Québec : la route des explorateurs

Sur les traces des premiers colons et des chercheurs d’or, partez de Montréal pour explorer le nord-ouest québécois, en traversant de vastes territoires sauvages de forêt et de lacs. Le Canada comme on le rêve…

La route des explorateurs

Au 17ème siècle, alors que les rives du Saint-Laurent ne dénombraient que quelques comptoirs de commerce de fourrure, l’Ouest du Québec était une vaste étendue de forêt parsemée d’une myriade de lacs. Ce n’est qu’à la fin du 19ème siècle que les premiers colons fondèrent des villages au nord de Montréal, ouvrant la voie pour une exploration vers le nord de ce territoire sauvage qui n’était parcouru que par les peuples autochtones et les trappeurs. Depuis l’aéroport de Montréal, louez une voiture et rejoignez Saint-Jérôme, où débute la route des Belles Histoires. Le long de cette route pittoresque qui suit la trace des premiers explorateurs, vous découvrirez des villages charmants (Saint-Sauveur, Val-David, Sainte-Agathe-des-Monts…) et de vielles gares reconverties en musée, qui racontent des histoires en effet peu banales : celle du curé Labelle, un colosse qui fut à l’origine de la colonisation de la région en obtenant la création d’une ligne de chemin de fer ; ou celle de Jackrabbit, un Norvégien qui amena la pratique du ski de fond au Canada, et qui skiait tous les jours à plus de 100 ans ! Une piste cyclable longe l’ancienne voie de chemin de fer (le P’tit Train du Nord), très agréable à faire en été, et qui se transforme en piste de ski de fond l’hiver…

Sur le territoire de l’ours, du loup et de l’orignal

Le village de Mont-Tremblant est situé à la lisière du plus grand parc national du Québec : 1500 km² de forêt, 400 lacs, 6 rivières parsemées de chutes et de cascades, et un doux relief créé par la chaîne des Laurentides. Bref, un paradis pour les amoureux de la nature, la vraie. Celle où l’on aperçoit un loup au bord de la route, celle où l’on peut voir le castor ou l’orignal depuis son canot, celle où un cerf de Virginie bondit sur le sentier devant votre VTT, et celle où le raton-laveur furète la nuit autour des tentes pour chercher de la nourriture… C’est aussi le territoire de l’ours, mais sa rencontre est très rare, heureusement ! Des randonnées guidées et des sorties en canoë sont organisées avec des guides, mais il est possible de s’aventurer dans ces forêts et sur ces lacs en liberté, car les sentiers sont très bien fléchés. Au bout d’un moment, en se retrouvant seul dans la nature, on ressent probablement le même frisson que les anciens coureurs des bois, un frisson provoqué autant par la fascinante beauté de ces espaces vierges, que par notre peur ancestrale devant la vie sauvage…

Reprenez la route 117 (la transcanadienne) vers le nord jusqu’à Mont-Laurier, et rejoignez le parc de la Montagne du Diable. Un nom surprenant, faisant écho au lac Windigo (diable en algonquin), deux sites pourtant magnifiques et paisibles. Quelques chalets posés au bord d’un lac permettent de poser ses valises afin d’explorer, à pieds ou en VTT, les forêts alentours. C’est là que j’ai rencontré Carl Blondin, un trappeur qui m’a montré la diversité des fourrures qu’il prépare avec des animaux chassés l’hiver : martre, zibeline, renard, loup, loutre, ours… Il connaît et il aime tellement les hôtes de ces bois, qu’il arriverait à convaincre un anti-chasse du rôle utile du trappeur en tant que régulateur des populations d’animaux. Oui, il assure aimer ces animaux, même s’il les tue, en tout cas il leur montre du respect à la façon des autochtones, en utilisant tout ce qu’ils peuvent apporter aux hommes (viande, graisse, fourrure, griffes…). Et en plus, il leur « redonne vie » en étant taxidermiste. Il faut entendre Carl imiter le cri de l’orignal en rut pour comprendre à quel point il est en symbiose avec la nature dans laquelle il vit…

L’étape coup de coeur

A 30 minutes de voiture de ce parc, une piste poussiéreuse mène au bord du lac Baskatong, un immense réservoir artificiel qui forme comme une petite mer intérieure. D’ailleurs, l’été, ses rives sont prises d’assaut par des familles de Québécois, qui viennent y camper en autonomie, canoë sur la galerie. Mais ce lac est si grand que chacun peut profiter de son petit bout de paradis, en étant seul au monde… D’un coup de bateau, ces  Robinson de la Belle Province viennent déjeuner ou dîner au Rabaska Lodge, un campement d’une vingtaine de bungalows qui possède un très bon restaurant. Plus que ses poissons grillés ou ses chalets posés au bord du lac, ce resort vaut surtout pour l’accueil de Dominique et Martin, un couple franco-québécois dont la gentillesse et la bonne humeur vous donnent l’impression d’être des amis de la famille ! Le matin, promenade en forêt, l’après-midi, mini-croisière, ski nautique ou partie de pêche sur le lac… Le soir, c’est un plaisir à nul autre pareil de s’asseoir au bord du lac avec une bière (ou dans le jacuzzi posé sur la terrasse !), et de contempler le coucher de soleil en écoutant la nature qui se prépare à la nuit. Comme la civilisation est lointaine ! Qui n’a pas entendu le cri déchirant du huard (oiseau lacustre), celui lancinant du ouaouaron (grosse grenouille), ou celui glaçant du coyote, n’a pas ressenti ce frisson mêlé d’extase qui vous saisit pendant ces instants d’une pureté originelle.

Or vert, or jaune

Toujours plus au nord, la transcanadienne traverse l’immense réserve faunique de la Vérendrye, et pendant plus de 200 km, le rideau compact des épinettes s’ouvre et se ferme à l’infini sur des lacs ou des marais, comme autant de fenêtres sur un monde sauvage et beau. Retour à la civilisation à Val-d’Or, en Abitibi-Témiscamingue. Cette cité minière a poussé comme un champignon dans les années 1930, et prospère grâce à son or vert (l’exploitation forestière), et à celui qui est extrait du sous-sol. La « cité de l’or » permet de découvrir le mode d’extraction de l’or et les terribles conditions de travail des mineurs d’autrefois. On descend dans les galeries avec un petit train, et un guide vous promène dans ces boyaux humides en expliquant précisément comment attaquer les veines de pierre avec des marteaux-piqueurs ou de la dynamite, comment remonter le minerai, comment s’éclairer, comment respirer, etc… Le moment le plus passionnant est quand un opérateur fait couler du métal en fusion, et que l’on voit apparaître une petite boule d’or pur ! Le village minier adjacent de Bourlamaque regroupe des maisons faites en gros rondins de bois, qui sont des versions modernes de la mythique cabane au Canada.

 

Un refuge au poil

Continuez vers le nord pour rejoindre Amos, où se trouve le refuge Pageau. Dans cet asile pour animaux blessés ou orphelins, vous pourrez observer de près toute la faune des forêts alentour. Les animaux qui sont trop infirmes ou trop habitués à l’homme pour être relâchés dans la nature, sont des résidents permanents, et une fiche détaille leur infortune : accident de la route, électrocution, kidnapping, mère tuée par des chasseurs… Marie-Frédérique Frigon s’occupe avec une attention touchante de ces animaux infortunés, et entretient une étonnante complicité avec les loups qu’elle a nourris au biberon… Certains résidents permanents portent des noms, tel que Chubaka le porc-épic, qui prend délicatement entre ses dents l’amande qu’on lui donne, ou tel que Marcel l’orignal,  qui tend volontiers son énorme museau pour une caresse. S’il n’y a pas trop de monde, vous pourrez aussi nourrir ces attachants pensionnaires du refuge, et vous capoterez ben raide ! (vous adorerez)

 

A savoir :

  • De mai à juillet, vous serez importunés par les maringouins (moustiques). Préférez septembre et début octobre, lorsque les érables repeignent la forêt des chaudes couleurs de l’été indien.
  • L’itinéraire décrit dans cet article s’arrête à Amos, mais en fait, la véritable « Route des Explorateurs » continue jusqu’à Rouyn-Noranda (où l’on peut prendre un avion pour revenir à Montréal), et traverse la province de l’Outaouais en passant par Ottawa.

 

Pratique

Y aller : Air Transat propose un vol quotidien et direct pour Montréal depuis Paris, à partir de 375 € A/R.

Forfait : Le voyagiste Jetset propose un autotour en liberté de 12j/11 nuits qui suit la « route des explorateurs », à partir de 1529 €/p incluant l’hébergement et la location de voiture. http://www.jetset-voyages.fr/visionneuse/_2018/Jetset_Voyages_-_Brochure_2018_am_nor.pdf

Bonnes adresses

Le Baril Roulant, à Val David : auberge qui brasse ses propres bières et qui réinvente avec talent le plat national québécois, la poutine. Propose aussi l’hébergement, en chambre ou dortoir.

Le Rabaska Lodge, à Ferme-Neuve : étape réconfortante après une randonnée ou une partie de pêche. A partir de 130 € la nuit (2 nuits min).

Le Prospecteur, à Val d’Or : microbrasserie qui propose un délicieux burger au wapiti, ou des pâtes à la sauce bolognaise de cerf rouge !

Hôtel Albert Best Western, à Rouyn-Noranda : chambres spacieuses et confortables. A partir de 100 €/ch double.

A lire

Le guide Ulysse Québec, le meilleur de tous les guides sur cette destination ! Sur leur site, il est même possible de télécharger des chapitres, selon les régions.  https://www.guidesulysse.com/

Se renseigner

www.quebecoriginal.com ; www.laurentides.com ;  www.tourisme-abitibi-temiscamingue.org

J'ai trouvé mon lac à Ferme-Neuve (Québec) !
J’ai trouvé mon lac à Ferme-Neuve (Québec) !

4 commentaires sur « Québec : la route des explorateurs »

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