En Franche-Comté : un road-trip tout Doubs

A partir de Besançon, voici un itinéraire en boucle jalonné de visites passionnantes, à faire en couple, en famille, ou entre amis. Nature, culture, patrimoine, produits de terroir : il y en a pour tous les goûts. Laissez vous guider, c’est testé et approuvé !

Nans-sous-Ste-Anne

C’est à Besançon que débute ce road-trip doubiste. La capitale franc-comtoise abrite dans ses remparts un riche patrimoine qu’il faut découvrir à pieds, et en prenant son temps, ce qui est logique pour une cité horlogère…

L’itinéraire piéton idéal commence au pont Battant. Le quartier éponyme recèle quelques maisons du Moyen Âge et de belles demeures Renaissance. De même, le quai Vauban permet d’admirer le bel ordonnancement des façades des maisons du XVIIIème s. à arcades, qui se reflètent dans le Doubs.

  • Dirigez-vous vers la place de la Révolution, dont le musée des Beaux-Arts peut s’enorgueillir d’un cabinet de dessins très riche, avec des sanguines de Fragonard et des Brueghel. https://www.mbaa.besancon.fr/
  • Empruntez la rue des Granges, piétonne et commerçante, tournez à droite rue de la République, traversez la place du 8 Septembre, et continuez dans la Grande Rue, bordée de beaux hôtels particuliers.
  • Arrêtez-vous au palais Granvelle pour visiter le musée du Temps : le vôtre ne sera pas perdu, tant il recèle de merveilles. A voir, dans la fabuleuse collection horlogère, la première horloge à roue du 13ème siècle, de magnifiques astrolabes, des horloges ciselées comme des bijoux, et surtout le clou de la collection, la montre la plus compliquée du monde, la Lucie. Elaborée à Besançon en 1904 avec 24 complications, il fallut attendre 1989 pour qu’une montre la dépasse ! Voici une visite 360° du musée : https://mdt.besancon.fr/360
  • Continuez dans la Grande Rue jusqu’à la place Victor Hugo. La maison natale du grand écrivain se visite. Ce n’est ni un musée, ni un lieu de mémoire. Dans une scénographie contemporaine laissant une grande place au multimédia, une exposition présente les combats de l’homme engagé. https://maisonvictorhugo.besancon.fr/
  • Dans le square Castan, remarquez des colonnes romaines, et un peu plus loin un arc de triomphe : construit par Marc Aurele en 175, il marque l’entrée d’une voie romaine, qui atteste de l’ancienneté et de l’importance de la ville.
  • Entrez dans la cathédrale St-Jean, dont le clocher aux tuiles vernissées abrite une fabuleuse horloge astronomique du XIXe s., composée de 30 000 éléments, et dont les 70 cadrans donnent 122 indications ! http://www.horloge-astronomique-besancon.fr/
  • Vous êtes maintenant au pied de la Citadelle, que vous atteindrez en grimpant une série d’escaliers. A 130 m au-dessus du Doubs, cette citadelle de 12 ha a été construite par Vauban, sur ordre de Louis XIV, qui voulait en faire la pierre angulaire de la défense des frontières de l’Est. Après 20 ans de travaux, Vauban  a livré en 1695 une forteresse inexpugnable, un chef-d’œuvre de l’architecture militaire, qui a coûté si cher au trésor royal que Louis XIV a demandé, selon la légende, si les murs de la citadelle étaient en pierre ou en or ! Ses chemins de ronde, ponctués de guérite, offrent des panoramas  – eux aussi imprenables – sur la ville, ainsi que sur les fronts bastionnés des différentes lignes de défense. Ses bâtiments abritent un petit jardin zoologique et deux musées, l’un sur l’ethnologie franc-comtoise, l’autre sur la Résistance et la Déportation (fermé jusqu’en 2022). Bien que la visite puisse se faire librement ou avec un audioguide, si vous ajoutez quelques euros vous pourrez faire la visite avec un comédien déguisé en Vauban : au lieu du rébarbatif laïus historique habituel, cette visite est tout aussi instructive, mais en plus très drôle ! http://www.citadelle.com/fr/

Bouclez-la !

Besançon est la seule ville de France à être presqu’entièrement enserrée dans la boucle d’un fleuve. Pour apprécier cette particularité, il est possible d’en faire le tour en bateau, grâce au canal passant dans un tunnel creusé sous la citadelle. Autre possibilité, suivre le chemin de halage à pieds : les ambiances alternent entre l’agreste et le bucolique au sud, vers les îles des Grands Bouez ; le patrimonial, sous les tours de fortification ; et l’urbain, de part et d’autre du pont Battant. Mais les plus beaux panoramas sur le fleuve et la citadelle se découvrent depuis les belvédères des forts Chaudanne et Brégille, juchés sur les deux collines qui dominent la ville en provoquant le resserrement du Doubs.

Citadelle au-dessus du Doubs
Besançon, Porte Rivotte
Citadelle de Besançon
Visite théâtralisée de la Citadelle, avec Vauban
Quai Vauban, avec statue de Jouffroy d’Abbans (scientifique du 18ème qui a fait naviguer le 1er bateau à vapeur sur le Doubs)
La Lucie, la montre la plus compliquée au monde, au musée du Temps, au Palais Granvelle.

Un écomusée modèle

Quittez Besançon pour rejoindre Nancray, où se trouve le musée de plein air des Maisons comtoises. C’est un magnifique parc de 16 ha dans lequel sont reconstituées une trentaine de maisons traditionnelles de Franche-Comté du XVIIe au XIXe s, dans leur environnement naturel. Meublées comme autrefois, certaines d’entre elles accueillent des animations : fabrication du pain ou de confitures à l’ancienne, atelier de tissage de la laine et du lin, atelier de lirette (recyclage de bouts de tissu), atelier de cuisine… Les maisons sont entourées de jardins thématiques : potager de la sorcière, jardin des simples, verger conservatoire… www.maisons-comtoises.org . Avant de rejoindre Ornans, vous pouvez, si vous aimez les grottes, aller voir le gouffre de Poudrey, à Etalans. C’est le plus vaste gouffre aménagé de France, et il est vrai que sa salle principale d’1 millions de m3 est impressionnante ! Un sons & lumières met bien en valeur ses stalagmites et stalactites. http://www.gouffredepoudrey.com/

Musée des Maisons Comtoises de Nancray
Gouffre de Poudrey, à Etalans

Loue y es-tu ?

Ornans est une cité picturale, et pas seulement grâce à Gustave Courbet qui en est natif. En effet, on a envie de photographier (ou peindre…) les sites ornanais, que ce soit les maisons sur pilotis ou les moulins qui se reflètent dans la Loue, les falaises qui surplombent le village, ou la poétique source de la Loue. Courbet a peint cette source au moins 13 fois, et l’on peut admirer une sélection de ses œuvres (avec dessins et sculptures) dans le musée qui lui est consacré. http://www.musee-courbet.fr/ En visite libre ou guidée, vous découvrirez son œuvre, ses maîtres, sa vie, et vous verrez que l’Origine du Monde, le tableau qui l’a rendu célèbre, ne symbolise qu’une petite facette de son style et de son talent. L’office du tourisme https://www.destinationlouelison.com/ a édité et fléché plusieurs parcours, de 1 h 30 à 5 h, qui permettent de découvrir tous les secrets de cette belle cité et de ses environs. Le plus facile est le Sentier de la Loue, pour ne rien rater des charmes de cette petite Venise franc-comtoise, regorgeant d’artisans d’art, et dont la rivière fait le bonheur des pêcheurs. En suivant le cours de la rivière, vous trouverez de nombreux spots de haltes idylliques, comme à Lods, qui est fait partie des « Plus Beaux Villages de France ».

La Loue dans la « petite Venise franc-comtoise »
« Le pêcheur de chavot » dans le musée Courbet
La Loue à Lods

Après la vie de l’eau, l’eau-de-vie

Connaissez-vous la Marsotte ? C’est une variété de petite cerise noire très sucrée, qui restitue toute sa saveur dans une excellente eau-de-vie. Vous trouverez ce kirsch dans l’épicerie de Mouthier-Haute-Pierre. A partir de Mouthier, la Loue entre en gorges. La N57 vers Pontarlier est en corniche, avec de fréquents dégagements pour s’arrêter et jouir du paysage. On entend la Loue en contrebas, cachée par la végétation. Vous la retrouverez à Ouhans, à sa source. En fait, ce n’est pas vraiment une source, c’est une résurgence du Doubs qui jaillit spectaculairement d’une reculée rocheuse, un trou béant creusé par l’infiltration des eaux de surface dans le massif calcaire. Est-ce parce qu’il y a tant d’eau fraîche et pure dans les environs, que Pontarlier s’est spécialisé dans la fabrication de l’absinthe ? C’est en tout cas la raison de l’installation de la distillerie Armand Guy, où l’on découvre toute l’histoire de cet apéritif surnommé « la Fée verte ». Cette plante de montagne a d’abord été distillée et vendue, en tant que remède, en Suisse. Puis des distilleries se sont installées à Pontarlier, qui est devenu rapidement la capitale de l’absinthe, puisqu’il s’en produisait jusqu’à 60000 l/j au début du XXe s. ! A l’époque, elle titrait entre 65 et 72 ° d’alcool, ce qui entraîna de gros problèmes d’alcoolisme chez ses consommateurs, à tel point que l’absinthe fut interdite en 1915, et une légende tenace prétendait même qu’elle rendait fou… C’est François Guy, l’arrière petit-fils d’Armand, qui réussit en 2011 à en faire autoriser à nouveau la distillation, en s’appuyant sur des études scientifiques prouvant que l’absinthe n’est pas dangereuse pour la santé. Maintenant, les splendides alambics en cuivre de la distillerie familiale produisent une large gamme de boissons apéritives, telles que l’anisette à l’ancienne, l’absinthe, la liqueur de bourgeons de sapins. A consommer et à déguster avec modération, même si le camping municipal est heureusement tout proche… https://pontarlier-anis.com/

Port d’embarquement de Mouthiers
Yves Calvi, producteur d’eau-de-vie de cerise, la Marsotte
Préparation de l’absinthe, au goutte à goutte, sur un sucre

Le château de Joux

Perché sur son éperon rocheux, ce château est si photogénique qu’il fait partie des images emblématiques du Doubs. Au fil des enceintes, on remonte le temps et on traverse 10 siècles d’histoire, depuis l’époque médiévale jusqu’au fort enterré du maréchal Joffre, en passant par la tour fortifiée par Vauban, encore lui. On visite les cellules où ont été enfermés Mirabeau et Toussaint Louverture, on admire une belle collections d’armes anciennes (arquebuses, mousquets, sabres…), mais le clou de la visite est un puits gigantesque de 3,4 m de diamètre et 120 m de profondeur. Pour avoir la meilleure vue du château, il faut grimper un chemin, à partir de l’église de La Cluse-et-Mijoux, qui mène au fort Mahler. On peut y croiser des vaches montbéliardes, dont le lait sert à fabriquer le comté, mais on verra cela plus loin… https://chateaudejoux.com/

Le château de Joux, vu depuis le fort Malher
Statue de Vauban au château de Joux
Escalier au château de Joux
Le puits de 120 m de profondeur au château de Joux
Le château de Joux

Haltes au bord du lac

Le lac de St-Point, tout en longueur, alimenté par le Doubs, est le 3ème plus grand lac naturel français. Il est possible de se balader à pieds ou à vélo sur le sentier de 23 km qui en fait le tour. On peut y pêcher, bien sûr, y faire du pédalo, et même de la voile à la belle saison. A Labergement-Ste-Marie, la Maison de la Réserve (http://www.maisondelareserve.fr/accueil.php )  est située en surplomb du lac de Rémoray, dans une réserve naturelle. On y découvre toute la faune et la flore de cette réserve, des animaux naturalisés, et même une véritable fourmilière au travail. Un peu plus loin, la fonderie Obertino  (https://www.obertino.fr/ ) est une fonderie artisanale de cloches en bronze. Il est parfois possible d’assister assister à la coulée du bronze en fusion dans les moules, et au démoulage des cloches, c’est très impressionnant ! Si vous aimez le miel, il faudra rendre visite à l’apiculteur Jean-Baptiste Girard au Rucher des 2 Lacs ( http://lerucherdes2lacs.fr/index.htm  ) : il a vitré une ruche pour permettre de comprendre l’organisation fascinante des abeilles, et il explique volontiers dans son atelier les différentes étapes de l’extraction des différents miels proposés à la vente (pissenlit, tilleul, sapin, etc…). Enfin, il faut absolument visiter les caves d’affinage du fort St-Antoine, où reposent sur des kilomètres d’étagères 65 000 meules de comté de montagne. C’est bien simple, on y apprend tout sur la fabrication et l’affinage de ce fromage d’exception, et déambuler dans les fraîches galeries de cette cathédrale du comté est vraiment une expérience sensationnelle ! (réservation obligatoire  : http://www.comte-petite.com/wp-content/uploads/2012/07/D%C3%A9pliant-visites-du-Fort-de-Saint-Antoine-2020.pdf )

Port-Titi, au bord du lac de St-Point
Lynx à la Maison de la Réserve de Labergement-Ste-Marie
Coulée du bronze à la fonderie de cloches Obertino
Démoulage des cloches à la fonderie de cloches Obertino
Mickaël Girard, apiculteur au Rucher des 2 Lacs, à Labergement-Ste-Marie
Cave d’affinage du fort St-Antoine
Cave d’affinage du fort St-Antoine

La tourbière, la source et la taillanderie (non, ce n’est pas une fable de La Fontaine !)

Sur la route de Frasne, arrêtez-vous sur le parking des tourbières. En suivant l’un des deux sentiers en boucle proposés, vous marcherez sur des chemins en bois jalonnés de panneaux didactiques, permettant de comprendre comment s’est créée cette tourbière, et quelles sont les espèces qui s’y épanouissent, tels les bouquets violets de callune, ou les touffes cotonneuses des linaigrettes. La prochaine étape de ce road-trip est Nans-sous-Ste-Anne. Commencez par aller voir la source du Lison, une résurgence qui jaillit d’une grotte. Le site, bien aménagé, est verdoyant et idyllique, parfait pour un pique-nique. A 10 min de marche de là, rejoignez la grotte Sarrazine, une immense cavité creusée au pied d’une abrupte falaise, fréquentée par les spéléologues. Si vous êtes matinaux, vous surprendrez peut-être quelque chamois, et vous pourrez admirer les voltiges des faucons pèlerins qui nichent dans les falaises. Non loin de là, passez voir l’ancienne taillanderie, classée Monument Historique. C’est un gigantesque atelier de forge, qui ne produit plus d’outils (principalement des faux), mais dont toute la machinerie en bois, mue par la force hydraulique, fonctionne encore. C’est impressionnant de voir l’ingéniosité d’autrefois, tels ces énormes soufflets en chêne, uniques au monde, développant 1,5 m3 à chaque poussée ! (https://museedelataillanderie.fr/)

Source du Lison
Grotte Sarrazine, à côté de la Source du Lison
Atelier de forge à la Taillanderie
Canoë sur la Loue vers Arc-et-Senans

Un circuit qui ne manque pas de sel

En passant par Salins-les-Bains et Port-Lesney, où l’on retrouve la Loue, rendez-vous à la Saline royale d’Arc-et-Senans. Inscrite au patrimoine de l’humanité par l’Unesco, cette ancienne manufacture de sel a été construite en 1775 par Claude-Nicolas Ledoux, le génial architecte de Louis XV. En s’inspirant d’un amphithéâtre antique, il a distribué les 11 bâtiments néoclassiques sur un demi-cercle, entourés de jardins ouvriers. Au rez-de-chaussée de la maison du Directeur, une exposition permanente dévoile tous les secrets du sel, ses modes de production, son commerce, ses usages… Les jardins sont relookés avec beaucoup de talent et de créativité par des écoles d’horticulture. Chaque jardin est conçu sur un thème donné (jardin médiéval, jardin zen, jardin flottant…), et ces infinies variations de formes et de couleurs sont un ravissement pour les sens. (https://www.salineroyale.com/accueil/). Après s’être intéressé au sel, il est temps de voir Osselle. En tout cas sa grotte. Sur un parcours plat d’1 km, on admire de superbes concrétions calcaires, de couleurs et de forme très variées, ainsi que la reconstitution d’un squelette d’ours des cavernes. (https://grotte-osselle.fr/ ). La boucle est bouclée, Besançon n’est qu’à une dizaine de km de là !

Saline royale d’Arc-et-Senans
Jardins de la Saline royale d’Arc-et-Senans
Jardins de la Saline royale d’Arc-et-Senans
Grotte d’Osselle, à Roset-Fluans

Pratique

Circuit de 400 kms environ, à faire en une semaine.

Infos :   https://www.besancon-tourisme.com/fr/

Bonnes adresses

  • Ferme du Rondeau, à Lavans-Vuillafans : ferme-auberge bio située sur un plateau, dans un cadre verdoyant et ouvert. Menus faisant la part belle aux produits de la ferme : filet mignon de sanglier au vin de noix, confit de chevreau rôti à l’ail doux…Hébergement en ch d’hôtes ou dans un petit chalet. De 60 à 90 € /ch en B&B. https://ferme-rondeau.fr/
  • Auberge du Coude, à Labergement-Ste-Marie : pour les poissons du lac (filets de perche, corégone, omble chevalier), ou le poulet aux morilles et vin jaune. A partir de 80€ /ch. https://www.aubergeducoude-25.com/
  • Auberge du Pont du Diable, à Crouzet-Migette : simplicité et authenticité du terroir, produits le plus possible locaux et bio : croûte forestière, gratin de queues d’écrevisses, truite au Savagnin, fondue franc-comtoise… Producteurs d’huile de noix et de noisettes. https://aubergedupontdudiable.com/
  • Hôtel de la Saline royale (3 *) : superbes chambres dans un hôtel situé au cœur même du site, dont on peut profiter avant l’arrivée des touristes. 115 € la ch. Bon plan : 30 €/lit en dortoir. https://hotelsalineroyale.com/
Comté du fort St-Antoine

Balades en Balagne

Au nord-ouest de la Corse, la Balagne a tout pour plaire : un littoral ourlé de plages et de criques édéniques, un arrière-pays montagneux où se nichent des villages perchés de caractère, et de savoureux produits du terroir.

Que ce soit la première ou la dixième fois, lorsqu’on débarque à Calvi, l’émotion est intacte. Depuis la citadelle génoise, qui surplombe la capitale de la Balagne, le regard glisse sur l’eau limpide de la Méditerranée, rencontre une large baie ourlée de plages et de pinèdes, accroche la tâche plus claire d’un village perché, et vient buter contre une imposante barrière rocheuse aux cimes enneigées. La montagne dans la mer, selon la formule consacrée pour décrire l’Île de Beauté. Mais la Balagne est bien plus qu’un paysage de carte postale, c’est un petit pays de Corse qui a une âme. Cette personnalité, elle le doit à son isolement : coincée entre le désert des Agriates au Nord, un amphithéâtre de montagnes au Sud et à l’Est, la Balagne n’est ouverte qu’à l’Ouest, sur la mer. C’est d’ailleurs par là que sont arrivés les envahisseurs, principalement les Gênois qui occupèrent l’île pendant six siècles… Voilà pourquoi les villages sont tous construits en altitude, à part Calvi, L’Ile Rousse et Algajola, protégés par des citadelles ou des forts.

Calvi
Citadelle de Calvi

Le jardin de la Corse

Commencez par explorer le littoral de cette belle région, surnommée le « jardin de la Corse », en raison de sa forte tradition agricole et pastorale. A Lumio, grimpez à Occi (30 min de marche) pour découvrir cet incroyable village fantôme, abandonné au XIXème s. Vous croiserez peut-être un troupeau de mouton et son berger. Avec le lait des brebis, ils confectionnent un fromage au goût…corsé, et le fameux brocciu qui, servi en tarte avec du citron, donne un délicieux dessert, le fiadone. Tout le littoral de la Balagne est ourlé de belles plages. Pour vous baigner, prenez le « métro des plages », une antique micheline qui s’arrête devant toutes les plages. Celles autour de l’Île-Rousse (Bodri, Ghjunchitu) sont magnifiques : avec une mer turquoise qui vient lécher le sable blanc immaculé, on se croirait au bord d’un lagon polynésien !

Village abandonné d’Occi, à Lumio
Troupeau de moutons
Moutons vers Sant’ Antonino
Berger vers Sant’ Antonino
Bergers trayant les brebis
Traite des brebis

Un collier de villages perchés

Il faut partir à la découverte de ces villages perchés pour connaître le vrai visage de la Balagne. D’abord, on ne peut s’empêcher de les prendre tous en photo. Au sommet d’un piton rocheux ou entourées de vergers, c’est un grand plaisir de voir apparaître ces maisons blotties les unes contre les autres, des toits ocres desquels émerge toujours le clocher d’une église. A vol d’oiseau, ces villages ne sont pas très éloignés les uns des autres. C’est à se demander s’ils n’ont pas été construits pour être à portée de voix… corse, bien sûr, et l’on imagine les villageois se donner des nouvelles de clocher en clocher, se forgeant ainsi une voix magnifique… Quelle qu’en soit l’origine, la passion du chant est bien présente en Balagne. Si vous n’avez pas la chance de rencontrer sur la place d’un village ou dans un café des hommes se tenant par les épaules en unissant leurs voix dans une polyphonie d’une beauté saisissante, vous pourrez toujours les écouter en CD. C’est fou comme on apprécie cette musique en musardant sur les routes balanines !

Belgodère
Zilia
Zilia

Pigna est un ravissant village dont les maisons restaurées sont reliées par des ruelles pavées labyrinthiques, menant aux nombreuses échoppes d’artisans qui ont élu domicile dans ce village dédié à l’art et à la musique. Facteur d’orgue, luthier, fabricant de boîtes à musique, mais aussi potier, graveur, ébéniste, ont leurs portes ouvertes sur leur atelier, et reçoivent avec enthousiasme les visiteurs. Une ancienne maison de maître a été reconvertie en « Casa musicale », auberge de charme et de caractère remplie d’instruments, accueillant souvent des concerts.

Pigna

L’or liquide de la Balagne

La cuisine corse est riche de produits du terroir : charcuterie de montagne (voir mon article dans la rubrique « produits de terroir »), fromage de brebis, farine de châtaignes, et, bien sûr, l’huile d’olive (tous produits que l’on peut acheter à la casa Savelli de Pigna). La culture de l’olivier a décliné dans cette région, mais il reste quelques mouliniers obtenant encore à l’ancienne, sur d’antiques pressoirs, cette huile d’olive vierge qui, même si elle n’est plus l’or liquide qui a fait la prospérité de la Balagne, en a la couleur et la pureté. A la saison de la récolte (de décembre à avril), certaines oliveraies sont tapissées de grands filets de couleur, où tombent naturellement les fruits mûrs. Les olives sont triées, puis vont au pressoir. Celui de U Mulinu, à Feliceto, est tri-centenaire, et Jo Ambrosini fait toujours une huile vierge parfumée qu’il sert dans son auberge.

Oliveraie vers Calenzana
Olivier
Récolte des olives vers Pigna
Joseph Ambrosini récolte ses olives
Au pressoir U Mulinu, à Feliceto
Papy corse au pressoir U Mulinu
Joseph Ambrosini, moulinier

Le paradis de la randonnée

Enivrés par l’odeur du maquis, sillonnez les routes en lacet, étroites mais bien entretenues, fils serpentins épars d’un collier dont les perles sont les villages de montagne. Parmi ceux-ci, ne pas manquer de monter à Sant’Antonino, nid d’aigle médiéval qui domine la Balagne ; passer par Aregno pour voir son église romane ; par Speloncato pour prendre un verre en terrasse sur sa mignonne place entourant une fontaine où se retrouvent les anciens ; par Montemaggiore pour son point de vue panoramique époustouflant… Sans oublier Calenzana, situé à la limite du parc naturel régional, et point de départ du fameux GR 20. Du parking de la Maison Forestière, une balade facile permet d’aller au refuge de Carozzu (5 heures de marche aller-retour) dans le cirque de Bonifatu, espace minéral grandiose dont les aiguilles de granit roux sont le domaine des mouflons. Le sentier est sous un couvert de pins maritimes, laricios et de chênes verts, et suit la Spamisata, une rivière dans les vasques claires de laquelle on peut se rafraîchir à tout moment. Bien d’autres randonnées peuvent être faites à partir des chemins reliant les villages de Balagne, mais il faut se munir d’une carte IGN au 25000ème, car ils ne sont pas tous balisés. Ce qui est formidable, c’est qu’il est possible de faire ces balades dans la journée, tout en restant basé à Calvi ou à l’Ile Rousse. En rentrant, on peut encore profiter des plages et des eaux limpides de la Méditerranée. La mer à la montagne ? C’est en Corse, c’est en Balagne !

Route vers Montemaggiore
Montemaggiore
A Speloncato
Sant’Antonino
Eglise à Sant’Antonino
Aregno
Eglise de la Trinité d’Aregno
Sentier des Mouflons au cirque de Bonifatu
Pont suspendu au-dessus de la Spamisata au cirque de Bonifatu

Pratique

Y aller : Calvi par avion avec Air Corsica ou Air France (à partir de 200 € A/R) et l’Île-Rousse par ferry avec Corsica Linea ou Corsica Ferries depuis Marseille, Toulon ou Nice (à partir de 250 € pour 4 p A/R, avec une voiture).

Bonnes adresses :

Le Cyrnéa (3*), à Calvi : au calme à 400 m de la plage, hôtel à prix doux avec piscine et ch familiales,  à partir de 90 € la ch double.

La Pietra (3*) à l’Île-Rousse : situation exceptionnelle, sur un rocher en bord de mer. A partir de 93 € la ch.

La Casa musicale, à Pigna : hôtel-restaurant aux chambres à partir de 60 €, et à la cuisine de terroir.

U Mulinu, à Feliceto : auberge rustique et moulin à huile d’olive, avec chants corses.

A ramener : Oru di Balagna (l’or de la Balagne), une huile d’olive haut de gamme produite par la coopérative oléicole de Corbara.

Dates à retenir (hors covid) :

  • en juillet : Festivoce (festival de voix corses et du monde) à Pigna
  • en septembre : Rencontres polyphoniques de Calvi
  • en octobre : Festiventu à Calvi : le vent sous toutes ses formes.

A lire : Le Petit Futé « Corse »

Se renseigner : http://www.balagne-corsica.com

NB : les photos de cet article sont des diapos numérisées par mes soins. Même si elles datent un peu, le texte est actualisé, et toutes les adresses sont vérifiées.

Ane au pied du couvent de Tuani

Deux-Sèvres : balade au fil de l’eau en camping-car

Voici un itinéraire placé sous le signe de l’eau, qui va des rives de la Loire à la baie de l’Aiguillon, en passant par la pittoresque vallée du Thouet et le Marais poitevin. J’ai fait ce reportage en famille et en camping-car, et je livre ici le récit et les photos de nos découvertes. 

Saint-Loup-sur-Thouet, place des Poulies

Avec un camping-car de location, j’ai emmené ma compagne et mes deux garçons en virée en Poitou-Charentes. Nous avons commencé notre périple à Saumur, dont le magnifique château des Ducs d’Anjou dresse ses tours et ses hautes murailles calcaires au-dessus de la Loire. Saumur est connu pour son école d’équitation, le fameux Cadre Noir (visites possibles), pour ses vins, et pour ses caves troglodytiques. A 10 km au sud, le château de Brézé réunit ces deux dernières caractéristiques : on y produit de bons vins, et il dispose d’une partie souterraine étonnante : en effet, c’est la plus importante forteresse souterraine d’Europe ! Un véritable château sous le château, creusé dans le tuffeau… Avec des caves, bien sûr, mais aussi des pièces à vivre, une écurie, un chemin de ronde souterrain, et même un pont-levis enfoui au plus profond des douves. Un peu plus au sud, nous avons fait halte au pied d’un autre château, celui de Montreuil-Bellay. D’une allure majestueuse, il allie la puissance défensive du Moyen Âge au raffinement de la Renaissance. La découverte des extérieurs et des jardins est libre, ce qui permet d’avoir des vues intéressantes sur les remparts, sur les 13 tours de défense, et sur des détails d’architecture militaire, qui font de ce château un des plus beaux exemples de forteresse médiévale de la région. Ce château produit aussi de bons vins, que l’on peut déguster en fin de visite.

Douves du château de Brézé
Château de Montreuil-Bellay
Le Thouet, vu de l’esplanade du château des Ducs de la Trémoïlle, à Thouars

Au fil du Thouet

La rectiligne D938 mène à Thouars, ville d’Art et d’Histoire sise au bord du Thouet. Pour aller à l’office du tourisme, situé dans la ville haute, garez-vous place Lavaud. Munis du plan de la ville, vous pourrez aller stationner sur l’aire de la vieille ville, située sous les remparts de la tour du Prince de Galles (voir ci-dessous « Nos étapes »). De là, en empruntant un petit escalier traversant, on entre directement dans les étroites ruelles de la vieille ville, qui mènent vers l’église romane St-Médard. Prendre la rue du Château, où se serrent encore quelques maisons médiévales à encorbellement et à pans de bois. Elle conduit au château des Ducs de la Trémoïlle, construit sur un éperon rocheux dans un méandre du Thouet. Les visites sont organisées par l’office du tourisme, car il est occupé par un collège ! Allez tout de même jusqu’à l’esplanade, pour la vue plongeante sur la rivière, son gué, et le vieux pont des Chouans. Un peu plus loin, voici Oiron et son château dédié à l’art contemporain. Le château d’Oiron est une belle demeure Renaissance des XVI-XVIIème s, qui accueille une collection d’art contemporain unique en France, conçue sur le thème des cabinets de curiosités. La visite a un double intérêt : au plaisir de voir les merveilles du château (plafonds à caissons peints, fresques, et surtout la galerie Renaissance, qui est un véritable chef-d’œuvre), s’ajoute la découverte d’œuvres modernes, parfois déroutantes, souvent drôles, toujours intéressantes. 

Château d’Oiron
Château d’Oiron
Château d’Oiron
DEUX-SEVRES Château d’Oiron

Toujours en remontant la vallée du Thouet, vers Taizé, nous avons admiré les dolmens signalés sur le bord de la route. Les hommes du néolithique ont dressé ici d’impressionnants monuments quasi-éternels… En terme de pérennité, les bâtisseurs de l’église Saint-Généroux, à 5 km plus au sud, n’ont pas fait mal non plus : c’est l’une des plus anciennes de France ! Edifiée au IXe s, cette église préromane est émouvante de simplicité. Saint-Généroux était un moine de l’abbaye de Saint-Jouin-de-Marnes, et il n’avait pas fait un long déplacement puisque cette abbaye est située à 7 km de là. Construite aux XIe et XIIe siècle, elle s’enorgueillit de l’une des plus belles façades poitevines de l’art roman. Sa façade offre une décoration sculptée qui est un véritable livre de pierre. Avec un peu de perspicacité, on remarque la coquille, symbole des pèlerins de Saint-Jacques, qui est reprise sur un chapiteau de la travée centrale. L’intérieur regorge aussi de fines broderies de pierre, sur les chapiteaux des colonnes, sur les retombées des absidioles ou dans les médaillons des clefs de voûte, mais l’église est si haute qu’il faudrait parfois des jumelles pour en apprécier les détails… En repassant par Saint-Généroux, nous avons contemplé le magnifique pont roman qui franchit allègrement le Thouet comme il le fait des siècles.

A Airvault, petite cité médiévale bâtie sur une colline dominant le Thouet, le patrimoine religieux est à aussi à l’honneur, halte jacquaire oblige. Il faut visiter l’église abbatiale Saint-Pierre, du pur style roman poitevin, car elle complète celle de Saint-Jouin-de-Marnes. Autant cette dernière a une riche décoration extérieure, autant celle d’Airvault recèle des trésors à l’intérieur : elle compte 180 chapiteaux historiés, représentant des motifs géométriques, des récits bibliques, des scènes de la vie quotidienne, des symboles… Vous en profiterez bien mieux en participant à une visite guidée. De plus, la guide ouvre un passage menant à une fontaine souterraine très ancienne, dont l’eau bleue-verte est source de légendes. A la sortie d’Airvault, l’esprit ainsi ensemencé de poésie, on se plaît à croire, en traversant le pont roman de Vernay, que la coléreuse fée Mélusine l’aurait retourné d’un coup de pied, comme le dit la légende. Restons dans le merveilleux, en arrivant devant le château de Saint-Loup-sur-Thouet, puisque Charles Perrault s’en est inspiré pour écrire le « Chat Botté ». Si vous êtes tintinophiles, vous trouverez plutôt qu’il a servi de modèle à Hergé pour Moulinsart… Ce château privé se visite, avec ou sans les jardins, mais ce serait dommage de se priver des extérieurs, car les jardins à la française, le potager ornemental et l’orangerie valent le coup d’œil. Ces visites peuvent orienter vos lectures du soir : conte classique ou BD, les enfants, douillettement installé sous leur couette, n’en manqueront pas une miette…

Eglise abbatiale romane de St-Jouin-de-Marnes
Eglise abbatiale romane de St-Jouin-de-Marnes
Eglise abbatiale romane d’Airvault
Les 24 Vieillards de l’Apocalypse de l’église abbatiale romane d’Airvault
Château de St-Loup-sur-Thouet

Les gués, c’est gai !

A 3 km au sud de St-Loup, le lac du Cébron est la réserve d’eau des Deux-Sèvres, et ses rives sauvages ont un grand intérêt ornithologique. Des sentiers ont été aménagés pour la promenade, et nous avons pu voir les oiseaux du lac dans de bonnes conditions, grâce à la lunette fixée dans un poste d’observation. Le Thouet est très poissonneux, mais comme nous n’avons pas amené de canne à pêche, nous avons dégusté du brochet et du sandre dans les auberges de la vallée. A Gourgé, la rivière est enjambée par un magnifique pont roman. Mais pour anciens et jolis qu’ils soient, les ponts ne constituent pas le moyen le plus pittoresque pour traverser le Thouet. Plusieurs gués sont restaurés et leur franchissement donne l’occasion de faire d’agréables promenades. Traverser un gué, c’est gai ! Surtout pour les enfants, qui jouent à sauter de caillou en caillou… La mairie distribue le plan des sentiers pédestres de Gourgé. A partir du pont roman, une boucle de 2 h permet de traverser le Thouet en empruntant le gué rénové du Moulin Neuf, et celui de Vernoux, plus authentique et plus sauvage. 

Observation ornithologique au bord du lac de Cébron
Roulotte-promenade à Gourgé
Le pont roman de Gourgé, sur le Thouet
Le gué de Vernoux
Le gué de Vernoux

Dans les prairies, paissent de jolies vaches à la robe fauve, aux cornes en forme de lyre et aux yeux en amande soulignés de noir. Ce sont des parthenaises, une race locale dont il faut goûter la viande persillée et fondante dans l’un des restaurant de la ville éponyme. Parthenay a conservé son enceinte médiévale et ses remparts. On y entre par la massive porte Saint-Jacques, qui s’ouvre sans surprise sur la rue de la Vau-Saint-Jacques. De chaque côté de cette rue se pressent des maisons à pans de bois de la fin du Moyen Âge. Il faut parcourir cette rue le nez en l’air, pour dénicher ici, une vierge noire dans une niche, là une tête humaine sculptée, ou un beau blason. Par la porte de la Citadelle, on accède au chemin des remparts qui permet d’avoir une vue d’ensemble sur la cité médiévale bâtie sur un éperon rocheux, dans un méandre du Thouet. Laissons la rivière aller chercher sa source à l’ouest, vers Secondigny. Mais avant de rejoindre la Sèvre Niortaise, nous avons fait un petit détour par Vasles. Car ce petit village a eu la bonne idée de jouer la carte « ovine » pour attirer les touristes, et ça marche ! Il est vrai que la visite du parc « Mouton Village » est très intéressante. C’est un parc de 6 ha arboré, rassemblant dans de petits enclos une vingtaine d’espèces de moutons du monde entier, que l’on découvre à sa guise en écoutant par audio-guide les échanges entre un petit garçon et son grand-père berger. Cela permet de découvrir notamment le Rouge de l’Ouest (la « Mercedes du mouton »), le Karakul (qui donne l’astrakan), ou le Jacob (mouton à 4 cornes !)… Les enfants ont adoré cette visite !

La tour de l’Horloge à Parthenay
Eglise romane St-Pierre de Parthenay-le-Vieux
Mouton Village, à Vasles

En passant par Ménigoute et Soudan, nous avons rejoint La Mothe-St-Héray. L’office de tourisme occupe le site d’un ancien moulin à eau, alimenté par la Sèvre Niortaise, dont toutes les parties mécaniques de la meulerie et de la minoterie fonctionnent. L’office abrite aussi une salle consacrée à la « rosière », dont on célèbre toujours le mariage dans cette commune, en suivant la tradition ! Etonnante collection de coiffes, de jolies broderies et de costumes traditionnels mothais, complétée par des photos N&B et des documents qui nous ramènent aux temps anciens, lorsque les festivités du mariage d’une rosière duraient 5 jours ½, avec un opéra comique en plein air ! On remonte beaucoup plus loin dans le temps au musée des tumulus, à Bougon. Environ 7000 ans avant notre ère, c’est-à-dire à l’époque où des hommes du Néolithique construisirent ces impressionnants tumulus (monuments funéraires) que l’on peut visiter. Juste à côté de ce site archéologique, le musée lui-même répond de façon très moderne à toutes les questions que l’on peut se poser : comment vivaient ces hommes, où habitaient-ils, et comment ont-ils fait pour bouger ces énormes blocs de pierre ? Passionnant !

A l’écomusée au moulin de l’Abbé, à La Motte St-Héray
Tumulus à l’extérieur du Musée, à Bougon

La Venise verte

Après Niort, voici Coulon, la porte d’entrée du Marais poitevin. C’est la 2ème plus grande zone humide de France, après la Camargue. Pour comprendre la forme actuelle du marais, il faut passer au Maraiscope, à Coulon, où un montage audiovisuel détaille l’histoire et la complexité de ses aménagements hydrauliques. Mais rien ne vaut une balade en barque pour ressentir l’ambiance particulière de la Venise verte, qui revêt parfois, dans les plus étroites de ses rigoles, des allures de bayou. On n’y aperçoit pas de crocodiles, bien sûr, mais des ragondins, des grenouilles, d’innombrables papillons et libellules, et beaucoup d’oiseaux : poules d’eau, hérons, aigrettes, cygnes, martin-pêcheurs… Il est possible de louer une barque, mais je conseille de faire la promenade avec un rameur-guide, qui connaît le marais comme sa poche, et qui sait émerveiller son auditoire avec tous les secrets et légendes du marais. Tel le Bras Rouge, un être maléfique qui emporte les imprudents au fond de l’eau, noire comme de l’encre. Si on voit l’eau ! Car parfois, l’été, la couche de lentilles d’eau forme un tapis vert si épais, que les poules d’eau marchent dessus ! Avez-vous déjà vu l’eau prendre feu ? C’est l’attraction majeure du marais, le clou de la visite : en remuant avec vigueur le fond d’une conche avec sa pagaie, le batelier fait remonter du méthane prisonnier de la vase, et il l’enflamme avec un briquet sous les yeux médusés des petits et des grands !

La Sèvre vers Coulon
Embarcadère de l’Abbaye, à Maillezais
Sur les canaux du marais poitevin en barque
En barque avec Quentin, de l’embarcadère de l’Abbaye, à Maillezais
L’expérience du feu sur l’eau lors d’une promenade en barque

Il existe de nombreux petits ports d’embarquement dans le marais poitevin, et l’on ne saurait conseiller l’un ou l’autre, chacun ayant son ambiance… Arçais a beaucoup de charme, juste en contrebas d’un château, Irleau est très intime, au contraire de Damvix, situé au bord de la Sèvre Niortaise canalisée… Celui de Maillezais est exceptionnel, car il est situé sous les vestiges d’une abbaye bénédictine fondée au 11ème s. Les ruines de l’église abbatiale, ayant des dimensions de cathédrale, sont majestueuses, et un espace muséographique complète la visite audio-guidée des bâtiments conventuels. Du haut d’une tour, vous aurez une vue panoramique sur le marais, qui complète bien celle que l’on a au fil de l’eau. 

L’embarcadère d’Arçais
L’abbaye de Maillezais (Vendée)
L’abbaye de Maillezais (Vendée)
Le marais poitevin, vu depuis une des tours de l’Abbaye de Maillezais (Vendée)
Parking devant l’Abbaye de Maillezais (Vendée)
Le marais poitevin à Velluire (Vendée)

L’itinéraire touche à sa fin, il est temps de rejoindre la mer, par exemple au niveau du petit port de Charron, pour voir partir les bateaux d’ostréiculteurs à fond plat. Au sud, La Rochelle et l’île de Ré ne sont qu’à une dizaine de kilomètres ; au nord, ce sont les plages de la Tranche/mer et de la Faute/mer, et vous n’aurez que l’embarras du choix pour poser votre serviette sur le sable et piquer une tête dans les vagues de l’Atlantique…

PRATIQUE

Cet itinéraire fait environ 300 kms, il peut être fait en 7 jours (dix jours en prenant son temps).

Cartes et guides :

Carte IGN Top 100 Tourisme et découverte « Cholet-Niort » au 1/100 000

Petit Futé « Niort, Marais poitevin et Deux-Sèvres »

Nos étapes

Voici nos bons plans d’étapes nocturnes en camping-car :

  • Montreuil-Bellay : sur l’aire de services municipale (jetons), stationnement gratuit à proximité du Thouet et du camping Nobis.
  • Thouars : pl. Ferdinand Buisson, rue Félix Gellusseau, parking très calme avec borne gratuite.
  • Oiron : derrière l’école, parking et aire de services gratuits.
  • St-Loup/Thouet : aire municipale gratuite, mais un peu proche de la route. Hors saison, préférer la place des Poulies, au bord du Thouet, ou le parking du lac de Cébron, avec WC.
  • Vasles : grand parking gratuit, avec WC, vidanges et eau.
  • Bougon : parking du musée avec WC, vidanges, eau et même 4 bornes électriques, le tout gratuit !
  • Arçais : aire payante sur prairie, avec WC et vidanges.
  • Coulon : le Camping Venise Verte est le seul 4 * du Marais poitevin, dont la propriétaire, Mme Robin, est très « développement durable » : elle vend du produit bio pour la cassette des eaux noires, et prête des vélos électriques.
  • Maillezais : aire près du parking de l’abbaye.
  • Luçon : au camping des Guifettes, aire avec électricité. Sur place : resto, piscine, mini-golf, base nautique…

Je précise que ces bons plans datent de 2010, donc cela a pu changer…

L’aire d’Arçais, dans le marais poitevin
Au parking de l’Abbaye de Maillezais

Infos touristiques :

www.tourisme-deux-sevres.com

www.vendee-tourisme.com  

Camping-car

Notre camping-car était un Dethleff Globe 4, avec couchettes arrières superposées et lit 2 pl situé au-dessus de la cabine, qui descend pour la nuit.

Valérie, ma compagne, fait une pause lecture
Salon et cuisine
Lit en position nuit
Cuisine
Lits superposés à l’arrière
Grand coffre à l’arrière (et belle cachette pour Félix)
Dethleff Globe 4 dans les Deux-Sèvres

Le letchi de La Réunion

Ce fruit rose, charnu et juteux, est, avec la vanille Bourbon et l’ananas Victoria, l’un des produits de terroir emblématique de La Réunion. Bénéficiant du Label Rouge depuis 2012, c’est le meilleur letchi que vous pourrez trouver dans le commerce, dépassant en grosseur, en suavité et en fraîcheur le litchi de Madagascar qui truste les étals des supermarchés. Présenté en grappe avec ses branches, il clôt en beauté un repas de fête : c’est le fruit de Noël par excellence !

Une origine chinoise

La première mention de la culture du letchi date de 111 avant J.-C. C’est l’empereur chinois Han Wudi qui avait ordonné de planter des letchis dans l’enceinte de son palais. Le letchi a été introduit à La Réunion en 1764 par Joseph François Charpentier de Cossigny de Palma. Cet ingénieur de la Compagnie française des Indes Orientales, explorateur et botaniste français, avait ramené quelques pieds de letchi d’un voyage en Chine, et en avait planté dans l’île Bourbon. Cet arbre fruitier s’est très bien acclimaté dans les zones arrosées du Sud et de l’Est, du niveau de la mer à 400 m d’altitude. Plusieurs variétés sont présentes dans l’île (Blanc, Toupie, Lisse…), mais la plus cultivée est la kwaï mi, une variété juteuse et très sucrée, de belle coloration. Sa peau, à la fois fine et coriace, est rugueuse au toucher, et forme une véritable carapace avec ses reliefs en pointes. Ce fruit est très riche en vitamine C et en glucides.

Culture et récolte

Afin d’en savoir plus sur la culture du letchi, j’ai rencontré plusieurs producteurs. Rendez-vous tout d’abord au Domaine de Bellerive, à Saint-Anne, lieu-dit les Orangers, dans la plantation de Raphaël Avice. C’est un peu la Maison des Letchis, puisque son propriétaire a installé des panneaux didactiques pour tout savoir sur ce petit fruit rose. Raphaël explique : « Le marcottage est la meilleure méthode de multiplication du pied de letchi : il permet de reproduire rapidement les mêmes sujets que le pied mère, et ne connaît pas les problèmes d’incompatibilité du greffage ». Le marcottage, si vous n’êtes pas jardinier, consiste à plier vers le sol et enterrer la branche de l’arbre, afin de produire un nouveau pied. Les plants de letchi issus du marcottage fructifient en 2 à 5 ans. La pleine production est atteinte à partir de la 10ème année de fructification, et peut atteindre une centaine d’année.

Raphaël Avice, au Domaine de Bellerive, à Saint-Anne

C’est à peu près l’âge du magnifique arbre que j’ai vu chez Jean-Marc Huet, à Saint-Philippe, dans le Sud Sauvage. Il atteint bien 20 ou 30 m de haut, et en ce mois de décembre, sa large ramure est rougie de letchis qui font ployer ses branches. « Un pied de letchi produit en moyenne 150 kg de fruits, mais certains vieux arbres peuvent donner plus d’une tonne ! Je ne sais pas combien celui-ci en produit, je n’ai jamais réussi à tout cueillir ! » sourit Jean-Marc, qui vend sa récolte au marché, en même temps que ses cœurs de palmistes, papayes, piments et autres « bazars » (sic) qui poussent sur ses terres volcaniques très fertiles.

Jean-Marc Huet, devant un pied de letchi centenaire (au fond)
Belle grappe de letchis

Pour assister à la récolte, je me suis rendu chez Vincent Sablé, du Comptoir Mélissa, qui exploite à Saint-Benoît (au lieu-dit Bras-Canot) un verger de 2000 pieds de letchis, plantés par son grand-père. Ce sont aussi de très beaux et vénérables arbres, dont Vincent explique le processus de floraison : « Avant de porter des fruits, un pied de letchi a besoin d’une période dite de « stress », c’est-à-dire d’un coup de froid, pour entamer sa floraison. Cela se produit entre juin et août, ce qui correspond à « l’hiver » de La Réunion. De petites fleurs de couleurs blanches jaunâtres commencent à apparaître au bout des branches et sont ensuite fécondées par les insectes, principalement des abeilles qui produisent d’ailleurs un miel de letchi extraordinaire, à la texture crémeuse et au parfum inimitable. Peu après, de minuscules petits letchis verts font leur apparition. La récolte se fait généralement au mois de décembre, au moment où la maturité du fruit a atteint son apogée ». 

Vincent Sablé vérifie la maturité des letchis cueillis

Vincent Sablé ne récolte ses letchis que lorsqu’ils sont bien rouges et à complète maturité, contrairement à ceux de Madagascar, cueillis verts, et qui continuent de mûrir dans les cales des navires. Lorsque le jour de la cueillette est arrivé, des « casseurs » grimpent tôt le matin dans les arbres et cassent les grappes qu’ils glissent dans de grands sacs tressés de feuilles de vacoa. Descendus à terre à l’aide d’une corde, les sacs de letchis filent vers la salle de tri, où les trieuses écartent les fruits tâchés, égalisent la longueur des tiges, et confectionnent de jolis bouquets agencés dans des colis et glissés dans des sacs plastique perméables à l’oxygène et anti-humidité. Ils sont alors réfrigérés à 15 °C, avant d’être dirigés le soir même vers le fret de l’aéroport Roland Garros à Sainte-Marie. « Cela permet aux fruits de garder leur fraîcheur et leur jus, et à la peau de ne pas se déshydrater trop vite. Ainsi, ils arrivent en métropole presque aussi frais que si on venait de les cueillir ! » assure Vincent.

Patrick, casseur de letchi au sommet d’un pied de letchi de la plantation Mélissa
Patrick, casseur de letchi, attrape les branches avec un bâton fourchu
Patrick, casseur de letchi de la plantation Mélissa
Jean, casseur de letchi de la plantation Mélissa
Grappes de letchis tout juste cueillis
Trieuses de letchis à la plantation Mélissa, à Saint-Benoît
Petit bouquet de letchis

Dégustation

A l’arrivée en métropole, les fruits doivent être conservés à la cave ou dans une pièce fraîche, sous un linge mouillé, voire au frigo. De toutes façons, ils ne devraient pas rester longtemps dans la boîte, c’est une gourmandise très addictive, et quand on met la main dedans, on ne peut plus s’arrêter ! Le letchi n’est jamais meilleur que dégusté frais et nature, mais il peut être accommodé en cuisine en pâtisserie (gâteau, tarte, ou pour aromatiser une crème ou une mousse), et il fait merveille en accompagnement d’un magret de canard. A La Réunion, on le prépare en sorbet, en confiture, en jus de fruit, et on l’utilise pour faire du rhum arrangé et même une sorte de vin.

Letchis et produits dérivés

Lors de la dégustation, très conviviale, tout le monde pioche dans le tas en espérant tomber sur le plus gros fruit. En effet, certains fruits ont des noyaux particulièrement rétrécis, procurant un plaisir immense au chanceux qui croque alors dans une grosse épaisseur de pulpe, en se vantant d’avoir eu « le plus gros »… Encore plus amusant : faites comme la « marmaille » de La Réunion : prenez un gros noyau, coupez-le en deux en son milieu, plantez une allumette dedans, et vous aurez une toupie

L’idéal, bien sûr, est de venir les déguster sur place. En décembre, le letchi se vend partout, au marché, mais aussi et surtout au bord de la route, où les petits producteurs vendent une partie de la récolte de leur jardin, afin de se faire un petit pécule à l’approche de Noël. Mais comme tous les pieds de letchis de La Réunion donnent leurs fruits en même temps, les prix baissent très vite, et de 20 € au début de la saison, les prix chutent à 2 €, voire 1,5 € le kilo au plus fort de la production ! De quoi s’en faire des ventrées avant d’aller en excursion sur le volcan, ou dans les cirques… Voir mon article : https://reportages-tourisme.com/2018/02/09/la-reunion-une-ile-sensationnelle/

Au marché de Saint-Paul
Productrice artisanale au bord de la route

Si vous logez en chambre d’hôtes dans le Sud ou l’Est de l’île, il y a de fortes chances qu’il y ait un pied de letchi dans le jardin créole. Par exemple, lorsque j’ai logé en famille  au Lapin d’Or, une maison d’hôtes située à Saint-Joseph, les propriétaires nous cueillaient des letchis pour le petit-déjeuner. Enfin, il arrive que l’on trouve des pieds de letchis communaux, dans le Sud Sauvage. Il suffit de s’arrêter, et de les cueillir ! C’est au pied de l’arbre qu’ils sont les meilleurs, évidemment…  

Au jardin du Lapin d’Or, maison d’hôtes de Saint-Joseph
Arthur et Valérie se régalent !

A savoir :

* L’orthographe de ce fruit peut varier : il s’écrit letchi à La Réunion, mais on peut le trouver écrit « litchi » ou plus rarement « lychee ».

* La production à La Réunion : 150 producteurs, 700 ha de vergers, rendement de 8 à 10 t/ha, récolte de novembre à fin décembre.

  • Attention à la mention « litchi avion » : c’est une tentative scandaleuse de la grande distribution pour abuser le consommateur, car cela peut laisser croire qu’ils viennent de La Réunion. Or, une petite partie de la production de litchis de Madagascar est aussi exportée par avion. Donc, si la mention « de La Réunion » ne figure pas sur l’étiquette, ce sont des litchis de Madagascar. Certaines grandes surfaces se gardent bien de préciser l’origine du fruit, soyez vigilants, car le litchi de Madagascar est toujours de moins bonne qualité que celui de La Réunion.

Comment s’en procurer ?

Attention de ne pas le confondre avec le litchi de Madagascar, qui arrive en vrac, sans la tige. Vous trouverez le letchi de La Réunion dans certaines grandes surfaces ou détaillants, mais pour les avoir le plus frais possible, je recommande de les commander directement au producteur. Cueillis mûrs le jour J, ils sont emballés et mis dans l’avion le soir même, arrivent en métropole le lendemain, et peuvent vous être livrés à J + 2 ou +3. Quand vous ouvrez le colis, les fruits sont encore très frais et gorgés de jus !

Le Comptoir Mélissahttps://lecomptoirmelissa.fr/metropole/ 

Envoi de colis de 2,5 ou 5 kg de letchis, avec ou sans confitures ou nectar de fruits (papaye, goyave, fruit de la passion…). Le colis de 5 kg : 79 € (envoi inclus). Ce qui fait 15,8 €/kg, bien moins cher que les letchis de La Réunion « avion » vendus dans la grande distribution, où le prix au kilo est rarement inférieur à 20 €/kg. Et les fruits sont forcément moins frais, ayant dû passer entre les mains et les entrepôts d’un grossiste et du détaillant.

Vincent Sablé montre les letchis prêts à être expédiés en métropole
En petit carton ou en boîte de 5 kg, les letchis seront toujours mangés trop vite !

Pérou : le voyage d’une vie

C’est mon deuxième voyage au Pérou, et l’enchantement est intact. De Lima au lac Titicaca, en passant par Cusco et les principaux sites archéologiques de la Vallée Sacrée, c’est toujours un immense plaisir de traverser la cordillère des Andes, et de découvrir la civilisation des Incas et le mode de vie de leurs descendants. En mode « privilégié », voici ce que j’ai vu et vécu au pays du Machu Picchu.   

Rivière Urubamba dans la Vallée Sacrée

Lima

Après avoir atterri à Lima, il est judicieux de rester un jour ou deux dans la capitale péruvienne, ne serait-ce que pour atténuer les effets du décalage horaire (- 6 h). Cela permet de flâner dans le quartier historique et dans celui de Barranco, plus bohème, dont les galeries et le street art reflètent la création contemporaine du pays. Côté musée, je recommande celui de Pedro de Osma, qui plonge le visiteur à l’époque des civilisations précolombiennes, des Incas, puis de la colonisation espagnole. Son restaurant propose un excellent ceviche (poisson cru mariné) et le barman prépare l’un des meilleurs pisco sour (le cocktail national) de la ville ! A Miraflores, il faut se balader sur la promenade aménagée sur la falaise qui surplombe l’océan Pacifique. Pas forcément pour la vue, car Lima est souvent plongée dans un brouillard humide venant de l’océan. D’ailleurs cette ville est la plus détestée des photographes, car s’il ne pleut jamais, elle est presque constamment couverte de nuages gris ! Mais la promenade est agréable quand même, car très animée, on y trouve de nombreux vendeurs ambulants, et un centre commercial souterrain très utile pour le shopping. Juste au-dessus se trouve le parc de l’Amour, un jardin dont les murets sont couverts de mosaïques colorées à la Gaudi, où trône « El Beso », une immense sculpture incitant les amoureux à venir se bécoter sur les bancs publics, sans se soucier des passants honnêtes…

Street art à Barranco (Lima)
Vendeuse de rue à Lima
Au musée Pedro de Osma de Lima
Au musée Pedro de Osma de Lima
Au musée Pedro de Osma de Lima
Au musée Pedro de Osma de Lima
Le barman du musée Pedro de Osma prépare du pisco sour (Lima)
Au parc de l’Amour, à Lima

Arequipa

Il faut reprendre l’avion pour rejoindre Arequipa. Le guide m’a amené sur la place Yanahuara, dont le mirador permet d’admirer à la fois le volcan tout proche, et l’église éponyme, dont la façade baroque ouvragée fait face à un superbe mât totémique sculpté dans un tronc de palmier. Cette ville regorge de picanterias (auberges traditionnelles), et celles qui arborent un drapeau rouge en façade préparent la chicha, boisson fermentée à base de maïs rouge. C’est le cas à « La Nueva Palomino », auberge traditionnelle où une petite vieille prépare devant les convives la sauce ocopa avec son mortier. Après ce copieux déjeuner, j’ai visité le couvent Santa Catalina, toujours actif, un havre de paix dont le cloître et les différents bâtiments sont peints de jolies couleurs : bleu indigo, ocre, vert pomme… Arequipa est réputée pour la qualité de sa laine d’alpaga, vendue dans les magasins répartis autour de son immense place d’Armes. Pour avoir la meilleure vue sur la place, il faut accéder au roof-top de l’hôtel Arequipa Suite Plazza. Une excellente adresse pour siroter un mate de muña (thé à la menthe des Andes, bon pour la digestion et le mal d’altitude) tout en admirant le coucher de soleil derrière le volcan… A la nuit tombée, il est temps de se diriger vers la gare pour monter à bord du Belmond Andean Explorer, qui roule de nuit jusqu’à Puno, au bord du lac Titicaca, à 3800 m d’altitude. Ce train de luxe est un must, pour le confort de ses cabines, pour la gentillesse de son personnel et pour la qualité de la cuisine proposée au wagon-restaurant. Rouler de nuit permet de s’acclimater progressivement à l’altitude, mais si vous souffrez tout de même du mal des montagnes, chaque cabine dispose d’une bouteille d’oxygène, et le médecin de bord prendra soin de vous !  

Volcan Misti à Arequipa
Mât devant l’église de Yanahuara, à Arequipa
A la picanteria La Nueva Palomino
Serveuse au restaurant La Nueva Palomino
Cloître du couvent Santa Catalina d’Arequipa
Guide au couvent Santa Catalina d’Arequipa
Wagon-bar du Belmond Andean Explorer
Wagon-lit du Belmond Andean Explorer

Le Titicaca

Lieu sacré pour les Incas, le lac Titicaca est le berceau des indiens des Andes. Actuellement, ses rives sont occupées par les Quechuas et les Aymaras. Ces derniers vivent en partie sur les îles Uros, d’étonnants îlots flottants constituées de totora, des roseaux tressés. Ces familles vivent de la pêche et du tourisme, et si la visite manque de spontanéité, elle permet à ces communautés lacustres de continuer à vivre comme leurs ancêtres. Enfin, presque, sans les sacrifices d’animaux ou d’enfants… En effet, une équipe d’archéologues a retrouvé au fond du lac, en 2020, des boîtes en pierre de lave vieilles de 5 siècles. Les chercheurs pensent que les Incas, en plus de quelques offrandes aux dieux (petits lamas en coquillage et feuilles d’or), remplissaient ces boîtes du sang de leurs victimes… Les guides se gardent bien d’en parler dans leur discours formaté, et aujourd’hui, la seule chose qui est sacrifiée, sur ces îles où défilent toute la journée les groupes de touristes, c’est l’authenticité !

Île Uros sur le lac Titicaca
Île Uros sur le lac Titicaca
Chants et danses sur une île Uros du lac Titicaca
Artisanat des Uros (lac Titicaca)
Artisanat des Uros (lac Titicaca)
Artisanat des Uros (lac Titicaca)
Jeune fille sur une île Uros (lac Titicaca)
Jeune fille sur une île Uros (lac Titicaca)

Plus avant dans le lac, Taquile est une île dont les habitants perpétuent un art textile admirable. Ici, ce sont les hommes qui cousent et qui tricotent. Avant le repas, préparé par les femmes, on a eu droit à une petite danse traditionnelle faite sans conviction par quelques anciens en costume. C’est touchant, car il est probable que les pourboires recueillis, et les quelques bonnets ou gants vendus sur leur stand, constituent leur unique source de revenus, dans cette île du bout du monde… En contrebas du restaurant il y a une plage, et j’ai été saisi par la beauté de cette mer intérieure, bordée au loin par les sommets enneigés de la Bolivie.

Habitant de l’île de Taquile (Lac Titicaca)
Habitant de l’île de Taquile (Lac Titicaca)
Plage de l’île Taquile, sur le lac Titicaca

De Puno à Cusco

Le trajet en train reliant Puno à Cusco est un enchantement constant. D’abord, au petit matin, le train s’arrête dans un village rural, Marangan, au milieu d’un champ parsemé de petits tas de pommes de terre. La nuit, les tubercules gèlent, et dès potron-lama (très tôt, mais au Pérou…) des femmes en jupe et bas de laine les retournent juste avant l’apparition du soleil afin qu’elles dessèchent. Pas les femmes, les pommes de terre, quoique le visage de ces viejas, ratatiné et flétri, finit par ressembler à ces pommes de terre qu’elles se sont échinées à racornir au soleil toute leur vie… Elles sont comme des poupées russes, emmitouflées dans plusieurs couches de vêtements, et elles peuvent porter jusqu’à 10 jupes les unes sur les autres ! Les rares habitants qui se trouvent à cette heure-là dans les rues glaciales se réchauffent les doigts et le corps en buvant du thé au lait brûlant servi par une vendeuse ambulante postée sur la place du village. Cet arrêt du train en dehors des habituels sites touristiques permet de saisir une tranche de vie authentique d’un village péruvien, et cela prouve que dans ce pays, le tourisme ne se réduit pas seulement en une collection de temples Incas. Tel que celui que l’on peut voir à l’arrêt suivant, sur le site de Raqchi. Ce temple du XVème s., dédié au dieu Wiracocha, était le seul temple Inca à posséder des colonnes. On prend conscience de son gigantisme grâce au vestige d’un mur de 12 m de haut. On y voit aussi des qolqas, structures en pierre rondes servant de stockage de céréales ou de pommes de terre déshydratées. Ce qui humanise ce site, c’est la présence de paysans, qui cultivent la terre avec leurs lamas à deux pas du temple, comme leurs ancêtres le faisaient il y a 5 siècles…

Marangan
Marangan
De Puno à Cusco en train
A Marangan
A Marangan
Vendeuse de thé à Marangan
Villageois de Marangan
Villageois de Marangan
Site de Raqchi
Alpaga devant le site de Raqchi
Paysans devant le site de Raqchi
Paysans devant le site de Raqchi
Serge le Lama…

Cusco

La suite du trajet vers Cusco est à faire le nez collé à la vitre du wagon-bar, ou mieux, sur la plateforme extérieure à l’arrière du train. La cordillère andine défile sous mes yeux ébahis, et son relief vigoureux forme un paysage splendide : au premier plan, les champs en terrasses de maïs, de blé ou de pommes de terre, où travaillent les paysans avec leurs lamas ; derrière, des villages aux maisons en brique ou en pisé se blottissent le long de la majestueuse rivière Urubamba ; et au fond étincellent les neiges éternelles des sommets andins. Cusco est une ville de 400 000 hab construite dans une cuvette. C’était la capitale des Incas, et leur génie architectural se voit encore dans les soubassements des maisons les plus anciennes, faits de blocs colossaux de pierre volcanique, agencés à la perfection, et inclinés de telle sorte qu’ils puissent résister aux tremblements de terre… Heureusement, les conquistadors n’ont pas tout détruit, et vous pourrez visiter le Temple du Soleil (le Vatican des Incas !), transformé en cloître par les prêtres dominicains, et dépouillé de tout l’or qui recouvrait ses murs de pierre noire volcanique… Comme curiosités, il y a un tableau figurant le Christ en jupon avec St-Jean qui chique de la coca, un autre montrant la circoncision du petit Jésus, et une statue de la Vierge enceinte ! Les prêtres ont fait des concessions aux peintres indigènes qui avaient moins de pudeur à représenter les choses de la vie… A voir également, une plaque d’or sur laquelle sont représentés les principaux symboles de la mythologie inca. J’ai passé beaucoup de temps à flâner autour de la grande place d’Armes, qui donne accès à la cathédrale. En mai et juin, pendant les fêtes du Soleil, il y a tous les jours des processions et des danses, ce qui permet d’apprécier la diversité des costumes et de se rendre compte de la richesse et de la vivacité du folklore péruvien. Toutes les écoles de la région défilent, les gamins dès 4-5 ans connaissent les chorégraphies, c’est un spectacle très plaisant. L’autre visite incontournable est le marché couvert de San Pedro, qui regorge de fruits et légumes inconnus en Europe, et de montagnes de fleurs. Plus insolite, des fromages et du cuy, le cochon d’Inde rôti, qu’on voit aussi empalé sur des brochettes le long des routes… J’ai dénombré une trentaine de variétés de pomme de terre (les Péruviens consomment en moyenne 75 kg de patates par an !), et presque autant de maïs de toutes les couleurs. Il y a aussi d’énormes tas de feuilles de coca : il faut savoir que ces feuilles au pouvoir stimulant (dont les Péruviens raffolent) proviennent d’un arbuste s’épanouissant dans la forêt tropicale, et c’est ce qui a poussé les Incas à migrer du lac Titicaca jusqu’à la forêt amazonienne !

Rivière Urubamba
Scène de la vie rurale vue du train
Place d’Armes de Cusco
Place San Blas, à Cusco
Fêtes du Soleil sur la place d’Armes à Cusco
Fêtes du Soleil sur la place d’Armes à Cusco
Au Temple du Soleil, à Cusco
Statue de « l’Inca vengeur » sur la place d’Armes de Cusco
Ecoliers défilant lors des fêtes du Soleil, autour de la place d’Armes à Cusco
Musicien lors des fêtes du Soleil sur la place d’Armes à Cusco
Jeune danseur lors des fêtes du Soleil sur la place d’Armes à Cusco
Jeune danseur lors des fêtes du Soleil sur la place d’Armes à Cusco
Au marché San Pedro de Cusco
Au marché San Pedro de Cusco
Au marché San Pedro de Cusco
Stand de pommes de terre au marché San Pedro de Cusco

Enfin, Cusco possède un site archéologique, situé sur les hauteurs de la ville : Saqsaywaman. Ce n’est pas le plus impressionnant des sites Inca, mais on y voit des murs constitués d’énormes blocs de pierre (jusqu’à 120 t !), et à l’entrée du site paissent des lamas à poil long très photogéniques, appelés suri et surnommés « lamas rastas »…  

Site archéologique de Saqsaywaman, à Cusco
Site archéologique de Saqsaywaman, à Cusco
Lamas et alpagas devant le site archéologique de Saqsaywaman, à Cusco
Lama « rasta » devant le site archéologique de Saqsaywaman, à Cusco
Lama « rasta » devant le site archéologique de Saqsaywaman, à Cusco

La Vallée sacrée

A partir de Cusco, la principale excursion consiste à rejoindre Urubamba, la ville portant le nom de la rivière éponyme. C’est cette rivière qui est sacrée, pour les Incas, rendant aussi « sacrée » la vallée qu’elle a creusée. A 2800 m d’altitude, on souffre moins du mal des montagne, le climat est meilleur, et c’est une bonne idée d’étape pour se refaire une santé et visiter les nombreux sites archéologiques de la vallée. A commencer par Pisac, ou il faudra remonter à 3800 m pour admirer les ruines de ce village Inca du XVème siècle, construit sur une arête rocheuse par le roi Pachacutec. On y distingue des temples, des bains de purification, des fontaines, et l’une des plus grandes nécropoles incas à ciel ouvert, composée de plus de mille sépultures creusées dans une falaise. Le paysage est somptueux, car toutes les pentes sont aménagées de cultures en terrasse qui épousent le relief, sortes d’escaliers de géants au tapis herbeux qui permettent d’accéder aux temples et aux dieux. 

Péruvienne et son lama, au bord de la route
Pisac
Terrasses de Pisac
Au marché de Pisac
Au marché de Pisac
Cochon d’Inde grillé (cuy) d’un rabatteur de restaurant
Danses au restaurant Wayra d’Urubamba

De l’autre côté d’Urubamba, Ollantaytambo est une forteresse inachevée, construite en l’honneur d’Ollantay, l’un des chefs de guerre du roi Pachacuti. Là aussi, de très belles terrasses habillent les pentes du piton rocheux, que tout le monde grimpe pour aller voir un mur de 3 m de haut, constitué par six monolithes de porphyre rouge, assemblés entre eux avec une grande précision. Le guide fait remarquer l’inclinaison des murs, calculée pour que le temple résiste aux tremblements de terre !

Site d’Ollantaytambo
Site d’Ollantaytambo
Devant le site d’Ollantaytambo
Sur la place du village d’Ollantaytambo
Sur la place du village d’Ollantaytambo

Au site archéologique de Moray, vous verrez trois énormes dépressions dont les bords sont aménagés en terrasses concentriques. On ne sait pas si ces trous ont été creusés par des météorites, par l’érosion ou par la main de l’homme, mais ce qui est certain, c’est que ces terrasses servaient à la culture. Les archéologues pensent même que les Incas s’en servaient non pour la consommation, mais pour produire des semences. En effet, chaque niveau comporte un type de terre différente (plus ou moins enrichie par du guano de lama), et les scientifiques ont établi que chaque niveau est une niche écologique avec une température différente de celle d’au-dessus et d’en dessous. Cela permettait donc aux paysans de produire des semences de dizaines de variétés différentes de pomme-de-terre, de maïs ou de quinoa. Le site a conservé cette fonction agricole jusqu’en 1950 !

Terrasses concentriques de Moray
Terrasses concentriques de Moray

Le village voisin, Maras, est peu touristique. Baladez-vous dans ses ruelles pour voir des scènes de la vie rurale quotidienne. Les Péruviens que vous y croiserez n’ont rien à vous vendre, et sont en général ravis d’échanger quelques mots avec vous.

Les interactions sont très différentes à Chinchero, un village réputé pour la qualité de son artisanat, et donc très touristique. La visite des centres de tissage est un peu « mécanique », on sent que les employés récitent un texte bien appris… C’est tout de même intéressant de voir comment la laine de lama ou d’alpaga est filée, colorée avec des pigments naturels tel que la cochenille, et tissée sur des métiers rudimentaires et individuels. La place principale, située devant l’église de la Nativité (1607) abritant des fresques et des peintures naïves, est pleine de vendeuses au traditionnel chapeau rond et rouge. Dans le champs attenant, des femmes épluchent des patates noircies par le gel et par le soleil. L’une d’elle m’a appris en riant qu’une variété, particulièrement difficile à éplucher, était surnommée « faire pleurer la belle-fille », car c’est celle que les mères donnent à éplucher à leur bru, pour tester leur résistance au travail… Dans les ruelles pavées s’ouvrent des échoppes d’artisan, dont celle de German : c’est le meilleur graveur de calebasse du village (et le plus sympathique !).  

Place de Chinchero
Centre de tissage de Chinchero
Centre de tissage de Chinchero
Tisseuse au centre de tissage de Chinchero
Eplucheuse de patates à Chinchero
Péruvienne à Chinchero
Epluchage des pommes de terre séchées
Pommes de terre déshydratées
German, à Chinchero
Calebasse gravée
Faitière de toit à Chinchero

Juste à côté de Chinchero s’étend un beau lac, le lac de Piuray, où vivent des communautés qui ont compris tout l’intérêt qu’elles ont à s’ouvrir à une forme de tourisme solidaire et responsable. Lors de mon précédent reportage, j’avais déjà été accueilli dans un village proche d’Umasbamba par des femmes qui confectionnaient un repas traditionnel pour de petits groupes ou des individuels, et qui montraient après le déjeuner l’art du tissage quechua (https://reportages-tourisme.com/category/destinations/ameriques/amerique-du-sud/perou/).  Cette fois, au bord de la rive sud du lac, c’est une famille qui prépare devant les convives la pachamanca, repas de fête cuit à l’étouffé dans un trou creusé dans le sol, sur des pierres chaudes, et recouvert de roseaux ou de feuilles de bananiers. Ce nom signifie d’ailleurs « pot de terre » en quechua. Après une longue cuisson, qui permet de profiter de la sérénité émanant de ce lac andin (location de kayak possible), on se régale des drôles de pommes de terre fondantes, du manioc et des viandes aromatisées d’herbes, sous le regard amusé et tendre de Bacila, la cuisinière en chef, qui a nommé son petit coin de paradis : « Outdoor Piuray ».

Pachamanca au lac Piuray
Pachamanca au lac Piuray
Pachamanca au lac Piuray
Pachamanca au lac Piuray
5 variétés de pommes de terre
Bacila, de l’Outdoor Piuray

Le Machu Picchu

Depuis Cusco, la compagnie Perurail propose 4 types de trains pour rallier Aguacalientes, la ville située au pied du plus fabuleux site Inca d’Amérique du Sud. Par ordre de confort croissant, il y a le Expédition (110 $ A/R), le Vistadome (140 $ A/R), le Sacred Valley (180 $ A/R) et le Hiram Bingham (600 $ A/R). J’ai eu la chance d’être invité dans le dernier cité, et le prix élevé est justifié par le fait que les voyageurs sont choyés comme des passagers d’un avion en 1ère classe : wagons boisés somptueux, service impeccable d’un excellent repas, open bar, musiciens, etc… Mais si vous ne désirez pas casser la tirelire, le trajet est le même pour tous les trains, et le Vistadome, équipé de grandes baies vitrées (y compris au plafond), permet de bien profiter des paysages qui défilent. Au fur et à mesure que l’on se rapproche d’Aguacalientes, la végétation change car on se rapproche de la jungle amazonienne, avec ses arbres immenses, ses plantes épiphytes, ses bambous, ses fougères arborescentes… 1h45 de bonheur !

Plateforme arrière du Hiram Bingham
Wagon-restaurant du Hiram Bingham
La Vallée Sacrée en allant vers le Machu Picchu

Quant au site lui-même, inutile de s’étendre, c’est magique. D’autant plus que j’écrirai prochainement un article uniquement sur le Machu Picchu. Aucun autre site archéologique ne procure autant d’émotion que les ruines de ce village perché au plus près des cieux. Qu’il soit inondé de soleil ou nimbé d’une fine brume, le Machu Picchu (vieille montagne en quechua) est empreint d’une force mystique qui fascine tout visiteur. Il a peut-être été construit dans ce but… Après avoir parcouru le site en long, en large et en travers, chacun s’assure de faire un bon selfie, afin de garder en souvenir ce passage sur l’une des merveilles du monde, symbole de ce voyage d’exception, qui pour beaucoup sera le plus beau de leur vie !

Le Machu Picchu
Le Machu Picchu
Ruines du Machu Picchu
Terrasses du Machu Picchu
Mur d’un temple au Machu Picchu
Au Machu Picchu

PRATIQUE

Y aller : Air France a des vols Paris/Lima à partir de 900 € A/R, et Air Europa, via Madrid, à partir de 700 € A/R.

Circuit : Evaneos propose « Les essentiels du Pérou », un circuit privé en 1/2 pension de 9 j avec chauffeur et guide, vols intérieurs, entrées aux sites et transferts, à partir de 1950 €/p. https://www.evaneos.fr/perou/itineraire/16106-les-essentiels-du-perou/

Bonnes adresses

A Lima :  AC Lima Miraflores, hôtel 5 * idéalement situé à Miraflores en bord de mer. Restaurant du musée Pedro de Osma : l’un des meilleurs ceviche et pisco sour de la ville !

A Cuzco : Inkarri : hôtel 3 * avec patio, jardin et wifi, situé dans une ruelle calme proche du centre historique. Limo : sur la place d’Armes, restaurant proposant une cuisine fusion péruvienne-nikkei.

A Arequipa : La Nueva Palomino : auberge authentique fabricant la chicha.

Shopping

Tous les sites archéologiques disposent d’un petit marché artisanal pour acheter les babioles-souvenir (lamas en pierre, bonnets péruviens, sacs colorés ou autres articles faits main locaux). Pour les articles en alpaga, assez chers, mieux vaut les acheter (avec certificat d’origine garantie) dans un des magasins du centre d’Arequipa ou de Cuzco. A Lima (où l’on repasse généralement avant de reprendre l’avion), voici deux bonnes adresses pour vos derniers achats :

« Las Pallas », à Barranco, boutique de Marie Solari, une passionnée d’archéologie qui propose de l’artisanat traditionnel (tel que ces étonnants tableaux en relief faits en farine de pomme de terre cuite), et des objets plus rares et authentiques, dignes de figurer dans un musée.

« El Dedalo » (fait aussi café) à Miraflores, beaucoup plus éclectique et branché, avec de l’habillement et de l’art contemporain.

Infos : http://www.peru.travel/fr

Un grand merci à PromPeru France, à Maria Elena Corvest et Adolfo Sanchez, que j’ai eu le plaisir de côtoyer durant ce fabuleux voyage de presse ! 

Le cochon d’Inde, très apprécié au Pérou…

Le Mont-Saint-Michel

Chef d’œuvre du patrimoine de l’humanité, le Mont-Saint-Michel est aujourd’hui le site touristique de province le plus visité de France. Voici un aperçu de ce qu’il y a à voir et à faire autour de la célèbre abbaye perchée sur son rocher.

Le Mont…

Dire que le Mont-Saint-Michel est très fréquenté, est un doux euphémisme (sauf en période de confinement, bien entendu…). Il faut donc s’organiser un tant soit peu afin d’effectuer la visite dans de bonnes conditions, plutôt que de jouer des coudes dans la foule, et de ne pas pouvoir profiter sereinement de la Merveille. Premier conseil : arriver le plus tôt possible. Dès potron-minet, le Mont appartient encore à sa vingtaine d’habitants (dont 15 religieux !), et l’on voit passer furtivement la robe de quelque sœur, ou la tonsure d’un frère… Deuxième conseil : suivre une visite guidée. En effet, seul un guide compétent vous fera apprécier le Mont d’hier et d’aujourd’hui, et vous permettra d’éviter les « pièges à touristes », hélas nombreux, qui tentent d’attirer le chaland à coup de promesses mirobolantes et de réclames tapageuses… Amélie, ma guide, a su me tenir en haleine dès la première minute, en truffant d’anecdotes son récit historique. Après m’avoir raconté la véritable histoire de la mère Poulard, elle m’a guidé dans les étroites ruelles de traverse en évitant la Grande Rue, « beaucoup trop commerçante ». Comme le village n’a pas de nom de rue, auparavant, chaque maison avait un nom. On passe donc devant la maison Rouge, puis celle de la Truie qui File, celle de la Queue du Renard, avec à chaque fois une explication amusante… En arrivant devant l’église St-Pierre, construite à flanc de rocher, comme toutes les maisons, je tombe (c’est le cas de le dire !) sur un minuscule cimetière, et Amélie m’apprend que c’était l’église des gens du village, alors que l’abbatiale était celle des pèlerins. Après avoir franchi la salle des Gardes, l’entrée fortifiée de l’abbaye, nous cheminons sur un escalier encadré par les hautes façades de l’abbaye d’un côté et des logis abbatiaux de l’autre, avant de déboucher sur une terrasse offrant un panorama grandiose sur la baie. Par beau temps, on distingue même au large l’archipel des îles Chausey, d’où provient le granit qui a permis de construire l’abbaye. Et c’est de là que l’on a le meilleur point de vue sur la flèche du clocher, surmontée par l’archange saint Michel. Une superbe statue de 4 m de haut, dorée à l’or fin, qui culmine au-dessus du Mont, et qui scintille au soleil en déployant ses ailes dans une attitude à la fois protectrice et dominatrice… A l’intérieur de l’abbaye, Amélie enrichit ses explications architecturales et historiques de détails étonnants sur la vie des moines : « Au Moyen Âge, l’abbé avait tous les pouvoirs, y compris celui de la mort ! … Il existe dans une église d’Avranches le chef de saint Aubert, percé d’un trou fameux : c’est le crâne de l’évêque qui a construit ici le premier sanctuaire, au VIIIème siècle. La légende dit que saint Michel lui aurait fait ce trou pour l’obliger à établir ce sanctuaire sur le Mont Tombe, qui était à l’époque un bout de rocher inhabité. Mais c’est sûrement un docteur qui a fait cette trépanation, sans doute pour ôter une tumeur… Cela n’empêche pas que des pèlerins sont longtemps venus boire un bouillon dans ce crâne pour guérir de la migraine ! »

Mes loulous…

…et la Merveille !

Puis nous entrons dans ce que l’on appelle la Merveille, un ensemble de six salles de l’abbaye. Dans le magnifique cloître, un esthétique jardin est entouré de fines colonnettes. Auparavant, les moines n’avaient droit qu’au jardin minéral sculpté sur les écoinçons. L’émerveillement est constant, en effet, du réfectoire très lumineux, à la crypte aux gigantesques piliers, en passant par la grande et belle salle des Chevaliers où les moines étudiaient… Devant l’énorme roue qui occupe l’ancien ossuaire des moines, Amélie questionne : « Devinez à quoi servait cette roue ? » Silence gêné… « …et bien c’était un monte-charge tourné par 6 hommes, comme des hamsters, en fait des prisonniers puisque le Mont-Saint-Michel a servi de prison de 1793 à 1863 ! » On sort généralement ravi d’une telle visite, avec le sentiment d’avoir appris beaucoup de choses, et d’avoir bien « compris » le Mont-Saint-Michel. Et l’on peut alors grossir le flot des badauds dans la rue principale, et se laisser aller à des plaisirs plus matériels et consuméristes, comme celui de manger une crêpe ou une glace (selon la saison), ou d’essayer de trouver un souvenir pas trop kitsch…

La traversée de la baie à pieds

Jean-François Delanoë, guide naturaliste, attend que les touristes réunis autour de lui soient attentifs. Malgré le vent frais qui picote les joues, et le froid qui monte sans doute dans ses jambes (il est pieds nus !), Jean-François prend le temps d’expliquer le phénomène d’ensablement de la baie. Les sédiments s’accumulent, le niveau du sol monte de 2 à 3 cm par an, permettant à des plantes haliophiles (qui aiment le sel), de coloniser ce qu’on appelle les prés-salés. D’où le surnom des moutons à tête et pattes noires qui paissent là en liberté, sauf en période de grande marée, où la mer recouvre tout. On se penche pour ramasser quelques pousses de salicorne, plante comestible qu’on utilise ici un peu comme du cornichon. Mais il ne faut pas toucher à l’obione, plante protégée ! La promenade à pieds, ou mieux encore, la traversée de la baie, est une expérience indispensable pour bien comprendre la complexité et la richesse de l’écosystème de la baie du Mont-St-Michel. Bien entendu, il faut absolument suivre un guide, car se promener à pieds autour du Mont, même à marée basse, n’est pas sans danger. « A l’entrée de la baie il y a 15 m de marnage, c’est le plus haut d’Europe ! Pendant les grandes marées, la mer recule jusqu’à 15 km ! Et comme elle monte toujours plus vite qu’elle ne descend, le risque de se faire encercler est grand, car on ne la voit pas venir. C’est de là que vient la légende de la mer qui monte ici à la vitesse d’un cheval au galop. C’est faux, mais tout de même, elle peut monter jusqu’à 15 km/h ! Et à ce moment là, croyez-moi, vous n’avez pas le temps de vous enfuir… » prévient Jean-François, en rappelant que des imprudents se font régulièrement secourir par hélicoptère. Autre rumeur que se charge illico de démentir le guide, en joignant le geste à la parole : il y aurait des sables mouvants autour du Mont-Saint-Michel. « C’est partiellement vrai. En fait, il n’y a pas d’endroits qui vous engloutissent d’un coup, et la plupart du temps, les gens marchent sur du sable mouvant sans s’en rendre compte. D’ailleurs, on est sur du sable mouvant en ce moment même ! » ajoute le guide d’un air facétieux… Chacun regarde ses bottes avec un mélange d’incrédulité et d’inquiétude, quand Jean-François ajoute : « sautez sur place, s’il vous plaît ». On s’exécute docilement et pataugeons dans le sable humide, et peu à peu le sable s’efface sous nos pieds, emprisonnant vite nos bottes. « Stop ! Regardez maintenant !» crie le guide, hilare, qui se met lui-même à trépigner sur place. Petit à petit, Jean-François s’enfonce sous nos yeux ébahis, et s’arrête de gigoter quand il se retrouve ensablé jusqu’au bassin. Il ne peut plus bouger, et nous explique maintenant la technique nécessaire et les bons gestes à avoir (à part appeler au secours) pour se sortir de ce piège tout seul. Très impressionnant ! Mais il n’y a pas de danger si l’on ne s’attarde pas sur place. C’est comme la tangue (la vase). Lorsqu’il faut traverser ces étendues de vase grise et visqueuse, il faut marcher rapidement pour ne pas laisser le temps à la vase d’engluer la botte. Plus d’un étourdi y a laissé la sienne ! Une fois que l’on s’est habitué à progresser dans le sable, et à traverser les criches (rigoles creusées par la mer) sans encombres, on peut profiter du paysage tout en écoutant les commentaires historiques du guide, qui ne se lasse pas de gloser sur les Anglais qui n’ont jamais réussi à prendre le Mont-Saint-Michel, ni de s’extasier sur la prouesse de ces moines-bâtisseurs. Nous rebroussons chemin à hauteur de Tombelaine, cet autre rocher immergé dans la baie, qui est aujourd’hui une réserve ornithologique. Nous n’avons pas eu la chance d’apercevoir la colonie de phoques veaux-marins qui a établi domicile dans la baie, mais nous avons pu observer des aigrettes garzettes, des huîtriers-pies et de nombreux goélands. C’était une balade passionnante, vivifiante, mais aussi assez fatigante. De nombreux guides privés proposent leurs services pour traverser la baie, ou pour faire des balades commentées, que ce soit au départ du parking du Mont-Saint-Michel, ou au départ du Bec d’Andaine, de l’autre côté de la baie, vers Genêts. Les sorties varient de 2 h à 6 h, en fonction du parcours (de 5 à 15 km). En cas d’aller simple, retour en bus prévu.

A savoir

Lorsque j’ai fait ce reportage, il y avait un parking devant les remparts. Aujourd’hui, de grands travaux ont permis au Mont de retrouver son caractère insulaire, et le parking est repoussé à 2,5 km. On peut rejoindre le Mont Saint-Michel à pieds en empruntant la passerelle d’accès, ou prendre une navette (de 7 h à minuit), dont le prix est inclus dans le tarif du parking. En prenant les premières navettes, vous arriverez bien avant la cohorte des groupes en autocar, et vous profiterez de l’ambiance intime du village, et de son caractère médiéval.

Pratique

Se renseigner

OT : https://www.ot-montsaintmichel.com/

CDT : www.manchetourisme.com

https://www.decouvertebaie.com/

Guide : Amélie Saint-James (06 15 56 22 16)

Amélie Saint-James, guide au Mont-Saint-Michel

Se loger

Camping Haliotis (3*), à Pontorson : à 9 km du Mont, le long du Couesnon, camping accueillant et très bien équipé (piscine chauffée, sauna, et wifi gratuit).  www.camping-haliotis-mont-saint-michel.com

Village de gîtes de l’Anse de Moidrey (à 5 min du Mont), où de confortables maisonnettes sont à louer à partir de 95 €/nuit pour 4p. http://www.village-gites-mont-saint-michel.com/

Bonnes adresses

Marée Time : coup de cœur pour ce resto situé le long du Couesnon, dont la salle du 1er étage avec terrasse panoramique offre un superbe point vue sur le Mont. On s’y régale de fruits de mer et de moules, de poisson extra frais… Au rez-de-chaussée, la boutique vend des moules de bouchot et des huîtres de Cancale, et prépare des plateaux de fruits de mer à emporter.

La Ferme Saint-Michel : sur la route du Mont, vers Beauvoir. Magnifique salle dans une grange restaurée à la charpente apparente. Immense cheminée dans laquelle le chef fait griller les viandes, dont l’agneau pré-salé, bien sûr ! Menus de 25 à 39 €.  http://www.restaurantfermesaintmichel.com/

Gênes, avec plaisirs

La capitale de la Ligurie abrite derrière son grand port une vieille ville fascinante par son histoire, son architecture et sa gastronomie. Une découverte à combiner avec Portofino, un ancien village de pêcheur devenu la perle de la Riviera du Levant.

ITALIE – Gênes Piazza Ferrari

A Gênes, tout est une question de palais. De ceux qui témoignent de la prospérité passée de la ville, et de celui qui se délecte à chaque coin de rue de la street-food locale. Au Moyen-âge, les croisades et les navigateurs – dont Christophe Colomb – ont institué Gênes comme place-forte du commerce européen. Sa prospérité s’est accrue avec le développement des banques, à tel point qu’au XVIème s, la République de Gênes a construit un quartier de luxe afin d’accueillir ses hôtes de marque. Les grandes familles génoises ont alors bâti des palais Renaissance ou baroques en rivalisant de magnificence, et 42 de ces palais dit « des Rolli », sont inscrits au patrimoine mondial de l’Humanité. C’est un plaisir de se promener via Garibaldi en admirant ces magnifiques façades en marbre de Toscane, ornées de stuc, colonnades ou cariatides, d’apercevoir leurs vestibules grandioses et leurs jardins agrémentés de fontaines et de nymphes. N’hésitez pas à pousser toutes les portes qui s’ouvrent, elles vous réservent parfois des surprises ! Des banques sont installées dans d’anciens palais, des magasins, aussi, et il est très agréable de faire son shopping dans un décor aussi somptueux ! Parmi les palais qui sont devenus des musées, ne manquez pas le palazzo Reale. Somptueusement meublé et décoré, ce petit Versailles génois a même sa galerie des Glaces…

ITALIE – Gênes Place Ferrari
ITALIE – Gênes Ancienne Bourse, piazza Ferrari
ITALIE – Gênes Lion en marbre devant la cathédrale San Lorenzo
ITALIE – Gênes Eglise de San Matteo
ITALIE – Gênes Piazza di San Matteo
ITALIE – Gênes Ruelle du centre historique
ITALIE – Gênes Eglise San Pietro di Banch
ITALIE – Gênes Arcades de la via XX Settembre
ITALIE – Gênes Ruelle près du port
ITALIE – Gênes Intérieur de la cathédrale San Lorenzo
ITALIE – Gênes Ruelle du centre historique
ITALIE – Gênes « tableau » d’angle
ITALIE – Gênes
ITALIE – Gênes Statue d’angle de madone
ITALIE – Gênes Via Garibaldi Au Palazzo Reale
ITALIE – Gênes Via Garibaldi Au Palazzo Reale
ITALIE – Gênes Via Garibaldi Au Palazzo Reale
ITALIE – Gênes Via Garibaldi Au Palazzo Reale
ITALIE – Gênes Palais abritant la Chambre de Commerce
ITALIE – Gênes Via Garibaldi Au Palazzo Reale
ITALIE – Gênes Via Garibaldi
ITALIE – Gênes Via Garibaldi
ITALIE – Gênes Vestibule d’un palais abritant la Deutsche Bank
ITALIE – Gênes Palais transformé en magasin d’art ménager : « Via Garibaldi 12 »
ITALIE – Gênes Palais transformé en magasin d’art ménager : « Via Garibaldi 12 »

Plaisirs des yeux et de bouche

A propos de glaces, vos déambulations sous les hautes arcades de la via du XX Settembre pavée de mosaïques, ou dans le lacis des venelles gouailleuses près du port, seront rythmées par des tentations gourmandes : ne résistez pas ! Dégustez une glace artisanale en contemplant la façade historiée de l’église San Lorenzo, dévorez une focaccia (fougasse) encore chaude sur le port relooké par Renzo Piano, et croquez dans un canistrelli avec un espresso servi en terrasse sur une placette du centre historique… Au mercado oriental, marché couvert regorgeant de tous les bons produits du terroir italien, demandez à goûter au pesto fait main, au mortier. C’est la spécialité génoise par excellence, à savourer avec les pâtes, bien sûr !

ITALIE – Gênes Gâteau génoise « panarello », spécialité de la pâtisserie « Panarello », via San Vincenzo, 82
ITALIE – Santa Margharita Ligure Foccacia à « Pinamonti », via Cavour
ITALIE – Gênes Foccaceria via San Lorenzo
ITALIE – Gênes Foccaceria « Il Ristoro dei Grimaldi », vico San Luca
ITALIE – Gênes Ivana Balboni montre une fougasse, au Ristoro di Grimaldi
ITALIE – Gênes Antico Polleria (rôtisserie de poulet)
ITALIE – Gênes Gastronomia De Micheli, via Macelli di Soziglia, 54
ITALIE – Gênes Foccacia au pesto au restaurant I Tre Merli
ITALIE – Santa Margharita Ligure Glace « Pinguin » à la gelateria Centrale, largo Antonio Giusti 14
ITALIE – Gênes Semi-fredo au restaurant I Tre Merli, sur le port
ITALIE – Gênes Au marché oriental
ITALIE – Gênes Au marché oriental
ITALIE – Gênes Au marché oriental
ITALIE – Gênes Pâtes fraiches au marché oriental
ITALIE – Gênes Pâtes au marché oriental
ITALIE – Gênes Pâtes fraîches au Mercado oriental
ITALIE – Gênes Roberto Panizza, au restaurant Il Genovese
ITALIE – Gênes Au magasin « Liguria in Bottega », via Banchi 7
ITALIE – Gênes Au port relooké par Renzo Piano

Les perles de la riviera génoise

En allant vers le Levant, la côte rocheuse abrite de ravissants villages de pêcheurs, dont les maisons colorés s’enroulent autour d’une plage de galets. Aux portes de Gênes, voici d’abord Boccadasse, petit amphithéâtre aux maisons colorées, qui offre chaque après-midi le spectacle populaire de la joie simple du bain de mer. Il faut explorer ses creusets – ruelles en pente pavées de galets- où patientent les chats (certainement attirés par les odeurs de poisson grillé qui s’échappent des cuisines), pour ressentir l’ambiance chaleureuse et inimitable d’un petit port italien. Un peu plus loin, Nervi est apprécié pour son grand parc élégant et fleuri, et sa côte rocheuse n’empêche pas les locaux de se prélasser sur des transats au bord de la Grande Bleue. Quant à Portofino, abrité derrière un cap rocheux, ce n’est plus « un petit port qui s’étend comme une demi-lune autour d’un bassin silencieux » comme l’écrivait Maupassant. Car ce petit bijou attire beaucoup de monde, surtout des jet-setters, et leurs immenses yachts dénaturent un peu la carte postale… Mais le charme opère quand même, et le point de vue sur ce port très esthétique est splendide depuis l’esplanade de la petite église San Giorgio. En poursuivant le sentier sur le cap rocheux jusqu’au phare de Portofino, l’ambiance change complètement. A mesure que s’éloigne le brouhaha du port, on entend les cigales, et l’on perçoit toute la beauté sauvage de ce maquis très odorant et très vert. Tout au bout, un petit bar surplombe la mer, juste sous le phare, et l’on peut profiter en toute tranquillité de la beauté du paysage… Il faut savoir qu’il y a très peu d’hébergements, à Portofino, et ils sont très chers. Le mieux est de poser ses valises à Santa Margharita, la ville la plus proche. Une ligne de bus fait le va-et-vient toute la journée, mais il faut éviter le taxi, c’est le trajet le plus cher du monde ! 50 euros pour 5 kms, qui dit mieux ? Une chouette ballade consiste à se rendre à Portofino à pieds, en longeant la côte. Cerise sur le gâteau (génois…), vous trouverez de petites criques rocheuses idylliques et paisibles, pour avoir le plaisir de piquer une tête dans l’eau chaude et turquoise de la Méditerranée. A Santa Margharita, il faut visiter la villa Durazzo, un élégant palais du XVIème siècle, résidence d’été d’un riche marquis génois, où l’on peut admirer une collection d’objets d’art anciens : sculptures en marbre, tapisseries, art chinois… La villa est entourée d’un superbe parc dominant la ville et la mer.

ITALIE – Gênes Boccadasse
ITALIE – Gênes Boccadasse
ITALIE – Gênes Boccadasse
ITALIE – Gênes Boccadasse
ITALIE – Gênes Boccadasse
ITALIE – Gênes Pont romain à Nervi
ITALIE – Gênes Parc à Nervi
ITALIE – Gênes Côte rocheuse vers Nervi
ITALIE – Gênes Côte rocheuse vers Nervi
ITALIE – Gênes Côte rocheuse vers Nervi
ITALIE – Portofino Vue depuis le parvis de l’église Saint-Georges
ITALIE – Portofino
ITALIE – Portofino
ITALIE – Portofino
ITALIE – Portofino Vue depuis le parvis de l’église Saint-Georges
ITALIE – Portofino
ITALIE – Portofino Parvis de l’église Saint-Georges
ITALIE – Portofino Piton rocheux vu de l’église Saint-Georges
ITALIE – Portofino
ITALIE – Portofino Petit bar sous le phare
ITALIE – Santa-Margharita Ligure
ITALIE – Santa-Margharita Ligure Jardins de la villa Durazzo
ITALIE – Santa-Margharita Ligure Oratoire de Saint Erasme
ITALIE – Paraggi
ITALIE Petite crique entre Portofino et Paraggi
ITALIE Petite crique entre Portofino et Paraggi

Pratique

Y aller : A 2 h en voiture de Nice, 1h30 de train de Milan. Environ 30 minutes de train entre Gênes et Santa Margharita Ligure.

Se loger :

*Bristol palace (4*), à Gênes : idéalement situé pour visiter Gênes à pieds. A partir de 155 € la ch double en B&B. https://www.hotelbristolpalace.it/fr

* Helios (4*), à Santa Margharita : hôtel posé sur la plage, à partir de 220 € la ch double en B&B. https://www.hotelhelios.com/fr/home

Bonnes adresses :

A Gênes :

Il Genovese (35 via Galata et sur le port de Boccadasse) : pour déguster le meilleur pesto de Gênes ! Son sympathique fondateur, Roberto Panizza, a déjà remporté le concours de meilleur pesto du monde…

Al Veliero (10, via Ponte Calvi) : tout près du port, petit resto qui ne maye pas de mine, mais qui offre une cuisine génoise authentique. Son cappon magro, une terrine de poissons et fruits de mer aux légumes verts, est à se damner !

Le Rune (13 piazza des Portello) : taverne très sympa, qui propose une cuisine génoise revisitée.

Antica Vaccheria (20 via Agostino Bertani, c’est à la sortie du funiculaire) : l’un des meilleurs glaciers de la ville.

Il Ristoro dei Grimaldi (vico San Luca) : l’une des meilleures fougasses de la ville.

Via Garibaldi 12 : c’est l’adresse et le nom de ce magasin d’art et d’artisanat de luxe, installé dans un palais Rolli.

Rivara 1802 (en face de la cathédrale San Lorenzo) : pour le mezzeri, un superbe tissu traditionnel génois.

Maddalive (20 vico alla Chiesa della Maddalena) : espace créatif qui propose des cours culinaires (café, pesto…) pour 40 €/p avec le déjeuner. https://maddalive.it/

A Portofino : Lo Stella (sur le port) : excellent restaurant de poissons et fruits de mer, avec spécialité de raviolis au poisson.

A Santa Margharita : Seghezzo (spécialités italiennes) ; Beppe Achilli (poissons et fruits de mer) ; Gelateria Centrale (pour ses glaces « pingouins » recouvertes d’une fine croûte de chocolat).

Se renseigner : www.visitgenoa.it ; www.lamialiguria.it ; www.italia.it

Un grand MERCI à mes guides italiens, à savoir :

Alessandro Ravera à Gênes et Boccadasse (ravera.alessandro@gmail.com)

Veronica Littardi à Portofino (+39 348 018 25 56)

Ciao, a pronto !!!

Yukon, au fin fond du Canada

Situé à l’extrême nord-ouest du Canada, à la frontière de l’Alaska, le territoire fédéral du Yukon se distingue par ses immensités sauvages et ses splendides paysages de montagnes, de forêt et de toundra. Connu pour avoir été le théâtre de la ruée vers l’or du Klondike, au début du siècle, le Yukon offre ses grands espaces aux amateurs de nature et d’aventure.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : sur un territoire aussi vaste que la France, le Yukon compte environ 38 000 habitants, dont les deux-tiers résident à Whitehorse, la capitale, l’une des seules villes dignes de ce nom. Le reste se répartit dans de petites communautés, le long des 11 routes que compte cette province canadienne. C’est dire que le reste du territoire est pratiquement vierge, et qu’on a plus de chance de rencontrer un ours ou un orignal qu’un trappeur au bord des lacs ou dans les forêts touffues. D’ailleurs, il a été édité un petit guide à l’intention des visiteurs, indiquant ce qu’il faut faire si l’on tombe nez à truffe avec un ours noir ou un grizzli. Heureusement pour le journaliste et hélas pour le photographe, je n’ai pas croisé le chemin d’un grizzli lors de ce voyage…

Whitehorse, capitale du Yukon

Après un voyage éprouvant, vous atterrirez à Whitehorse, la capitale du Yukon. 25 000 habitants, dont 4000 francophones. Cette petite ville représente environ 70 % de la population de la province, c’est dire si le reste du territoire est inhabité ! Une heure après être arrivé, Whitehorse vous aura déjà donné les clefs pour comprendre le Yukon. Dans le hall d’entrée de l’hôtel Gold Rush Inn, vous serez accueillis par des trophées de chasse et des animaux sauvages empaillés : c’est dire l’importance de la faune sauvage dans cette province. Dans la rue commerçante principale, la seule statue est celle d’un prospecteur minier du début du siècle dernier. On comprend comment est née la ville. Plusieurs magasins proposent de l’équipement outdoor (vêtements, matériel de trekking ou de chasse…), impliquant le fait que l’on vient au Yukon principalement pour profiter de sa nature. Enfin, vous trouverez aussi pas mal d’artisanat indien ou inuit, ce qui traduit l’importance des communautés autochtones dans cette province, où elles sont bien intégrées à la communauté. Dès que l’on sort de la ville, on se rend compte que la nature est identique à celle qu’ont connu les premiers explorateurs et les chercheurs d’or qui ont sillonné cette vaste contrée sauvage il n’y a pas si longtemps que cela. Ceux d’aujourd’hui sont mieux équipés, et utilisent de gros 4×4 ou des hydravions pour se rendre en forêt. Sur la route qui mène à Miles Canyon, un superbe défilé rocheux creusé par l’impétueuse rivière Yukon, on voit décoller ces hydravions sur le lac Schwatka, et lorsqu’ils sont dans le ciel, on dirait de gros insectes, comparés aux immensités qu’ils survolent.

Rivière Yukon à Miles Canyon
Touriste américain
A Whitehorse
Gold Rush Inn
Rivière Yukon vers Whitehorse
Hydravion sur le lac Schwatka

Dawson city entretient le mythe du chercheur d’or

C’est aussi par la voie des airs qu’il faut se rendre à Dawson City, première étape vers le Grand Nord. 650 km par la route, à doubler de gros trucks interminables, c’est long et fastidieux…Vue du ciel, la virginité et la beauté du Yukon apparaît dans toute sa splendeur, surtout en septembre-octobre, lorsque la forêt se teinte des couleurs de l’automne indien. Les pins aux troncs élancés et à la ramure peu touffue sont comme des pinceaux qui auraient pris les couleurs des essences de feuillus qui les entourent, du jaune clair au rouge foncé. Avec le vert des conifères, cela donne un tissu écossais dont les taches noires sont les innombrables lacs aux eaux sombres. Dès que l’on aperçoit les premières dragues, avec leur bras articulé qui rejette les gravats filtrés, Dawson City apparaît. Cette ville minière a poussé comme un champignon à la fin du 19e siècle lorsqu’une poignée de mineurs a découvert des filons d’or dans une rivière du coin, la Klondike river. Ce fut la célèbre « Klondike gold rush », la plus grande ruée vers l’or de tous les temps, qui attira ici des milliers de prospecteurs et d’aventuriers, avec la folle espérance de faire fortune. Mais il fallait braver la faim et le froid (il fait fréquemment – 50° C l’hiver ) et si certains découvrirent des filons, beaucoup ne trouvèrent que la mort. C’est cette incroyable aventure humaine qui est retracée dans le musée de Dawson, truffé d’objets de l’époque, de photos et d’anecdotes. On repense au film « La Ruée de l’Or » de Chaplin, lorsque Charlot était obligé de manger le cuir de ses chaussures : ce n’était pas que de la fiction ! Dawson a toujours des trottoirs en bois qui longent de larges rues en terre battue, des maisons en bois et des commerces aux façades dignes d’un décor de western, ainsi qu’un bateau à vapeur, en cale sèche. Et il y a un saloon, bien sûr : le « Diamond Tooth Gerties » est une institution, et chaque soir s’y retrouvent les touristes et les habitants de Dawson, qui ne se lassent pas d’assister au spectacle de french cancan. A moins qu’ils ne viennent que pour boire une bière et jouer leur salaire (ou leur retraite) aux machines à sous…  Ce qui est drôle, c’est que certains mineurs règlent leurs dettes en pépites d’or ! Car on trouve toujours de l’or à Dawson. Evidemment,  les mineurs actuels utilisent des moyens plus modernes que la traditionnelle batée, mais les touristes peuvent apprendre à la manier, pour de vrai : on vous met une poignée de sable aurifère dans la bassine, et vous devez la secouer dans l’eau pour arriver à faire tomber le sable et garder l’or au fond. Chacun repart fièrement avec sa petite fiole remplie de paillettes d’or. Pas de quoi devenir riche, mais on ressent un peu la fièvre du chercheur d’or, et c’est une expérience très excitante !

La rivière Yukon à Dawson
Dawson city
Le vapeur Keno à Dawson
Maison de Jack London à Dawson
Cabane à nourriture au musée de Dawson
Vieille loco au musée de Dawson
Le Diamond Tooth Gerties
French cancan au Diamond Tooth Gerties
Machines à sous au Diamond Tooth Gerties
Orpaillage touristique
Paillettes d’or
Pépites d’or

En route vers le cercle polaire…

Parmi les nombreuses excursions possibles à partir de Dawson, la plus belle est de suivre la Dempster Highway, la route qui conduit au-delà du cercle polaire jusqu’à Inuvik, un village d’Esquimaux. Dès les premiers kilomètres sur la piste de terre, les paysages deviennent somptueux. Progressivement, à mesure que l’on remonte vers le nord, la forêt de conifères laisse place à une toundra vallonnée, irriguée de rivières et de lacs, et colorée par les tapis rose ou mauves d’épilobes, cette jolie fleur emblème du Yukon. Si vous décidez de vous promener à pieds, ne vous fiez pas à la beauté virginale des lieux. La nature a ses habitants, et ce sont des bêtes sauvages. Les caribous ou les orignaux, même s’ils sont très impressionnants avec leur immense ramure, ne sont pas dangereux. Mais le grizzli ou l’ours noir sont des bêtes imprévisibles et très véloces. Mieux vaut rester dans sa voiture et les observer aux jumelles. Sur les pentes montagneuses aux cimes enneigées, les ondées sont fréquentes, et déclenchent des arcs en ciel éclatants. Si le jour, l’azur est fréquemment strié d’arcs multicolores, la nuit, qui est bien courte à ces latitudes, le ciel s’éclaire parfois d’aurores boréales. Cela vaut la peine de veiller jusqu’à la nuit noire, pour voir apparaître ces draperies célestes qui se déforment au gré des vents solaires, en prenant des teintes du vert au rouge. Ce phénomène féerique est si hallucinant que certains prétendent qu’on peut entendre les aurores boréales…

Dempster highway
Dempster highway
Dempster highway
Vue depuis la Dempster highway
Sentier au pays des ours
Biche de wapiti
Sur la Dempster Highway

Mais les gens d’ici racontent tellement d’histoires ! Qu’ils soient descendants de trappeurs, d’aventuriers, d’indiens, ou simples immigrants, les habitants du Yukon ont tous un caractère bien trempé pour vivre dans ce pays, surtout durant le long hiver. Alors on rencontre parfois des personnages étonnants comme un sosie d’Elvis Presley, ou un type qui a bricolé sa propre station de radio et qui est l’homme le plus tatoué du Yukon, ou encore ce barman du Downtown Hotel, à Dawson, qui propose à ses clients de boire le « sourtoe cocktail », un tire-boyau dans lequel macère un orteil humain… Mais sous la rudesse couve la gentillesse et l’hospitalité est une règle, au Yukon. Surtout de la part des francophones qui sont très actifs et particulièrement accueillants envers les français. Ils ont d’ailleurs édité une brochure qui recense tous les services (hôtels, restaurants, commerces…) où l’on parle français. L’idéal est de commencer son voyage en les rencontrant à Whitehorse (qui est jumelé avec Lancieux, en Bretagne) au Centre de la Francophonie. Tous les vendredi il y a des soupers-rencontres, et fin août, ils y organisent des épluchettes de blé d’Inde (littéralement enlever les feuilles aux épis de maïs), soirées animées où l’on joue, chante, danse autour d’un barbecue, et où l’on placotte (discute) en français. Certains vous inviteront peut-être dans leur cabane d’été au bord du lac Tagish, à une demie-heure de voiture de Whitehorse, sur lequel vous irez pêcher le saumon rouge et l’ombre arctique. De là, vous ne serez pas loin de Carcross, mignonne cité construite autour de sa gare, jadis florissante, un peu ville-fantôme aujourd’hui. Il faut rentrer dans son magasin général, l’un des plus vieux du Yukon, restituant parfaitement l’ambiance des entrepôts qui équipaient et alimentaient les aventuriers en quête d’or dans la région. Ceux-ci ont dû être fascinés par la beauté d’un lac tout proche, le lac Emeraude, dont la couleur irréelle des eaux, faisant croire qu’elles recouvrent un tapis d’émeraudes, ne pouvait qu’attiser l’imagination de leurs esprits avides de richesses.

Un des sosies d’Elvis
L’homme le plus tatoué du Yukon est aussi chasseur d’orignal
Auberge vers Carcross
A Carcross
Magasin à Carcross
Quad vers le lac Tagish
Canoë au lac Tagish
Le lac Tagish
Le lac Emeraude

…ou bienvenue en Alaska !

Si l’envie vous prend d’aller faire un petit tour en Alaska, rien de plus facile, il suffit d’emprunter l’Alaska Highway, et c’est tout droit ! La première étape sera Haines Junction, ville carrefour située au bord du parc national Kluane, sans doute l’un des plus beaux du Canada. Ici plus qu’ailleurs la nature est intacte, et les paysages sont rendus somptueux par une chaîne de montagnes constamment enneigée, dont le Mont Logan, culminant à 6000 m, est le sommet le plus élevé du Canada. C’est à ses pieds que s’étire en forme de « S » l’immense glacier Kaskawulsh, majestueux fleuve de glace alimentant le lac Kluane, qui avec ses 600 km de long, est le plus grand du Yukon. Une agence locale propose de survoler ces « champs de glace » en hélicoptère : c’est un must ! De là-haut, on apprécie beaucoup plus de ces fabuleux paysages, et l’hélico vole suffisamment bas pour distinguer les orignaux et les ours ! Retour sur l’Alaska Highway. A mesure que l’on se rapproche des montagnes de l’Alaska, la végétation se raréfie jusqu’à devenir une austère toundra rocailleuse. Après la frontière canadienne, il faut encore traverser un no man’s land (qui n’a jamais aussi bien porté son nom !), avant d’arriver à la frontière américaine. Beaucoup de touristes ne viennent ici que pour se faire prendre en photo devant le gigantesque panneau : « Welcome to Alaska ». Il est vrai qu’on se pincerait pour y croire…

Alaska Highway
Pine Lake, vers Haines Junction
Pine Lake, vers Haines Junction
Paysage vers Haines Junction
Rivière vue depuis l’Alaska Highway
Ranger du Kluane park
En hélico au-dessus du Kluane park
Glacier Kaskawulsh, dans le Kluane park
Au Kluane park
Au Kluane park
Frontière avec l’Alaska

Muktuk Adventures

A une vingtaine de kms au nord de Whitehorse, ce « ranch récréatif » situé au bord de la rivière Takhini permet de découvrir la nature sauvage du Yukon en toute sécurité. Vous y serez accueillis par une meute de 60 chiens de traîneaux, qui l’été peuvent vous accompagner dans vos treks. Lorsque j’y suis passé, il y en a même qui traînaient des quads ! Vous pourrez faire du canoë, accompagné ou pas, à la journée ou en itinérance, avec de 1 à 9 nuits de camping. Fait également location de chalets en bois. https://muktuk.com/

PRATIQUE

Y aller : Air Canada propose des vols Paris-Whitehorse, avec deux correspondances (et 32 h de trajet !) à partir de 600 €. Mais il faut s’arrêter à Montréal et passer la nuit à Vancouver. Vous pouvez aussi aller à Londres et prendre un vol Londres-Vancouver et Vancouver-Whitehorse dans la même journée. https://www.aircanada.com/fr/fr/aco/home.html#/ Enfin, il existe un vol Lufthansa Francfort-Whitehorse à partir de 700 €.

Bonnes adresses :

Inn on the Lake, à Whitehorse
Inn on the Lake, Whitehorse
Préparation du saumon pêché au Dalton Trail Lodge

A ramener : saumon sauvage fumé, pierres semi-précieuses, artisanat autochtone

A savoir :

  • meilleure période : de mai à fin septembre
  • décalage horaire : – 9 h
  • monnaie : le dollar canadien, cartes bancaires acceptées 

Se renseigner :

https://www.authentikcanada.com/fr-fr/tourisme/office-tourisme-canada

https://www.travelyukon.com/fr

Le pâté de Chartres

Ce pâté en croûte est né du mariage improbable entre le monde de la pâtisserie et celui de la chasse. Constitué à l’origine avec de la viande de gibier, ce pâté de luxe est enrobé d’une coque de pâte brisée et contient du foie gras.

Un pâté pour Henri IV ?

Selon la légende, les premiers pâtés de Chartres ont été réalisés à la fin du XVIème s., à l’occasion du sacre d’Henri IV. Mythe ou réalité ? Quoiqu’il en soit, la première mention de cette préparation charcutière de la bonne ville de Chartres remonte au XVIIème s., dans les vers d’un poète épicurien, amateur de bonne chère. Mais c’est au XIXème siècle que le pâté de Chartres obtient ses lettres de noblesse, notamment grâce à certains grands noms de l’époque qui en ont fait mention dans leurs œuvres, tel Alexandre Dumas dans son Dictionnaire de la cuisine, Victor Hugo ou encore Anatole France. Il obtient également une reconnaissance nationale en 1885 lorsque le pâtissier Voisin reçoit, lors d’un concours culinaire à Paris, une médaille d’or pour l’excellence de ses pâtés de Chartres. C’est lui qui en fige la recette, qui est d’ailleurs celle que prône la confrérie de « l’authentique Pâté de Chartres » fondée en 2005, afin de promouvoir cette spécialité culinaire incontournable d’Eure-et-Loir. Depuis 2011, le pâté de Chartres est même inscrit à l’inventaire du patrimoine culinaire, reconnu patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.  

Un pâté royal au goût de terroir

« Ce n’est pas exactement la même recette ! » précise Patrice Millet, membre de la confrérie et artisan-charcutier, l’un des 4 ou 5 derniers à confectionner toute l’année cette longue préparation charcutière. « Car à l’origine, les charcutiers chartrains ne faisaient ce pâté qu’en période de chasse, avec du pluvier guignard, un oiseau migrateur qui abondait en Beauce, ou avec de l’alouette. Le premier est devenu une espèce protégée, l’autre est rarement chassée, c’est pourquoi on utilise de nos jours plutôt du faisan, du perdreau, de la perdrix ou plus souvent du canard. Mais toujours avec du foie gras ! » insiste Patrice. En effet, c’est l’ajout de foie gras frais, au cœur du pâté, qui lui confère son prestige et son côté « royal ».  Ce jour-là, Patrice a réussi à avoir un faisan, mais s’il n’en a pas, il utilise la viande d’un canard de Barbarie. « C’est une préparation assez longue« , prévient-il, « qui se déroule sur quatre jours ! D’abord on mélange toutes les viandes et on laisse mariner deux jours avec des épices et des condiments. Le 2ème jour on prépare la pâte brisée qui doit rester au frais une nuit, et le lendemain on garnit le moule de pâte, et on ajoute la farce. Après cuisson, le pâté doit attendre encore un jour avant d’être consommé. » Patrice garde jalousement secret le détail de sa recette, tout au plus lâchera-t-il qu’il aromatise le pâté avec une pointe de coriandre et du cognac…

Jacky Charreau, un autre charcutier réputé pour son pâté de Chartres, est plus disert quant à sa fabrication. Dans son atelier de Le Coudray, situé au sud de Chartres, il n’hésite pas à me montrer le déroulé de sa recette : « D’abord j’émince au couteau de la gorge de porc, du filet mignon de veau, du magret de canard, et du foie gras frais en plus gros morceaux. Je mélange les viandes, en gardant le foie gras de côté, avec une compotée d’oignons, du sel, du poivre, un peu de madère et de porto, du laurier et des épices. » Quelles épices ? « Ah non, ça, je le garde pour moi ! » sourit l’artisan, qui précise : « De toutes façons, c’est au goût de chacun, si vous aimez telle ou telle épice, vous l’ajoutez ! » En effet, certains charcutiers ajoutent du cumin, des pistaches, d’autres de la truffe… Après avoir laissé mariner sa farce, Jacky beurre ses moules et les tapisse de pâte. « Il faut garnir la moitié du moule, mettre un médaillon de foie gras, puis recouvrir du reste de viande et d’un peu de bouillon fait à base d’os et de carottes, qui se transformera en gelée. Il ne reste plus qu’à fermer avec un chapeau de pâte crénelé comme une couronne, dorer au jaune d’œuf, et percer un trou pour laisser la vapeur s’échapper pendant la cuisson. Après 1 h à 160 °C et 45 minutes à 120 °C, c’est cuit ! »

Jacky Charreau

Une explosion de saveurs

Jacky ne propose pas toujours son pâté de Chartres dans ces petits moules cylindriques traditionnels de 15 cm de haut. Il prépare aussi une version allongée en terrine, plus pratique pour la vente en charcuterie au détail. Si vous voulez déguster un authentique pâté de Chartres servi à l’assiette, rendez-vous au Grand Monarque, une institution étoilée à Chartres. Ici, le chef Benoît Cellot concocte pour la brasserie « La Cour » un pâté de Chartres à l’ancienne, servi au guéridon avec tout son cérémonial. « Certains ajoutent du fumet de gibier dans leur pâté, ici, on n’utilise que du canard sauvage, c’est ce qui donne au pâté son goût de terroir. La compotée d’oignons et d’échalotes apporte de la rondeur à la farce.  Nous le servons avec des cerises noires ou au vinaigre, c’est sublime ! » A l’ouverture du pâté, une explosion de parfums appétissants font saliver, des saveurs carnées et pâtissières qui font se retourner les voisins de table…  Effectivement, c’est délicieux, le foie gras apporte du fondant et avec les cerises noires, la croûte donne l’impression d’être déjà au dessert ! Pour accompagner ce pâté en croûte (14 € à la carte), les amateurs de vin rouge se laisseront tenter par un Saumur-Champigny ou un Chinon, et en vin blanc, un Vouvray fera l’affaire.

Benoît Cellot
Le pâté de Chartres du Grand Monarque

La recette

(donnée par  Benoît Cellot, chef au Grand Monarque)

Pour la chair à pâtée

1 kg de canard (si possible sauvage)

250 g de veau

750 g de gorge de porc

100 g de foie gras

5 cl de cognac et 5 cl de porto

1 œuf

1 oignon et 1 échalote

Sel, poivre, thym et laurier

Pour la pâte

2 œufs

500 g de farine

180 g de beurre

125 g d’eau

+ un sachet de gelée, et un pot de cerises au vinaigre

Déroulé

– le 1er jour, découper les viandes en gros morceaux et faire mariner une nuit dans le cognac, le porto, le thym et le laurier.

– le 2ème jour, faire confire l’oignon et l’échalote, et ajouter à la viande qu’il faut découper en petits dés. Saler, poivrer, éventuellement ajouter une autre épice, et lier avec un œuf. Réserver 2 jours au frigo.

– le 3ème jour, préparer la pâte en mélangeant la farine, l’eau et les œufs. Ajouter le beurre bouillant en dernier. Faire une boule et réserver au frais.

– le 4ème jour, mettre la pâte à température ambiante. Beurrer un moule (moule à terrine si vous n’avez pas de moule à pâté de Chartres !). Abaisser la pâte et en garnir le moule, en gardant de la pâte pour le couvercle. Remplir à mi-hauteur de farce, déposer une couche de foie gras et recouvrir du reste de viande jusqu’en haut du moule. Mettre de la gelée maison si vous en avez. Sinon, Couvrir avec de la pâte, en pinçant les bords pour les souder. Décorer avec les chutes de pâte. Dorer au jaune d’œuf battu à l’aide d’un pinceau. Faire un trou au centre pour faire office de cheminée. Réfrigérer 1 h, puis enfourner pour une heure et demie à deux heures, à 150 °C. Une fois le pâté cuit et froid, préparer votre gelée en sachet, et l’introduire avec un entonnoir par le trou de cheminée. Mettre 12 h au frais, et déguster avec des cerises au vinaigre.

Bonnes adresses

Le pâté de Chartres est vendu entre 30 et 40 €/kg, selon les charcutiers.

La Grange du Coudray (chez Jacky Charreau), 124 rue de Voves à Le Coudray. (36 €/kg ) www.lagrangeducoudray.fr

Aux Délices de Saint-Antoine (chez Patrice Millet), 58 rue Pannard à Courville-sur-Eure. (34 €/kg)  www.charcuterie-traiteur-28.fr

Le Grand Monarque, 22 place des Epars, Chartres    www.bw-grand-monarque.com

Patrice Millet
Jacky Charreau
Benoît Cellot, chef au Grand Monarque

GUYANE, l’Amazonie française

La forêt amazonienne vue d’ULM, à Mana

Etant couverte à 97 % d’une dense forêt équatoriale, la Guyane, vue d’avion, ressemble à un vaste champ de brocolis, irrigué par des fleuves déroulant leurs méandres à la façon des anacondas. Cette jungle recèle une faune et une flore extraordinaires, que des réceptifs locaux font découvrir aux rares touristes venant de métropole. Ceux-ci ont donc la chance pouvoir observer dans leur élément naturel les animaux qu’on ne voit d’habitude que dans les documentaires à la télé. Singes de toutes sortes, caïmans, jaguars, toucans, sont ici chez eux, mais vous aussi, puisque c’est la France ! On se pince pour y croire, quand on descend en pirogue une rivière dont les eaux sombres sont hantées par des piranhas et des crocodiles, et qu’on aperçoit sur ses berges des capibaras (plus gros rongeur au monde) ou des loutres géantes… Pour ressentir le grand frisson de la jungle amazonienne, il faut s’engager dans la forêt avec un guide, et passer la nuit en hamac (avec moustiquaire…) dans un carbet aménagé, un abri sommaire ouvert sur l’extérieur. Ce qui permet de bien profiter du bruissement de la jungle, et d’être réveillé par les chants matinaux des oiseaux… ou des singes-hurleurs. Il est même possible de passer la nuit dans une cabane arboricole construite à 10 m du sol, et de grimper en rappel dans les arbres pour atteindre des plateformes d’observation, dont l’une est dans la canopée, à 42 m du sol ! Moins physique, et accessible à tous, la nuit passée dans un carbet flottant, sur les marais de Kaw. Pendant la sortie de l’après-midi en pirogue, Ricky, le guide et piroguier émérite, se charge de débusquer les animaux dissimulés dans les hautes herbes de la savane inondée, ou dans les branches du rideau d’arbres formant rempart au bord du marais. A 200 m, il repère le dos d’un paresseux, là où vous ne voyez qu’une grosse branche, devine où se trouvent les oiseaux (qu’il appelle les zozos, tout en étant capable de donner leur nom latin…), et détaille le mode de vie et les habitudes alimentaires de toute cette faune inféodée au marais. Il faut dire qu’il est né à Kaw, un village du bout du monde isolé en plein marais, où l’on s’arrête pour boire un verre, et où il est interdit de prendre les gens en photo… Pendant la sortie nocturne, Ricky montre toute l’étendue de son talent de guide en repérant les caïmans à la très faible lueur que leurs yeux réfléchissent sous le faisceau d’une torche. Il ne se fait pas prier pour attraper un (petit) caïman à la main, et sous les yeux ébahis des passagers, il le retourne sur le dos, et le fait tomber en léthargie, en lui frottant doucement le ventre ! Hallucinant ! En janvier, lors de mon séjour, il y avait un énorme caïman qui barbotait à quelques mètres du carbet flottant de JAL Voyages. Ricky, notre guide, a beau jurer qu’il n’est pas nourri par les cuisiniers, on a du mal à croire que ce monstre squatte les alentours du bateau uniquement pour avoir le plaisir de se faire photographier par les touristes à bord…

En pirogue sur les marais de Kaw
Le carbet flottant de JAL Voyages
Activités sur les marais de Kaw
Chouette locale dans les marais de Kaw
Grandes aigrettes dans les marais de Kaw
Paresseux sur sa branche
Marais de Kaw
Monument aux morts du village de Kaw
Evelyn, piroguier brésilien
Francisco, cuisinier et piroguier du carbet flottant de JAL
Ricky, piroguier et guide du carbet flottant de JAL Voyages
Ricky « endort » le caïman
Les touristes peuvent tenir le caïman
Gros caïman du marais de Kaw

Si vous n’êtes pas vraiment enclins à vous immerger dans la forêt amazonienne, il vous restera trois possibilités pour espérer voir un peu de faune en toute sécurité. La première consiste à parcourir les différents sentiers balisés autour des villes. A 5 minutes du centre-ville de Cayenne, sur le sentier du Rorota, il est fréquent de voir des paresseux, des singes ou des perroquets. Idem sur le circuit de la Montagne des Singes, à Kourou. Autre alternative, faire une excursion en bateau jusqu’à l’îlet la Mère, où réside une colonie de singes-écureuils facétieux, prompts à vous grimper sur le dos pour voir si vous n’avez pas quelque fruit ou friandise dans votre sac… Le tour de cette petite île est très agréable à faire, on y croise de magnifiques fromagers aux racines géantes, on peut observer les singes-écureuils qui cherchent leur nourriture, qui jouent ou qui se battent, et il y a même une petite plage de sable pour se baigner en attendant la navette du bateau. Et au retour, il est possible d’observer des ibis rouges sur l’estran vaseux de l’embouchure du fleuve Mahury. Enfin, si vous n’avez pas eu de chance dans vos balades, pourquoi ne pas faire un tour au zoo de Matoury ? Vous pourrez y observer tranquillement les animaux vivant en Guyane, dans un cadre proche de leur élément naturel !

Sentier de la Montagne des Singes, à Kourou
Sentier de la Montagne des Singes, à Kourou
Arbre de l’îlet La Mère
Singe-écureuil à l’îlet La Mère
Singe-écureuil à l’îlet La Mère
Singe-écureuil peu farouche, à l’îlet La Mère