La Thaïlande comme on l’aime

Plages de rêve, cocotiers, mer émeraude, éblouissants fonds sous-marins, excursions dans la jungle, Khaolak a tout de la destination idéale, que ce soit pour partir en famille, en voyages de noce ou pour les seniors. 

THAÏLANDE Khao Lak Plage Oawthong (baie dorée) avec massages

Passer une journée à Bangkok

Un grand sourire, les mains jointes devant le menton en s’inclinant légèrement, c’est ainsi que le visiteur est accueilli dans les hôtels, les aéroports et même dans la rue. Et ce signe de bienvenue, qui s’accompagne parfois d’un collier de fleurs, c’est l’image même de la Thaïlande, surnommée justement le « pays du sourire ». En arrivant à Bangkok, après 11h30 de vol, cela revigore autant qu’une serviette fraîche ! Cette étape, si elle n’est pas indispensable, permet au moins de se familiariser avec la culture thaïe, et de toucher des 5 sens la réalité d’une mégapole asiatique, avant de rejoindre l’univers feutré et idyllique de son resort balnéaire. Dans une atmosphère chaude et humide, on vous extirpera de la circulation infernale pour vous emmener déjeuner à bord d’une jonque sur la Chao Phraya, le fleuve qui traverse Bangkok, seul endroit à peu près respirable de la capitale. Là, vous verrez défiler un étonnant patchwork architectural, où les toits dorés des temples bouddhistes se reflètent dans des gratte-ciel de verre et d’acier, tandis qu’au bord des rives s’amoncèlent d’humbles cabanes en bois sur pilotis… Après avoir visité un temple et admiré vos premiers gigantesques bouddhas, vous embarquerez sur une barque plus petite, effilée, pour parcourir les klongs, les canaux de cette Venise orientale, qui fascine par cet étonnant contraste entre l’activité incessante des embarcations de toutes sortes, et l’attitude zen des habitants, qui vous saluent en rigolant depuis leur hamac… En fin d’après-midi, votre guide vous promènera dans le pittoresque quartier chinois, où vous ne pourrez résister aux fumets dégagés par les stands ambulants de nouilles sautées, de canards laqués et de soupes odorantes. Il faut le voir pour le croire, la célérité avec laquelle ils préparent, en moins d’une minute, ces plats tout chauds et succulents, vendus pour moins d’un euro !

 

Jungle et plages de rêve

Vous vous remettrez de vos émotions, et du décalage horaire, sur la plage de votre hôtel. Plutôt que les plages bondées de l’île de Phuket, préférez celles, tout aussi belles mais plus tranquilles, des environs de Khaolak. Cette zone balnéaire, située à 90 km au nord de Phuket, est idéale pour tous ceux qui recherchent le calme, le contact avec la nature et avec les villageois. Les amateurs de vie trépidante, de boîtes de nuit, de bars louches et de spectacles sulfureux préfèrent s’encanailler à Patong, le quartier chaud de Phuket, qui ne donne pas de la Thaïlande la meilleure image… Durement frappée par le tsunami de décembre 2004, la région de Khaolak s’est totalement reconstruite, et ses longues plages de sable blanc corallien ne portent plus aucun stigmate du terrible raz de marée. Lorsque vous serez rassasiées de soleil et des bains chauds dans les eaux cristallines de la mer d’Andaman, lorsque vous accepterez de vous éloignez de votre transat avec vue sur le paradis terrestre, lorsque vous aurez exploré les moindres recoins de la piscine et que vous connaîtrez tous les poissons tropicaux égayant les bancs de corail déjà bien colorés qui protègent votre plage, il sera temps de découvrir un autre aspect de Khaolak : la jungle ! Mais rassurez-vous, ce n’est pas Koh Lanta (une île d’ailleurs toute proche). Imaginez une forêt tropicale sillonnée de sentiers et de fraîches rivières, où l’on marche en écoutant le ramage des oiseaux et le babillage des macaques, et où l’on ne doit se protéger que des inévitables moustiques. C’est même assez gai de marcher dans cette jungle, dans les pas d’un jeune guide thaïlandais qui vous aidera à passer les gués sur des troncs d’arbres, et qui tentera de vous expliquer les secrets de la faune et la flore dans un franglais approximatif, en riant à tout propos. La bonne humeur est contagieuse, et vous serez conquis par la beauté du parcours, qui aboutit à une magnifique cascade, dont le frais bruissement couvre à peine les cris des enfants qui s’y baignent… On s’amuse aussi beaucoup en faisant un tour à dos d’éléphant ! Pourtant, cela n’a rien d’un rodéo : confortablement installés en duo sur de placides éléphants, étroitement surveillés et guidés par leurs cornacs, vous dominerez les plantations d’hévéa à 3 m du sol, et dodelinerez au rythme lent et chaloupé du pas de ces énormes pachydermes, tels d’improbables pachas ayant le mal de mer : prenez-vous en photo les uns les autres, c’est tordant ! Heureusement qu’à l’hôtel, un massage thaï vous attend pour soulager tous vos petits maux…

L’île de James Bond

Si vous ne deviez faire qu’une seule excursion, choisissez celle qui vous emmène à la découverte de la baie de Phang Nga. En bateau à moteur à longue queue, vous zigzaguerez entre une myriade d’îles et de pitons calcaires émergeant d’une mer émeraude aux reflets de jade, lisse comme une laque de Chine. C’est un paysage grandiose, unique, qui vous rappelle cependant quelque chose… Mais oui, James Bond, dans « l’Homme aux Pistolets d’Or » ! Plusieurs scènes ont été tournées ici, et l’on ne manquera pas de vous arrêter sur Ko Phing Kan, l’île où se dresse ce curieux piton calcaire phallique qu’on voit dans le film. Vous ferez aussi du canoë, piloté par un guide qui vous fera découvrir l’univers mystérieux de la mangrove, et qui vous fera passer dans des grottes hérissées de stalactites, accessibles par des tunnels si bas de plafond qu’il faut s’allonger dans le canoë : encore de belles parties de rigolade, et que de merveilleux souvenirs !

 

Pratique

Quand partir ? Entre novembre et avril : il pleut moins et il fait de 20 à 30 °C.

Y aller : Avec LookVoyages, séjour d’une semaine à partir de 800 € (vol + transferts + hébergement + petits déjeuners).   Look Voyages

Se loger : Apsara Beachfront resort & Villa, à Khaolak : Cet hôtel Club Lookéa est situé un peu à l’écart de Khaolak, au bord de la mer d’Andaman. Superbes bâtiments noyés dans la verdure, disposant de 3 restaurants, 3 piscines et d’un grand spa, et offrant de vastes chambres très classy, voire sexy (vue sur salle de bains depuis la chambre…). Nombreuses activités proposées, telles que cours de cuisine thaïe, sports nautiques, beach volley…

Se renseigner : Thaïlande Tourisme

 

 

 

Fascinante Inde du Sud

Entre le golfe du Bengale et la mer d’Oman, cet itinéraire traverse les états du Tamil Nadu et du Kerala pour une découverte d’une Inde sacrée et rurale, où les temples à l’architecture dravidienne foisonnante le disputent en beauté aux paysages de rizières, de jungles ou de canaux bordés de cocotiers.  

INDE du SUD Paysans dans une rizière vers Madras

Après 9h45 de vol, l’avion d’Air France se pose à Chennai (Madras), la capitale du Tamil Nadu. La 4ème plus grande ville d’Inde compte 8 millions d’habitants (12 millions avec la banlieue) et est le centre commercial, culturel et économique de l’Inde du Sud. On peut passer une heure au Georges Town Market, où tout ce qui se mange et s’achète est empilé à même les rues grouillantes et insalubres… Afin d’éviter les embouteillages, la pollution et le stress que l’on ressent dans les rues surpeuplées d’une grande ville indienne, il vaut mieux s’en extraire le plus vite possible afin de s’acclimater progressivement au pays dans le calme de la campagne. Il y a tant de temples ailleurs qu’on peut se passer de voir ceux de Chennai. Justement, à une trentaine de km au sud de la ville, Mahabalipuram est un site incontournable qui introduit parfaitement l’histoire et la culture indienne. C’est d’ici que la civilisation des Pallava rayonna vers Bali, Sumatra et le Cambodge entre le VIe et le VIIIe siècle. Au bord de la mer, sur la côte de Coromandel, ce gros village tranquille est rempli de monuments exceptionnels. Tel cet énorme rocher sculpté en bas-relief dans du granit rose, qui représente la « Descente du Gange sur la Terre » : un superbe tableau comptant une centaine de personnages (dieux, humains, animaux…) dont on ne comprend les interactions qu’à l’aide des explications du guide. Les sculpteurs ont astucieusement utilisé une fracture du rocher pour représenter le Gange… Il faut voir aussi le magnifique temple du Rivage, aux milliers de sculptures à la gloire de Shiva, ainsi que les 5 rathas, des temples monolithiques creusés à même le rocher. Pas étonnant de voir, à la sortie de la ville, un village de sculpteurs de pierre, fabricant à la chaîne des divinités de toutes tailles et de toutes natures de pierre. Révélateur du violent syncrétisme culturel de notre époque, la figure ayant le plus de succès est un Ganesh avachi regardant son laptop… Enfin, avant de quitter le coin, faites halte, au centre d’art et d’artisanat Dakshina Chitra, où des artisans de tous les états du Sud exposent leurs œuvres (sculpteurs, potiers, tisseurs, peintres…). Un artisanat de qualité qu’on ne retrouvera pas partout et dont il faut profiter !

Un petit coin de France

A 2 h de route de Mahabalipuram se trouve Pondichéry, charmante ville côtière chérie par les Français. Il faut admettre que cet ancien comptoir français créé par Colbert en 1654, et rétrocédé à l’Inde en 1945, a des airs de sous-préfecture de province… Les rues ont gardé leur nom français, même si le sanscrit double les appellations, et des pancartes d’avant-guerre n’ont jamais été décrochées (musée, bibliothèque, travaux publics…). Le quartier français, surtout, est charmant, avec ses ruelles calmes bordées de maisons aux couleurs pimpantes et aux jardins débordant de bougainvillées. Le long des trottoirs, d’impeccables Ambassador blanches et rutilantes renforcent le cachet colonial du quartier. La visite la plus étonnante à faire à Pondichéry est l’ashram de Sri Aurobindo. À travers des expositions permanentes de photographies, de textes et de vidéos, on y découvre les destins incroyables du gourou Sri Aurobindo et de la française Mirra Alfassa devenue celle que l’on surnomme « la Mère ». Sri Aurobindo a développé un yoga « intégral », nouvelle méthode de pratique spirituelle qui libère la conscience de l’homme, avec la possibilité d’acquérir une nouvelle conscience « supramentale », une conscience de vérité permettant d’avoir une vie harmonieuse, bonne et belle. A sa mort, la Mère perpétue son œuvre, et fonde en 1968 « Auroville » à une dizaine de kilomètres de l’ashram : une ville expérimentale qui se veut un lieu de vie communautaire universel où les hommes et les femmes de toutes nationalités peuvent vivre en paix et en harmonie, au-delà des croyances religieuses et politiques. A méditer !

Une spiritualité émouvante

Encore 4 h de route (ah, les superbes paysages de rizières vert tendre, piquetés des taches colorés des lunghis – sarong des hommes- et des saris des femmes qui replantent le riz…), et voici le temple de Gangaikondacholapuram, un magnifique exemple de l’architecture des Chola, inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco pour son exceptionnelle qualité architecturale et l’abondance de ses sculptures. Celles-ci participent d’un programme iconographique complexe, signe d’une réflexion élaborée sur la mythologie hindoue. On reste bouche bée devant la majesté de cet impressionnant temple pyramidal de 52 m de haut, dont la pierre ocre rougeoie au coucher du soleil. Le guide tente bien d’expliquer la signification de la pose de telle ou telle divinité, d’ailleurs souvent Shiva (Shiva dansant, Shiva domptant la mort, Shiva en yogi…), mais le mieux est de faire le tour du temple en se laissant subjuguer par la beauté et la spiritualité du lieu. Les moines en tunique orange et les pèlerins ordinaires qui se recueillent devant les statues du sanctuaire semblent si profondément habités par leur foi, que l’on est ému par tant de dévotion. Le soir, à l’hôtel de Tanjore, lorsque j’ai assisté au concert de musique classique indienne (tablas et veena, instrument à cordes), c’est l’image de Shiva dansant que j’avais devant les yeux…

Gopurams et mandapas

Thanjavur (Tanjore) était la capitale de la florissante dynastie Chola du IXème au XIème s. Aujourd’hui, cette grande ville veille jalousement sur sa culture et est devenue un pôle artistique (danse, musique, beaux-arts…) perpétuant les traditions anciennes. On s’en aperçoit en visitant le temple de Brihadishvara, autre « Grand Temple Vivant de Chola » inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco, car il y a toujours des musiciens et des danseurs devant le mandapa abritant l’énorme Nandi (taureau) monolithique noir de 25 tonnes, ou devant le sanctuaire de Ganapathy (Ganesh). Le Palais Royal voisin (où réside toujours la famille du maharadja local) mérite aussi la visite, ne serait-ce que pour admirer les élégants bronzes du XIème s. de la Art Gallery. Grimpez enfin au sommet de la Tour de l’Horloge, on y jouit d’un superbe panorama sur la ville, et sur le gopuram (tour sur-décorée surplombant l’entrée d’un monument) du Palais.

 

Une cuisine savoureuse

Après Tanjore, l’itinéraire passe par un troisième « Grand Temple Vivant de Chola », celui d’Airavatesvara, à Dharasuram. Ce temple d’architecture dravidienne érigé au XIIème s. repose sur plus de 100 piliers sculptés, et l’escalier à têtes d’éléphants qui mène au mandapa est une merveille. Là aussi, on y côtoie des prêtres ou des croyants en prière, ainsi que des mendiants à la barbe aussi longue qu’un jour sans naan… A propos de nourriture, faites une halte à l’hôtel-restaurant Sterling de Swamimalai, juste à 10 km du temple. Vous y dégusterez une savoureuse et épicée cuisine végétarienne, sous forme d’un thali, assortiment de plats de l’entrée au dessert servis dans de petites coupelles en métal disposées dans un grand plat rond. On y trouve en général du dal (lentilles), du riz et du pain (naan ou chapati), des légumes et des sauces plus ou moins épicées (du chutney doux à l’arrache-gueule). Mais on peut aussi préciser « not too spicy, please ! » avant de commander… Autre bonne adresse, à Karaikudi (vers Chettinad), « The Bangala », où le repas est servi, sous forme de petites portions, sur une feuille de bananier !

Le coucher de Shiva

En sortant de Tanjore, le guide fait généralement halte au « Art Village », lieu fait pour que les touristes puissent voir le travail du bronze ou de la sculpture sur bois. Les rapports sont forcément intéressés, mais c’est très intéressant de voir les fondeurs de bronze ou un fabricant de veena au travail. Demandez bien une facture, car les imitations sont si parfaites que les douaniers pourraient vous accuser d’avoir volé une antiquité ! Puis la route pas toujours goudronnée longe des rizières, des champs de cannes à sucre, de maïs, de millet, de coton ou d’anacardiers (noix de cajou). Parfois le chauffeur s’arrête pour que l’on puisse prendre des photos, mais le plus souvent il est concentré pour conduire le plus vite possible et  éviter ceux qui doublent en dépit de toute prudence, et qui prennent un malin plaisir à se rabattre à l’ultime seconde… Il faut avoir le cœur bien accroché, ou ne pas regarder la route mais le paysage… Après avoir déjeuner à Karaikudi, regorgeant de très belles demeures construites par de riches Chettiars à l’époque de leur prospérité (XIII au XIXème s.), l’itinéraire mène à Madurai, capitale culturelle du Tamil Nadu et l’une des plus vieilles villes de l’Inde.  S’il n’y a qu’une seule visite à faire à Madurai, c’est celle de l’immense temple de Menakshi, le plus exubérant exemple de l’architecture foisonnante des temples de l’Inde dravidienne. C’est une cité-temple gigantesque, on peut y passer des heures sans se lasser. Il y a tant à voir ! Déjà, aux entrées, situées aux 4 points cardinaux, on est fasciné par les gopurams qui élèvent le regard jusqu’au ciel. Les gopuram Sud et Est sont les plus beaux, avec ces hordes de personnages, de divinités et de monstres qui en garnissent les innombrables étages. Comme ils sont peints de couleurs vives, cela attire l’œil, c’est très graphique, et les appareils photos crépitent… Le temple est consacré à Shiva (Sundareshvara) et à Menakshi (celle dont les yeux ont la forme d’un poisson). Partout, ce ne sont que cours et labyrinthes, mandapas aux piliers ornés de dieux et d’animaux fantastiques… Cette cité sacrée vit au rythme des pujas, rites quotidiens que les prêtres mènent pour honorer les divinités. Les dieux sont baignés, nourris, portés, et l’on est soi-même transporté par toute la ferveur qui entoure la cérémonie. Celle du soir, surtout, est impressionnante. C’est la cérémonie du coucher des divinités, et dans la pénombre, à la lueur des torches (et des néons blafards…) on accompagne, au rythme lancinant des musiciens, Shiva qui va rejoindre Menakshi… Des foules de pèlerins des quatre coins de l’Inde viennent ici pour voir ça, et l’on se sent privilégié d’y assister aussi.

La route des épices

A 5 h de là se trouve le parc national de Periyar, surnommé le Jardin d’Eden de l’Inde. La route est longue mais jamais monotone. D’abord le paysage change, et même si y a toujours des rizières dans lesquels travaillent des buffles, on voit plus de palmiers et de cocotiers, ainsi que des plantations de datiers. Chaque village traversé a un temple, et aussi modeste soit-il, il est tout aussi émouvant. Les petits gopurams semblent plus naïfs, certains temples sont logés au pied d’un arbre vénérable, tel que le banian et son énorme tronc-racines… Le parc naturel de Periyar, appelé aussi Thekkady, est situé dans les montagnes de Cardamome, à environ 1000 m d’altitude, et l’on ne s’étonnera pas d’apprendre que c’est un peu la capitale des épices de l’Inde du Sud. En prenant de l’altitude, les cocotiers font place à une jungle composée de bosquets de bambous, de tecks et d’hévéas, et les collines sont couvertes de plantations de thé ou de café. On respire enfin un air plus frais ! L’étape incontournable est le Spice Village, un resort haut de gamme composé de cottages au toit végétal spacieux et décorés avec soin, entre lesquels poussent des pieds de poivriers, muscadiers, caféiers, plants de cannelle, de citronnelle, de cardamome, et aussi des arbustes dont les noix servent à fabriquer du savon… Le resort abrite un spa ayurvédique, un bar à l’anglaise avec photos N&B de l’époque coloniale, et une ferme bio pour alimenter le restaurant. On peut visiter la réserve à pieds sous forme de trekking, ou pour les moins courageux, sur un bateau. Une formule intéressante consiste à longer la rivière en charrette tirée par des buffles. Il s’agit d’un programme de réhabilitation mis en place par l’hôtel, qui emploie des paysans locaux pour conduire les charrettes, au lieu de s’adonner à la contrebande de défense d’éléphant ou de bois de santal. La balade est très agréable, et l’on a en plus la satisfaction de participer à un programme social…

 

Des backwaters verdoyants

Le circuit se prolonge vers l’ouest en atteignant Kumarakom, dans l’état du Kerala. Sur les rives du Vembanad Lake, le Coconut Lagoon est un resort qui constitue une étape très agréable dans un environnement idyllique. C’est l’univers des « backwaters », ce réseau de chenaux, canaux et lagunes naturelles proches du littoral, qui permet de pénétrer dans cette végétation à la fois exubérante et esthétique. Peut-être est-ce la silhouette des cocotiers dépassant des forêts, ou la forme ventrue des houseboat, ces bateaux recouverts d’une toiture végétale, qui rend tout si photogénique ? A moins que ce soit les pirogues chargées de noix de coco, les hérons qui s’envolent avec lenteur, ou les enfants qui se baignent près des rives et vous saluent en criant ? En tout cas on quitte cet univers zen et verdoyant avec regret, pour filer vers la dernière étape, Cochin. La capitale commerciale du Kerala est un grand port d’où partent pour l’étranger d’énormes cargaisons de thé, de poivre (l’or noir du Kerala), de fibres de coco, de caoutchouc, etc… Mais c’est aussi une ville charmante et multiculturelle puisqu’elle accueille depuis des siècles des juifs et des chrétiens, qui vivent en harmonie avec les hindous et les musulmans. Cela en fait des édifices religieux à visiter ! Après avoir vu tant de temples hindous, on ira à l’église St-François où fut enterré Vasco de Gama, et on déambulera devant Fort-Cochin pour voir les pêcheurs manœuvrer de grands carrelets de pêche chinois en bois, à l’aide d’un astucieux système de balancier actionné par des pierres. Le dernier visage saisi avant de filer à l’aéroport fut celui d’un vieux prêtre hindou arborant une curieuse fourche aux dents recourbées, et son attitude humble, son regard empathique et emprunt de sagesse restera longtemps gravé dans ma mémoire…

Pratique

Y aller : Paris-Madras et Cochin-Paris avec Air France.

Circuit : Cet itinéraire a été réalisé grâce au voyagiste FRAM, qui ne propose plus à ce jour de circuit accompagné en Inde du Sud. Un circuit accompagné similaire est proposé par la Maison des Indes, à partir de 1975 € pour 13 j/11 nuits.  Maison des Indes

Bonnes adresses :

– GRT Temple Bay, à Mahabalipuram

– Parisutham, à Tanjore

– GRT Regency, à Madurai

– Spice Village, à Periyar

– Casino, à Cochin

INDE du SUDMuttukadu Jeune femme
INDE du SUD Muttukadu Jeune femme

 

 

Sri Lanka, fémininement vôtre

Un subtil dosage entre découverte culturel et séjour balnéaire, un climat chaud qui attise la sensualité, la connaissance et la maîtrise du thé, les bienfaits de la médecine ayurvédique… Cette île tout en douceur et en langueur a tout pour séduire un large public, et particulièrement les femmes !

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« Ayubowan ! » La jeune fille aux cheveux de jais, irradiante de beauté, qui marche le long de la route, nous salue ainsi, et tient à nous offrir les fleurs de nénuphars qu’elle s’apprêtait à déposer au temple. Ce mot, signifiant bienvenue, qui s’accompagne d’un large sourire, avec les mains jointes en signe de paix, vient du fond des âges, du fond des âmes, et exprime toute la séculaire hospitalité des habitants de cette île posée au sud de l’Inde.

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Après avoir quitté Colombo (trop de monde, trop de circulation, trop de pollution), vous rejoindrez le Triangle Culturel, qui est à la fois le centre géographique et historique du Sri Lanka. Encadré par Anuradhapura, Polonnaruwa et Kandy, vous y trouverez la plupart des sites et monuments qui témoignent de la splendeur des civilisations qui s’y sont succédées pendant 25 siècles. En chemin, l’arrêt à l’orphelinat des éléphants de Pinnawela est incontournable. Il est vrai que le spectacle de ces pachydermes débonnaires faisant trempette dans la rivière, sous l’œil vigilant et la pique alerte de leurs cornacs, est vraiment plaisant. Après le bain, vous verrez des éléphanteaux orphelins avaler les bouteilles de lait comme des biberons. Touchant ! Mais il faut savoir que ces soins ne sont pas désintéressés, car ces éléphants devront un jour travailler pour l’homme, comme bête de trait, ou dans les cérémonies religieuses.

 

La religion, bouddhiste en majorité, tient une place considérable dans la vie des Sri Lankais. A Anuradhapura, les processions et les fêtes sont particulièrement fastes, surtout pendant la pleine lune. Le site est immense et regroupe de nombreux monuments entre lesquels circule une foule de croyants revêtus de blanc, au milieu de laquelle se remarquent les robes safran des bonzes au crâne rasé. Prosternés devant un arbre sacré, l’un des plus vieux du monde dit-on, de vieilles femmes psalmodient des prières, des hommes de tous âges méditent les yeux clos, même les enfants prient avec ferveur, et chacun va déposer des fleurs sur les autels, allumer des baguettes d’encens ou de petites coupelles d’huile. Parmi les nombreux dagobas (monument reliquaire) du site, celui de Ruvanvelisaya est le plus impressionnant : imaginez un immense dôme blanc immaculé de 90 m de haut, surmonté d’une coupole plaqué or, autour duquel tournent sans arrêt des centaines de fidèles pieds nus. Oui, c’est l’une des contraintes pour visiter les sites religieux, il faut se déchausser, être tête nue, et parfois ne pas découvrir ses jambes (on vous prêtera ou louera un sarong au besoin). Raison de plus pour ne pas se priver d’acheter un châle en Cachemire ou un sari en soie au marché de Kandy, par exemple, où les tissus sont très abordables. Savoir mettre un sari est une autre histoire, mais n’importe quelle femme rencontrée dans la rue ou à votre hôtel, se fera un plaisir de vous aider à plier cette longue pièce de tissu, qui devient comme par magie une parure conférant grâce et élégance à celle qui le porte. Surtout si elle est rehaussée de l’éclat de quelque saphir, rubis, topaze ou aigue-marine, dont le Sri Lanka est un grand producteur ! Kandy a un charme indéniable, dû sans doute à son lac serti dans un écrin de verdure. Un autre site magique est le rocher de Sigiriya, un gigantesque monolithe rouge planté dans la jungle, sur lequel un roi a construit un palais-forteresse inexpugnable… Si les abeilles géantes vous laissent monter, et si vous en avez le courage (200 m, c’est haut !), vous aurez le privilège d’admirer les Demoiselles, extraordinaires fresques impudiques miraculeusement conservées après plus de quinze siècles, et de jouir au sommet d’un panorama imprenable !

 

A partir de Kandy, la route qui mène à Nuwara-Eliya, situé à 1900 m d’altitude, est un enchantement. La végétation équatoriale, luxuriante et généreuse, comble les yeux et le palais de ses bienfaits, car elle remplit les étals des marchands de délicieux fruits exotiques (papayes, ramboutans, mangoustans…). Mais la plante dominante, ici, c’est le thé. Toutes les collines sont recouvertes de ces rangées de petits arbustes feuillus qui forment comme un velours côtelé d’un vert tendre et lumineux. L’essentiel de la main d’œuvre est constitué d’équipes de femmes tamoules, cueillant à la main les feuilles de thé, et portant sur leur dos la lourde hotte de leur récolte. Certaines factories (usines de thé) se visitent, et il est passionnant de voir toutes les étapes de traitement des feuilles de thé. On y apprend que la qualité du thé est proportionnelle à l’altitude où il est cueilli, et que le thé « réduit le cholestérol, rajeunit la peau, évite les caries, et diminue les risques de cancer »… On comprend pourquoi les Sri Lankais en boivent autant ! Le thé n’est pas la seule plante bénéfique du pays. Il suffit de visiter l’un des jardins d’épices qui se succèdent sur la route de Sigiriya à Kandy pour s’en persuader. A en croire le guide, toutes les plantes peuvent être utilisées dans la pharmacopée traditionnelle ! Vous trouverez dans leur boutique, un sirop amaigrissant aux herbes composé selon une ancienne formule d’ayurveda, cette médecine millénaire d’origine indienne. Des traitements ayurvédiques sont d’ailleurs proposés dans la plupart des grands hôtels, et il faut reconnaître que les services proposés, massages aux huiles essentielles, bains aux essences florales, réflexologie (massage des pieds), apportent du bien être et contribuent, sinon à la guérison de ses maux, du moins à la relaxation de son corps.

Que dire d’autre du Sri Lanka ? Lorsque vous saurez que la côte sud-ouest, entre Colombo et Galle, recèle des kilomètres de plage de sable fin, bordés bien sûr de cocotiers royaux (ceux qui produisent ces petites noix de coco orange gorgées d’une eau sucrée désaltérante), et qu’on y mange divinement bien, vous aurez compris que c’est une destination qui a de nombreux atouts, et qui promet des vacances de rêve…

La théière du monde

Qui ne connaît le thé de Ceylan ? Leader de l’exportation mondiale de thé, le Sri Lanka est la théière du monde après avoir été celle des Indes. Dans le centre montagneux de l’île, les plantations de thé s’étagent à perte de vue, jusqu’à se perdre dans les nuages, à plus de 2000 m d’altitude. C’est d’ailleurs à ces hauteurs que l’on récolte le meilleur thé, celui obtenu en ne récoltant que les bourgeons duveteux dorés ou argentés, qui donnent son arôme subtil à l’Orange Pekoe, la « Rolls » des thés de Ceylan. Achetez votre thé après avoir visité une factory : vous aurez les explications sur les différentes sortes de thé et la manière de le préparer.

Epices et délices

La cuisine locale semble se résumer à un unique plat : le riz au curry. Mais en jouant sur les combinaisons d’épices (safran, coriandre, muscade, girofle, cumin, poivre…), les différentes sortes de piment, l’ail et l’oignon, et en ajoutant parfois de la noix de coco aux sauces, on obtient toutes sortes de plats accommodant viandes, légumes, poissons, coquillages et crustacés, qui font d’abord le délice des yeux avant celui du palais. Si le repas est servi à la sri-lankaise, les currys seront servis sur une feuille de bananier, avec une généreuse portion de riz (blanc ou rouge, une variété locale), et il faut manger avec les doigts. C’est le petit dernier qui va être content ! Les fruits sont les meilleurs des desserts : délicieuses petites bananes si parfumées, ananas au goût de miel, mangues suaves et fondantes comme des pêches, ou la papaye arrosée d’un filet de citron vert, un pur régal aux propriétés digestives…

 

Pratique

Y aller : Qatar Airways relie Paris à Colombo en 13h30 avec une escale à Doha, à partir de 750 €.

Forfait : Plusieurs voyagistes proposent des circuits individuels en voiture avec chauffeur : Asia, Marco & Vasco, Jet Tours, Sri Lanka sur mesure…

Coups de cœur :

  • The Tea Factory, à Nuwara Eliya : une usine de thé reconvertie en hôtel ! Un charme fou, un excellent restaurant, un cadre exceptionnel au milieu des champs de thé.
  • Culture Club, à Kandalama : sérénité et confort dans ces éco-lodges construits en matériau local, centre ayurvédique zen très raffiné.
  • Bentota Beach Hotel, à Bentota : un resort avec cocoteraie situé entre une superbe plage et un lagon. Mariages traditionnels sur la plage et lunes de miel romantiques…

Décalage horaire : + 5 h en hiver, + 4 h en été

Climat : Chaud et humide toute l’année (t° de l’eau : 27 °C). Meilleure saison : de décembre à avril.

Pour en savoir plus : http://www.srilanka.travel.fr