Irrésistible Cuba

Le mojito, le cigare, la langouste, les vieilles voitures américaines et les plages de rêve ? Oui, c’est ça Cuba, mais pas seulement. Cette grande île caribéenne séduit aussi par son architecture coloniale et par la gentillesse des Cubains, pour qui l’hospitalité c’est comme la salsa : une seconde nature !

CUBA Jolie cubaine

La Havane

A l’occasion de son 500ème anniversaire, La Havane s’est refait une beauté en restaurant certains bâtiments historiques de la vieille ville, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco. Les peintures fraîches aux couleurs pastels des maisons coloniales s’accordent avec celles, plus flashy, des opulentes voitures américaines des années 50. Louez l’une de ces décapotables avec chauffeur pour faire un tour de la ville. Ces plantureuses limousines mille fois rafistolées empruntent les belles et larges avenues en ouvrant une faille spatio-temporelle (et pas avec une DeLorean mais avec une Cadillac ou une Chevrolet !) qui fait entrevoir le temps où La Havane était une ville cossue, symbolisant le rêve américain… Mais si l’on s’éloigne dans les ruelles adjacentes, on découvre une réalité moins flatteuse, avec des immeubles en ruine et une population très pauvre. Pas de problème pour entrer dans les magasins d’Etat aux trois-quarts vides, ni pour circuler entre les étals chargés de fruits et légumes des petits marchés, car on se sent en sécurité, et les Cubains font tout leur possible pour être agréables si vous leur adressez la parole. Notamment pour guider vos pas vers les bonnes adresses… A ce propos, pour boire un verre, évitez les bars du Floridita ou de la Bodeguita del Medio, surtout en pleine journée : ils sont cités dans tous les guides, et leur sur-fréquentation gâche tout le plaisir que l’on peut avoir à siroter un daïquiri ou un mojito en écoutant de la musique cubaine. Préférez le bar du Nacional, un hôtel mythique qui a accueilli tous les personnages célèbres passés par La Havane depuis les années 30, ou bien celui sous arcades d’El Patio, sur la place de la cathédrale, ou bien n’importe quel petit bar avec des musiciens ! Faites une promenade sur le Malecon, le boulevard maritime où la population aime se retrouver pour pêcher ou flâner. Là encore, si vous discutez avec les Cubains, ils vous conseilleront de délaisser le cabaret Tropicana (un spectacle flamboyant style Las Vegas) pour celui plus authentique du Copa Room (anciennement Palacio de la Salsa) dans l’hôtel Habana Riviera (quartier général des mafieux Lucky Luciano et Meyer Lansky dans les années 50 !), où se produisent les meilleurs groupes cubains. On vous proposera peut-être des cigares, tombés du camion, ou présentés comme une super-promotion, mais la plupart du temps, c’est une arnaque et ces cigares, aussi maquillés qu’une jinetera (littéralement cavaleuse, donc prostituée) de boîte de nuit, n’ont ni la saveur ni la qualité des cigares vendus dans les hôtels ou dans les boutiques spécialisées.

D’ailleurs, l’une des visites incontournables qu’il faut faire à La Havane, c’est celle de l’usine de cigares La Corona. Des centaines d’ouvriers et d’ouvrières s’activent lentement (on est à Cuba, quand même…) dans de grandes salles empestant le tabac froid, et un guide vous arrête d’atelier en atelier pour expliquer les différentes étapes de fabrication d’un cigare. Cette diversion touristique ne perturbe pas les torcedores, qui manient, coupent et roulent les larges feuilles marron en un barreau de chaise oblong qui, une fois pressé et manucuré, devient un puro Monte-Christo, ou un Roméo et Juliette qui se consumera un jour entre les doigts d’un amateur de havane… Si ces marques renommées portent le nom de livres célèbres, c’est parce qu’il est de tradition, dans ces usines de cigares, qu’un ouvrier fasse la lecture à haute voix, une ou deux fois par jour, soit avec la presse locale, soit avec des romans. Les plus appréciés ou les plus lus, ont fini par donner leur nom à certains cigares !

Les villes coloniales du centre de Cuba

A 4 h de route à l’ouest de La Havane, Cienfuegos est une ville portuaire dont le centre-ville, construit au début du XIXème s. par des Bordelais, regorge d’édifices coloniaux néoclassiques. Vous trouverez les plus beaux bâtiments autour du Parc Marti, tel qu’un arc de triomphe ou le musée provincial, inspiré du Capitole de La Havane, lui-même inspiré de celui de Washington… Il faut arpenter le paseo el Prado, c’est l’avenue principale, dont le terre-plein central permet d’admirer, de part et d’autre, les belles maisons de couleur pastel aux arcades supportées par d’élégantes colonnades. Tout au bout de cette rambla, arrêtez-vous pour prendre un verre au yachtclub (1924), dont la terrasse offre une belle vue sur la marina et la baie.

Un peu plus au nord, Santa Clara possède également un beau patrimoine architectural autour du Parc Vidal, mais on y vient surtout pour célébrer la mémoire de Che Guevara, qui a connu ici en 1958 sa plus belle victoire, lors de l’attaque d’un convoi de train blindé. Ce glorieux épisode a conduit à la prise du pouvoir de Fidel Castro et à l’indépendance du pays. Sur le site même de l’attaque, quelques wagons se visitent, dans lesquels une exposition succincte relate l’événement, et l’on se demande pourquoi un bulldozer est surélevé sur un terre-plein en béton : c’est celui qui a servi à faire dérailler le convoi ! Cette bataille est aussi représentée sous forme de fresque sur le site du Mémorial dédié au Che. Au milieu d’une immense place (de la Révolution, bien sûr) trône une monumentale statue en bronze du guérillero en tenue de combat, le bras gauche en écharpe, dont le piédestal porte gravée sa célèbre formule : « Hasta la victoria siempre » !

Encore une heure de route vers le nord et voici Sagua-la-Grande, ville fondée en 1812 par les Espagnols, pour servir de port d’exportation du sucre et de la mélasse. Comme c’était aussi un port de pêche dynamique, qui envoyait le poisson aux USA, la petite ville a connu une période de prospérité, ce qui explique la taille impressionnante de son église, et l’architecture néo-classique des bâtiments qui l’entourent. Sagua-la-Grande n’étant pas (encore) sur les circuits classiques des voyagistes, elle est très peu fréquentée par les touristes, et le voyageur qui la découvre aujourd’hui a un peu l’impression d’être le premier à fouler ces trottoirs éventrés, ces rues trop larges pour une circulation erratique, où les rares bagnoles américaines font vraiment leur âge, et où les vélos et triporteurs (avec ou sans frein !) transportent dans d’invraisemblables équilibres, bêtes, gens, victuailles et encombrants. Les Cubains vous dévisagent un peu plus qu’à l’accoutumée, mais sans insistance, et si l’on engage la conversation, ils veulent tout savoir de vous, votre nationalité, de quelle ville vous venez, et surtout ce que vous faites ici ! Il faut dire que l’animation est limitée, il n’y a guère qu’un bar ouvert le soir, et à priori pas grand-chose à visiter, à part un musée de la musique regroupant quelques vieux instruments. Il faut voir le pont en fer qui enjambe la Sagua, appelé immodestement « el Triunfo », et prendre un verre sur le toit-terrasse du seul hôtel correct de la ville, le Sagua. Lorsque la marina d’Isabela-de-Sagua, à une dizaine de km de la ville, sera fonctionnelle, et que les cayos situés au large seront accessibles, cette paisible bourgade coloniale constituera une halte non dénuée de charme et une alternative pertinente aux excursions plus lointaines vers le sud-est de l’île.    

Au sud de ces deux villes, Trinidad est un bijou de ville coloniale, qui n’a pas bougé ou presque depuis sa période de prospérité au milieu du XIXème s., lorsque l’industrie sucrière battait son plein. Conservé « dans son jus » (de canne), le centre-ville est si bien préservé qu’il est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. Pour en avoir le meilleur aperçu, il faut monter au sommet de la tour du Palais Canterro, une superbe édifice aux immenses pièces ornées de peintures italiennes, réparties autour d’un patio rafraîchi par une grande fontaine (on dit que lors des réceptions, à la Belle Epoque, elle glougloutait du champagne !). Le palais abrite les collections hétéroclites et poussiéreuses du musée historique municipal, et l’on peut se contenter de monter directement au sommet de la tour pour avoir une vue panoramique sur la ville, dont les clochers blancs des églises se découpent sur les montagnes verdoyantes qui l’entourent. Baladez-vous ensuite dans les ruelles pavées bordées de maisons coloniales aux teintes pastel, vous découvrirez un Cuba provincial et paisible, où les habitants vous parleront de la douceur d’y vivre, tout en se balançant sur leur rocking-chair collé contre les grilles en fer forgé qui enserrent la plupart des fenêtres en rez-de-chaussée. Il y a des groupes de musiciens dans tous les bars et sur toutes les placettes. Au Cancanchara, goûtez au vieux cocktail cubain qui a donné son nom au bar, à base d’eau de vie de canne, de citron vert et de miel. Qui n’a pas siroté un cancanchara ou un mojito dans un bar de Trinidad, n’a pas la moindre idée du plaisir qu’on peut avoir à voyager à Cuba !

Et les plages ?

Toutes les plus belles plages de Cuba, facilement accessibles, se situent sur la côte nord, ourlées par les eaux chaudes et translucides de la mer des Caraïbes. En effet, la plupart des fleuves se dirigent vers le sud, déversant sur cette côte les sédiments qu’ils charrient. Les plages y sont donc moins belles… Le problème, c’est que les plages du nord sont presque toutes occupées par des zones hôtelières denses et sans charme, y compris celles qui sont situées sur des îlots, les cayos. Vouloir trouver une plage de rêve déserte à Cuba relève de la gageure, à moins de parler espagnol, de voyager en autonomie en utilisant les erratiques transports en commun locaux, et d’accepter de loger chez l’habitant dans des conditions de confort sommaires… Les plages situées dans les îlots au large de Sagua-la-Grande (notamment à cayo Esquivel) correspondent à ce profil, mais à l’heure actuelle, elles sont encore inaccessibles… Pour profiter des plages de sable blanc corallien et des lagons couleur émeraude, il faudra donc loger dans un resort « tout compris » de Varadero, de cayo Coco ou de cayo Santa Maria. Cette dernière île, accessible par une digue de 50 km de long, a conservé une plage ouverte aux Cubains, et une autre très peu fréquentée, qui est un petit bijou : la Perla Blanca…

Pratique

Trois compagnies desservent La Havane en 10 h de vol : Air France, Corsair et Air Caraïbes. A partir de 600 € A/R.

Havanatour et Sol Latino, les voyagistes spécialistes de Cuba, ont une offre complète de circuits, autotours et séjours. TUI propose un circuit accompagné « Terres Cubaines » d’une semaine, à partir de 1600 €/p.

Bonnes adresses

Elegancia Suites Habana : maison d’hôte de charme dans le quartier calme de Vedado, avec terrasse, jacuzzi et personnel parlant français. 3 fois par semaine, en fin d’après-midi, une cantatrice cubaine vient chanter a cappella pour les clients : l’opéra à l’apéro, c’est classe ! A partir de 120 €/ch en B&B.

CUBA – La Havane A l’Elegancia suite Habana, un hôtel E dans le Vedado

Nacional (5*), à La Havane : pour son ambiance surannée, son bar mythique, sa terrasse vue mer, et ses chambres historiques nommées d’après les personnalités qui y ont séjourné. A partir de 230 € la ch double, en B&B.

Hotel La Ronda, à Trinidad : Hôtel E (comme Encanto, enchantement) avec chambres confortables donnant sur un patio. A partir de 100 € la ch double en B&B.

Paladar Ceiba, à Trinidad : pour déguster une langouste grillée (spécialité de la maison) en terrasse, à l’ombre d’un énorme fromager. Compter 25 € le déjeuner.

CUBA – Trinidad Langouste grillée au restaurant Ceiba

La Casa del Habano, dans l’hôtel Melia Cohiba : c’est le meilleur endroit pour acheter des cigares : très grand choix, bons conseils, prix corrects. Propose également de vieux rhums.

A lire : Portraits de La Havane, de Valérie Collet (Hikari éditions), où 14 Havanais parlent de leur ville en donnant leurs adresses préférées.  

Destination Cuba : c’est un magazine gratuit consacré uniquement aux attraits touristiques de l’île. Il est distribué lors du Salon mondial du Tourisme, à la Porte de Versailles, à Paris (14-17 mars). On le trouve aussi à l’Ambassade de Cuba (14 rue Presles, 75015 Paris), à l’Office du tourisme Cubain (2 passage du Guesclin, 75015 Paris), ainsi que dans une centaine d’agences de voyage.

CUBA Rhum et coco, les deux mamelles de Cuba

La République Dominicaine, de plages en plages

A la sortie de l’hiver, qui n’a pas envie de soleil, de plages de rêve et de cocotiers ? De partir en famille pour un prix abordable ? La République Dominicaine répond magnifiquement à ces attentes. Partageant une île des Caraïbes avec Haïti, ce grand pays dispose d’assez de plages pour pouvoir y passer chaque année une semaine dans un endroit différent, jusqu’à la fin de ses jours ! Cela finit par se savoir, et chaque hiver des milliers de touristes européens, américains et canadiens débarquent par charters entiers dans ses aéroports. Car – c’est un autre avantage – ce pays compte cinq aéroports internationaux, qui permettent d’atterrir au plus près des plages de son choix.

LA REPUBLIQUE DOMINICAINE Île de Saona

Boca Chica et Juan Dolio (aéroports de Saint-Domingue ou de La Romana)

Points forts : plages à très faible pente (idéal pour les jeunes enfants), et récif corallien très proche. Les zones de baignade des hôtels sont des aquariums naturels où l’on voit des poissons même tout près du bord ! La proximité de la capitale permet de passer une journée culturelle. En effet, Saint-Domingue a été la première ville du Nouveau Monde, et l’on y admire de superbes édifices coloniaux de cinq siècles. En arpentant la calle de las Damas, dans le centre historique, vous serez séduits par la beauté de ces palais de roche corallienne dont certains sont transformés en musée.

L’autre point fort, est l’attractivité des prix du logement dans les petits hôtels de cette zone.

Points faibles : une prostitution trop voyante à Boca Chica, des plages bondées et bruyantes, car très populaires. Côté hôtelier, il y a de tout, mais dans la petite hôtellerie économique, cela peut être assez roots, voire pas très propre ni très sûr…

 

Bayahibe (aéroport de La Romana)

Points forts : immenses plages de sable blond baignées par les eaux claires et calmes de la mer Caraïbe. La playa Laguna, par exemple, est l’une des plus belles de toute l’île ! Bayahibe est un petit village de pêcheurs qui est le point de départ des bateaux pour l’île Saona. C’est l’excursion la plus prisée en République Dominicaine, et l’on pourrait s’étonner que tant de touristes quittent les superbes plages de leur hôtel pour aller sur une île qui n’a rien d’autre à offrir que… ses plages. Oui mais, quelles plages ! En chemin, les bateaux s’arrêtent en général sur un haut fond sableux, pour que les touristes puissent barboter dans une eau turquoise au milieu des poissons en sirotant une boisson fraîche. Puis ils longent les mangroves peuplées d’oiseaux, et débarquent pour déjeuner sur l’une de ces plages parfaites, où les cocotiers élancent leurs troncs effilés vers le ciel en faisant exploser leur ramure verte, comme un feu d’artifice végétal. Sachant que l’île est très fréquentée, il est utile de payer un peu plus pour se faire déposer plus loin que la plage principale. Par exemple vers Mano Juan, un village de pêcheurs tranquille dont les habitants mettent de l’huile dans leurs sardines en vendant des toiles naïves et colorées…  Juste avant de reprendre l’avion, s’il vous reste quelques heures, faites vous amener à los Altos de Chavon, non loin de l’aéroport. C’est un complexe touristique situé en surplomb de la rivière Chavon, avec un golf, où se trouve l’étonnante reconstitution d’un village médiéval italien ! Ce décor spectaculaire a servi de cadre pour des scènes d' » Apocalypse Now  » et de « Rambo ». C’est aussi un centre culturel et artistique qui abrite notamment une école d’art, une école de design affiliée à la Parsons School de New York, et un riche musée archéologique précolombien. 

Points faibles : je n’en ai pas vu. C’est pour moi l’un des meilleurs spots de la Rep’ Dom’ !

La côte des cocotiers (aéroport de Punta Cana)

Points forts : Punta Cana et Bavaro sont les plages les plus connues de la côte des Cocotiers, située à la pointe Est dans la partie la moins arrosée de l’île, et qui aligne 50 km de plages de rêve. On y trouve l’offre la plus étendue d’hôtels et d’activités nautiques. C’est l’idéal pour ceux qui viennent chercher le soleil des tropiques, et rien d’autre. Enorme choix d’hôtels à tous les prix.

Points faibles : la concentration des hôtels qui sont collés les uns aux autres. C’est le royaume du all inclusive pour pas cher, avec du rhum bas de gamme au bord de la piscine, des soirées dansantes (et navrantes) et des buffets insipides… A noter aussi l’éloignement de l’excursion à l’île Saona (3 h de bus A/R).

 

 

La péninsule de Samana

Points forts : La péninsule de Samana est occupée en son centre par une cordillère montagneuse couverte d’une végétation luxuriante, offrant des paysages d’une sauvage beauté. Ici, pas de grands resorts, mais des petits hôtels de charme. De nombreux français se sont installés à Las Terrenas, village dévolu à un tourisme plutôt haut de gamme. La péninsule compte les plus belles plages de l’île, en tout cas les moins fréquentées, telles que playa Coson, playa Rincon ou celles de l’adorable îlot cayo Levantado. Trois excursions exceptionnelles : une journée en bateau pour découvrir le parc naturel de Los Haïtises, une randonnée à cheval dans la forêt qui aboutit à la splendide cascade d’El Limon, et l’observation des baleines à bosses qui viennent se reproduire dans la baie de mi-janvier à mi-mars.

Points faibles : Sa difficulté d’accès : 3 h de route depuis le plus proche aéroport international. Le mauvais état des routes et la présence bruyante des motos et des quads.

 

La côte nord (aéroport de Puerto Plata)

Points forts : Ses plages, encore, qui font le succès des stations de Puerto Plata, de Sosua et de Cabarete. Ici, c’est l’océan Atlantique qui baigne les plages plantées de cocotiers, et les vagues sont au rendez-vous. Cela fait le succès de Cabarete, station balnéaire jeune et sportive, très animée le soir, fréquentée par les amateurs de surf et de kite-surf. Puerto Plata est plus familiale, et a l’avantage d’être le point de départ d’excursions dans l’intérieur montagneux du pays. En passant par Santiago, pour visiter une fabrique de cigares, vous irez jusqu’à Jarabacoa, pour pratiquer des sports d’aventure dans la jungle tropicale : rafting, canyoning, randonnée pédestre ou équestre, quad… Ne manquez pas non plus de visiter Puerto Plata, qui recèle de jolies maisons coloniales en bois, et dont le musée de l’Ambre est passionnant. On y apprend tout de cette résine fossile dont certains fragments renferment des moustiques qui ont probablement piqué des dinosaures !

Points faibles : la circulation délirante de Puerto Plata et de Santiago, et la pollution qui en découle.

 

PS : Je tiens ici à remercier Philippe Ramond, journaliste et ami qui a effectué ce reportage avec moi, et qui n’a pas hésité à me prêter son appareil photo au début du séjour lorsque mon réflex est tombé à la mer. Les 3/4 des photos de ce reportage ont donc été faites avec l’appareil numérique dont il s’est privé, et je lui en serai reconnaissant jusqu’à la fin de mes jours !

LA REPUBLIQUE DOMINICAINE Philippe Ramond

Pratique

Ce reportage ayant été réalisé il y a 15 ans, les adresses et les prix relevés alors ne sont plus valables.

J’ai cependant particulièrement apprécié :

Le Gran Bahia Principe Levantado (5*), à Samana (style victorien)

Le Viva Wyndham Dominicus Palace (5*), à Bayahibe.

Le Bahia Las Ballenas de Las Terrenas (petit hôtel de charme)

Le Rancho Baiguate de Jarabacoa (roots)

Le Nicolas de Ovando (5*), à St-Domingue (dans bâtiment historique)

LA REPUBLIQUE DOMINICAINE Saint-Domingue Chambre du Sofitel Nicolas de Ovando

 Se renseigner

http://www.godominicanrepublic.com/fr/

LA REPUBLIQUE DOMINICAINE Coucher de soleil vers Juan Dolio

En Jamaïque, les Caraïbes version reggae

La Jamaïque, « terre des forêts et des rivières », a deux visages : l’un dans l’intérieur montagneux, authentique et mystique, l’autre sur ses plages, avenant et commercial… Ce qui les réunit, c’est la douceur de vivre, et la passion pour le reggae et la ganja !

La liaison aérienne directe depuis Paris arrivant au nord de l’île, à Montego Bay, il est plus pratique, pour s’éviter de longues heures de bus, de poser ses valises sur la côte nord, de Montego Bay à Ocho Rios, voir un peu plus à l’ouest, à Negril. Cela tombe bien, c’est là que se trouvent les plus belles plages ! Kingston, la capitale, et la côte sud sont trop éloignés des principaux sites touristiques, et vous pouvez très bien en faire l’impasse sans rater grand-chose. En ce qui concerne l’hôtellerie, méfiez-vous des immenses resorts « all-inclusive »  pour la clientèle américaine, ce sont des usines à rêve aseptisées, sans âme, sans charme, qui ôtent tout le sel d’un séjour jamaïcain, s’il se réduit à manger et boire à satiété, et à voir défiler des groupes de musiciens formatés et blasés… Préférez les petites unités, ou les hôtels-clubs francophones qu’on trouve un peu partout dans l’île.

La Jamaïque est aussi une destination croisière. Plusieurs fois par semaine, d’immenses contingents de touristes américains débarquent le matin à Ocho Rios ou Montego Bay et se ruent en autocar vers les principaux sites touristiques qui sont pris d’assaut. C’est pourquoi il faut éviter d’aller le matin aux chutes de la Dunn’s River, le spot incontournable de la Jamaïque. L’excursion idéale consiste à se rendre d’abord à Nine Miles, le village natal de Bob Marley. Ici, la population voue un véritable culte au chanteur de reggae, d’autant que la manne touristique fait vivre tout le village depuis sa mort… Même si elle n’a rien de spontanée, cette visite est touchante, car le guide en dread-locks, au look rasta, qui a forcément connu le chanteur ou l’un de ses proches, raconte des anecdotes, et prend plaisir à chanter quelques-uns de ses tubes planétaires…

L’après-midi, les chutes d’eau sont un peu moins fréquentées, et c’est tant mieux, car vous allez les remonter à pieds ! Chaussés de semelles antidérapantes louées sur place, vous suivrez votre guide depuis la plage où se jette la rivière Dunn, à travers les rochers et les cataractes, pour remonter progressivement les chutes. Certains se donnent la main, d’autres pas… La pente assez faible permet de progresser facilement, et l’on se retrouve vite entouré de jungle, à glisser sur des toboggans naturels dans des vasques d’eau rafraîchissante ! Un escalier suit le parcours pour ceux qui ne veulent pas se mouiller, ou qui préfèrent prendre des photos…

L’autre excursion à ne pas manquer consiste à se rendre vers les Blue Mountain, la plus haute chaîne montagneuse de l’île aux splendides paysages verdoyants. Là, vous visiterez une plantation de café, qui produit l’un des meilleurs arabicas au monde, et vous déjeunerez au Strawberry Hills, un superbe hôtel de style victorien, appartenant à Chris Blackwell, producteur notamment de Bob Marley, dont vous pourrez voir les disques d’or…

Pratique

Y aller : de décembre à mars, Look Voyages affrète un vol hebdomadaire XL Airways de Paris à Montego Bay (9h de vol), destiné aux clients des hôtels revendus par le voyagiste. Le prix est donc inclus dans le prix du forfait des séjours. Autre solution : prendre British Airways et passer par Londres ou Miami. Mais cela rallonge le temps de vol, et le tarif, pas inférieur à 1000 €.

Se loger :

Lookea Jamaïca 3*, à Runaway Bay : agréables et vastes bungalows répartis dans un jardin luxuriant, sur une jolie plage de sable ombragée de cocotiers. Clientèle internationale, mais animation française ! http://www.look-voyages.fr

L’hôtel Sans Souci 4* :  à 10 mn d’Ocho Rios, un hôtel de 150 suites donnant toutes sur l’océan. Il a la particularité de posséder une piscine d’eau minérale, issue d’une grotte à proximité. Les hédonistes pourront se ressourcer en pratiquant le Pilates, la méditation ou le yoga au pavillon de fitness proposant également un salon manucure et pédicure, un salon de massage devant la mer, réflexologie…

Se restaurer : chez « Scotchies » à St-Ann’s Bay, une gargote réputée pour ses viandes marinées dans une sauce jamaïcaine, le jerk, et fumées au bois de piment. Un régal pour 3 € la part ! En coupe-faim, testez les chaussons fourrés au fromage ou à la viande épicée de chez Juicy Patties, une chaîne fast-food locale. Et pour manger comme un vrai rasta, allez au restaurant I Tal (végétarien) « Reggae Pot Rastarant » d’Ocho Rios, où Deano Wynter vous fera découvrir sa cuisine simple et goûteuse pour quelques dollars…

Que ramener : des colliers de coquillages, du café Blue Mountain, du rhum ambré Appleton, et toutes sortes de souvenirs dérivés du thème rasta : tee-shirts, chapeaux, sculptures… Quant à la ganja, elle se consomme sur place !