La Colombie, c’est fort de café

COLOMBIEA Saint-Félix, place du village
COLOMBIE A Saint-Félix, place du village

Aujourd’hui la Colombie évoque plus Shakira que Pablo Escobar. C’est donc en toute décontraction que l’on arrive à Bogota, la capitale perchée à 2640 m d’altitude au pied de la cordillère orientale. Quatre siècles d’histoire se lisent dans la pierre du centre historique, autour de la place Bolivar et de la cathédrale. De nombreuses églises méritent le coup d’œil, telle Santa Clara, aux superbes fresques et dorures baroques. Grimpez la « calle de la fatigua » pour accéder à la Candelaria, un quartier regorgeant de bars à café et de peintures murales, plus bohême que bourgeois. La Colombie étant le 1er producteur mondial d’émeraude, demandez à votre guide de vous conduire dans une bijouterie pour négocier cette pierre précieuse à prix raisonnable. Du vert, vous en verrez aussi de toutes nuances au marché de Paloquemao où convergent, dans un enivrant maelstrom d’odeurs et de couleurs, les fleurs, fruits et légumes venus de tout le pays.

 

Le triangle du café

Le « triangle du café » est l’une des plus importantes régions de culture de café du pays. La route traverse un paysage montagneux verdoyant, quadrillé par les rangées de caféiers, et parsemé d’haciendas aux allures de palais ruraux. On y voit sortir des rancheros à cheval, en chapeau de paille et poncho coloré, nullement gênés par les klaxons des 4×4 débordant de sacs de café, pressés d’aller vendre leur marchandise à la coopérative la plus proche… Dans ces entrepôts saturés d’odeurs de torréfaction, vous pourrez jouer au gringo de Jacques Vabre en plongeant votre main dans les sacs en toile de jute, et apprécier l’arôme puissant de ces grains Arabica, l’or noir de la Colombie. A Manizales, visitez la splendide hacienda Venecia, refuge de paons et de colibris, où l’on vous montrera tout de la culture du café et du cacao. Enfin, depuis Salamina, typique village colonial de la Cordillère des Andes, vous accèderez en Jeep à la vallée de San Félix, pour admirer les gigantesques mâts des palmiers à cire, les plus grands palmiers au monde.

Carthagène des Indes

Fondée au 16ème siècle, Cartagena de Indias a conservé intact son cachet colonial, et abrite ses palais et ses églises baroques dans un quartier historique ceint de remparts. Dans chacune de ses ruelles pavées, on se croirait dans un décor de cinéma : les façades peintes de couleurs chaudes s’ornent de balcons en bois débordants de bougainvillées, les lourdes portes cloutées laissent entrevoir de ravissants patios s’enroulant autour d’une fontaine ombragée par des palmiers… Tout est superbement restauré, rien n’est factice, à part les palenqueras, ces femmes afro-caribéennes en costume traditionnel portant des plateaux de fruits sur la tête et demandant quelques pièces pour la photo… Le soir, faites un tour dans le quartier voisin de Getsemani, plus populaire et animé. Les murs décrépis mettent à nu leurs moellons de corail, et les fenêtres laissent s’échapper des odeurs de friture et des airs de salsa. Des guitaristes s’installent sur les trottoirs ou sur les places, des couples dansent dans les rues… Chaque soir est soir de fête, à Carthagène ! Côté balnéaire, faites 1 h de bateau pour rejoindre les îles du Rosaire et trouver la recette du bonheur local : une plage de rêve, un bungalow vue mer, et un café corsé au petit déjeuner… What else ?

Une excursion incontournable

A La Boquilla (Carthagène), un réceptif local permet de partir à la rencontre d’une communauté de pêcheurs. Au programme : découverte de la mangrove en pirogue, pêche, déjeuner de crabes et de poissons grillés, massage traditionnel ou bain de boue, initiation au tambour… Un modèle d’écotourisme ! Ecotours (www.ecotoursboquilla.com)

Pratique

Marco & Vasco propose un circuit privé d’une semaine en B & B « Sur la route du café et Carthagène » à 2750 €/p, incluant les vols, les transferts en véhicule privé, ainsi que des excursions en 4×4 ou bateau avec un guide francophone . www.marcovasco.fr

Bonnes adresses

La Opera, à Bogota : hôtel colonial doté d’un spa et d’un confort bien venu pour se reposer du voyage.

Casa Lola Garcia, à Salamina : boutique-hôtel familial au charme rustique.

Quadrifolio, à Carthagène : maison coloniale transformée en hôtel de luxe, dont les vastes chambres donnent toutes sur un agréable patio.

Café del Mar : sur les remparts de Carthagène, grande terrasse surplombant la mer des Caraïbes, le meilleur spot pour siroter un mojito en admirant le coucher de soleil.

Decameron, à Baru : resort 4* all inclusive, situé au bord d’une plage sublime.

Se renseigner : http://www.colombia.travel/fr

 

Le Kenya en famille

Les neiges éternelles du Kilimandjaro, les safaris en brousse, les plages idylliques et les lagons turquoise de l’Océan Indien… Ces vacances de rêve sont possibles, en famille, sur une semaine, à prix doux.

 

Combiné safaribalnéaire
KENYA Maasaï Mara Lions

 

La formule du séjour combiné safari/balnéaire au Kenya est idéale pour découvrir le meilleur de l’Afrique en une semaine, pour un budget raisonnable. Votre hôtel, généralement un hôtel-club « tout compris », est situé au bord de l’Océan Indien, au nord ou au sud de Mombasa. L’hôtel que nous avons testé est le Lookéa Kenyan resort 4*, situé à deux heures de route au nord de Mombasa, vers Malindi, une petite ville où vit une importante communauté italienne. C’est ainsi que les enfants, qui jouent sous les énormes baobabs jalonnant la piste vers l’hôtel, vous font de grands signes de la main en hurlant « ciao, ciao ! caramelo ? »… Les bungalows ont de vastes chambres, dont les baies vitrées réfléchissent les couleurs turquoise du lagon baignant la plage de l’hôtel. Les premiers jours passeront très vite, entre plaisirs balnéaires dans les deux piscines à débordement ou dans le lagon (qui est une réserve naturelle marine !), et les activités ludiques proposées par la dynamique équipe des jeunes animateurs du club. Ils vous appelleront vite par votre prénom, connaîtront vos habitudes et vos goûts, et se plieront en quatre pour vous faire passer un séjour agréable.

Puis c’est le grand jour, le départ matinal en minibus à toit ouvrant pour la partie safari du séjour. Dans les minibus de 6 places, vous passerez la matinée à voir défiler les paysages de savane et de brousse, vous vous arrêterez dans les petits marchés des villages, et vous arriverez pour déjeuner dans le Tsavo, le plus grand parc national du Kenya, abritant dans ses plaines arbustives, ses collines vallonnées et ses forêts d’acacias, toute la faune sauvage d’Afrique de l’Est. En fin d’après-midi, vous ferez votre 1er vrai safari dans une réserve privée contenant une plus grande concentration d’animaux que le parc Tsavo. Peut-être aurez-vous la chance d’observer les « big five » (lion, éléphant, rhinocéros, buffle, léopard), les cinq animaux symboliques d’un safari réussi. Mais même si vous n’apercevez pas le léopard, le plus difficile à apercevoir des cinq, votre safari sera réussi, car c’est une expérience formidable quels que soient les animaux rencontrés. Un safari, c’est un cocktail d’émotions fortes : nos instincts enfouis de chasseur sont exacerbés, ainsi que nos peurs ancestrales de l’animal sauvage, et nous retrouvons nos yeux d’enfants qui s’émerveillent devant le spectacle de la Nature originelle, et des animaux qui nous faisaient rêver… Là, ils sont tout près, parfois à moins de 10 m, on admire la belle robe tachetée et le port altier des girafes broutant les feuilles d’acacia, on sourit devant la fuite désordonnée d’une famille phacochère, avec la petite queue levée de la mère pour servir de guide, on retient son souffle devant la force tranquille de l’éléphant marchant dans la savane, et on a la chair de poule en croisant le regard perforant d’un lion à la majestueuse crinière… Toutes ces scènes resteront à jamais gravées dans les mémoires, surtout celles des enfants, et elles sont passionnément commentées, le soir, pendant le dîner. La nuit aussi est magique, car vous dormirez dans une tente en toile. Absolument sécurisée, et équipée de tout le confort d’une chambre d’hôtel, ses parois en toile laissent cependant passer les sons, et l’on s’endort en frissonnant à l’écoute des appels mystérieux de la brousse…

Le lendemain matin, vous repartirez pour un nouveau safari, où vous apercevrez sûrement, près des sources d’eau et des rivières, de placides hippopotames barbotant dans l’eau, et d’immobiles crocodiles à l’effrayante gueule ouverte. Le safari se prolonge sur la route retour vers Malindi, vous laissant plus de chances de photographier des animaux différents (antilopes, zèbres, gnous, guépard, oiseaux, rapaces…). C’est reclus de fatigue que vous arriverez au Lookéa, épuisés par la route et la tension du safari, mais heureux. Ce soir-là, pas sûr que les animateurs arriveront à vous faire danser… Ce n’est que partie remise. Il vous restera trois jours pour vous reposer et pour profiter des plaisirs balnéaires de la côte kényane. Et ce serait dommage de s’en priver, car la réserve nationale marine de Watamu, classée au Patrimoine Mondial par l’Unesco, est toute proche. Le Lookéa organise une excursion d’une journée en bateau dans cette réserve, permettant d’aller à la rencontre des dauphins, et de nager dans une eau chaude et cristalline au-dessus d’un banc de corail abritant une incroyable quantité et diversité de poissons tropicaux, tous plus beaux et colorés les uns que les autres. Pouvoir approcher de près un jour des lions et le lendemain des dauphins, il n’y a que le Kenya et l’Afrique du Sud pour permettre cela ! Et le Kenya, c’est nettement moins cher…www.look-voyages.fr

Des séjours tout safari

Les véritables mordus de la vie sauvage préfereront sans doute consacrer leur semaine à parcourir les différents parcs et réserves du Kenya. Dans ce cas, la plupart des périples commencent à Nairobi, et dès la descente de l’avion, vous serez accueillis par votre chauffeur-guide, et vous filerez dans votre minibus ou votre 4×4 dans les parcs que vous aurez choisis. Vous n’aurez que l’embarras du choix entre les nombreux parcs nationaux et les réserves, gérés par l’Etat kényan, et les sanctuaires, petites réserves privées concentrant une faune spécifique. Grâce à une réglementation plus sévère (pas de hors-piste, pas plus de 5 véhicules autour des félins, et à une distance minimale d’observation…), les safaris au Kenya n’ont plus cette connotation bas de gamme qu’ils avaient auparavant. Ce sont d’authentiques  safari-photos où la chance joue un grand rôle, mais sans que l’on puisse réellement revenir bredouille. Quand les animaux se font rares, les chauffeurs se dirigent vers les points d’eau, qui fixent la faune, surtout en saison sèche. Et ce serait vraiment jouer de malchance que de revenir d’une journée de safari sans avoir vu au moins trois des « Big Five » ! Un itinéraire « idéal » consisterait à parcourir d’abord le parc de Nakuru, célèbre pour ses rhinocéros noirs, et dont le lac salé est coloré par des myriades de flamands roses. Puis il faudrait passer deux ou trois jours dans la réserve de Maasaï-Mara, frontalière avec la Tanzanie, où elle prend le nom de Serengeti. Entre ces immenses territoires s’effectue 2 fois par an la migration des gnous, accompagnés d’autres herbivores, et suivis à la trace par leurs prédateurs. Il n’est pas rare d’assister à une chasse, au repas des fauves ou des hyènes, vautours et autres charognards… Après avoir visité un village traditionnel Maasaï, où ces fiers et filiformes bergers vous feront la démonstration de leurs danses sautées, vous poursuivrez par la réserve d’Amboseli, où vous verrez les mêmes animaux, mais cette fois vous aurez en toile de fond les neiges éternelles du Kilimandjaro… Enfin, vous irez parcourir la terre ocre du Tsavo, réputé pour contenir en nombre deux géants d’Afrique : les éléphants et les baobabs… L’hébergement se fait dans des lodges en dur, ou des camps de tentes, presque toujours établis à proximité d’un point d’eau. L’observation des animaux se poursuit parfois depuis votre chambre ! En option, il est possible de demander à prendre le petit-déjeuner dans la brousse. C’est un « must » ! Au Maasaï-Mara, par exemple, les tables sont installées en surplomb de la rivière Mara, et l’on déguste ses crêpes au miel ou ses œufs au bacon, à quelques mètres d’une troupe d’hippopotames !

Venir avec des enfants

Pour un enfant, un safari au Kenya, c’est un rêve éveillé, c’est comme entrer dans « le Roi Lion » ou « Madagascar ». Pour que la magie soit complète, certains tours-opérateurs proposent des safaris adaptés aux familles avec enfants, avec des temps de transport routiers réduits, et des balades à pieds dans des réserves sans animaux dangereux, comme à Crescent Island (sanctuaire où ont été tournées certaines scènes d’ « Out of Africa »). Côté santé, pas de dispositions particulières à prendre : comme pour les adultes, il est conseillé de prendre un antipaludéen avant de partir, d’être à jour de ses vaccinations, et de se protéger contre les piqûres d’insectes et contre la morsure du… soleil !

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Pratique

Formalités : passeport + visa à prendre à l’arrivée

Décalage horaire : + 2 h

Climat : chaud et humide sur la côte, tempéré sur les hauts plateaux des safaris

A emporter : si possible, une paire de jumelles, et un appareil photo à fort zoom optique.

A ramener : animaux sculptés en bois ou en pierre… Ramenez de belles images !

A lire : « Kenya-Tanzanie », guide Bleu Evasion, et « Out of Africa », de Karen Blixen.

Site internet : www.magicalkenya.com

 

Les merveilles du sud tunisien

Dunes de sable ondoyantes, oasis inattendus, villages berbères authentiques… A pieds, à dos de chameau ou en 4×4, il faut parcourir le sud tunisien pour en découvrir toutes les merveilles, et ne pas se contenter d’un séjour à Djerba !

 

TUNISIE - Douiret
TUNISIE – Douiret

Bien que la Tunisie soit en « vigilance renforcée » sur le site du ministère de l’Intérieur, à l’heure où l’on publie ces lignes, il n’est pas spécialement dangereux de se rendre dans le sud de la Tunisie. A partir de Djerba (aéroport international), des excursions permettent de se rallier Douz, Matmata ou Tataouine sans danger. D’ailleurs, des voyagistes français tels que La Balaguère ou Nouvelles Frontières continuent d’y envoyer des touristes… qui sont attendus les bras ouverts par la population pour qui l’apport du tourisme est vital ! Voici 3 propositions de séjours ou de circuits dans le sud tunisien, mêlant marche, découvertes culturelles et bien-être, qui devraient vous inciter à ne pas vous priver de désert…

Ksar Guilane : le campement de rêve

Ksar Guilane est l’oasis tunisienne la plus au sud. Ce n’est pas une porte du désert, vous y êtes vraiment ! Cette petite palmeraie est un véritable miracle au milieu des dunes du Grand Erg, car la nature y fait sourdre une source chaude d’eau thermale, dans laquelle c’est un bonheur de se baigner : 35°C, c’est rafraîchissant quand il fait 45°C sous le soleil du Sahara ! Le campement Yadis récemment rénové contribue à rendre le séjour vraiment magique : de vastes tentes berbère en toile de lin, climatisées, disposant d’une salle de bains, sont disséminées en étoile autour d’une grande piscine sous les palmiers. Aux heures les moins chaudes de la journée, on peut se promener en liberté dans les dunes alentours, ou bien faire une sortie en quad, avec lesquels on accède aux petits villages ocres, qui se fondent dans l’immensité du désert. Même si ce n’est pas très écologique, ce moyen de locomotion procure des émotions très fortes, pas seulement liées à la vitesse ou au plaisir de glisser dans le sable, mais surtout dues au sentiment d’intense liberté que l’on éprouve à se faufiler entre les dunes, et à la surprise quasi miraculeuse de rencontrer des bédouins comme surgis de nulle part, qui vous amènent dans leur tente ou leur maison en pierre pour boire du thé à la menthe… Au retour, épuisé d’avoir marché dans du sable aussi fin que de la farine, un petit massage au hammam fait un bien fou, il est temps d’aller dîner autour du feu, sous les étoiles…

 

A pieds entre Djerba et Douz : la Tunisie authentique

Marcher dans les sables et les montagnes du sud tunisien, en logeant sous tente ou chez l’habitant, c’est l’unique façon de découvrir le mode de vie étonnant de ces populations au rythme de vie et aux coutumes ancestrales. Les paysages traversés sont splendides, que ce soit le site troglodytique de Matmata, aux maisons enterrées ; le village perché de Chenini, dont il faut visiter le ksar Hadada aux chambres en alvéoles qui ont servi de décor à quelques scènes de Star Wars ; les étonnants ghorfas (greniers à grains) de ksar Hallouf ; ou les maisons troglodytiques du ksar de Douiret, dont les murs couleur de sable le rendent quasi invisible dans ces étendues quasi-désertiques, si ce n’était sa mosquée, d’un blanc éblouissant…

 

A part Tozeur (plus au nord), c’est depuis Douz que partent la plupart des méharée du sud tunisien. Avant d’aller à la rencontre des chameliers, il faut faire un tour au marché de Douz, très pittoresque avec ces gros sacs blancs remplis d’épices et de fruits secs, ces étalages de poteries colorées, et sa foire aux moutons et aux ânes… A la sortie de la ville, l’arrêt dans une palmeraie de dattes s’impose, pour discuter avec les paysans, et goûter aux dattes fraîches. Quant à la méharée, c’est une aventure inoubliable où l’on s’émerveille des paysages de dunes à l’infini sculptées par le vent, de la science des chameliers qui s’orientent sans boussole et qui tirent le maximum de ce que peut leur offrir le désert, et des petits plaisirs quotidiens (une gorgée d’eau, un pan d’ombre, une datte, un matelas en mousse, un morceau de pain chaud cuit dans la braise…) qui prennent dans cet environnement austère des proportions inimaginables…  Sur l’échelle du bonheur vécu, le bivouac autour du feu sous le ciel étoilé atteint les derniers échelons : comment peut-on se sentir si bien, être si heureux sans aucune arrière-pensée en étant sale (pas de douche dans le désert…), en avalant un couscous aux grains de sable, la face brûlée par le feu, et le dos gelé par le froid du désert, et en écoutant la chanson d’un chamelier édenté frappant sur un seau en plastique renversé ? On ne peut pas l’expliquer, il faut le vivre pour y croire, c’est la magie du désert…

 

Séjour bien-être à Djerba : l’escapade thalasso

L’île de Djerba, dont les rivages sont assez défigurés par les complexes touristiques qui se serrent devant les plus belles plages, peut justifier un court séjour. Principalement en raison de son offre thalasso pléthorique. Presque tous les hôtels proposent une formule bien-être, allant du simple hammam à l’hygiène douteuse, au spa de luxe suréquipé. Parmi les bonnes adresses, le Yadis Djerba (4*) est un superbe hôtel blanc immaculé dont le spa jouit d’une excellente réputation. Au programme : alternance de soins, de bains de mer, de bains en piscine… Quant au bain de foule, vous n’y échapperez pas non plus, lorsque vous ferez vos dernières emplettes au souk d’Houmt Souk !

Le pain cuit dans la braise

C’est un rituel, un moment privilégié dans toute méharée. Le matin, à une heure où les voyageurs dorment encore, les chameliers font un feu de bois (oui, il y a du bois mort dans le désert ! En tout cas autour de Douz…) et l’un d’eux prépare du pain. Une large jatte, un peu de sel, de l’eau, de la farine, et de l’huile de coude. Au bout de 10 minutes, une boule est formée, aplatie, et déposée sur un lit de braises et de cendres chaudes. Recouvert d’un tissu lourd, le pain cuit un bon quart d’heure, et ses effluves appétissantes tirent les randonneurs de leurs tentes. Une fois cuit, le pain est frotté et fouetté par le tissu et un rameau broussailleux, pour enlever les grains de sable. Avec un peu de confiture et un verre de thé ou de café chaud, c’est le meilleur des gâteaux !

En Jamaïque, les Caraïbes version reggae

La Jamaïque, « terre des forêts et des rivières », a deux visages : l’un dans l’intérieur montagneux, authentique et mystique, l’autre sur ses plages, avenant et commercial… Ce qui les réunit, c’est la douceur de vivre, et la passion pour le reggae et la ganja !

La liaison aérienne directe depuis Paris arrivant au nord de l’île, à Montego Bay, il est plus pratique, pour s’éviter de longues heures de bus, de poser ses valises sur la côte nord, de Montego Bay à Ocho Rios, voir un peu plus à l’ouest, à Negril. Cela tombe bien, c’est là que se trouvent les plus belles plages ! Kingston, la capitale, et la côte sud sont trop éloignés des principaux sites touristiques, et vous pouvez très bien en faire l’impasse sans rater grand-chose. En ce qui concerne l’hôtellerie, méfiez-vous des immenses resorts « all-inclusive »  pour la clientèle américaine, ce sont des usines à rêve aseptisées, sans âme, sans charme, qui ôtent tout le sel d’un séjour jamaïcain, s’il se réduit à manger et boire à satiété, et à voir défiler des groupes de musiciens formatés et blasés… Préférez les petites unités, ou les hôtels-clubs francophones qu’on trouve un peu partout dan l’île.

La Jamaïque est aussi une destination croisière. Plusieurs fois par semaine, d’immenses contingents de touristes américains débarquent le matin à Ocho Rios ou Montego Bay et se ruent en autocar vers les principaux sites touristiques qui sont pris d’assaut. C’est pourquoi il faut éviter d’aller le matin aux chutes de la Dunn’s River, le spot incontournable de la Jamaïque. L’excursion idéale consiste à se rendre d’abord à Nine Miles, le village natal de Bob Marley. Ici, la population voue un véritable culte au chanteur de reggae, d’autant que la manne touristique fait vivre tout le village depuis sa mort… Même si elle n’a rien de spontanée, cette visite est touchante, car le guide en dread-locks, au look rasta, qui a forcément connu le chanteur ou l’un de ses proches, raconte des anecdotes, et prend plaisir à chanter quelques-uns de ses tubes planétaires…

L’après-midi, les chutes d’eau sont un peu moins fréquentées, et c’est tant mieux, car vous allez les remonter à pieds ! Chaussés de semelles antidérapantes louées sur place, vous suivrez votre guide depuis la plage où se jette la rivière Dunn, à travers les rochers et les cataractes, pour remonter progressivement les chutes. Certains se donnent la main, d’autres pas… La pente assez faible permet de progresser facilement, et l’on se retrouve vite entouré de jungle, à glisser sur des toboggans naturels dans des vasques d’eau rafraîchissante ! Un escalier suit le parcours pour ceux qui ne veulent pas se mouiller, ou qui préfèrent prendre des photos…

JAMAÏQUE
JAMAÏQUE Dunn’s River Falls Les touristes remontent les chutes à pieds

L’autre excursion à ne pas manquer consiste à se rendre vers les Blue Mountain, la plus haute chaîne montagneuse de l’île aux splendides paysages verdoyants. Là, vous visiterez une plantation de café, qui produit l’un des meilleurs arabicas au monde, et vous déjeunerez au Strawberry Hills, un superbe hôtel de style victorien, appartenant à Chris Blackwell, producteur notamment de Bob Marley, dont vous pourrez voir les disques d’or…

Pratique

Y aller : de décembre à mars, Look Voyages affrète un vol hebdomadaire XL Airways de Paris à Montego Bay (9h de vol), destiné aux clients des hôtels revendus par le voyagiste. Le prix est donc inclus dans le prix du forfait des séjours. Autre solution : prendre British Airways et passer par Londres ou Miami. Mais cela rallonge le temps de vol, et le tarif, pas inférieur à 1000 €.

Se loger :

Lookea Jamaïca 3*, à Runaway Bay : agréables et vastes bungalows répartis dans un jardin luxuriant, sur une jolie plage de sable ombragée de cocotiers. Clientèle internationale, mais animation française ! http://www.look-voyages.fr

L’hôtel Sans Souci 4* :  à 10 mn d’Ocho Rios, un hôtel de 150 suites donnant toutes sur l’océan. Il a la particularité de posséder une piscine d’eau minérale, issue d’une grotte à proximité. Les hédonistes pourront se ressourcer en pratiquant le Pilates, la méditation ou le yoga au pavillon de fitness proposant également un salon manucure et pédicure, un salon de massage devant la mer, réflexologie…

Se restaurer : chez « Scotchies » à St-Ann’s Bay, une gargote réputée pour ses viandes marinées dans une sauce jamaïcaine, le jerk, et fumées au bois de piment. Un régal pour 3 € la part ! En coupe-faim, testez les chaussons fourrés au fromage ou à la viande épicée de chez Juicy Patties, une chaîne fast-food locale. Et pour manger comme un vrai rasta, allez au restaurant I Tal (végétarien) « Reggae Pot Rastarant » d’Ocho Rios, où Deano Wynter vous fera découvrir sa cuisine simple et goûteuse pour quelques dollars…

Que ramener : des colliers de coquillages, du café Blue Mountain, du rhum ambré Appleton, et toutes sortes de souvenirs dérivés du thème rasta : tee-shirts, chapeaux, sculptures… Quant à la ganja, elle se consomme sur place !

 

 

 

Escapades berbères au Maroc

Aux portes de Marrakech et au pied des montagnes du Haut-Atlas, voici deux adresses idéales pour découvrir un Maroc nature et authentique. 

 

Terres d’Amanar : une réserve naturelle d’énergie

A 30 km au sud de Marrakech, Terres d’Amanar est un éco-lodge alliant sport et tourisme durable. Vous pourrez ainsi pratiquer vos activités favorites (rando’, VTT, raft, tir à l’arc, volley…) dans le cadre somptueux du parc national du Toubkal, en étant entourés par du personnel marocain, la plupart habitant dans les douars (villages) entourant la propriété. Ici, pas de GO bronzé qui invite à danser la lambada, vos guides vous inviteront plutôt à prendre le thé dans leur famille, au village ; pas de buffet international, vous mangerez des couscous, tajines et salades préparées par des femmes berbères ; et pas de bungalow climatisé et aseptisé : vous dormirez dans des tentes ou des lodges simples, construits avec des matériaux locaux (terre, bois…), pleins de charme et dont le mobilier est fait sur place par un menuisier du douar voisin. Et à côté des sports classiques, vous pourrez essayer de pratiquer des activités plus originales et amusantes, telles que bowling berbère, ou le polo à dos d’âne… Le point fort du site, c’est d’abriter dans une forêt de pins d’Alep plusieurs parcours d’accrobranche. Equipés d’un harnais, vous pourrez tenter le grand frisson en vous laissant glisser sur des tyroliennes, dont la plus longue d’Afrique (320 m) ! Et le soir, vous vous reposerez sur la terrasse devant un braséro en savourant un thé à la menthe, et vous admirerez le panorama sur les sommets enneigés du Haut-Atlas, en écoutant les chants joyeux du personnel au repos, utilisant des seaux renversés en guise de tam-tam…

 www.terresdamanar.com

 

Terres M’Barka : le bien-être à la marocaine

A seulement 20 km de l’agitation, des klaxons et de la poussière de Marrakech, il existe une petite oliveraie isolée aux portes d’un désert minéral. De cette oliveraie, émergent les terrasses d’une grande demeure ocre, tel un douar traditionnel. Sur l’une de ces terrasses, un couple se prélasse sur de blancs sofas, sous la douce caresse des rayons du soleil couchant… Ce couple, ce peut être vous, car cette belle demeure est un hôtel 5*, une sorte de riad en pleine campagne, où tout n’est que charme, harmonie et volupté. Autour du patio central, vous aurez vite fait de repérer l’entrée discrète du spa, où Samira et Bahia sauront prendre soin de votre corps. Hammam, gommage, massages aux huiles orientales, vous reposeront de vos excursions. En effet, on vous proposera de découvrir la région en 4×4 ou à cheval (Terres M’Barka a sa propre écurie), de faire du quad, du golf, de la montgolfière… Côté saveurs, le chef vous préparera le meilleur de la gastronomie française ou marocaine, en utilisant les produits bio de la ferme attenante, qui propose aussi de belles villas à louer. Fatiha, la gouvernante de cette ferme, pourra vous donner des cours de cuisine afin que vous puissiez, de retour chez vous, préparer les tajines savamment épicés, ou le couscous royal dont vous vous serez régalés ici !

http://les-terres-mbarka-hotel-marrakech.hotelsmarrakech.net/fr/

 

 

Les nuits rouges de Marrakech

Avant de reprendre l’avion, réservez une journée ou deux à Marrakech. Pour voir ou revoir les incontournables de la ville impériale, bien sûr, tel que le jardin Majorelle, somptueux jardin aux mille essences qu’aimait tant Yves-Saint-Laurent, et la médina (classée au patrimoine mondial de l’Unesco), avec ses superbes mosquées et medersas. Pour passer du temps à chiner dans les souks, que ce soit pour ramener des étoffes, des épices, ou de l’artisanat pour lequel Marrakech est devenu à la pointe du chic… Enfin pour vivre une nuit marrakchi, une nuit rouge comme les murs de la ville, rouge comme le feu de la braise des vendeurs ambulants ou comme les flambeaux des jongleurs de la place Jemaa El Fna, rouge comme l’harissa qui parfumera votre couscous, rouge comme le visage de ces danseuses du ventre qui égaieront votre repas, rouge enfin comme les pétales de rose qui couvriront le lit dans la chambre de conte de fée de votre riad…

Y aller : avec Transavia, depuis Orly Sud. Réservation : www.transavia.com

 

Rodrigues, une île qui a du coeur

 

A l’ombre de l’île Maurice, la Cendrillon des Mascareignes dévoile ses beautés naturelles et offre son cœur à tous ses visiteurs. Une perle de l’Océan Indien à découvrir sans plus tarder !

 

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Tout commence par un voyage à l’île Maurice. Comme escale, on connaît pire. En effet, pour accéder à Rodrigues, il faut d’abord se poser sur l’ancienne Isle de France, ce paradis tropical ayant servi de cadre à l’idylle de Paul et Virginie. Ce serait dommage de ne pas y passer quelques jours, histoire de se reposer du voyage (11 h de vol), et de profiter des hôtels qui se répartissent sur les plages de l’île, toutes plus belles les unes que les autres. A Maurice, même s’il existe des excursions permettant de découvrir l’intérieur montagneux de l’île, vous serez irrésistiblement aimantés par ce lagon si beau, si chaud, si clair… qu’on resterait toute la journée dans ses eaux vert émeraude. Les clubs nautiques des hôtels ont l’équipement permettant d’évoluer sur ce lagon : kayak, planche à voile, petits voiliers, ski nautique, scooter des mers… Si vous faites la mini-croisière qui mène en catamaran à l’île aux Cerfs, vous pourrez même faire du parachute ascensionnel, et voir du ciel cette langue de sable paradisiaque qui cache un golf derrière ses filaos.

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Rodrigues, as-tu du cœur ?

Si vous avez aimé Maurice, vous adorerez Rodrigues. C’est l’une des dépendances de la République mauricienne, située à 650 km au nord-est de l’île Maurice. Au bout d’1 h 30 d’avion, regardez par les hublots : il ne s’agirait pas de manquer la vue spectaculaire de cette petite île volcanique sertie dans le plus grand lagon fermé du monde. C’est une sorte de piscine géante qui fait deux fois la superficie de l’île (200 km²), et sa faible profondeur lui confère d’extraordinaires teintes émeraude ou turquoise, contrastant avec le bleu marine plus intense de l’Océan Indien. La Nature a un talent de peintre coloriste inégalé… Rodrigues, c’est Maurice il y a trente ans. C’est-à-dire un petit paradis sous les tropiques, où le touriste est encore rare. Tout est authentique, couleur locale, et les voyageurs ne sont pas considérés comme de potentielles sources de devises… C’est peu de dire que l’accueil est chaleureux dans les petites pensions de famille ou les chambres d’hôtes du centre de l’île. Les gens vous reçoivent comme des amis chers, et se plieraient en quatre pour vous être agréable. Idem dans les hôtels : c’est service VIP pour tout le monde ! Est-ce pour le bon cœur des Rodriguais, presque tous catholiques, que Jean-Paul II est venu dire une messe en 1989, sur cette petite île perdue dans l’Océan Indien ?

 

Une destination pimentée qui a le vent en poulpe  

Il faut donc aller à la rencontre de la population (à peine 40 000 insulaires), en se promenant dans l’intérieur de l’île, à pieds, en voiture (attention, on roule à gauche, du fait du passé colonial anglais de Maurice), ou en autobus. Tout le monde parle français, et le Rodriguais, naturellement affable et curieux, n’hésite pas à aller vers le voyageur, pour savoir d’où il vient, et s’il a besoin d’aide. En premier lieu, vous visiterez la capitale Port-Mathurin, un port animé le matin par son petit marché, mais qui s’endort dès les heures chaudes de la journée, pour se réveiller un peu le soir, à la sortie des bureaux. Avec ses vieilles échoppes en bois, ses commerces bariolés de couleurs vives, et ses maisons coloniales, ce port distille le charme particulier aux îles créoles, un mélange de simplicité, de vitalité et de nostalgie. « Il y a ici une impression de lenteur, d’éloignement, d’étrangeté au monde des hommes ordinaires qui fait penser à l’éternité, à l’infini » écrit Jean-Marie Le Clézio dans Le Voyage à Rodrigues. D’ailleurs, un dicton local dit qu’à Rodrigues, « on y va doucement le matin, pas trop vite l’après-midi, et tranquillement le soir » ! Ce qui n’empêche pas le commerce et l’artisanat. A certains coins de rue, des femmes installent de petits stands sur lesquels elles vendent l’une des spécialités de l’île : le piment. Ou plutôt les piments : piments verts, rouges, entiers, en purée, au limon (citron vert), au coco, à la mangue, aux ourites… Les ourites (prononcez zourites), ce sont des poulpes, qui pullulent dans le lagon. A marée basse, on peut les pêcher à pieds, ce qui en fait une activité réservée aux femmes, les hommes préférant pêcher en pirogue. Avec leur grand chapeau en paille vissé sur la tête, les piqueuses passent des heures à arpenter le plateau corallien à la recherche de ce délicieux mollusque céphalopode, qui est consommé de moultes manières : frais, séché ou boucané, en salade, en curry ou en civet… Vous y goûterez forcément dans l’un des petits restaurants ou tables d’hôtes de l’île. N’hésitez pas à vous renseigner sur les fêtes en cours ou à venir, auxquelles vous serez toujours les bienvenus. Ici, tout le monde chante, joue d’un instrument ou danse, et l’on dénombre dans ce petit bout d’île une quarantaine de groupes folkloriques, qui se produisent dans les hôtels, les discothèques ou les kermesses. C’est l’occasion de voir danser le séga, mais aussi le quadrille, laval (la valse) ou le kotis (scottish), en écoutant de vieilles romances françaises accompagnées à l’accordéon diatonique. En effet, l’accordéon règne en maître à Rodrigues, depuis que des colons bretons y ont apporté au XIXe siècle instruments, chansons et mélodies !

 

Des plages de rêve intactes

Composées de fines poussières de corail, les plages de Rodrigues forment un éblouissant tapis blanc immaculé, ourlé de l’écume laissé par les vaguelettes… On vous proposera certainement de vous emmener sur l’île aux Cocos, une langue de sable corallien à l’intérieur du lagon, servant de refuge aux oiseaux marins. La balade en mer est agréable, mais vous trouverez d’aussi belles plages sur la côte Est de l’île. L’accès à ces magnifiques criques désertes se mérite : il faut marcher une demi-heure pour y accéder. Mais une fois installé dans ces alcôves idylliques, protégé du vent et des regards par des coulées de roches noires basaltiques, on ne veut plus en partir ! D’autant qu’une légende prétend qu’un pirate aurait dissimulé son trésor dans une grotte sous-marine creusée près du bord dans le récif de corail… Voilà de quoi donner envie de faire de la plongée ! Cela tombe bien, Rodrigues est réputée pour avoir un récif corallien presque vierge, abritant une faune et une flore sous-marine d’une richesse exceptionnelle. Trois clubs de plongée se partagent les meilleurs spots du lagon, qui font le bonheur de tous les amateurs de petits poissons (et même des gros) et de coraux multicolores. Le responsable du club de plongée du Cotton Bay affirme qu’on a dénombré à Rodrigues 273 espèces de coraux sur les 315 existants sur la planète, et qu’il se fait fort de faire évoluer les débutants au milieu des carangues, mérous et tortues, et autres poissons exotiques vivement colorés : poissons chirurgien, lune, perroquet, trompette… Flottant en apesanteur dans ce merveilleux monde sous-marin, on finit par oublier l’équipement de plongée, et l’on se sent heureux dans ce chaud lagon, comme un bébé dans le ventre de sa mère…

Pratique

Y aller

Pour aller à l’île Maurice, voler avec Air Mauritius, Air France, ou Corsair. Le vol Maurice/Rodrigues coûte environ 200 €.

Se loger

Familial : à l’Auberge de la Montagne, à Rodrigues, Françoise et Laval Baptiste vous réserveront un accueil chaleureux au sein de leur famille. Tél : 831 46 07

Pour l’accueil : le Cotton Bay (3*) est l’un des meilleurs hôtels de l’île, avec un accueil et un service attentionné. Belle plage et club de plongée.  www.cottonbayresortandspa.com

 

Sur place : A Rodrigues, il est possible de trouver des bungalows à louer ou des chambres d’hôtes, à partir de 15 €/j/pers.

A savoir

Meilleure saison : pour la plongée, de novembre à avril

Décalage horaire : + 3 h en hiver

Téléphone : 00 + 230 + N° local

A lire : le Guide du Routard « Ile Maurice et Rodrigues » (Hachette)

Office du Tourisme de l’île Maurice : 01 53 43 53 37

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Sao Tomé, l’île chocolat

Posée sur la ligne de l’équateur au large des côtes gabonaises, cette petite île produit l’un des meilleurs crus de cacao du monde. Très peu touristique, c’est une destination authentique qui ravira les amateurs de rencontres et de découvertes.  

 

 

Bien qu’il soit six heures du matin, c’est une chaleur humide qui vous cueille à la sortie de l’avion. Sur le chemin qui mène à votre hôtel, le chauffeur vous explique ce qu’il faut savoir à propos du climat : « Ici, il fait très chaud, tout le temps, et il pleut presque tous les jours ! La capitale se trouve au nord, la partie la moins arrosée de l’île. Mais au sud et dans l’intérieur, les risques de pluies augmentent. Ce sont parfois de grosses averses qui ne durent pas longtemps, mais si elles vous surprennent, vous pourrez toujours vous abriter sous une feuille de bananier ou une oreille d’éléphant, c’est le parapluie local ! » plaisante-t-il en montrant sur le bord de la route une plante aux feuilles gigantesques. Côté végétation, vous n’êtes pas au bout de vos surprises… Après avoir pris un peu de repos à votre hôtel, faites un tour en ville. Bâtie autour d’une jolie baie, Sao Tomé n’est pas bien grande et se visite à pieds. Sans aucun danger. C’est l’un des points positifs de la destination : ici, on se sent en sécurité partout, même la nuit. La population est  accueillante, surtout si l’on se fend d’un « Bom dia » avec le sourire. Le portugais est la langue officielle, l’île étant lusophone. Prendre les gens en photo ne pose généralement pas de problème, si l’on demande l’autorisation. Mais au marché, les femmes sont parfois moins conciliantes ! Sauf si on leur achète un petit tas de fruits tropicaux qu’elles présentent en pyramides, à même le sol sur un sac en plastique… Il faut dire que la population est très pauvre : le budget de l’Etat est inférieur à celui d’un club moyen de football professionnel en Europe ! Cette pauvreté se lit sur les façades décrépites des maisons, et c’est bien dommage, car l’architecture coloniale a laissé de belles demeures patriciennes à colonnades et cariatides, des bâtisses au balcon en bois, et quelques façades recouvertes d’azulejos. Efficace cache-misère, les maisons du centre-ville sont repeintes de couleurs gaies (comme le Palais présidentiel, rose bonbon), et les artistes locaux ornent les murs de fresques aux couleurs éclatantes. Suivez la Marginal (l’avenue épousant la baie) jusqu’au quartier résidentiel où se trouve les plus belles villas. Tout au bout se trouve une forteresse abritant le seul musée de l’île (intéressant si l’on comprend le portugais), devant laquelle des jeunes s’exercent parfois à la capoeira, fascinante danse acrobatique mimant un combat. Ne manquez pas le marché aux poissons : il se trouve sur la plage, au milieu de la baie, là où viennent accoster les petits bateaux de pêche. A chaque arrivée, des femmes se disputent la marée dans une joyeuse mêlée, et le poisson est vendu sur le champ, c’est-à-dire sur le sable, dans des bassines en plastique. Difficile de trouver plus frais ! Ce sont ces mérous, capitaines, espadons, thons, poissons rouges ou volants, que vous dégusterez dans les restaurants de la ville, grillés sur la braise et nappés d’une délicieuse sauce au citron vert.

L’avantage d’une petite île (Sao Tomé est 10 fois plus petite que la Corse), est qu’on peut la découvrir sous forme d’excursions, en revenant dormir chaque soir à son hôtel. Cependant, ne vous fiez pas aux distances : il faut environ trois heures pour effectuer les 80 km séparant la pointe sud de l’île à la capitale. La faute au réseau routier (les poules ont l’embarras du choix pour y faire leurs nids), à l’étroitesse des routes envahies par une végétation exubérante, et aux taxis jaunes poussifs difficiles à doubler. Les cases sur pilotis étant toutes construites le long des routes, il faut en plus se méfier des traversées intempestives d’enfants, de poules ou de cochons… Quant aux chiens faméliques, ils ne se donnent même pas la peine de bouger lorsqu’une voiture arrive ! Sachant de plus que les panneaux indicatifs de direction, comme l’éclairage des routes, brillent par leur absence, il est vivement conseillé de laisser le volant à un chauffeur-guide…

L’excursion « café et cacao » est incontournable, à Sao Tomé. Elle permet de découvrir le nord de l’île en visitant des roças, ces plantations de cacao ou de café héritées de la colonisation portugaise. Si la culture du café nous est familière, celle des fèves de cacao l’est beaucoup moins. Qui a déjà vu un cacaoyer, ce petit arbre sur lequel poussent d’étranges cabosses jaunes oblongues, qui une fois ouvertes, recèles les fèves de cacao ? En visitant certaines roças, comme Agostinho Neto, Diego Vaz, Agua Izé ou Santo Amaro, vous assisterez à la fermentation des fèves et à leur séchage sur de grandes claies en bois. Le processus s’arrête là, les sacs de fèves s’exportent en Europe, où elles sont transformées en chocolat. N’hésitez pas à sucer les fèves fraîches car elles sont enrobées d’un mucilage blanc doucereux : c’est le bonbon local ! Depuis l’indépendance de Sao Tomé-et-Principe (une île voisine plus petite) en 1975, l’état des roças n’a cessé de se dégrader. Le style colonial majestueux des bâtiments, même s’ils sont vétustes, laisse imaginer le faste de ces plantations à leur apogée, qui contraste vivement avec l’indigence des logements ouvriers. A l’extrême nord, c’est la savane arbustive qui domine. La côte rocheuse s’ourle de belles plages de sable blond, bordées de tamariniers, de baobabs ou de cocotiers, sur lesquelles viennent pondre les tortues marines. Au lagon Bleu, magnifique crique frangée de roches basaltiques, offrant une eau à la fois bleue et cristalline, vous vous baignerez avec pour seul témoin un énorme baobab. C’est un autre atout de Sao-Tomé : sa faible fréquentation touristique rend ses plages sauvages et désertes. Il ne reste plus beaucoup d’endroits au monde comme cela !

Pour la journée « botanique et randonnée », l’excursion a le goût de l’aventure. D’abord, la piste qui mène à Bom Sucesso, point de départ de la randonnée, est glissante, semée de rochers et d’embûches, quand elle n’est pas coupée par un arbre ou une coulée de boue. Il faut dire que c’est très humide, là-haut. Comme le dit le guide, « on va faire la course avec la pluie » tant il est entendu qu’à la mi-journée, le risque de pluie est important. Il n’y a pas de secret, c’est pour cela que la végétation est si verte, si envahissante, si démesurée… En témoigne ce fromager, dont la cime se perd dans la brume, et dont les contreforts de ses racines sont plus hauts qu’un homme ! Même les plantes connues vous surprendront, tels ces bégonias géants qui dépassent trois mètres ! Après une heure de marche, on arrive au lac Amélia, but de la randonnée, mais on ne le voit pas : cet ancien cratère rempli d’eau douce est recouvert d’une épaisse couche d’herbes aquatiques, qui lui donne l’apparence d’une clairière. Quelques cris de singe semblent prévenir du danger :  il faut savoir où poser les pieds, sinon on tombe dedans ! A la suite du guide, vous avancerez sur un matelas spongieux, sur quelques mètres seulement pour ne pas perturber cet étonnant écosystème. Oui, vous marchez sur l’eau ! Ceux qui ne désirent pas randonner dans la jungle, peuvent rester à Bom Sucesso et visiter le jardin botanique pour voir de près les orchidées, les fougères arborescentes et les plantes endémiques à Sao Tomé, tels ces étonnants gingembres géants dont la pomme florale rouge s’entrouvre pour laisser s’épanouir une belle fleur jaune. Ne manquez pas de passer par la cascade Sao Nicolau, autour de laquelle pullulent les framboises sauvages, et par la roça Bombaïm. Cette plantation de café perdue dans la nature est le seul endroit de l’île où poussent les mangoustaniers, arbres donnant des fruits mauves à la saveur très fine. La maison de maître en bois propose des chambres très rustiques, humides et sans eau chaude, mais ce côté très « roots » a le charme d’une expérience authentique, et cette nuit passée dans la jungle vous laissera de toutes façons un souvenir impérissable…

Mais si vous ne deviez faire qu’une seule excursion, choisissez la journée dans le Sud. La route côtière donne à voir toutes sortes de plantations, à café, à cacao, à ananas, palmeraie, cocoteraie… fréquentées par d’innombrables oiseaux. Elle traverse des rivières, sur des ponts ou sur des gués, où les femmes lavent toujours leur linge le matin. Elle longe des plages sublimes, des villages de pêcheurs et de belles roças. Celle d’Agua Ize vend de superbes bouquets de fleurs tropicales, telle que la rose de porcelaine ou le très coloré bec de perroquet. A Sao Joao dos Angolares, la roça abrite une pousada où l’on déjeune très bien, et qui sert de galerie d’exposition pour les artistes locaux. A l’extrême sud, la roça de Porto Alegre est à l’abandon, mais son allée de palmiers royaux a encore fière allure. C’est là que vous trouverez les plus belles plages de l’île, où sable, mer et cocotiers s’harmonisent pour donner l’image parfaite de la plage de rêve. Mais il y a encore mieux. Depuis Ponta Baleia, prenez le bateau-navette qui mène en vingt minutes à Rolas, l’île aux Tourterelles. Cet îlot planté d’une cocoteraie abrite un hôtel moyen de gamme qui propose des forfaits de pêche au gros et de plongée sous-marine. On peut y rester quelques heures, mais c’est mieux d’y passer au moins une nuit. Pour jouer à Robinson et profiter au coucher de soleil de ses plages paradisiaques. Dans leur écrin de basalte, la mer couleur émeraude efface vos traces de pas sur le sable à la blancheur éclatante, rendant à chaque vague leur beauté virginale à ces plages d’île du bout du monde… Avant de quitter Rolas, allez voir la borne marquant l’endroit exact où passe l’Equateur. Non, vous n’êtes pas au bout du monde : un pied dans chaque hémisphère, vous êtes dans un petit paradis, situé juste au milieu du monde !

 

 

Pratique 

Y aller : La TAP (0 820 319 320) propose vols hebdomadaires, à partir de 800 €, en passant par Lisbonne.

Forfaits : le voyagiste Mistral Voyages (04 91 54 73 71), basé à Marseille, est le seul à être présent en Europe et à Sao Tomé. Son point fort : une équipe sur place dynamique et efficace, avec des guides parlant français. Parmi ses nombreux forfaits, son circuit « Charmes et Saveurs » permet de découvrir l’essentiel de Sao Tomé, pour 2250 €, en chambre double. Ce prix inclut le transport aérien, les transferts, l’hébergement en 1/2 pension, les excursions avec chauffeur-guide, et l’assurance Europ Assistance. L’autotour en liberté, comprenant le transport aérien, l’hébergement en B&B et le véhicule, est proposé à partir de 1750 €.

Les bonnes adresses

  • Le Club Santana : une trentaine de bungalows climatisés répartis dans un superbe jardin, en surplomb d’une belle plage. Le restaurant, à la cuisine raffinée, est l’un des meilleurs de l’île ! Seul inconvénient : il se situe à 20 minutes en voiture du centre-ville. Compter environ 180 € la nuit pour 2 pers. en 1/2 pension. Tél. : 222 20 23
  • Pousada de Sao Joao : chambres simples avec salle de bains commune, tenue par des artistes. L’excellente table d’hôtes permet de déguster de savoureux produits locaux (langoustes, huîtres de mangrove, tarot, fruit à pain, jus de coco…). Compter 48 € la chambre avec petit déjeuner, et 20 € pour le repas. Tél. : 226 11 40
  • Pirata : restaurant situé Estrada de Pantufo. Avec sa terrasse au bord de la mer, on ne s’étonnera pas d’y déguster de merveilleux poissons grillés. Happy hour dansant le vendredi soir à 18 h. Prix d’un repas : environ 15 €. Tél. : 990 50 29
  • Les écolodges Mucumbli au Nord et Praia Inhame à l’extrême Sud proposent des bungalows confortables dans des sites exceptionnels.

A savoir

Formalités : visa de 20 € pouvant être obtenu au Consulat de Sao Tomé et Principe à Marseille (04 91 37 58 02), ou à Paris (01 41 10 08 54). Passeport valable plus de six mois après la date du retour. Mais, les ressortissants de l’Union Européenne (et de certains autres pays) sont dispensés de visa pour des séjours d’une durée inférieure à 15 jours.

Santé : prévoir un traitement préventif anti-paludéen, se munir de répulsif anti-moustique, et boire l’eau en bouteille.

Devise : la monnaie est le Dobra (1 euro = 24500 Dbs). Se munir d’euros pour faire le change sur place (pas de distributeurs).

Téléphone : depuis la France, composer le 00 239 + 7 chiffres

A lire : « Sao-Tomé et Principe, les îles du milieu du monde », de Dominique Gallet, Editions Karthala

Un circuit en Sarthe

Des rives du Loir aux Alpes mancelles, en passant par Le Mans, voici un itinéraire au pays des rillettes et des bonnes volailles, à faire en famille, alternant découvertes culturelles et plaisirs gastronomiques.

 

MAYENNE Sainte-Suzanne

 

Qu’il est agréable de pouvoir stationner dans une grande ville, gratuitement, à proximité immédiate du centre ! Pour Le Mans, c’est au pied de l’enceinte romaine la mieux conservée d’Europe (avec Rome et Constantinople, excusez du peu), et à quelques volées d’escaliers de la Cité Plantagenêt, le joyau de la ville, un secteur médiéval incroyablement bien conservé. Un quartier entier de ruelles pavées habitées de maisons à pans de bois et d’hôtels Renaissance, recréant si parfaitement l’ambiance du Moyen Âge que de nombreux films historiques y ont été tournés : Cyrano de Bergerac, Le Bossu, Molière… Passez d’abord dans une annexe de l’office du tourisme, située dans une superbe maison à pans de bois, dite du Pilier Rouge (au 41 Grand’ Rue). On vous remettra des documents propres à faciliter votre visite. En plus des circuits de visite classiques, vous pourrez aiguiser votre perspicacité en répondant aux questions d’une chasse au trésor qui vous fera voir la cité d’un autre œil. C’est comme la cathédrale St-Julien, l’une des plus belles de France, qui veille depuis des siècles sur la Cité : on la trouve déjà belle quand on la visite seul, mais avec un guide, elle devient fabuleuse ! Après avoir rappelé le contraste existant entre l’élégance gothique du chœur (le monde du verre) et l’austère solidité romane de la nef (le monde de la pierre), il nous a montré les erreurs de chantier de l’époque, et nous a aidé à « lire » les vitraux de cette « cathédrale de lumière ». Même sans guide, n’oubliez pas de passer derrière le chœur pour aller admirer les peintures de la chapelle de la Vierge : sur les voûtes, planent des anges musiciens jouant d’instruments médiévaux… La visite de ce quartier si attachant peut être complétée par le musée archéologique du Carré Plantagenêt, qui conte l’histoire de la ville et des environs, depuis l’époque préhistorique jusqu’au 15ème siècle. Après avoir beaucoup entendu parler de Bérengère de Navarre, reine d’Angleterre mariée à Richard Cœur de Lion, vous pourrez voir son gisant dans l’abbaye de l’Epau, qu’elle a fondée en 1229 après la mort du roi. Située à Yvré-l’Evêque, à l’Est du Mans, cette abbaye cistercienne, dont le cloître a disparu, est un peu vide. Mais elle est située à l’orée d’un magnifique espace naturel, l’Arche de la Nature, dans lequel vous ferez de très jolies balades. A pieds ou à vélo, parcourez cette grande forêt percée de clairières et de plans d’eau, bien aménagée, à la découverte, par exemple, des arbres remarquables répertoriés, ou bien des animaux de la Ferme de la Prairie. Retour au point de départ en longeant les bords de l’Huisne, rivière très poissonneuse si l’on en juge par la présence de nombreux pêcheurs.

 

Le Loir, pas la Loire

Avant d’atteindre les bords du Loir, arrêtez-vous au Jardin du Petit Bordeaux, à Biez-en-Belin (à l’ouest d’Ecommoy) : c’est un jardin privé de style anglais, qui rassemble une collection de 3800 plantes du monde entier. C’est toute la science et le talent de Michel Berrou d’avoir su mettre en scène les massifs et les arbustes comme autant de tableaux impressionnistes variant de couleurs et de formes au gré des saisons et des heures de la journée. Ce jardin méconnu, isolé dans la forêt sarthoise, est évidemment classé jardin remarquable de France. La forêt de Bercé est toute proche, c’est l’une des plus belles chênaies de France, et Carnuta, la Maison de l’Homme et de la Forêt, à Jupilles, permet de mieux la connaître avant de s’y aventurer. En effet, l’exposition met en scène, de façon moderne et ludique, tous les aspects naturels et humains liés à la forêt de Bercé. Les sens sont en éveil, et l’on a parfois l’impression de se promener au milieu de chênes centenaires… Le chêne Boppe, lui, un vénérable ancêtre né sous Louis XIV, a trépassé, mais on admire une coupe de son énorme tronc, sur lequel sont notées quelques dates historiques. Une fois sur les bords du Loir, suivez-le vers l’est, vers Vendôme. Arrêtez-vous à Lavardin, classé dans les Plus Beaux Villages de France. Il est vrai que ce village a beaucoup de caractère, et que les ruines de sa forteresse, bâtie sur un promontoire rocheux à 45 m au-dessus du Loir, a fière allure… Si la forteresse n’est pas ouverte, vous ne serez pas venus pour rien, car l’église romane attenante vaut le détour pour ses admirables peintures murales. Mais ce n’est encore rien comparé aux fresques peintes de la chapelle St-Gilles de Montoire, de l’autre côté du Loir. Demandez les clefs de cette modeste chapelle au Café de la Paix ou à l’office du tourisme. Une fois sur place, il est émouvant de contempler, comme le poète Ronsard qui en a été le prieur, ces chef-d’œuvres de la peinture romane, étonnamment bien conservées.

 

 

Ne dites plus « c’est trop beau », mais plutôt « c’est beau, Troô » ! Ce petit village troglodytique fortifié construit sur une butte a un charme fou. Il faut stationner en bas et le visiter en montant : le panorama depuis le sommet, au-dessus de la collégiale, en vaut la peine ! Chemin faisant, vous aurez vu la grotte pétrifiante, le Puits qui Parle, et vous aurez peut-être la chance de croiser un habitant qui acceptera de vous montrer son logis creusé dans la roche. Ou sa cave ! Car sur les coteaux du Loir s’étend non loin d’ici un vignoble peu connu, mais donnant un excellent vin blanc, le Jasnières. Pour les amateurs, rendez-vous à La Chartre-sur-le-Loir, au domaine de la Charrière, chez Joël Gigou (02 43 44 48 72). Ce sympathique viticulteur se fera un plaisir, sur RDV, de vous faire visiter ses caves creusées dans le tuffeau, en vous expliquant sa démarche bio, et en vous faisant déguster ses crus de Jasnières, vin très minéral à boire avec du fromage de chèvre ou du poisson. A Vouvray, pas de méprise, vous ne trouverez pas de cave où déguster le vin du même nom, qui se produit au bord de la Loire. « Tout le monde fait la même erreur ! » s’amuse André Clément, propriétaire du moulin de Pousset. André s’est passionné pour ce moulin à grain des années 30, en activité jusqu’en 1975, qu’il entretient amoureusement. « Et tout tourne encore ! » assure-t-il fièrement en actionnant une machine à nettoyer les grains, suspendue sur de fines lattes de bois… Si le bonhomme vous a « à la bonne », il vous montrera aussi son musée de la projection. Dans une salle de cinéma à l’ancienne, vous découvrirez une collection unique d’appareils de projection, de la plus rudimentaire 8 mm analogique aux grosses machines numériques récentes. Passionnant ! En passant par Vaas (où il y a aussi un beau moulin qui se visite, le moulin de Rotrou), dirigez-vous vers Le Lude, pour visiter son château. C’est une ancienne forteresse médiévale qui s’est embellie à la Renaissance, puis au 18ème siècle. D’ailleurs ses quatre façades témoignent des différentes époques de construction, la façade Renaissance faisant assez « Chambord »… Mais le plus intéressant se trouve à l’intérieur, puisque ce château est meublé et habité. En plus de toutes les merveilles qu’on s’attend à voir dans un château (meubles gothiques, dorures, plafond à caissons peints, cheminées monumentales…), sont éparpillées des traces de vie des châtelains : portraits, photos, arbres généalogiques… Si vous faites la dernière visite du matin, vous verrez, dans la salle à manger aux immenses tapisseries d’Italie, leur table déjà dressée ! Puis, flânez dans les jardins à la française, et descendez jusqu’au bord du Loir, le long du boulingrin, c’est une balade très agréable.

 

Fort en boule ou boule de fort ?

Prochaine étape, La Flèche, toujours au bord du Loir (aire de service gratuite au port Luneau). Bien que la ville soit surtout connue pour son prytanée militaire, nous vous convions ici à visiter un zoo, à faire du canoë et à s’initier à un jeu de boules. A moins que vous ne soyez allergiques aux zoos, celui de La Flèche est incontournable. C’est l’un des plus grands de France, il propose de nombreuses attractions (spectacle d’otaries, rapaces…), et vous y verrez certains animaux rares (loups blancs), dans de bonnes conditions. A la base de canoë-kayak des Pouliers (02 43 45 98 10), vous pourrez louer un canoë ou vous initier à la pratique du kayak avec un moniteur diplômé. C’est la meilleure façon de découvrir les berges sauvages du Loir, sa faune et sa flore, car le parcours est tranquille, sans rapides. Juste une ou deux passes à écluse à franchir, pour le fun… Vous préférez une activité moins sportive, plus calme, vraiment plus calme ? La boule de fort est faite pour vous : c’est simple, pour y jouer, il faut enfiler des charentaises ! Pour ne pas abîmer le revêtement de ce boulodrome incurvé si particulier, où l’on fait rouler tout doucement une boule dissymétrique. Rdv les lundi, mercredi et vendredi à 14 h à l’Amicale du Bas-Rhin (26 bis av du Gal Leclerc à La Flèche), l’une des 400 sociétés de boule de fort de l’Ouest de la France. Vous pourrez y admirer les « pros » qui savent trouver l’angle et la force justes afin que la boule se rapproche du cochonnet en zigzagant, avec une lenteur et une précision étonnantes… Il ne faut pas être pressé : une partie dure environ 2h30 ! Pour 2 €/p, on pourra même vous initier (le matin, sur réservation au 02 43 94 32 74).

 

Rejoignez maintenant la Sarthe à Malicorne, justement renommée pour sa tradition céramique et sa production de faïence. Commencez par faire la visite très instructive proposée par la Faïencerie d’Art (rue Bernard Palissy, 02 43 94 81 18), un atelier artisanal qui est l’un des seuls à préparer sa terre sur place. Vous suivrez toutes les étapes : moulage, estampage, fabrication de l’émail, ajourage (la spécialité de Malicorne), cuisson, peinture à la main… Cet atelier produit déjà de belles faïences, mais lorsque vous passerez au musée (Malicorne Espace Faïence), vous découvrirez des collections inestimables et serez subjugués par la variété et la richesse des formes et des décors de ces œuvres d’art… En suivant la Sarthe, rejoignez Asnières-sur-Vègre. C’est une Petite Cité de Caractère aux vestiges médiévaux, qui vaut surtout pour son église St-Hilaire, dont les fresques du 12ème siècle comportent des scènes incroyables de l’Enfer avec le cerbère et le léviathan punissant les pécheurs pour leur avarice ou leur luxure… En haut du village, faite un saut chez Philippe et Khady Grandry (02 43 92 52 35) pour admirer leur jardin écologique. Il est merveilleux par sa forme et par ses plantes, et on y apprend plein de choses sur le jardinage bio, en plus de s’y sentir bien.

A partir de là, vous pouvez revenir vers Le Mans en passant par Loué, le pays des bonnes volailles. Mais nous ne saurions trop vous conseiller de continuer vers le nord du département, pour rejoindre une région superbe, très verte et vallonnée, les « Alpes mancelles ». Arrêtez-vous d’abord à Fresnay-sur-Sarthe pour visiter le musée médiéval installé dans la monumentale porte du château, puis flânez dans les ruelles pleines de charme de cette cité de caractère. Puis faites étape à St-Léonard-des-Bois, joliment lové dans une boucle de la Sarthe. Plusieurs circuits pédestres balisés, de 2 à 5 h de marche, permettent d’accéder, en longeant la Sarthe et en remontant de vallons boisés, à des sommets offrant de superbes vues panoramiques. Attention, ça grimpe dur ! Mais la plus belle vue, vous l’aurez depuis l’église de St-Céneri-le-Gérei, adorable petit village aux maisons construites en grès roussard. Perchée sur un piton rocheux, elle offre un panorama sublime sur le village, sur le moulin, et sur le vieux pont construit sur la Sarthe, tout en bas, qui sert de frontière entre les départements de la Sarthe, de l’Orne et de la Mayenne.

 

Adresses gourmandes

  • Le Jardin Gourmand, lieu-dit Papéa, à Yvré-l’Evêque : juste à côté d’un petit parc d’attraction, bon rapport qualité/prix. Tél : 02 43 89 60 20
  • La Petite Auberge, 5 pl Duglesclin, à Malicorne : cuisine de terroir, terrasse au-dessus de la Sarthe. Tél : 02 43 94 80 52
  • L’Auberge des Acacias, à Dureil : le chef concocte des plats sophistiqués, dans lesquels il adore intégrer des herbes et des plantes du jardin. Une belle expérience ! Tel. 02 43 95 34 03
  • Le Moulin des 4 Saisons, rue Gallieni, à La Flèche : littéralement entouré par le Loir, superbe adresse proposant une cuisine gastronomique à prix raisonnable. Incroyable carte des vins !
  • Ricordeau, 11 rue de la Libération, à Loué : une table réputé, un excellent chef, un cadre agréable, pourquoi s’en priver ? Tél : 02 43 88 40 03

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