Gênes, avec plaisirs

La capitale de la Ligurie abrite derrière son grand port une vieille ville fascinante par son histoire, son architecture et sa gastronomie. Une découverte à combiner avec Portofino, un ancien village de pêcheur devenu la perle de la Riviera du Levant.

ITALIE – Gênes Piazza Ferrari

A Gênes, tout est une question de palais. De ceux qui témoignent de la prospérité passée de la ville, et de celui qui se délecte à chaque coin de rue de la street-food locale. Au Moyen-âge, les croisades et les navigateurs – dont Christophe Colomb – ont institué Gênes comme place-forte du commerce européen. Sa prospérité s’est accrue avec le développement des banques, à tel point qu’au XVIème s, la République de Gênes a construit un quartier de luxe afin d’accueillir ses hôtes de marque. Les grandes familles génoises ont alors bâti des palais Renaissance ou baroques en rivalisant de magnificence, et 42 de ces palais dit « des Rolli », sont inscrits au patrimoine mondial de l’Humanité. C’est un plaisir de se promener via Garibaldi en admirant ces magnifiques façades en marbre de Toscane, ornées de stuc, colonnades ou cariatides, d’apercevoir leurs vestibules grandioses et leurs jardins agrémentés de fontaines et de nymphes. N’hésitez pas à pousser toutes les portes qui s’ouvrent, elles vous réservent parfois des surprises ! Des banques sont installées dans d’anciens palais, des magasins, aussi, et il est très agréable de faire son shopping dans un décor aussi somptueux ! Parmi les palais qui sont devenus des musées, ne manquez pas le palazzo Reale. Somptueusement meublé et décoré, ce petit Versailles génois a même sa galerie des Glaces…

ITALIE – Gênes Place Ferrari
ITALIE – Gênes Ancienne Bourse, piazza Ferrari
ITALIE – Gênes Lion en marbre devant la cathédrale San Lorenzo
ITALIE – Gênes Eglise de San Matteo
ITALIE – Gênes Piazza di San Matteo
ITALIE – Gênes Ruelle du centre historique
ITALIE – Gênes Eglise San Pietro di Banch
ITALIE – Gênes Arcades de la via XX Settembre
ITALIE – Gênes Ruelle près du port
ITALIE – Gênes Intérieur de la cathédrale San Lorenzo
ITALIE – Gênes Ruelle du centre historique
ITALIE – Gênes « tableau » d’angle
ITALIE – Gênes
ITALIE – Gênes Statue d’angle de madone
ITALIE – Gênes Via Garibaldi Au Palazzo Reale
ITALIE – Gênes Via Garibaldi Au Palazzo Reale
ITALIE – Gênes Via Garibaldi Au Palazzo Reale
ITALIE – Gênes Via Garibaldi Au Palazzo Reale
ITALIE – Gênes Palais abritant la Chambre de Commerce
ITALIE – Gênes Via Garibaldi Au Palazzo Reale
ITALIE – Gênes Via Garibaldi
ITALIE – Gênes Via Garibaldi
ITALIE – Gênes Vestibule d’un palais abritant la Deutsche Bank
ITALIE – Gênes Palais transformé en magasin d’art ménager : « Via Garibaldi 12 »
ITALIE – Gênes Palais transformé en magasin d’art ménager : « Via Garibaldi 12 »

Plaisirs des yeux et de bouche

A propos de glaces, vos déambulations sous les hautes arcades de la via du XX Settembre pavée de mosaïques, ou dans le lacis des venelles gouailleuses près du port, seront rythmées par des tentations gourmandes : ne résistez pas ! Dégustez une glace artisanale en contemplant la façade historiée de l’église San Lorenzo, dévorez une focaccia (fougasse) encore chaude sur le port relooké par Renzo Piano, et croquez dans un canistrelli avec un espresso servi en terrasse sur une placette du centre historique… Au mercado oriental, marché couvert regorgeant de tous les bons produits du terroir italien, demandez à goûter au pesto fait main, au mortier. C’est la spécialité génoise par excellence, à savourer avec les pâtes, bien sûr !

ITALIE – Gênes Gâteau génoise « panarello », spécialité de la pâtisserie « Panarello », via San Vincenzo, 82
ITALIE – Santa Margharita Ligure Foccacia à « Pinamonti », via Cavour
ITALIE – Gênes Foccaceria via San Lorenzo
ITALIE – Gênes Foccaceria « Il Ristoro dei Grimaldi », vico San Luca
ITALIE – Gênes Ivana Balboni montre une fougasse, au Ristoro di Grimaldi
ITALIE – Gênes Antico Polleria (rôtisserie de poulet)
ITALIE – Gênes Gastronomia De Micheli, via Macelli di Soziglia, 54
ITALIE – Gênes Foccacia au pesto au restaurant I Tre Merli
ITALIE – Santa Margharita Ligure Glace « Pinguin » à la gelateria Centrale, largo Antonio Giusti 14
ITALIE – Gênes Semi-fredo au restaurant I Tre Merli, sur le port
ITALIE – Gênes Au marché oriental
ITALIE – Gênes Au marché oriental
ITALIE – Gênes Au marché oriental
ITALIE – Gênes Pâtes fraiches au marché oriental
ITALIE – Gênes Pâtes au marché oriental
ITALIE – Gênes Pâtes fraîches au Mercado oriental
ITALIE – Gênes Roberto Panizza, au restaurant Il Genovese
ITALIE – Gênes Au magasin « Liguria in Bottega », via Banchi 7
ITALIE – Gênes Au port relooké par Renzo Piano

Les perles de la riviera génoise

En allant vers le Levant, la côte rocheuse abrite de ravissants villages de pêcheurs, dont les maisons colorés s’enroulent autour d’une plage de galets. Aux portes de Gênes, voici d’abord Boccadasse, petit amphithéâtre aux maisons colorées, qui offre chaque après-midi le spectacle populaire de la joie simple du bain de mer. Il faut explorer ses creusets – ruelles en pente pavées de galets- où patientent les chats (certainement attirés par les odeurs de poisson grillé qui s’échappent des cuisines), pour ressentir l’ambiance chaleureuse et inimitable d’un petit port italien. Un peu plus loin, Nervi est apprécié pour son grand parc élégant et fleuri, et sa côte rocheuse n’empêche pas les locaux de se prélasser sur des transats au bord de la Grande Bleue. Quant à Portofino, abrité derrière un cap rocheux, ce n’est plus « un petit port qui s’étend comme une demi-lune autour d’un bassin silencieux » comme l’écrivait Maupassant. Car ce petit bijou attire beaucoup de monde, surtout des jet-setters, et leurs immenses yachts dénaturent un peu la carte postale… Mais le charme opère quand même, et le point de vue sur ce port très esthétique est splendide depuis l’esplanade de la petite église San Giorgio. En poursuivant le sentier sur le cap rocheux jusqu’au phare de Portofino, l’ambiance change complètement. A mesure que s’éloigne le brouhaha du port, on entend les cigales, et l’on perçoit toute la beauté sauvage de ce maquis très odorant et très vert. Tout au bout, un petit bar surplombe la mer, juste sous le phare, et l’on peut profiter en toute tranquillité de la beauté du paysage… Il faut savoir qu’il y a très peu d’hébergements, à Portofino, et ils sont très chers. Le mieux est de poser ses valises à Santa Margharita, la ville la plus proche. Une ligne de bus fait le va-et-vient toute la journée, mais il faut éviter le taxi, c’est le trajet le plus cher du monde ! 50 euros pour 5 kms, qui dit mieux ? Une chouette ballade consiste à se rendre à Portofino à pieds, en longeant la côte. Cerise sur le gâteau (génois…), vous trouverez de petites criques rocheuses idylliques et paisibles, pour avoir le plaisir de piquer une tête dans l’eau chaude et turquoise de la Méditerranée. A Santa Margharita, il faut visiter la villa Durazzo, un élégant palais du XVIème siècle, résidence d’été d’un riche marquis génois, où l’on peut admirer une collection d’objets d’art anciens : sculptures en marbre, tapisseries, art chinois… La villa est entourée d’un superbe parc dominant la ville et la mer.

ITALIE – Gênes Boccadasse
ITALIE – Gênes Boccadasse
ITALIE – Gênes Boccadasse
ITALIE – Gênes Boccadasse
ITALIE – Gênes Boccadasse
ITALIE – Gênes Boccadasse
ITALIE – Gênes Pont romain à Nervi
ITALIE – Gênes Parc à Nervi
ITALIE – Gênes Côte rocheuse vers Nervi
ITALIE – Gênes Côte rocheuse vers Nervi
ITALIE – Gênes Côte rocheuse vers Nervi
ITALIE – Portofino Vue depuis le parvis de l’église Saint-Georges
ITALIE – Portofino
ITALIE – Portofino
ITALIE – Portofino
ITALIE – Portofino Vue depuis le parvis de l’église Saint-Georges
ITALIE – Portofino
ITALIE – Portofino Parvis de l’église Saint-Georges
ITALIE – Portofino Piton rocheux vu de l’église Saint-Georges
ITALIE – Portofino
ITALIE – Portofino Petit bar sous le phare
ITALIE – Santa-Margharita Ligure
ITALIE – Santa-Margharita Ligure Jardins de la villa Durazzo
ITALIE – Santa-Margharita Ligure Oratoire de Saint Erasme
ITALIE – Paraggi
ITALIE Petite crique entre Portofino et Paraggi
ITALIE Petite crique entre Portofino et Paraggi

Pratique

Y aller : A 2 h en voiture de Nice, 1h30 de train de Milan. Environ 30 minutes de train entre Gênes et Santa Margharita Ligure.

Se loger :

*Bristol palace (4*), à Gênes : idéalement situé pour visiter Gênes à pieds. A partir de 155 € la ch double en B&B. https://www.hotelbristolpalace.it/fr

* Helios (4*), à Santa Margharita : hôtel posé sur la plage, à partir de 220 € la ch double en B&B. https://www.hotelhelios.com/fr/home

Bonnes adresses :

A Gênes :

Il Genovese (35 via Galata et sur le port de Boccadasse) : pour déguster le meilleur pesto de Gênes ! Son sympathique fondateur, Roberto Panizza, a déjà remporté le concours de meilleur pesto du monde…

Al Veliero (10, via Ponte Calvi) : tout près du port, petit resto qui ne maye pas de mine, mais qui offre une cuisine génoise authentique. Son cappon magro, une terrine de poissons et fruits de mer aux légumes verts, est à se damner !

Le Rune (13 piazza des Portello) : taverne très sympa, qui propose une cuisine génoise revisitée.

Antica Vaccheria (20 via Agostino Bertani, c’est à la sortie du funiculaire) : l’un des meilleurs glaciers de la ville.

Il Ristoro dei Grimaldi (vico San Luca) : l’une des meilleures fougasses de la ville.

Via Garibaldi 12 : c’est l’adresse et le nom de ce magasin d’art et d’artisanat de luxe, installé dans un palais Rolli.

Rivara 1802 (en face de la cathédrale San Lorenzo) : pour le mezzeri, un superbe tissu traditionnel génois.

Maddalive (20 vico alla Chiesa della Maddalena) : espace créatif qui propose des cours culinaires (café, pesto…) pour 40 €/p avec le déjeuner. https://maddalive.it/

A Portofino : Lo Stella (sur le port) : excellent restaurant de poissons et fruits de mer, avec spécialité de raviolis au poisson.

A Santa Margharita : Seghezzo (spécialités italiennes) ; Beppe Achilli (poissons et fruits de mer) ; Gelateria Centrale (pour ses glaces « pingouins » recouvertes d’une fine croûte de chocolat).

Se renseigner : www.visitgenoa.it ; www.lamialiguria.it ; www.italia.it

Un grand MERCI à mes guides italiens, à savoir :

Alessandro Ravera à Gênes et Boccadasse (ravera.alessandro@gmail.com)

Veronica Littardi à Portofino (+39 348 018 25 56)

Ciao, a pronto !!!

Yukon, au fin fond du Canada

Situé à l’extrême nord-ouest du Canada, à la frontière de l’Alaska, le territoire fédéral du Yukon se distingue par ses immensités sauvages et ses splendides paysages de montagnes, de forêt et de toundra. Connu pour avoir été le théâtre de la ruée vers l’or du Klondike, au début du siècle, le Yukon offre ses grands espaces aux amateurs de nature et d’aventure.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : sur un territoire aussi vaste que la France, le Yukon compte environ 38 000 habitants, dont les deux-tiers résident à Whitehorse, la capitale, l’une des seules villes dignes de ce nom. Le reste se répartit dans de petites communautés, le long des 11 routes que compte cette province canadienne. C’est dire que le reste du territoire est pratiquement vierge, et qu’on a plus de chance de rencontrer un ours ou un orignal qu’un trappeur au bord des lacs ou dans les forêts touffues. D’ailleurs, il a été édité un petit guide à l’intention des visiteurs, indiquant ce qu’il faut faire si l’on tombe nez à truffe avec un ours noir ou un grizzli. Heureusement pour le journaliste et hélas pour le photographe, je n’ai pas croisé le chemin d’un grizzli lors de ce voyage…

Whitehorse, capitale du Yukon

Après un voyage éprouvant, vous atterrirez à Whitehorse, la capitale du Yukon. 25 000 habitants, dont 4000 francophones. Cette petite ville représente environ 70 % de la population de la province, c’est dire si le reste du territoire est inhabité ! Une heure après être arrivé, Whitehorse vous aura déjà donné les clefs pour comprendre le Yukon. Dans le hall d’entrée de l’hôtel Gold Rush Inn, vous serez accueillis par des trophées de chasse et des animaux sauvages empaillés : c’est dire l’importance de la faune sauvage dans cette province. Dans la rue commerçante principale, la seule statue est celle d’un prospecteur minier du début du siècle dernier. On comprend comment est née la ville. Plusieurs magasins proposent de l’équipement outdoor (vêtements, matériel de trekking ou de chasse…), impliquant le fait que l’on vient au Yukon principalement pour profiter de sa nature. Enfin, vous trouverez aussi pas mal d’artisanat indien ou inuit, ce qui traduit l’importance des communautés autochtones dans cette province, où elles sont bien intégrées à la communauté. Dès que l’on sort de la ville, on se rend compte que la nature est identique à celle qu’ont connu les premiers explorateurs et les chercheurs d’or qui ont sillonné cette vaste contrée sauvage il n’y a pas si longtemps que cela. Ceux d’aujourd’hui sont mieux équipés, et utilisent de gros 4×4 ou des hydravions pour se rendre en forêt. Sur la route qui mène à Miles Canyon, un superbe défilé rocheux creusé par l’impétueuse rivière Yukon, on voit décoller ces hydravions sur le lac Schwatka, et lorsqu’ils sont dans le ciel, on dirait de gros insectes, comparés aux immensités qu’ils survolent.

Rivière Yukon à Miles Canyon
Touriste américain
A Whitehorse
Gold Rush Inn
Rivière Yukon vers Whitehorse
Hydravion sur le lac Schwatka

Dawson city entretient le mythe du chercheur d’or

C’est aussi par la voie des airs qu’il faut se rendre à Dawson City, première étape vers le Grand Nord. 650 km par la route, à doubler de gros trucks interminables, c’est long et fastidieux…Vue du ciel, la virginité et la beauté du Yukon apparaît dans toute sa splendeur, surtout en septembre-octobre, lorsque la forêt se teinte des couleurs de l’automne indien. Les pins aux troncs élancés et à la ramure peu touffue sont comme des pinceaux qui auraient pris les couleurs des essences de feuillus qui les entourent, du jaune clair au rouge foncé. Avec le vert des conifères, cela donne un tissu écossais dont les taches noires sont les innombrables lacs aux eaux sombres. Dès que l’on aperçoit les premières dragues, avec leur bras articulé qui rejette les gravats filtrés, Dawson City apparaît. Cette ville minière a poussé comme un champignon à la fin du 19e siècle lorsqu’une poignée de mineurs a découvert des filons d’or dans une rivière du coin, la Klondike river. Ce fut la célèbre « Klondike gold rush », la plus grande ruée vers l’or de tous les temps, qui attira ici des milliers de prospecteurs et d’aventuriers, avec la folle espérance de faire fortune. Mais il fallait braver la faim et le froid (il fait fréquemment – 50° C l’hiver ) et si certains découvrirent des filons, beaucoup ne trouvèrent que la mort. C’est cette incroyable aventure humaine qui est retracée dans le musée de Dawson, truffé d’objets de l’époque, de photos et d’anecdotes. On repense au film « La Ruée de l’Or » de Chaplin, lorsque Charlot était obligé de manger le cuir de ses chaussures : ce n’était pas que de la fiction ! Dawson a toujours des trottoirs en bois qui longent de larges rues en terre battue, des maisons en bois et des commerces aux façades dignes d’un décor de western, ainsi qu’un bateau à vapeur, en cale sèche. Et il y a un saloon, bien sûr : le « Diamond Tooth Gerties » est une institution, et chaque soir s’y retrouvent les touristes et les habitants de Dawson, qui ne se lassent pas d’assister au spectacle de french cancan. A moins qu’ils ne viennent que pour boire une bière et jouer leur salaire (ou leur retraite) aux machines à sous…  Ce qui est drôle, c’est que certains mineurs règlent leurs dettes en pépites d’or ! Car on trouve toujours de l’or à Dawson. Evidemment,  les mineurs actuels utilisent des moyens plus modernes que la traditionnelle batée, mais les touristes peuvent apprendre à la manier, pour de vrai : on vous met une poignée de sable aurifère dans la bassine, et vous devez la secouer dans l’eau pour arriver à faire tomber le sable et garder l’or au fond. Chacun repart fièrement avec sa petite fiole remplie de paillettes d’or. Pas de quoi devenir riche, mais on ressent un peu la fièvre du chercheur d’or, et c’est une expérience très excitante !

La rivière Yukon à Dawson
Dawson city
Le vapeur Keno à Dawson
Maison de Jack London à Dawson
Cabane à nourriture au musée de Dawson
Vieille loco au musée de Dawson
Le Diamond Tooth Gerties
French cancan au Diamond Tooth Gerties
Machines à sous au Diamond Tooth Gerties
Orpaillage touristique
Paillettes d’or
Pépites d’or

En route vers le cercle polaire…

Parmi les nombreuses excursions possibles à partir de Dawson, la plus belle est de suivre la Dempster Highway, la route qui conduit au-delà du cercle polaire jusqu’à Inuvik, un village d’Esquimaux. Dès les premiers kilomètres sur la piste de terre, les paysages deviennent somptueux. Progressivement, à mesure que l’on remonte vers le nord, la forêt de conifères laisse place à une toundra vallonnée, irriguée de rivières et de lacs, et colorée par les tapis rose ou mauves d’épilobes, cette jolie fleur emblème du Yukon. Si vous décidez de vous promener à pieds, ne vous fiez pas à la beauté virginale des lieux. La nature a ses habitants, et ce sont des bêtes sauvages. Les caribous ou les orignaux, même s’ils sont très impressionnants avec leur immense ramure, ne sont pas dangereux. Mais le grizzli ou l’ours noir sont des bêtes imprévisibles et très véloces. Mieux vaut rester dans sa voiture et les observer aux jumelles. Sur les pentes montagneuses aux cimes enneigées, les ondées sont fréquentes, et déclenchent des arcs en ciel éclatants. Si le jour, l’azur est fréquemment strié d’arcs multicolores, la nuit, qui est bien courte à ces latitudes, le ciel s’éclaire parfois d’aurores boréales. Cela vaut la peine de veiller jusqu’à la nuit noire, pour voir apparaître ces draperies célestes qui se déforment au gré des vents solaires, en prenant des teintes du vert au rouge. Ce phénomène féerique est si hallucinant que certains prétendent qu’on peut entendre les aurores boréales…

Dempster highway
Dempster highway
Dempster highway
Vue depuis la Dempster highway
Sentier au pays des ours
Biche de wapiti
Sur la Dempster Highway

Mais les gens d’ici racontent tellement d’histoires ! Qu’ils soient descendants de trappeurs, d’aventuriers, d’indiens, ou simples immigrants, les habitants du Yukon ont tous un caractère bien trempé pour vivre dans ce pays, surtout durant le long hiver. Alors on rencontre parfois des personnages étonnants comme un sosie d’Elvis Presley, ou un type qui a bricolé sa propre station de radio et qui est l’homme le plus tatoué du Yukon, ou encore ce barman du Downtown Hotel, à Dawson, qui propose à ses clients de boire le « sourtoe cocktail », un tire-boyau dans lequel macère un orteil humain… Mais sous la rudesse couve la gentillesse et l’hospitalité est une règle, au Yukon. Surtout de la part des francophones qui sont très actifs et particulièrement accueillants envers les français. Ils ont d’ailleurs édité une brochure qui recense tous les services (hôtels, restaurants, commerces…) où l’on parle français. L’idéal est de commencer son voyage en les rencontrant à Whitehorse (qui est jumelé avec Lancieux, en Bretagne) au Centre de la Francophonie. Tous les vendredi il y a des soupers-rencontres, et fin août, ils y organisent des épluchettes de blé d’Inde (littéralement enlever les feuilles aux épis de maïs), soirées animées où l’on joue, chante, danse autour d’un barbecue, et où l’on placotte (discute) en français. Certains vous inviteront peut-être dans leur cabane d’été au bord du lac Tagish, à une demie-heure de voiture de Whitehorse, sur lequel vous irez pêcher le saumon rouge et l’ombre arctique. De là, vous ne serez pas loin de Carcross, mignonne cité construite autour de sa gare, jadis florissante, un peu ville-fantôme aujourd’hui. Il faut rentrer dans son magasin général, l’un des plus vieux du Yukon, restituant parfaitement l’ambiance des entrepôts qui équipaient et alimentaient les aventuriers en quête d’or dans la région. Ceux-ci ont dû être fascinés par la beauté d’un lac tout proche, le lac Emeraude, dont la couleur irréelle des eaux, faisant croire qu’elles recouvrent un tapis d’émeraudes, ne pouvait qu’attiser l’imagination de leurs esprits avides de richesses.

Un des sosies d’Elvis
L’homme le plus tatoué du Yukon est aussi chasseur d’orignal
Auberge vers Carcross
A Carcross
Magasin à Carcross
Quad vers le lac Tagish
Canoë au lac Tagish
Le lac Tagish
Le lac Emeraude

…ou bienvenue en Alaska !

Si l’envie vous prend d’aller faire un petit tour en Alaska, rien de plus facile, il suffit d’emprunter l’Alaska Highway, et c’est tout droit ! La première étape sera Haines Junction, ville carrefour située au bord du parc national Kluane, sans doute l’un des plus beaux du Canada. Ici plus qu’ailleurs la nature est intacte, et les paysages sont rendus somptueux par une chaîne de montagnes constamment enneigée, dont le Mont Logan, culminant à 6000 m, est le sommet le plus élevé du Canada. C’est à ses pieds que s’étire en forme de « S » l’immense glacier Kaskawulsh, majestueux fleuve de glace alimentant le lac Kluane, qui avec ses 600 km de long, est le plus grand du Yukon. Une agence locale propose de survoler ces « champs de glace » en hélicoptère : c’est un must ! De là-haut, on apprécie beaucoup plus de ces fabuleux paysages, et l’hélico vole suffisamment bas pour distinguer les orignaux et les ours ! Retour sur l’Alaska Highway. A mesure que l’on se rapproche des montagnes de l’Alaska, la végétation se raréfie jusqu’à devenir une austère toundra rocailleuse. Après la frontière canadienne, il faut encore traverser un no man’s land (qui n’a jamais aussi bien porté son nom !), avant d’arriver à la frontière américaine. Beaucoup de touristes ne viennent ici que pour se faire prendre en photo devant le gigantesque panneau : « Welcome to Alaska ». Il est vrai qu’on se pincerait pour y croire…

Alaska Highway
Pine Lake, vers Haines Junction
Pine Lake, vers Haines Junction
Paysage vers Haines Junction
Rivière vue depuis l’Alaska Highway
Ranger du Kluane park
En hélico au-dessus du Kluane park
Glacier Kaskawulsh, dans le Kluane park
Au Kluane park
Au Kluane park
Frontière avec l’Alaska

Muktuk Adventures

A une vingtaine de kms au nord de Whitehorse, ce « ranch récréatif » situé au bord de la rivière Takhini permet de découvrir la nature sauvage du Yukon en toute sécurité. Vous y serez accueillis par une meute de 60 chiens de traîneaux, qui l’été peuvent vous accompagner dans vos treks. Lorsque j’y suis passé, il y en a même qui traînaient des quads ! Vous pourrez faire du canoë, accompagné ou pas, à la journée ou en itinérance, avec de 1 à 9 nuits de camping. Fait également location de chalets en bois. https://muktuk.com/

PRATIQUE

Y aller : Air Canada propose des vols Paris-Whitehorse, avec deux correspondances (et 32 h de trajet !) à partir de 600 €. Mais il faut s’arrêter à Montréal et passer la nuit à Vancouver. Vous pouvez aussi aller à Londres et prendre un vol Londres-Vancouver et Vancouver-Whitehorse dans la même journée. https://www.aircanada.com/fr/fr/aco/home.html#/ Enfin, il existe un vol Lufthansa Francfort-Whitehorse à partir de 700 €.

Bonnes adresses :

Inn on the Lake, à Whitehorse
Inn on the Lake, Whitehorse
Préparation du saumon pêché au Dalton Trail Lodge

A ramener : saumon sauvage fumé, pierres semi-précieuses, artisanat autochtone

A savoir :

  • meilleure période : de mai à fin septembre
  • décalage horaire : – 9 h
  • monnaie : le dollar canadien, cartes bancaires acceptées 

Se renseigner :

https://www.authentikcanada.com/fr-fr/tourisme/office-tourisme-canada

https://www.travelyukon.com/fr

Le pâté de Chartres

Ce pâté en croûte est né du mariage improbable entre le monde de la pâtisserie et celui de la chasse. Constitué à l’origine avec de la viande de gibier, ce pâté de luxe est enrobé d’une coque de pâte brisée et contient du foie gras.

Un pâté pour Henri IV ?

Selon la légende, les premiers pâtés de Chartres ont été réalisés à la fin du XVIème s., à l’occasion du sacre d’Henri IV. Mythe ou réalité ? Quoiqu’il en soit, la première mention de cette préparation charcutière de la bonne ville de Chartres remonte au XVIIème s., dans les vers d’un poète épicurien, amateur de bonne chère. Mais c’est au XIXème siècle que le pâté de Chartres obtient ses lettres de noblesse, notamment grâce à certains grands noms de l’époque qui en ont fait mention dans leurs œuvres, tel Alexandre Dumas dans son Dictionnaire de la cuisine, Victor Hugo ou encore Anatole France. Il obtient également une reconnaissance nationale en 1885 lorsque le pâtissier Voisin reçoit, lors d’un concours culinaire à Paris, une médaille d’or pour l’excellence de ses pâtés de Chartres. C’est lui qui en fige la recette, qui est d’ailleurs celle que prône la confrérie de « l’authentique Pâté de Chartres » fondée en 2005, afin de promouvoir cette spécialité culinaire incontournable d’Eure-et-Loir. Depuis 2011, le pâté de Chartres est même inscrit à l’inventaire du patrimoine culinaire, reconnu patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.  

Un pâté royal au goût de terroir

« Ce n’est pas exactement la même recette ! » précise Patrice Millet, membre de la confrérie et artisan-charcutier, l’un des 4 ou 5 derniers à confectionner toute l’année cette longue préparation charcutière. « Car à l’origine, les charcutiers chartrains ne faisaient ce pâté qu’en période de chasse, avec du pluvier guignard, un oiseau migrateur qui abondait en Beauce, ou avec de l’alouette. Le premier est devenu une espèce protégée, l’autre est rarement chassée, c’est pourquoi on utilise de nos jours plutôt du faisan, du perdreau, de la perdrix ou plus souvent du canard. Mais toujours avec du foie gras ! » insiste Patrice. En effet, c’est l’ajout de foie gras frais, au cœur du pâté, qui lui confère son prestige et son côté « royal ».  Ce jour-là, Patrice a réussi à avoir un faisan, mais s’il n’en a pas, il utilise la viande d’un canard de Barbarie. « C’est une préparation assez longue« , prévient-il, « qui se déroule sur quatre jours ! D’abord on mélange toutes les viandes et on laisse mariner deux jours avec des épices et des condiments. Le 2ème jour on prépare la pâte brisée qui doit rester au frais une nuit, et le lendemain on garnit le moule de pâte, et on ajoute la farce. Après cuisson, le pâté doit attendre encore un jour avant d’être consommé. » Patrice garde jalousement secret le détail de sa recette, tout au plus lâchera-t-il qu’il aromatise le pâté avec une pointe de coriandre et du cognac…

Jacky Charreau, un autre charcutier réputé pour son pâté de Chartres, est plus disert quant à sa fabrication. Dans son atelier de Le Coudray, situé au sud de Chartres, il n’hésite pas à me montrer le déroulé de sa recette : « D’abord j’émince au couteau de la gorge de porc, du filet mignon de veau, du magret de canard, et du foie gras frais en plus gros morceaux. Je mélange les viandes, en gardant le foie gras de côté, avec une compotée d’oignons, du sel, du poivre, un peu de madère et de porto, du laurier et des épices. » Quelles épices ? « Ah non, ça, je le garde pour moi ! » sourit l’artisan, qui précise : « De toutes façons, c’est au goût de chacun, si vous aimez telle ou telle épice, vous l’ajoutez ! » En effet, certains charcutiers ajoutent du cumin, des pistaches, d’autres de la truffe… Après avoir laissé mariner sa farce, Jacky beurre ses moules et les tapisse de pâte. « Il faut garnir la moitié du moule, mettre un médaillon de foie gras, puis recouvrir du reste de viande et d’un peu de bouillon fait à base d’os et de carottes, qui se transformera en gelée. Il ne reste plus qu’à fermer avec un chapeau de pâte crénelé comme une couronne, dorer au jaune d’œuf, et percer un trou pour laisser la vapeur s’échapper pendant la cuisson. Après 1 h à 160 °C et 45 minutes à 120 °C, c’est cuit ! »

Jacky Charreau

Une explosion de saveurs

Jacky ne propose pas toujours son pâté de Chartres dans ces petits moules cylindriques traditionnels de 15 cm de haut. Il prépare aussi une version allongée en terrine, plus pratique pour la vente en charcuterie au détail. Si vous voulez déguster un authentique pâté de Chartres servi à l’assiette, rendez-vous au Grand Monarque, une institution étoilée à Chartres. Ici, le chef Benoît Cellot concocte pour la brasserie « La Cour » un pâté de Chartres à l’ancienne, servi au guéridon avec tout son cérémonial. « Certains ajoutent du fumet de gibier dans leur pâté, ici, on n’utilise que du canard sauvage, c’est ce qui donne au pâté son goût de terroir. La compotée d’oignons et d’échalotes apporte de la rondeur à la farce.  Nous le servons avec des cerises noires ou au vinaigre, c’est sublime ! » A l’ouverture du pâté, une explosion de parfums appétissants font saliver, des saveurs carnées et pâtissières qui font se retourner les voisins de table…  Effectivement, c’est délicieux, le foie gras apporte du fondant et avec les cerises noires, la croûte donne l’impression d’être déjà au dessert ! Pour accompagner ce pâté en croûte (14 € à la carte), les amateurs de vin rouge se laisseront tenter par un Saumur-Champigny ou un Chinon, et en vin blanc, un Vouvray fera l’affaire.

Benoît Cellot
Le pâté de Chartres du Grand Monarque

La recette

(donnée par  Benoît Cellot, chef au Grand Monarque)

Pour la chair à pâtée

1 kg de canard (si possible sauvage)

250 g de veau

750 g de gorge de porc

100 g de foie gras

5 cl de cognac et 5 cl de porto

1 œuf

1 oignon et 1 échalote

Sel, poivre, thym et laurier

Pour la pâte

2 œufs

500 g de farine

180 g de beurre

125 g d’eau

+ un sachet de gelée, et un pot de cerises au vinaigre

Déroulé

– le 1er jour, découper les viandes en gros morceaux et faire mariner une nuit dans le cognac, le porto, le thym et le laurier.

– le 2ème jour, faire confire l’oignon et l’échalote, et ajouter à la viande qu’il faut découper en petits dés. Saler, poivrer, éventuellement ajouter une autre épice, et lier avec un œuf. Réserver 2 jours au frigo.

– le 3ème jour, préparer la pâte en mélangeant la farine, l’eau et les œufs. Ajouter le beurre bouillant en dernier. Faire une boule et réserver au frais.

– le 4ème jour, mettre la pâte à température ambiante. Beurrer un moule (moule à terrine si vous n’avez pas de moule à pâté de Chartres !). Abaisser la pâte et en garnir le moule, en gardant de la pâte pour le couvercle. Remplir à mi-hauteur de farce, déposer une couche de foie gras et recouvrir du reste de viande jusqu’en haut du moule. Mettre de la gelée maison si vous en avez. Sinon, Couvrir avec de la pâte, en pinçant les bords pour les souder. Décorer avec les chutes de pâte. Dorer au jaune d’œuf battu à l’aide d’un pinceau. Faire un trou au centre pour faire office de cheminée. Réfrigérer 1 h, puis enfourner pour une heure et demie à deux heures, à 150 °C. Une fois le pâté cuit et froid, préparer votre gelée en sachet, et l’introduire avec un entonnoir par le trou de cheminée. Mettre 12 h au frais, et déguster avec des cerises au vinaigre.

Bonnes adresses

Le pâté de Chartres est vendu entre 30 et 40 €/kg, selon les charcutiers.

La Grange du Coudray (chez Jacky Charreau), 124 rue de Voves à Le Coudray. (36 €/kg ) www.lagrangeducoudray.fr

Aux Délices de Saint-Antoine (chez Patrice Millet), 58 rue Pannard à Courville-sur-Eure. (34 €/kg)  www.charcuterie-traiteur-28.fr

Le Grand Monarque, 22 place des Epars, Chartres    www.bw-grand-monarque.com

Patrice Millet
Jacky Charreau
Benoît Cellot, chef au Grand Monarque

GUYANE, l’Amazonie française

La forêt amazonienne vue d’ULM, à Mana

Etant couverte à 97 % d’une dense forêt équatoriale, la Guyane, vue d’avion, ressemble à un vaste champ de brocolis, irrigué par des fleuves déroulant leurs méandres à la façon des anacondas. Cette jungle recèle une faune et une flore extraordinaires, que des réceptifs locaux font découvrir aux rares touristes venant de métropole. Ceux-ci ont donc la chance pouvoir observer dans leur élément naturel les animaux qu’on ne voit d’habitude que dans les documentaires à la télé. Singes de toutes sortes, caïmans, jaguars, toucans, sont ici chez eux, mais vous aussi, puisque c’est la France ! On se pince pour y croire, quand on descend en pirogue une rivière dont les eaux sombres sont hantées par des piranhas et des crocodiles, et qu’on aperçoit sur ses berges des capibaras (plus gros rongeur au monde) ou des loutres géantes… Pour ressentir le grand frisson de la jungle amazonienne, il faut s’engager dans la forêt avec un guide, et passer la nuit en hamac (avec moustiquaire…) dans un carbet aménagé, un abri sommaire ouvert sur l’extérieur. Ce qui permet de bien profiter du bruissement de la jungle, et d’être réveillé par les chants matinaux des oiseaux… ou des singes-hurleurs. Il est même possible de passer la nuit dans une cabane arboricole construite à 10 m du sol, et de grimper en rappel dans les arbres pour atteindre des plateformes d’observation, dont l’une est dans la canopée, à 42 m du sol ! Moins physique, et accessible à tous, la nuit passée dans un carbet flottant, sur les marais de Kaw. Pendant la sortie de l’après-midi en pirogue, Ricky, le guide et piroguier émérite, se charge de débusquer les animaux dissimulés dans les hautes herbes de la savane inondée, ou dans les branches du rideau d’arbres formant rempart au bord du marais. A 200 m, il repère le dos d’un paresseux, là où vous ne voyez qu’une grosse branche, devine où se trouvent les oiseaux (qu’il appelle les zozos, tout en étant capable de donner leur nom latin…), et détaille le mode de vie et les habitudes alimentaires de toute cette faune inféodée au marais. Il faut dire qu’il est né à Kaw, un village du bout du monde isolé en plein marais, où l’on s’arrête pour boire un verre, et où il est interdit de prendre les gens en photo… Pendant la sortie nocturne, Ricky montre toute l’étendue de son talent de guide en repérant les caïmans à la très faible lueur que leurs yeux réfléchissent sous le faisceau d’une torche. Il ne se fait pas prier pour attraper un (petit) caïman à la main, et sous les yeux ébahis des passagers, il le retourne sur le dos, et le fait tomber en léthargie, en lui frottant doucement le ventre ! Hallucinant ! En janvier, lors de mon séjour, il y avait un énorme caïman qui barbotait à quelques mètres du carbet flottant de JAL Voyages. Ricky, notre guide, a beau jurer qu’il n’est pas nourri par les cuisiniers, on a du mal à croire que ce monstre squatte les alentours du bateau uniquement pour avoir le plaisir de se faire photographier par les touristes à bord…

En pirogue sur les marais de Kaw
Le carbet flottant de JAL Voyages
Activités sur les marais de Kaw
Chouette locale dans les marais de Kaw
Grandes aigrettes dans les marais de Kaw
Paresseux sur sa branche
Marais de Kaw
Monument aux morts du village de Kaw
Evelyn, piroguier brésilien
Francisco, cuisinier et piroguier du carbet flottant de JAL
Ricky, piroguier et guide du carbet flottant de JAL Voyages
Ricky « endort » le caïman
Les touristes peuvent tenir le caïman
Gros caïman du marais de Kaw

Si vous n’êtes pas vraiment enclins à vous immerger dans la forêt amazonienne, il vous restera trois possibilités pour espérer voir un peu de faune en toute sécurité. La première consiste à parcourir les différents sentiers balisés autour des villes. A 5 minutes du centre-ville de Cayenne, sur le sentier du Rorota, il est fréquent de voir des paresseux, des singes ou des perroquets. Idem sur le circuit de la Montagne des Singes, à Kourou. Autre alternative, faire une excursion en bateau jusqu’à l’îlet la Mère, où réside une colonie de singes-écureuils facétieux, prompts à vous grimper sur le dos pour voir si vous n’avez pas quelque fruit ou friandise dans votre sac… Le tour de cette petite île est très agréable à faire, on y croise de magnifiques fromagers aux racines géantes, on peut observer les singes-écureuils qui cherchent leur nourriture, qui jouent ou qui se battent, et il y a même une petite plage de sable pour se baigner en attendant la navette du bateau. Et au retour, il est possible d’observer des ibis rouges sur l’estran vaseux de l’embouchure du fleuve Mahury. Enfin, si vous n’avez pas eu de chance dans vos balades, pourquoi ne pas faire un tour au zoo de Matoury ? Vous pourrez y observer tranquillement les animaux vivant en Guyane, dans un cadre proche de leur élément naturel !

Sentier de la Montagne des Singes, à Kourou
Sentier de la Montagne des Singes, à Kourou
Arbre de l’îlet La Mère
Singe-écureuil à l’îlet La Mère
Singe-écureuil à l’îlet La Mère
Singe-écureuil peu farouche, à l’îlet La Mère
Capibara
Singe hurleur
Ibis rouge
Tooucan
Tamarin empereur
Panthère

Les bagnes de Guyane

L’aspect culturel n’est pas absent d’un voyage en Guyane. D’abord pour visiter les vestiges des bagnes où la France envoyait ses indésirables. De 1795 à 1948, date à laquelle ferma le dernier bagne, la Guyane compta une trentaine d’établissements pénitenciers ou de camps forestiers où devaient travailler les bagnards. Les ruines restantes sont visibles dans les îles du Salut (dont l’île du Diable, où Dreyfus a été retenu), accessibles par catamaran en excursion d’une journée. Saint-Laurent-du-Maroni, à l’ouest du département, détient aussi le « camp de la transportation », un vaste bagne dont la visite guidée permet de se rendre compte des conditions inhumaines dans lesquelles étaient détenus les prisonniers. Sandrine, la guide de l’Office du Tourisme, émaille sa visite d’anecdotes et de faits réels émouvants, et n’hésite pas dans les cellules étroites à se mettre de lourdes chaînes aux pieds pour bien montrer l’horreur de la détention des bagnards. 

Saint-Laurent-du-Maroni

Au bagne de Saint-Laurent-du Maroni
Cellule collective au bagne de Saint-Laurent-du Maroni
Cellule du camp de la Transportation, au bagne de Saint-Laurent-du Maroni
Statuettes contre l’esclavage à Saint-Laurent-du Maroni
Pirogues traversant le Maroni pour aller au Surinam
Jeffrey, amérindien du village Balaté de Saint-Laurent-du Maroni
Jeffrey, amérindien du village Balaté de Saint-Laurent-du Maroni
Eglise d’Iracoubo
Eglise d’Iracoubo
Sandrine, guide au bagne de Saint-Laurent-du-Maroni
Rudiza, stagiaire à l’OT de Saint-Laurent-du-Maroni

Le Centre Spatial Guyanais de Kourou

Longtemps, la Guyane évoqua le bagne pour beaucoup de Français, mais depuis qu’en 1964, le général De Gaulle choisit Kourou pour y installer une base spatiale, la Guyane peut s’enorgueillir de posséder aujourd’hui l’une des meilleures bases de lancement de fusée du monde, lançant chaque année 50 % des satellites commerciaux, grâce à ses trois lanceurs européens  : Ariane 5, Vega et Soyouz. La visite du Centre Spatial Guyanais est fascinante, car elle permet d’entrer dans ce site ultra-sécurisé et d’apprendre presque tout sur le lancement d’une fusée. D’abord, comme le site fait 650 km², on se rend en bus devant les trois sites de lancement, ce qui permet de voir de près les gigantesques fosses où s’effectuent les mises à feu. Puis on pénètre dans le saint des saints, la salle Jupiter, là où se situe le « bocal », le centre de commandement des lancements, là où les ingénieurs et les opérateurs s’assurent que tous les paramètres sont réunis pour lancer la fusée, et où s’effectue le décompte final : 5, 4, 3, 2, 1… Après 30 minutes de vol, la fusée envoie un ou plusieurs satellites en orbite, pour un coût compris entre 20 000 et 25 000 €/kg ! Un musée complète la visite, où tout est dit sur le lancement d’une fusée, sa vitesse, la composition des carburants, le fonctionnement des moteurs et de la propulsion cryogénique… Pas-sion-nant vous dis-je !

Devant le musée de l’Espace
Fosse de lancement des fusées Soyouz
Les différentes fusées lancées à Kourou
La salle de lancement des fusées

Les communautés amérindiennes

La Guyane compte environ 200 000 habitants, dont 10 000 Amérindiens répartis en six groupes (les Arawak, Kali’na, Palikur, Teko, Wayana et Wayãpi). Ces communautés autochtones, qui étaient donc là avant la colonisation, vivent dans des petits villages le long des fleuves ou sur la côte, voire en forêt, et tentent tant bien que mal de concilier leurs propres coutumes et traditions sociales, économiques et culturelles, avec le mode de vie occidental. Malheureusement, le voyageur curieux de leur identité culturelle n’a pas souvent l’occasion de les approcher, tant il y a une méfiance, voire une défiance, vis-à-vis de ces Blancs qui les ont privés de leurs terres, qui polluent leurs forêts et leur rivières, et qui les considèrent bien souvent comme des citoyens de second ordre… Au nord-ouest du département, au-dessus de Mana, la communauté Kali’na de Awala-Yalimapo se montre un peu plus conciliant, et il est possible de visiter leur village et de rencontrer ses habitants grâce au concours de l’un des leurs, Olivier Auguste, devenu en quelque sorte le guide officiel du village. Malheureusement, le jour de ma visite, il y a eu un décès au village, et selon la coutume, toute activité s’arrête pour rendre hommage au défunt, et le chef du village ne pouvait pas se permettre de recevoir un journaliste ! Je n’ai donc pu rencontrer personne, si ce n’est la famille de mon guide. Pierre et Lucia (son père et sa mère) épluchaient des tubercules de manioc amer, sa femme préparait le repas du soir, et sa fille était vautrée dans un canapé, vissée à son téléphone portable, comme tous les ados de Guyane et d’ailleurs… Olivier m’a montré son très beau tambour peint, dont il se sert lors des fêtes, mais qu’il ne pouvait pas faire chanter ce jour-là. Dans d’autres circonstances, je suis sûr que j’aurais passé une journée passionnante dans ce village, qui possède en outre une très belle plage. Notez aussi qu’une Française s’est installée à Awala-Yalimapo (Marie-Line Janot), et qu’elle fait de délicieuses confitures locales avec son mari guyanais.

Plage de Yalimapo
Préparation du manioc amer
Lucia Auguste
Pierre Auguste
Olivier Auguste, guide amérindien à Awala-Yalimapo

Cet imprévu a au moins eu le mérite de me faire passer plus de temps à Mana, très agréable petite ville située au bord du fleuve éponyme, non loin de l’embouchure du Maroni. La population mananaise est composée d’un melting pot de communautés (créole, hmong, amérindienne, chinoise, brésilienne, haïtienne, indienne, bushinengué…), et cette diversité se retrouve autour de la place centrale, devant l’église. Elle est bien expliquée dans la formidable visite audio-guidée de Mana, nommée « koutémana », une balade sonore dans les ruelles qu’il faut faire en suivant un plan disponible à l’office de tourisme. Cet audioblog (disponible sur Arteradio) centré sur Mana, permet de comprendre pas mal de choses importantes concernant la Guyane… Et si vous voulez voir Mana d’en haut, un pilote d’ULM est installé au bord du fleuve, et propose des vols découverte à partir de 40 € (Marc Dabrigeon, 0694 42 79 18). La forêt vue du ciel, c’est très beau, et il vous fera aussi survoler la plus grande ferme d’élevage bovin de France !

https://audioblog.arteradio.com/blog/97400/podcast/108367/koutemana

Marc Dabrigeon, à Mana
Dans l’ULM de Marc Dabrigeon, à Mana
Shelsanne, de l’OT de Mana
Ronda, de l’OT de Mana

Enfin, lorsque vous ferez la route entre Cayenne et Kourou, vous passerez par Macouria, où deux communautés amérindiennes ont installé des carbets où ils vendent leurs objets artisanaux. Que ce soit au marché artisanal du village de Kamuyeneh (au bord de la N1), ou à celui de Norino (le long de la D5, en direction du zoo), des membres de la communauté palikur fabriquent de la vannerie, des calebasses gravées, des colliers de perle, des chapeaux de paille, etc…

Village Norino, à Macouria
Azane Ipparra, amérindienne Palikur, fabrique de la vannerie sous son carbet
Village Norino, à Macouria
Amérindienne gravant une calebasse
Village Norino, à Macouria
Amérindienne Palikur vendant des calebasses gravées
Village Norino, à Macouria
Loïc Batista, amérindien Palikur

Une journée à Cacao

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, on ne va pas à Cacao pour visiter une fabrique de chocolat. Ce village situé à 1h30 de route de Cayenne a la particularité d’être habité par une importante communauté Hmong, qui tient chaque dimanche un marché très couru par les expatriés et les touristes. Il est vrai que ce marché donne vraiment l’impression de se trouver au Laos ou en Thaïlande ! Tous les marchands sont d’origine asiatique, et si les étals sont chargés de fruits et légumes locaux, on en trouve aussi beaucoup spécifiques à l’Asie, et les stands de restauration proposent tous un assortiment de plats, nems et rouleaux de printemps que l’on trouve dans les restaurants asiatiques. C’est en 1977 que la France décida d’accueillir sur le site abandonné d’un ancien bagne, des réfugiés Hmong fuyant la guerre civile au Laos. Cette communauté a prospéré dans l’agriculture (Cacao est devenu le principal fournisseur de produits maraîchers de Guyane), s’est agrandie, constituant aujourd’hui un village authentiquement Hmong, avec ses fêtes et ses traditions… Juste en face du marché, il faut visiter le musée des Insectes, tenu par l’association Le Planeur Bleu, dont le fondateur, Philippe Soler, est un ancien instit passionné par les insectes en général et les papillons en particulier. Vous y verrez une fabuleuse collections de papillons (dont les superbes morphos) et d’insectes de Guyane, certains que l’on n’aimerait pas croiser dans la nature, tels que les matoutous (mygales), les mouches rhinocéros de la taille d’une main ou les Titanus giganteus (plus gros coléoptères du monde, mesurant jusqu’à 16 cm)… Une petite serre permet aussi de voir évoluer en liberté quelques beaux papillons.  

A propos d’insectes, faisons un petit point sur les petites bêtes qui risquent d’émailler votre séjour de frayeurs et de désagréments divers. Les serpents, araignées et autres scorpions, d’abord : certes, leur rencontre n’est pas exclue lorsque vous vous baladez en forêt. Mais ces bêtes-là ne vous sautent pas dessus, si vous en voyez, restez à distance respectable et observez-les sans crainte. Il faut juste prendre l’habitude, si vous dormez dans un carbet dans la jungle, de vérifier qu’il n’y a rien dans vos chaussures avant de les enfiler le matin… A moins d’être arachnophobe, je dirais même que découvrir au détour d’un chemin ou sur une charpente une matoutou (surnom guyanais d’une mygale au bout des pattes orange) noire bien velue, est une chance, et cela procure un frisson d’aventure à la Indiana Jones… Moins plaisant en revanche est la rencontre avec les moustiques. Il y en a 200 espèces en Guyane, de toutes sortes, de toutes tailles, mais heureusement, toutes ne transmettent pas le paludisme ou le chikungunia ou la dengue, tel que le moustique tigre. Mais il vaut mieux prendre toutes ses précautions, c’est-à-dire couvrir ses bras et ses jambes en fin d’après-midi, et s’asperger de répulsif anti-moustiques. Curieusement, je n’ai pas été embêté par les moustiques lorsque j’ai randonné dans la jungle, ni lorsque j’ai dormi à l’air libre (sans moustiquaire) sur le carbet flottant des marais de Kaw, car il paraît qu’il y a tellement de prédateurs naturels que les moustiques ne peuvent pas pulluler. Par contre, il est de notoriété publique que la zone d’Awala-Yalimapo (au nord de Mana) est infestée de moustiques, et qu’un séjour même bref au bord de la plage peut se transformer en cauchemar. Effectivement, j’ai eu le malheur d’arrêter ma voiture près d’un petit bois à Yalimapo, et un véritable nuage de moustiques s’est engouffré dans la voiture sans que j’ai eu le temps de réagir, et j’ai eu toutes les peines du monde à m’en débarrasser, glanant au passage des dizaines de piqûres assez désagréables… En conclusion, les insectes et autres petites bêtes effrayantes ne devraient pas vous décourager de venir en Guyane, surtout si vous prenez toutes les précautions d’usage et que vous emmenez des lotions contenant au moins 30% de DEET (molécule très efficace), telles que Insect Ecran ou Cinq sur Cinq…

Matoutou (mygale) à Kourou
Marché de Cacao
Au marché de Cacao
Vendeuse Hmong au marché de Cacao
Vendeuse Hmong au marché de Cacao
Vendeuse Hmong au marché de Cacao
Au musée des Insectes de Cacao, Philippe Soler fait des visites animées
Au musée des Insectes de Cacao
Au musée des Insectes de Cacao
Au musée des Insectes de Cacao
Morpho au musée des Insectes de Cacao
Au musée des Insectes de Cacao
Au musée des Insectes de Cacao

PRATIQUE

Y aller : Air Caraïbes propose des vols quotidiens pour Cayenne (9h de vol), à partir de 600 € A/R. Pour environ 400 € de plus, la classe Caraïbes (premium economy) apporte un vrai plus en terme de confort et de services. https://www.aircaraibes.com/

Forfait : Evaneos propose des circuits complets de 8-10 j avec location de voiture, pour environ 1000 €/p. https://www.evaneos.fr/guyane/

Séjourner :

L’Ebène Verte, à Cayenne : au calme, dans un jardin tropical verdoyant. Idéal avant un départ ou à l’arrivée. 80 €/ch.

La Tentiaire, à St-Laurent-du-Maroni : bien situé, avec piscine. 80 €/ch.

Rour’Attitude, à Roura : coup de cœur pour ce gîte dont les charmants bungalows en bois (avec kitchenette) surplombent la rivière Oyak. Joëlle, la propriétaire, fait aussi table d’hôte (25 € le repas avec boisson), et c’est un cordon-bleu ! A partir de 205 € pour 2 nuits. Demandez, s’il est disponible, le bungalow qui est le plus proche de la rivière, c’est aussi le plus calme. Pour les petits budgets, il est possible de dormir dans un hamac sous un carbet, pour 22 €/nuit.

Se restaurer :

A Cayenne : La Marinière, restaurant de l’hôtel Belova. Grand choix de blaffs, de colombos, de plats de crevettes, de moules et de poissons grillés tels que le croupia, l’acoupa ou le jammengouté, délicieusement boucané. Menu à 28,90 € ou à la carte.

A Kourou : La Marina, avec sa terrasse bien aérée donnant sur le fleuve. (25 €)

A Cacao : Le Degrad de Cacao, tenu par des Hmongs (10 à 15 € le plat).

A Roura : Waiki Village, cuisine guyanaise à déguster sur une terrasse ombragée au-dessus d’une rivière. (25 €). L’établissement propose également des prestations touristiques et excursions, tel que la location de canoë, balades en forêt, promenades en pirogue…

A Saint-Laurent-du-Maroni : Le Toucan, bar-resto très agréable qui réussit la prouesse de proposer à la fois des pizzas, des kebabs, avec des plats élaborés (gigot de 9 h) entièrement faits maison. Compter de 25 à 30 €.

A Mana : Chez Lili, jeune couple sympathique proposant une cuisine fusion guyanaise/française/asiatique, dans une salle climatisée. (20 €)

A ramener : La Cabresse, rhum local ; confitures de fruits tropicaux ; artisanat des communautés amérindiennes…

Pour les amateurs de costumes de carnaval, l’Atelier Marly, à Matoury, est tenu par Marie-Line Brachet-Cesto (0694 23 35 28), une couturière et styliste passionnée de carnaval, qui loue ou vend des centaines de costumes ou accessoires. Elle vous expliquera l’étonnant concept du touloulou, ce personnage typique de la culture créole guyanaise qui représente en général une femme bourgeoise du 18ème ou 19ème siècle. D’autres touloulous peuvent être zombie, diable, boeuf, zarab… On peut retrouver tous ces personnages lors du carnaval de Guyane, qui a lieu pendant 7 semaines et demie, de l’Epiphanie au mercredi des Cendres.

 Se renseigner : https://www.guyane-amazonie.fr/

La Dominique, naturellement vôtre

Cette île anglophone située entre la Guadeloupe et la Martinique recèle une nature intacte, sur terre comme dans la mer, ce qui en fait une destination idéale pour pratiquer la randonnée et la plongée.

Saviez-vous que beaucoup de scènes de « Pirates des Caraïbes » 2 et 3 ont été tournées à La Dominique ? Ce choix s’explique parce que l’île dispose de criques et de plages désertes, d’une jungle épaisse, et de montagnes embrumées… Vue de la mer, La Dominique est telle que l’a découverte Christophe Colomb, un dimanche de 1493, d’où son nom. Pour voir l’île comme ses découvreurs, commencez par remonter l’Indian river à Portsmouth. Votre piroguier à dread locks (il y a une forte communauté rasta dans l’île) vous conduira dans les méandres de cette rivière s’enfonçant dans la mangrove, où les iguanes, opossums, crabes et perroquets font très « Nouveau Monde »…

Aza, guide sur l’Indian River
Rasta man
Aza, rameur et guide sur l’Indian River
Sur l’Indian River
Cabane vue dans Pirates des Caraïbes, sur l’Indian River
Batibou Beach
Baie de Portsmouth

Pour voir des indiens Caraïbes, les premiers habitants de l’île, il faut rejoindre le territoire des Kalinagos dans l’est de l’île, où la population amérindienne autochtone s’est réfugiée lorsqu’elle a été pourchassée par les colons européens. Sur place, un petit musée retrace leur histoire, et des membres de cette communauté assurent un spectacle de chants et de danses folkloriques, qui a le mérite de les aider à perpétuer leur langue et leur culture.   

Dans la hutte sacrée Kalinagos
Maquillage d’une danseuse Kalinagos
Maquillage d’une danseuse Kalinagos
Chef Kalinagos
Masque Kalinagos en pierre de lave
Mère et fille, membres de la troupe de danseurs Kalinagos
Danseur et musicien Kalinagos
Jeune danseuse Kalinagos
Pause détente chez les Kalinagos
Sculpteur de masques Kalinagos

Cascades et bassins chauds

Le centre montagneux de l’île abrite plusieurs parcs nationaux, dont celui de Morne Trois Pitons, classé au Patrimoine mondial par l’Unesco. La vallée qui débouche à Roseau, la capitale, permet d’accéder facilement aux merveilles naturelles cachées dans les forêts drapant d’un vert sombre tout le relief. Telles Trafalgar Falls, deux majestueuses cascades s’écoulant de part et d’autre d’un piton rocheux. Plus intime, Emerald Pool est un petit bassin creusé par une modeste chute d’eau, dans un site enchanteur. Lorsque le soleil darde ses rayons dans le bassin, il prend la couleur d’une émeraude, sertie dans son écrin verdoyant de mousses et de fougères. A Wotton Waven, suivez les panneaux « Ti Kwen Glo Cho ». Il ne s’agit pas d’un resto chinois, mais d’un « petit coin d’eau chaude » en créole ! Vous y trouverez un bassin alimenté par une eau de source chaude sulfurée, réputée pour ses bienfaits pour le corps. C’est un spa naturel idéal pour se relaxer après une journée passer à randonner dans la jungle. Il y a en effet de nombreux sentiers pédestres dans cette magnifique « rainforest« , et, avec un guide, les plus sportifs pourront grimper jusqu’au Boiling Lake, un lac rendu bouillonnant par l’activité volcanique !   

Emerald Pool
Emerald Pool
Dominicaines à l’Emerald Pool
Morne Trois Pitons National Park
Devant les Titou Gorge
Trafalgar Falls
Trafalgar Falls
Trafalgar Falls
Source d’eau sulfureuse à Wooten Waven
Bassins et baignade à Ti Kwen Glo Cho
Bassin chaud à Ti Kwen Glo Cho
Bassins et baignade à Ti Kwen Glo Cho

Merveilles sous-marines

Les fonds sous-marins sont à l’image des forêts  : intacts, foisonnants et recelant une incroyable biodiversité. C’est pourquoi l’île compte de nombreux centres de plongée, répartis sur la côte ouest, baignée par les eaux calmes de la mer des Caraïbes. A Portsmouth, vous pourrez faire une croisière pour observer des cétacés, une vingtaine de cachalots ayant élu domicile dans la baie, où s’ébattent déjà des bancs de dauphins. En plongée, les barracudas, mérous, tortues et poissons-perroquets se laissent approcher facilement, car ils sont très peu chassés. De même que la myriade de petits poissons coralliens qui circulent sans crainte autour des éponges-barriques, des coraux flashy, des gorgones et anémones aux formes étranges… Si vous êtes chanceux, vous pourrez même observer un hippocampe ! A quelques mètres du rivage, avec un simple masque et un tuba, il est également possible d’admirer cette étonnante faune et flore sous-marine, et à Champagne Beach, d’innombrables colonnes de bulles s’échappant du fond donnent l’impression de se baigner dans un aquarium géant !

Le mystère du poisson-lion et du mérou

Au centre de plongée de Soufrière, Simon Walsh est intarissable sur le poisson-lion, cet étrange et magnifique poisson venimeux que le plongeur pourchasse sans relâche. Pourquoi un amoureux et défenseur des fonds sous-marins part toujours en plongée avec un fusil-harpon pour tuer quelques poissons-lions, en incitant même les autres plongeurs à le faire ? Et pourquoi propose-t-il dans son petit snack des sandwichs au poisson-lion (délicieux au demeurant) ? « Parce que c’est le seul poisson que tu peux manger en faisant du bien à l’océan ! » répond le plongeur avec un grand sourire. En effet, c’est une espèce invasive venu de Guadeloupe, qui n’a pas de prédateur, et qui décime tous les autres poissons : « Lorsqu’il s’installe sur un spot, en 6 mois, il peut tuer 80 % de la biodiversité ! De plus, il est extrêmement prolifique », assure-t-il. Ce qui est fascinant, c’est que selon Simon, les mérous auraient compris que leur salut passe par les plongeurs, car ils inciteraient les plongeurs à les suivre avec une curieuse danse, pour les mener directement vers un poisson-lion ! Incroyable… 

Poisson-lion (photo prise sur Wiki photos)

Pratique

Y aller : Air Caraïbes propose des vols A/R vers la Dominique à partir de 852 euros (incluant le ferry depuis Pointe-à-Pitre). aircaraibes.com

Se loger : Fort Young Hotel, à Roseau (fortyounghotel.com), à partir de 175 € la ch double ; Picard Beach Cottages, à Portsmouth (picardbeachcottages.dm), à partir de 100 € la ch double.

Fort Young
Fort Young
Picard Beach cottage

Se restaurer :

Madiba beach Cafe, à Portsmouth : posé sur la plage, bar très sympa tenu par une Française, Sandrine, où tout est cuisiné « maison ».

Madiba beach Cafe

Islet View est un honorable boui-boui tenu par Rudy, qui vaut surtout pour le déjeuner, car sa terrasse offre une vue splendide sur Castle Bruce et St-David Bay. A noter aussi une incroyable collection de rhums arrangés chelous…

Castle Bruce
Rudy, derrière le bar de l’Islet View

Le Petit Paradis, à Wotten Waven, meilleur restaurant du coin avec une délicieuse cuisine locale.

Boire un verre :

Bush Bar, sur l’Indian River. Pour goûter au rhum coco ou pistaches, et surtout au Dynamite, un rhum local arrangé aux épices et aux fruits. Omar, le serveur, est très cool…

Omar au Bush Bar

Café Mon Plézi, vers Laudat, tenu par Patricia qui propose après une rando éprouvante son « mix magic », un cocktail revigorant à base de fruits de la passion, sorel (fruit local) et pamplemousse.

Patricia, du Café Mon Plézi

Plonger :

Au nord, Cabrits Dive (cabritsdive.com), le seul centre de plongée PADI 5 tenu par un très sympathique couple de Français, Virginie et Rémi. 92 € les 2 plongées.

Au sud, Nature Island Dive (natureislanddive.dm) situé à Soufrière, l’un des plus beaux spots de plongée de l’île, avec un tombant de 500 m près du bord.

Se faire guider : Il est nécessaire de choisir un bon guide pour les randonnées les plus longues (Waitukubuli trail ou Boiling Lake par exemple, car les récents ouragans ont ravagé les sentiers et le balisage n’est pas encore refait partout), et il est très agréable de se faire accompagner dans le centre de l’île par un guide qui vous conduira aux bonnes adresses et aux bons endroits, en fonction de la météo et d’autres considérations qui échappent au touriste lambda, mais qui font partie d’une certaine logique dominicaine (heures d’ouverture, temps de trajet, etc…) Mon guide pour ce reportage a été Marvin Philbert, il est compétent, drôle, et efficace. Vous pourrez le contacter à travers Discover Dominica, par Facebook, ou directement sur place : 1 767-295-0877

Se renseigner : discoverdominica.com/fr

Les perles d’Inde du Nord

Qu’y a-t-il de plus follement exotique qu’un voyage en Inde du Nord ? Rares sont les destinations qui suscitent autant de sensations, d’émotions, de passions. La province du Rajasthan symbolise à elle seule la fascination qu’exercent les « Indes » mythiques, celles des livres d’images où se mêlent somptueux palais de marbre et d’or, maharadjas à dos d’éléphant, fakirs et sortilèges ! Certes, aujourd’hui la réalité est autre : la misère sévit dans les grandes villes surpeuplées, certains palais sont décrépis, et les maharadjas sont devenus des hôteliers… Mais le charme agit toujours ! Les femmes ont une élégance naturelle dans leurs saris colorés, et les hommes en turban sont dignes et beaux. Même décrépis, les forts et demeures princières ont fière allure. Les « palais d’hôtes » sont décorés avec du mobilier d’époque et dans un style indo-européen qui allie le raffinement oriental au confort occidental. Et puis il y a le Taj Mahal. A l’instar du Macchu Pichu, au Pérou, la découverte de « la Lumineuse Perle de l’Inde » justifie à elle seul ce voyage, qui peut être par ailleurs perturbant pour les âmes sensibles et pour les intestins fragiles…

Delhi

New Delhi. Quel choc ! Ce qui frappe, d’abord, c’est la foule. On n’en revient pas de voir, dès la sortie de l’aéroport, une telle concentration humaine. L’impression est la même dans les rues grouillantes de Old Delhi, où le minibus a bien du mal à se frayer un passage dans le flot anarchique et ininterrompu des piétons, des vendeurs de journaux, des mendiants, des cyclistes et des rickshaw (taxis collectifs) bondés et imprévisibles. Un capharnaüm assourdissant qui n’a pas l’air de gêner les vaches indolentes qui se reposent sur la chaussée, indifférentes à toute cette agitation infernale… Sur les trottoirs encombrés de bâches en plastique servant d’abris aux sans-logis, gisent des êtres hagards et faméliques, des enfants pouilleux, des vieillards en loques sur des grabats, et cette misère est choquante. Mais il faut se garder des jugements péremptoires, et tenter de comprendre la structuration de la société indienne, comme le conseille Célia, notre guide indienne, dans le calme du jardin de l’hôtel Oberoi Maidens. Sous un immense banian résonnant de cris d’oiseaux inconnus, elle nous parle des castes, de la démographie galopante, de l’exode rural… Au moment où arrivent les plats, servis par des maîtres d’hôtel en gants blancs, on comprend qu’il va falloir s’habituer au contraste dérangeant entre le luxe des prestations touristiques, et la misère étalée dans les rues… La visite de Delhi permet de jeter les bases d’une première approche culturelle et historique de l’Inde. Le Fort Rouge montre la puissance de l’empereur moghol qui édifia au 17ème siècle cette forteresse inexpugnable, renfermant de merveilleux palais sertis de pierres précieuses ; le très haut Qutub Minar symbolise la forte présence de l’Islam ; et les quartiers cossus de New Delhi évoquent le passé colonial et l’empreinte britannique dans ce pays.

INDE du NORD – Old Dehli Salle d’audience Diwan-I-Khas au Fort Rouge

Les merveilles du Rajasthan

C’est avec soulagement que l’on quitte la capitale indienne pour pénétrer dans le Rajasthan. L’état des routes et les habitudes locales en terme de conduite peuvent rendre nerveux, surtout lorsque votre chauffeur, aussi bon soit-il, appuie sur le champignon et martyrise le klaxon alors qu’un camion Tata surchargé fait de même juste devant pour doubler des chameaux ! Ceux qui ne ferment pas les yeux à ce moment verront qu’à la dernière seconde le chauffeur empiète sur le bas-côté, heureusement dénué d’hommes ou de bêtes… Il faut aussi s’habituer à cela, ou bien mettre le masque occultant distribué dans l’avion. Mais cela serait dommage de ne pas voir ces champs de blé ou de colza, piqués des saris rose, vert ou jaune des femmes ; ces étendues arides où émergent des huttes en paille, ces arbres du désert avec leurs moignons étranges… Même les épouvantails sont élégants, car ils sont habillés de saris flottant au vent ! Au fur et à mesure que l’on s’éloigne de Delhi, le paysage se désertifie et devient infiniment plat. Célia égraine les siècles, les chiffres et les légendes, en émaillant ses récits d’anecdotes pour mieux faire comprendre son pays. « Saviez-vous que pyjama, palanquin, jungle, bungalow, véranda, shampoing, nabab, calicot, sont des mots d’origine indienne ? », nous demande-t-elle fièrement. Elle peut s’enorgueillir avec raison de la grandeur de son pays lorsqu’elle nous fait visiter le complexe de palais de Fatehpur Sikri. C’est une ancienne capitale de l’empire moghol du 16ème s., construite en grès rouge, et tout est un régal pour l’œil et l’esprit : ses volutes de pierre sculptées comme du bois, ses dentelles de marbre blanc, ses colonnes majestueuses, ses clochetons et ses tours… Il faut visiter Fatehpur Sikri à l’ouverture, il y a moins de monde, et cela renforce son côté « ville fantôme ».

INDE du NORD – Rajasthan Vieux sikh à Mandawa

Jaïpur est une autre halte incontournable, au Rajasthan. Les couleurs des bâtiments de la « ville rose » sont un peu passées, mais elle contient des merveilles architecturales qui forcent l’admiration. Tel le Palais des Vents, immense façade pyramidale percée de près de mille fenêtres ajourées, ou encore l’Observatoire, qui regroupe à ciel ouvert, c’est le cas de le dire, des instruments astronomiques colossaux du 18ème siècle, ressemblant à des sculptures contemporaines. Le fort d’Amber impressionne par la puissance de ses murailles de grès rouge, par la magnificence et le raffinement de ses palais de marbre, par l’harmonie de ses pièces d’eau. Si vous n’êtes pas opposés au travail des animaux, vous pourrez vous y rendre à dos d’éléphant. J’aimerais bien avoir la patience de ces animaux pour résister aux sollicitations pressantes et incessantes des petits vendeurs de souvenirs. Gentils, mais collants ! Ils ne vous lâchent que lorsque vous êtes assis dans le minibus, les portes fermées, et encore…

Ville d’artisanat par excellence, Jaïpur regorge de quartiers, appelés bazars, ayant chacun sa spécialité : le bazar aux pantoufles en soie brodées, celui des bois laqués, des cuivres ou des bijoutiers… Ne manquez pas d’aller à Bapu Bazar, où l’on trouve les cotonnades imprimées au tampon. C’est une technique fort ancienne au Rajasthan, où des villages entiers se consacrent à cet artisanat. Certaines échoppes ont leur propre atelier et font des démonstrations : vous verrez des ouvriers manipuler avec dextérité des pochoirs en tek sculpté, trempés dans six couleurs de base : bleu indigo, jaune safran, rouge rubis, vert épinard, noir oxyde de fer et blanc calcaire. Les motifs sont innombrables, et vous n’aurez que l’embarras du choix quant au support (sari, nappe, rideau…), à la qualité (coton simple ou en soie mélangée), à la taille, et aux couleurs… En marchandant ferme, vous ramènerez de superbes « indiennes » pour un prix très modique. Et dans certaines échoppes, ils offrent même un dépliant pour apprendre à porter un sari !

Les splendeurs passées du Shekhawati

Le Shekhawati est une région désertique située à la croisée des grandes routes caravanières, où de riches commerçants ont bâti de vastes demeures décorées de peintures murales. Dans des petits villages ruraux, animés mais pas surpeuplés, on peut se promener tranquillement en admirant ces havelis, certaines délabrées, mais ennoblies par ces  fresques, reflétant aussi bien la mythologie indienne que des scènes de vie quotidienne. Dans cette région, rien n’a vraiment changé depuis deux siècles : on tire toujours les charrettes avec des dromadaires, les potiers façonnent l’argile avec la même technique, et les pauvres se chauffent toujours avec de la bouse de vache séchée sur le toit des maisons… Ici, l’étranger est encore considéré comme un voyageur, et pas comme un portefeuille ambulant. Si vous semblez chercher quelque chose dans la rue, un « chic sikh » très élégant avec sa barbe peignée et son beau turban coloré viendra s’enquérir si vous voulez de l’aide, dans un anglais à l’accent british-hindou très craquant. Si vous séjournez dans cette région, il faut absolument réserver au Samode Palace, un somptueux palais de maharadja reconverti en hôtel. Ses chambres, toutes différentes, allient le raffinement oriental au confort occidental. Pendant le dîner, on assiste à un spectacle folklorique où se succèdent des montreurs de marionnettes et de très jolies danseuses issues de tribus nomades.  Au fait, saviez-vous que nirvana était aussi un mot indien ?

Inoubliable Taj Mahal

La plus belle des photos ne rendra jamais l’émotion que l’on ressent en découvrant le Taj Mahal pour la première fois. Surtout au lever du soleil, lorsqu’il émerge de la nuit en imprimant sur le ciel pâlissant la silhouette majestueuse de son bulbe parfait et de ses tours. On est subjugué par cette alliance de puissance, de grâce et de pureté qui se dégage de cette merveille du monde. Ce fabuleux palais en marbre blanc, incrusté de pierres précieuses, est bien plus qu’une merveille architecturale : c’est le symbole même de l’Amour. Celui d’un maharadja qui mit 22 ans et son immense fortune pour ériger en l’honneur de sa femme le plus beau des mausolées qui aient jamais été construits. Il se dégage un tel romantisme de ce monument que des couples du monde entier éprouvent le besoin de s’embrasser devant « la Lumineuse Perle de l’Inde »…

Pour profiter de la magie et de la poésie du site au petit matin, il faut y être avant 7 heures, lorsque la foule n’est pas encore là, et que le marbre rosit aux premières lueurs de l’aube. Il vous restera alors le reste de la journée pour visiter Agra, qui ne manque pas d’intérêt. Ne serait-ce que le fort d’Akbar, entourant de ses hautes murailles de somptueux palais de marbre incrusté de pierres semi-précieuses. Et par les fenêtres ou les baies ajourées de certaines pièces, vous apercevrez le Taj Mahal, qui éclate de blancheur de l’autre côté du fleuve Yamuna…

Pratique

Quand partir ? De novembre à mars, le ciel est toujours bleu, et les températures douces. Prévoir un pull, les nuits sont fraîches !

Formalités : passeport en cours de validité, et visa à obtenir en ligne avant de partir.

Circuit : cet article ne concerne qu’une partie du Rajasthan (Agra, Jaïpur, Fatehpur Sikri, Shekhawati). Le circuit classique comporte aussi les visites d’Udaïpur, Jodhpur, Jaisalmer et Bikaner. Mais il faudra prévoir alors au moins 15 jours… TUI propose un circuit d’une semaine à partir de 900 € vols compris, et un autre plus complet de 12 nuits à partir de 1200 €.

A lire : Lonely Planet « Inde du Nord et Rajasthan »

Se renseigner : www.incredibleindia-tourism.org

Les charmes du lac d’Annecy

Venez profiter de l’arrière-saison dans les eaux limpides et chaudes du lac d’Annecy, véritable perle lapis-lazuli enchâssée dans son écrin verdoyant de montagnes.

Il faut le voir pour le croire : à la fin de l’été, la température de l’eau du lac est comparable à celle de la Méditerranée ! A 27 °C, on y entre d’autant plus facilement que l’eau est claire et propre, Annecy pouvant se targuer d’avoir le lac en zone habitée aux eaux les plus pures d’Europe. Lorsque l’on navigue sur le lac (en pédalo, en bateau-croisière, en paddle ou en kayak…), sa clarté est telle qu’on peut voir le fond jusqu’à 5 m ! Pas étonnant qu’il y ait tant d’activités nautiques à pratiquer sur et sous l’eau… D’ailleurs, vers Angon, on peut essayer une toute nouvelle activité très fun : le e-foil ! C’est une planche qui vole au-dessus de l’eau grâce un moteur électrique placé sur le foil immergé. Le surf sans les vagues, quoi…  L’accès au lac est aisé sur presque toutes ses rives. En plus de la dizaine de plages officielles (certaines payantes, d’autres gratuites) réparties tout autour, il y a une multitude de spots où l’on peut poser sa serviette sur un coin d’herbe ou une plagette de galets. Certains utilisent les pontons des riverains comme plongeoirs pour piquer une tête dans le lac couleur lagon, et pour nager dans la plus grande piscine naturelle des Alpes !

A voir et à longer

Pour profiter des plus belles vues sur le lac, il faut prendre de l’altitude. Au col de la Forclaz (1150 m), un belvédère permet de voir le lac dans son intégralité. Vous aurez une vue encore plus chouette en faisant un baptême de parapente ! Par beau temps, une nuée de parapentistes tournoient au-dessus du lac, tels des papillons colorés butinant le nectar du ciel… Autre alternative, rejoindre à vélo l’Ermitage de St-Germain-sur-Talloires, dont le parvis offre un superbe panorama sur la langue bleue-vert du lac et la montagne du Semnoz. Comme il est situé à 700 m d’altitude, une assistance électrique ne sera pas de trop ! En ne comptant que sur la force de vos mollets, vous pourrez voir le lac sous tous ses angles en pédalant sur les pistes cyclables qui en font presque le tour. C’est à pieds que vous rejoindrez le belvédère du Roc de Chère (625 m d’altitude), en traversant la forêt de cette réserve naturelle à la végétation méditerranéenne. La plate-forme de grès et de sable située en haut des falaises, est un site idéal pour le pique-nique ! Enfin, ne manquez pas de faire la balade qui mène à la cascade d’Angon. Encastrée au fond d’un ravin, celle-ci tombe dans une grande faille, et on a du mal à la voir dans son ensemble. Mais le sentier pour y accéder, creusé dans la roche, et ménageant de superbes vues sur le lac, vaut à lui seul le détour !   

Le vieil Annecy (à ne pas confondre avec Annecy-le-Vieux…)

Traversé par la rivière Thiou et par des portions de canaux apparaissant et disparaissant sous les maisons, le centre historique d’Annecy est formé d’un lacis de ruelles pavées, reliées par des traboules (passages couverts) et par de petits ponts juste assez larges pour y faire passer une charrette. Ce quartier piétonnier au caractère médiéval a aussi une indéniable touche italienne, apportée par ses nombreuses églises, sa multitude de glaciers, et son romantique canal de Vassé qui  s’ouvre sur le lac au niveau du pont des Amours… D’ailleurs, Annecy n’est-elle pas surnommée la « Venise des Alpes » ? Grimpez l’une des rampes qui mènent au château, ancienne résidence des comtes de Genève et de Savoie. Son logis du XVème s. abrite un musée consacré aux 4 principaux lacs alpins, riche d’enseignements scientifiques, et non dénué d’humour, puisqu’il présente la vraie-fausse découverte des hydropithèques (singes d’eau), appelés aussi « sirènes d’Annecy »…       

Mes bonnes adresses

Séjourner

Boutik hotel, à Annecy : ancien hôtel particulier situé près du lac, avec terrasse et jardin ombragé, dont presque toute la déco peut s’acheter… A partir de 240 € la ch double avec petit déj. www.leboutikhotel.com

Camping 3 * de la Chapelle-Saint-Claude, à Talloires : au bord du lac, ombragé et calme, mobil-homes à partir de 490 €/sem pour 4 p. www.lachapellesaintclaude.com

Savourer

Black Bass, à Sévrier : nouvel hôtel 5 * au design contemporain, dont le restaurant « bistronomique » propose une formule midi abordable, avec vue sur le lac, à 29 €. Le soir, formule à 49 €. www.blackbasshotel-annecy.com

Le 1903, à Talloires : c’est le bistrot du chef étoilé Jean Sulpice, avec terrasse surplombant le lac. Incontournable ! Menus à partir de 38 €. www.perebise.com/bistrot-le-1903/

Les Trésoms, 15 bd de la Corniche, à Annecy : très bonne table gastronomique avec vue lac, dont le chef bordelais, Eric Prowalski, a concocté en association avec le vice-champion du monde d’apnée local (Stéphane Tourreau), un étonnant menu détox, faible en calories ! C’est assez cher (environ 90 €) mais c’est bluffant : féra en ceviche aux algues marines, risotto d’épeautre au charbon végétal et écrevisse, et myrtilles au lait d’amande, sirop de coco et graines de chia (donc sans sucre ajouté)… www.lestresoms.com

Kamouraska, passage de la Cathédrale : table commune + épicerie + cave, tenu par une Québécoise. Très convivial !

Les Palettes, square de l’Evêché : concept store original qui permet de grignoter le midi tout en faisant son shopping (vêtements, bijoux, sacs à main). Idéale entre copines.

Fromager Gay, rue Carnot : Pierre Gay est Meilleur Ouvrier de France, sa fromagerie est à se damner si l’on aime le fromage. Petit plus : au fond, le sol vitré permet de voir la cave d’affinage.

Pâtisserie Rigollot, pl. Georges Volland : également tenu par un MOF. Sa pâtisserie signature est « Mr. Smith », une tarte pomme Granny étonnante…

Rouge, rue du lac : encore une pâtisserie renommée, cette fois surtout pour sa brioche à la praline et son gâteau de Savoie, léger comme un nuage au-dessus du lac…

Le Palais des Glaces, rue Perrière : le meilleur glacier de la ville (dixit ma guide Anaïs qui les a tous testés  😉 )

Pédaler

Location à Mobilboard, place aux Bois (à 50 m du Boutik Hotel, et donc du lac).

Abricyclette : pour prendre un verre sur la piste cyclable. Desserts maison, glaces artisanales…

Guide très sympa et compétent : John Goldsmith  (john@duckstore-productions.com)

Pour info, le tour intégral du lac à vélo sur piste cyclable dédiée ne sera possible qu’en 2021, il reste une portion de route entre Veyrier-du-Lac et Menthon. Si vous voulez le faire tout de même, faites-le dans le sens des aiguilles d’une montre, sinon, il faudra affronter une rude montée à Talloires.

John Goldsmith

Se baigner

Mes plages gratuites et bons plans : la plage de Veyrier (à côté de l’hôtel Les Bords du Lac) ; plage d’Albigny, à Annecy-le-Vieux (douches et WC) ; plage de Duingt (ombragée) ; plage de St-Jorioz (parking gratuit et grande pelouse au bord du lac, juste à côté de la plage payante !) ; petites plages gratuites à Glière ; bon plan baignade le long de la piste cyclable entre Talloires et Balmettes ; les pontons de Menthon (vers Le Palace).

Visiter

Le château de Menthon : forteresse du 12ème s. transformée à partir du 15ème en résidence. Chaque siècle lui a apporté son lot d’amélioration en terme de confort et d’architecture. Ainsi, au 19ème s., le château fut agrémenté d’une galerie à colombage, de tourelles et de clochetons néo-gothiques…et du chauffage central ! Il appartient à la même famille depuis 23 générations, et l’un des châtelains a même creusé dans le château un tunnel avec wagonnet pour passer les plats de la cuisine à la salle à manger ! Superbe bibliothèque de 12000 livres, tous datant d’avant la Révolution. Emouvante chambre de la comtesse, où rien n’a bougé ou presque depuis sa mort (1983). Quelques beaux meubles et tableaux, dont un superbe primitif italien du 14ème s.  

A ne pas manquer

La Fête du Lac, le 1er samedi du mois d’août, avec le plus grand spectacle pyrotechnique d’Europe. Pensez à réserver pour l’année prochaine !

Se renseigner

www.lac-annecy.com

Les îles anglo-normandes

Ces deux îles dépendantes de la couronne britannique ne sont plus des paradis fiscaux. Mais leurs immenses plages de sable fin et leurs côtes sauvages aux landes fleuries, leur confèrent le statut de paradis photo !

Jersey, un petit air normand

Située à une vingtaine de kilomètres des côtes du Cotentin, Jersey possède une évidente parenté normande. Un bocage verdoyant, des prairies où paissent de petites vaches jersiaises aux yeux si doux, des valleuses entaillant des bois denses et rejoignant la mer par de grandes baies sableuses… En flânant dans les rues piétonnes de St-Hélier, la capitale de l’île, vous constaterez qu’il y a beaucoup de joailliers et de boutiques de luxe ou branchées. Pour des achats moins onéreux, faites un tour au pittoresque marché couvert, pour faire emplettes de souvenirs, de fleurs ou des produits frais locaux, telles que les huîtres locales, ou les savoureuses pommes de terre immodestement nommées « royal » … Dans les faubourgs de la ville, le manoir de Samarès est une ancienne demeure seigneuriale normande appartenant à la même famille depuis le Moyen Âge. Elle est entourée d’un superbe parc paysager riche d’essences botaniques rares, avec jardin japonais, potager, jardin d’herbes et de plantes médicinales…

Continuez par la Hougue Bie, l’un des plus grands tombeaux à couloirs mais aussi l’un des mieux conservés en Europe. Entièrement recouvert par un tertre herbeux (coiffé au sommet par une chapelle du XIIème s.), ce tumulus néolithique datant de 4000 ans avant notre ère, est l’une des 10 plus vieilles constructions au monde ! En se pliant en deux, il est possible d’entrer par le couloir jusqu’à la chambre principale (claustrophobes s’abstenir !), où devaient se dérouler les cérémonies rituelles. Un musée archéologique attenant présente l’histoire du peuplement de Jersey, ainsi que sa géologie, et à l’extérieur, une maison néolithique est reconstituée, et des volontaires se relaient pour présenter aux visiteurs les techniques de construction et de vie de nos lointains ancêtres : c’est passionnant !

Rejoignez la côte à Gorey pour visiter le château de Mont-Orgueil, une forteresse médiévale juchée sur un promontoire au-dessus d’un ravissant petit port aux maisons couleurs d’arc en ciel. La visite libre est géniale, car elle permet d’explorer ce vieux château labyrinthique en passant de tour en tour, d’escalier en escalier, de pièce en pièce, chacune ayant quelque chose à voir : un tableau, une collection de monnaies ou de bijoux anciens, un fabricant d’armes médiévales, etc… Montez au sommet des tours, la vue est superbe sur le port et sur toute la côte.

Le littoral nord de Jersey est rocheux et sauvage, il se prête parfaitement à la randonnée. Un réseau de sentiers balisés sillonne cette zone côtière, qu’il est possible de parcourir en entier, par tronçons, ou par des boucles (se procurer la brochure gratuite « North coast walking guide »). Les paysages marins sont plus beaux les uns que les autres, et font furieusement penser à la Bretagne. Parfois un petit port de pêcheurs échancre ces falaises, un bar surplombe une crique, ce qui permet de faire une pause bière, thé ou fish & chips, tout en contemplant  la mer…  Tel l’adorable port de poche de Rozel Bay, dont les cabanes de pêcheurs serrées sur la jetée, peintes en rouge vif, forment un tableau plaisant en se découpant sur l’azur, tandis que dansent en contrebas les petits bateaux encordés à la digue… Devil’s Hole est un creux ménagé dans la falaise. Il n’est guère spectaculaire, mais le chemin qui y mène permet d’avoir de jolis vues. Quant au diable, il n’est pas là où on l’attend ! A l’extrême nord-ouest, poussez jusqu’à la pointe de Grosnez, c’est une sorte de pointe du Raz jersiaise, comportant les ruines d’un château du XIVème s. faisant corps avec le granit des falaises.  

Enfin, ne quittez pas Jersey sans voir le site de Corbière, au sud-ouest, une pointe rocheuse avancée dans l’océan, prolongée par un chapelet d’écueils. Tout au bout, accessible par une chaussée à marée basse, un îlot est occupé par un phare tout blanc, construit en 1874. Le site est très photogénique, que ce soit au coucher de soleil, ou le matin tôt, quand une douce lumière expose parfaitement cette aquarelle marine… 

Jersey – Phare de Corbière
Jersey – Pointe de Corbière

Une plage pour chaque jour de la semaine

Si vous restez une semaine à Jersey, et que vous avez une voiture, vous aurez le privilège de pouvoir choisir votre plage du jour, tout en ayant l’embarras du choix ! La plus grande, c’est celle de Saint-Ouen, une immense et large langue de sable, qui occupe presque toute la façade ouest de l’île. Exposée à la houle et au vent, elle attire les surfeurs et les amateurs de sports nautiques. Au sud, la plage de la baie de St-Aubin est aussi idéale pour s’amuser dans l’eau (planche à voile, ski nautique, scooter des mers…), mais elle ourle une rive très urbanisée, car proche de St-Hélier. Préférez la plage abritée de Ouainé Bay, qui fait face à St-Brelade, elle est plus tranquille, et dispose aussi d’un petit centre nautique. Juste à côté, l’intime crique de Beauport est idéale pour se baigner avec des enfants, car elle glisse en pente douce sous le clapotis des vaguelettes. Egalement au sud, coup de cœur pour Portelet Bay, dont les eaux turquoises encerclent un îlot surmonté d’une tour ronde. On y accède par un escalier plongeant à travers les dunes, dont les flancs sont couverts par une peste végétale (sea grass) qui se caractérise par une explosion de fleurs au début de l’été. Enfin, si vous recherchez vraiment la tranquillité, rejoignez au nord-ouest les belles plages de Plémont Bay (avec grotte et cascade) ou de Grève de Lecq. Comme ce sont les plus éloignées de la capitale, ce sont aussi les moins fréquentées, et vous y serez à votre aise, même au mois d’août !  

Jersey – Portelet Bay

Guernesey

Plus petite que Jersey, Guernesey est aussi plus tranquille, et à part St-Peter Port, autour duquel gravite l’essentiel de l’activité économique, le reste de l’île est une campagne calme et verdoyante dont les pimpantes maisons fleuries ont cette inimitable touche de coquetterie britannique. Parfois, elles sont devancées par un présentoir où les habitants disposent des légumes ou des fleurs, confiants dans le fait que l’acheteur n’oubliera pas de laisser l’argent dans la tirelire ! Victor Hugo, qui s’était installé à Guernesey après avoir passé trois ans à Jersey, aimait vraiment ces îles, qu’il décrivait ainsi : « On passe d’un bois à un groupe de rochers, d’un jardin à un écueil, d’une prairie à la mer »… Après avoir visité sa maison (lire ci-dessous) à St-Peter Port, faites le tour de l’île par la route côtière en vous arrêtant sur les parkings disposés au plus près de la mer. A chaque fois vous découvrirez un beau paysage marin, surveillé parfois une tour de défense napoléonienne ou un fort allemand de la Seconde Guerre mondiale. Au nord-est, arrêtez-vous au dolmen de Déhus et pénétrez dans son couloir jusqu’à la chambre principale : l’éclairage permet de révéler, en regardant la dalle du plafond, le Gardien du Tombeau, un visage d’homme probablement gravé par les premiers occupants de l’île, au néolithique. Selon vos envies, vous pourrez « privatiser » une crique sauvage ; randonner le long des falaises ; ou tout simplement vous reposer sur le sable rosé d’une plage de rêve. Comme la toponymie locale comporte beaucoup de noms français, il est amusant de s’arrêter pour boire un verre à Port-Soif ou Bordeaux Harbour, de faire du kayak à Petit Bot, de savourer la vue de Chouet Bay, et de quitter à regret celle de Crève-Coeur !

Guernesey – Petit Bot Bay

Herm

Accessible depuis St-Peter-Port en 20 minutes de bateau, l’île d’Herm est presque plate et fait 2 km de long pour un peu moins d’1 km de large. Le tour complet prend deux heures de marche, mais on peut y rester la journée si l’on prend le temps de se baigner sur la magnifique plage de Shell, d’observer les oiseaux marins et la flore des dunes… Au nord, vous pourrez prendre un verre devant Belvoir Bay, et dans le bourg près du débarcadère, l’auberge Mermaid Tavern propose des fish & chips très corrects. Il y a aussi un hôtel (le White House) pour passer la nuit sur place, afin de profiter de l’île en exclusivité, le matin et le soir, sans un seul touriste à l’horizon pour gâcher la vue !

Fish & chips de Mermaid Tavern, à Herm

Trois visites incontournables

A Jersey

Les Jersey War Tunnels sont des souterrains creusés par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale. A partir d’objets, de lettres, de photos et vidéos d’époque, ce musée retrace l’histoire poignante des Jersiais qui durent subir l’occupation allemande de 1941 à1944. A la fin de la visite, des panneaux montrent la photo et expliquent l’histoire de tous les îliens arrêtés, déportés, persécutés, échappés, et même ceux qui ont fraternisé avec l’ennemi !

A Guernesey

La maison Hauteville de Victor Hugo se trouve dans un quartier calme de St-Hélier. Récemment rénovée, cette maison fascinante est empreinte du sol au plafond du génie de l’écrivain, qui y vécut en exil de 1856 à 1870. La visite (sur réservation) est faite en français par des guides qui vous expliqueront tous les symboles explicites ou non laissés par Victor Hugo dans sa maison, où il termina les Misérables et écrivit, dans sa véranda vitrée sur le toit, « Les Travailleurs de la Mer », un roman inspiré par les îliens, qu’il ne faut pas oublier de glisser dans sa valise ! 

La Petite Chapelle (au centre de l’île, dans la paroisse de St-André-de-la-Pommeraie) : en 1914, un prêtre français eut l’idée de construire une réplique en miniature de la basilique et de la grotte de Lourdes. Ce monument est étonnant, car le Frère le décora de cailloux, de coquillages et de morceaux de faïence ou de porcelaine de couleur. Un bel exemple d’art brut !