Singapour, une jungle urbaine

Située au sud de la Malaisie, cette cité-Etat est une destination sûre qui fascine par l’intégration de la nature dans l’architecture, et qui séduit par son brassage multiculturel.

Les biodômes et Supertree Grove des Gardens by the Bay

Deux chiffres suffisent à comprendre pourquoi Singapour est surnommée la ville-jardin : c’est le 2ème pays le plus densément peuplé au monde (après Monaco), mais 50 % de sa surface est constituée d’espaces verts ! Dès la sortie de l’aéroport, on est surpris de voir le long des rues des « rain trees« , de grands arbres de la forêt pluviale à la ramure impressionnante. Leurs branches ploient sous les plantes épiphytes, et leurs houppiers touffus procurent une ombre et une fraîcheur bienfaisantes dans ce pays au climat équatorial. Grâce à eux, lorsqu’on se promène en ville, on ne ressent pas la sensation étouffante d’un univers de béton, d’autant que de nombreux buildings ont végétalisé leur façade. De plus, on n’est jamais loin d’un coin de verdure. Singapour compte d’innombrables petits parcs et quatre réserves naturelles agrémentées de plans d’eau (servant de réservoirs d’eau potable), qui sont de véritables jungles ! J’ai marché dans le parc MacRitchie, très bien équipé de sentiers jalonnés de panneaux informatifs sur la faune et la flore. Il faut passer par la tour Jelutong pour se hisser au niveau de la canopée, et emprunter le « tree top walk », une passerelle également haut perchée, qui était fermée ce jour-là. J’ai vu des macaques (dont il faut se méfier), d’innombrables oiseaux, des écureuils, et même un sanglier ! L’autre parc dans lequel on passerait la journée, c’est le jardin botanique, inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco. Répartis autour de plusieurs lacs, ses jardins thématiques sont un enchantement (forêt de bambous, de bougainvillées, ethnobotanique, jardin de plantes médicinales, de fruits sauvages, vallée des palmiers, etc…). Mais le clou de la visite est sa collection d’orchidées, la plus importante au monde (1000 espèces et 2000 hybrides !), que l’on découvre plantées dans les parterres ou dans une grande serre. Je n’étais pas particulièrement fasciné par les orchidées, mais maintenant, je suis fan ! La diversité de leurs formes et de leurs couleurs est sidérante, d’autant plus que les horticulteurs en hybrident de nouvelles à chaque passage d’invité de marque, à l’instar des roses. Laquelle préférerez-vous, l’orchidée Obama ou Mandela ?

Rain trees devant Victoria Concert Hall
MacRitchie Reservoir Park
MacRitchie Reservoir Park
MacRitchie Reservoir Park
MacRitchie Reservoir Park
MacRitchie Reservoir Park
Macaque au MacRitchie Reservoir Park
Sanglier au MacRitchie Reservoir Park
Au jardin botanique
Au jardin botanique

Singapore de commerce

Avant de visiter cette ville, il est important de bien la comprendre, de cerner ses enjeux. Pour cela, je recommande de commencer par deux musées, qui sont plutôt des centres d’interprétation. Comme Singapour a d’abord été un port, rendez-vous à la Singapore Maritime Gallery, qui dévoile comment un petit village de pêcheur est devenu une mégalopole tentaculaire. Tout a commencé en 1819, lorsque le britannique sir Thomas Raffles acheta l’île au sultan de Johor, afin d’installer une base navale pour contrôler le détroit de Malacca, et un port de commerce pour concurrencer les Hollandais. Le port a toujours été au cœur de l’activité économique de Singapour : les épices au XIXe s., le pétrole dans les années 1950, et les biens de consommations mondialisés, tout ou presque passe aujourd’hui par son port de containers, le 2ème du monde après Shanghai. Et une extension de ce port est prévue, ce qui doperait encore la réussite économique de ce petit pays (grand comme le Territoire de Belfort !), qui est un « dragon asiatique« , comme Taïwan ou Hong-Kong. Parfaitement documenté et illustré, ce musée, qui dispose aussi d’un ludique simulateur de conduite de porte-container, est une parfaite introduction à la découverte de Singapour, et en plus, il est gratuit !

Sir Raffles, devant Victoria concert Hall

Singapour le développement durable

L’autre musée incontournable (également gratuit) est le Singapore City Gallery, situé dans le bâtiment URA center. Il présente, de façon immersive et interactive, les étapes de transformation de la ville pendant ces 50 dernières années. On découvre comment, depuis le visionnaire premier ministre Lee Kuan Yew, différents plans de développement ont été mis en place pour optimiser le peu de surface disponible, et pour gérer l’eau, l’énergie et les transports. Il est fascinant de suivre les différentes étapes de ce plan d’urbanisation, de voir comment ils ont agrandi la cité sur la mer, comment ils ont transformé la ville en respectant l’environnement et en y introduisant le plus de nature possible, comment ils ont réussi à construire une ville de 6 millions d’âmes en pensant au bien-être de ses habitants, dont 90 % sont à moins de 400 m d’un espace vert ! Les 300 parcs sont reliés par 150 km de pistes cyclables, il y a 6 lignes de métro (+ 3 à venir), chaque quartier dispose d’un grand centre sportif communautaire… Bref, quand on veut, on peut. Ou comment le génie humain peut trouver des solutions innovantes quand il y est contraint par la géographie. Une belle leçon d’urbanisme, en tout cas, et même de politique générale, car Singapour est la preuve irréfutable qu’il est possible d’harmoniser l’économie, le social et l’environnement, en mettant au premier plan le développement durable. Monsieur le président, Madame Hidalgo, un p’tit voyage officiel à Singapour ?

Chinois, indien, peranakan, arabe, anglais : cinq gars pour !

Dès les premiers plans de la ville, faits en 1971, après l’indépendance, il a été décidé de conserver les bâtiments historiques. Il aurait été tentant de raser ces vieilles shop houses et ces petites maisons traditionnelles à un étage pour ériger des gratte-ciel de 50 étages et plus… Heureusement (merci Lee Kuan Yew, véritable idole pour ma guide francophone et pour la majorité des Singapouriens), les différents quartiers communautaires de la ville ont été conservés, pour le plus grand bonheur de ses habitants, et pour le nôtre, car on a ainsi l’impression de visiter plusieurs pays en même temps… Le plus grand de ces quartiers est Chinatown. C’est logique, les Chinois représentent 75 % de la population ! On se balade donc dans une enclave chinoise, avec ses temples aux toits en pagode étagés, ses échoppes rouges, remplies de toutes les babioles et de toutes les saveurs d’Orient, ses grands magasins où l’on trouve aussi bien de la soie que des pénis de cerf ou du crocodile séché… Au fil des ruelles, on ne peut pas manquer, par la vue ou l’odorat, de voir les étals de durians, ces gros fruits à l’odeur nauséabonde que les vrais connaisseurs n’achètent qu’après l’avoir goûté… La Chine, quoi ! Sans oublier ses restaurants, dont je parlerai dans le paragraphe suivant.

Quartier chinois
Temple de la Dent de Bouddha
Quartier chinois
Femme Sam Sui de la région de Canton
Quartier chinois
Quartier chinois
Quartier chinois
Quartier chinois
Une famille enfile des gants pour manger un durian
Quartier chinois

Non loin de là, s’étend le quartier peranakan (ou baba-nyonya), du nom de cette communauté issue des migrants chinois du XVIe au XVIIe s., qui s’unirent avec des femmes locales d’origine malaisienne. Au fil des siècles, cette communauté a développé un art de vivre raffiné où se mêlent les influences chinoises, malaises et même européennes, via les colons anglais. Pour en savoir plus, il faut visiter l’Asian Civilizations Museum et/ou le Peranakan museum, mais si vous manquez de temps, il suffit de vous faire expliquer tout cela par votre guide (je conseille d’en prendre un), lorsqu’il ou elle vous amènera à Emerald Hill road, Joo Chiat road ou Orchard road pour admirer de ravissantes maisons peintes de couleurs pastels, construites dans un style architectural fusionnant le local et le colonial. Ces maisons, hautement « Instagrammables », sont certainement les plus photographiées de Singapour ! Cette constante affluence doit faire râler les propriétaires, mais en même temps, cela doit les rendre fiers, car ils continuent de fleurir leur terrasse, et d’entretenir soigneusement les couleurs de leurs façades… Faites une pause chez Bebe Seet, une peranakan qui tient une jolie boutique (113 East Coast rd) où l’on trouve des objets et des vêtements peranakan. Elle se fera un plaisir de vous offrir un thé et des gâteaux et de vous expliquer sa culture en vous montrant les photos de ses ancêtres.

Quartier Peranakan
Quartier Peranakan
Quartier Peranakan
Quartier Peranakan
Quartier Peranakan
Quartier Peranakan, chez Rumah Bebe

L’autre quartier à forte identité culturelle, c’est Little India. Comme pour Chinatown, on pourrait se contenter de flâner dans les rues pour faire du « voyeurisme touristique », et au mieux, entrer dans les boutiques pour faire emplette d’épices ou de tissus, et ce serait déjà follement exotique. Mais pour une découverte moins superficielle, j’insiste, un guide local est nécessaire. Il vous fera visiter un temple tamoul en expliquant pourquoi des gens viennent fracasser des noix de coco devant l’entrée (cela symbolise un nouveau départ, et la rupture de l’ego), il vous dénichera un cours de yoga ou un massage ayurvédique, et il vous aidera à faire les bons choix au restaurant. Sans notre guide, je n’aurais pas rencontré le responsable d’une épicerie indienne entièrement bio, remplie de produits sains et bons pour la santé (Sampoorna Swadesi, 14 Belilios Lane), ni Mr et Ms Shanti, du restaurant végétarien et ayurvédique Green Leaf Cafe (43 Cuff Road), où l’on vous sert une dizaine de petites préparations sur une grande feuille de bananier. Enfin, il faut se rendre à Kampong, le quartier arabe, dont les maisons à un étage (certaines décorées de fresques) forment un contraste saisissant avec les gratte-ciel gris situés juste derrière, qui s’élancent à l’assaut des nuages. J’y ai rencontré Johari Kazura, parfumeur de père en fils, qui tient Sifr Aromatics (42 Arab St), une parfumerie où il concocte, à l’ancienne, ses propres parfums, tout en ayant perfectionné sa technique à Grasse. Un vrai magicien, qui sait transformer le musc le plus rebutant en une fragrance irrésistible, par la grâce de quelques mariages d’essences subtilement dosées dont il a le secret…

Quartier arabe
Quartier arabe
Quartier arabe

Hawker de la cuisine locale

La gastronomie locale reflète la diversité des ethnies qui composent la société. La cuisine singapourienne est réputée à juste titre, et fait partie des atouts de la destination. Socrate a bien expliqué qu’il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger, cependant… il n’était jamais venu à Singapour ! Vous voulez une seule preuve de l’excellence de cette cuisine ? Un boui-boui du quartier chinois y a obtenu une étoile Michelin ! Oui, vous avez bien lu, Chan Hon Meng a reçu cette récompense suprême en 2017, pour son « chicken rice », qu’il vendait alors dans un stand de rue ! Je suis allé, naturellement, dans le restaurant étoilé le moins cher du monde, mais avec le succès, c’est un peu devenu une « usine », et le chicken rice a perdu son croustillant et sa saveur originale (dixit ma guide). Peu importe, il y a pleins d’autres cuisiniers anonymes, dans les hawkers centers, qui mériteraient cette étoile. Un hawker center est une sorte de marché couvert regroupant de nombreuses gargotes de tous styles culinaires, qui étaient auparavant des hawkers, des colporteurs ambulants. Il reste encore des gargotes mobiles, notamment pour les vendeurs de brochettes au satay (sauce cacahuète), mais la plupart sont dans ces structures couvertes de restauration communautaire, et l’on mange au milieu des locaux sur de petites tables aérées par de grands ventilateurs. Comme partout en ville, la propreté y est irréprochable. Pour le soir, je recommande Lau Pa Sat, dans le New Financial District, un hawker center qui permet de dîner à l’air libre. Le site est étonnant, car c’est l’unique construction horizontale isolée au milieu d’une forêt de building !

Une ville fière de son passé…

Singapour a conservé de nombreux bâtiments et vestiges de son héritage colonial. La plupart sont situés rive nord de la rivière Singapour, et voici un itinéraire qui vous permettra d’en avoir un bon aperçu. La balade commence sur la petite colline de Fort Canning. Ce parc luxuriant, où se situaient le palais et les sépultures des rois du XIVe s., abrite les vestiges du fort Canning de 1860, et un jardin d’épices rend hommage à sir Raffles, qui était aussi botaniste. A l’angle de Hill St et River Valley rd, admirez l’ancien hôtel de Police, dont la façade est percée de près de 1000 fenêtres, toutes peintes au couleurs de l’arc-en-ciel. Doit-on comprendre qu’on en faisait voir de toutes les couleurs aux prisonniers ? Il faut rappeler que ce pays n’est pas tendre pour ceux qui outrepassent la loi, ce qui explique, en partie, que la ville soit propre et sûre. Passons… et traversons pour rejoindre les quais de la rivière, le long du Parlement. Là encore, le contraste est saisissant entre le quai d’en face, occupé par 2 ou 3 rangées de petites maisons devancées par des restaurants en terrasse, et les gratte-ciel en arrière-plan. Une statue de sir Raffles trône devant le musée des Civilisations Asiatiques, de style colonial, l’autre étant devant la tour de l’horloge du Victoria Concert Hall, l’ancien hôtel de ville du XIXe s. De l’autre côté de la rue, la National Gallery, avec sa coupole et ses colonnes corinthiennes, illustre parfaitement le style classique colonial. C’est l’ancienne Cour Suprême, la nouvelle étant la « soucoupe volante » posée juste à côté… Un peu plus loin voici la cathédrale gothique de St-Andrews, so british… Il faudra marcher encore un block dans la même direction pour rejoindre enfin le Raffles, hôtel mythique qui a conservé le charme suranné d’un palace du XIXe s. Le must est d’y terminer cette balade coloniale en sirotant un Sling, le cocktail emblématique du Raffles, à base de jus d’ananas aromatisé au gin, Cointreau et Bénédictine. So british again !

Quais de la rivière Singapour
Devant le musée des Civilisations Asiatiques
Old Hill Street Police Station
Devant Victoria Concert Hall

… mais tournée vers le futur

Soyons honnête, ce qui impressionne, à Singapour, c’est l’architecture contemporaine. Rendez-vous d’abord à Marina Bay, située à l’embouchure de la rivière Singapour. C’était là où accostaient autrefois les jonques chargées de marchandises… La baie a été fermée par poldérisation, c’est maintenant une étendue d’eau douce entourée de bâtiments tous plus étonnants les uns que les autres : le musée des Sciences, en forme de fleur de lotus stylisée, les salles de concert de l’Esplanade en forme de demi-durian, le polyèdre en verre Louis Vuitton, et bien sûr le Marina bay Sands, l’iconique hôtel de Singapour au roof-top en forme de paquebot, dont je reparlerai après. Avant de quitter la marina, il faut aller voir Merlion cracher son jet d’eau ! C’est l’animal totémique de Singapour, mi-lion, mi-poisson, qui symbolise les précédents noms de la cité : Tumasik (mer en javanais), et Singapura (ville du lion en sanskrit). Et puisque vous serez là, traversez la rue pour entrer dans le Fullerton, l’autre palace de style néoclassique, qui était à l’origine… la Poste générale ! C’est depuis les années 2000 un hôtel 5 *, et son gigantesque hall d’entrée vaut le coup d’œil.

Marina Bay
Marina Bay Sands
Vue depuis le rooftop du Marina Bay Sands
Vue depuis le Sky Garden du CapitaSpring

A quelques minutes à pieds de Marina Bay, Gardens by the Bay est un parc naturel urbain de 100 ha, où l’on en prend plein la vue. Inauguré en 2012, c’est l’image même de cette ville-jardin, où l’architecture futuriste s’intègre à merveille dans une nature exubérante. Au milieu de ce jardin paysager qui est comme une jungle domptée, s’élancent des Supertrees, des structures en forme d’arbre, entièrement recouvertes de végétaux. On se croirait dans un film de science-fiction, et on ne s’étonnerait pas, dans un tel décor, de voir voler des voitures dans le ciel… Des passerelles reliant ces « arbres » à 30 m du sol permettent de prendre de la hauteur pour varier les points de vue sur ce fabuleux parc. Au-dessus de la frondaison des arbres, dépassent les biodômes, deux serres géantes cerclées d’arceaux blancs qui les font ressembler à des coquillages. L’un est un jardin botanique abritant des plantes et des fleurs du monde entier, certaines rares ou en voie d’extinction (présentés un peu à la Disneyland…), l’autre, le Cloud Forest, reconstitue l’ambiance d’une forêt tropicale d’altitude, avec une véritable cascade, et des passerelles suspendues donnant l’impression de marcher dans la canopée. Il faut donc prévoir une journée entière dans cet extraordinaire jardin, d’autant plus que chaque soir, à la nuit tombée, les arbres s’illuminent lors d’un show Sons & Lumières assez magique. Mais gardez encore quelques « waouh ! » en réserve, car vous n’êtes pas au bout de vos surprises ni de votre émerveillement…

Gardens by the Bay, et Supertrees Grove, vus depuis le rooftop du Marina Bay Sands
Gardens by the Bay et Supertree Grove
Gardens by the Bay, Supertree Grove
Supertrees la nuit
Gardens by the Bay, le Flower Dome
Gardens by the Bay, le Cloud Forest
Cloud Forest
Cloud Forest

Car voici le moment où il vous allez visiter le Marina Bay Sands. Premier choc visuel à l’intérieur ce cette cathédrale de verre et de béton, où les étages s’empilent de façon pyramidale, générant des lignes de fuite quasi hypnotiques. Dans le lobby, où une vingtaine d’employés gèrent à flux tendu les départs et les arrivées des clients des 2200 chambres (!), des arbres poussent dans des pots de 4 m de haut.  L’intérieur est conçu comme un centre commercial, avec même une petite rivière pour balader les touristes ébahis, et l’ensemble compte plus de 80 lieux de restauration ! Si vous ne désirez pas errer dans ce temple de la consommation, montez au 56ème étage, au SkyPark Observation Deck. C’est cher (26 $), mais cela vaut le coup ! Une astuce consiste, à partir de 17 h, à monter gratuitement au « Cé La Vi sky bar » : vous aurez la même vue, et pour le même prix vous aurez un cocktail… Ce roof top est vraiment « amazing » : d’abord, la piscine à débordement, qui donne irrésistiblement envie de plonger dedans (mais elle est réservée aux clients de l’hôtel). Longue de 150 m, bordée de palmiers, culminant à 206 m d’altitude, c’est la piscine d’hôtel la plus haute du monde ! Depuis la terrasse, le panorama sur la ville et sur Gardens by the Bay est époustouflant. D’un côté la forêt de gratte-ciel, et de l’autre, la véritable forêt, et la mer encombrée de porte-containers. C’est une vue qui résume bien Singapour !

Marina Bay Sands, vu depuis un Supertree
Piscine à débordement sur le rooftop du Marina Bay Sands
Piscine à débordement sur le rooftop du Marina Bay Sands
Piscine à débordement sur le rooftop du Marina Bay Sands
Piscine à débordement sur le rooftop du Marina Bay Sands

La nature dans la ville

Je reviens encore sur le sujet, car je n’ai pas tout dit dans le premier paragraphe. Singapour s’est dotée de petites fermes urbaines, permettant à un quartier de consommer des produits frais et sans transport. Vous pourrez visiter par exemple City Sprouts (les Pousses de la ville, 102 Henderson Road), fondé par un jeune trentenaire, Zac Toh, qui expérimente des salades sur des substrats verticaux, créé de petites rizières, et qui met des serres à disposition des habitants pour qu’ils y cultivent fruits et légumes. Chaque 1er samedi du mois, il organise un marché des producteurs. Son but : arriver en 2030 à atteindre 70 % de nourriture importée à Singapour (contre 90 % aujourd’hui). Utopique ? Pas vraiment, quand on voit les efforts qui sont faits dans ce domaine, et quand on sait de quoi sont capables les Singapouriens… Ainsi, depuis une dizaine d’années, toute nouvelle construction doit restituer en verdure sa surface au sol. « More concrete, more green » (plus de béton, plus de verdure), dit le slogan. Si ces efforts sont parfois discrets (on ne voit pas forcément les arbres plantés sur un toit, la végétation dans les halls ou la pelouse dans les atriums), les promoteurs et les architectes rivalisent aujourd’hui de créativité et d’audace pour construire le building le plus vert de la ville… Tel le Tree House (60 Chesnut Ave), qui est doté du plus grand jardin vertical au monde. Récemment, des architectes biophiles se sont enhardis à supprimer carrément des étages pour les remplacer par des jardins ou des petites forêts. C’est le cas de l’Oasia, une tour de 27 étages datant de 2016 qui abrite quatre jardins suspendus, que l’on distingue par ses ouvertures béantes, qui sont autant de puits de lumière. Pour le moment, sa façade en résille d’aluminium est rouge, mais elle va progressivement se couvrir de plantes tropicales grimpantes, ce qui va la transformer en véritable forêt verticale ! En plus de capter le CO2 et les particules, cela procurera aux occupants une climatisation naturelle et gratuite… Au cœur du quartier d’affaires, on s’attend à tout moment à voir sortir le bonhomme de Cetelem de l’immeuble de bureaux CapitaGreen (2014), dont les parois de verre laissent voir de la végétation à chaque étage. Ne voulant pas en rester là, ces mêmes promoteurs viennent d’inaugurer cette année le CapitaSpring, l’un des plus hauts gratte-ciel de la ville, qui contient, excusez du peu, une forêt-oasis entre le 17ème et le 20ème étage, et la ferme urbaine la plus haute du monde au 51ème étage ! Il va sans dire qu’il faut absolument aller voir cela. C’est… tout simplement beau, voire même émouvant. On ressent l’harmonie entre béton et la plante, la fusion du verre et du vert. C’est le genre d’expérience qui réconcilie avec la ville ! Le building lui-même est beau, dévoilant élégamment ses espaces verts en entrouvrant ses lignes verticales par de larges ogives. Cerise sur le cup-cake, toutes les herbes et les légumes bio de la ferme urbaine sont cuisinées à l’Arden, le plus haut restaurant de Singapour, une table gastronomique dont l’addition est à la hauteur de son altitude, très élevée… Mais quelle vue !

Ferme urbaine City Sprouts. Zac Toh, fondateur, montre une parcelle de riz
Building Capitaland, vu depuis la piscine du ParkRoyal
Oasia Hotel
Singapour
Sky Garden du CapitaSpring
Vue depuis le sky garden du CapitaSpring
Sky Garden du CapitaSpring

Le stade terminal de l’émotion

Je croyais avoir tout vu, avoir atteint le summum de l’ébahissement, le nirvana suprême de l’écolo-bobo… mais je m’étais trompé. Lorsque j’ai découvert le nouveau terminal (le bien-nommé Jewel) de l’aéroport Changi, mon admiration pour Singapour est encore montée d’un cran. Pourtant, ce terminal est en fait un gigantesque mall à l’américaine, avec hôtel, restaurants, boutiques (même un Apple store !), cinéma IMAX… et je fuis d’habitude ce genre d’endroit. Mais celui-là est exceptionnel dans sa conception, car encore une fois, la nature y est mise en valeur. Oh, pas seulement avec des pots de fleurs ou des yuccas devant chaque boutique, non, mais avec… une forêt tropicale entière qui entoure sur une hauteur de 5 étages une cascade s’écoulant dans un vortex en verre ! On en reste bouche bée… Grâce à ces installations, se promener dans ce terminal aéroportuaire devient un plaisir, on va à tous les étages pour varier les points de vue… Au dernier étage, le Canopy park a un pont suspendu, un jardin topiaire, un autre de fleurs, des labyrinthes végétaux, entre autres amusements. Si l’on n’y prend garde, c’est un coup à rater l’avion ! Mais après tout, un jour de plus à Singapour, why not ?   

Voyage pratique

Y aller : la très réputée Singapore Airlines dessert Singapour depuis Paris en vol direct (en 12 h), à partir de 892 € A/R. https://www.singaporeair.com/fr_FR/fr/home#/book/bookflight

Se loger :

ParkRoyal on Pickering : incroyable hôtel d’architecture moderne, dont les étages débordent de végétation avec cascades et jardins perchés. Un must, à s’offrir pour 310 € la chambre. https://www.panpacific.com/en/hotels-and-resorts/pr-collection-pickering.html?utm_source=google&utm_medium=business_listing&utm_campaign=googlemybusiness

The Warehouse : hôtel design chic dans un ancien entrepôt rénové, au bord de la Singapore river. A partie de 250 €/ch. https://www.thewarehousehotel.com/

The Sultan : hôtel installé dans d’anciennes boutiques du quartier malais. A partir de 120 €/ch. http://www.thesultan.com.sg/

Se restaurer :

Entrons un peu dans le détail. Parmi les plats les plus emblématiques de la ville, il faudra goûter au hokkien mee, des nouilles sautées aux fruits de mer ; au laksa, soupe de nouilles au lait de coco épicée (parfois très épicée !) ; au chili crab ; au popiah (rouleau de printemps)… Côté douceurs, ne rentrez pas sans avoir goûté au kaya, sorte de confiture au lait de coco, qui entre dans la confection de plusieurs desserts « kueh », parfois parfumés au pandanus, ce qui leur apporte une jolie couleur verte.

Voici une liste de restaurants pour tous budgets : 

Lau Pa Sat : hawker center réputé où l’on mange pour 15-20 €.

Keng Eng Kee Seafood : une gargote aux chaises en plastique, mais qui sert des plats chinois d’une grande qualité (chili crab, travers de porc au café, canard braisé au concombre de mer, nouilles de riz à la viande (horfun)…). Compter 25-30 €. http://www.kek.com.sg/

Open farm community : une ferme urbaine où l’on se régale des légumes et des herbes cultivées sur place. De la fourche à la fourchette, pour 30 €/p. https://www.openfarmcommunity.com/

Bedrock Origin, à l’Oasis Sentosa : un des meilleurs restaurants de Singapour. Des poissons grillés et des viandes maturées à se damner, et une incroyable carte des vins et des whiskys. Ils ont même le Glendronach Allardice (18 ans), les connaisseurs apprécieront… A partir de 40 € pour le déjeuner, le double pour le soir, surtout si l’on prend un cocktail et du vin ! https://www.bedrock.com.sg/origin

Ce restaurant est une raison suffisante pour venir à Sentosa, île-parc d’attraction qui dispose de quelques plages de sable, mais avec vue sur les supertankers… Cependant, la compagnie charter Lé Tara propose des excursions dans les petites îles au large, plus préservées du tourisme de masse. Compter 30 €/h, avec boisson sans alcool. https://www.letarayacht.com.sg/destination/singapore    

Ma guide : Cindy Tay est une dynamique guide francophone. Son courriel : cindytay.sc@gmail.com

Plage de Palawan, à Sentosa
Île de Sentosa
Île de Sentosa, plage de Palawan
Île de Sentosa, cours de taï-chi
Île de Sentosa, pont pour aller à l’île Palawan
Plage de l’île Lazarus

Se renseigner : visitsingapore.com

Cap au sud de la Californie

Avec les fabuleuses attractions de San Diego, des déserts fascinants, l’incroyable oasis de Palm Springs, et le charme irrésistible de l’île balnéaire Santa Catalina, voici un road trip qui permet de voir le meilleur de ce grand Etat américain.

Après 11h40 de vol, le Dreamliner d’Air Tahiti Nui se pose enfin en douceur sur le tarmac de l’aéroport de Los Angeles, à Inglewood. En général on arrive en milieu d’après-midi, ce qui laisse le temps de louer une voiture et de filer vers San Diego, qui n’est qu’à 2 h de route (en fait 4 h avec les embouteillages…). Situé à une vingtaine de kms de la frontière mexicaine, San Diego ne cache pas ses attaches historiques avec le pays voisin. Le quartier « Old Town », où a été fondée la Californie, a été reconstitué comme un pueblo, avec des bâtiments d’époque coloniale investis par de petits musées, des magasins ou des restaurants mexicains. Certes, cela fait un peu artificiel, mais ce folklore n’est pas que de façade, il y a une vraie communauté mexicaine à San Diego, fière de ses traditions et de ses origines. Cette coloration hispanique est évidente dans le barrio Logan, qui ravira les amateurs de street art. Les artistes locaux ont transformé les piliers et les murs d’un gigantesque échangeur routier en galerie à ciel ouvert, et leurs fresques hautes en couleur sont presque toutes porteuses d’une revendication sociale ou culturelle. Si vous croisez un type cool avec une bombe de peinture à la main, n’hésitez pas à lui demander la signification de telle ou telle fresque, il sera ravi de l’expliquer à un français qui s’intéresse à lui et qui ne se borne pas, contrairement à la grande majorité des touristes, à prendre des photos à la dérobée en se carapatant vite fait de peur de se faire dépouiller…

Fresques au barrio Logan
Fresques au barrio Logan
Fresques au barrio Logan
Fresques au barrio Logan
Fresques au barrio Logan
Fresques au barrio Logan
Fresques au barrio Logan
Fresques au barrio Logan
Fresques au barrio Logan
Fresques au barrio Logan
Fresques au barrio Logan
Fresques au barrio Logan

Il y a une raison de plus de passer un peu de temps dans ce quartier : à quelques blocs de là (1745 National Ave), deux entrepôts abritent une brasserie et une distillerie/restaurant, tenus par une bande de hipsters très sympathiques, dont les préoccupations environnementales sont bien dans l’air du temps. En prenant un verre au bar du restaurant ReBru, on s’aperçoit que ce tiers-lieu propose non seulement les bières de la brasserie Thorn d’à côté, mais aussi des cocktails fait avec leurs propres alcools : whisky, tequila, gin, vodka… Si Willi Fleming, le distillateur (qui chante et joue de la guitare dans la salle du resto à ses heures perdues…) passe par là, demandez-lui comment il produit ces alcools. Il vous expliquera qu’au lieu de jeter les stocks de bière « gâchée », ils ont eu l’idée de distiller cette bière plusieurs fois, afin de produire les différents alcools cités, selon un procédé qu’ils ont inventé ! J’ai goûté à ces alcools, et je peux témoigner qu’ils sont tout à fait corrects, voire très bons ! MJ, la bar manager, a tenu à me faire goûter à leur dernière création : le kové. Une boisson très rafraîchissante contenant 5° d’alcool, faite à partir de maté, une plante aromatique originaire d’Argentine. C’est délicieux ! Une bonne adresse où l’on passerait l’après-midi, voire la soirée s’il y a un concert. Et une fois par mois, ils organisent même, dans la courette, un spectacle de catch !

A ReBru
A ReBru
Willi Fleming, distillateur (et musicien) à ReBru
MJ, bar manager de ReBru

 

Des attraction XXL

Pour se remettre de ces émotions (et éventuellement d’une soirée bien arrosée au ReBru…) rien de mieux que le Balboa park. C’est le poumon et le cœur culturel de la ville. Un immense parc urbain avec une véritable forêt, de grandes pelouses, des fontaines, des kiosques à musique, et qui contient 16 musées et une serre botanique… C’est tellement grand qu’on s’y perd facilement ! Il faut donc y passer la journée, et même deux si l’on veut voir les pandas du zoo : il est si étendu qu’on peut le visiter en bus, et le survoler en téléphérique ! Ce gigantisme typiquement américain vaut aussi pour Sea World, l’un des plus grands parc de vie marine au monde, et pour l’USS Midway, qui est à quai au Navy pier, non loin du centre-ville. Ce porte-avion de 300 m, qui se visite de fond en comble, a été un temps le plus grand navire sur les océans. Composé d’un équipage de plus de 4000 marins, il a servi de 1945 jusqu’en 1992 (guerre du Golfe). Sa visite est incontournable, même si l’on ne se passionne pas pour la marine. Il faut prendre l’audio-guide qui se déclenche aux bornes situées dans chaque pièce, chaque coursive, ce qui permet de plonger dans le quotidien des marins, et de comprendre le fonctionnement de cette monstrueuse machine de guerre. Ce qui est chouette, c’est que des vétérans se baladent dans le ventre de la bête et sur son pont supérieur. Ils sont là pour répondre aux questions des visiteurs et pour raconter leurs expériences vécues dans ce porte-avion. Devant les énormes moteurs, et les panneaux entiers de manettes, de valves et d’écrans, j’ai découvert que cette usine flottante faisait fonctionner presque tout à la vapeur, depuis sa propulsion jusqu’au repassage, en passant par la cuisine et l’envoi des torpilles… Sur le pont supérieur sont alignés toutes sortes d’engins volants, avions de chasse, hélicoptères de combat, avions-cargo… D’anciens pilotes expliquent aux touristes médusés et admiratifs comment on fait décoller et atterrir des avions sur une distance si petite, et même si Top Gun n’est pas votre film préféré, il y a de grandes chances que cela vous intéresse… En quittant le porte-avion, faites halte au dock voisin, le Tuna Harbour park, pour voir The Kiss, grande statue figurant un marin de la Seconde guerre mondiale embrassant une infirmière cambrée. Cette sculpture faite d’après une photo de 1945, baptisée « Unconditional Surrender » (reddition sans condition), est décriée car on ne sait pas si le baiser était consenti ou imposé. A vous de vous faire une idée !

Il y a pleins d’autres choses à faire et à voir à San Diego, se balader sur l’une de ses nombreuses plages ou sur sa corniche rocheuse, faire du surf à La Jolla, aller observer les baleines (de mi-décembre à avril), etc… Le soir, il faut se balader à Gaslamp, un quartier historique qui a du cachet, avec ces bâtiments victoriens et ces lampadaires au gaz qui lui ont valu ce nom. Certaines rues deviennent piétonnes, ce qui permet de flâner plus tranquillement entre les terrasses de ses bars et restaurants. A moins que ne préfériez les trattorias de Little Italy…      

Quartier Gaslamp
San Diego
Gare Santa Fe
Seaport village
Tuna harbour park Unconditional Surrender, ou The Kiss
Unconditional Surrender, ou The Kiss, vu depuis le pont supérieur du USS Midway
USS Midway
USS Midway
USS Midway
USS Midway Vétéran expliquant le fonctionnement de la salle des machines
USS Midway
USS Midway
USS Midway
USS Midway
Pont supérieur de l’USS Midway
Pont supérieur de l’USS Midway
Pont supérieur de l’USS Midway
Pont supérieur de l’USS Midway
Pont supérieur de l’USS Midway
Pont supérieur de l’USS Midway
Rick, pilote vétéran
Au Balboa park
Au Balboa park
Au Balboa park
Au Balboa park, serre botanique
Au Balboa park
A Old Town
Plage de La Jolla
Plage de La Jolla
Rasta à San Diego

Palm Springs, une oasis en plein désert

Depuis San Diego, empruntez la route 78 qui traverse le désert très aride d’Anza-Borrego. Bien aidé par les réveils matinaux du jet-lag, je suis parti à 5 h du matin, ce qui m’a permis d’arriver dans ce désert au lever du soleil. Quelle émotion ! Les tourbillons de sable qui s’enveloppent autour des cactus, les canyons ocres, les routes infiniment rectilignes parcourues par des camions XXL, les stations-services miteuses perdues dans l’immensité désertique… C’est l’Ouest américain dans toute sa splendeur ! Ce qui m’a frappé, en traversant ce désert, c’est de voir le nombre impressionnant de camping-cars (les trailers) qui stationnent là, au milieu de nulle part… Et le plus étonnant c’est qu’ils forment des cercles, comme autrefois les chariots bâchés des colons ! J’ai traversé ce désert sans m’y arrêter (sauf pour voir de près des ocotillos, ces étranges plantes épineuses qui dressent ses bras vers le ciel), mais il faut savoir que c’est l’un des endroits les plus chauds et secs des Etats-Unis. La route 78 mène droit vers le Salton Sea, un immense lac salé qui est le plus grand de Californie. Il s’est créé au début du siècle dernier, suite à la rupture d’un barrage sur le Colorado. Toute cette eau s’est déversée dans une vallée désertique, à l’endroit même d’une mer disparue depuis des millénaires, ce qui explique que le lac soit deux fois plus salé que le Pacifique. Au début, tout allait bien, des stations balnéaires ont poussé comme des champignons à l’époque de l’âge d’or hollywoodien, l’endroit était à la mode, on venait s’y baigner, pratiquer des sports nautiques, faire la fête… Puis, quand l’eau a commencé à s’évaporer, la concentration du sel a augmenté, ce qui a fait mourir les poissons, et fuir les touristes. De plus, les phosphates et pesticides de l’agriculture intensive, tombés au fond du lac, ont commencé à remonter à la surface, et à polluer les rives. Les hôtels, les restaurants, les bars ont fermé les uns après les autres. Aujourd’hui, les rives du lac prennent des airs de ville fantôme : maisons à l’abandon, carcasses de mobile homes, bateaux échoués, voitures désossées… C’est un spectacle de désolation, avec des palmiers rabougris, une terre brûlée par le sel, une vase nauséabonde, et des cadavres de poissons sur la rive. Les rares habitants qui vivent toujours là vous dévisagent avec un mélange d’hostilité et de résignation, en se demandant ce que vous pouvez bien faire là… Je n’ai pas fait long feu au bord de ce lac sinistre, et j’ai repris la route 86 vers le nord, vers Palm Springs. C’est alors que les premiers palmiers apparaissent. D’abord dans les champs, sous forme de grandes plantations de palmiers-dattiers nains. Puis viennent enfin les grands palmiers le long des routes qui ondulent sous le sirocco, les palmiers symboles de la Californie. Ca y est, vous traversez Greater Palm Springs (appelé aussi Coachella valley), coincé entre des hautes montagnes et le désert de Joshua Tree. Cette immense oasis de 72 km de long sur 24 km de large est vraiment étonnante, car dans un environnement extrêmement aride, les bas-côtés, les champs et les jardins sont assez verts, on n’est jamais très loin d’un golf ni d’un parc verdoyant, et rares sont les maisons sans piscine… Mais où trouvent-ils de l’eau pour arroser tout cela, sachant qu’il ne pleut que quelques jours par an ? Sous vos pieds ! Palm Springs, et les sept autres petites villes (Cathedral city, Rancho Mirage, Palm Desert, Indian Wells, la Quinta, Indio et Coachella) qui se succèdent dans cette vallée, ont la chance de se trouver au-dessus d’une énorme nappe aquifère, qui s’est formée là lors de la dernière glaciation, et qui est alimentée par l’eau des montagnes voisines. On comprend mieux tout cela, au moins visuellement, en montant, par les télécabines tournantes de l’Aerial Tramway, au sommet du mont San Jacinto, à 3300 m d’altitude. Enfin, quand les conditions météo le permettent, car j’y suis allé en février, et une tempête de neige m’a ôté le plaisir de contempler la vallée depuis cette hauteur…  Mais avant d’être absorbé par les nuages, j’ai pu voir ce tapis vert rectangulaire, contrastant avec l’ocre du désert alentour. Heureusement, si l’on ne voit rien, on se console avec le petit musée situé dans le bâtiment sommital, exposant notamment la faune empaillée de ces montagnes. En redescendant, on est frappé par tous ces champs d’éoliennes qui jalonnent (défigurent ?) le paysage. Encore une fois, aux Etats-Unis, quand on place des éoliennes quelque part, ce n’est pas par dizaines, mais par centaines, par milliers !

Anza Borrego desert
Désert d’Anza Borrego, ocotillos
Palm Springs Aerial tramway
Sommet du mont San Jacinto
Petit musée au sommet du mont San Jacinto
Petit musée au sommet du mont San Jacinto

La ville de Palm Springs est très agréable, avec ses larges avenues bordées de palmiers et ses quartiers résidentiels proprets aux maisons de plain pied, de style « desert modernism« , c’est-à-dire au toit plat, aux lignes horizontales, avec de grandes baies vitrées, et un minimalisme assumé. Replaçons cela dans son contexte historique : dès les années 1920, cette oasis a attiré les vedettes du cinéma, car leurs contrats stipulaient qu’elles devaient se trouver à moins de deux heures d’Hollywood, ce qui est le cas. Afin de loger les acteurs du show-business, animés par le luxe, le confort et le désir de faire la fête, les plus grands architectes de l’époque sont venus à Palm Springs, où ils ont appliqué les idées en vogue telle que fonctionnalité́, esthétisme, lignes pures et nouveaux matériaux (acier et béton). A l’opposé du tape-à-l’œil de Las Vegas, cette architecture inspirée par Le Corbusier et le Bauhaus, a pour but de combiner innovation, rationalité, luminosité et fonctionnalité, dans un design épuré. Vous pourrez suivre un « celebrity homes tour » pour admirer (depuis la rue) les superbes villas de Franck Sinatra, Elvis Presley, Cary Grant, Kirk Douglas, Elisabeth Taylor, etc… Et si vous ne voyez pas la maison de Marilyn Monroe, en passant devant le Art museum, vous ne manquerez pas sa statue de 8 m de haut, jupe soulevée, comme dans le film « The Seven Year Itch » (Sept ans de Réflexion).

Ce qui est dommage, à Palm Springs, c’est que les sources chaudes thermales sont toutes associées à un hôtel. Le mien n’en avait pas, la plupart sont situées à Desert Hot Springs, une localité située au nord de Palm Springs. C’est sur la route pour aller à Pioneertown, une reconstitution d’un patelin typique de la Conquête de l’Ouest, avec une rue poussiéreuse où traînent des chariots, un saloon, le bureau du sheriff, la prison… Ce n’est guère convaincant, et à moins d’avoir avec soi des enfants fans de western, cette visite est évitable. De même que le « Red Jeep tour » qui m’a un peu déçu. Dans les brochures, c’est alléchant, avec visite de la faille de San Andreas (la jonction des plaques tectoniques pacifique et nord-américaine, qui provoque régulièrement des séismes en Californie), mais en pratique, on reste sur un domaine privé, on voit au loin une vague ligne dans les rochers, et on s’arrête parfois pour voir des palmiers, et marcher dans de petits canyons asséchés. Bof…

Palm Springs
Palm Springs
Palm Springs Villa de style « desert modernism »
Palm Springs
Palm Springs
Forever Marilyn, à Downtown park
Forever Marilyn, à Downtown park
Forever Marilyn, à Downtown park
Au Metate Ranch – Red Jeep Tours
Pioneertown
Champs d’éoliennes
Maison d’Elvis Presley
Champs d’éoliennes

Par contre, j’ai adoré la découverte (faite sans guide) du parc national Joshua Tree. Une fois acquittée l’entrée dans le parc, on peut s’y balader en liberté, il y a de nombreux points d’intérêt, signalés par des pancartes, et sur des plans à retirer dans le mini-bureau des rangers situé aux entrées sud ou nord du parc. Il faudra s’arrêter par exemple au « Cholla gardens », un champs de cactus de variété cholla, autrement appelée « teddy bear cactus« , en raison de l’aspect duveteux de ses branches tortueuses… Mais attention, qui s’y frotte s’y pique, car en fait de duvet, ce sont des épines très serrées et très acérées ! Si l’on se retourne un peu vite sans faire attention, on peut vite regretter d’avoir mis un short au lieu d’un pantalon… De nombreux arrêts permettent de se balader au milieu d’amas rocheux très esthétiques, car composés d’un granit rosé aux formes parfois étonnantes : Jumbo Rock, Split Rocks, Arch Rock, Skull Rock… Ces énormes rochers d’origine magmatique aux formes arrondies par l’érosion créent un fabuleux paysage, qu’on ne se lasse pas d’admirer et de prendre en photo. Surtout quand viennent s’y intégrer les fameux Joshua trees, les arbres emblématiques du parc, dont les feuilles, dures et piquantes à leur extrémité, forment des boules qui sont autant de vertes explosions de feux d’artifice. En fait ce n’est pas un arbre, mais un yucca, mais il en a la forme, la grandeur, et la longévité. Dans ce désert de Mojave, il est surnommé l’arbre de vie, car il abrite toute une petite faune (oiseaux, lézards, insectes…) qu’on peut voir en étant patient. Au printemps, il se couvre de grosses fleurs blanches, et lorsque les buissons d’ocotillos portent au bout de leurs branches filiformes des fleurs rouges, le désert perd sa couleur monochrome sable, et devient incroyablement beau, surtout sous la lumière douce et rasante du lever et du coucher du soleil.

Joshua Tree national park
Cholla cactus, dans le Cholla gardens
Joshua trees
Joshua tree
Joshua tree en fleurs
Formations rocheuses en grès
Joshua Tree national park Formations rocheuses en grès
Formations rocheuses en grès : the Skull
Joshua Tree national Park
Joshua Tree national Park

Il y a de nombreux sentiers tracés dans le parc, et des campings pour éviter de ressortir à chaque fois. Je n’en ai fait qu’un, et je vous le conseille vivement : il s’agit, tout au nord, du sentier qui mène, en moins d’une heure, au Fortynine Palms Oasis. Ca grimpe un peu, on surplombe le désert écrasé de chaleur, puis soudain, au fond d’un vallon, on aperçoit un bosquet de palmiers se détacher de la rocaille. Cette oasis quasi miraculeuse dans cet univers minéral, située sur une faille géologique, attire comme un aimant, on a envie de se réfugier à l’ombre de ses majestueux palmiers de Californie, sous lesquels s’écoule un réconfortant et rafraîchissant filet d’eau. Très hauts, et leur tronc en partie recouvert par leurs propres palmes (ce qui retient l’humidité), ces 49 palmiers à jupon expriment toute la force et la beauté de ce désert hors du commun. Au retour, j’ai pris le temps de mieux observer la végétation succulente, tel cet étonnant cactus Baril aux épines rouges, qui ressemble à un gros oursin posé au fond d’une mer évaporée.        

Desert Heights
Fortynine palms oasis trail, vue sur Desert Heights
Cactus Baril
Fortynine palms oasis trail
Fourtynine palms oasis
Fortynine palms oasis
Fortynine palms oasis
Fortynine palms oasis
Palmiers de Californie à jupons

Catalina et ses bisons

Depuis Palm Springs, je suis allé à Los Angeles (autoroutes tout du long), que je n’ai pas visité par faute de temps. J’ai préféré prendre un bateau à Long Beach pour aller à l’île Santa Catalina, ce que je ne regrette pas ! Après une heure de traversée, en compagnie d’une bande de dauphins tursiops, apparaît cette île rocheuse et boisée, apparemment inhabitée. Mais petit à petit se dessine le port d’Avalon, le seul véritable « village » de l’île. Cette île a une histoire étonnante : d’abord refuge de pirates, William Wrigley Jr l’acheta pour en faire une destination balnéaire et de plongée. L’histoire de ce magnat du chewing-gum est racontée en images au petit musée d’Avalon. On apprend que l’équipe de base-ball des Cubs de Chicago venait s’entraîner ici (logique, Wrigley l’avait achetée aussi !), que l’île était un lieu de tournage très apprécié pour son aspect sauvage (Les Révoltés du Bounty, et de nombreux westerns…), et elle a même été un camp d’entraînement pour les services secrets américains ! Encore une fois, on trouve trace de Marilyn à Catalina, elle y résidait quand elle était encore Norma Jeane Baker… Bref, cette île est pleine de surprises. Comme les voitures y sont interdites, on circule à Avalon en voiturette de golf, et il suffit d’en louer une pendant une heure pour parcourir la petite station balnéaire de long en large et en travers. Elle est tout de même utile pour s’éviter de monter à pieds sur les hauteurs, d’où l’on a la meilleure vue sur toute la crique et ses jolies maisons blanches. A part cela, et buller sur la plage, il n’y a que deux activités vraiment sympas à faire à Catalina : de la plongée, et le Bison Tour. Pour la plongée, c’est simple, il suffit de se rendre au pied de l’imposant Casino (qui n’en est pas un, comme je l’expliquerai après), où il y a un ou deux prestataires qui proposent leurs services. Le récif est au bord, il est paraît-il très beau, je n’ai pas testé, car j’y étais en février, et l’eau est vraiment froide à cette époque de l’année. Il se nomme d’ailleurs le récif Cousteau, et on y voit toute une faune sous-marine, tel que le poisson orange Garibaldi, des lions de mer, des mérous, des langoustes… que l’on retrouve dans son assiette le soir au resto’. Il y a aussi un sous-marin a fond transparent qui barbote dans la baie, si l’on ne veut pas se mouiller. Ce que j’ai testé, par contre, c’est le Bison tour. A bord d’un 4×4 équipé safari, un ranger-guide vous amène dans l’intérieur de l’île (ce que l’on ne peut faire qu’à pieds, les petites routes y étant interdites aux voitures) pour aller à la rencontre des bisons. Pourquoi des bisons ? Ce sont les descendants de ceux qui ont été amenés ici en 1924 pour le tournage d’un film, et qui n’ont jamais été récupérés. Sans prédateurs, ils se plaisent bien dans l’île, aux prairies verdoyantes, avec de petits bois et des vallons encaissés pour être tranquilles… Mais pas de crainte, même s’il installe un suspense factice (va-t-on en voir aujourd’hui ?) le ranger sait très bien où ils sont, d’ailleurs quand le 4×4 arrive près du pré où ils broutent, pas un bison ne bronche et ils font comme si nous n’étions pas là… On a donc tout le loisir de les photographier, même s’il est interdit de descendre du véhicule. Si l’on comprend bien l’anglais, le guide passe toute la matinée à parler de l’île sous tous ses aspects (naturels, faune-flore endémique, économique, historique, gestion de l’eau…) et l’on repart en ayant une assez bonne connaissance de cette île si particulière et attachante. Avant de partir, il faut absolument visiter le Casino. Non pas pour y laisser ses derniers dollars, car il n’abrite aucune table de jeu ni de machines à sous, mais pour admirer la plus grande salle de bal circulaire au monde, de 55 m de diamètre ! Encore une folie Art Déco de Wrigley, qui était décidément un magnat de génie. Afin de faire parler de son île et de son business, il a fait construire cette salle de bal monumentale, et son casino était le premier à être équipé pour le cinéma parlant ! Ah, l’Amérique et son goût pour la démesure et pour les records…

Catalina express
Banc de dauphins tursiops entre Catalina island et Long Beach
Casino
Port d’Avalon
Port d’Avalon
Port d’Avalon
Port d’Avalon
Port d’Avalon
Port d’Avalon
Port d’Avalon Casino
Port d’Avalon
Port d’Avalon
Port d’Avalon
Port d’Avalon
Descanso beach, à Avalon
Descanso beach, à Avalon
Descanso beach, à Avalon
Intérieur de l’île
Intérieur de l’île
Bisons
Bisons
Bison vu depuis le 4×4 de Bison Tour
Bison
Casino
Au musée
Port d’Avalon

Au retour à Long Beach, je n’avais qu’une fin d’après-midi de libre, car je devais reprendre l’avion le lendemain matin. Plutôt que d’errer dans Los Angeles, que je me réserve pour un autre voyage, je suis allé marcher sur la mythique plage de Santa Monica. Quel fabuleux espace récréatif ! Tout de même, les Californiens ont une qualité de vie qui fait rêver…

Santa Monica
Santa Monica
Santa Monica
Santa Monica
Santa Monica
Santa Monica

Pratique

Y aller

Air Tahiti Nui propose des vols quotidiens sans escale pour Los Angeles (11 h de vol), à partir de 651 € A/R en classe Economie. Sa classe economy premium, dont les sièges s’inclinent plus et offrent plus d’espace pour les jambes, est à partir de 1253 € A/R. Tarifs incluant 1 bagage à main, 1 bagage cabine, 1 bagage de 23kg en soute, un repas avec boissons alcoolisées et une collation.

www.airtahitinui.com

Forfait

Back Roads, spécialiste du voyage sur mesure en Amérique du nord, concocte sur cet itinéraire un autotour de 9 nuits/10 jours à 1475 €/p, sans le vol. www.backroads.com

Séjourner

Found Hotel (3*), à San Diego : à Little Italy, ch. double à partir de 100 €. www.foundhotels.com

The Guild (4*), à San Diego : charme et confort à Downtown. Ch. double à partir de 220 €. www.theguildhotel.com

Parker Palm Springs : un 5* au merveilleux jardin-labyrinthe. A partir de 950 € la ch. double. www.parkerpalmsprings.com

The Atwater (3*), à Avalon : boutique-hôtel dans un bâtiment historique rénové. A partir de 220 € la ch. double en B&B. 3ème nuit offerte. www.visitcatalinaisland.com

Atwater hotel

Boire un verre

ReBru, 1735 National Ave, San Diego : restaurant et brasserie-distillerie. 30 € le repas avec bière ou kové (maté aux herbes). https://rebruspirits.com/

Bar de ReBru

Le bar de Descanso beach, à Avalon : bar de plage très agréable, sert aussi quelques plats simples pour grignoter avec sa bière… Un loueur de kayak est à côté.

Descanso beach, à Avalon

A lire

Petit Futé « Californie » https://www.petitfute.com/

Se renseigner

www.visitcalifornia.com

CHICAGO, une cité dans le vent

La 3ème plus grande ville américaine séduit par son architecture et par son offre culturelle. Cerise sur le cup-cake, une nature très présente, grâce à ses grands parcs et au lac Michigan.

Surnommée « windy city », la capitale de l’Illinois a le vent en poupe ces dernières années. En effet, pour la 5ème fois de suite, Chicago a été élue en 2021 « meilleure grande ville à visiter aux USA » par Condé Nast Traveler, le magazine de voyage américain de référence. Un choix que je partage largement. Comment ne pas être impressionné par le gigantisme de ses gratte-ciel, dont le sommet se perd parfois dans les nuages ? Depuis le grand incendie de 1871, qui a détruit la ville, les architectes rivalisent d’imagination et d’ingéniosité pour concevoir des buildings plus grands et plus beaux les uns que les autres. Leurs matériaux, leurs décorations et leurs formes surprennent, et l’on se retrouve constamment le nez en l’air à admirer ces géants de pierre, de fer ou de verre. Et il est vrai que parfois, les courants d’air s’engouffrant entre ces hautes tours justifient le surnom de la ville…       

The Cloud Gate, ou « The Bean », d’Anish Kapoor, au Millennium Park

 

Une ville d’art… chitecture

Le Loop est le quartier qui concentre les plus beaux bâtiments. On peut le découvrir à pieds, ou en empruntant la pink line du métro aérien décrivant une boucle (loop en anglais). Ce faisant, nous reviennent toutes ces images des films ou séries américaines tournés ici, tel que « The Dark Knight », « Spiderman 2 », « The Fugitive », ou « Chicago Fire »… A pieds, il faut arpenter notamment State St, l’avenue des grands théâtres, où de grands panneaux donnent des informations sur les buildings les plus remarquables, tel que le Carson Pirie Scott & Co, dont les fenêtres du rez-de-chaussée sont encadrées par un superbe ornement de feuilles en acier, ou le Reliance building, dont la façade est faite de fenêtres séparées par des caissons de style classique en terra-cotta blanche. Remarquez, au 120, l’immeuble incroyablement étroit qui se faufile entre les mastodontes…

CHICAGO Métro aérien de The Loop

Faites un (petit) détour par LaSalle St, qui aboutit à l’imposant Chicago Board of Trade Building, pour voir et visiter The Rookery, l’un des plus anciens et des plus beaux immeubles de Chicago, à la façade néo-roman de marbre rouge. Construit en 1887, ce monument historique a été rénové et décoré par Franck Lloyd Wright (voir plus loin le paragraphe sur Hyde park), qui a illuminé son grand hall par une sublime verrière, et habillé les éléments métalliques de marbre blanc, en ajoutant des décors persans. Une seconde rénovation, faite par un élève de Wright, a apporté quelques touches d’Art Déco, notamment dans les luminaires.

Chicago est vraiment une ville fabuleuse pour les amateurs d’architecture, mais aussi une ville d’art, et au hasard des rues, on tombe parfois sur une œuvre contemporaine, telle la « Bête Debout », de Jean Dubuffet, au 100 W Randolph St… Il y a aussi un quartier dévolu au street art, c’est le Wabash Arts Corridor, dont les murs sont les cimaises d’un art de rue engagé, reflet des préoccupations sociales des jeunes du quartier. Ces fresques colorées, créées à l’initiative du Columbia College de Chicago, embellissent les façades nues des immeubles, les parkings, et même les sombres allées dévolues aux escaliers de secours et aux poubelles… Le mieux est de faire appel à une visite guidée, afin de connaître les motivations de ces artistes, parfois étonnantes. https://wabashartscorridor.org/tours/ . On peut s’y rendre en métro, ou à pieds, car ce n’est qu’à deux blocs du parc Millenium, et donc du centre-ville.

Monument à la Bête Debout, de Jean Dubuffet, 100 W Randolph St
Street art dans le Wabash Arts Corridor
Street art dans le Wabash Arts Corridor
Street art dans le Wabash Arts Corridor
Street art dans le Wabash Arts Corridor
Street art dans le Wabash Arts Corridor
Street art dans le Wabash Arts Corridor
Street art dans le Wabash Arts Corridor
Street art dans le Wabash Arts Corridor
Street art dans le Wabash Arts Corridor
Street art dans le Wabash Arts Corridor
Street art dans le Wabash Arts Corridor
Street art dans le Wabash Arts Corridor
Street art dans le Wabash Arts Corridor
Street art dans le Wabash Arts Corridor
Street art dans le Wabash Arts Corridor
Street art dans le Wabash Arts Corridor
Street art dans le Wabash Arts Corridor

Des visites sensationnelles

Une façon différente de voir le centre-ville consiste à monter dans un bateau-croisière qui navigue sur la Chicago river. Cela permet d’avoir des angles originaux, en passant devant une cinquantaine d’immeubles remarquables, tels que le Navy Pier, le Wrigley Building, Marina city (les épis de maïs), ou la Trump tower. Notez que la perspective est la même depuis la River walk, la promenade piétonne longeant la rivière. Mais lorsque le bateau fait demi-tour dans le bassin situé au bord du lac Michigan, cela offre un beau point de vue sur la front-line des gratte-ciels. A propos de ces géants effleurant les nuages, certains ont mis en place des visites spectaculaires dans leurs plus hauts étages. Evidemment, depuis cette hauteur, on a une vue grandiose sur le damier de la ville aux banlieues tentaculaires, et sur le lac Michigan qui semble une mer intérieure. Mais deux attractions ajoutent du piment au spectacle : dans la tour Willis, le Skydeck est une cage en verre qui permet de marcher dans le vide à 410 m du sol. Et le Tilt, au 94ème étage du John Hancock center, consiste en des cabines en verre qui se penchent à 45 ° en vous donnant l’impression de voler… ou de tomber ! C’est impressionnant… Les photos sont interdites, mais vous pourrez en avoir une idée ici : https://360chicago.com/virtual-tilt

Buste en bronze de Jean-Baptiste Pointe DuSable, fondateur de Chicago, sur le pont DuSable
Clark St Bridge, sur la Chicago River
La River Esplanade, départ des bateaux-croisière sur la Chicago river
Chicago river, au niveau du Merchandise Mart
Building le long de la Chicago river
Pont de Lake St
Building le long de la Chicago river
Croisière sur la Chicago river
Buildings le long de la Chicago river
360 Chicago au John Hancock center
360 Chicago au John Hancock center

Des parcs et des musées

Chicago possède une dizaine de parcs urbains, et les plus grands sont situés en bordure du lac Michigan, ce qui permet de s’oxygéner doublement. Je recommande surtout le Millenium park, d’abord parce qu’il est en contact avec le centre-ville, et qu’il permet de se reposer dans la verdure après avoir « bouffé » du macadam et respiré du gaz d’échappement toute la journée. De plus, il est agrémenté de plusieurs œuvres majeures d’art contemporain, tel que le très photogénique Cloud Gate d’Anish Kapoor, un miroir géant en forme de haricot, qui reflète les buildings de Michigan Ave. Il y a aussi le pavillon Jay Pritzker, de Franck Gehry (qui change de couleur la nuit !), et la Crown Fountain, de Jaume Plensa, composée de deux stèles géantes en briques de verre sur lesquelles s’affichent des visages souriants de Chicagoans. Et de mai à octobre, de l’eau jaillit en cascade des deux tours, ce qui est très… rafraîchissant. Juste en face, se tient l’Art Institute of Chicago, un musée d’exception par sa taille (il faudrait la journée pour tout voir), et par la qualité des œuvres exposées et de leur mise en scène. Tout le monde se précipite pour voir les toiles des peintres impressionnistes (Monet, Gauguin, Van Gogh…), mais j’ai adoré l’aile des arts asiatiques et africains. https://www.artic.edu/ . En prolongement de ce parc, après l’immense fontaine Buckingham, s’étend le Grant park depuis lequel on accède à deux autres musées incontournables, à savoir le musée Field, un musée ultra-moderne des Sciences et de l’Industrie dont la visite ludique ravit petits et grands, et le Shedd, tout simplement le plus grand aquarium couvert du monde !

The Cloud Gate, ou « The Bean », d’Anish Kapoor, au Millennium Park
The Cloud Gate, ou « The Bean », d’Anish Kapoor, au Millennium Park
Crown Fountain, de Jaume Plensa, au Millenium park
Pavillon Jay Pritzker, de Franck Gehry, au Millennium Park

La petite maison de style Prairie

L’autre quartier de Chicago qu’il faut visiter, c’est Hyde Park. Mais il est un peu éloigné du centre, alors il faut y aller en train, ou en louant un vélo et en empruntant la piste cyclable qui longe le lac Michigan vers le sud. Dans cette banlieue cossue et jeune à la fois, se trouvent les maisons de Mohamed Ali, de Malcolm X, et de Barack Obama. Celle-ci est relativement modeste, et un peu plus loin, il y a même une petite pierre gravée à l’endroit où le jeune sénateur a embrassé pour la première fois Michelle, après avoir mangé une glace chez Baskin-Robbins… So romantic ! Le quartier est surtout connu pour sa grande Université, dont les beaux bâtiments néo-gothiques semblent sortis de l’univers d’Harry Potter. Enfin, prenez le temps de vous arrêter à la Robie House, la maison-musée en briques romaines que l’architecte de génie Franck Lloyd Wright a dessinée en 1910. Cette maison symbolise bien le style Prairie qu’il a créé (inspiré des maisons traditionnelles du Japon), et qui a influencé de nombreux autres architectes aux USA, et même en Europe. C’est une architecture « organique », où tous les éléments sont reliés, comme dans un corps, et dont le confort va de pair avec l’esthétique. J’aime beaucoup ces lignes horizontales et ce toit plat, l’organisation des pièces (l’utilisation de poutres en acier permet d’avoir des pièces ouvertes, sans piliers ni cloisons), très lumineuses, où l’on peut voir la rue sans être vu. J’aime aussi les ornementations un peu Art Déco, son obsession pour le rond et le carré, que l’on retrouve dans les luminaires, et j’aime aussi le mobilier en bois, fait main, en harmonie avec le reste du design fonctionnel, sobre et élégant. Cela donne envie de pousser jusqu’à Oak park, une autre banlieue prospère où FLW a dessiné des maisons similaires de style Prairie, en harmonie avec leur environnement. Je terminerai par une citation de FLW, que j’ai trouvée dans la Robie House, et qui conclut bien cette découverte de Chicago, à forte teneur architecturale : « Chaque bon architecte est nécessairement un grand poète. Il doit être un grand interprète original de son temps, de son jour, de son époque. »

Maison de Barrack Obama, à Hyde Park
Université de Hyde Park
Université de Hyde Park
Robie House, de Frank Lloyd Wright
Robie House, de Frank Lloyd Wright
Robie House, de Frank Lloyd Wright
Robie House, de Frank Lloyd Wright
Robie House, de Frank Lloyd Wright
Robie House, de Frank Lloyd Wright
Street art à Hyde Park
Street art à Hyde Park
Wallace E. Goode Jr., dir. de la Chambre de Commerce de Hyde park

Pratique

Y aller : United Airlines ou Air France proposent des vols directs (9 h de vol) à partir de 500 € A/R.

Se loger

Hi Chicago, 24 E Ida B Wells Drive : auberge de jeunesse très bien située dans le Loop. Dortoirs de 6 pers. ou ch. dble, à partir de 35 € la nuit. https://www.hiusa.org/find-hostels/illinois/chicago-24-e-idabwells-drive

Royal Sonesta (4*), 71 E Wacker Drive : situation idéale au pied de la Chicago river, et chambres spacieuses au confort chic, à partir de 175 €/j.  https://www.sonesta.com/royal-sonesta/il/chicago/royal-sonesta-chicago-downtown

Se restaurer

Medici on 57th, à Hyde park : pour la très épaisse deep dish pizza. Repas complet et copieux pour 35 €/p.

Pan pizza de chez Medici, Hyde Park

Portillo’s, 100 W Ontario St : fast-food de qualité, pour déguster ce qui est réputé être le meilleur hot-dog des USA. Sans ketchup, mais avec une saucisse de Francfort au boeuf, une moutarde spéciale, du sel de cèleri, des rondelles de tomate, des oignons et du poivron émincés, un piment doux, et une grosse tranche de cornichon américain. Un régal !

Portillo’s Hot Dogs, 100 W Ontario St
Portillo’s Hot Dogs, 100 W Ontario St

Moody Tongue, 2515 S Wabash Ave : restaurant gastronomique situé dans une sorte d’entrepôt aux murs et plafond noir. Un cadre minimaliste qui va bien avec cette cuisine américaine contemporaine, à base de produits ultra-frais et locaux. L’originalité de cette table doublement étoilée au Michelin, qui est aussi une brasserie, est que chaque plat peut être accompagné de son accord met/bière ! On peut aussi choisir du vin, bien sûr… Compter 300 $/p (avec les boissons !).

Garrett : plusieurs magasins au centre-ville vendent ce délicieux pop-corn au caramel.

Boire un verre

Legends, 700 S Wabash Av : club de Buddy Guy, qui chante encore le blues à 85 ans ! A ne pas manquer… Si vous achetez un disque ou un goodies, Buddy vous le dédicace en personne !

Au Legends, le club de blues de Buddy Guy Buddy Guy
Disque vinyle de Buddy Guy, dédicacé !

Cindy’s : bar branché dont la terrasse-balcon donne sur le parc Millenium.

Terrasse de Cindy’s Rooftop, devant le Millennium park

Se renseigner

www.choosechicago.com

Vers Wabash

Madère, une île-jardin aux parfums des Tropiques

Au large du Maroc, cette île volcanique portugaise jouit d’un climat doux et humide, qui favorise sur son relief accusé une végétation exotique luxuriante. Un voyage dépaysant sur une île très accueillante.

Maisons accrochées à la pente et cultures en terrasses

Un simple tour au mercado dos lavradores, le marché couvert de Funchal, plante le décor : ces pyramides de fruits que l’on ne saurait nommer, ces brassées de fleurs exotiques, ces parfums d’épices orientales, et ces étranges poissons-sabres noirs (aussi effrayants sur l’étal que délicieux dans l’assiette), toute cette effusion de saveurs, de couleurs et de produits inconnus plonge le visiteur dans un dépaysement total. Les rues de la vieille ville, au pavement noir et blanc, sont égayées par le buisson ardent du tulipier du Gabon, le bouquet rose du kapokier et le feu d’artifice du flamboyant, tandis que se mêle aux effluves marines la fragrance capiteuse et vanillée du frangipanier. En sortant du marché, arpentez la rue Santa Maria, dont presque toutes les portes sont peintes par une association locale. Cette rue réputée pour son street art est aussi bondée de restaurants, où l’on peut retrouver tous ces bons produits photographiés au marché !

Au marché dos Lavradores
Au marché dos Lavradores (en dessous, les fruits du philodendron)
Au marché dos Lavradores
FUNCHAL Au marché dos Lavradores
Au marché dos Lavradores, salle des poissonniers, les poissons « espada » (sabre noir)
Poissons « espada » (sabre noir)
Au marché dos Lavradores, salle des poissonniers, découpage du thon
Au marché dos Lavradores, salle des poissonniers
Au marché dos Lavradores, salle des poissonniers
FUNCHAL Au marché dos Lavradores, salle des poissonniers, gros thon
Au marché dos Lavradores
Daurades grises
FUNCHAL, Rue Santa Maria
FUNCHAL, Rue Santa Maria
Rue Santa Maria de Funchal
Street art dans la rue Santa Maria de Funchal
Street art dans la rue Santa Maria de Funchal
Street art dans la rue Santa Maria de Funchal
Dans une rue de Funchal
FUNCHAL, Place de la Municipalité
FUNCHAL, Place de la Municipalité
FUNCHAL, Eglise St-Jean l’Evangéliste

Parmi tous les jardins de la ville, deux sont incontournables. Choisissez de les rejoindre par le téléphérique, afin de profiter de la vue de Funchal, dont les maisons étagées sur la pente sont entourées de vigne ou de bananeraies. Le jardin botanique est réputé pour ses orchidées, ses cactées, et son magnifique parterre taillé de motifs géométriques, qui est un véritable balcon sur la baie de Funchal. Quant au jardin tropical du Monte Palace, d’inspiration orientale, il occupe un vallon enchanté de bassins et de cascades, et ses allées romantiques sont émaillées d’une fabuleuse collection d’azulejos, certains datant du XVe s. Le richissime homme d’affaires portugais qui a racheté ce vaste domaine de 7 ha en 1987 est un collectionneur féru d’art et de culture. C’est pourquoi on trouve dans son jardin un petit musée d’art africain, où l’on peut admirer des sculptures principalement du Mozambique, et un autre de minéraux, qui expose des centaines de pierres précieuses et semi-précieuses issues des entrailles de la Terre… Au fil des allées, on découvre une très riche collection de plantes provenant des quatre coins du monde (orchidées de l’Himalaya, bruyères d’Ecosse, séquoias d’Amérique, acacias d’Australie, cycadée du Mozambique…), et même un olivier millénaire du Portugal ! Grâce à ma guide, Célia Mendonça (aux connaissances érudites en histoire et en botanique), j’ai même pu voir, un peu dissimulée sous des arcades derrière le manoir, une belle collection de porcelaines chinoises ! Et c’est elle qui m’a fait découvrir l’extraordinaire jardin de l’hôtel Quinta Jardins do Lago (voir en fin d’article dans le Pratique), qui ne fait pas partie de la visite classique de Funchal. A parcourir sans modération, avant de prendre un verre ou un thé au bar de la piscine…

FUNCHAL Vue de la ville depuis le téléphérique
FUNCHAL Jardin botanique
FUNCHAL Jardin botanique
FUNCHAL Jardin botanique
FUNCHAL Jardin Monte Palace
FUNCHAL Jardin Monte Palace
FUNCHAL Jardin Monte Palace
Philodendron au jardin botanique de Funchal
Lys Araignée au jardin botanique de Funchal
Fleurs de la liane de Mysore au jardin botanique de Funchal
Cycadée du Mozambique au jardin tropical Monte Palace
Hortensia au jardin tropical Monte Palace
Orchidées dans le jardin de l’hôtel Quinta Jardins do Lago
Orchidée Vanda dans le jardin de l’hôtel Quinta Jardins do Lago
Orchidée dans le jardin de l’hôtel Quinta Jardins do Lago
Megaskepasma Erythrochlamys (Red mantle) dans le jardin de l’hôtel Quinta Jardins do Lago
Plante corail (russelia juncea) dans le jardin de l’hôtel Quinta Jardins do Lago
Dichorisandra Thyrsiflora (Gingembre bleu) dans le jardin de l’hôtel Quinta Jardins do Lago
Agapanthe au jardin tropical Monte Palace
Porcelaine chinoise au jardin tropical Monte Palace
Statues du Mozambique au jardin tropical Monte Palace
Musée des minéraux au jardin tropical Monte Palace
Pierres précieuses au musée des minéraux du jardin tropical Monte Palace
Dans le musée des minéraux du jardin tropical Monte Palace
Dans le musée des minéraux du jardin tropical Monte Palace

Pour revenir en ville, n’hésitez pas à vous laisser entraîner dans un de ces toboggans (traîneaux en osier sur patin de bois) qui dévalent une rue très pentue, retenus et guidés par des carreiros, deux costauds tout de blanc vêtus qui retiennent le traîneau avec une corde. Au début du XIXe s., c’était ainsi que les citoyens aisés du village de Monte descendaient en ville, sans abîmer leur robe ou leurs beaux souliers vernis… La descente de 2 km dure moins de 5 minutes, mais sur les tronçons les plus raides, cela va assez vite pour procurer des sensations, d’autant plus que la circulation n’est pas interrompue dans la rue ! Certes, ce n’est pas une attraction de fête foraine, mais cela permet à toute une corporation de vivre et de perpétuer une tradition unique en son genre.  

Carreiros do Monte (toboggans)
Carreiros do Monte (toboggans)
Carreiros do Monte (toboggans)
Carreiros do Monte (toboggans)
Un carreiro do Monte
Carreiros do Monte (toboggans)

Des excursions à foison

Lorsque l’on part en excursion, à Madère, il y a trois choses à ne pas oublier : un chapeau, un vêtement de pluie et un appareil photo. Le temps peut changer très vite, et les paysages sont si spectaculaires dans cette île volcanique ! Telle la vallée des Nonnes (Curral das Freiras), un village encaissé dans un cirque montagneux, que l’on contemple depuis une terrasse située à 1127 m d’altitude. On se croirait dans un cirque de La Réunion… Le village tout en bas est aujourd’hui accessible facilement grâce à un tunnel, mais on voit toujours les vestiges de la route originelle très étroite, accrochée sur une paroi verticale, régulièrement bombardée par des chutes de rochers. Dire qu’autrefois, des bus empruntaient cette route, une sorte de roulette madérienne (version motorisée et locale de la roulette russe)…

Curral das Freiras (Vallée des Nonnes)
Curral das Freiras (Vallée des Nonnes)
Curral das Freiras (Vallée des Nonnes)
Route de montagne vers Curral das Freiras

Autre belvédère vertigineux, celui de Cabo Girão, où une plate-forme de verre est suspendue 580 m au-dessus de l’océan. Un peu plus loin, une télécabine vous déposera sur la fajã dos Padres, une parcelle cultivée entre la mer et la falaise, dont les fruits et légumes (mangues, avocats, raisin bio…) sont servis au restaurant de plage. Ce sont des galets, mais à Madère, les plages de sable sont rares. C’est pourquoi les piscines naturelles de Porto Moniz, sur la côte nord, sont si appréciées ! Quel plaisir de se baigner dans l’eau cristalline de ces bassins creusés dans le basalte… Certaines sont vraiment naturelles, peu fréquentées car difficiles d’accès, d’autres sont aménagées et donc payantes.

Vue depuis la plateforme du Cabo Girao
Au Cabo Girao
Au Cabo Girao
Faja dos Padres
Faja dos Padres
Plage de Faja dos Padres
Plage de Faja dos Padres
Plage de Faja dos Padres
Piscines naturelles de Porto Moniz
Piscines naturelles de Porto Moniz
Piscines naturelles de Porto Moniz
Piscines naturelles de Porto Moniz
Piscines naturelles de Porto Moniz
Piscines de Porto Moniz
Piscines de Porto Moniz
Porto Moniz
Vierge à Porto Moniz

On y resterait toute la journée, mais il faut garder du temps pour se balader à Câmara de Lobos, un ravissant village lové en amphithéâtre dans une baie, où dansent les barques peintes des pêcheurs. « Lobos » fait référence aux loups de mer, les phoques-moines, qui fréquentaient cette côte lors de la découverte de l’île au XVe s. Le village se targue d’avoir été choisi comme villégiature par Churchill lors de ses vacances en 1950, d’ailleurs sa statue trône devant un hôtel dont les chambres sont inspirées par les peintures de l’ancien 1er ministre anglais. Les murs de la rue principale sont décorés par des personnages ou des animaux faits avec des morceaux de canettes en aluminium, et tout au bout, il faut prendre un verre en terrasse sur le largo do Poço pour prendre le pouls de ce village tranquille, où les seuls éclats de voix sont ceux des joueurs de cartes réunis autour de la fontaine.

Camara do Lobos
Camara do Lobos
Camara do Lobos, fresque d’un phoque avec du matériel de récup’
Camara do Lobos, panneaux décorés avec des bouts de canettes en alu, dans la rue Sao Joao de Deus
Camara do Lobos, panneaux décorés avec des bouts de canettes en alu, dans la rue Sao Joao de Deus
Camara do Lobos, joueurs de cartes sur le largo do Poço

S’il est trop tôt pour commander un verre de poncha, réservez cette expérience pour plus tard, lorsque vous passerez à proximité de la Taberna da Poncha, à Serra d’Agua, un bistrot local très sympa qui est réputé pour servir l’un des meilleurs poncha de l’île. Sur le vieux comptoir en bois, Ana Vicente ou l’un de ses employés vous préparera cette boisson emblématique de Madère, à base de jus de fruits, de rhum, d’épices et de miel. Le tout mélangé avec l’indispensable mexilhote en bois ! A propos de cocktail, il y a une autre adresse incontournable pour un déguster un, au coucher du soleil. Il s’agit de Maktub, à Paul do Mar. Cette guest-house atteint des sommets de « zenitude » : d’abord parce qu’elle est située au bord de la mer dans un village de pêcheurs isolé en bas d’une falaise, puis parce que c’est un repaire de surfeurs et de baba-cools qui diffuse en continu de la salsa ou du reggae, et enfin parce que le chef de son restaurant, Fabio Afonso, est un gars adorable qui cuisine admirablement bien le poisson. Alors oui, siroter un mojito ou un poncha dans ces conditions pendant que le soleil est avalé par l’océan, fait partie, pour moi, d’un « incontournable » de Madère !

Ana Vicente prépare du poncha en mélangeant le miel avec le mexilhote
Ana Vicente prépare du poncha dans sa Taberna da Poncha
Vue depuis le mirador de Paul do Mar
Chez Maktub à Paul do Mar
Devant chez Maktub à Paul do Mar
Fabio Afonso, chef à Paul do Mar
Mojito à Paul do Mar
Coucher de soleil à Paul do Mar
Coucher de soleil à Paul do Mar

D’autres lieux sont très appréciés par les touristes pour assister au lever ou au coucher du soleil. Pour le coucher, je recommande le site du phare de Ponta do Pargo, à l’ouest de l’île, une haute falaise offrant une vue spectaculaire sur la mer. Pour le lever, le site le plus couru est le sommet du pico de Arreiro (1818 m), pour voir l’astre solaire sortir de sa couette de nuages. Mais il y a tant de monde que cela peut ruiner l’expérience… Plus simple, se rendre dès potron-minet à l’extrême Est de l’île, à la pointe sauvage de Sao Lourenço : il y a assez de place pour se dégoter un coin tranquille pour assister à ce petit miracle quotidien. Enfin, pourquoi pas une petite croisière ? Il faut partir à 7 h de la marina de Funchal sur le voilier Happy Hour, pour un petit cabotage le long de la côte qui rosit et se révèle aux premiers rayons du soleil. Alexandre et Luis, les skippers, préparent un savoureux petit-déjeuner, et si c’est votre jour de chance, vous pourrez même voir des dauphins ou des baleines ! (2h30, 250 € pour 6 p) https://happyhourmadeira.com/uk/

Falaises et phare de Ponta do Pargo
Falaises de Ponta do Pargo
Lever de soleil à la pointe de Sao Lourenço
A la pointe de Sao Lourenço
A la pointe de Sao Lourenço
Luis et Alexander, de Happy Hour Madeira
Petit-déjeuner dans le voilier d’Happy Hour Madeira
Baie de Funchal

L’aventure à portée de tous

L’intérieur montagneux de l’île, hérissé de pics aux pentes abruptes et creusé profonds ravins, serait inaccessible sans les levadas, ces canaux d’irrigation creusés depuis le XVIe s. pour apporter l’eau des sources d’altitude aux cultures en terrasse situées en contrebas. Il y en a environ 2000 kms, de 300 m jusqu’à 1700 m d’altitude, et une trentaine sont recommandées pour la randonnée. Toujours bordées par un sentier permettant aux levadeiros de les entretenir, leur faible déclivité fait le bonheur des marcheurs occasionnels, qui peuvent ainsi accéder à des sites réservés en principe aux randonneurs aguerris. J’ai testé, en compagnie de mon excellent guide de montagne Fabio Castro, trois levadas. La première, celle dos Prazerez, à Caleta, est très facile. Assez proche du littoral, elle traverse des villages et des hameaux, longe des jardinets et des champs cultivés, ce qui permet de comprendre comment l’on vit dans un village rural de Madère. Chemin faisant, on cueille des myrtilles, des goyave-fraises, des pommes et des prunes sauvages, on saisit à la volée entre ses doigts du fenouil sauvage, et ça et là, des bouquets roses de belladone rendent les photos plus belles…

Levada dos Prazeres, à Caleta
Levada dos Prazeres, à Caleta
Levada dos Prazeres, à Caleta
Fleurs Belladonne sur la levada dos Prazeres

Les deux autres levadas, celle de Risco et celle des 25 Fontaines, sont situées au cœur montagneux de l’île, à environ 1000 m d’altitude, et peuvent être faites l’une à la suite de l’autre. Un des accès consiste à suivre d’abord une canalisation dans un tunnel sombre et humide de 800 m de long, à la lampe frontale. On débouche alors au cœur de la laurissilva (forêt laurifère), relique d’une forêt primaire datant de l’ère Tertiaire qui est une forêt tropicale très humide. Peu de temps après, la levada do Risco mène à la cascade éponyme, l’une des plus majestueuses de l’île. Chemin faisant, on ne cesse de s’émerveiller de cette végétation exubérante, ou tout est géant : les fougères arborescentes, les bruyères dont les branches sont des troncs d’arbre, les arbustes à myrtilles (que l’on cueille en levant le bras), même le pissenlit ou le muguet endémiques font 3 m de haut ! Fabio me conduit alors, toujours en suivant le canal d’irrigation où l’on distingue de petites truites, au site des 25 Fontaines, dont le nom fait référence aux nombreuses mini-cascades qui alimentent le bassin en suintant de la roche ocre et moussue. Un lieu idyllique, une jungle fascinante, un exotisme échevelé, à une heure de Funchal et… 3h30 de Paris !  

Levada dos 25 Fuentes
Tunnel pour la levada dos 25 Fuentes
Levada das 25 Fontes e Risco
Bruyères arborescentes sur la levada das 25 Fontes e Risco
Levada das 25 Fontes e Risco
Levada das 25 Fontes e Risco
Cascade de Risco au bout de la levada das 25 Fontes e Risco
Cascade de Risco au bout de la levada das 25 Fontes e Risco
Levada das 25 Fontes e Risco
Levada das 25 Fontes e Risco, avec tunnel de bruyères arborescentes
Bruyères arborescentes sur la levada das 25 Fontes e Risco
Bassin des 25 Fontaines à la levada das 25 Fontes e Risco
Bassin des 25 Fontaines à la levada das 25 Fontes e Risco
Bassin des 25 Fontaines à la levada das 25 Fontes e Risco
Bassin des 25 Fontaines à la levada das 25 Fontes e Risco

Pratique

Aérien : Transavia opère des vols quotidiens, certains en vol direct, depuis Orly. A partir de 178 € A/R (258 € avec un bagage en soute). transavia

Autotour : 7 nuits en chambre d’hôtes + loc voiture 1 semaine, à partir de 470 €/p. monvoyageamadere.com

Se loger :

Quinta Jardins do Lago, à Funchal : calme et confort anglais dans un hôtel 5* entouré d’un jardin extraordinaire. Ch. dble à partir de 195 €. jardinsdolago.com

Fajã dos Padres : petites maisonnettes situées entre la mer et un verger de fruits tropicaux. A partir de 85 € en B&B. fajadospadres.com

Tiny Black Bird, à Faja da Ovelha : fantastique maison d’hôte tenue par Fabio Afonso (de Maktub à Paul do Mar), consistant en deux tubes et une terrasse posée au bord d’une falaise, avec une vue incroyable sur la montagne et la mer. A partir de 100 € la nuit pour 2 p. A voir absolument les photos sur Airbnb ! https://www.airbnb.co.uk/rooms/52160120?source_impression_id=p3_1636295826_DVscltM4hSUznMa3&guests=1&adults=1

Se restaurer :

A Funchal :

Hostel de Santa Maria, cuisine de qualité avec terrasse dans une courette au calme dans la vieille ville.

Sushis à l’Hostel de Santa Maria

Kampo, gastronomie créative dans une ambiance bistrot très conviviale. Prenez place au comptoir, et laissez le chef Julio Pereira vous proposer ses petits plats divinement savoureux, tel le « bol de berlin », une brioche fondante fourrée de chorizo, aux champignons et à l’huile de truffe. Il faut goûter à ses sardines à tomber par terre, et à ses très bonnes viandes maturées. Une expérience gustative rare à prix raisonnable. kampo.pt

Babosas Village, restaurant situé à l’arrivée du téléphérique, très bons poissons et desserts.

A Ponta do Sol : The Old Pharmacy, pour se régaler de la cuisine généreuse de Maria Freitas, et chiner dans la boutique d’artisanat attenante.

Poulpe à The Old Pharmacy à Ponta do Sol
Maria Freitas, de The Old Pharmacy à Ponta do Sol

A Paul do Mar : Maktub, produits de la mer au top et coucher de soleil. https://www.facebook.com/MaktubPub/

Fabio Afonso, chef à Paul do Mar

Guide indépendante : Célia Mendonça : celiamendonca3@gmail.com

Celia Mendonça, excellente guide à Madère

Guide de montagne : à partir de 27 €/p la 1/2 j. http://www.madeira-adventure-kingdom.com

Ou joindre directement Fabio Castro : fabiorrcastro@gmail.com

Fabio Castro, guide très sympa

A ramener : du madère de Madeira Vintners ; du bolos de mel (sorte de pain d’épices) de la Fabrica Santo Antonio ; broderies ; fleurs.

Se renseigner : visitmadeira.pt/fr  

Trésors de Bohême

La Bohême centrale est une région de cocagne qui regorge de châteaux et de sites naturels épatants. Voici une balade orientée nature et culture, qui permet de voir quelques-uns de ses plus remarquables trésors.

La République tchèque est le pays qui compte le plus de châteaux au monde par habitant. L’Histoire en a semé des centaines en Bohême, de tous styles et de toutes époques. A 50 km au sud-est de Prague, Český Sternberk a été construit au XIIIe s. pour protéger la capitale des attaques turques. Rebâti plusieurs fois sur son arête rocheuse dominant une rivière, c’est aujourd’hui une résidence baroque qui appartient à la même famille depuis 23 générations ! Au fil des quinze pièces ouvertes à la visite, Kristyne, la guide francophone, raconte la vie du dernier comte, qui collectionnait les trophées de chasse (dont un crocodile de Ceylan !), les vieux fusils et les gravures anciennes. Sa femme Carolina, elle, aimait les figurines en argent. Pas étonnant, Kutná Hora, non loin de là, a été pendant des siècles la mine d’argent la plus productive d’Europe. Cette ville s’est développée dès le XIIe s. grâce à cette industrie minière, d’ailleurs Kutná Hora signifie « colline fouillée »… Le filon s’est tari au XVIe s., mais la ville a hérité de très beaux monuments de cette période de prospérité, ce qui en fait un Prague en miniature. Le joyau de la ville est la cathédrale gothique Ste-Barbe, patronne des mineurs, bien entendu. Sa construction a duré cinq siècles, et elle abrite moults trésors, tel son plafond à voûtes d’ogives, une statue de la Vierge du XIVe s., des peintures Renaissance, et des fresques médiévales évoquant l’extraction minière et le battage de la monnaie. L’autre monument incontournable de la ville est Vlašský dvůr, un superbe ensemble de bâtiments du XIIIe s. transformé en résidence royale au XVe s. C’était l’hôtel de la monnaie royale, où l’on a commencé à battre les premières pièces dès l’époque de Venceslas II, qui y a mandaté des spécialistes venus de Florence, d’où son nom de « cour italienne ». Il abrite aujourd’hui un musée sur l’histoire de la monnaie en Europe, où l’on voit des pièces très anciennes, notamment des groschens (en français des « gros » d’une valeur de 12 deniers…), des gros tournois (encore une vieille pièce française), et un thaler du XVIe s. qui est à l’origine du mot dollar !

Château de Český Sternberk
Château de Český Sternberk
Château de Český Sternberk
Château de Český Sternberk
Vierge à l’Enfant, au château de Ceský Sternberk
Collection de pipes au château de Ceský Sternberk
Kristyne, guide au château de Ceský Sternberk
Kristyne, guide au château de Ceský Sternberk
Kutná Hora, Vlašský dvůr (hôtel de la Monnaie)
Kutna Hora, à l’hôtel de la Monnaie
Kutna Hora, à l’hôtel de la Monnaie
Kutna Hora, pierre avec du minerai d’argent, à l’hôtel de la Monnaie
Kutna Hora – Pièces anciennes à l’Hôtel de la Monnaie
Magasin de bijoux en argent, à Kutná Hora
Hana, guide à Kutna Hora

De l’argent ou de la bière ?

La ville compte aussi une ancienne mine d’argent et d’autres petits monuments urbains, telle que l’étonnante fontaine gothique de la place Rejskovo Náměstí, du XVe s. (1495), qui servit de réservoir d’eau potable jusqu’en 1890, car il était compliqué de creuser des puits dans un sol miné par les galeries. A voir aussi l’étrange « colonne de la peste », une gigantesque sculpture évoquant une épidémie de peste, et comportant évidemment des motifs de mineurs… Sur cette même place Sultysova se trouve un magasin de bijoux en argent, à voir si l’on ne veut pas revenir en France les mains vides… Car l’autre grande spécialité de la République tchèque, c’est la bière. Et c’est compliqué d’en ramener, surtout si l’on est venu en avion… Les Tchèques sont les plus gros buveurs de bière de la planète (devant les Allemands et les Australiens), ils en engloutissent en moyenne 168 l/an ! Ils en boivent tout le temps, à tous les repas (sauf au petit-déj, quoique…), c’est bien simple, ici la bière est surnommée le pain liquide ! Heureusement, cette tradition brassicole est aussi qualitative. Il faut dire qu’à part les grandes brasseries (la Pilsner Urquell ou la Budweiser, qui est bien meilleure que son insipide homonyme américain), chaque village ou presque a sa petite brasserie, et ce, depuis le Moyen Âge ! Beaucoup de restaurants brassent leur propre bière, bref, c’est dommage si vous n’aimez pas ça… Il y a bien quelques vignobles dans le pays, mais leur vin n’est pas fameux. L’autre breuvage très populaire est le Kofola, la version tchèque du Coca, bien meilleur à mon humble avis, car moins sucré et plus aromatisé aux plantes. Pour revenir à la bière, vous n’aurez que l’embarras du choix, et je n’ai pas passé assez de temps sur place pour pouvoir distinguer telle brasserie de telle autre. Je signale tout de même la très sympathique micro-brasserie de Malesov (un village situé non loin de Kutná Hora), où le brasseur Pavel Bartůněk, à l’allure de pirate, fait visiter volontiers ses installations. Et ses bières sont délicieuses !

Kutná Hora Fontaine gothique de Rejskovo Náměstí
Kutná Hora
Kutná Hora
Kutná Hora, Colonne de la Peste
Kutná Hora – Cathédrale Ste-Barbe
Kutná Hora – Cathédrale Ste-Barbe
Kutná Hora, Cathédrale Ste-Barbe
Kutná Hora, Cathédrale Ste-Barbe
Kutná Hora, Cathédrale Ste-Barbe
A Kutná Hora
Allée Barborska menant à la cathédrale
Kutná Hora – Cathédrale Ste-Barbe
Brasserie de Malesov
Pavel Bartůněk, à la brasserie de Malesov

L’os(car) du mauvais goût

Avant de quitter Kutná Hora, il faut rejoindre le quartier de Sedlec, pour voir trois attractions touristiques très différentes. Il y a d’abord l’église de l’Assomption, faisant partie d’une abbaye cistercienne du XIIe s., mais détruite pendant la Guerre de Trente Ans et rebâtie au XVIIe s. Son aspect extérieur ne donne pas envie d’y entrer, mais elle est très lumineuse et ses dimensions impressionnent. A voir à l’intérieur : un bel escalier en colimaçon (sans pilier central), un ostensoir en argent plaqué or (l’un des plus vieux du monde), et deux reliquaires assez « gore », des squelettes habillés et affublés d’un visage en plâtre… Dans le mode macabre, il y a mieux (ou pire…) : à 200 m de l’église, au cœur du cimetière du monastère cistercien, une chapelle souterraine a été décorée avec des ossements provenant des dizaines de milliers de morts de famine, de guerre ou d’épidémie, déterrés des fosses communes. Entassés pendant des siècles, ils ont été « mis en forme » au XVIIIe s. dans cet ossuaire par un « artiste » qui a utilisé les crânes et les os longs pour dessiner des croix, un blason, des lustres… Un art morbide censé évoquer la vie éternelle, qui est assez dérangeant. A chacun de se faire son opinion. On ne sait pas ce qu’ils ont fumé pour jouer au Lego avec des squelettes, mais l’ironie de l’Histoire a voulu que les bâtiments de l’ancien monastère aient été investis, sous l’ère communiste du pays, par la fabrique nationale de tabac… Cela appartient aujourd’hui au cigarettier Philip Morris (petit musée du tabac à visiter), et l’on se rend compte de l’étendue de cette usine du haut d’une tour accolée au restaurant Havířská Bouda, situé dans une forêt sur une colline voisine. Le haut de cette tour, entièrement vitré, est en fait un bar, et il est très agréable d’y prendre un café (ou une bière !) en contemplant les alentours à 360 °.     

Sedlec, Cathédrale de l’Assomption
Sedlec, Ostensoir à la cathédrale de l’Assomption
Escalier dans la cathédrale de l’Assomption, à Sedlec
Ossuaire de Sedlec
Ossuaire de Sedlec
Ossuaire de Sedlec
Ossuaire de Sedlec
Ossuaire de Sedlec