Salvador da Bahia de plage en plage

Tout comme Bora-Bora, Ushuaia ou Zanzibar, Salvador da Bahia est un nom magique qui fait surgir devant nos yeux des images de carte postale : un soleil généreux, des cocotiers, des plages immenses sur lesquelles de beaux garçons jouent au « futebol », et des créatures au corps de rêve qui se déhanchent sur un air de samba… Et c’est tout à fait cela ! Mais la réalité dépasse le fantasme, car vous trouverez aussi à Salvador un peuple festif et accueillant, une culture fascinante, un festival de couleurs, de saveurs et de fragrances…

BRESIL - Salvador Da BahiaBahianaise dans le Pelourinho
BRESIL – Salvador Da Bahia Bahianaise dans le Pelourinho

Installée sur un promontoire dominant la Baie de Tous les Saints (appelée ainsi parce qu’elle a été découverte par les portugais un jour de Toussaint), Salvador de Bahia est une ville très étendue à l’expansion galopante, dont on ne visite généralement que le quartier historique, le Pelourinho. Ce quartier très populaire regorge d’églises baroques et de somptueuses demeures à l’architecture coloniale portugaise. Dans les ruelles pavées et escarpées autour du Large do Pelourinho, les boutiques de souvenirs alternent avec les échoppes d’artisans. Vous y rencontrerez peut-être Gaïa, une ancienne danseuse de revue qui peint le Pelourinho dans le style local, naïf et très coloré, ou bien Bira Reis, un iconoclaste maître de percussions dont le magasin d’instruments de musique est le repaire des musiciens de Salvador, ou encore Maria Costa, propriétaire du magasin de bijoux et de pierres précieuses de Lasbonfim, qui s’exprime dans un français parfait (sur le Terreiro de Jesus)…

Classé Patrimoine Mondial par l’Unesco, le Pelourinho repeint régulièrement ses hautes maisons coloniales de jolies teintes pastel, mais avec le temps, les façades se couvrent d’humidité et s’écaillent. Pourtant, ce délabrement n’arrive pas à ôter son charme à ce quartier populaire où déambulent de plantureuses bahianaises enveloppées dans leurs amples robes colorées. Le soir, surtout, Salvador ensorcelle. Une odeur de friture flotte dans l’air qui porte les échos cuivrés d’une trompette, les frappes sourdes d’un tambour, ou les accords languides d’une guitare. Salvador se prépare à faire la fête. Si c’est mardi ou samedi, une folie douce s’empare du quartier : des musiciens s’installent à chaque coin de rue, les rythmes s’entrechoquent et font chavirer de bonheur la foule en liesse qui danse et fait la fête jusque tard dans la nuit… Et il paraît que ce n’est rien comparé au carnaval de février !

Après une folle nuit de musique, de danse et pourquoi pas d’amour, rien ne vaut une journée à la plage. Oui, mais laquelle ? Salvador et ses environs en comptent tellement ! Le plus simple est de se mêler à la population locale sur les plages publiques de Porto da Barra, mais c’est un peu encombré et bruyant. Il est plus reposant de choisir l’une des stations balnéaires situées au nord de Salvador. Par exemple à Praia do Forte ou Costa do Sauipe, deux magnifiques plages bordées de cocoteraies où des resorts de luxe proposent toutes sortes d’activités sportives, des excursions, des massages et même des cours de capoeira (voir encadré). Pour une approche plus authentique du Brésil, rejoignez Morro de São Paulo, une petite île située à 20 minutes d’avionnette au sud de Salvador. Ce petit paradis est une station balnéaire exclusivement pédestre (on emmène vos valises en brouette !), construite à l’extrémité d’une île escarpée et verdoyante, et enroulée autour de quatre plages successives. Les trois premières sont très fréquentées, mais la N°4 est une immense plage de sable blanc quasi déserte où l’on enlève le haut (et le bas) sans crainte d’être gêné. D’ailleurs, la pudeur n’étouffe pas les brésiliens ni les brésiliennes, dont le « fil dentaire » (le string), ne cache pas grand-chose de leur anatomie… Tous les soirs, c’est la fête sur la plage N°2, sur laquelle se concentrent les bars branchés, les discothèques, et les vendeurs de cocktails de fruits tropicaux. Si vous ajoutez à ces savoureux cocktails de la cachaça (l’alcool de canne à sucre local), vous prolongerez certainement la fête, comme tout le monde, sur le sable ou dans l’eau, en dansant la samba ou la bossa nova ! « Tudo bem » ! Tout va bien, comme on le répète toujours ici… 

La capoeira

La capoeira, issue d’une lutte africaine rituelle, est une fascinante discipline fusionnant la danse, la musique et le sport. Pratiquée partout au Brésil, mais surtout à Salvador da Bahia, où cet art s’est particulièrement développé, c’est un simulacre de combat où deux lutteurs s’affrontent sans jamais se toucher, en une chorégraphie féline et acrobatique, rythmée par un chant syncopé, deux percussions et un berimbau (arc musical). On reste bouche bée d’admiration devant ces performances athlétiques si esthétiques.

PRATIQUE

Y aller : La TAP (0 820 319 320) propose des vols quotidiens Paris/Salvador via Lisbonne.

Plusieurs voyagistes proposent des séjours à Salvador da Bahia avec ou sans combiné avec Morro de Sao Paulo : Marco & Vasco, TUI, Voyageur du Monde, Directours…

A savoir :

Durée de vol : 9 h 30 en vol direct

Décalage horaire : – 4 h en hiver ; – 5 h en été

Meilleure saison : toute l’année, mais les saisons sont inversées. En hiver, il fait chaud et humide !

A lire : Le Lonely Planet « Brésil » ; « Bahia de tous les saints » de Jorge Amado (Gallimard)

Se renseigner : Office du tourisme du Brésil : 34, cours Albert 1er, 75008 Paris (01 45 61 63 76)

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