le passage entre ces deux parties de la ville était quasi impossible. Cela fait des décennies que l’on parle de réunification, et il semble que cela soit en bonne voie…

 

A Nicosie, il faut visiter le musée archéologique, qui contient notamment une superbe statue d’Aphrodite, et le musée byzantin, présentant une collection d’icônes dorées à l’or fin. Des icônes, vous en verrez à profusion, vendues au coin des rues, dans les boutiques de souvenir, et surtout dans l’intérieur montagneux de l’île, le Troodos. D’innombrables chapelles sont disséminées sur ses pentes, la plupart modestes et d’architecture simple, mais décorées parfois de fresques magnifiques. Vue de l’extérieur, l’église d’Arakou ressemble à une grange, mais à l’intérieur, c’est une explosion de couleurs. Les murs et le plafond sont recouverts de fresques, qui sont parmi les mieux conservées de Chypre. Pendant leur occupation,  les Ottomans ont saccagé les fresques de certaines églises byzantines, en effaçant les regards des saints qu’ils ne pouvaient supporter. C’est le cas dans la très belle église en pierre d’Asinou, qui a restauré ses magnifiques fresques. La profusion des églises byzantines ne doit pas faire éluder la visite du monastère de Kykko. Moins pour ses fresques, récentes, que pour admirer son iconostase, faisant l’objet d’un pèlerinage important. Il paraît qu’une des icônes, recouverte d’argent et enfermée dans un écrin d’écaille et de nacre, a été peinte de la main même de Saint-Luc !

 

Quittons la fraîcheur et les petites routes sinueuses du Troodos pour traverser les plaines plantées de champs d’agrumes et atteindre les stations balnéaires du littoral. Si vous voulez plonger dans la grande bleue ou lézarder sur une plage, vous n’aurez que l’embarras du choix. Les plages sont toutes différentes, et leur fréquentation va de la plage bondée à la crique déserte. L’idéal est de longer la côte en voiture et de choisir celle qui vous convient ! Le tour de l’île permet en outre de découvrir les autres attraits de Chypre. Larnaca est une ville séduisante : son front de mer bordé de palmiers a des airs de Promenade des Anglais, et la vieille ville, avec ses ruelles étroites, ses vieux bazars, ses minarets et ses tavernes animées où l’on déguste de délicieux mezzes, dégage une envoûtante atmosphère orientale. La ville de Limassol, très touristique, a moins de charme, mais son château, élevé au 14ème siècle par les Lusignan, accueille un musée médiéval fort intéressant. Non loin de là, voici le site archéologique de Kourion, au superbe amphithéâtre romain. Assis sur les plus hauts gradins, on confondrait presque les cris des touristes avec les tirades des tragédies antiques, qui sont d’ailleurs encore données chaque année, en grec ancien, pendant le festival d’été.

 

L’antique ville de Paphos recèle des trésors, comme ces villas romaines aux somptueuses mosaïques, ou encore les Tombeaux des Rois, vaste nécropole située sur une falaise dominant la mer, qui servit de refuge aux premiers chrétiens. Sans oublier Kouklia, bien sûr, le site archéologique du sanctuaire d’Aphrodite. Mais si vous n’êtes pas émus par de vieilles pierres, peut-être le serez-vous par la beauté de la plage de Petra Tou Romiou : la légende dit que de cette eau émeraude, jadis, émergea Aphrodite… Si vous voyagez en couple, et que vous êtes un tant soit peu romantique, mettez-vous à la recherche de la Fontana Amarosa, non loin des bains d’Aphrodite. Il paraît que l’eau de cette fontaine rend amoureux pour toujours ! 

Pratique

Y aller : Cyprus Airways a plusieurs vols par semaine Paris/Larnaca ; il existe aussi des liaisons low cost avec escale en Belgique ou en Angleterre, qui permettent de trouver des billets A/R autour de 150 €.

Forfaits : Héliades est le spécialiste de la destination. Ce voyagiste propose des autotours (vol + voiture + hôtel) d’une semaine à partir de 700 €/pers.

Se renseigner :  Office du Tourisme de Chypre : www.visitcyprus.com/index.php/fr/

CHYPREPanier d'oranges
CHYPRE Panier d’oranges

Québec : la route des explorateurs

Sur les traces des premiers colons et des chercheurs d’or, partez de Montréal pour explorer le nord-ouest québécois, en traversant de vastes territoires sauvages de forêt et de lacs. Le Canada comme on le rêve…

La route des explorateurs

Au 17ème siècle, alors que les rives du Saint-Laurent ne dénombraient que quelques comptoirs de commerce de fourrure, l’Ouest du Québec était une vaste étendue de forêt parsemée d’une myriade de lacs. Ce n’est qu’à la fin du 19ème siècle que les premiers colons fondèrent des villages au nord de Montréal, ouvrant la voie pour une exploration vers le nord de ce territoire sauvage qui n’était parcouru que par les peuples autochtones et les trappeurs. Depuis l’aéroport de Montréal, louez une voiture et rejoignez Saint-Jérôme, où débute la route des Belles Histoires. Le long de cette route pittoresque qui suit la trace des premiers explorateurs, vous découvrirez des villages charmants (Saint-Sauveur, Val-David, Sainte-Agathe-des-Monts…) et de vielles gares reconverties en musée, qui racontent des histoires en effet peu banales : celle du curé Labelle, un colosse qui fut à l’origine de la colonisation de la région en obtenant la création d’une ligne de chemin de fer ; ou celle de Jackrabbit, un Norvégien qui amena la pratique du ski de fond au Canada, et qui skiait tous les jours à plus de 100 ans ! Une piste cyclable longe l’ancienne voie de chemin de fer (le P’tit Train du Nord), très agréable à faire en été, et qui se transforme en piste de ski de fond l’hiver…

Sur le territoire de l’ours, du loup et de l’orignal

Le village de Mont-Tremblant est situé à la lisière du plus grand parc national du Québec : 1500 km² de forêt, 400 lacs, 6 rivières parsemées de chutes et de cascades, et un doux relief créé par la chaîne des Laurentides. Bref, un paradis pour les amoureux de la nature, la vraie. Celle où l’on aperçoit un loup au bord de la route, celle où l’on peut voir le castor ou l’orignal depuis son canot, celle où un cerf de Virginie bondit sur le sentier devant votre VTT, et celle où le raton-laveur furète la nuit autour des tentes pour chercher de la nourriture… C’est aussi le territoire de l’ours, mais sa rencontre est très rare, heureusement ! Des randonnées guidées et des sorties en canoë sont organisées avec des guides, mais il est possible de s’aventurer dans ces forêts et sur ces lacs en liberté, car les sentiers sont très bien fléchés. Au bout d’un moment, en se retrouvant seul dans la nature, on ressent probablement le même frisson que les anciens coureurs des bois, un frisson provoqué autant par la fascinante beauté de ces espaces vierges, que par notre peur ancestrale devant la vie sauvage…

Reprenez la route 117 (la transcanadienne) vers le nord jusqu’à Mont-Laurier, et rejoignez le parc de la Montagne du Diable. Un nom surprenant, faisant écho au lac Windigo (diable en algonquin), deux sites pourtant magnifiques et paisibles. Quelques chalets posés au bord d’un lac permettent de poser ses valises afin d’explorer, à pieds ou en VTT, les forêts alentours. C’est là que j’ai rencontré Carl Blondin, un trappeur qui m’a montré la diversité des fourrures qu’il prépare avec des animaux chassés l’hiver : martre, zibeline, renard, loup, loutre, ours… Il connaît et il aime tellement les hôtes de ces bois, qu’il arriverait à convaincre un anti-chasse du rôle utile du trappeur en tant que régulateur des populations d’animaux. Oui, il assure aimer ces animaux, même s’il les tue, en tout cas il leur montre du respect à la façon des autochtones, en utilisant tout ce qu’ils peuvent apporter aux hommes (viande, graisse, fourrure, griffes…). Et en plus, il leur « redonne vie » en étant taxidermiste. Il faut entendre Carl imiter le cri de l’orignal en rut pour comprendre à quel point il est en symbiose avec la nature dans laquelle il vit…

L’étape coup de coeur

A 30 minutes de voiture de ce parc, une piste poussiéreuse mène au bord du lac Baskatong, un immense réservoir artificiel qui forme comme une petite mer intérieure. D’ailleurs, l’été, ses rives sont prises d’assaut par des familles de Québécois, qui viennent y camper en autonomie, canoë sur la galerie. Mais ce lac est si grand que chacun peut profiter de son petit bout de paradis, en étant seul au monde… D’un coup de bateau, ces  Robinson de la Belle Province viennent déjeuner ou dîner au Rabaska Lodge, un campement d’une vingtaine de bungalows qui possède un très bon restaurant. Plus que ses poissons grillés ou ses chalets posés au bord du lac, ce resort vaut surtout pour l’accueil de Dominique et Martin, un couple franco-québécois dont la gentillesse et la bonne humeur vous donnent l’impression d’être des amis de la famille ! Le matin, promenade en forêt, l’après-midi, mini-croisière, ski nautique ou partie de pêche sur le lac… Le soir, c’est un plaisir à nul autre pareil de s’asseoir au bord du lac avec une bière (ou dans le jacuzzi posé sur la terrasse !), et de contempler le coucher de soleil en écoutant la nature qui se prépare à la nuit. Comme la civilisation est lointaine ! Qui n’a pas entendu le cri déchirant du huard (oiseau lacustre), celui lancinant du ouaouaron (grosse grenouille), ou celui glaçant du coyote, n’a pas ressenti ce frisson mêlé d’extase qui vous saisit pendant ces instants d’une pureté originelle.

Or vert, or jaune

Toujours plus au nord, la transcanadienne traverse l’immense réserve faunique de la Vérendrye, et pendant plus de 200 km, le rideau compact des épinettes s’ouvre et se ferme à l’infini sur des lacs ou des marais, comme autant de fenêtres sur un monde sauvage et beau. Retour à la civilisation à Val-d’Or, en Abitibi-Témiscamingue. Cette cité minière a poussé comme un champignon dans les années 1930, et prospère grâce à son or vert (l’exploitation forestière), et à celui qui est extrait du sous-sol. La « cité de l’or » permet de découvrir le mode d’extraction de l’or et les terribles conditions de travail des mineurs d’autrefois. On descend dans les galeries avec un petit train, et un guide vous promène dans ces boyaux humides en expliquant précisément comment attaquer les veines de pierre avec des marteaux-piqueurs ou de la dynamite, comment remonter le minerai, comment s’éclairer, comment respirer, etc… Le moment le plus passionnant est quand un opérateur fait couler du métal en fusion, et que l’on voit apparaître une petite boule d’or pur ! Le village minier adjacent de Bourlamaque regroupe des maisons faites en gros rondins de bois, qui sont des versions modernes de la mythique cabane au Canada.

 

Un refuge au poil

Continuez vers le nord pour rejoindre Amos, où se trouve le refuge Pageau. Dans cet asile pour animaux blessés ou orphelins, vous pourrez observer de près toute la faune des forêts alentour. Les animaux qui sont trop infirmes ou trop habitués à l’homme pour être relâchés dans la nature, sont des résidents permanents, et une fiche détaille leur infortune : accident de la route, électrocution, kidnapping, mère tuée par des chasseurs… Marie-Frédérique Frigon s’occupe avec une attention touchante de ces animaux infortunés, et entretient une étonnante complicité avec les loups qu’elle a nourris au biberon… Certains résidents permanents portent des noms, tel que Chubaka le porc-épic, qui prend délicatement entre ses dents l’amande qu’on lui donne, ou tel que Marcel l’orignal,  qui tend volontiers son énorme museau pour une caresse. S’il n’y a pas trop de monde, vous pourrez aussi nourrir ces attachants pensionnaires du refuge, et vous capoterez ben raide ! (vous adorerez)

 

A savoir :

  • De mai à juillet, vous serez importunés par les maringouins (moustiques). Préférez septembre et début octobre, lorsque les érables repeignent la forêt des chaudes couleurs de l’été indien.
  • L’itinéraire décrit dans cet article s’arrête à Amos, mais en fait, la véritable « Route des Explorateurs » continue jusqu’à Rouyn-Noranda (où l’on peut prendre un avion pour revenir à Montréal), et traverse la province de l’Outaouais en passant par Ottawa.

 

Pratique

Y aller : Air Transat propose un vol quotidien et direct pour Montréal depuis Paris, à partir de 375 € A/R.

Forfait : Le voyagiste Jetset propose un autotour en liberté de 12j/11 nuits qui suit la « route des explorateurs », à partir de 1529 €/p incluant l’hébergement et la location de voiture. http://www.jetset-voyages.fr/visionneuse/_2018/Jetset_Voyages_-_Brochure_2018_am_nor.pdf

Bonnes adresses

Le Baril Roulant, à Val David : auberge qui brasse ses propres bières et qui réinvente avec talent le plat national québécois, la poutine. Propose aussi l’hébergement, en chambre ou dortoir.

Le Rabaska Lodge, à Ferme-Neuve : étape réconfortante après une randonnée ou une partie de pêche. A partir de 130 € la nuit (2 nuits min).

Le Prospecteur, à Val d’Or : microbrasserie qui propose un délicieux burger au wapiti, ou des pâtes à la sauce bolognaise de cerf rouge !

Hôtel Albert Best Western, à Rouyn-Noranda : chambres spacieuses et confortables. A partir de 100 €/ch double.

A lire

Le guide Ulysse Québec, le meilleur de tous les guides sur cette destination ! Sur leur site, il est même possible de télécharger des chapitres, selon les régions.  https://www.guidesulysse.com/

Se renseigner

www.quebecoriginal.com ; www.laurentides.com ;  www.tourisme-abitibi-temiscamingue.org

J'ai trouvé mon lac à Ferme-Neuve (Québec) !
J’ai trouvé mon lac à Ferme-Neuve (Québec) !

Echappées belles en Dalmatie

La Dalmatie possède des sites touristiques majeurs et pourtant méconnus : des cités antiques parfaitement conservées, un parc naturel enchanteur, et une île aux criques désertes qui fait voir la vie en bleu..

Splendeurs de l’antiquité gréco-romaine

A 2 h de Paris en vol direct, Split est un port de croisières qui a la chance de posséder une vieille ville datant de l’époque romaine, faisant partie du patrimoine mondial selon l’Unesco. Ce quartier est en réalité un palais fortifié ceint de remparts, fondé au 3ème siècle par l’empereur Dioclétien. Cette opulente résidence était si vaste qu’à la chute de ce tyran, la population s’installa à l’intérieur, transformant ce palais en ville dans la ville, et contribuant à sa bonne conservation. En passant par l’une de ses quatre monumentales portes, on fait un saut dans le temps de 1700 ans ! Nul besoin d’aimer les vieilles pierres pour être subjugué par la beauté de ces tours romanes, de ces églises et de ces palais ornés d’ouvrages d’art gothique ou Renaissance. Les souterrains abritent des expositions et des stands proposant de l’artisanat de qualité : bijoux en corail, objets sculptés en pierre de Brac, cravates en soie peintes à la main (eh oui, ce sont les Croates qui ont inventé la cravate !)… Devant la cathédrale flanquée d’un sphinx égyptien en granit noir, la place péristyle bordée de colonnades invite à la contemplation. L’astucieux tenancier du bar Luxor a installé des coussins sur les marches en pierre pour transformer le tour de la place en terrasse… Des gladiateurs romains avec leurs glaives prennent la pose pour quelques pièces, et l’on se demande qui sont les intrus, dans cette place : eux, ou nous ? Ne manquez pas de vous promener dans le quartier de Varos, ancien quartier de pêcheurs très calme qui regorge de petits bars authentiques et d’appartements privés à louer pour pas cher…

A 30 minutes de Split, Trogir possède également des trésors architecturaux grecs et romains, concentrés sur un petit îlot. Pas étonnant qu’elle soit classée au Patrimoine mondial ! Ses merveilles en font l’un des bijoux de la côte dalmate, un mini-Dubrovnik, mais sans les remparts… Entrez par la porte Sud, une énorme porte en chêne cloutée du 16ème siècle, et déambulez dans les étroites ruelles pavées de grosses dalles calcaires patinées par le temps, avec des bars en terrasse sur les placettes et de petites églises à presque tous les coins de rue… Certaines sont si étroites qu’on peut toucher les murs en écartant les bras ! Reposez-vous à l’ombre sous la loggia située devant la place de la cathédrale. C’était une cour médiévale de justice, et elle conserve son plafond en bois peint et ses colonnes romaines à chapiteaux ornés. La cathédrale, romane en bas et gothique en haut, est le monument le plus important de la ville. Son portail roman, surtout, est sublime : on voit danser sur les frises des apôtres, des bûcherons, des centaures et des animaux illustrant des scènes de la vie quotidienne et des épisodes mythiques, et, juchés sur un lion, Adam et Eve, dissimulant sous une feuille de vigne leur nudité originelle…

 

Sibenik et les cascades de Krka

A 1 h de route de Split, Sibenik est une autre cité ancienne, cette fois fondée par les Vénitiens, qui la dotèrent d’une belle cathédrale et de quatre forteresses. Commencez par visiter celle de Barone, car elle offre un splendide point de vue sur cette ville côtière. Vus depuis cette terrasse, les tours et les clochers des églises sont comme les mats de vaisseaux de pierre sur un océan de toits, dont les tuiles jaunes ou ocres seraient les vaguelettes immobiles… La cafétéria située sur la terrasse propose des produits de saison locaux, et la petite boutique attenante n’a que des jolies choses de la meilleure qualité : éponges, bijoux en corail…  En bas, dans la vieille ville, vous ne résisterez pas au charme de ce dédale de venelles pavées à l’ambiance médiévale, dont la moindre placette accueille une terrasse de bar ou de restaurant. Les aficionados de « Game of Throne » y reconnaîtront la cité de Braavos, dont plusieurs scènes ont été tournées ici ! Dans le jardin médiéval du monastère St-Laurent, on imagine tout à fait la reine Olenna Tyrell se reposer à l’ombre des treilles fleuries…

 

En passant une ou deux nuits à Sibenik, vous pourrez rejoindre le parc national de Krka tout proche. Vous y admirerez des myriades de cascades dans un cadre verdoyant, au long d’un parcours de 2 km sur pontons de bois ménageant des belvédères et permettant d’observer la faune sauvage. Venez-y le plus tôt possible pour profiter de cette merveille naturelle sans la foule, et n’oubliez pas votre maillot de bain, car il est possible de se baigner devant les plus belles chutes dans une eau couleur d’émeraude ! Conseil pratique : plutôt que de passer par Skradin pour rejoindre le site en bateau (ou de faire 5 km à pieds sous le cagnard…), je vous conseille d’y accéder par Lozovac, où il y a un grand parking gratuit, et une navette qui conduit aux chutes. Comme le site est immense, il est possible d’accéder à d’autres chutes (cascades Roski), en passant par des moulins où l’on peut se régaler de charcuteries et de fromages locaux autour de frais bassins ou de biefs. Si vous n’avez pas de voiture, le mieux est de prendre un bateau à Stradinski Bus, et de faire un tour complet en 4h30, qui prévoit un arrêt de 30 minutes dans le ravissant îlot du monastère de Visevac, et un autre d’1h30 sur le site de Roski Slap.

 

Mamma mia, quel bleu !    

Vis est une île située à 2 h de ferry de Split. La vie y est douce et tranquille et c’est l’endroit rêvé pour une escapade romantique ou une cure anti-stress. Louez un scooter et sillonnez la route côtière bordée de vignes et d’oliveraies, pour dénicher la crique déserte où faire une sieste sans que l’odeur de crème solaire ne couvre les parfums de la garrigue… Les plages sont formées de galets, plus ou moins gros, mais il y a souvent des dalles calcaire pour étendre sa serviette, et cet inconfort est compensé par la pureté cristalline de la mer Adriatique. Beaucoup de guides mentionnent la plage de Stiniva comme étant la plus belle. C’est vrai, mais elle a pas mal d’inconvénients : son chemin d’accès est raide et très pierreux (oubliez les tongs et la glacière chargée de bières…) ; elle est toute petite et prise d’assaut par les plaisanciers venus en bateau (oubliez l’intimité…) ; et elle est à l’ombre une bonne partie de la journée (oubliez le bronzage…). J’ai préféré la plage de Srbrena (se prononce comme ça s’éternue), vers Rukavac, une plage de galets étincelants, d’où son surnom, plage d’argent. Comme partout à Vis, l’eau est cristalline, et sa fréquentation est moindre, enfin, à part en juillet et août. Les familles ou les gastronomes préféreront la plage de Stoncica, car elle descend en pente douce dans une sorte de calanque, et elle dispose d’un bon restaurant traditionnel. Le soir, attablez-vous en terrasse sur le port de Komiza, adorable port de pêcheurs, pour déguster un poisson grillé accompagné d’un Vugava, le vin blanc local. Si vous parlez anglais, le serveur vous parlera avec fierté du film Mamma Mia 2 (sortie fin juillet), qui a été tourné ici. Meryl Streep et Pierce Brosnan ont sans doute été voir la fameuse grotte bleue, qui se trouve dans une petite île au large de Komiza. Comme c’est l’attraction majeure de l’île, il faut y aller tôt si vous ne voulez pas faire 1 h de queue là-bas, avant de monter dans les petites barques qui se faufilent à flot continu dans la grotte. Mais pas trop tôt non plus, car c’est seulement entre 11 h et 14 h que les rayons du soleil se reflètent sur le fond marin en irradiant cette grotte d’une lumière bleue opalescente, un bleu à la fois céleste et abyssal. « A kind of blue » comme dit le batelier, une sorte de bleu qui fait la célébrité de cet îlot situé à quelques milles de Vis…

 

A savoir (en pastille) : Voyage à éviter en juillet et août, car à cette période, les sites sont sur-fréquentés, et la chaleur accablante. Meilleure saison : mai-juin, ou septembre-octobre. En automne, le site de Krka est sublime avec les feuillus qui prennent des teintes jaune-orangés. Notions d’anglais souhaitables.

Pratique

Voyagiste : Bemex Tours propose un forfait incluant le vol A/R Paris-Split, la location de voiture, le ferry, et 7 nuits en B&B en hôtel 4*, à partir de 1350 €/p. http://www.bemextours.com

Bonnes adresses

Basic, à Split : appartements simples mais très bien situés, près de la vieille ville, de la plage de Bacvice, et des ferrys. Rapport qualité/prix imbattable : à partir de 40 € la nuit !

Konova Varos, Ban Mladenova 7, à Split : décor rustique, poissons grillés, et surtout des plats de viandes cuits à la braise sous une cloche (peka). Compter environ 30 €/p.

Trapula, à Sibenik : appartements cosy dans une maison située au calme sur le port. La logeuse parle français. Environ 50 €/nuit le studio.

A Sibenik : Grom, rue de Zagreb, le meilleur glacier ; et Jum, place des 4 Terrasses, la meilleure pâtisserie.

Pelegrini (1* Michelin), à Sibenik : le chef propose une cuisine subtile et inventive, une fabuleuse expérience gastronomique qui a un coût : compter environ 100 €/p avec le vin. Tous les produits servis sont exceptionnels, y compris les vins, jusqu’à l’huile d’olive, et même le pain !

Hôtel San Giorgio, à Vis : le seul hôtel de charme de l’île, décoré avec goût, aux ravissants petits jardins ombragés…  A partir de 125 €/ch double.

Dalmatino, à Rukavac (Vis) : pour les poissons grillés et les fruits de mer. Terrasse au-dessus de l’eau.

Konova Jastozera, à Komiza (Vis) : spécialités de langoustes élevées sous les tables !

Se renseigner

http://www.croatietourisme.com

 

Sensations fortes à Madagascar

Connaissez-vous beaucoup d’endroit au monde où l’on peut marcher sur des roches tranchantes, voir des lémuriens, nager avec des requins-baleines, et dormir sur une île embaumant l’ylang-ylang et la vanille ? Non, c’est seulement autour de Nosy Be, au nord-ouest de la Grande Île !

MADAGASCAR Nosy Tanikely

Après avoir atterri à Nosy Be, l’île concentrant l’essentiel du tourisme régional, prenez une navette pour rejoindre Nosy Komba, une plus petite île recouverte de forêt, sans route ni véhicule, dont la moindre crique sableuse est occupée par une poignée de bungalows noyés dans la végétation tropicale. Le cadre idéal pour s’acclimater à la chaleur et l’humidité, et pour prendre le pouls du rythme malgache tout en langueur et douceur, mora-mora… La jungle qui bruisse derrière les bungalows est moins sauvage qu’elle en a l’air, et les insulaires y cultivent toutes sortes de fruits et légumes, ainsi que des plantations de vanille, le nouvel or vert de cette île. Il y a bien des lémuriens à Nosy Komba, mais ils sont tous au nord, vers Ampangorinana, le côté le plus touristique de l’île. Quasiment apprivoisés, ils n’hésitent pas à venir sauter sur l’épaule pour quémander une banane… Triste spectacle, il vaut mieux ne pas cautionner cela, vous verrez des lémuriens à d’autres occasions. Voir la faune sauvage dans son élément naturel, c’est tellement plus beau ! C’est ce qu’on se dit à Tanikely, un îlot situé tout près de Nosy Komba, qui abrite une réserve naturelle marine. Son récif  corallien abrite une quantité invraisemblable de poissons de toutes sortes, et la faible déclivité du fond permet de les observer en snorkeling (palme, masque et tuba) dans d’excellentes conditions. Outre les habituels squatteurs colorés des patates de corail (demoiselles, chirurgiens, perroquets…), on y rencontre fréquemment des mérous, des barracudas et même des tortues ! Un véritable aquarium naturel…

Les tsingy de l’Ankarana

Tsingy est issu d’une expression malgache signifiant « marcher sur la pointe des pieds », et désignant par extension un massif calcaire effilé par l’érosion, parfois haut de 50 m. C’est une forêt de pierre en forme de canyon, dont les sommets sont acérés et parfois tranchants comme des lames ! Il existe plusieurs massifs de tsingy à Madagascar, mais celui du massif de l’Ankarana est le plus accessible. Depuis Nosy Komba, un bateau vous conduira au port d’Ankify, et votre chauffeur vous attendra pour vous conduire en 4×4 au Iharana Bush Camp, en 3 à 4 h de route. Ce camp de brousse jouit d’une situation privilégiée, au bord d’un lac dominé par ces fameux tsingy. Au petit matin, un guide vous conduira sur les chemins aménagés dans cet étonnant et mystérieux chaos minéral, au cœur duquel poussent d’étranges plantes tels que arbres-bouteille ou pieds d’éléphant, baobabs nains, lianes, orchidées aériennes… Les tsingy sont peuplés d’une faune endémique, et il est fascinant de voir comment les agiles lémuriens arrivent à se déplacer dans cet univers austère en sautant de pics en pics ! Dans les grottes rendues facilement accessibles grâce à un aménagement de passerelles et d’échelles, on rencontre des mygales, des lézards et des chauve-souris suspendues au plafond, où s’accrochent aussi d’élégantes draperies de calcite ocres. Au retour vers Nosy Be, n’omettez pas de vous arrêter à la plantation Millot, un domaine fondé en 1904 par un colon français visionnaire, considéré ici comme un demi-dieu, car il a su faire prospérer la région avec ses plantations de cacao et sa distillerie de plantes à parfum (citronnelle, vétiver, ylang-ylang…). On y découvre les différentes variétés de cacao, la fermentation et le séchage des fèves, qui seront torréfiées par le chocolatier français Valrhona. Profitez-en pour acheter des épices ou des huiles essentielles, également produites sur place !

Requins-baleines et dauphins font leur show

Nosy Be est une île volcanique assez montagneuse qui ne révèle sa véritable beauté que si l’on sort des sentiers battus du tourisme. En l’occurrence de la ville principale, Hell-Ville, polluée et encombrée par d’innombrables tuk-tuk jaunes, et de la zone balnéaire, Ambatoloaka, constituée d’un alignement de location de motos ou de quad, de centres de plongée, de petits commerces, de restos et bars louches, bref tout ce qu’il faut pour satisfaire les besoins des vahazas (Blancs), pour la plupart des hommes célibataires ayant dépassé la cinquantaine, illustrant la triste réalité du tourisme sexuel… L’intérieur de l’île a un tout autre visage, authentique et accueillant, et la meilleure façon de le découvrir est d’y faire une randonnée à cheval à partir de l’Ambaro Ranch. La balade traverse des paysages agricoles ou sauvages verdoyants, entre plantations d’ylang-ylang, bananeraie ou champ d’ananas, et l’on croise des paysans sereins et souriants, et des enfants vous apostrophent joyeusement en criant le nom des chevaux… Après avoir fait une pause au bord d’un lac sauvage au pied du mont Passot, les chevaux arrivent sur la plage juste avant le coucher de soleil, et entrent dans la mer pour se rafraîchir : c’est magique ! L’autre excursion incontournable consiste à aller en bateau à Nosy Iranja, la parfaite illustration de l’île paradisiaque de carte postale : eau cristalline et turquoise, sable blanc, cocotiers, village de pêcheurs et nappes brodées flottant au vent… En chemin, vous croiserez sûrement des bancs de dauphins facétieux qui font la course avec le bateau et effectuent des sauts périlleux juste pour montrer leur bonne humeur, et d’octobre à décembre, vous pourrez aussi vous mettre à l’eau pour nager avec des requins-baleines, totalement inoffensifs et indifférents à votre présence. La sensation ressentie lorsqu’on frôle cette immense créature marine est très forte, et inoubliable !

Pratique

Y aller : Air Austral est la compagnie la plus pratique et la plus fiable pour accéder à Nosy Be, en passant par La Réunion. La classe affaires Club Austral est plus chère, mais outre les avantages en terme de confort (lit à 180 °, accès aux salons, service et repas impeccables…), cela permet de sortir en premier de l’avion à Nosy Be, et ainsi d’éviter l’interminable attente causée par les formalités d’entrée. http://www.air-austral.com

Evaneos est un voyagiste dont le concept novateur consiste à mettre les voyageurs en relation direct avec des agences locales. Votre contact à Madagascar se charge de tout (hébergement, transport, guide…), vous concocte un programme personnalisé, et est joignable en permanence pour vous assister si besoin ! C’est du « cousu main » au prix du prêt-à-porter… A partir de  www.evaneos.fr

Bonnes adresses

Jardin Vanille, à Nosy Komba : bungalows noyés dans la végétation luxuriante, face à la mer turquoise, une situation de rêve à prix raisonnable : 88 €/j en 1/2 pension. http://www.jardinvanille.com

Home The Residence, à Nosy Be : sur une plage isolée du nord de l’île, une trentaine de villas de luxe sont louées avec leur personnel, dans un esprit de tourisme durable et responsable. Piscine privée, spa bénéficiant de l’aura majestueuse d’un banian pluricentenaire, restaurant gastronomique… Il faut profiter des prix de lancement, incroyablement bas pour des prestations d’un tel niveau, surtout si l’on vient en tribu ou entre amis : à partir de 163 €/j pour 4/5 p !  www.home-la-residence.com

Iharana Bush Camp : confort dit « de brousse » dans des cases inspirées par l’habitat traditionnel malgache, mais qui ont beaucoup de charme, surtout celles ayant vue lac. Le site lui-même est fabuleux, au pied des tsingy de l’Ankarana ! Et ce camp contribue à faire vivre deux villages… A partir de 184 € pour 2 en  1/2 pension. http://www.iharanabushcamp.com

Nouveauté 2018 : Trois tyroliennes installées dans le massif pour survoler les tsingy !

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https://madagascar-tourisme.com/fr

La véritable tarte Tatin

Cette succulente tarte aux pommes caramélisées est trop souvent malmenée par des cuisiniers pressés qui ne maîtrisent pas sa longue cuisson. Directement issus de son terroir d’origine, voici les astuces et les secrets pour réussir une véritable tarte Tatin !

La tarte Tatin
Loir-et-Cher Lamotte-Beuvron Tarte Tatin de La Duchesse Anne, sur une pâte feuilletée

 

Ah, la tarte Tatin ! Un classique de la pâtisserie française, le Graal de toute mamie ou pâtissier du dimanche qui se respecte, mais aussi le cauchemar des véritables gourmands, qui ne retrouvent pas toujours au restaurant ou chez leurs amis la tarte savoureuse et fondante de leur enfance… Il faut reconnaître que l’on vous sert parfois des pommes à peine cuites inondées de caramel, sur une pâte sèche ou brûlée… Ce qui est finalement logique, si l’on considère que c’est à l’origine une tarte ratée ! En effet, selon la légende, cette tarte serait née d’une étourderie d’une des sœurs Tatin. Mais cette origine prétendument attribuée à la maladresse d’une cuisinière est plus que suspecte, et l’entoure d’un halo de mystère, entretenu par le fait qu’il n’y a pas qu’une façon de la réaliser… Pour y voir plus clair, rendons-nous sur place, à Lamotte-Beuvron, dans le Loir-et-Cher, pour soutirer des infos et des recettes à ceux qui la cuisinent le mieux, à l’endroit même où officiaient les sœurs Tatin.

La tarte Tatin
Loir-et-Cher – Lamotte-Beuvron A l’hôtel Tatin
La tarte Tatin
Loir-et-Cher / Lamotte-Beuvron Katia et Martial Caillé, propriétaires de l’hôtel Tatin

 

Une fake news pâtissière

Pour la confrérie des Lichonneux de la tarte Tatin, honorables membres gourmands et ardents défenseurs de sa recette originelle, la légende de la tarte ratée est infondée. Elle aurait été lancée au début du XXème s. par le critique culinaire Curnonsky, célèbre ambassadeur des cuisines provinciales, qui inventa l’histoire de la maladresse des sœurs Tatin pour amuser son auditoire lors d’une conférence de presse (#balancetonmacho#) ! L’anecdote plut aux journalistes, et contribua à la réputation de cette spécialité solognote, que l’on retrouvait pourtant déjà dans tout l’Orléanais… Elle devint même un des desserts signature de chez Maxim’s ! Cette fake news pâtissière eut la vie dure, et les sœurs Tatin ne firent rien pour la contredire, au contraire, vu l’affluence de Parisiens venant à leur hôtel pour découvrir cette fameuse tarte renversée ! D’ailleurs l’actuel propriétaire de l’hôtel Tatin, Martial Caillé, laisse toujours planer le doute, et place bien en évidence devant le bar de l’hôtel le potager en faïence bleue des sœurs Tatin, comme pour garantir l’authenticité de sa recette…  Selon lui, bien sûr, il est dépositaire de la véritable recette, bien qu’aucune trace écrite de la recette autographe n’ait été retrouvée à l’hôtel. Lorsque son père a repris l’établissement, en 1968, l’hôtel était resté fermé de longues années, et après la disparition de la dernière des sœurs Tatin, en 1919, la recette se serait transmise oralement, de cuisinière en cuisinière… Quoiqu’il en soit, le patron de l’hôtel, qui est aussi son chef cuisinier, n’a pas accepté de dévoiler sa recette, tout au plus ai-je pu assister à la délicate et spectaculaire phase du retournement, une fois que les pommes ont bien caramélisées au fond de la poêle.  De toutes façons, il n’aurait pas été possible de reproduire sa technique à la maison, car il utilise un large poêlon en Inox avec double-fond en cuivre, spécialement conçu par son père pour la cuisson de la tarte Tatin…

 

 

La recette des sœurs ? Tintin !

Pas plus de réussite à la boulangerie-pâtisserie Blanche de Castille, une autre référence dans la région pour cette tarte. Très avenante et sympathique, Isabelle Vauconsant vend ses tartes comme des petits pains, mais reste énigmatique quand il s’agit de la recette… Son mari Pascal, qui officie au fournil, donne toutefois quelques tuyaux : choisir des variétés de pommes qui tiennent bien à la cuisson (Reine des Reinettes, pomme clochard, Golden, Jonagold…) ; les éplucher la veille et les déposer dans la casserole avec le sucre et le beurre pour qu’elles sèchent un peu et que leur jus imprègne le sucre du futur caramel… En fait, il y a autant de façons de faire la tarte Tatin que de pâtissier, apparemment ! Car Magali Frizot, jeune pâtissière de Nouan-le-Fuzelier, a une autre technique : elle prépare un caramel dans un moule, le recouvre de pommes, et fait cuire le tout au four. Elle pose alors dessus la pâte sablée, et remet au four pour une 2ème cuisson ! Quant à Dany Julien, aimable grand-mère qui a remporté deux fois de suite le 2ème prix du concours de la meilleure tarte Tatin de Lamotte-Beuvron, ses pommes sont fondantes, mais peu caramélisées, et sa pâte est épaisse…

Retournons auprès de la confrérie des « Lichonneux ». On ne sait pas ce que ça veut dire, mais avec un tel nom à s’en lécher les babines, ils doivent savoir de quoi ils parlent ! En tout cas, ils affirment qu’ils sont dépositaires de la véritable recette de la tarte Tatin, et dans leur grande magnanimité, ils la partagent de bon cœur. Je l’ai goûtée chez eux, elle est fameuse ! Les confrères insistent pour dire qu’elle doit être servie nature, sans cannelle, ni glace, ni crème Chantilly… Dont acte ! Après…, chacun fait ce qu’il veut dans sa cuisine. Personnellement, je prévois toujours une crème Chantilly maison, aromatisée au Calvados…

 

Recette de la tarte Tatin (selon les Lichonneux)

Ingrédients :

  • 1 pâte brisée
  • 2 kg de pommes
  • 80 g de beurre fondu
  • 130 g de sucre

– Dans un moule à manqué de 24 cm de diamètre et de 5 cm de haut (moule spécial tarte Tatin en vente au rayon pâtisserie des grandes enseignes) , faites fondre le beurre et le sucre sans faire le caramel. Disposez-y les pommes épluchées et coupées en quartiers, rangées les uns à côté des autres, sur le dos, puis recouvrez d’une autre rangée de pommes, dos sur le dessus. Tout doit être bien compact, sans trop d’espace entre les pommes.

– Mettez au four 30 min à 200 °C.

– Sortez le moule du four et posez-le sur un feu moyen pour faire mijoter pendant 25 à 30 min. Vers la fin, imprimez un mouvement tournant au moule. Quand le caramel est prêt, on entend un « Psschuitt » qui indique la fin de cuisson.

– Arrêtez le feu, puis posez la pâte brisée sur les pommes, faîtes quelques trous à la fourchette et remettez au four pour 25 min. environ.

– Pour démouler, attendez que la tarte soit refroidie, repassez quelques minutes sur une plaque chauffante et quand c’est décollé, retournez d’un geste vif sur le plat de service. Attention, protégez-vous les mains avec des gants, car du caramel chaud pourrait couler…)

– Cette tarte est meilleure si elle est servie tiède. Bonne dégustation !

La tarte Tatin
Loir-et-Cher – Lamotte-Beuvron A l’hôtel Tatin Tarte Tatin de Martial Caillé, refroidissant sur le potager datant de l’époque des soeurs Tatin

Où l’acheter ?

– Hôtel-restaurant Tatin (à emporter sur commande) : 5 av. de Vierzon, Lamotte-Beuvron

– Blanche de Castille : 45 av. de l’Hôtel de Ville, Lamotte-Beuvron

– Maison Fouquiau-Frizot : 2 pl St-Martin, Nouan-le-Fuzelier

 

Blague Ch’ti  : qu’est-ce que tu fais quand t’as fait une tarte aux pommes et qu’elle sort du four ? Ben t’attin !