La Thaïlande en tourisme durable

Très loin des plages et des îles du sud dénaturées par le tourisme de masse, voici un itinéraire dans les provinces du Nord de l’ancienne Siam, privilégiant la »green attitude » et le tourisme durable. Une Thaïlande authentique qui ravira les amateurs de nature et de culture.

Chiang Mai, la capitale du nord

Chiang Mai est la seconde ville de la Thaïlande. Elle s’étend dans une vallée verdoyante au cœur du Lan Na, un ancien royaume nourri d’influences birmanes et laotiennes, qui a doté la ville de nombreux temples où s’expriment le meilleur de l’architecture et des arts thaïes. Tel le wat Chet Yod, un temple du XVème s. dont les murs sont sculptés de superbes bas-reliefs de divinités hindoues. Sous son banian sacré, des fidèles prient devant des autels surchargés de statuettes de serpent, l’animal totémique du temple… Après en avoir visité plusieurs, vous comprendrez le rôle important que tient le bouddhisme dans la société thaïlandaise, et vous aurez vu l’incroyable diversité dans leur décoration, parfois kitsch, souvent baroque, toujours fastueuse. Le soir, après une halte dans un salon de massage pour harmoniser vos chakras et soulager vos courbatures, faites un tour au centre-ville pour goûter la « street-food » locale, telle que la soupe Tom Yum à la citronnelle (assez épicée), le pad thaï (nouilles de riz sautées aux crevettes) ou un curry au lait de coco… 

Trek dans la jungle

A 1 h de route de Chiang Mai, la capitale du nord, le parc national Doi Inthanon porte le nom du plus haut sommet du pays, qui culmine au-dessus des forêts de mousson à 2565 m d’altitude. C’est évidemment très humide, et de spectaculaires cascades grondent dans les replis d’un relief vigoureux. Mae Ya est la plus haute chute d’eau du parc, son voile blanc recouvre 250 m de rochers, et forme à ses pieds un brumisateur géant, très agréable en atténuant la chaleur ambiante. La marche d’approche permet d’admirer des orchidées épiphytes, poussant aux creux moussus des arbres, tandis que l’air est parfois zébré par l’éclair bleu d’un martin-pêcheur. Un guide local vous devancera dans la jungle, en s’arrêtant pour vous montrer ce qu’un œil non averti ne saurait déceler – un coléoptère gros comme la main, une plante carnivore, un papillon aux ailes comme un tableau – et pour décrypter les cris d’animaux émergeant de la canopée ou des taillis impénétrables… L’observation directe est rarement possible, mais savoir que des éléphants, des gibbons et des tigres vivent dans cette jungle, procure de vrais frissons d’aventure ! Le parc national de Mae Charim est lui à 1 h de route de la ville de Nan. Il est traversé par la rivière Wa, dont les rapides permettent de faire de belles descentes en rafting. Une autre façon de traverser ces magnifiques forêts aux milles nuances de vert, sous le regard intrigué des singes dans les frondaisons des arbres, et celui amusé des pêcheurs sur les rives…

Rencontres autochtones

Le principal intérêt de voyager hors des sentiers battus du tourisme, c’est de rencontrer des communautés autochtones aux us et coutumes préservées, sans être considéré comme un porte-monnaie à deux jambes. Dans les villages de montagne du nord de la Thaïlande vivent des Akhas, des Hmongs ou des Karens, dont le mode de vie n’a guère changé depuis des siècles, téléphone portable et télévision mis à part… Vivant dans des cases en tek sur pilotis, certains portent un costume traditionnel en coton, tissé et brodé de couleurs chatoyantes, et ne demandent en général pas d’argent si l’on souhaite les photographier. Au contraire des femmes-girafes Padaung, qui vivent dans des villages frontaliers avec la Birmanie, et qui monnayent l’image de leur cou déformé par des anneaux en laiton… Je ne les juge pas de fonctionner ainsi, je condamne plutôt les touristes qui achètent l’image de leur difformité… Je sais bien que pour cette minorité ethnique, c’est un critère esthétique ou une identité culturelle, mais cette « coutume » fait souffrir des femmes, dès l’âge de 5 ans. Pour information, en 2008, le HCR (Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés) a encouragé le boycott par les touristes des villages Kayans (ou Padaung), considérant que les femmes y sont exhibées comme dans un « zoo humain ».  A l’inverse, les villageois que j’ai rencontrés dans mon voyage hors des sentiers battus du tourisme, se montrent touchés par l’intérêt que leur porte le visiteur étranger, et ils acceptent donc de se faire prendre en photo avec un plaisir évident. Ainsi, à Ban Sobhad, un village entouré de rizières dans le parc Doi Inthanon, la tisseuse était visiblement ravie devant l’objectif, et son sourire arc-en-ciel s’harmonisait avec les couleurs de ses cotonnades… Et en plus, son sens inné de l’hospitalité lui a même commandé de nous offrir un thé ou un café ! Parfois, l’accueil est organisé, comme à Samkha, une sorte de village « modèle » qui vit en autosuffisance et qui protège sa forêt de la culture sur brûlis. Nunok, une jeune femme Karen parlant anglais, reçoit de petits groupes chez elle, et explique autour d’un savoureux repas préparé par sa tante, comment la reforestation et la construction de digues ont amélioré leurs récoltes de riz, d’ail et de piment. Assis en cercle sur une natte autour d’un assortiment de plats, chacun trempe des petites boulettes de riz gluant dans les sauces proposées, tout en bombardant Nunok de questions. Alors que son cousin (un jeune bonze) s’est mis à l’écart pour consulter discrètement son smartphone, Nunok résume les principales restrictions auxquelles doivent se plier les moines bouddhistes (il y en a 227 !), et nous explique pourquoi un jeune homme (ou une jeune femme, il y a des nonnes habillées de blanc qui servent dans les temples), accepte ces règles contraignantes dans la société contemporaine…  Un bel exemple de tourisme durable... Dans le même ordre d’idée, je citerai l’exemple du « Royal Project » du parc Doi Inthanon, situé à côté du village de Klunklang : dans le but d’inciter les tribus montagnardes à ne pas pratiquer la culture sur brûlis (ce qui aggrave la déforestation), ni la culture d’opium, le gouvernement thaïlandais a formé ces villageois à des techniques d’agriculture modernes et respectueuses de l’environnement, tout en leur fournissant l’équipement et les outils pour le faire. Le site est splendide et se visite, le tourisme étant une composante du projet, car une partie de ce qui est produit sur place est cuisiné et servi dans un restaurant sur pilotis surplombant les cultures ! C’est génial comme idée, et à la satisfaction de voir la population travailler dans des serres de culture hydroponiques, des champs de fraises ou de salade, ou dans une ferme piscicole, s’ajoute le plaisir de retrouver tous ces produits dans son assiette. On ne peut pas manger plus local, avec des saveurs thaïe épicées, c’est un régal, et en plus tout est bio !   

THAÏLANDE – Parc national Doi Inthanon Petite fille devant un champ de fraises bio

De fabuleux temples bouddhistes

La religion tient une place capitale dans la vie des Thaïlandais. Le bouddhisme, teinté d’animisme dans les tribus du nord, régit la vie de tous les jours. Devant chaque maison ou commerce, les gens se recueillent en joignant les mains près du menton devant de petits autels chargés d’offrandes aux esprits. Dans chaque région, les temples (wat) reflètent l’architecture et le style décoratif des civilisations qui les ont influencées : l’Inde du sud au wat Chet Yod de Chiang Mai ; la Birmanie au wat Si Rong Muang de Lampang, rouge et or jusque sur ses toitures étagées, surchargé de dorures, de verres colorés et d’innombrables statues de bouddhas au regard bienveillant, sur lesquelles les gens pieux collent de petites feuilles d’or… Le wat Phumin de Nan abrite des peintures murales extraordinaires, véritables BD racontant la vie de Bouddha. Une fresque est particulièrement célèbre, celle de ce couple d’amoureux coiffés et habillés à la mode thaïe Lue, où un homme tatoué susurre des mots doux à l’oreille d’une femme au sourire complice, qui lui effleure le genou. Cette scène osée pour l’époque, reprise par tous les peintres et illustrateurs du pays, montre le vrai visage de la Thaïlande : une civilisation raffinée et délicate, à mille lieues des turpitudes de Pattaya ou de Phuket…

THAÏLANDE – Nan Jeune bonze du wat Phra That Khao Noi

Prolongation balnéaire au sud de Bangkok

Pour ceux qui ne conçoivent pas de voyage en Asie sans profiter tant soit peu des plaisirs balnéaires, la Thaïlande du sud offre l’embarras du choix. Mais sans descendre jusqu’à Phuket, il est possible de s’arrêter à Hua Hin, une grande station balnéaire un peu chic, pas trop éloignée de Bangkok, fréquentée par le gratin de la capitale. Vous y trouverez de bons hôtels, des restaurants spécialisés en fruits de mer, installés sur la plage, et toute la palette habituelle d’activités nautiques… Les plages ne sont pas à tomber à la renverse, c’est pourquoi vous en profiterez pour faire quelques excursions sympas. Par exemple faire un safari au parc naturel national de Kuiburi. On s’installe à l’arrière d’un 4×4, qui sillonne à faible vitesse des pistes jalonnées de postes d’observation. Il pleuvait à verse pendant mon safari, mais nous avons quand même pu observer une troupe d’éléphants qui se baignaient dans une mare. Voir ces pachydermes insouciants dans leur élément naturel, s’aspergeant et prenant un plaisir visible à leur bain, c’est tout de même autre chose que de voir des éléphants piétiner dans un zoo, ou dressés à balader des touristes, quand ils ne sont pas asservis aux rudes travaux de débardage en tirant de lourdes grumes de bois… De plus, l’argent dépensé dans cette réserve revient intégralement aux paysans du coin, puisque ce sont eux les chauffeurs et les guides du safari ! Encore un bel exemple de tourisme durable. Par contre, je déconseille le Khao Deng canal boat trip, une excursion proposée dans tous les hôtels, consistant à faire un tour de bateau sur des canaux marécageux. Le cadre est superbe, avec ces falaises karstiques bordant la mangrove, mais le moteur pétaradant est si bruyant (et polluant !) qu’il gâche tout le plaisir de la balade, en plus de faire fuir toute la faune… Quand on pense qu’il suffirait d’un moteur électrique pour transformer cet attrape-touriste en balade merveilleuse… Enfin, il nous a été signalé, dans la région, une excursion à faire absolument, que je n’ai malheureusement pas eu le temps de faire : il s’agit de la grotte Phraya Nakhon, le joyau du parc national de Sam Roi Yot. Accessible à pieds après un petit trek, la grotte abrite une modeste construction érigée sur un tertre, un petit pavillon royal construit en 1890 à l’occasion de la visite du roi Rama V. Si votre guide a bien calculé son coup, vous devrez arriver au moment où les rayons de soleil éclairent quasi miraculeusement ce temple en passant par une ouverture au sommet de la grotte, et en le nimbant de lumière : il paraît que c’est magique ! (Je joins une photo prise sur google images…)

Mon voyage pratique

Y aller : La Thaï Airways a un vol direct quotidien Paris-Bangkok en A380, à partir de 839 € A/R. https://www.thaiairways.com/fr_FR/index.page?gclid=EAIaIQobChMIxafNiM6V3wIVTLvtCh0jVwo3EAAYASAAEgKpEPD_BwE

Voyagiste : Grâce à son réceptif local très réactif, Evaneos vous concoctera un itinéraire sur mesure en Thaïlande du nord, à partir de 900 €/p pour 7 nuits en B&B. www.evaneos.fr

Séjourner :

Au Rati Lanna de Chiang Mai, un somptueux 4* « éco-friendly », situé au bord de la rivière Ping. A partir de 250 €/ch en B&B.

THAÏLANDE – Chiang Mai Hôtel Rati Lanna Riverside

Coup de cœur pour le très « roots »  Giant Bamboo Hut, une maison tout en bambou en forme de bateau, au charme fou, au milieu des rizières de Doi Inthanon. Compter environ 80 € la nuit pour 2 en pension complète. Réservation sur Facebook.  https://www.facebook.com/Giant-Bamboo-Hut-356513381353632/

Nan Seasons boutique resort : 7 villas en tek noyées dans la verdure, surplombant les rizières. A partir de 70 €/ch en B&B.

Evason Hua Hin : situé à Pranburi, à l’écart de l’animation de Hua Hin, magnifique 5 * aux chambres spacieuses, donnant dans un jardin tropical. Idéal pour une cure de bien-être, grâce à la zénitude de sa piscine, et surtout grâce à son spa The Six Senses, l’un des plus réputés de Thaïlande. A partir de 250 €/ch double en B&B. 

THAÏLANDE – Pranburi A l’hôtel Evason

Onusa retreat, au sud de Hua Hin : superbes villas en tek abritées dans un jardin tropical, à deux pas de la mer. Le proprio est un australien qui s’appelle…Gary Cooper ! A partir de 150 €/ch en B&B.

Se restaurer :

Huean Hom, à Nan : juste à côté du wat Phumin, restaurant à la clientèle exclusivement thaïe, qui fait un délicieux khao soï, le plat du nord emblématique, avec des nouilles de blé au bouillon de coco, des épices et de la viande. Pas cher du tout…

Let’s SeaBeach, à Hua Hin : jolie terrasse vue mer pour ce restaurant de poissons à la cuisine raffinée. Compter 30 €/p.

Bien-être : Oasis Spa (Sam Lan Road), à Chiang Maï : un havre de paix et de douceur au cœur du bruyant centre-ville. Le traditionnel massage thaï de 2 h est à seulement 45 € !

THAÏLANDE – Nan

Se renseigner : http://www.tourismethaifr.com  

Mayotte, l’île aux parfums

Le 101ème département français est une destination touristique injustement méconnue, qui a tout pour séduire les métropolitains avides de soleil, d’exotisme et de sécurité. On y va en famille pour découvrir sa faune et sa flore étonnante, et pour profiter de ses plages de rêve aux doux effluves de vanille et d’ylang-ylang…

MAYOTTEBaie de Acoua
MAYOTTE Baie de Acoua

 

« Caribou » ! C’est ainsi qu’on est accueilli à l’aéroport de Dzaoudzi, et il ne faut pas s’en formaliser ni croire qu’après un long voyage, on a une tête d’ongulé nord-américain… Caribou, cela signifie bienvenue dans cette petite île nichée dans la partie orientale de l’archipel des Comores, devenue, le 31 mars 2011, département français d’outre-mer. L’aéroport étant situé à Petite-Terre, une île de 16 km² où se sont implantés les premiers colons, une grande barge la relie toutes les 30 ‘ à l’île principale, la Grande Terre. Mamoudzou, la capitale, est une ville administrative surpeuplée qui n’a guère d’intérêt. On flânera dans le quartier des belles maisons coloniales aux jardins débordant de bougainvillées, et à la descente de la barge, on fera un tour au marché pour se régaler de mangues ou de petites bananes délicieusement parfumées. Attention, les photos ne sont pas toujours les bienvenues. 95 % de la population est musulmane, et si vous ne demandez pas l’autorisation, vous risquez de vous faire sévèrement houspiller par des bouenis, des mamas au tempérament aussi vif que les couleurs de leur pagne…

C’est ce qu’expliquera votre guide ou le chauffeur de taxi sur la route qui vous mènera à votre hôtel. Les Mahorais pratiquent donc la religion musulmane, mais tout en intégrant un animisme proche des Tamouls. Il y a une forte influence culturelle malgache et indienne, d’ailleurs 40 % des Mahorais proviennent de Madagascar, la grande île voisine. Ici, le métissage intense se lit sur les visages, qui trahissent un mélange harmonieux entre des origines d’Afrique centrale ou de l’Est, du Moyen Orient, d’Europe ou d’Asie. D’un point de vue géographique, cet ancien volcan sans volcan est protégé par deux barrières de corail, ce qui fait de Mayotte l’un des plus grands lagons fermés du monde. La faune et la flore sont assez bien préservées, et l’île abrite de nombreuses espèces végétales ou animales endémiques, tels que le baobab ou le souïmanga, un petit oiseau proche du colibri. Au Jardin Maoré, l’une des meilleurs adresses hôtelières de Mayotte, occupant le bout d’une péninsule au sud de l’île, vous aurez aussi de grandes chances de pouvoir observer des tortues marines. En effet, sa plage est un lieu de ponte pour ces merveilleux animaux, et l’herbier qui descend en pente douce sert de pâturage aux tortues vertes et aux tortues imbriquées. Comme elles sont placides, vous pourrez les côtoyer sans crainte en ayant pied ou en nageant avec palmes, masque et tuba. De plus, l’hôtel organise des sorties en mer, avec ou sans plongée, lors desquelles il n’est pas rare de croiser la route d’une des six espèces de dauphins fréquentant le lagon, ou, entre juillet et octobre, des baleines à bosses de 30 tonnes, avec ou sans leurs baleineaux… En cette saison, nombreux sont ceux qui croient voir le panache de vapeur projeté par ces mégaptères. C’est souvent faux ! En fait, il se trouve que la barrière de corail du lagon est assez éloignée des côtes, et les déferlantes qui s’y écrasent provoquent des franges écumeuses à l’horizon, ressemblant fort à ces respirations de cétacés… Cerise sur le gâteau, ou plutôt meringue sur le lagon, le bateau accoste en général sur l’îlot de sable blanc (c’est son nom), un banc de brisures de corail formé par les courants. Totalement désert et vierge, cet îlot sert de robinsonnade aux touristes ravis, autant éblouis par la couleur irréelle du lagon, que par la blancheur immaculée du substrat corallien.

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Le tour de l’île fait environ 175 km, il peut être fait en 2 jours. Parmi les excursions à ne pas manquer, il y a l’écomusée de Bandrélé. Ce petit musée du sel met en valeur le travail des « mamas shingos » (mamans du sel en mahorais). Ces femmes mettent en œuvre ici une technique unique de production de sel à partir de limon, une activité ancestrale d’origine bantou, transmise de génération en génération… Les mamas ne parlent pas trop français, mais des panneaux explicatifs viennent pallier les difficultés de communication… Les petits paquets de sel vendus à la boutique permettent à l’association de perdurer son action sociale, et c’est une bonne idée de cadeau ! Non loin de là, à Bambo Est, faites un arrêt à la Musicale plage, non pour écouter quelque groupe folklorique, mais pour voir l’un des plus gros baobabs de l’île : il faudrait une trentaine de personnes pour faire le tour de sa circonférence en se donnant la main ! Le centre et le nord de l’île sont verdoyants, on peut y faire des randonnées pédestres d’1/2 journée à 2 journées avec bivouac, accompagnées d’un guide, bien sûr. Il vous expliquera tous les secrets de la brousse et les utilisations des plantes dans la pharmacopée traditionnelle. Chemin faisant, vous rencontrerez certainement des groupes de makis, ces lémuriens au poil roux qui délaissent volontiers la recherche de fruits dans la forêt pour profiter des petites bananes que leur lancent des touristes au grand cœur. Ce qu’il ne faut pas faire, bien sûr, afin qu’ils conservent leur mode de vie forestier. Trop nombreux sont ceux qui ont renoncé à la vie sauvage, car certains hôtels ont comme pensionnaires ces facétieuses petites boules de poil, toujours promptes à sauter sur une table ou sur une épaule, s’il y a une friandise ou un fruit à glaner… Vous visiterez sans doute une petite unité de distillation de l’ylang-ylang, cet arbuste aux branches tortueuses et aux délicates fleurs blanches, dont le parfum envoûtant a une note déterminante dans le bouquet de certains parfums de Chanel ou de Guerlain… Vous ne verrez probablement pas la récolte des fleurs, car celle-ci se fait exclusivement le matin, de 5h30 à 9h. Les femmes cueillent les fleurs fraîches une à une, et elles partent tout de suite à la distillation, pour conserver au maximum leur puissance aromatique.

Des traditions intactes

Bien qu’il soit possible de visiter l’île en liberté (les routes sont correctes, et les principaux itinéraires sont côtiers), il est conseillé d’avoir un guide à ses côtés, afin de ne pas passer à côté d’une des richesses de Mayotte : ses particularismes culturels. Par exemple, vous ne remarquerez pas forcément, à la sortie des villages, ces petites cases décorées de peintures, de dessins ou de tags : votre guide vous expliquera que ce sont des bangas, des garçonnières dans lesquelles les garçons s’émancipent à l’adolescence, en y amenant leurs premières copines… Il pourra vous présenter aussi à un fundi (« celui qui sait ») , en général un vieil homme expert dans son domaine, mi-sorcier, mi-guérisseur… Il vous racontera comment se déroulent ici le mariage, très importante cérémonie qui dure 3 semaines, qui demande des mois de préparation et des années d’économie… Les femmes mahoraises sont expertes en soins de beauté. Très souvent, elles protègent la peau de leur visage de brûlures du soleil et des insectes en appliquant un masque blanc ou jaune, le tzinzano, fait à partir de bois de santal râpé et/ou de kaolin. Il est parfois additionné d’autres produits naturels selon l’effet recherché : avec de l’avocat pour éclaircir la peau, ou de l’huile de sésame pour son action anti-âge. Et lors des cérémonie, ou tout simplement pour paraître belle, le visage est peint de motifs astronomiques, floraux, géométriques, qui parent les joues et le front. Pour tout savoir sur cet art du maquillage traditionnel, il faut aller voir Taambati. Cette mama mahoraise tient table et chambre d’hôtes à Bouéni (Au Santal Logis), et c’est une figure locale incontournable. Très investie dans le développement de Mayotte, elle a créé l’association  » Ouzouri wa m’troumche  » qui veut dire  » la beauté de la femme « . En plus d’être une cuisinière hors pair, et d’avoir toujours le sourire, c’est une maquilleuse et masseuse professionnelle qui adore faire partager ses petits secrets de beauté aux voyageuses. Après avoir râpé du bois de santal, et étalé sur une feuille de bananier des fleurs de jasmin, d’ylang-ylang, des pétales de rose, du patchouli, du mimosa et du lait de coco, elle prépare devant vous ses potions et onguents dont elle se sert pour vous prodiguer des massages ou vous faire un véritable masque de beauté mahorais ! Et comme un bonheur ne vient jamais seul, vous pourrez après déguster le pilao, le plat national, une sorte de couscous à base de riz, ou du poisson cru mariné, ou un poulet coco… Si cela vous plaît, Taambati propose aussi des ateliers cuisine !

 

Pratique

Y aller : Corsair et Air Austral proposent des vols directs avec la métropole.

Sur place : Baobab Tour est la meilleure agence réceptive de l’île. Son responsable mahorais, Attoumani, est un ancien guide, et connaît l’île et ses sentiers comme sa poche. Baobab Tour

Séjourner :

* Le Jardin Maoré, à la Pointe N’Gouja : des bungalows confortables dans un jardin tropical, tout près de la plage, flanquée de baobabs centenaires. Le soir, une association naturaliste présente à la clientèle des conférences sur les tortues marines, qui viennent pondre directement sur la plage.  Jardin Maoré

* Le Sakouli, à Bandrélé : vastes bungalows climatisés face au lagon. Superbe piscine à débordement, jacuzzi, et son restaurant est l’une des meilleurs tables de l’île. Sakouli

* Le Santal Logis, à Bouéni : 5 chambres d’hôtes très propres mais au confort sommaire. On y va pour Taambati ! Moins de 30€/p en 1/2 pension. Tél : 02 69 62 60 13

Se renseignerMayotte tourisme

 

Retournons à Saint-Martin !

Plus d’un an après avoir été dévastée par l’ouragan Irma, cette île des Caraïbes a pansé ses plaies et accueille à nouveau les vacanciers dans de bonnes conditions. C’est le moment d’y aller pour encourager les prestataires qui sont restés, et qui ont investi dans la rénovation de leurs hôtels ou restaurants. L’île est redevenue une destination idéale à cette période de l’année ; en effet, vous pourrez profiter de ses superbes plages et de sa gastronomie réputée, tout en faisant vos achats de Noël, puisque c’est une île duty-free !

SAINT-MARTINPlage le long de la côte occidentale
SAINT-MARTIN Plage le long de la côte occidentale

Située au nord de l’arc antillais, Saint-Martin est une petite île assez vallonnée, au littoral ourlé de magnifiques plages de sable corallien, baignées par des eaux turquoises à 28 °C, et ombragées par des cocotiers balançant mollement leurs longues palmes sous les alizés. Bref, une île de rêve, comme Anguilla ou Saint-Barthélémy, ses voisines… L’île est partagée entre deux nations, la France et la Hollande : au sud de l’île, appartenant aux Antilles néerlandaises, on parle l’anglais ou le néerlandais, et la monnaie est officiellement le florin ; au nord, la partie francophone est une Collectivité d’Outre-Mer, et la monnaie est en principe l’euro. Mais en réalité, tous les locaux parlent anglais, et le dollar est la principale monnaie partout !

Durement frappée par l’ouragan Irma, l’île s’est en partie reconstruite, même si l’on voit çà et là les stigmates du désastre. En tous cas, la moitié environ des hôtels ont déjà rouverts leurs portes, certains entièrement rénovés, et les plages de rêve sont toujours là, déroulant leur tapis chaud et moelleux sous les douces vaguelettes d’une mer Caraïbes limpide dans laquelle on se sent aussi bien que dans un liquide amniotique… Dans ce cadre idyllique, un cocktail à la main, on a peine à imaginer que cet éden ait pu connaître un jour l’enfer…

SAINT-MARTINHôtel Radisson Plage de l'Anse Marcel, où se situe l'hôtel
SAINT-MARTIN Plage de l’Anse Marcel

 

A chacun sa plage de rêve

Fait rare sur une si petite île (comme l’île de Ré), Saint-Martin compte une trentaine de plages de sable blanc. L’Anse Marcel est une vaste baie bien abritée, mais ses plages sont réservés aux deux hôtels très haut de gamme qui sont actuellement en rénovation. Pour avoir un peu de tranquillité, vous irez à l’Anse Heureuse, une adorable petite plage quasi déserte, accessible en 10 minutes de marche depuis Grand-Case. La baie Orientale était un peu le St-Trop’ local, avec ses complexes hôteliers et ses paillotes de plage ; c’est là où venait bronzer la jet-set, avec une belle offre de sports nautiques. C’est beaucoup plus calme, les people se sont rabattus sur Saint-Barth’ car l’ouragan a tout rasé… Au moins, la baie a gagné en naturel ce qu’elle a perdu en animation. Les restaurants de plage se reconstruisent un peu plus en retrait (et en béton !), tel le Bikini Beach, très agréable avec sa terrasse en bois et ses transats ombragés de parasols vert pomme. Plus familiale, la plage de l’îlot Pinel, accessible en ferry depuis Cul-de-Sac, est une étonnante langue de sable qui s’étire en pente si douce qu’on la croirait posée sur un lagon. Ses deux restaurants ont été reconstruits, permettant de siroter un mojito ou déguster une langouste grillée entre deux séances de snorkeling… Pour vraiment s’isoler, il faut se rendre sur l’îlot Tintamarre, qui, comme son nom ne l’indique pas, est très calme car totalement inhabité. Inclus dans une réserve marine, ses fonds sont superbes, et ils ont été totalement épargnés par l’ouragan. A noter, pour les amateurs de sensations fortes, le carré de plage situé au bout de la piste d’atterrissage, du côté hollandais. Certains avions passent si près qu’on est fouetté par le souffle des réacteurs. Apparemment certains aiment ça, puisqu’il y a toujours du monde pour hurler de joie à chaque passage d’avion, en respirant à grands poumons des rafales de kérosène…

 

Une île duty-free

 L’île étant exemptée de taxes, St-Martin est comme un duty-free géant ! Si vous allez à Marigot, la capitale de la partie française, vous pourrez faire du lèche-vitrines devant les boutiques de mode de la rue Kennedy, avec ses ateliers de peintres et ses galeries d’art (celles qui n’ont pas fermé…). Juste à côté, s’étend le long du front de mer le plus grand marché de l’île. Il regorge d’épices, de tissus madras, et de très jolis objets artisanaux en bois, pierre volcanique, corne, écaille de tortue… Au West Indies Mall, un petit centre commercial situé à deux pas, vous trouverez chez Vanity First ou l’Occitane vos produits de beauté et parfums préférés. Il y a même une boutique Lacoste. Et tout est 10 à 40 % moins cher qu’en métropole ! Du côté hollandais, c’est à Philipsburg qu’il faut aller, pour flâner sur Beach Street, où se serrent les bijouteries, magasins d’équipement électronique, grandes enseignes de mode… En marchandant un certain temps (les vendeurs, la plupart indiens, sont coriaces !), vous arrivez à obtenir des prix très intéressants, surtout en payant en dollars. Attention, on est censé déclarer ces achats en douane en rentrant en France.

De grandes tables sous les cocotiers

Autre atout de Saint-Martin : c’est la capitale gastronomique des Caraïbes. Certes, il y a moins de restaurants qu’avant Irma. Mais les produits frais arrivent toujours quotidiennement de Rungis ou des USA, et permettent de réaliser des recettes d’inspiration française,  agrémentées d’épices locales. Alors que certains chefs récitent leur partition sur les pianos des grands hôtels, d’autres préfèrent opérer à Grand-Case, un charmant village lové le long d’une jolie plage, où l’on assiste à de fabuleux couchers de soleil. Cette zone a été particulièrement frappée par l’ouragan, de nombreux restaurants ont fermé, mais il en reste assez pour satisfaire les gastronomes les plus exigeants. Le Pressoir et le Barranco sont deux restaurants gastronomiques, mais il y en a pour tous les budgets, surtout si l’on s’attable devant un « lolo », gargote locale proposant des acras, des grillades de poisson, de lambis, ou des crabes farcis. Cerise sur le gâteau (de patate douce), l’addition est moins salée que l’eau de mer devant laquelle vous dînerez… En effet, même si les prix paraissent élevés, les restaurateurs acceptent la règle de parité entre l’euro et le dollar, ce qui est avantageux si vous payez en dollars : par exemple, un menu à 50 € ne vous reviendra en fait qu’à 45 €, si vous payez 50 $…. Cela paiera la bière que vous prendrez en sortant du resto dans un bar musical, où vous danserez la salsa et le zouk sur la plage !

SAINT-MARTINHôtel Radisson Plage de l'Anse Marcel, où se situe l'hôtel
SAINT-MARTIN Plage de l’Anse Marcel

Pratique

Y aller : 1 vol quotidien par Air France, et 3 vols par semaine par Air Caraïbes.

Durée du vol : environ 8 h

Décalage horaire : – 5 h

Climat : chaud et ensoleillé toute l’année, avec parfois quelques douches tropicales.

Se loger

  • Le Mercure Marina & Spa (3*) : situé sur une belle plage à 5 minutes de Marigot, cet hôtel de style créole est en train de monter en gamme. A la fin des travaux, ce sera un 4*…
  • Couleur Café : tout le charme des cases créoles dans ces chambres d’hôtes couleur locale, bien situées à 5 min de la baie d’Orient et de l’embarcadère pour l’îlet Pinel. A partir de 616 $ la semaine pour 2 p. Réservation sur Facebook.
  • La Plantation : des villas colorées de style colonial et des studios équipés (40 m²), dotés de terrasse dominant la baie Orientale. A partir de 277 €/nuit pour 2 en B&B en haute saison. http://www.la-plantation.com/
  • Locations : on peut trouver des studios en appartements ou bungalows, en bord de mer, à partir de 400 € la semaine. Réserver sur : www.abritel.fr ou www.iha.fr

Bonnes tables

Le Pressoir, à Grand-Case : authentique case créole de 1871 (reconstruite après Irma), où l’on déguste les mets les plus fins dans une ambiance intime. Compter 50 €/p (60 € avec la langouste). http://www.lepressoirsxm.com/?lang=fr

Sol e Luna, à Mont Vernon, sur les hauteurs de la Baie Orientale : à l’heure actuelle, la meilleure table de l’île. Compter environ 70 € le menu gastronomique, sans le vin… http://solelunarestaurant.com/

Se renseigner

https://www.st-martin.org/fr/

SAINT-MARTINHôtel Radisson La plus grande piscine des Antilles
SAINT-MARTIN L’ex-Radisson avait la plus grande piscine des Antilles

 

Nota-bene : Toutes les informations ci-dessus ont été vérifiées en novembre 2018, et mon texte original a été mis à jour en tenant compte du passage d’Irma. Les photos ont été faites avant l’ouragan, il est possible que certaines ne correspondent pas exactement à la réalité, mais n’ayez aucune crainte, les plages sont toujours aussi belles, à Saint-Martin ! Et la photo de l’avion à l’atterrissage a été « piquée » sur le site de l’office du tourisme, car je n’ai pas pu la faire sur place, et elle est assez spectaculaire…

L’ananas Victoria de La Réunion

Connaissez-vous cette variété d’ananas de petite taille, très sucré, juteux et parfumé, qui porte le nom de la reine Victoria ? Si la réponse est non, cet article va répondre à toutes les questions que vous vous posez sur ce fruit méconnu, qui est pourtant considéré par les grands chefs comme le meilleur du monde !

Ananas Victoria de La Réunion
L’ananas Victoria de LA REUNION A la maison de l’ananas, au Tampon, chez Bertrand Bègue Champ d’ananas mûrs

Le Tampon, île de La Réunion, 7 h du matin. Il fait déjà chaud, ce matin ensoleillé de décembre, en plein champ d’ananas de la plaine des Cafres. Sous son chapeau de cowboy, Bertrand Bègue inspecte ses rangées de plants d’ananas, afin de déterminer si les fruits sont mûrs. Muni de gants de caoutchouc qui remontent jusqu’au coude (car les longues feuilles aux bords dentelés sont coupantes) et d’une machette bien affûtée, il coupe d’un geste sûr ceux qui ont atteint le degré de maturité souhaité, et les dépose délicatement dans des cagettes. Cela fait déjà une heure qu’il est au travail, et en guise de petit déjeuner, il épluche un ananas avec une virtuosité stupéfiante, en découpant des lanières circulaires pour ôter les yeux du fruit. Puis, le tenant par sa couronne de feuilles, il croque dans la pulpe à pleines dents avec un plaisir non dissimulé : « Lé bon l’ananas tout frais, c’est meilleur qu’un gâteau pour moi ! » En 2 secondes il est avalé, car le cœur de l’ananas Victoria, très tendre, se mange aussi, contrairement à celui des gros ananas que l’on trouve en métropole dans les supermarchés, en provenance de Côte d’Ivoire ou d’Amérique Centrale. Au fait, d’où vient l’ananas ?

 

Originaire d’Amérique du sud, l’ananas fut introduit en Europe au XVème siècle par Christophe Colomb, qui ramena ce fruit sauvage de Guadeloupe.  Louis XIV essaya, sans beaucoup de succès, d’en faire cultiver dans les serres du château de Choisy-le-Roi, et décida de faire les premières mises en cultures en 1606 sur l’île Maurice. La plante s’acclimata très bien à l’Océan indien, et fut introduite sur l’île de La Réunion en 1668. Là, sur les basses pentes fertiles du Piton de la Fournaise, l’ananas Victoria trouva sa terre promise. Aujourd’hui, on trouve des parcelles un peu partout dans l’île, depuis le littoral jusque dans les Hauts. Mais toujours à moins de 1000 m d’altitude, la température jouant sur la croissance végétative de l’ananas : plus il est cultivé dans les hauts, plus ce cycle est long. Aussi, pour être rentables, les cultures d’ananas doivent être situées relativement bas, et n’être ni trop exposées aux pluies, ni à la sécheresse. Exactement comme les terres de Guy Ethève, autre cultivateur qui est aussi directeur de SCA fruits de La Réunion, la plus grande coopérative de l’île. Il explique le cycle végétatif de la plante :  » Entre la plantation et la récolte, il faut entre 15 et 18 mois selon les conditions climatiques. 10 mois pour faire pousser la plante jusqu’à la floraison, et 6 mois pour faire pousser l’ananas de la fleur au fruit mûr. En général, le cycle naturel consiste à laisser le froid d’hiver « stresser » la plante pour qu’elle fleurisse et donne des fruits bien mûrs en été (donc l’hiver pour la métropole). Mais il est possible de « forcer » cette floraison avec une hormone de synthèse, afin d’avoir des ananas à récolter de juin à septembre. Bien entendu, ces fruits seront moins sucrés que ceux récoltés de décembre à mars… » Ce que confirme Bertrand Bègue : « Les bons ‘zananas’, ils prennent le temps de mûrir, 18 mois ici à 950 m d’altitude, contre 12 mois au bord de la mer : cela leur donne le temps de se gorger de parfums et de sucre ! »

Une fois l’ananas cueilli à la main, on prélève à son pied des rejets que l’on replante sur terre bâchée. Puis chaque pied est arraché et broyé, et sert à enrichir la terre qu’on laisse en général reposer une ou deux saisons avant de la replanter en ananas. Bon an, mal an, 12 000 t d’ananas Victoria sont produits chaque année à La Réunion, dont environ 2000 t partent à l’exportation. Une partie seulement de ces « ananas-avion » bénéficie du Label Rouge, garantissant un mode de culture traditionnel (sans forçage de la floraison), et un fruit parfait au niveau de la forme comme du goût. Guy Ethève ajoute :  « Mais Label Rouge ou pas, tous nos ananas restent sains et ne sont traités qu’avec un seul produit, l’Aliette, destiné à lutter contre un champignon qui peut piquer de noir la chair du fruit ». Heureusement, l’ananas n’a pas d’autres ravageurs. Sous le chaud soleil réunionnais, chaque fruit d’or peut donc se charger de vitamines C, A, B1 et de broméline, une enzyme qui facilite la digestion. Comme le dit Bertrand : « l’ananas a une couronne sur la tête, car c’est le roi des fruits ! »

Ananas Victoria de La Réunion
L’ananas Victoria de LA REUNION

Comment le choisir et le préparer ?

A priori, les ananas Victoria de La Réunion sont tous bons, surtout s’ils portent le Label Rouge. Mais lors du choix, fiez-vous à son parfum, d’autant plus présent que le fruit est sucré.

Pour sa conservation, sa saveur risque de pâtir d’un long séjour dans un réfrigérateur. Il est conseillé de le garder 2 jours à température ambiante. Un ananas entamé doit cependant être gardé au frais et protégé par un film alimentaire.

En cuisine, l’ananas Victoria s’accommode de plusieurs façons : en carpaccio, à mariner dans un sirop vanillé ; en chips au four ou en chutney pour accompagner un foie gras. Cuit, il fait merveille avec du canard, un filet mignon, ou du fromage de chèvre. Flambé au rhum, c’est divin. Pressé avec une centrifugeuse, son jus est délicieux, et entre dans la composition de nombreux cocktails : rhum arrangé, punch, planteur, piña colada… Coupé en petits morceaux, il peut agrémenter des salades, sans parler des nombreux desserts, glaces ou confitures.

Astuce : l’ananas doit être employé de façon avisé en pâtisserie, car il empêche la bonne levée de la pâte. Il fait tourner le lait et empêche la gélatine de se solidifier. Mais pour y remédier, faites le cuire auparavant 15 minutes avec un peu de sucre !

Ananas Victoria de La Réunion
L’ananas Victoria de LA REUNION

Recette de chef : l’ananas rôti

Recette donnée par Marc Chappot, chef au Blue Margouillat (Saint-Leu)

Ingrédients

– 1 ananas Victoria

– 50 g de beurre

– 50 g de sucre

– 120 ml de rhum vieux

– piment d’Espelette

– glace vanille

Progression

Parer l’ananas : enlever le plumet et l’écorce. Tailler la chair en biseau pour retirer tous les yeux.

Faire revenir lentement l’ananas au beurre avec le sucre sur toutes ses faces pendant 40 minutes.

Pendant la cuisson, verser petit à petit du rhum vieux sur l’ananas.

Dressage de l’assiette

Déposer l’ananas sur une assiette de service.

Ajouter une quenelle de glace à la vanille

Napper l’ananas avec la sauce caramélisée (jus de cuisson).

Saupoudrer de piment d’Espelette.

Ananas Victoria de La Réunion
L’ananas Victoria de LA REUNION Marc Chappot, chef au Blue Margouillat (St-Leu).

Le saviez-vous ?

– Le mot ananas vient d’une langue amérindienne tupi-guarani. Dans cette langue, ce fruit est appelé « naná naná », ce qui signifie le parfum des parfums…

– De la famille des broméliacées, l’ananas est une plante tropicale qui ne tolère pas les basses températures (inférieures à 9-10°C). Le marché mondial de l’ananas est basé sur un petit nombre de variété qui sont le Cayenne et le Queen Victoria. Les ananas sont des fruits non-climactériques : une fois cueillis, ils ne mûrissent plus.

– Chaque « œil » de l’ananas était une fleur (mauve) de la plante.

Ananas Victoria de La Réunion
L’ananas Victoria de LA REUNION Champ d’ananas à St-Louis Ananas en formation

Se renseigner : Réunion Tourisme

La praline rose de Lyon

Ce bonbon rose est une spécialité lyonnaise qui se croque nature et qui se cuisine en tarte ou dans des brioches. Voici ses secrets de fabrication et d’utilisation, glanés chez des confiseurs et des pâtissiers de la région lyonnaise.

Pralines roses de Lyon
Lyon – Quai de Saône

Tous les gones (petits lyonnais) ont fait un jour le geste de plonger leur main dans la bonbonnière de leur grand-mère, pour attraper ce petit bonbon rose craquant et croquant qui laisse la langue rouge… Il y en avait dans toutes les maisons autrefois, et même si les pralines roses ont été détrônés par les fraises Tagada, on en trouve toujours dans toutes les bonnes confiseries. Leur origine est sujet à controverse : pour certains, ce serait une invention transalpine, la forte communauté italienne ayant importé cette spécialité à Lyon. Pour d’autres, c’est une recette inventée au XVIIème s. par Clément Jaluzot, officier de bouche du duc de Choiseul, également comte du Plessis-Praslin, qui aurait vendu ces amandes enrobées de sucre (couleur caramel) à Montargis, en les nommant pralines de Montargis. Oui, mais pourquoi les colorer en rose, et comment s’y prend-on ?

Pralines roses de Lyon
Chez Marcel, 7 rue Stanislas, 75006 Paris Tableau dans le restaurant

Pour le savoir, rendez-vous à la Maison de la Praline, à Saint-Denis-de-Cabanne, dans le Rhône. Max Fleurdépine est l’un des derniers confiseurs à confectionner des pralines roses dans les règles de l’art. Son atelier est un peu le paradis des gourmands, ça sent la barbe à papa, l’amande grillé, le chocolat, et les chariots sont remplis de friandises appétissantes. Debout devant une cuisinière chauffant de larges bassines remplies d’un liquide rouge, Max explique : « Je fais un sirop de sucre monté à 140 °C et coloré avec un colorant rose naturel, tel que le bêta carotène ou l’extrait de cochenille. Cette étape est cruciale pour la qualité de la praline, et nous ne sommes plus qu’une poignée d’artisans à préparer ce sirop au cassé. C’est-à-dire que pour vérifier s’il est prêt, on en précipite un peu dans de l’eau froide, et s’il est cassant, il est prêt ! » dit-il en joignant le geste à la parole, et en récupérant à main nue le morceau de sucre bouillant dans un petit seau d’eau… Lorsqu’il est à bonne température, Max se dirige avec ses bassines de sirop vers une turbine en cuivre rotative (un peu comme une bétonnière), et verse doucement ce sirop avec une louche sur les amandes torréfiées. La turbine est elle-même chauffée au gaz, et à mesure qu’elle tourne, les amandes s’enrobent progressivement de ce sucre rose, jusqu’à ce que la proportion voulue soit atteinte : 80 à 90 % de sucre pour une utilisation pâtissière, seulement 60 % pour la confiserie. Cet enrobage « au cassé » procure une irrégularité dans la forme et une granulosité importante de la praline, alors que les pralines industrielles sont plus lisses et uniformes.

 

« La qualité de l’amande compte beaucoup dans le produit final » assure François Pralus, chocolatier réputé et confiseur à Roanne. Ce dernier est l’inventeur de la Praluline, une brioche fourrée aux pralines roses qui est à se damner, surtout lorsqu’elle sort du four… Dans son atelier, il prépare lui-même ses pralines roses à partir d’amandes premier choix, puis les broie en machine pour en faire de petits morceaux qui sont incorporés au cœur de la brioche. Celle-ci est malaxée, façonnée en boule, et mise à cuire… « un certain temps », sourit celui qui ne veut pas dévoiler les secrets de fabrication de la praluline, que tout pâtissier rêve de reproduire.

Lorsque les pralines sont réduites en poudre, elles peuvent aromatiser gâteaux ou cocktails et surtout de délicieuses crème brûlées. Mais lorsqu’elles sont pilées, elles entrent dans la fabrication de la fameuse tarte aux pralines roses, un dessert typiquement lyonnais que l’on retrouve dans la plupart des pâtisseries de la ville. Richard Sève, l’un des plus grands chocolatiers-confiseurs de Lyon, est aussi réputé pour proposer l’une des meilleures tartes aux pralines de la ville. Je l’ai rencontré aux halles Paul Bocuse, où il possède un stand. Sa tarte est sublime et divine au goût, et à ma grande surprise, il a bien voulu m’en donner la recette ! La voici :

La tarte aux pralines roses de Richard Sève

Ingrédients :

150 g de farine

120 g de beurre

60 g de sucre glace

60 g de poudre d’amandes

200 g de pralines roses

200 g de crème fleurette à 35 % de matière grasse

1 blanc d’œuf

1 c à s de miel d’acacia

La pâte : La veille, dans le robot, travailler le beurre mou et le sucre glace, ajouter la poudre d’amandes, le miel et le blanc d’œuf. Ajouter la farine tamisée, pétrir mais pas trop. Rouler en boule, emballer sous film plastique alimentaire, et placer au frais.

L’appareil : toujours la veille, piler les pralines roses. Faire bouillir la crème fleurette et verser les pralines hors du feu. Mélanger au fouet, couvrir et conserver au frais.

Montage et cuisson : le jour même, étaler la pâte sur un plan de travail fariné. Déposer dans un moule à tarte beurré, recouvrir d’un papier sulfurisé et faire cuire à blanc au four th. 6 / 180 °c pendant 10 à 15 min. Ôter le papier, puis verser l’appareil et remettre au four pendant 25 à 30 minutes, jusqu’à ce que la crème se soit évaporée et que l’appareil soit un peu solidifié.

La tarte est à déguster un peu tiède, avec ou sans chantilly ou boule de glace à la vanille.

Pralines roses de Lyon
LYON – Halles de Lyon Chez Sève Tarte aux pralines roses de Sève

Bonnes adresses :

La Maison de la praline : https://www.maisondelapraline.com/fr

Pralines roses de Lyon
A la Maison de la Praline, à St-Denis-de-Cabanne La gamme de produits à base de pralines roses

François Pralus (à Roanne, mais aussi boutiques à Paris) : https://www.chocolats-pralus.com/fr/p%C3%A2tisserie/praluline/la-praluline_55.html

Richard Sève (plusieurs boutiques à Lyon) : https://www.chocolatseve.com/-site-fr-.html

Pralines roses de Lyon
LYON – Halles de Lyon Chez Sève Richard Sève devant son magasin aux Halles, tient une tarte aux pralines roses. Serveurs : Sandra et David

Chez Marcel, 7 rue Stanislas, Paris 14ème : bistrot aux allures de bouchon lyonnais où Pierre, le patron (Stéphano-Lyonnais…) propose une délicieuse tarte aux pralines. 01 45 48 29 94

Pralines roses de Lyon
Chez Marcel, 7 rue Stanislas, 75006 Paris Pierre, le patron, et Eric, le chef, fiers de leur tarte aux pralines

 

Trois sites incontournables au Vietnam

Pour un premier voyage dans ce pays du Sud-Est asiatique bordé par la mer de Chine, voici trois étapes permettant de découvrir l’essentiel de ses attraits touristiques.

VIETNAM - Nha Trang
VIETNAM – Nha Trang

 

Hanoï, une capitale captivante

La plupart des guides locaux commencent la visite d’Hanoï par la place Ba Dinh, où l’on ne badine pas avec la discipline : c’est sur cette place impeccable que trône le mausolée de style soviétique d’Hô Chi Minh, fondateur du parti communiste indochinois, et principal artisan de l’indépendance du pays. Des soldats en uniforme blanc tirés à quatre épingles arpentent la place et veillent à la tranquillité de celui qui repose ici, que le peuple surnomme affectueusement « Oncle Hô ». Il est possible de visiter un petit musée qui lui est consacré, ainsi que son humble maison sur pilotis, perché au-dessus d’un étang à carpes. Puis direction le cœur de la vieille ville, qui conserve de nombreux témoignages de la présence française, à l’époque de la Cochinchine : le pont Paul Doumer construit par Eiffel, l’Opéra qui est inspiré par l’Opéra Garnier, certains immeubles de style Haussmannien, des hôtels à la façade coloniale, tel que le mythique Metropole Legend à la façade blanche immaculée, où se pressent toutes les célébrités, et devant lequel de jeunes mariés viennent souvent faire des séances photo… Il faut dire que les habitants sont assez francophiles et friands de notre culture : les sandwichs à la baguette et le café au lait sont entrés dans les habitudes locales, et les restaurants français ou les boutiques de mode à la « french touch » font florès. Et ne vous étonnez pas, dans un restaurant ou dans la rue, si vous paraissez dans l’embarras, de vous faire aborder par un vieil homme aux manières polies et avenantes, qui sera ravi de vous renseigner ou de vous aider dans un français châtié, trop heureux de pratiquer la langue de Molière qu’il a apprise pendant ses jeunes années…

Au cœur de la ville, Ho Hoan Kiem, ou le lac « de l’Epée restituée », au superbe pont de bois laqué de rouge, est un repère utile pour s’orienter. Il doit son nom à une vieille légende concernant une tortue et son épée magique (ce qui explique la tour de la Tortue en son centre), et ses rives sont fréquentées le matin et le soir par des joggeurs, des pratiquants de tai-chi, et autres joueurs de badminton ou de ballon. Il est très agréable de s’asseoir en terrasse de l’un des cafés alentours pour profiter du spectacle en dégustant une glace, un café ou une bière Ha Noï. Au nord du lac se trouve le Vieux Quartier, surnommé le quartier des 36 rues, car ce lacis de ruelles était jadis constitué de corporations d’artisans (les ferblantiers, les dinandiers, les menuisiers, les sculpteurs de marbre, etc…), une tradition toujours respectée, mais les corps de métier actuels ne correspondant pas forcément au nom des rues… L’ancienne rue du Chanvre se spécialise désormais dans la soie, et les marchands d’huile ont laissé la place aux magasins de chaussures ! C’est un quartier extrêmement vivant, à la densité humaine incroyable, que la plupart des agences de tourisme locales proposent de parcourir en pousse-pousse, soucieuses d’éviter tout risque aux voyageurs étrangers, pas habitués à circuler dans ces artères surchargées, où d’innombrables scooters louvoient à pleine vitesse au mépris total de toute règle de circulation… D’autant plus que les occidentaux sont souvent scotchés au milieu de la rue ou du trottoir par une scène de la vie, banale ici, mais extraordinaire pour le primo-visitant : des poulets égorgés dans le caniveau, un salon de coiffure improvisé en pleine rue, un porteur disparaissant sous son fardeau de légumes, un buffle sur l’arrière d’une moto… Il faut dire qu’ici, tout se porte et se transporte en moto, même les objets les plus encombrants et hétéroclites : des armoires, des frigos, des matelas, des pains de glace, des bambous, et même des vases de Chine ! Toutes sortes d’animaux, et des gens bien sûr, jusqu’à 4 ou 5 par moto ! Et on ne parle pas de grosses cylindrées, mais d’humbles et vaillantes 125 cm3 pétaradantes, les plus chargées ou les moins récentes laissant derrière elles un nuage noirâtre justifiant le masque de protection que la plupart des passants arborent sur le visage… Pour vous remettre de vos émotions, faites une halte dans un salon de massage traditionnel. Là encore, surprise : au lieu de s’isoler dans des cabines individuelles (ça existe aussi), une rangée de fauteuils articulés attend le client. Il suffit de s’y asseoir, et une masseuse aux doigts de fer vous prodigue un massage à la carte, tout en discutant avec sa collègue… Ce massage en public est très économique (10 € pour 50 minutes), distrayant, et relaxant pour peu que vous ayez refréné l’ardeur de votre masseuse, qui peut s’avérer tortionnaire si l’on ne précise pas d’emblée la « dureté » du massage souhaité !

Enfin, ne manquez pas de visiter Van Mieu, le temple de la Littérature, superbe temple érigé au XIème s. et dédié à Confucius. Cet exemple classique d’architecture chinoise, qui accueillit la première université du pays, se compose de cinq cours ceintes de murs, contenant des pavillons, des bassins, des stèles, et la « Grande maison des Cérémonies », reposant sur 40 piliers de bois laqués rouge, où des étudiants viennent toujours prier les veilles d’examens, en touchant la tête d’une statuette de tortue, animal réputé pour son grand Savoir…

A la fin de la visite, mon guide a parfaitement résumé Hanoï en une phrase : une ville façonnée par 1000 ans de présence chinoise, et 100 ans de colonisation française !

La baie d’Ha Long

A 2 h de route de Hanoï, l’embarcadère de Bai Chay grouille d’activité, car c’est de là que partent les centaines de bateaux-hôtels sillonnant la baie d’Halong. « Qui n’a pas vu la baie d’Ha Long n’a pas été au Vietnam », répète-t-on au pays d’Ho Chi Minh. Il est vrai que cette baie n’a pas usurpé son classement au patrimoine mondial de l’humanité : ce paysage marin hérissé d’une multitude de piton rocheux recouverts de jungle, est l’un des plus pittoresques et fascinants qui soient en Asie. On se croirait dans le film « Indochine » ! Pour l’admirer dans de bonnes conditions, il faut faire une croisière sur une jonque et passer au moins une nuit à bord. Ces bateaux traditionnels en bois à la voile ocre en forme d’aile de papillon (malheureusement souvent repliée), confèrent un cachet délicieusement exotique à la croisière. Celui que j’ai testé, de la compagnie Paradise Cruises, se nomme le « Indochina Sails ». Il contient une dizaine de luxueuses cabines habillées de teck et de marbre, dotées d’une large baie vitrée pour admirer le paysage depuis le lit… Mais on en profite mieux sur le pont, avec une vue panoramique. Appuyé au bastingage, ou allongé sur un transat, on ne se lasse pas de voir défiler les pitons karstiques émergeant de la mer de Chine couleur de jade, comme de petites montagnes émergeant d’une mer de nuages… Pour passer le temps, on s’amuse à reconnaître des formes zoomorphes dans ces îlots rocheux, d’ailleurs plusieurs portent effectivement un nom d’animal, tel que Chien, Lion ou Crocodile… La journée à bord est rythmée par des activités couleur locales : séance matinale de tai-chi, cours de cuisine (pour apprendre à faire des nems !), massages tonifiants ou relaxants… Même par mauvais temps, il est fascinant de voir émerger de la brume ces mamelons karstiques fantomatiques, qui auraient, comme le prétend la légende, été créés par la queue d’un dragon géant furieux…

Parfois, vous embarquerez sur une annexe pour visiter une grotte, telle Sung Sot (surnommée la grotte aux surprises car elle abrite d’étranges concrétions calcaires, dont l’une évoque un phallus géant…), ou un village de pêcheur flottant, dont les habitants vous inviteront en souriant à découvrir leur humble demeure baignée d’une entêtante odeur de nuoc-mâm (sauce de poisson fermentée). Pour le folklore, on repassera, car les bicoques en planches sont souvent recouvertes de tôle ondulée ou de vilaines bâches en plastique, et les pêcheurs délaissent les traditionnels chapeaux en paille de riz pour des casquettes Coca-Cola… Plus fun, la sortie kayak vous fera longer et passer sous les pitons calcaires, à travers des galerie creusées par l’érosion. Parfois on ressort à l’intérieur d’une sorte de cratère aux parois couvertes de végétation où nichent des oiseaux marins, formant un abri invisible de l’extérieur, une cachette idéale pour des pirates. Qui sait si il n’y a pas là quelque fabuleux trésor ?

A savoir : la meilleure période pour voir la baie d’Halong sous le soleil, c’est de mars à mai, et aussi en septembre-octobre.

 

Nha Trang, une station balnéaire en plein boom

C’est la station balnéaire qui « bouge », très animée, attirant autant les touristes étrangers que les Vietnamiens avides de s’amuser. Bien que largement bétonné, le front de mer n’est pas désagréable, avec sa plage de sable doré longue de 5 km, bordée par une large promenade agrémentée de jardins et d’espaces publics. A l’arrière, une rangée de grands immeubles enlaidit le paysage, mais il faut bien loger ses 500 000 habitants… Toutes les activités nautiques peuvent être pratiquées pour un tarif raisonnable, y compris de la plongée autour des petites îles de l’archipel qui s’éparpillent dans la baie (25 €/p pour un baptême de plongée à l’île Mun). Le village de pêcheurs de Nha Trang dispose d’un très joli port naturel à l’embouchure de la rivière Caï, protégé par des îlots rocheux, et le matin, il faut aller voir, depuis le pont Xom Bom, la flottille de bateaux bleu et rouge rentrer au port, leurs coques ventrues remplies des poissons frais que vous dégusterez le soir, grillés dans l’un des restaurants du front de mer. Il y a aussi pleins de cafés sympas, à l’ambiance décontractée et festive, pour boire un verre, danser ou s’exercer au karaoké…

Au nord de la ville ses dressent les tours de Po Nagar, fabuleux site érigé entre les VIII et XIème s. par la dynastie Cham, d’origine hindoue. Ce qui explique que ces monuments en brique rouge, de forme pyramidale, soient décorés de bas-reliefs de Shiva, et que l’on trouve, un peu partout sur le site, des lingam (symboles phalliques) reposant sur des yoni (symbole de l’organe génital féminin), pour évoquer leur complémentarité, de type « ying et yang ». A l’intérieur de la plus haute tour, trône la déesse Uma à dix bras, dans un intérieur sombre enfumé d’encens. Beaucoup de dévotion de la part des locaux, qui se prosternent longuement devant les images de divinités, déposent des fleurs et des offrandes, prient ou chantent… Il faut rester sur place assez longtemps pour assister à l’une des représentations d’une troupe de danseurs et de musiciens. Dans ce cadre, c’est très émouvant, même si l’on n’est pas amateur de musique indienne traditionnelle. A l’ouest de la ville, prenez un peu de hauteur pour visiter la pagode de Long Son. Juché sur un promontoire flanqué d’un escalier de 150 marches, un gigantesque bouddha d’une blancheur étincelante surplombe le site et nargue le visiteur exténué d’un sourire énigmatique. L’ambiance est très zen et serait propice à la méditation, si un bonze ne tapait pas toutes les minutes sur une énorme cloche. Hypnose auditive ou supplice ? A vous de voir…

Le saviez-vous ?

S’il y a un Institut Pasteur à Nha Trang, sur le front de mer, c’est grâce à Alexandre Yersin, un médecin français ayant travaillé avec Pasteur, qui, à la fin du 19ème s., a été l’un des premiers européens à explorer le delta du Mékong. Il a introduit des plantations de quinquina (produisant la quinine), et a trouvé un vaccin anti-pesteux, fabriqué dans l’antenne officielle de l’Institut Pasteur qu’il a fondé à Nha Trang. Mort en 1943, il est vénéré ici comme un saint…

Pratique

Y aller : Vietnam Airlines relie Paris à Hanoï en vol direct (10 h de vol), à partir de 800 € A/R.

Bonnes adresses :

  • Paradise Cruises (baie d’Halong) : à partir de 400 € pour 2j/1 nuit pour 2 p en pension complète.
  • Mövenpick Hotel à Hanoï : très bien situé à 10 min à pieds du vieux quartier. A partir de 150 € en B&B.

A Nha Trang, voici trois adresses, une pour les « fauchés », une pour les « blindés », la dernière assez chère mais abordable, pour se faire plaisir… :

* Son & Daughter guesthouse : agréable pension de famille située en ville, à 10 min de la plage. Chambres simples mais très propres, doubles, triples ou en dortoir. A partir de 10 € la ch.

* Six Senses Hideaway : fabuleux resort isolé dans la baie de Ninh Van, accessible uniquement par bateau, composé de luxueuses villas disposant d’un majordome, d’une piscine et d’un ponton privé. Le cadre est merveilleux, avec de gros rochers émergeant d’une eau turquoise, un peu comme aux Seychelles. Le design et le mobilier ethno-chic est top, tout est en bois précieux ou en bambou… L’hôtel de rêve, en pension complète, forcément, car isolé de tout. Cela explique en partie le prix : autour de 1000 € la villa… par jour évidemment (750 € en basse saison).

* Ana Mandara (5*) : l’un des trois seuls hôtels posés sur la plage, avec de charmants et confortables bungalows, chacun ayant son propre spa. A partir de 250 € la nuit en B&B.

Forfait : Marco & Vasco peut concocter un séjour d’une semaine avec Hanoï, la baie d’Halong et Nha Trang à partir de 2000 €/p. Vols et transferts inclus et guide francophone à chaque étape.

Bons guides :

– A Hanoï : Nguyen Ngoc Cuong ( jadecuong@yahoo.com )

– A Nha Trang : Vo Duy Hoang ( vdhoangdendalat@yahoo.com.vn )

 

Balades à Salzbourg : … et le charme opéra !

Avec ses élégants châteaux, ses églises baroques et sa vieille ville inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, Salzbourg séduit tous ses visiteurs, qu’ils soient venus pour écouter de la musique classique ou pour expérimenter le lifestyle autrichien de la « Rome du Nord ».

Salzbourg
AUTRICHE – Salzbourg Statue de Mozart

Dès l’arrivée à l’aéroport de Salzbourg, nommé Wolfgang Amadeus Mozart, le ton est donné. Cette fastueuse ville baroque, modelée par des princes-archevêques catholiques du XIIIème au XVIIIème siècle, vit sous l’emprise du classique. De la musique comme de l’architecture, dont le cachet italianisant forme un décor parfait pour le lieu de naissance du génial musicien, qui a une place, une statue, et même un chocolat à son nom ! Sa maison de naissance se trouve dans la Getreidegasse, la plus belle rue de la vieille ville, surnommée la « rue des enseignes », en raison de la profusion des enseignes en fer forgé suspendues aux façades. La plus belle est celle d’une ancienne brasserie, dont le symbole a été remplacé par un discret M jaune, puisque c’est maintenant un … McDonald ! Ce n’est pas la bière mais le sel qui a fait la prospérité de la ville, comme son nom l’indique : salz(sel) et burg (ville). Les archevêques ont construit une forteresse médiévale sur une butte surplombant la ville, d’un blanc étincelant comme une saline, qui abritait les réserves de l’or blanc. Cette manne leur a permis d’embellir leur cité, d’entretenir des artistes, et de construire de fastueuses résidences. La principale est accolée à la somptueuse cathédrale baroque aux cinq orgues, et ses salles d’apparat croulant sous les peintures, les miroirs vénitiens et les tapisseries de Bruxelles, sont devenues des musées, dont les expositions illustrent 1300 ans d’art.

De l’autre côté de la Salzbach, la rivière qui traverse la ville, le château Mirabell abrite aujourd’hui la mairie. Si elle n’est pas occupée par un mariage, il est possible de voir la Marmorsaal, l’ancienne salle des fêtes du château, toute de marbre et de dorures, dans laquelle Mozart et ses enfants se produisaient. Un peu à l’extérieur de la ville, à Hellbrunn, un archevêque hédoniste a fait construire un château de plaisance dans un parc de 60 ha. Vous suivrez un parcours agrémenté de jeux d’eaux d’une ingéniosité folle, avec grottes piégées, automates mus par l’eau, fontaines capricieuses, et le guide ne manquera pas de vous arroser par surprise, comme le faisait sans doute le malicieux archevêque à ses hôtes de marque… En faisant un saut dans le temps de 400 ans, on imagine sans peine un aréopage de dames corsetées aux robes amples et aux coiffures extravagantes, et de gentilshommes en perruque, pourpoint et hauts-de-chausses, s’esclaffer de ces facéties et s’esbaudir devant ce feu d’artifice aquatique ! A quelques kilomètres de là, au terminus du bus qui vous aura déposé à Hellbrunn, descendez à Untersberg et prenez le téléphérique qui monte sur le Hochthron. Une  marche facile de 30 minutes vous mènera au sommet, à 1853 m d’altitude, où des bancs judicieusement placés permettent de contempler sereinement la plaine et Salzbourg traversé par la Salzach.

Symphonie turquoise en lacs majeurs

A 30 km à l’Est de Salzburg, s’étend une splendide région montagneuse parsemée d’une dizaine de grands lacs, le Salzkammergut. C’est une Autriche de carte postale, très verte, avec de ravissants chalets en bois posés au bord de lacs couleur d’émeraude. Il faut emprunter le petit train à crémaillère qui monte au sommet du Schafberg, à 1783 m d’altitude, pour avoir une vue à 360 ° qui embrasse à la fois les sommets enneigés des Alpes autrichiennes, et les nappes vertes posées à leurs pieds. On passerait bien la journée à contempler d’aussi beaux paysages, mais ce serait dommage, car en bas, les petits villages sont très pittoresques. Surtout St-Wolfgang, station de villégiature chic aux chalets cossus plusieurs fois centenaires. Son église abrite un retable connu dans le monde entier, et une pierre miraculeuse qui généra ici un pèlerinage depuis plus de 1000 ans… Aujourd’hui, ce sont les eaux turquoises du lac qui attirent du beau monde à St-Wolfgang, un prénom décidément très cher aux Salzbourgeois !

Où écouter du classique ?

Toute l’année, des concerts sont programmés dans les sites prestigieux de la ville. La salle baroque de l’abbaye St-Peter sert de cadre à des dîners-concerts où une troupe interprète des extraits d’opéras de Mozart. Et des concerts gratuits sont donnés dans les jardins du château Mirabell.

A savoir : le festival d’été est le plus fameux rendez-vous de musique classique au monde. Au programme, des opéras de prestige et des concerts avec de grands interprètes. http://www.salzburgfestival.at

Salzbourg
AUTRICHE – Salzbourg Dîner concert Mozart au St-Peter Stiftskulinarium

Pratique

Y aller

Par Lufthansa et/ou Austrian Airlines, en passant par Frankfort ou Munich. A partir de 350 € A/R.

Bon plan

La SalzburgCard permet d’entrer gratuitement dans la plupart des musées et attractions, et d’utiliser à volonté les transports publics. Un pass indispensable, à 43 €/p pour 3 jours.

Se loger

Hôtel Weisse Taube : idéalement situé à 2 pas de la place Mozart, dans la vieille ville. A partir de 100 € la ch double.

Le Cheval Blanc, à St-Wolfgang : hôtel 4 * de la chaîne Romantik Hotel, posé au bord du lac. Grand spa, piscine extérieure flottante, literie grand confort avec son amas des housses… A partir de 100 €/p avec le petit déjeuner.

Se restaurer

« m32 » : restaurant du musée d’Art Moderne, dont la terrasse offre la plus belle vue sur Salzbourg. Cuisine gastronomique, un peu cher à la carte, mais avec un menu au déjeuner à 16 €.

Schloss Fisherei : à 20 km de Salzbourg, restaurant-pêcherie aux longues tables en bois léchées par les eaux cristallines du lac Fuschlsee, où l’on déguste de succulents poissons fumés du jour, tout en admirant le château qui a servi de cadre au tournage des films de « Sissi ». Compter 20 € le repas.

Se renseigner :  www.salzburg.info

Office National Autrichien du Tourisme (0800 941 921) et  www.austria.info/fr

 

Note : les photos de cet article ont été prises avec mon téléphone portable (même pas un bon…), mon matériel photo étant en réparation pendant le reportage. Désolé pour leur piètre qualité !

Chypre, l’île d’Aphrodite

Si la mythologie grecque a fait naître Aphrodite à Chypre, c’est sans doute parce que cette île a tout pour séduire : des montagnes, des forêts, des terres fertiles, ainsi qu’une côte ourlée de superbes plages. Chypre dispose aussi d’un patrimoine archéologique et historique considérable, qui en fait un condensé de 5000 ans d’histoire de la Méditerranée.

Dès les premiers pas à Nicosie (ou Lefkosia, nom grec de la capitale chypriote), on a la sensation de fouler une terre hellène. Des drapeaux bleus et blancs flottent un peu partout, et lorsque l’on fait le tour des remparts vénitiens, très bien conservés, les petits marchés qui s’y trouvent baignent dans une ambiance « à la grecque ». Sur les terrasses des bars de la rue piétonne Ledra St, les locaux sirotent de l’ouzo en grignotant des olives, et la carte des restaurants ne diffère pas de celle qu’on pourrait trouver à Athènes… Au milieu de Ledra St, justement,  se trouve un poste de contrôle surveillant la « ligne verte« , une zone démilitarisée contrôlée par les Casques Bleus, séparant la ville entre la République de Chypre (dont le gouvernement est le seul qui soit reconnu par la communauté internationale) et la République turque de Chypre du nord. Le passage est maintenant possible entre ces deux parties de l’île, mais au moment de ce reportage, cela ne l’était pas, et le passage entre ces deux parties de la ville était quasi impossible. Cela fait des décennies que l’on parle de réunification, et il semble que cela soit en bonne voie…

 

A Nicosie, il faut visiter le musée archéologique, qui contient notamment une superbe statue d’Aphrodite, et le musée byzantin, présentant une collection d’icônes dorées à l’or fin. Des icônes, vous en verrez à profusion, vendues au coin des rues, dans les boutiques de souvenir, et surtout dans l’intérieur montagneux de l’île, le Troodos. D’innombrables chapelles sont disséminées sur ses pentes, la plupart modestes et d’architecture simple, mais décorées parfois de fresques magnifiques. Vue de l’extérieur, l’église d’Arakou ressemble à une grange, mais à l’intérieur, c’est une explosion de couleurs. Les murs et le plafond sont recouverts de fresques, qui sont parmi les mieux conservées de Chypre. Pendant leur occupation,  les Ottomans ont saccagé les fresques de certaines églises byzantines, en effaçant les regards des saints qu’ils ne pouvaient supporter. C’est le cas dans la très belle église en pierre d’Asinou, qui a restauré ses magnifiques fresques. La profusion des églises byzantines ne doit pas faire éluder la visite du monastère de Kykko. Moins pour ses fresques, récentes, que pour admirer son iconostase, faisant l’objet d’un pèlerinage important. Il paraît qu’une des icônes, recouverte d’argent et enfermée dans un écrin d’écaille et de nacre, a été peinte de la main même de Saint-Luc !

 

Quittons la fraîcheur et les petites routes sinueuses du Troodos pour traverser les plaines plantées de champs d’agrumes et atteindre les stations balnéaires du littoral. Si vous voulez plonger dans la grande bleue ou lézarder sur une plage, vous n’aurez que l’embarras du choix. Les plages sont toutes différentes, et leur fréquentation va de la plage bondée à la crique déserte. L’idéal est de longer la côte en voiture et de choisir celle qui vous convient ! Le tour de l’île permet en outre de découvrir les autres attraits de Chypre. Larnaca est une ville séduisante : son front de mer bordé de palmiers a des airs de Promenade des Anglais, et la vieille ville, avec ses ruelles étroites, ses vieux bazars, ses minarets et ses tavernes animées où l’on déguste de délicieux mezzes, dégage une envoûtante atmosphère orientale. La ville de Limassol, très touristique, a moins de charme, mais son château, élevé au 14ème siècle par les Lusignan, accueille un musée médiéval fort intéressant. Non loin de là, voici le site archéologique de Kourion, au superbe amphithéâtre romain. Assis sur les plus hauts gradins, on confondrait presque les cris des touristes avec les tirades des tragédies antiques, qui sont d’ailleurs encore données chaque année, en grec ancien, pendant le festival d’été.

 

L’antique ville de Paphos recèle des trésors, comme ces villas romaines aux somptueuses mosaïques, ou encore les Tombeaux des Rois, vaste nécropole située sur une falaise dominant la mer, qui servit de refuge aux premiers chrétiens. Sans oublier Kouklia, bien sûr, le site archéologique du sanctuaire d’Aphrodite. Mais si vous n’êtes pas émus par de vieilles pierres, peut-être le serez-vous par la beauté de la plage de Petra Tou Romiou : la légende dit que de cette eau émeraude, jadis, émergea Aphrodite… Si vous voyagez en couple, et que vous êtes un tant soit peu romantique, mettez-vous à la recherche de la Fontana Amarosa, non loin des bains d’Aphrodite. Il paraît que l’eau de cette fontaine rend amoureux pour toujours ! 

Pratique

Y aller : Cyprus Airways a plusieurs vols par semaine Paris/Larnaca ; il existe aussi des liaisons low cost avec escale en Belgique ou en Angleterre, qui permettent de trouver des billets A/R autour de 150 €.

Forfaits : Héliades est le spécialiste de la destination. Ce voyagiste propose des autotours (vol + voiture + hôtel) d’une semaine à partir de 700 €/pers.

Se renseigner :  Office du Tourisme de Chypre : www.visitcyprus.com/index.php/fr/

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