Balades à Salzbourg : … et le charme opéra !

Avec ses élégants châteaux, ses églises baroques et sa vieille ville inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, Salzbourg séduit tous ses visiteurs, qu’ils soient venus pour écouter de la musique classique ou pour expérimenter le lifestyle autrichien de la « Rome du Nord ».

Salzbourg
AUTRICHE – Salzbourg Statue de Mozart

Dès l’arrivée à l’aéroport de Salzbourg, nommé Wolfgang Amadeus Mozart, le ton est donné. Cette fastueuse ville baroque, modelée par des princes-archevêques catholiques du XIIIème au XVIIIème siècle, vit sous l’emprise du classique. De la musique comme de l’architecture, dont le cachet italianisant forme un décor parfait pour le lieu de naissance du génial musicien, qui a une place, une statue, et même un chocolat à son nom ! Sa maison de naissance se trouve dans la Getreidegasse, la plus belle rue de la vieille ville, surnommée la « rue des enseignes », en raison de la profusion des enseignes en fer forgé suspendues aux façades. La plus belle est celle d’une ancienne brasserie, dont le symbole a été remplacé par un discret M jaune, puisque c’est maintenant un … McDonald ! Ce n’est pas la bière mais le sel qui a fait la prospérité de la ville, comme son nom l’indique : salz(sel) et burg (ville). Les archevêques ont construit une forteresse médiévale sur une butte surplombant la ville, d’un blanc étincelant comme une saline, qui abritait les réserves de l’or blanc. Cette manne leur a permis d’embellir leur cité, d’entretenir des artistes, et de construire de fastueuses résidences. La principale est accolée à la somptueuse cathédrale baroque aux cinq orgues, et ses salles d’apparat croulant sous les peintures, les miroirs vénitiens et les tapisseries de Bruxelles, sont devenues des musées, dont les expositions illustrent 1300 ans d’art.

De l’autre côté de la Salzbach, la rivière qui traverse la ville, le château Mirabell abrite aujourd’hui la mairie. Si elle n’est pas occupée par un mariage, il est possible de voir la Marmorsaal, l’ancienne salle des fêtes du château, toute de marbre et de dorures, dans laquelle Mozart et ses enfants se produisaient. Un peu à l’extérieur de la ville, à Hellbrunn, un archevêque hédoniste a fait construire un château de plaisance dans un parc de 60 ha. Vous suivrez un parcours agrémenté de jeux d’eaux d’une ingéniosité folle, avec grottes piégées, automates mus par l’eau, fontaines capricieuses, et le guide ne manquera pas de vous arroser par surprise, comme le faisait sans doute le malicieux archevêque à ses hôtes de marque… En faisant un saut dans le temps de 400 ans, on imagine sans peine un aréopage de dames corsetées aux robes amples et aux coiffures extravagantes, et de gentilshommes en perruque, pourpoint et hauts-de-chausses, s’esclaffer de ces facéties et s’esbaudir devant ce feu d’artifice aquatique ! A quelques kilomètres de là, au terminus du bus qui vous aura déposé à Hellbrunn, descendez à Untersberg et prenez le téléphérique qui monte sur le Hochthron. Une  marche facile de 30 minutes vous mènera au sommet, à 1853 m d’altitude, où des bancs judicieusement placés permettent de contempler sereinement la plaine et Salzbourg traversé par la Salzach.

Symphonie turquoise en lacs majeurs

A 30 km à l’Est de Salzburg, s’étend une splendide région montagneuse parsemée d’une dizaine de grands lacs, le Salzkammergut. C’est une Autriche de carte postale, très verte, avec de ravissants chalets en bois posés au bord de lacs couleur d’émeraude. Il faut emprunter le petit train à crémaillère qui monte au sommet du Schafberg, à 1783 m d’altitude, pour avoir une vue à 360 ° qui embrasse à la fois les sommets enneigés des Alpes autrichiennes, et les nappes vertes posées à leurs pieds. On passerait bien la journée à contempler d’aussi beaux paysages, mais ce serait dommage, car en bas, les petits villages sont très pittoresques. Surtout St-Wolfgang, station de villégiature chic aux chalets cossus plusieurs fois centenaires. Son église abrite un retable connu dans le monde entier, et une pierre miraculeuse qui généra ici un pèlerinage depuis plus de 1000 ans… Aujourd’hui, ce sont les eaux turquoises du lac qui attirent du beau monde à St-Wolfgang, un prénom décidément très cher aux Salzbourgeois !

Où écouter du classique ?

Toute l’année, des concerts sont programmés dans les sites prestigieux de la ville. La salle baroque de l’abbaye St-Peter sert de cadre à des dîners-concerts où une troupe interprète des extraits d’opéras de Mozart. Et des concerts gratuits sont donnés dans les jardins du château Mirabell.

A savoir : le festival d’été est le plus fameux rendez-vous de musique classique au monde. Au programme, des opéras de prestige et des concerts avec de grands interprètes. http://www.salzburgfestival.at

Salzbourg
AUTRICHE – Salzbourg Dîner concert Mozart au St-Peter Stiftskulinarium

Pratique

Y aller

Par Lufthansa et/ou Austrian Airlines, en passant par Frankfort ou Munich. A partir de 350 € A/R.

Bon plan

La SalzburgCard permet d’entrer gratuitement dans la plupart des musées et attractions, et d’utiliser à volonté les transports publics. Un pass indispensable, à 43 €/p pour 3 jours.

Se loger

Hôtel Weisse Taube : idéalement situé à 2 pas de la place Mozart, dans la vieille ville. A partir de 100 € la ch double.

Le Cheval Blanc, à St-Wolfgang : hôtel 4 * de la chaîne Romantik Hotel, posé au bord du lac. Grand spa, piscine extérieure flottante, literie grand confort avec son amas des housses… A partir de 100 €/p avec le petit déjeuner.

Se restaurer

« m32 » : restaurant du musée d’Art Moderne, dont la terrasse offre la plus belle vue sur Salzbourg. Cuisine gastronomique, un peu cher à la carte, mais avec un menu au déjeuner à 16 €.

Schloss Fisherei : à 20 km de Salzbourg, restaurant-pêcherie aux longues tables en bois léchées par les eaux cristallines du lac Fuschlsee, où l’on déguste de succulents poissons fumés du jour, tout en admirant le château qui a servi de cadre au tournage des films de « Sissi ». Compter 20 € le repas.

Se renseigner :  www.salzburg.info

Office National Autrichien du Tourisme (0800 941 921) et  www.austria.info/fr

 

Note : les photos de cet article ont été prises avec mon téléphone portable (même pas un bon…), mon matériel photo étant en réparation pendant le reportage. Désolé pour leur piètre qualité !

Chypre, l’île d’Aphrodite

Si la mythologie grecque a fait naître Aphrodite à Chypre, c’est sans doute parce que cette île a tout pour séduire : des montagnes, des forêts, des terres fertiles, ainsi qu’une côte ourlée de superbes plages. Chypre dispose aussi d’un patrimoine archéologique et historique considérable, qui en fait un condensé de 5000 ans d’histoire de la Méditerranée.

Dès les premiers pas à Nicosie (ou Lefkosia, nom grec de la capitale chypriote), on a la sensation de fouler une terre hellène. Des drapeaux bleus et blancs flottent un peu partout, et lorsque l’on fait le tour des remparts vénitiens, très bien conservés, les petits marchés qui s’y trouvent baignent dans une ambiance « à la grecque ». Sur les terrasses des bars de la rue piétonne Ledra St, les locaux sirotent de l’ouzo en grignotant des olives, et la carte des restaurants ne diffère pas de celle qu’on pourrait trouver à Athènes… Au milieu de Ledra St, justement,  se trouve un poste de contrôle surveillant la « ligne verte« , une zone démilitarisée contrôlée par les Casques Bleus, séparant la ville entre la République de Chypre (dont le gouvernement est le seul qui soit reconnu par la communauté internationale) et la République turque de Chypre du nord. Le passage est maintenant possible entre ces deux parties de l’île, mais au moment de ce reportage, cela ne l’était pas, et le passage entre ces deux parties de la ville était quasi impossible. Cela fait des décennies que l’on parle de réunification, et il semble que cela soit en bonne voie…

 

A Nicosie, il faut visiter le musée archéologique, qui contient notamment une superbe statue d’Aphrodite, et le musée byzantin, présentant une collection d’icônes dorées à l’or fin. Des icônes, vous en verrez à profusion, vendues au coin des rues, dans les boutiques de souvenir, et surtout dans l’intérieur montagneux de l’île, le Troodos. D’innombrables chapelles sont disséminées sur ses pentes, la plupart modestes et d’architecture simple, mais décorées parfois de fresques magnifiques. Vue de l’extérieur, l’église d’Arakou ressemble à une grange, mais à l’intérieur, c’est une explosion de couleurs. Les murs et le plafond sont recouverts de fresques, qui sont parmi les mieux conservées de Chypre. Pendant leur occupation,  les Ottomans ont saccagé les fresques de certaines églises byzantines, en effaçant les regards des saints qu’ils ne pouvaient supporter. C’est le cas dans la très belle église en pierre d’Asinou, qui a restauré ses magnifiques fresques. La profusion des églises byzantines ne doit pas faire éluder la visite du monastère de Kykko. Moins pour ses fresques, récentes, que pour admirer son iconostase, faisant l’objet d’un pèlerinage important. Il paraît qu’une des icônes, recouverte d’argent et enfermée dans un écrin d’écaille et de nacre, a été peinte de la main même de Saint-Luc !

 

Quittons la fraîcheur et les petites routes sinueuses du Troodos pour traverser les plaines plantées de champs d’agrumes et atteindre les stations balnéaires du littoral. Si vous voulez plonger dans la grande bleue ou lézarder sur une plage, vous n’aurez que l’embarras du choix. Les plages sont toutes différentes, et leur fréquentation va de la plage bondée à la crique déserte. L’idéal est de longer la côte en voiture et de choisir celle qui vous convient ! Le tour de l’île permet en outre de découvrir les autres attraits de Chypre. Larnaca est une ville séduisante : son front de mer bordé de palmiers a des airs de Promenade des Anglais, et la vieille ville, avec ses ruelles étroites, ses vieux bazars, ses minarets et ses tavernes animées où l’on déguste de délicieux mezzes, dégage une envoûtante atmosphère orientale. La ville de Limassol, très touristique, a moins de charme, mais son château, élevé au 14ème siècle par les Lusignan, accueille un musée médiéval fort intéressant. Non loin de là, voici le site archéologique de Kourion, au superbe amphithéâtre romain. Assis sur les plus hauts gradins, on confondrait presque les cris des touristes avec les tirades des tragédies antiques, qui sont d’ailleurs encore données chaque année, en grec ancien, pendant le festival d’été.

 

L’antique ville de Paphos recèle des trésors, comme ces villas romaines aux somptueuses mosaïques, ou encore les Tombeaux des Rois, vaste nécropole située sur une falaise dominant la mer, qui servit de refuge aux premiers chrétiens. Sans oublier Kouklia, bien sûr, le site archéologique du sanctuaire d’Aphrodite. Mais si vous n’êtes pas émus par de vieilles pierres, peut-être le serez-vous par la beauté de la plage de Petra Tou Romiou : la légende dit que de cette eau émeraude, jadis, émergea Aphrodite… Si vous voyagez en couple, et que vous êtes un tant soit peu romantique, mettez-vous à la recherche de la Fontana Amarosa, non loin des bains d’Aphrodite. Il paraît que l’eau de cette fontaine rend amoureux pour toujours ! 

Pratique

Y aller : Cyprus Airways a plusieurs vols par semaine Paris/Larnaca ; il existe aussi des liaisons low cost avec escale en Belgique ou en Angleterre, qui permettent de trouver des billets A/R autour de 150 €.

Forfaits : Héliades est le spécialiste de la destination. Ce voyagiste propose des autotours (vol + voiture + hôtel) d’une semaine à partir de 700 €/pers.

Se renseigner :  Office du Tourisme de Chypre : www.visitcyprus.com/index.php/fr/

CHYPREPanier d'oranges
CHYPRE Panier d’oranges

Echappées belles en Dalmatie

La Dalmatie possède des sites touristiques majeurs et pourtant méconnus : des cités antiques parfaitement conservées, un parc naturel enchanteur, et une île aux criques désertes qui fait voir la vie en bleu..

Splendeurs de l’antiquité gréco-romaine

A 2 h de Paris en vol direct, Split est un port de croisières qui a la chance de posséder une vieille ville datant de l’époque romaine, faisant partie du patrimoine mondial selon l’Unesco. Ce quartier est en réalité un palais fortifié ceint de remparts, fondé au 3ème siècle par l’empereur Dioclétien. Cette opulente résidence était si vaste qu’à la chute de ce tyran, la population s’installa à l’intérieur, transformant ce palais en ville dans la ville, et contribuant à sa bonne conservation. En passant par l’une de ses quatre monumentales portes, on fait un saut dans le temps de 1700 ans ! Nul besoin d’aimer les vieilles pierres pour être subjugué par la beauté de ces tours romanes, de ces églises et de ces palais ornés d’ouvrages d’art gothique ou Renaissance. Les souterrains abritent des expositions et des stands proposant de l’artisanat de qualité : bijoux en corail, objets sculptés en pierre de Brac, cravates en soie peintes à la main (eh oui, ce sont les Croates qui ont inventé la cravate !)… Devant la cathédrale flanquée d’un sphinx égyptien en granit noir, la place péristyle bordée de colonnades invite à la contemplation. L’astucieux tenancier du bar Luxor a installé des coussins sur les marches en pierre pour transformer le tour de la place en terrasse… Des gladiateurs romains avec leurs glaives prennent la pose pour quelques pièces, et l’on se demande qui sont les intrus, dans cette place : eux, ou nous ? Ne manquez pas de vous promener dans le quartier de Varos, ancien quartier de pêcheurs très calme qui regorge de petits bars authentiques et d’appartements privés à louer pour pas cher…

A 30 minutes de Split, Trogir possède également des trésors architecturaux grecs et romains, concentrés sur un petit îlot. Pas étonnant qu’elle soit classée au Patrimoine mondial ! Ses merveilles en font l’un des bijoux de la côte dalmate, un mini-Dubrovnik, mais sans les remparts… Entrez par la porte Sud, une énorme porte en chêne cloutée du 16ème siècle, et déambulez dans les étroites ruelles pavées de grosses dalles calcaires patinées par le temps, avec des bars en terrasse sur les placettes et de petites églises à presque tous les coins de rue… Certaines sont si étroites qu’on peut toucher les murs en écartant les bras ! Reposez-vous à l’ombre sous la loggia située devant la place de la cathédrale. C’était une cour médiévale de justice, et elle conserve son plafond en bois peint et ses colonnes romaines à chapiteaux ornés. La cathédrale, romane en bas et gothique en haut, est le monument le plus important de la ville. Son portail roman, surtout, est sublime : on voit danser sur les frises des apôtres, des bûcherons, des centaures et des animaux illustrant des scènes de la vie quotidienne et des épisodes mythiques, et, juchés sur un lion, Adam et Eve, dissimulant sous une feuille de vigne leur nudité originelle…

 

Sibenik et les cascades de Krka

A 1 h de route de Split, Sibenik est une autre cité ancienne, cette fois fondée par les Vénitiens, qui la dotèrent d’une belle cathédrale et de quatre forteresses. Commencez par visiter celle de Barone, car elle offre un splendide point de vue sur cette ville côtière. Vus depuis cette terrasse, les tours et les clochers des églises sont comme les mats de vaisseaux de pierre sur un océan de toits, dont les tuiles jaunes ou ocres seraient les vaguelettes immobiles… La cafétéria située sur la terrasse propose des produits de saison locaux, et la petite boutique attenante n’a que des jolies choses de la meilleure qualité : éponges, bijoux en corail…  En bas, dans la vieille ville, vous ne résisterez pas au charme de ce dédale de venelles pavées à l’ambiance médiévale, dont la moindre placette accueille une terrasse de bar ou de restaurant. Les aficionados de « Game of Throne » y reconnaîtront la cité de Braavos, dont plusieurs scènes ont été tournées ici ! Dans le jardin médiéval du monastère St-Laurent, on imagine tout à fait la reine Olenna Tyrell se reposer à l’ombre des treilles fleuries…

 

En passant une ou deux nuits à Sibenik, vous pourrez rejoindre le parc national de Krka tout proche. Vous y admirerez des myriades de cascades dans un cadre verdoyant, au long d’un parcours de 2 km sur pontons de bois ménageant des belvédères et permettant d’observer la faune sauvage. Venez-y le plus tôt possible pour profiter de cette merveille naturelle sans la foule, et n’oubliez pas votre maillot de bain, car il est possible de se baigner devant les plus belles chutes dans une eau couleur d’émeraude ! Conseil pratique : plutôt que de passer par Skradin pour rejoindre le site en bateau (ou de faire 5 km à pieds sous le cagnard…), je vous conseille d’y accéder par Lozovac, où il y a un grand parking gratuit, et une navette qui conduit aux chutes. Comme le site est immense, il est possible d’accéder à d’autres chutes (cascades Roski), en passant par des moulins où l’on peut se régaler de charcuteries et de fromages locaux autour de frais bassins ou de biefs. Si vous n’avez pas de voiture, le mieux est de prendre un bateau à Stradinski Bus, et de faire un tour complet en 4h30, qui prévoit un arrêt de 30 minutes dans le ravissant îlot du monastère de Visevac, et un autre d’1h30 sur le site de Roski Slap.

 

Mamma mia, quel bleu !    

Vis est une île située à 2 h de ferry de Split. La vie y est douce et tranquille et c’est l’endroit rêvé pour une escapade romantique ou une cure anti-stress. Louez un scooter et sillonnez la route côtière bordée de vignes et d’oliveraies, pour dénicher la crique déserte où faire une sieste sans que l’odeur de crème solaire ne couvre les parfums de la garrigue… Les plages sont formées de galets, plus ou moins gros, mais il y a souvent des dalles calcaire pour étendre sa serviette, et cet inconfort est compensé par la pureté cristalline de la mer Adriatique. Beaucoup de guides mentionnent la plage de Stiniva comme étant la plus belle. C’est vrai, mais elle a pas mal d’inconvénients : son chemin d’accès est raide et très pierreux (oubliez les tongs et la glacière chargée de bières…) ; elle est toute petite et prise d’assaut par les plaisanciers venus en bateau (oubliez l’intimité…) ; et elle est à l’ombre une bonne partie de la journée (oubliez le bronzage…). J’ai préféré la plage de Srbrena (se prononce comme ça s’éternue), vers Rukavac, une plage de galets étincelants, d’où son surnom, plage d’argent. Comme partout à Vis, l’eau est cristalline, et sa fréquentation est moindre, enfin, à part en juillet et août. Les familles ou les gastronomes préféreront la plage de Stoncica, car elle descend en pente douce dans une sorte de calanque, et elle dispose d’un bon restaurant traditionnel. Le soir, attablez-vous en terrasse sur le port de Komiza, adorable port de pêcheurs, pour déguster un poisson grillé accompagné d’un Vugava, le vin blanc local. Si vous parlez anglais, le serveur vous parlera avec fierté du film Mamma Mia 2 (sortie fin juillet), qui a été tourné ici. Meryl Streep et Pierce Brosnan ont sans doute été voir la fameuse grotte bleue, qui se trouve dans une petite île au large de Komiza. Comme c’est l’attraction majeure de l’île, il faut y aller tôt si vous ne voulez pas faire 1 h de queue là-bas, avant de monter dans les petites barques qui se faufilent à flot continu dans la grotte. Mais pas trop tôt non plus, car c’est seulement entre 11 h et 14 h que les rayons du soleil se reflètent sur le fond marin en irradiant cette grotte d’une lumière bleue opalescente, un bleu à la fois céleste et abyssal. « A kind of blue » comme dit le batelier, une sorte de bleu qui fait la célébrité de cet îlot situé à quelques milles de Vis…

 

A savoir (en pastille) : Voyage à éviter en juillet et août, car à cette période, les sites sont sur-fréquentés, et la chaleur accablante. Meilleure saison : mai-juin, ou septembre-octobre. En automne, le site de Krka est sublime avec les feuillus qui prennent des teintes jaune-orangés. Notions d’anglais souhaitables.

Pratique

Voyagiste : Bemex Tours propose un forfait incluant le vol A/R Paris-Split, la location de voiture, le ferry, et 7 nuits en B&B en hôtel 4*, à partir de 1350 €/p. http://www.bemextours.com

Bonnes adresses

Basic, à Split : appartements simples mais très bien situés, près de la vieille ville, de la plage de Bacvice, et des ferrys. Rapport qualité/prix imbattable : à partir de 40 € la nuit !

Konova Varos, Ban Mladenova 7, à Split : décor rustique, poissons grillés, et surtout des plats de viandes cuits à la braise sous une cloche (peka). Compter environ 30 €/p.

Trapula, à Sibenik : appartements cosy dans une maison située au calme sur le port. La logeuse parle français. Environ 50 €/nuit le studio.

A Sibenik : Grom, rue de Zagreb, le meilleur glacier ; et Jum, place des 4 Terrasses, la meilleure pâtisserie.

Pelegrini (1* Michelin), à Sibenik : le chef propose une cuisine subtile et inventive, une fabuleuse expérience gastronomique qui a un coût : compter environ 100 €/p avec le vin. Tous les produits servis sont exceptionnels, y compris les vins, jusqu’à l’huile d’olive, et même le pain !

Hôtel San Giorgio, à Vis : le seul hôtel de charme de l’île, décoré avec goût, aux ravissants petits jardins ombragés…  A partir de 125 €/ch double.

Dalmatino, à Rukavac (Vis) : pour les poissons grillés et les fruits de mer. Terrasse au-dessus de l’eau.

Konova Jastozera, à Komiza (Vis) : spécialités de langoustes élevées sous les tables !

Se renseigner

http://www.croatietourisme.com

 

Les vallées d’Aoste

Au cœur des Alpes, le val d’Aoste est une région montagneuse disposant d’un fabuleux patrimoine culturel et naturel. En été, ses nombreuses petites vallées permettent d’accéder à une multitude de belvédères et de randonnées faciles, offrant des panoramas époustouflants sur les plus hautes cimes d’Europe. 

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ITALIE – Val d’Aoste Courmayeur Vue hivernale du Mont Blanc depuis la terrasse en haut du Skyway

 

       Traverser les Alpes pour se rendre en Italie en franchissant les cols du Grand ou du Petit Saint-Bernard relève du panache, plus que de la logique. Car même si les légions de César, les éléphants d’Hannibal ou l’armée Napoléonienne ont passé ces cols, il est quand même plus pratique d’emprunter le tunnel du Mont-Blanc ou celui du Saint-Bernard ! Certes, c’est assez cher, mais on gagne beaucoup de temps et on s’épargne des centaines de virages, dont on ne manquera pas par la suite… La vallée d’Aoste est une longue et ample cuvette sillonnée par la Doire Baltée, qui prend sa source dans le massif du Mont Blanc et qui se jette dans la plaine du Pô vers Turin. Une douzaine de vallées s’ouvrent perpendiculairement à cet axe, qui ont chacune leur caractère, et qui mènent à des cols, des lacs, des glaciers et des sommets fournissant d’innombrables possibilités d’excursions. En effet, la vallée d’Aoste est entourée par les plus hauts sommets d’Europe : le Grand Paradis (4061 m), le Mont Cervin (4478 m), le Mont Rose (4637 m), et bien sûr le Mont Blanc (4807 m). Ce territoire de montagne est le paradis des alpinistes et des grimpeurs, mais aussi des amoureux de la nature qui sont de simples marcheurs. L’atout principal de cette vallée est de rendre accessible à tous des paysages d’habitude réservés aux seuls montagnards.

La capitale régionale, Aoste, se situe au milieu de la vallée principale. Place forte stratégique au cœur des Alpes, la ville est bâtie sur l’antique Augusta Praetoria, fondée par les Romains en 25 avant J.C. Elle a su préserver et intégrer dans son urbanisme des vestiges romains exceptionnels qui constituent ses attraits majeurs. Ainsi, au fil de la déambulation dans les rues piétonnes, apparaissent des restes de remparts, une porte prétorienne monumentale, des tours, un théâtre romain, un forum… La cathédrale romane, richement décorée, mérite une visite, ainsi que l’ensemble Saint-Ours, dont la collégiale, le campanile, la crypte, le cloître et le prieuré illustrent bien l’architecture et l’art religieux du Moyen Age. On ne s’étonnera pas qu’en Italie, il y ait des églises à visiter. Mais la particularité du val d’Aoste, c’est de compter un nombre impressionnant de châteaux ! Son tumultueux passé féodal en est la raison, et la vallée est truffée de forteresses militaires, de tours, et de résidences seigneuriales fortifiées. Toutes ne se visitent pas, mais souvent juchées sur des éminences rocheuses, leur silhouette attire souvent l’œil et l’objectif.

ITALIE  -  Val d'AosteChâteau de Fénis
ITALIE – Val d’Aoste Château de Fénis

 

Courmayeur

La ville qui ferme la haute vallée d’Aoste, juste à la sortie du tunnel du Mont-Blanc, est Courmayeur. C’est une station alpine de luxe, fréquentée par la jet-set, qui vient y skier été comme hiver, grâce au magnifique domaine skiable du massif du Mont Blanc. C’est un plaisir de se promener via Roma, la principale rue commerçante, où se succèdent des boutiques chics de mode et des échoppes regorgeant de tous les bons produits valdotains (jambon de Bosses, lard d’Arnad, fromage Fontina…). En traversant la ville, on ne peut qu’admirer ses immenses chalets en bois, aux toits recouverts de lauzes, ces plaques d’ardoise gris-argenté qui donnent beaucoup de cachet aux chalets de la vallée. Sans doute pour tenter de faire concurrence avec le téléphérique de l’Aiguille du Midi, la vallée d’Aoste s’est dotée de son propre téléphérique, le Skyway, situé à Courmayeur. Ses cabines pivotantes entièrement vitrées amènent en quelques minutes sur une terrasse panoramique à 3466 m d’altitude, d’où l’on a une vue imprenable sur l’une des faces du Mont-Blanc. C’est magnifique, mais il faut reconnaître que le téléphérique de l’Aiguille du Midi amène plus haut (3842 m), et surplombe les glaciers de la vallée Blanche, ce qui est un spectacle grandiose.

 

Le val Veny et le val Ferret

De retour sur le plancher des vaches, vous pourrez explorer les deux petites vallées qui forment un « T » avec la vallée d’Aoste. Au fond du val Veny, vous devrez laisser votre véhicule au parking Freney, accolé à l’aire de pique-nique de Gabba. C’est un site très agréable, ombragé par des conifères, et un petit ruisseau serpente entre les tables en bois. De là, en une heure trente de marche, vous atteindrez les abords du lac du Miage. Un spectacle magnifique vous attend : vous êtes au pied d’un glacier, et par temps chaud, des pans entiers s’en détachent dans un grondement terrible, et vont fondre dans le lac. C’est pratique pour rafraîchir les bières !

ITALIE  -  Val d'AosteVal Veny Lac glaciaire du Miage
ITALIE – Val d’Aoste Val Veny Lac glaciaire du Miage

Le val Ferret est une vallée sauvage et bucolique qui suit un torrent aux eaux laiteuses et bondissantes. Allez jusqu’au bout de la route, à Arpnouva, et stationnez dès que vous trouverez une place au bord de la rivière. En 45 minutes de marche facile, vous serez au refuge Elena (2060 m). Depuis sa terrasse, vous pourrez déguster un cappuccino en contemplant un paysage majestueux de glaciers et de cascades.

 

La vallée du Grand Saint-Bernard

Axe de franchissement des Alpes connu depuis l’Antiquité (il reste d’ailleurs quelques vestiges de la route pavée romaine), cette vallée vous mènera d’Aoste au col du Grand Saint-Bernard, frontière entre l’Italie et la Suisse. D’innombrables lacets aux virages en épingle à cheveux permettent d’avaler un dénivelé de 2000 m ! En chemin, arrêtez-vous dans l’un des jolis villages qui jalonnent la montée, tel que Gignod, Etroubles ou Saint-Rhémy-en-Bosses, célèbre pour la production du jambon cru de Bosses. Passées les gorges profondes et boisées du bas de vallée, la dernière partie du trajet traverse un paysage ouvert de pentes herbeuses, de plus en plus pierreux et lunaire à mesure que l’on se rapproche du col. Il est vrai que plus grand chose ne pousse à 2500 m d’altitude… Au col, passez en Suisse et allez visiter l’hospice du Grand Saint-Bernard. Crée en 1050 par saint Bernard de Menthon, cet hospice avait pour fonction d’offrir l’hospitalité à ceux qui se risquaient à franchir ce col, voir même à les secourir pendant les huit mois de l’année où ce périlleux passage est sous la neige. Les religieux se faisaient aider de chiens, les fameux saint-bernard, qui étaient dressés pour découvrir les victimes des avalanches. L’hospice est tenu par des chanoines, et demeure un lieu d’accueil et de prière. Un chenil de saint-bernard est toujours là, plus pour le folklore que par besoin, ce qui justifie la quantité de produits dérivés à l’image de ce gros chien sympathique, que vendent les boutiques de souvenirs amassées au col. Ne manquez pas de visiter le musée, car il présente de belles collections de minéraux et d’archéologie, et retrace l’histoire passionnante de l’hospice, à l’aide d’objets anciens, de documents et de photos étonnantes.

 

Valpelline

En montant dans cette jolie vallée, faites un petit détour vers Ollomont pour visiter un immense saloir de fontine, où l’on apprend tout sur ce fromage d’alpage. Puis vous continuerez à remonter la vallée en suivant le torrent Buthier. A 1800 m, la route se heurte au barrage de Place Moulin, qui retient un lac artificiel. En laissant votre véhicule sur le parking au niveau supérieur du barrage, il y a une balade très facile à faire en longeant le lac : c’est presque plat, et le paysage est magnifique. En été, le rose des épilobes, associé au vert des conifères, se marient parfaitement avec le bleu azur du lac, dans lequel se reflètent les neiges éternelles. En une heure vous serez au refuge de Prarayer (2005 m), qui offre une vue splendide sur la vallée et sur les glaciers accrochés aux « plus de 4000 » fermant la vallée.

Valgrisenche

A partir de Leverogne, sur l’axe central de la vallée d’Aoste, s’ouvre une autre superbe vallée. La route s’enfonce dans une gorge étroite en suivant le cours d’une doire, et grimpe jusqu’à Valgrisenche, où il faut s’arrêter pour visiter la fabrique artisanale de vêtements et de draps en laine, où l’on voit fonctionner de vieux métiers à tisser. Un peu plus loin, la vallée est fermée par un grand barrage formant le lac de Beauregard, le bien nommé. Deux routes font le tour du lac, et celle de la rive droite (direction Bonne), en corniche, ménage de splendides paysages. Imaginez ce séduisant tableau : quelques vaches broutant dans une prairie d’alpage au milieu de laquelle coule un torrent alimenté par des cascades, un petit hameau avec sa chapelle en ruine, et en arrière-plan, des glaciers éblouissants…

Val de Rhêmes

A Introd, avant de partir à l’assaut du val de Rhêmes, rendez visite aux Amis du Bois, des artisans sculpteurs qui façonnent dans différentes essences de bois des jeux traditionnels, ainsi que la fameuse grolle, coupe en bois typique de l’artisanat valdotain. Comme ses voisines, cette vallée est magnifique, et l’on n’a que l’embarras du choix pour s’arrêter. A partir de Thumel, mille promenades s’offrent à vous, il suffit de suivre le torrent et de revenir à sa guise. Si vous êtes prêts à marcher deux heures, vous atteindrez le refuge Benevolo (2285 m) en passant devant deux majestueuses cascades, et en traversant des paysages très sauvages. Les marmottes sont aussi bien visibles du chemin !

Valsavarenche

En pénétrant dans cette vallée, vous entrerez au cœur du parc national de Gran Paradiso. Créée en 1922, c’est la plus ancienne et la plus prestigieuse aire protégée d’Italie, réputée pour la beauté de ses décors naturels, et pour ses chamois. Un centre de visite du parc est situé à Dégioz, il est conseillé d’y passer pour tout savoir sur la flore et la faune du parc, sur les excursions guidées, et sur l’architecture locale. A ce propos, ne manquez pas de faire un petit détour par Tignet, minuscule hameau constitué d’une vingtaine de chalets accrochés à un replat rocheux. La réhabilitation de ces chalets ruraux dont certains datent du XVe siècle, est exemplaire. C’est l’alliance parfaite, esthétique et fonctionnelle des trois matériaux naturels valdotains : la roche pour le socle, le mélèze, et la lauze sur le toit. Laissez votre véhicule à Pont. C’est le point de départ de nombreux sentiers balisés menant vers les sommets du massif de Gran Paradiso. Vous pourrez par exemple rejoindre le refuge Victor-Emmanuel II en deux heures de montée assez rude. A 2775 m, au pied des glaciers, vous jouirez d’un panorama exceptionnel sur le Gran Paradiso (4061 m), le sommet le plus élevé d’Italie.

ITALIE  -  Val d'AosteValsavarenche Toits en lauzes à Tignet
ITALIE – Val d’Aoste Valsavarenche Toits en lauzes à Tignet

Val de Cogne

A l’entrée de la vallée, ne manquez pas la pancarte indiquant le pont romain de Pondel. Cet impressionnant aqueduc construit dans un défilé rocheux, 56 m au-dessus d’un torrent tumultueux, est très impressionnant. A Cogne, la route se sépare en deux. Que vous alliez à gauche vers Lillaz ou à droite dans le Valnontey, vous trouverez au bout un parking, et les deux options permettent de faire de très belles balades au sein du parc de Gran Paradiso. La plus facile consiste à marcher dix minutes pour aller au pied des cascades de Lillaz, cadre enchanteur pour un pique-nique rafraîchissant. L’excursion qui mène de Valnontey au refuge Victor Sella est la plus connue et la plus fréquentée du parc. Certes, c’est une randonnée de 5 h (A/R), mais l’effort est largement récompensé par la beauté du parcours. Ceux qui ne désirent pas aller jusqu’au bout pourront s’arrêter au départ du sentier, dans un superbe jardin botanique, Paradisia, où l’essentiel de la flore alpine est présentée dans ses milieux naturels. Le sentier suit tout du long le torrent du Gran Loson, qu’il franchit souvent en donnant autant d’occasions de se reposer et de se rafraîchir. Après les forêts de mélèzes et d’épicéas, vous serpenterez dans des prairies alpines où sifflent les marmottes. Les derniers lacets laissent apparaître les glaciers, sur lesquels se détachent les silhouettes ramassées de cabanes de berger en pierre. Au refuge, ne redescendez pas tout de suite. Si vous marchez encore vingt minutes en direction du fond de la vallée glaciaire, très sauvage, vous serez à peu près sûrs de voir des chamois ! Mais pour avoir plus de chances de voir des bouquetins, il faut monter tôt le matin ou redescendre en fin d’après-midi, après le gros des promeneurs…

Valtournenche

Prévoyez plusieurs jours à Valtournenche, tant cette vallée présente d’attraits. Arrêtez-vous au premier village rencontré, Antey-Saint-André, pour s’approvisionner au marché des produits locaux (charcuterie, beurre, fontine…). Puis, avec votre panier bien garni, vous pourrez aller pique-niquer à Chamois, la plus haute commune du val d’Aoste, perchée à 1800 m, qui n’est accessible qu’à pieds ou en téléphérique ! C’est un bonheur de se promener dans ce village aux beaux chalets en bois, sans entendre ni sentir le moindre moteur à explosion. On perçoit juste le cliquetis régulier du petit télésiège qui mène au lac de Lod, parfait pour se reposer au pied d’un sapin en écoutant le silence cristallin des montagnes. Cheneil est un autre village isolé, encore plus haut (2100 m) et plus tranquille. On y accède après une rude mais courte montée en escalier. Une poignée de chalets en mélèze accueillent les amateurs de calme et de nature sauvage. Les chamois ne s’y trompent pas, qui ont élu domicile dans ce verrou glaciaire peu fréquenté. Ambiance bien différente à Breuil-Cervinia, le village situé à l’extrémité de la vallée. Cette station de ski réputée, s’étalant au pied du Mont Cervin (4478 m), attire une foule cosmopolite d’alpinistes, de sportifs de tout poil, de familles et de nouveaux riches (attirés par le golf, les discothèques et le ski d’été), qui remplissent le soir venu cafés et restaurants. Un peu avant l’entrée de la station, le lac Bleu est une vraie boîte à bijoux : le matin c’est un diamant qui brille des mille feux lancés par le glacier du Cervin, durant la journée c’est un lapis-lazuli qui reflète le ciel ou une émeraude sertie dans son écrin de verdure, et il devient rubis au coucher du soleil… Vous pourrez vous approchez du mythique Cervin grâce aux téléphériques qui mènent en plusieurs tronçons au plateau Rosa, où se pratique le ski d’été (à 3500 m d’altitude). Marcher ou skier sur un glacier en tee-shirt, c’est génial !

Val d’Ayas et val de Greyssoney

Bien que le val d’Ayas commence à Verrès, on peut aussi y accéder par Saint-Vincent en passant par le col de Joux. Le paysage est superbe, surtout au col qui offre une vue plongeante sur toute la vallée d’Aoste. Les promenades sont innombrables au val d’Ayas et dans la vallée voisine de Greyssoney, qui offrent toutes deux des vues splendides sur les sommets et les glaciers du Mont Rosa, même en bas de vallée. A Ayas, prendre la route qui s’élève à flanc de montagne en passant par une succession de jolis villages, tel Bisous ou Antagnod. Dans ce dernier, jetez un coup d’œil à l’église au chœur baroque, puis allez jusqu’au petit parking de Barmasc. De là, vous accèderez à une balade facile et bucolique consistant à suivre un ru, le Cortot. En lisière de forêt, il ménage de belles vues sur les prairies, toujours coiffées des sommets enneigés du Mont Rose. A Champoluc, laissez votre véhicule au parking et montez à Crest en téléphérique. De là, suivez le chemin muletier qui mène à Cuneaz, l’un des villages les plus élevés d’Europe (2032 m). Ce village isolé, mais habité toute l’année,  a beaucoup de charme. Certains de ses rascards, robustes chalets en mélèze aux énormes poutres imbriquées, posés sur des « champignons » (pied en bois, tête en pierre) qui isolent le grenier des rongeurs, ont été construits à l’époque médiévale !

ITALIE  -  Val d'AosteVal d'Ayas Hameau de Cuneaz
ITALIE – Val d’Aoste Val d’Ayas Hameau de Cuneaz

La dernière vallée importante, le val de Greyssoney, a une particularité. En effet, une population d’origine germanique, les Walser, s’y est installé au XIIIe siècle, apportant leur culture qu’on retrouve encore dans l’architecture des maisons et dans le dialecte proche de l’allemand. Si vous avez parcouru toutes les autres, celle-ci n’est pas indispensable.

Une vallée bien fortifiée

Erigés sur les promontoires des bords de la Doire Baltée, plus de cent châteaux veillent sur la vallée d’Aoste comme des sentinelles. Ils témoignent d’une vie féodale riche et intense, et leurs silhouettes, se découpant sur les cimes enneigées, font partie intégrante du paysage valdotain. Parmi ceux qui sont ouverts au public, voici les « incontournables » :

Le château de Fénis : extraordinaire château-fort du XIIe, remanié plusieurs fois. Sa double enceinte de murs à créneaux et ses nombreuses tours lui donnent fière allure ! Superbe cour entourée de galeries en bois et décorée de fresques.

Le château d’Issogne : il ne paie pas de mine vu de l’extérieur, mais sa visite est passionnante. A l’entrée, un portail gothique donne sur une cour, dont les arcades sont décorées avec des fresques représentant des scènes de la vie quotidienne au XVe siècle.

Le château de Sarre : cette forteresse du XIIIe siècle, mainte fois remaniée, fut achetée en 1869 par le roi Emmanuel II pour en faire une confortable résidence de chasse. C’est donc un palais magnifiquement décoré et meublé qu’on visite, dont la galerie et le salon des Trophées sont ornés de centaines de cornes de bouquetins et de chamois.

 

La gastronomie valdotaine

On ne s’étonnera pas que les produits typiques du Val d’Aoste soient des produits de montagne. Côté fromages, il y a la célèbre fontine, la tome et aussi le salignon, à la saveur plus piquante. En charcuterie, citons le jambon de Bosses, la mocetta (saucisson de chamois et de bœuf), et le lard d’Arnad, tout blanc, servi en très fines tranches. Le miel est réputé, surtout celui de rhododendron. Parmi les spécialités culinaires, goûtez à la polenta à la fontine, et à la carbonade, un ragoût de viande cuit au vin. La région produit d’excellents vins, issus des vignes parmi les plus hautes d’Europe, tels que le Blanc de Morgex et de La Salle, le Fumin (rouge) ou le Nus Malvoisie Flétry (vin de dessert).

Pratique

Cartes : A se procurer absolument les trois cartes Kompass au 1 :50 000 (N° 85, 86 et 87), sur lesquelles sont aussi tracés les sentiers de randonnée.

Circuit : Pour avoir le temps de visiter toutes les vallées, il faut compter au moins trois semaines, en comptant les randonnées. Les distances ne sont pas grandes : la vallée principale fait environ 80 km, et les vallées adjacentes sont comprises entre 20 et 30 km.

Se renseigner :  Tourisme Vallée dAoste

En Ecosse, sur la route du whisky

La région des Grampian Highlands concentre plus de la moitié des distilleries de whisky du pays. En faisant un petit détour par la charmante Islay, voici un itinéraire traversant de fabuleux paysages, qui vous permettra de voir les principales distilleries et châteaux d’Ecosse. 

ECOSSESignalisation de la route du whisky
ECOSSE Signalisation de la route du whisky

Que vous ayez décidé de venir par la route en traversant l’Angleterre, ou en ayant pris l’avion, vous passerez forcément par Edimbourg ou Glasgow. Ne choisissez pas, visitez les deux ! Glasgow est la capitale britannique de l’architecture et du design. Après avoir visité les musées, la vie nocturne est trépidante, car la ville regorge de bars élégants, de clubs animés et possède l’une des meilleures scènes de musique « live » du Royaume-Uni ! Edimbourg est aussi incontournable pour son château dominant la ville, pour son Palais Royal abritant les joyaux de la Couronne écossaise, et pour le charme du Royal Mile, la plus ancienne rue d’Edimbourg, bordée de pubs traditionnels, de boutiques et d’édifices historiques, et environnée d’un dédale de ruelles et de passages médiévaux.

Au nord de Perth, arrêtez-vous au Scone Palace, un élégant manoir du XIXème s., qui a succédé au Palais initial du XIIème s. Chaque pièce y est un régal de luxe et d’apparat, avec des objets d’art décoratif raffinés tels que porcelaines ou ivoires, du mobilier français signé du 18ème siècle, et des œuvres d’art dont certaines appartenaient aux Rois de France ou aux tsars de Russie. S’il était hanté, ce serait par des fantômes royaux, car la plupart des rois d’Ecosse se firent couronner au Scone Palace. A l’extérieur, on peut se promener dans un immense parc au gazon impeccable, planté d’essences rares, de conifères et de rhododendrons, en compagnie des paons qui y vivent en liberté. En poursuivant vers le nord, la verte campagne cède progressivement la place aux montagnes pelées de Grampian, puis aux paysages austères de la vallée glaciaire de Glen Clunie. Puis le végétal reprend le dessus sur le minéral à Braemar, dans la bucolique vallée de la Dee, choisie par le prince Albert pour construire Balmoral Castle, la résidence estivale royale. Quand la Cour est absente, les jardins et une salle du château se visitent. Mais pourquoi ne pas commencer l’initiation au whisky par la distillerie voisine de Royal Lochnagar ? Il est plus sage, après la dégustation de ses différents millésimes, de passer la nuit sur place, à Ballater.

La lumière rasante du matin est idéale pour parcourir la route qui va de Ballater à Tomintoul. C’est en effet une ambiance de début du monde qui règne dans ces collines pelées, vêtues seulement de la coulée mauve des champs de bruyère, et des fleurs blanches ambulantes des moutons. Au détour d’un virage, l’apparition du château de Corgarff est insolite. Seul avec un arbre, dans ce désert humain, il enserre sa solitude dans un rempart en étoile, laissant croire qu’il est tombé du ciel. A Tomintoul, ne manquez pas le Whisky Castle, boutique située dans la rue principale, qui vend plus de 400 whiskies différents, depuis un Bowmore de 40 ans d’âge à 4000 £, à la plus petite bouteille de whisky au monde, de 4 cm de haut, à 90 pences ! Gordon Currie, le maître des lieux, orientera votre choix et vous fera déguster ses single malts préférés. Puis, suivez les pancartes de la route du Whisky (Malt Whisky Trail), circuit en boucle qui passe par sept distilleries. La région de Speyside en contient beaucoup plus, mais elles ne sont pas toutes ouvertes au public. Parmi celles qui ont des visites guidées en français, il y a bien sûr Glenfiddish, mais comme c’est la plus visitée et la plus grande, elle fait un peu « usine ». Plus authentique, ne manquez pas Cardhu, ni Strathisla, pour la beauté du site et la qualité de l’accueil. Passez la nuit dans un B&B de Dufftown, avec thé et petits gâteaux devant un bon feu de tourbe, ou dans un hôtel de Craigellachie.

Pour rester à jeun jusqu’à une heure raisonnable, arrêtez-vous le matin à la Speyside Cooperage, étonnante usine qui recycle des tonneaux ayant contenu du cherry ou du bourbon, pour en faire des tonneaux de whisky. En effet, ce n’est qu’après avoir vieilli plusieurs années dans ces fûts, que l’alcool, incolore à la sortie de l’alambic, prend sa belle couleur d’ambre. En sortant, n’ayez crainte d’approcher les vaches highlander aux longs poils roux broutant dans le pré voisin, car elles sont aussi placides que leurs cornes sont impressionnantes. Puis, avant d’arriver à Archiestown, passez par Macallan. Cette distillerie n’est pas sur le Whisky Trail, mais elle vaut le détour. D’abord parce que la visite est originale, et puis parce que le Macallan est considéré par les connaisseurs comme l’un des meilleurs d’Ecosse ! Autre distillerie coup de coeur, Glendronach, à Forgue. L’une des plus anciennes distilleries d’Ecosse baigne dans son jus, ici tout est empreint de tradition, et on ne change pas une recette qui gagne puisque ses single malts récoltent les louanges des vrais amateurs de whisky. Plusieurs visites possibles en fonction de ce que l’on déguster. Préférez le premium tasting tour, car cela inclut un 21 ans d’âge, ainsi que la dégustation de single malts millésimés exceptionnels que l’on ne trouve qu’à la distillerie ! La visite d’autres distilleries ne vous apprendra plus rien, mais si vous êtes tentés, en apercevant un toit en forme de pagode, de vous arrêter pour prendre un dram (verre de dégustation), méfiance, si vous conduisez : un dram, au pluriel, ça fait un drame… Allez plutôt faire un tour vers Knockando, sur les bords de la rivière Spey. Si la pureté de son eau a attiré tant de distilleries, elle doit être très poissonneuse ! Une berge bien entretenue de la rivière forme un cadre idyllique pour pique-niquer, dans l’air frais zébré par le geste ample et précis des pêcheurs à la mouche. Pour rejoindre Grantown-on-Spey, prenez la B9102, petite route moins rapide que l’A95, mais qui offre de beaux panoramas sur la vallée de la Spey. Passez la nuit dans un B&B d’Aviemore, point de départ de nombreuses randonnées pédestres dans les landes de bruyère des Cairngorm mountains.

Inverness et son loch

Cap à l’Ouest pour rejoindre Inverness, autoproclamée capitale des Highlands. La ville, très touristique, n’a pas grand intérêt, à part son château, mais il faut y passer pour prendre la route qui longe le fameux Loch Ness. Si vous voulez en savoir plus sur « Nessie », rendez-vous au Loch Ness Center and Exhibition. Tout en laissant volontairement planer le mystère (ce serait ballot de tuer le monstre aux oeufs d’or), cet écomusée ludique vous montrera bien que la plus grosse créature qui vit dans les eaux froides et profondes de ce lac, c’est le saumon…  A 2 km de là, le château d’Urquhart stimule beaucoup plus l’imagination ! Une tour en ruine, des pans de mur centenaires, le tout surplombant le lac brumeux, entouré de forêts profondes… C’est l’image d’Epinal de l’Ecosse moyenâgeuse qui fait fantasmer !

A partir de là, deux options sont possibles : soit revenir vers Edimbourg, soit revenir vers Glasgow en passant par Islay.

Option retour Edimbourg

Rejoignez Laggan par l’A86, puis Pitlochry par l’A9. Arrêt de rigueur au Blair Castle, devant la façade blanche duquel un homme en kilt joue imperturbablement de la cornemuse… Puis, passez par Aberfeldy pour aller à Crieff. Là, vous ferez un déjeuner traditionnel écossais, avec tarte ou glace au whisky, à Glenturret, la plus ancienne distillerie d’Ecosse, avant de faire une promenade digestive et romantique dans les splendides jardins victoriens du Drummond Castle. Vous ne serez plus très loin de Stirling, une des rares villes d’Ecosse à conserver son aspect médiéval, dominée par un château du 16ème siècle, dont la visite est passionnante. Encore une trentaine de km, et voici Edimbourg !

Option retour Glasgow

Cette option vous permettra d’aller faire un tour dans les Islays, ces îles tourbées et iodées qui donnent une autre image de l’Ecosse, plus tournée vers la mer. Depuis le loch Ness, il faut passer par Glencoe, Oban et Ardrishaig pour prendre un ferry à Kennacraig. Vous débarquerez à Islay, qui est une île calme et authentique, qui tire son charme de ses petits ports et villages de pêcheurs, de ses champs de tourbe, et de ses pubs croquignolets, proposant de succulents fish & chips. Ici aussi, le whisky est omniprésent, puisqu’on y trouve pas moins de 8 distilleries dont la plupart font parmi des plus réputées d’Ecosse (Lagavulin, Laphroaig, Ardbeg, Bowmore et Caol Ila) ! De retour à Kennacraig, Glasgow est  à 160 km, c’est-à-dire 2h30 de transport, si vous ne vous arrêtez pas aux autres distilleries croisées en route !

La route des châteaux

Croisant la route du whisky à plusieurs endroits, la route des châteaux est aussi un circuit fléché (panneaux bleu et blanc) permettant de voir et visiter certains des plus étonnants châteaux d’Ecosse. On a aimé Craigievar Castle, exemple typique du style baronnial écossais du XVIIème siècle, dont la haute silhouette en grès rose, flanquée de tourelles à chaque angle, s’élève au-dessus des grands arbres de son parc ; les ruines de Kildrummy Castle, chef-d’oeuvre d’architecture militaire féodale ; le majestueux Corgarff entouré de montagnes, le château hanté de Tolquhon (prononcer « touhoun »)… Coup de coeur pour Dunnotar Castle, près d’Aberdeen. Surplombant la mer, située sur un promontoire détaché de la falaise et séparé de la côte par un profond ravin, cette forteresse du XIIIème s. est très impressionnante, c’est pourquoi Zeffirelli l’a choisi pour le tournage de son film « Hamlet ». Elle aurait aussi convenu pour Game of Thrones !

ECOSSEDunnotar castle
ECOSSE Dunnotar castle

Vous avez dit whisky ?

Au pays du whisky, il faut connaître la différence entre :

  • a grain whisky : un alcool bas de gamme fait à partir de maïs.
  • a malt whisky : whisky fait à base d’orge. Il est appelé single malt s’il provient d’une seule distillerie, single cask s’il provient d’un seul tonneau, et pure malt s’il est obtenu à partir d’un assemblage de plusieurs single malt.
  • a blended whisky : whisky obtenu par assemblage de malt whisky et de grain whisky. S’il est deluxe, il contient au moins 40 % de malt whisky.

Les meilleurs whiskies sont les single malt, mais ce sont aussi les plus chers. Retenez le nom de celui qui vous plaît, vous le trouverez au même prix, sinon moins cher, en France !

 

Coups de coeur

  • Glen Lui Hotel, à Ballater : dans un écrin de verdure, à deux pas d’un golf, son excellent restaurant offre une superbe carte des vins. Beau bar à whisky.
  • Craigellachie Hotel : luxueux établissement, le préféré des amateurs de whisky, dont le « Quaich Bar », alignant plus de 900 single malts du monde entier, vous permettra de peaufiner vos connaissances…
  • Highland Hotel, à Stirling : manoir Victorien restauré qui a beaucoup de charme, tout proche du château.

Balades à Tenerife

La plus grande des sept îles de l’archipel des Canaries est aussi la plus variée en terme de paysages et d’activités proposées. A vélo, à pieds ou en voiture, on apprécie ses villages de montagne authentiques, ses paysages lunaires autour du Teide (3717 m), et ses plages de sable noir ou blond. 

 

A priori, quand on va aux Canaries, c’est pour trouver des plages et du soleil. Après tout, le sable et l’astre solaire ne sont-ils pas jaune canari ? Pour le soleil, l’île de l’éternel printemps ne dément pas sa réputation, et l’on est assuré d’y jouir d’un climat doux toute l’année. Quant aux plages, Tenerife n’est pas la mieux lotie des îles Canaries, son origine volcanique ayant dessiné des côtes rocheuses et tapissé ses plages de sable noir. Après tout, pourquoi pas, il est tout aussi fin, et permet de faire de beaux châteaux… en Espagne ! Et puis la mer, elle, est d’une limpidité cristalline. Cependant, l’urbanisation des gigantesques stations balnéaires du sud de l’île, Las Americas et Los Christianos, est loin d’être une réussite. Nées d’une éruption immobilière, elles ne cessent de répandre leur coulée de béton sur des kilomètres de côte sauvage. Alors qu’il existe d’autres sites moins fréquentés et plus respectueux de l’environnement, comme Almaciga au nord, ou Candelaria, à l’ouest. Santa Cruz, la capitale du nord de l’île, a choisi d’importer des dunes entières du Sahara pour créer dans la baie de San Andrés une plage de sable fin et doré ! Cependant, la plage artificielle de las Teresitas est charmante avec ses palmiers et ses barques colorées dansant sur les flots bleus… L’idéal si vous voulez fuir l’ambiance très « sea, sex and sun » du sud de l’île. Ici, vous fréquenterez plutôt les Tenerifiens de la capitale, venant se baigner pendant la pause déjeuner, et croquant des beignets de poisson frais dans un bar de San Andrés. Mais trop bruyante et encombrée, Santa Cruz n’est pas un lieu de séjour recommandé.

 

Le Teide, plus haut sommet d’Espagne

Après avoir visité le Musée Archéologique, qui détient une très intéressante collection de vestiges guanches, les premiers habitants préhispaniques de l’île, filez (il y a de bonnes autoroutes) vers Puerto de la Cruz. C’est la base idéale pour partir à la découverte des trésors culturels et naturels de Tenerife. La ville en elle-même est agréable, et l’on apprécie de pouvoir se promener dans le jardin tropical du bord de mer, Playa Jardin, avant d’aller déguster un poisson grillé dans l’ancien quartier de pêcheurs. Mais l’attraction majeure est le Loro Parque, parc zoologique détenant la plus grande collection de perroquets au monde. On y observe des jaguars, des gorilles, des requins, et on applaudit le show des lions de mer et des dauphins. On y passerait la journée !

A tout seigneur, tout honneur, la première excursion sera celle qui vous mènera vers le volcan, le Teide, dont le pic, culminant à 3717 mètres, est le plus haut sommet d’Espagne. En passant par la forêt de pins de la Esperanza, située sur une ligne de crête, vous verrez les deux versants de l’île, l’un au nord verdoyant, l’autre au sud aride. Soudain, au détour d’un virage, il apparaît, orné de sa collerette neigeuse, découpant sa silhouette majestueuse sur l’azur. A mesure qu’on l’approche, la végétation fait place à une plaine minérale irriguée par des torrents de lave figée, d’où émergent des rochers basaltiques torturés, et où affleurent des veines d’obsidiennes et des champs de pierre ponce. Inutile de marcher, un funiculaire monte presque au sommet du volcan. Là, tout près du cratère exhalant son haleine sulfureuse, la vue est splendide sur Tenerife, et porte même jusque sur les autres îles de l’archipel !

 

Un dragonnier millénaire

Ce qui justifie le déplacement à Icod de los Vinos, ce ne sont pas ses vins, pourtant fort bons, mais son dragonnier. Cet arbre étonnant, supposé millénaire, est peut-être le plus photographié au monde, car il a eu la chance de pousser au milieu d’une carte postale : au premier plan, une jolie maison blanche au balcon de bois sculpté, autour, des vignobles et des bananeraies, et au fond, le Teide ! Un peu plus loin, Garachico est un port dévasté naguère par une coulée de lave. En se solidifiant dans la mer, la lave a formé des poches que la ville a aménagées en piscines naturelles, sûres et gratuites ! Il faut aussi grimper jusqu’à Masca, petit village perché dans la montagne, ne serait ce que pour goûter, « Chez Arlette », au menu traditionnel dont la crème de banane est un pur régal. Quel contraste entre l’austérité de ces paysages abrupts, et la gaieté des petites maisons blanches mouchetées de pierres volcanique, noyées dans une oasis de verdure ! Tenerife recèle bien d’autres merveilles : Los Gigantes, hautes falaises tombant à pic dans l’Atlantique ; la forêt primitive de lauriers sauvages de Las Mercedes ; le Ravin de l’Enfer, dont les cascades éclaboussent les fougères géantes… Sans oublier La Orotava, dont le centre historique, classé monument national dans sa totalité, regorge de demeures seigneuriales aux balcons de bois de pin canarien et aux patios débordant d’une végétation tropicale.

Ah, encore un détail qui fait rêver : ces Guanches, à l’origine mystérieuse, étaient peut-être les survivants du continent englouti dont parlait Platon. Dans ce cas, vous ne fouleriez rien d’autre que la terre immergée de la mythique Atlantide !

Pratique

Plusieurs compagnies low-cost (Easyjet, Ryanair, Vueling, Air Europa…) permettent de trouver des billets pas chers Paris/Tenerife, à partir de 70 € A/R.

A savoir :

  • Carnaval de Santa Cruz de Tenerife, du 12 au 18 février 2018 : il rivalise avec celui de Rio !
  • Les Canaries ont le statut de zone franche : c’est bon pour le shopping…

Office du Tourisme Espagnol : http://www.spain.info/fr/

Rando dans les Rhodopes

La campagne bulgare, très rurale et attachée à ses traditions, se prête bien à la découverte à pieds, d’autant plus que la population se montre très accueillante et volontiers francophile… Partons en randonnée dans le massif des Rhodopes, à travers vallons fleuris, forêts grandioses et gorges sauvages, tout en s’arrêtant dans ses nombreux monastères.

BULGARIEDans les Rhodopes, réserve naturelle de Cherven
BULGARIE Dans les Rhodopes, réserve naturelle de Cherven

Mis à part les yoghourts et les fameuses voix bulgares, que connaissons-nous de la Bulgarie ? Pas grand-chose. Et pourtant, ce modeste pays de l’Est, enchâssé dans la péninsule balkanique entre la Roumanie, la Yougoslavie, la Grèce et la Turquie, a des atouts touristiques à faire valoir. Des massifs montagneux sauvages, de sublimes monastères orthodoxes, des villes historiques témoignant du passage des civilisations qui s’y sont succédé (thrace, slave, byzantine, turque…), et une population très hospitalière qui a comme proverbe : « Ne nous appartient que ce que nous offrons aux autres ». Et Sofia, la capitale, n’est qu’à trois heures d’avion de Paris ! Comme les panneaux indicateurs sont plutôt rares, et lorsqu’il y en a, tout est écrit en alphabet cyrillique, il est préférable de faire appel à un guide local, ou à un voyagiste spécialisé dans la randonnée. Les meilleurs circuits combinent la visite des principaux sites culturels, avec des randonnées dans les magnifiques réserves naturelles de ses massifs montagneux. Laissons Sofia pour partir en direction de Stara Planina (la Montagne des Balkans). Là, au cœur de collines boisées, se niche le monastère de Troyan. La Bulgarie compte une centaine de monastères, dont certains sont habités par des moines ou des religieuses. Tous sont préservés et entretenus comme des monuments du patrimoine national, car ce sont de merveilleux musées évoquant au travers d’œuvres d’art (fresques, icônes, objets d’orfèvrerie, manuscrits…) le passé mouvementé du pays. De plus, pendant les quatre siècles que dura l’occupation turque, le monastère était le dernier refuge de la langue et des traditions bulgares. C’est dire s’ils sont vénérés aujourd’hui ! L’église du monastère de Troyan, fondé en 1600, a ses murs recouverts de fresques polychromes, qu’on admire comme on le ferait de tableaux dans un musée. A l’intérieur, dans une pénombre et une fraîcheur de cave, où flottent des vapeurs d’encens, l’iconostase (cloison séparant la nef du sanctuaire) contient de superbes icônes, dont celle – dit-on – miraculeuse de la Vierge à trois mains. Il est touchant et émouvant de voir des fidèles la toucher et l’embrasser avec dévotion, tandis que résonne la voix grave et monocorde d’un moine à longue barbe psalmodiant les textes sacrés. La région étant réputée pour ses céramiques, vous vous arrêterez dans la ville voisine d’Orechak à l’exposition ethnographique des Arts et Métiers, qui donne à admirer, et à acheter, les œuvres de maîtres céramistes, mais aussi d’autres objets d’artisanat (tapis de laine de chèvre, couteaux en corne, bois ou ivoire sculpté, instruments de musiques, icônes…) d’une grande qualité et d’un prix raisonnable. Bien moins chers en tout cas que ce que vous trouverez dans une grande ville.

 

Des Lolita et des Skoda

Dès qu’on aperçoit la forteresse de Tsaravetz, perchée sur une colline au-dessus de la rivière Yantra, on devine qu’on pénètre dans une ville historique. En effet, Veliko Turnovo était la capitale médiévale de la Bulgarie, défendue par sa citadelle imprenable, qui conserve toujours ses épaisses murailles crénelées. Mais la ville s’est développée sur une autre colline, où il est amusant de constater que l’âge des voitures augmente avec l’altitude : le bas de la colline est cerclé de larges avenues empruntées par des voitures récentes, où l’on trouve des boutiques à la mode, des bars et des restaurants, et un centre commercial ; un peu plus haut, c’est le domaine du petit commerce, épiceries, ateliers artisanaux, devant lesquels stationnent des Lada et des Skoda en assez bon état ; encore plus haut, on trouve un village assoupi, aux petites maisons toutes rafistolées, aux ruelles mal pavées envahies d’herbe, où croupissent des Moskvich (voiture locale) hors d’âge… C’est finalement ce dernier étage qui a le plus de charme ! Même phénomène à Plovdiv, l’autre ville-musée de Bulgarie. Des fouilles archéologiques ont montré qu’elle était habitée depuis 6000 ans, et chaque civilisation y a laissé son empreinte : les Romains un magnifique amphithéâtre, les Ottomans la mosquée Joumaïa, les byzantins de très belles églises orthodoxes. Aux 18 et 19ème siècle, de riches commerçants slaves construisent sur une colline de belles demeures qui ont valu à Plovdiv d’être inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco. C’est évidemment dans cette vieille ville qu’il faut flâner pour admirer de belles maisons à encorbellement, aux façades peintes en trompe-l’œil. Certaines se visitent en tant que musée, ou galerie d’art, ou parce qu’on le demande… Ce quartier regorge de boutiques d’artisanat, de bars et de restaurants très sympathiques, où il est agréable de prendre un verre sous une treille de vigne ou un arbre centenaire. Car il fait très chaud, à Plovdiv. Est-ce pour cela que les jeunes filles sont si court vêtues ? Sans doute, mais c’est aussi l’une des conséquences de l’ouverture de la Bulgarie aux modes et aux mœurs occidentales. Vitrine de ce changement, la longue rue piétonne Alexandrovska, avec ses magasins de « marques » et ses fast-foods, que ces Lolita arpentent de long en large en talons aiguilles, négligeant les gros pavés du quartier historique.

 

Nazdravé !

Quittons l’animation de Plovdiv et la plaine agricole de Thrace, où coule la Maritza (mais oui, la Maritza chantée par Sylvie Vartan, qui est originaire de Bulgarie), pour monter dans le massif montagneux des Rhodopes, connu pour être le berceau du mythe d’Orphée. Faire une randonnée dans ces montagnes n’a rien d’une descente aux enfers, au contraire, c’est une ascension au paradis, tellement la nature y est exubérante, intacte, bref idyllique. Une superbe balade consiste à partir du monastère de Bachkovo, l’un des plus anciens et des plus beaux du pays, pour monter dans la réserve naturelle de Tcherven jusqu’à un petit village de montagne. Le sentier suit le lit d’une rivière dans un vallon boisé, surplombe une vallée couverte de hauts sapins, et traverse de belles combes herbeuses piquetées d’une myriade de fleurs, depuis la mauve bruyère jusqu’à la fragile orchidée… On comprend qu’Orphée avait du mal à ne pas se retourner, dans de si beaux paysages ! Bien d’autres randonnées vous attendent dans les nombreux parcs nationaux du pays, dont le tiers du territoire est couvert de forêts de résineux et de feuillus. Sans doute ne verrez-vous pas d’ours ni de loup, mais votre guide peut vous en montrer les empreintes, ou à défaut, les aigles et les vautours qui planent dans le ciel. Le guide s’avère particulièrement utile lorsque le balisage est défectueux, et pour attester de la solidité des échelles en bois et des ponts suspendus qui traversent les rivières et les canyons. De plus, vous pourrez ainsi communiquer avec les rares personnes rencontrées en chemin, et dans les villages de chaque étape. Dans les Rhodopes, il convoquera certainement, à la veillée, un joueur de gaïta, le biniou local. Celui-ci accompagne les vieux chants populaires, mélancoliques et patriotiques, repris en chœur et avec cœur par tous les montagnards présents, qui lèvent leurs verres en ponctuant chaque morceau d’un sonore « nazdravé » (santé) ! Ces chants sont si poignants que l’un d’eux a été sélectionné, comme échantillon de musique de notre monde, et lancé dans l’espace avec la sonde Voyager 2 !

Les bons marcheurs se rapprocheront aussi de l’espace en gravissant le mont Vihren (2914 m), le point culminant du massif du Pirin, où ils trouveront sûrement de la neige, et des edelweiss. Moins éprouvantes, des promenades partent de Bansko, station de sports d’hiver en pleine expansion, et mènent à de merveilleux lacs tout bleus, lapis lazulis sertis dans un écrin de pins macédoniens et de sapins argentés. Enfin, avant de revenir vers Sofia, vous visiterez le monastère de Rila, le plus grand de Bulgarie, foisonnant de fresques, et dont l’iconostase sculptée dans du bois de noyer et recouvert d’une fine pellicule d’or, est admirable.

Pratique

Y aller : avec Air France, Bulgaria Air ou Wizz Air (de Beauvais). Environ 2h50 de vol.

Forfaits : Allibert propose plusieurs circuits en Bulgarie, alliant la marche et la découverte culturelle. « La Route des Monastères », circuit de 15 jours, de niveau facile, permet de randonner dans les plus belles réserves naturelles du pays, tout en visitant les principaux sites historiques.  http://www.allibert-trekking.com

D’autres voyagistes programment la Bulgarie : Terres d’Aventure, Nomade Aventure, Nouvelles Frontières…

Gastronomie : Cuisine variée subissant l’influence grecque, turque et russe. Vous goûterez en entrée au tarator, soupe fraîche de yaourt, concombre, aneth, ail et noix pilées, puis vous vous régalerez de poivrons farcis, de kebabcheta (brochettes grillées), ou de banitsa (feuilleté au fromage blanc), avant de terminer par un baklava (dessert au miel et à la pâte d’amande), ou par un véritable yaourt bulgare, fabriqué à partir de lait de bufflonne !

Se renseigner : http://www.bulgaria-france.net/tourisme