Les perles d’Inde du Nord

Qu’y a-t-il de plus follement exotique qu’un voyage en Inde du Nord ? Rares sont les destinations qui suscitent autant de sensations, d’émotions, de passions. La province du Rajasthan symbolise à elle seule la fascination qu’exercent les « Indes » mythiques, celles des livres d’images où se mêlent somptueux palais de marbre et d’or, maharadjas à dos d’éléphant, fakirs et sortilèges ! Certes, aujourd’hui la réalité est autre : la misère sévit dans les grandes villes surpeuplées, certains palais sont décrépis, et les maharadjas sont devenus des hôteliers… Mais le charme agit toujours ! Les femmes ont une élégance naturelle dans leurs saris colorés, et les hommes en turban sont dignes et beaux. Même décrépis, les forts et demeures princières ont fière allure. Les « palais d’hôtes » sont décorés avec du mobilier d’époque et dans un style indo-européen qui allie le raffinement oriental au confort occidental. Et puis il y a le Taj Mahal. A l’instar du Macchu Pichu, au Pérou, la découverte de « la Lumineuse Perle de l’Inde » justifie à elle seul ce voyage, qui peut être par ailleurs perturbant pour les âmes sensibles et pour les intestins fragiles…

Delhi

New Delhi. Quel choc ! Ce qui frappe, d’abord, c’est la foule. On n’en revient pas de voir, dès la sortie de l’aéroport, une telle concentration humaine. L’impression est la même dans les rues grouillantes de Old Delhi, où le minibus a bien du mal à se frayer un passage dans le flot anarchique et ininterrompu des piétons, des vendeurs de journaux, des mendiants, des cyclistes et des rickshaw (taxis collectifs) bondés et imprévisibles. Un capharnaüm assourdissant qui n’a pas l’air de gêner les vaches indolentes qui se reposent sur la chaussée, indifférentes à toute cette agitation infernale… Sur les trottoirs encombrés de bâches en plastique servant d’abris aux sans-logis, gisent des êtres hagards et faméliques, des enfants pouilleux, des vieillards en loques sur des grabats, et cette misère est choquante. Mais il faut se garder des jugements péremptoires, et tenter de comprendre la structuration de la société indienne, comme le conseille Célia, notre guide indienne, dans le calme du jardin de l’hôtel Oberoi Maidens. Sous un immense banian résonnant de cris d’oiseaux inconnus, elle nous parle des castes, de la démographie galopante, de l’exode rural… Au moment où arrivent les plats, servis par des maîtres d’hôtel en gants blancs, on comprend qu’il va falloir s’habituer au contraste dérangeant entre le luxe des prestations touristiques, et la misère étalée dans les rues… La visite de Delhi permet de jeter les bases d’une première approche culturelle et historique de l’Inde. Le Fort Rouge montre la puissance de l’empereur moghol qui édifia au 17ème siècle cette forteresse inexpugnable, renfermant de merveilleux palais sertis de pierres précieuses ; le très haut Qutub Minar symbolise la forte présence de l’Islam ; et les quartiers cossus de New Delhi évoquent le passé colonial et l’empreinte britannique dans ce pays.

INDE du NORD – Old Dehli Salle d’audience Diwan-I-Khas au Fort Rouge

Les merveilles du Rajasthan

C’est avec soulagement que l’on quitte la capitale indienne pour pénétrer dans le Rajasthan. L’état des routes et les habitudes locales en terme de conduite peuvent rendre nerveux, surtout lorsque votre chauffeur, aussi bon soit-il, appuie sur le champignon et martyrise le klaxon alors qu’un camion Tata surchargé fait de même juste devant pour doubler des chameaux ! Ceux qui ne ferment pas les yeux à ce moment verront qu’à la dernière seconde le chauffeur empiète sur le bas-côté, heureusement dénué d’hommes ou de bêtes… Il faut aussi s’habituer à cela, ou bien mettre le masque occultant distribué dans l’avion. Mais cela serait dommage de ne pas voir ces champs de blé ou de colza, piqués des saris rose, vert ou jaune des femmes ; ces étendues arides où émergent des huttes en paille, ces arbres du désert avec leurs moignons étranges… Même les épouvantails sont élégants, car ils sont habillés de saris flottant au vent ! Au fur et à mesure que l’on s’éloigne de Delhi, le paysage se désertifie et devient infiniment plat. Célia égraine les siècles, les chiffres et les légendes, en émaillant ses récits d’anecdotes pour mieux faire comprendre son pays. « Saviez-vous que pyjama, palanquin, jungle, bungalow, véranda, shampoing, nabab, calicot, sont des mots d’origine indienne ? », nous demande-t-elle fièrement. Elle peut s’enorgueillir avec raison de la grandeur de son pays lorsqu’elle nous fait visiter le complexe de palais de Fatehpur Sikri. C’est une ancienne capitale de l’empire moghol du 16ème s., construite en grès rouge, et tout est un régal pour l’œil et l’esprit : ses volutes de pierre sculptées comme du bois, ses dentelles de marbre blanc, ses colonnes majestueuses, ses clochetons et ses tours… Il faut visiter Fatehpur Sikri à l’ouverture, il y a moins de monde, et cela renforce son côté « ville fantôme ».

INDE du NORD – Rajasthan Vieux sikh à Mandawa

Jaïpur est une autre halte incontournable, au Rajasthan. Les couleurs des bâtiments de la « ville rose » sont un peu passées, mais elle contient des merveilles architecturales qui forcent l’admiration. Tel le Palais des Vents, immense façade pyramidale percée de près de mille fenêtres ajourées, ou encore l’Observatoire, qui regroupe à ciel ouvert, c’est le cas de le dire, des instruments astronomiques colossaux du 18ème siècle, ressemblant à des sculptures contemporaines. Le fort d’Amber impressionne par la puissance de ses murailles de grès rouge, par la magnificence et le raffinement de ses palais de marbre, par l’harmonie de ses pièces d’eau. Si vous n’êtes pas opposés au travail des animaux, vous pourrez vous y rendre à dos d’éléphant. J’aimerais bien avoir la patience de ces animaux pour résister aux sollicitations pressantes et incessantes des petits vendeurs de souvenirs. Gentils, mais collants ! Ils ne vous lâchent que lorsque vous êtes assis dans le minibus, les portes fermées, et encore…

Ville d’artisanat par excellence, Jaïpur regorge de quartiers, appelés bazars, ayant chacun sa spécialité : le bazar aux pantoufles en soie brodées, celui des bois laqués, des cuivres ou des bijoutiers… Ne manquez pas d’aller à Bapu Bazar, où l’on trouve les cotonnades imprimées au tampon. C’est une technique fort ancienne au Rajasthan, où des villages entiers se consacrent à cet artisanat. Certaines échoppes ont leur propre atelier et font des démonstrations : vous verrez des ouvriers manipuler avec dextérité des pochoirs en tek sculpté, trempés dans six couleurs de base : bleu indigo, jaune safran, rouge rubis, vert épinard, noir oxyde de fer et blanc calcaire. Les motifs sont innombrables, et vous n’aurez que l’embarras du choix quant au support (sari, nappe, rideau…), à la qualité (coton simple ou en soie mélangée), à la taille, et aux couleurs… En marchandant ferme, vous ramènerez de superbes « indiennes » pour un prix très modique. Et dans certaines échoppes, ils offrent même un dépliant pour apprendre à porter un sari !

Les splendeurs passées du Shekhawati

Le Shekhawati est une région désertique située à la croisée des grandes routes caravanières, où de riches commerçants ont bâti de vastes demeures décorées de peintures murales. Dans des petits villages ruraux, animés mais pas surpeuplés, on peut se promener tranquillement en admirant ces havelis, certaines délabrées, mais ennoblies par ces  fresques, reflétant aussi bien la mythologie indienne que des scènes de vie quotidienne. Dans cette région, rien n’a vraiment changé depuis deux siècles : on tire toujours les charrettes avec des dromadaires, les potiers façonnent l’argile avec la même technique, et les pauvres se chauffent toujours avec de la bouse de vache séchée sur le toit des maisons… Ici, l’étranger est encore considéré comme un voyageur, et pas comme un portefeuille ambulant. Si vous semblez chercher quelque chose dans la rue, un « chic sikh » très élégant avec sa barbe peignée et son beau turban coloré viendra s’enquérir si vous voulez de l’aide, dans un anglais à l’accent british-hindou très craquant. Si vous séjournez dans cette région, il faut absolument réserver au Samode Palace, un somptueux palais de maharadja reconverti en hôtel. Ses chambres, toutes différentes, allient le raffinement oriental au confort occidental. Pendant le dîner, on assiste à un spectacle folklorique où se succèdent des montreurs de marionnettes et de très jolies danseuses issues de tribus nomades.  Au fait, saviez-vous que nirvana était aussi un mot indien ?

Inoubliable Taj Mahal

La plus belle des photos ne rendra jamais l’émotion que l’on ressent en découvrant le Taj Mahal pour la première fois. Surtout au lever du soleil, lorsqu’il émerge de la nuit en imprimant sur le ciel pâlissant la silhouette majestueuse de son bulbe parfait et de ses tours. On est subjugué par cette alliance de puissance, de grâce et de pureté qui se dégage de cette merveille du monde. Ce fabuleux palais en marbre blanc, incrusté de pierres précieuses, est bien plus qu’une merveille architecturale : c’est le symbole même de l’Amour. Celui d’un maharadja qui mit 22 ans et son immense fortune pour ériger en l’honneur de sa femme le plus beau des mausolées qui aient jamais été construits. Il se dégage un tel romantisme de ce monument que des couples du monde entier éprouvent le besoin de s’embrasser devant « la Lumineuse Perle de l’Inde »…

Pour profiter de la magie et de la poésie du site au petit matin, il faut y être avant 7 heures, lorsque la foule n’est pas encore là, et que le marbre rosit aux premières lueurs de l’aube. Il vous restera alors le reste de la journée pour visiter Agra, qui ne manque pas d’intérêt. Ne serait-ce que le fort d’Akbar, entourant de ses hautes murailles de somptueux palais de marbre incrusté de pierres semi-précieuses. Et par les fenêtres ou les baies ajourées de certaines pièces, vous apercevrez le Taj Mahal, qui éclate de blancheur de l’autre côté du fleuve Yamuna…

Pratique

Quand partir ? De novembre à mars, le ciel est toujours bleu, et les températures douces. Prévoir un pull, les nuits sont fraîches !

Formalités : passeport en cours de validité, et visa à obtenir en ligne avant de partir.

Circuit : cet article ne concerne qu’une partie du Rajasthan (Agra, Jaïpur, Fatehpur Sikri, Shekhawati). Le circuit classique comporte aussi les visites d’Udaïpur, Jodhpur, Jaisalmer et Bikaner. Mais il faudra prévoir alors au moins 15 jours… TUI propose un circuit d’une semaine à partir de 900 € vols compris, et un autre plus complet de 12 nuits à partir de 1200 €.

A lire : Lonely Planet « Inde du Nord et Rajasthan »

Se renseigner : www.incredibleindia-tourism.org

La Thaïlande en tourisme durable

Très loin des plages et des îles du sud dénaturées par le tourisme de masse, voici un itinéraire dans les provinces du Nord de l’ancienne Siam, privilégiant la »green attitude » et le tourisme durable. Une Thaïlande authentique qui ravira les amateurs de nature et de culture.

Chiang Mai, la capitale du nord

Chiang Mai est la seconde ville de la Thaïlande. Elle s’étend dans une vallée verdoyante au cœur du Lan Na, un ancien royaume nourri d’influences birmanes et laotiennes, qui a doté la ville de nombreux temples où s’expriment le meilleur de l’architecture et des arts thaïes. Tel le wat Chet Yod, un temple du XVème s. dont les murs sont sculptés de superbes bas-reliefs de divinités hindoues. Sous son banian sacré, des fidèles prient devant des autels surchargés de statuettes de serpent, l’animal totémique du temple… Après en avoir visité plusieurs, vous comprendrez le rôle important que tient le bouddhisme dans la société thaïlandaise, et vous aurez vu l’incroyable diversité dans leur décoration, parfois kitsch, souvent baroque, toujours fastueuse. Le soir, après une halte dans un salon de massage pour harmoniser vos chakras et soulager vos courbatures, faites un tour au centre-ville pour goûter la « street-food » locale, telle que la soupe Tom Yum à la citronnelle (assez épicée), le pad thaï (nouilles de riz sautées aux crevettes) ou un curry au lait de coco… 

Trek dans la jungle

A 1 h de route de Chiang Mai, la capitale du nord, le parc national Doi Inthanon porte le nom du plus haut sommet du pays, qui culmine au-dessus des forêts de mousson à 2565 m d’altitude. C’est évidemment très humide, et de spectaculaires cascades grondent dans les replis d’un relief vigoureux. Mae Ya est la plus haute chute d’eau du parc, son voile blanc recouvre 250 m de rochers, et forme à ses pieds un brumisateur géant, très agréable en atténuant la chaleur ambiante. La marche d’approche permet d’admirer des orchidées épiphytes, poussant aux creux moussus des arbres, tandis que l’air est parfois zébré par l’éclair bleu d’un martin-pêcheur. Un guide local vous devancera dans la jungle, en s’arrêtant pour vous montrer ce qu’un œil non averti ne saurait déceler – un coléoptère gros comme la main, une plante carnivore, un papillon aux ailes comme un tableau – et pour décrypter les cris d’animaux émergeant de la canopée ou des taillis impénétrables… L’observation directe est rarement possible, mais savoir que des éléphants, des gibbons et des tigres vivent dans cette jungle, procure de vrais frissons d’aventure ! Le parc national de Mae Charim est lui à 1 h de route de la ville de Nan. Il est traversé par la rivière Wa, dont les rapides permettent de faire de belles descentes en rafting. Une autre façon de traverser ces magnifiques forêts aux milles nuances de vert, sous le regard intrigué des singes dans les frondaisons des arbres, et celui amusé des pêcheurs sur les rives…

Rencontres autochtones

Le principal intérêt de voyager hors des sentiers battus du tourisme, c’est de rencontrer des communautés autochtones aux us et coutumes préservées, sans être considéré comme un porte-monnaie à deux jambes. Dans les villages de montagne du nord de la Thaïlande vivent des Akhas, des Hmongs ou des Karens, dont le mode de vie n’a guère changé depuis des siècles, téléphone portable et télévision mis à part… Vivant dans des cases en tek sur pilotis, certains portent un costume traditionnel en coton, tissé et brodé de couleurs chatoyantes, et ne demandent en général pas d’argent si l’on souhaite les photographier. Au contraire des femmes-girafes Padaung, qui vivent dans des villages frontaliers avec la Birmanie, et qui monnayent l’image de leur cou déformé par des anneaux en laiton… Je ne les juge pas de fonctionner ainsi, je condamne plutôt les touristes qui achètent l’image de leur difformité… Je sais bien que pour cette minorité ethnique, c’est un critère esthétique ou une identité culturelle, mais cette « coutume » fait souffrir des femmes, dès l’âge de 5 ans. Pour information, en 2008, le HCR (Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés) a encouragé le boycott par les touristes des villages Kayans (ou Padaung), considérant que les femmes y sont exhibées comme dans un « zoo humain ».  A l’inverse, les villageois que j’ai rencontrés dans mon voyage hors des sentiers battus du tourisme, se montrent touchés par l’intérêt que leur porte le visiteur étranger, et ils acceptent donc de se faire prendre en photo avec un plaisir évident. Ainsi, à Ban Sobhad, un village entouré de rizières dans le parc Doi Inthanon, la tisseuse était visiblement ravie devant l’objectif, et son sourire arc-en-ciel s’harmonisait avec les couleurs de ses cotonnades… Et en plus, son sens inné de l’hospitalité lui a même commandé de nous offrir un thé ou un café ! Parfois, l’accueil est organisé, comme à Samkha, une sorte de village « modèle » qui vit en autosuffisance et qui protège sa forêt de la culture sur brûlis. Nunok, une jeune femme Karen parlant anglais, reçoit de petits groupes chez elle, et explique autour d’un savoureux repas préparé par sa tante, comment la reforestation et la construction de digues ont amélioré leurs récoltes de riz, d’ail et de piment. Assis en cercle sur une natte autour d’un assortiment de plats, chacun trempe des petites boulettes de riz gluant dans les sauces proposées, tout en bombardant Nunok de questions. Alors que son cousin (un jeune bonze) s’est mis à l’écart pour consulter discrètement son smartphone, Nunok résume les principales restrictions auxquelles doivent se plier les moines bouddhistes (il y en a 227 !), et nous explique pourquoi un jeune homme (ou une jeune femme, il y a des nonnes habillées de blanc qui servent dans les temples), accepte ces règles contraignantes dans la société contemporaine…  Un bel exemple de tourisme durable... Dans le même ordre d’idée, je citerai l’exemple du « Royal Project » du parc Doi Inthanon, situé à côté du village de Klunklang : dans le but d’inciter les tribus montagnardes à ne pas pratiquer la culture sur brûlis (ce qui aggrave la déforestation), ni la culture d’opium, le gouvernement thaïlandais a formé ces villageois à des techniques d’agriculture modernes et respectueuses de l’environnement, tout en leur fournissant l’équipement et les outils pour le faire. Le site est splendide et se visite, le tourisme étant une composante du projet, car une partie de ce qui est produit sur place est cuisiné et servi dans un restaurant sur pilotis surplombant les cultures ! C’est génial comme idée, et à la satisfaction de voir la population travailler dans des serres de culture hydroponiques, des champs de fraises ou de salade, ou dans une ferme piscicole, s’ajoute le plaisir de retrouver tous ces produits dans son assiette. On ne peut pas manger plus local, avec des saveurs thaïe épicées, c’est un régal, et en plus tout est bio !   

THAÏLANDE – Parc national Doi Inthanon Petite fille devant un champ de fraises bio

De fabuleux temples bouddhistes

La religion tient une place capitale dans la vie des Thaïlandais. Le bouddhisme, teinté d’animisme dans les tribus du nord, régit la vie de tous les jours. Devant chaque maison ou commerce, les gens se recueillent en joignant les mains près du menton devant de petits autels chargés d’offrandes aux esprits. Dans chaque région, les temples (wat) reflètent l’architecture et le style décoratif des civilisations qui les ont influencées : l’Inde du sud au wat Chet Yod de Chiang Mai ; la Birmanie au wat Si Rong Muang de Lampang, rouge et or jusque sur ses toitures étagées, surchargé de dorures, de verres colorés et d’innombrables statues de bouddhas au regard bienveillant, sur lesquelles les gens pieux collent de petites feuilles d’or… Le wat Phumin de Nan abrite des peintures murales extraordinaires, véritables BD racontant la vie de Bouddha. Une fresque est particulièrement célèbre, celle de ce couple d’amoureux coiffés et habillés à la mode thaïe Lue, où un homme tatoué susurre des mots doux à l’oreille d’une femme au sourire complice, qui lui effleure le genou. Cette scène osée pour l’époque, reprise par tous les peintres et illustrateurs du pays, montre le vrai visage de la Thaïlande : une civilisation raffinée et délicate, à mille lieues des turpitudes de Pattaya ou de Phuket…

THAÏLANDE – Nan Jeune bonze du wat Phra That Khao Noi

Prolongation balnéaire au sud de Bangkok

Pour ceux qui ne conçoivent pas de voyage en Asie sans profiter tant soit peu des plaisirs balnéaires, la Thaïlande du sud offre l’embarras du choix. Mais sans descendre jusqu’à Phuket, il est possible de s’arrêter à Hua Hin, une grande station balnéaire un peu chic, pas trop éloignée de Bangkok, fréquentée par le gratin de la capitale. Vous y trouverez de bons hôtels, des restaurants spécialisés en fruits de mer, installés sur la plage, et toute la palette habituelle d’activités nautiques… Les plages ne sont pas à tomber à la renverse, c’est pourquoi vous en profiterez pour faire quelques excursions sympas. Par exemple faire un safari au parc naturel national de Kuiburi. On s’installe à l’arrière d’un 4×4, qui sillonne à faible vitesse des pistes jalonnées de postes d’observation. Il pleuvait à verse pendant mon safari, mais nous avons quand même pu observer une troupe d’éléphants qui se baignaient dans une mare. Voir ces pachydermes insouciants dans leur élément naturel, s’aspergeant et prenant un plaisir visible à leur bain, c’est tout de même autre chose que de voir des éléphants piétiner dans un zoo, ou dressés à balader des touristes, quand ils ne sont pas asservis aux rudes travaux de débardage en tirant de lourdes grumes de bois… De plus, l’argent dépensé dans cette réserve revient intégralement aux paysans du coin, puisque ce sont eux les chauffeurs et les guides du safari ! Encore un bel exemple de tourisme durable. Par contre, je déconseille le Khao Deng canal boat trip, une excursion proposée dans tous les hôtels, consistant à faire un tour de bateau sur des canaux marécageux. Le cadre est superbe, avec ces falaises karstiques bordant la mangrove, mais le moteur pétaradant est si bruyant (et polluant !) qu’il gâche tout le plaisir de la balade, en plus de faire fuir toute la faune… Quand on pense qu’il suffirait d’un moteur électrique pour transformer cet attrape-touriste en balade merveilleuse… Enfin, il nous a été signalé, dans la région, une excursion à faire absolument, que je n’ai malheureusement pas eu le temps de faire : il s’agit de la grotte Phraya Nakhon, le joyau du parc national de Sam Roi Yot. Accessible à pieds après un petit trek, la grotte abrite une modeste construction érigée sur un tertre, un petit pavillon royal construit en 1890 à l’occasion de la visite du roi Rama V. Si votre guide a bien calculé son coup, vous devrez arriver au moment où les rayons de soleil éclairent quasi miraculeusement ce temple en passant par une ouverture au sommet de la grotte, et en le nimbant de lumière : il paraît que c’est magique ! (Je joins une photo prise sur google images…)

Mon voyage pratique

Y aller : La Thaï Airways a un vol direct quotidien Paris-Bangkok en A380, à partir de 839 € A/R. https://www.thaiairways.com/fr_FR/index.page?gclid=EAIaIQobChMIxafNiM6V3wIVTLvtCh0jVwo3EAAYASAAEgKpEPD_BwE

Voyagiste : Grâce à son réceptif local très réactif, Evaneos vous concoctera un itinéraire sur mesure en Thaïlande du nord, à partir de 900 €/p pour 7 nuits en B&B. www.evaneos.fr

Séjourner :

Au Rati Lanna de Chiang Mai, un somptueux 4* « éco-friendly », situé au bord de la rivière Ping. A partir de 250 €/ch en B&B.

THAÏLANDE – Chiang Mai Hôtel Rati Lanna Riverside

Coup de cœur pour le très « roots »  Giant Bamboo Hut, une maison tout en bambou en forme de bateau, au charme fou, au milieu des rizières de Doi Inthanon. Compter environ 80 € la nuit pour 2 en pension complète. Réservation sur Facebook.  https://www.facebook.com/Giant-Bamboo-Hut-356513381353632/

Nan Seasons boutique resort : 7 villas en tek noyées dans la verdure, surplombant les rizières. A partir de 70 €/ch en B&B.

Evason Hua Hin : situé à Pranburi, à l’écart de l’animation de Hua Hin, magnifique 5 * aux chambres spacieuses, donnant dans un jardin tropical. Idéal pour une cure de bien-être, grâce à la zénitude de sa piscine, et surtout grâce à son spa The Six Senses, l’un des plus réputés de Thaïlande. A partir de 250 €/ch double en B&B. 

THAÏLANDE – Pranburi A l’hôtel Evason

Onusa retreat, au sud de Hua Hin : superbes villas en tek abritées dans un jardin tropical, à deux pas de la mer. Le proprio est un australien qui s’appelle…Gary Cooper ! A partir de 150 €/ch en B&B.

Se restaurer :

Huean Hom, à Nan : juste à côté du wat Phumin, restaurant à la clientèle exclusivement thaïe, qui fait un délicieux khao soï, le plat du nord emblématique, avec des nouilles de blé au bouillon de coco, des épices et de la viande. Pas cher du tout…

Let’s SeaBeach, à Hua Hin : jolie terrasse vue mer pour ce restaurant de poissons à la cuisine raffinée. Compter 30 €/p.

Bien-être : Oasis Spa (Sam Lan Road), à Chiang Maï : un havre de paix et de douceur au cœur du bruyant centre-ville. Le traditionnel massage thaï de 2 h est à seulement 45 € !

THAÏLANDE – Nan

Se renseigner : http://www.tourismethaifr.com  

Trois sites incontournables au Vietnam

Pour un premier voyage dans ce pays du Sud-Est asiatique bordé par la mer de Chine, voici trois étapes permettant de découvrir l’essentiel de ses attraits touristiques.

VIETNAM - Nha Trang
VIETNAM – Nha Trang

 

Hanoï, une capitale captivante

La plupart des guides locaux commencent la visite d’Hanoï par la place Ba Dinh, où l’on ne badine pas avec la discipline : c’est sur cette place impeccable que trône le mausolée de style soviétique d’Hô Chi Minh, fondateur du parti communiste indochinois, et principal artisan de l’indépendance du pays. Des soldats en uniforme blanc tirés à quatre épingles arpentent la place et veillent à la tranquillité de celui qui repose ici, que le peuple surnomme affectueusement « Oncle Hô ». Il est possible de visiter un petit musée qui lui est consacré, ainsi que son humble maison sur pilotis, perché au-dessus d’un étang à carpes. Puis direction le cœur de la vieille ville, qui conserve de nombreux témoignages de la présence française, à l’époque de la Cochinchine : le pont Paul Doumer construit par Eiffel, l’Opéra qui est inspiré par l’Opéra Garnier, certains immeubles de style Haussmannien, des hôtels à la façade coloniale, tel que le mythique Metropole Legend à la façade blanche immaculée, où se pressent toutes les célébrités, et devant lequel de jeunes mariés viennent souvent faire des séances photo… Il faut dire que les habitants sont assez francophiles et friands de notre culture : les sandwichs à la baguette et le café au lait sont entrés dans les habitudes locales, et les restaurants français ou les boutiques de mode à la « french touch » font florès. Et ne vous étonnez pas, dans un restaurant ou dans la rue, si vous paraissez dans l’embarras, de vous faire aborder par un vieil homme aux manières polies et avenantes, qui sera ravi de vous renseigner ou de vous aider dans un français châtié, trop heureux de pratiquer la langue de Molière qu’il a apprise pendant ses jeunes années…

Au cœur de la ville, Ho Hoan Kiem, ou le lac « de l’Epée restituée », au superbe pont de bois laqué de rouge, est un repère utile pour s’orienter. Il doit son nom à une vieille légende concernant une tortue et son épée magique (ce qui explique la tour de la Tortue en son centre), et ses rives sont fréquentées le matin et le soir par des joggeurs, des pratiquants de tai-chi, et autres joueurs de badminton ou de ballon. Il est très agréable de s’asseoir en terrasse de l’un des cafés alentours pour profiter du spectacle en dégustant une glace, un café ou une bière Ha Noï. Au nord du lac se trouve le Vieux Quartier, surnommé le quartier des 36 rues, car ce lacis de ruelles était jadis constitué de corporations d’artisans (les ferblantiers, les dinandiers, les menuisiers, les sculpteurs de marbre, etc…), une tradition toujours respectée, mais les corps de métier actuels ne correspondant pas forcément au nom des rues… L’ancienne rue du Chanvre se spécialise désormais dans la soie, et les marchands d’huile ont laissé la place aux magasins de chaussures ! C’est un quartier extrêmement vivant, à la densité humaine incroyable, que la plupart des agences de tourisme locales proposent de parcourir en pousse-pousse, soucieuses d’éviter tout risque aux voyageurs étrangers, pas habitués à circuler dans ces artères surchargées, où d’innombrables scooters louvoient à pleine vitesse au mépris total de toute règle de circulation… D’autant plus que les occidentaux sont souvent scotchés au milieu de la rue ou du trottoir par une scène de la vie, banale ici, mais extraordinaire pour le primo-visitant : des poulets égorgés dans le caniveau, un salon de coiffure improvisé en pleine rue, un porteur disparaissant sous son fardeau de légumes, un buffle sur l’arrière d’une moto… Il faut dire qu’ici, tout se porte et se transporte en moto, même les objets les plus encombrants et hétéroclites : des armoires, des frigos, des matelas, des pains de glace, des bambous, et même des vases de Chine ! Toutes sortes d’animaux, et des gens bien sûr, jusqu’à 4 ou 5 par moto ! Et on ne parle pas de grosses cylindrées, mais d’humbles et vaillantes 125 cm3 pétaradantes, les plus chargées ou les moins récentes laissant derrière elles un nuage noirâtre justifiant le masque de protection que la plupart des passants arborent sur le visage… Pour vous remettre de vos émotions, faites une halte dans un salon de massage traditionnel. Là encore, surprise : au lieu de s’isoler dans des cabines individuelles (ça existe aussi), une rangée de fauteuils articulés attend le client. Il suffit de s’y asseoir, et une masseuse aux doigts de fer vous prodigue un massage à la carte, tout en discutant avec sa collègue… Ce massage en public est très économique (10 € pour 50 minutes), distrayant, et relaxant pour peu que vous ayez refréné l’ardeur de votre masseuse, qui peut s’avérer tortionnaire si l’on ne précise pas d’emblée la « dureté » du massage souhaité !

Enfin, ne manquez pas de visiter Van Mieu, le temple de la Littérature, superbe temple érigé au XIème s. et dédié à Confucius. Cet exemple classique d’architecture chinoise, qui accueillit la première université du pays, se compose de cinq cours ceintes de murs, contenant des pavillons, des bassins, des stèles, et la « Grande maison des Cérémonies », reposant sur 40 piliers de bois laqués rouge, où des étudiants viennent toujours prier les veilles d’examens, en touchant la tête d’une statuette de tortue, animal réputé pour son grand Savoir…

A la fin de la visite, mon guide a parfaitement résumé Hanoï en une phrase : une ville façonnée par 1000 ans de présence chinoise, et 100 ans de colonisation française !

La baie d’Ha Long

A 2 h de route de Hanoï, l’embarcadère de Bai Chay grouille d’activité, car c’est de là que partent les centaines de bateaux-hôtels sillonnant la baie d’Halong. « Qui n’a pas vu la baie d’Ha Long n’a pas été au Vietnam », répète-t-on au pays d’Ho Chi Minh. Il est vrai que cette baie n’a pas usurpé son classement au patrimoine mondial de l’humanité : ce paysage marin hérissé d’une multitude de piton rocheux recouverts de jungle, est l’un des plus pittoresques et fascinants qui soient en Asie. On se croirait dans le film « Indochine » ! Pour l’admirer dans de bonnes conditions, il faut faire une croisière sur une jonque et passer au moins une nuit à bord. Ces bateaux traditionnels en bois à la voile ocre en forme d’aile de papillon (malheureusement souvent repliée), confèrent un cachet délicieusement exotique à la croisière. Celui que j’ai testé, de la compagnie Paradise Cruises, se nomme le « Indochina Sails ». Il contient une dizaine de luxueuses cabines habillées de teck et de marbre, dotées d’une large baie vitrée pour admirer le paysage depuis le lit… Mais on en profite mieux sur le pont, avec une vue panoramique. Appuyé au bastingage, ou allongé sur un transat, on ne se lasse pas de voir défiler les pitons karstiques émergeant de la mer de Chine couleur de jade, comme de petites montagnes émergeant d’une mer de nuages… Pour passer le temps, on s’amuse à reconnaître des formes zoomorphes dans ces îlots rocheux, d’ailleurs plusieurs portent effectivement un nom d’animal, tel que Chien, Lion ou Crocodile… La journée à bord est rythmée par des activités couleur locales : séance matinale de tai-chi, cours de cuisine (pour apprendre à faire des nems !), massages tonifiants ou relaxants… Même par mauvais temps, il est fascinant de voir émerger de la brume ces mamelons karstiques fantomatiques, qui auraient, comme le prétend la légende, été créés par la queue d’un dragon géant furieux…

Parfois, vous embarquerez sur une annexe pour visiter une grotte, telle Sung Sot (surnommée la grotte aux surprises car elle abrite d’étranges concrétions calcaires, dont l’une évoque un phallus géant…), ou un village de pêcheur flottant, dont les habitants vous inviteront en souriant à découvrir leur humble demeure baignée d’une entêtante odeur de nuoc-mâm (sauce de poisson fermentée). Pour le folklore, on repassera, car les bicoques en planches sont souvent recouvertes de tôle ondulée ou de vilaines bâches en plastique, et les pêcheurs délaissent les traditionnels chapeaux en paille de riz pour des casquettes Coca-Cola… Plus fun, la sortie kayak vous fera longer et passer sous les pitons calcaires, à travers des galerie creusées par l’érosion. Parfois on ressort à l’intérieur d’une sorte de cratère aux parois couvertes de végétation où nichent des oiseaux marins, formant un abri invisible de l’extérieur, une cachette idéale pour des pirates. Qui sait si il n’y a pas là quelque fabuleux trésor ?

A savoir : la meilleure période pour voir la baie d’Halong sous le soleil, c’est de mars à mai, et aussi en septembre-octobre.

 

Nha Trang, une station balnéaire en plein boom

C’est la station balnéaire qui « bouge », très animée, attirant autant les touristes étrangers que les Vietnamiens avides de s’amuser. Bien que largement bétonné, le front de mer n’est pas désagréable, avec sa plage de sable doré longue de 5 km, bordée par une large promenade agrémentée de jardins et d’espaces publics. A l’arrière, une rangée de grands immeubles enlaidit le paysage, mais il faut bien loger ses 500 000 habitants… Toutes les activités nautiques peuvent être pratiquées pour un tarif raisonnable, y compris de la plongée autour des petites îles de l’archipel qui s’éparpillent dans la baie (25 €/p pour un baptême de plongée à l’île Mun). Le village de pêcheurs de Nha Trang dispose d’un très joli port naturel à l’embouchure de la rivière Caï, protégé par des îlots rocheux, et le matin, il faut aller voir, depuis le pont Xom Bom, la flottille de bateaux bleu et rouge rentrer au port, leurs coques ventrues remplies des poissons frais que vous dégusterez le soir, grillés dans l’un des restaurants du front de mer. Il y a aussi pleins de cafés sympas, à l’ambiance décontractée et festive, pour boire un verre, danser ou s’exercer au karaoké…

Au nord de la ville ses dressent les tours de Po Nagar, fabuleux site érigé entre les VIII et XIème s. par la dynastie Cham, d’origine hindoue. Ce qui explique que ces monuments en brique rouge, de forme pyramidale, soient décorés de bas-reliefs de Shiva, et que l’on trouve, un peu partout sur le site, des lingam (symboles phalliques) reposant sur des yoni (symbole de l’organe génital féminin), pour évoquer leur complémentarité, de type « ying et yang ». A l’intérieur de la plus haute tour, trône la déesse Uma à dix bras, dans un intérieur sombre enfumé d’encens. Beaucoup de dévotion de la part des locaux, qui se prosternent longuement devant les images de divinités, déposent des fleurs et des offrandes, prient ou chantent… Il faut rester sur place assez longtemps pour assister à l’une des représentations d’une troupe de danseurs et de musiciens. Dans ce cadre, c’est très émouvant, même si l’on n’est pas amateur de musique indienne traditionnelle. A l’ouest de la ville, prenez un peu de hauteur pour visiter la pagode de Long Son. Juché sur un promontoire flanqué d’un escalier de 150 marches, un gigantesque bouddha d’une blancheur étincelante surplombe le site et nargue le visiteur exténué d’un sourire énigmatique. L’ambiance est très zen et serait propice à la méditation, si un bonze ne tapait pas toutes les minutes sur une énorme cloche. Hypnose auditive ou supplice ? A vous de voir…

Le saviez-vous ?

S’il y a un Institut Pasteur à Nha Trang, sur le front de mer, c’est grâce à Alexandre Yersin, un médecin français ayant travaillé avec Pasteur, qui, à la fin du 19ème s., a été l’un des premiers européens à explorer le delta du Mékong. Il a introduit des plantations de quinquina (produisant la quinine), et a trouvé un vaccin anti-pesteux, fabriqué dans l’antenne officielle de l’Institut Pasteur qu’il a fondé à Nha Trang. Mort en 1943, il est vénéré ici comme un saint…

Pratique

Y aller : Vietnam Airlines relie Paris à Hanoï en vol direct (10 h de vol), à partir de 800 € A/R.

Bonnes adresses :

  • Paradise Cruises (baie d’Halong) : à partir de 400 € pour 2j/1 nuit pour 2 p en pension complète.
  • Mövenpick Hotel à Hanoï : très bien situé à 10 min à pieds du vieux quartier. A partir de 150 € en B&B.

A Nha Trang, voici trois adresses, une pour les « fauchés », une pour les « blindés », la dernière assez chère mais abordable, pour se faire plaisir… :

* Son & Daughter guesthouse : agréable pension de famille située en ville, à 10 min de la plage. Chambres simples mais très propres, doubles, triples ou en dortoir. A partir de 10 € la ch.

* Six Senses Hideaway : fabuleux resort isolé dans la baie de Ninh Van, accessible uniquement par bateau, composé de luxueuses villas disposant d’un majordome, d’une piscine et d’un ponton privé. Le cadre est merveilleux, avec de gros rochers émergeant d’une eau turquoise, un peu comme aux Seychelles. Le design et le mobilier ethno-chic est top, tout est en bois précieux ou en bambou… L’hôtel de rêve, en pension complète, forcément, car isolé de tout. Cela explique en partie le prix : autour de 1000 € la villa… par jour évidemment (750 € en basse saison).

* Ana Mandara (5*) : l’un des trois seuls hôtels posés sur la plage, avec de charmants et confortables bungalows, chacun ayant son propre spa. A partir de 250 € la nuit en B&B.

Forfait : Marco & Vasco peut concocter un séjour d’une semaine avec Hanoï, la baie d’Halong et Nha Trang à partir de 2000 €/p. Vols et transferts inclus et guide francophone à chaque étape.

Bons guides :

– A Hanoï : Nguyen Ngoc Cuong ( jadecuong@yahoo.com )

– A Nha Trang : Vo Duy Hoang ( vdhoangdendalat@yahoo.com.vn )

 

La Thaïlande comme on l’aime

Plages de rêve, cocotiers, mer émeraude, éblouissants fonds sous-marins, excursions dans la jungle, Khaolak a tout de la destination idéale, que ce soit pour partir en famille, en voyages de noce ou pour les seniors. 

THAÏLANDE Khao Lak Plage Oawthong (baie dorée) avec massages

Passer une journée à Bangkok

Un grand sourire, les mains jointes devant le menton en s’inclinant légèrement, c’est ainsi que le visiteur est accueilli dans les hôtels, les aéroports et même dans la rue. Et ce signe de bienvenue, qui s’accompagne parfois d’un collier de fleurs, c’est l’image même de la Thaïlande, surnommée justement le « pays du sourire ». En arrivant à Bangkok, après 11h30 de vol, cela revigore autant qu’une serviette fraîche ! Cette étape, si elle n’est pas indispensable, permet au moins de se familiariser avec la culture thaïe, et de toucher des 5 sens la réalité d’une mégapole asiatique, avant de rejoindre l’univers feutré et idyllique de son resort balnéaire. Dans une atmosphère chaude et humide, on vous extirpera de la circulation infernale pour vous emmener déjeuner à bord d’une jonque sur la Chao Phraya, le fleuve qui traverse Bangkok, seul endroit à peu près respirable de la capitale. Là, vous verrez défiler un étonnant patchwork architectural, où les toits dorés des temples bouddhistes se reflètent dans des gratte-ciel de verre et d’acier, tandis qu’au bord des rives s’amoncèlent d’humbles cabanes en bois sur pilotis… Après avoir visité un temple et admiré vos premiers gigantesques bouddhas, vous embarquerez sur une barque plus petite, effilée, pour parcourir les klongs, les canaux de cette Venise orientale, qui fascine par cet étonnant contraste entre l’activité incessante des embarcations de toutes sortes, et l’attitude zen des habitants, qui vous saluent en rigolant depuis leur hamac… En fin d’après-midi, votre guide vous promènera dans le pittoresque quartier chinois, où vous ne pourrez résister aux fumets dégagés par les stands ambulants de nouilles sautées, de canards laqués et de soupes odorantes. Il faut le voir pour le croire, la célérité avec laquelle ils préparent, en moins d’une minute, ces plats tout chauds et succulents, vendus pour moins d’un euro !

 

Jungle et plages de rêve

Vous vous remettrez de vos émotions, et du décalage horaire, sur la plage de votre hôtel. Plutôt que les plages bondées de l’île de Phuket, préférez celles, tout aussi belles mais plus tranquilles, des environs de Khaolak. Cette zone balnéaire, située à 90 km au nord de Phuket, est idéale pour tous ceux qui recherchent le calme, le contact avec la nature et avec les villageois. Les amateurs de vie trépidante, de boîtes de nuit, de bars louches et de spectacles sulfureux préfèrent s’encanailler à Patong, le quartier chaud de Phuket, qui ne donne pas de la Thaïlande la meilleure image… Durement frappée par le tsunami de décembre 2004, la région de Khaolak s’est totalement reconstruite, et ses longues plages de sable blanc corallien ne portent plus aucun stigmate du terrible raz de marée. Lorsque vous serez rassasiées de soleil et des bains chauds dans les eaux cristallines de la mer d’Andaman, lorsque vous accepterez de vous éloignez de votre transat avec vue sur le paradis terrestre, lorsque vous aurez exploré les moindres recoins de la piscine et que vous connaîtrez tous les poissons tropicaux égayant les bancs de corail déjà bien colorés qui protègent votre plage, il sera temps de découvrir un autre aspect de Khaolak : la jungle ! Mais rassurez-vous, ce n’est pas Koh Lanta (une île d’ailleurs toute proche). Imaginez une forêt tropicale sillonnée de sentiers et de fraîches rivières, où l’on marche en écoutant le ramage des oiseaux et le babillage des macaques, et où l’on ne doit se protéger que des inévitables moustiques. C’est même assez gai de marcher dans cette jungle, dans les pas d’un jeune guide thaïlandais qui vous aidera à passer les gués sur des troncs d’arbres, et qui tentera de vous expliquer les secrets de la faune et la flore dans un franglais approximatif, en riant à tout propos. La bonne humeur est contagieuse, et vous serez conquis par la beauté du parcours, qui aboutit à une magnifique cascade, dont le frais bruissement couvre à peine les cris des enfants qui s’y baignent… On s’amuse aussi beaucoup en faisant un tour à dos d’éléphant ! Pourtant, cela n’a rien d’un rodéo : confortablement installés en duo sur de placides éléphants, étroitement surveillés et guidés par leurs cornacs, vous dominerez les plantations d’hévéa à 3 m du sol, et dodelinerez au rythme lent et chaloupé du pas de ces énormes pachydermes, tels d’improbables pachas ayant le mal de mer : prenez-vous en photo les uns les autres, c’est tordant ! Heureusement qu’à l’hôtel, un massage thaï vous attend pour soulager tous vos petits maux…

L’île de James Bond

Si vous ne deviez faire qu’une seule excursion, choisissez celle qui vous emmène à la découverte de la baie de Phang Nga. En bateau à moteur à longue queue, vous zigzaguerez entre une myriade d’îles et de pitons calcaires émergeant d’une mer émeraude aux reflets de jade, lisse comme une laque de Chine. C’est un paysage grandiose, unique, qui vous rappelle cependant quelque chose… Mais oui, James Bond, dans « l’Homme aux Pistolets d’Or » ! Plusieurs scènes ont été tournées ici, et l’on ne manquera pas de vous arrêter sur Ko Phing Kan, l’île où se dresse ce curieux piton calcaire phallique qu’on voit dans le film. Vous ferez aussi du canoë, piloté par un guide qui vous fera découvrir l’univers mystérieux de la mangrove, et qui vous fera passer dans des grottes hérissées de stalactites, accessibles par des tunnels si bas de plafond qu’il faut s’allonger dans le canoë : encore de belles parties de rigolade, et que de merveilleux souvenirs !

 

Pratique

Quand partir ? Entre novembre et avril : il pleut moins et il fait de 20 à 30 °C.

Y aller : Avec LookVoyages, séjour d’une semaine à partir de 800 € (vol + transferts + hébergement + petits déjeuners).   Look Voyages

Se loger : Apsara Beachfront resort & Villa, à Khaolak : Cet hôtel Club Lookéa est situé un peu à l’écart de Khaolak, au bord de la mer d’Andaman. Superbes bâtiments noyés dans la verdure, disposant de 3 restaurants, 3 piscines et d’un grand spa, et offrant de vastes chambres très classy, voire sexy (vue sur salle de bains depuis la chambre…). Nombreuses activités proposées, telles que cours de cuisine thaïe, sports nautiques, beach volley…

Se renseigner : Thaïlande Tourisme

 

 

 

Fascinante Inde du Sud

Entre le golfe du Bengale et la mer d’Oman, cet itinéraire traverse les états du Tamil Nadu et du Kerala pour une découverte d’une Inde sacrée et rurale, où les temples à l’architecture dravidienne foisonnante le disputent en beauté aux paysages de rizières, de jungles ou de canaux bordés de cocotiers.  

INDE du SUD Paysans dans une rizière vers Madras

Après 9h45 de vol, l’avion d’Air France se pose à Chennai (Madras), la capitale du Tamil Nadu. La 4ème plus grande ville d’Inde compte 8 millions d’habitants (12 millions avec la banlieue) et est le centre commercial, culturel et économique de l’Inde du Sud. On peut passer une heure au Georges Town Market, où tout ce qui se mange et s’achète est empilé à même les rues grouillantes et insalubres… Afin d’éviter les embouteillages, la pollution et le stress que l’on ressent dans les rues surpeuplées d’une grande ville indienne, il vaut mieux s’en extraire le plus vite possible afin de s’acclimater progressivement au pays dans le calme de la campagne. Il y a tant de temples ailleurs qu’on peut se passer de voir ceux de Chennai. Justement, à une trentaine de km au sud de la ville, Mahabalipuram est un site incontournable qui introduit parfaitement l’histoire et la culture indienne. C’est d’ici que la civilisation des Pallava rayonna vers Bali, Sumatra et le Cambodge entre le VIe et le VIIIe siècle. Au bord de la mer, sur la côte de Coromandel, ce gros village tranquille est rempli de monuments exceptionnels. Tel cet énorme rocher sculpté en bas-relief dans du granit rose, qui représente la « Descente du Gange sur la Terre » : un superbe tableau comptant une centaine de personnages (dieux, humains, animaux…) dont on ne comprend les interactions qu’à l’aide des explications du guide. Les sculpteurs ont astucieusement utilisé une fracture du rocher pour représenter le Gange… Il faut voir aussi le magnifique temple du Rivage, aux milliers de sculptures à la gloire de Shiva, ainsi que les 5 rathas, des temples monolithiques creusés à même le rocher. Pas étonnant de voir, à la sortie de la ville, un village de sculpteurs de pierre, fabricant à la chaîne des divinités de toutes tailles et de toutes natures de pierre. Révélateur du violent syncrétisme culturel de notre époque, la figure ayant le plus de succès est un Ganesh avachi regardant son laptop… Enfin, avant de quitter le coin, faites halte, au centre d’art et d’artisanat Dakshina Chitra, où des artisans de tous les états du Sud exposent leurs œuvres (sculpteurs, potiers, tisseurs, peintres…). Un artisanat de qualité qu’on ne retrouvera pas partout et dont il faut profiter !

Un petit coin de France

A 2 h de route de Mahabalipuram se trouve Pondichéry, charmante ville côtière chérie par les Français. Il faut admettre que cet ancien comptoir français créé par Colbert en 1654, et rétrocédé à l’Inde en 1945, a des airs de sous-préfecture de province… Les rues ont gardé leur nom français, même si le sanscrit double les appellations, et des pancartes d’avant-guerre n’ont jamais été décrochées (musée, bibliothèque, travaux publics…). Le quartier français, surtout, est charmant, avec ses ruelles calmes bordées de maisons aux couleurs pimpantes et aux jardins débordant de bougainvillées. Le long des trottoirs, d’impeccables Ambassador blanches et rutilantes renforcent le cachet colonial du quartier. La visite la plus étonnante à faire à Pondichéry est l’ashram de Sri Aurobindo. À travers des expositions permanentes de photographies, de textes et de vidéos, on y découvre les destins incroyables du gourou Sri Aurobindo et de la française Mirra Alfassa devenue celle que l’on surnomme « la Mère ». Sri Aurobindo a développé un yoga « intégral », nouvelle méthode de pratique spirituelle qui libère la conscience de l’homme, avec la possibilité d’acquérir une nouvelle conscience « supramentale », une conscience de vérité permettant d’avoir une vie harmonieuse, bonne et belle. A sa mort, la Mère perpétue son œuvre, et fonde en 1968 « Auroville » à une dizaine de kilomètres de l’ashram : une ville expérimentale qui se veut un lieu de vie communautaire universel où les hommes et les femmes de toutes nationalités peuvent vivre en paix et en harmonie, au-delà des croyances religieuses et politiques. A méditer !

Une spiritualité émouvante

Encore 4 h de route (ah, les superbes paysages de rizières vert tendre, piquetés des taches colorés des lunghis – sarong des hommes- et des saris des femmes qui replantent le riz…), et voici le temple de Gangaikondacholapuram, un magnifique exemple de l’architecture des Chola, inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco pour son exceptionnelle qualité architecturale et l’abondance de ses sculptures. Celles-ci participent d’un programme iconographique complexe, signe d’une réflexion élaborée sur la mythologie hindoue. On reste bouche bée devant la majesté de cet impressionnant temple pyramidal de 52 m de haut, dont la pierre ocre rougeoie au coucher du soleil. Le guide tente bien d’expliquer la signification de la pose de telle ou telle divinité, d’ailleurs souvent Shiva (Shiva dansant, Shiva domptant la mort, Shiva en yogi…), mais le mieux est de faire le tour du temple en se laissant subjuguer par la beauté et la spiritualité du lieu. Les moines en tunique orange et les pèlerins ordinaires qui se recueillent devant les statues du sanctuaire semblent si profondément habités par leur foi, que l’on est ému par tant de dévotion. Le soir, à l’hôtel de Tanjore, lorsque j’ai assisté au concert de musique classique indienne (tablas et veena, instrument à cordes), c’est l’image de Shiva dansant que j’avais devant les yeux…

Gopurams et mandapas

Thanjavur (Tanjore) était la capitale de la florissante dynastie Chola du IXème au XIème s. Aujourd’hui, cette grande ville veille jalousement sur sa culture et est devenue un pôle artistique (danse, musique, beaux-arts…) perpétuant les traditions anciennes. On s’en aperçoit en visitant le temple de Brihadishvara, autre « Grand Temple Vivant de Chola » inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco, car il y a toujours des musiciens et des danseurs devant le mandapa abritant l’énorme Nandi (taureau) monolithique noir de 25 tonnes, ou devant le sanctuaire de Ganapathy (Ganesh). Le Palais Royal voisin (où réside toujours la famille du maharadja local) mérite aussi la visite, ne serait-ce que pour admirer les élégants bronzes du XIème s. de la Art Gallery. Grimpez enfin au sommet de la Tour de l’Horloge, on y jouit d’un superbe panorama sur la ville, et sur le gopuram (tour sur-décorée surplombant l’entrée d’un monument) du Palais.

 

Une cuisine savoureuse

Après Tanjore, l’itinéraire passe par un troisième « Grand Temple Vivant de Chola », celui d’Airavatesvara, à Dharasuram. Ce temple d’architecture dravidienne érigé au XIIème s. repose sur plus de 100 piliers sculptés, et l’escalier à têtes d’éléphants qui mène au mandapa est une merveille. Là aussi, on y côtoie des prêtres ou des croyants en prière, ainsi que des mendiants à la barbe aussi longue qu’un jour sans naan… A propos de nourriture, faites une halte à l’hôtel-restaurant Sterling de Swamimalai, juste à 10 km du temple. Vous y dégusterez une savoureuse et épicée cuisine végétarienne, sous forme d’un thali, assortiment de plats de l’entrée au dessert servis dans de petites coupelles en métal disposées dans un grand plat rond. On y trouve en général du dal (lentilles), du riz et du pain (naan ou chapati), des légumes et des sauces plus ou moins épicées (du chutney doux à l’arrache-gueule). Mais on peut aussi préciser « not too spicy, please ! » avant de commander… Autre bonne adresse, à Karaikudi (vers Chettinad), « The Bangala », où le repas est servi, sous forme de petites portions, sur une feuille de bananier !

Le coucher de Shiva

En sortant de Tanjore, le guide fait généralement halte au « Art Village », lieu fait pour que les touristes puissent voir le travail du bronze ou de la sculpture sur bois. Les rapports sont forcément intéressés, mais c’est très intéressant de voir les fondeurs de bronze ou un fabricant de veena au travail. Demandez bien une facture, car les imitations sont si parfaites que les douaniers pourraient vous accuser d’avoir volé une antiquité ! Puis la route pas toujours goudronnée longe des rizières, des champs de cannes à sucre, de maïs, de millet, de coton ou d’anacardiers (noix de cajou). Parfois le chauffeur s’arrête pour que l’on puisse prendre des photos, mais le plus souvent il est concentré pour conduire le plus vite possible et  éviter ceux qui doublent en dépit de toute prudence, et qui prennent un malin plaisir à se rabattre à l’ultime seconde… Il faut avoir le cœur bien accroché, ou ne pas regarder la route mais le paysage… Après avoir déjeuner à Karaikudi, regorgeant de très belles demeures construites par de riches Chettiars à l’époque de leur prospérité (XIII au XIXème s.), l’itinéraire mène à Madurai, capitale culturelle du Tamil Nadu et l’une des plus vieilles villes de l’Inde.  S’il n’y a qu’une seule visite à faire à Madurai, c’est celle de l’immense temple de Menakshi, le plus exubérant exemple de l’architecture foisonnante des temples de l’Inde dravidienne. C’est une cité-temple gigantesque, on peut y passer des heures sans se lasser. Il y a tant à voir ! Déjà, aux entrées, situées aux 4 points cardinaux, on est fasciné par les gopurams qui élèvent le regard jusqu’au ciel. Les gopuram Sud et Est sont les plus beaux, avec ces hordes de personnages, de divinités et de monstres qui en garnissent les innombrables étages. Comme ils sont peints de couleurs vives, cela attire l’œil, c’est très graphique, et les appareils photos crépitent… Le temple est consacré à Shiva (Sundareshvara) et à Menakshi (celle dont les yeux ont la forme d’un poisson). Partout, ce ne sont que cours et labyrinthes, mandapas aux piliers ornés de dieux et d’animaux fantastiques… Cette cité sacrée vit au rythme des pujas, rites quotidiens que les prêtres mènent pour honorer les divinités. Les dieux sont baignés, nourris, portés, et l’on est soi-même transporté par toute la ferveur qui entoure la cérémonie. Celle du soir, surtout, est impressionnante. C’est la cérémonie du coucher des divinités, et dans la pénombre, à la lueur des torches (et des néons blafards…) on accompagne, au rythme lancinant des musiciens, Shiva qui va rejoindre Menakshi… Des foules de pèlerins des quatre coins de l’Inde viennent ici pour voir ça, et l’on se sent privilégié d’y assister aussi.

La route des épices

A 5 h de là se trouve le parc national de Periyar, surnommé le Jardin d’Eden de l’Inde. La route est longue mais jamais monotone. D’abord le paysage change, et même si y a toujours des rizières dans lesquels travaillent des buffles, on voit plus de palmiers et de cocotiers, ainsi que des plantations de datiers. Chaque village traversé a un temple, et aussi modeste soit-il, il est tout aussi émouvant. Les petits gopurams semblent plus naïfs, certains temples sont logés au pied d’un arbre vénérable, tel que le banian et son énorme tronc-racines… Le parc naturel de Periyar, appelé aussi Thekkady, est situé dans les montagnes de Cardamome, à environ 1000 m d’altitude, et l’on ne s’étonnera pas d’apprendre que c’est un peu la capitale des épices de l’Inde du Sud. En prenant de l’altitude, les cocotiers font place à une jungle composée de bosquets de bambous, de tecks et d’hévéas, et les collines sont couvertes de plantations de thé ou de café. On respire enfin un air plus frais ! L’étape incontournable est le Spice Village, un resort haut de gamme composé de cottages au toit végétal spacieux et décorés avec soin, entre lesquels poussent des pieds de poivriers, muscadiers, caféiers, plants de cannelle, de citronnelle, de cardamome, et aussi des arbustes dont les noix servent à fabriquer du savon… Le resort abrite un spa ayurvédique, un bar à l’anglaise avec photos N&B de l’époque coloniale, et une ferme bio pour alimenter le restaurant. On peut visiter la réserve à pieds sous forme de trekking, ou pour les moins courageux, sur un bateau. Une formule intéressante consiste à longer la rivière en charrette tirée par des buffles. Il s’agit d’un programme de réhabilitation mis en place par l’hôtel, qui emploie des paysans locaux pour conduire les charrettes, au lieu de s’adonner à la contrebande de défense d’éléphant ou de bois de santal. La balade est très agréable, et l’on a en plus la satisfaction de participer à un programme social…

 

Des backwaters verdoyants

Le circuit se prolonge vers l’ouest en atteignant Kumarakom, dans l’état du Kerala. Sur les rives du Vembanad Lake, le Coconut Lagoon est un resort qui constitue une étape très agréable dans un environnement idyllique. C’est l’univers des « backwaters », ce réseau de chenaux, canaux et lagunes naturelles proches du littoral, qui permet de pénétrer dans cette végétation à la fois exubérante et esthétique. Peut-être est-ce la silhouette des cocotiers dépassant des forêts, ou la forme ventrue des houseboat, ces bateaux recouverts d’une toiture végétale, qui rend tout si photogénique ? A moins que ce soit les pirogues chargées de noix de coco, les hérons qui s’envolent avec lenteur, ou les enfants qui se baignent près des rives et vous saluent en criant ? En tout cas on quitte cet univers zen et verdoyant avec regret, pour filer vers la dernière étape, Cochin. La capitale commerciale du Kerala est un grand port d’où partent pour l’étranger d’énormes cargaisons de thé, de poivre (l’or noir du Kerala), de fibres de coco, de caoutchouc, etc… Mais c’est aussi une ville charmante et multiculturelle puisqu’elle accueille depuis des siècles des juifs et des chrétiens, qui vivent en harmonie avec les hindous et les musulmans. Cela en fait des édifices religieux à visiter ! Après avoir vu tant de temples hindous, on ira à l’église St-François où fut enterré Vasco de Gama, et on déambulera devant Fort-Cochin pour voir les pêcheurs manœuvrer de grands carrelets de pêche chinois en bois, à l’aide d’un astucieux système de balancier actionné par des pierres. Le dernier visage saisi avant de filer à l’aéroport fut celui d’un vieux prêtre hindou arborant une curieuse fourche aux dents recourbées, et son attitude humble, son regard empathique et emprunt de sagesse restera longtemps gravé dans ma mémoire…

Pratique

Y aller : Paris-Madras et Cochin-Paris avec Air France.

Circuit : Cet itinéraire a été réalisé grâce au voyagiste FRAM, qui ne propose plus à ce jour de circuit accompagné en Inde du Sud. Un circuit accompagné similaire est proposé par la Maison des Indes, à partir de 1975 € pour 13 j/11 nuits.  Maison des Indes

Bonnes adresses :

– GRT Temple Bay, à Mahabalipuram

– Parisutham, à Tanjore

– GRT Regency, à Madurai

– Spice Village, à Periyar

– Casino, à Cochin

INDE du SUDMuttukadu Jeune femme
INDE du SUD Muttukadu Jeune femme

 

 

Sri Lanka, fémininement vôtre

Un subtil dosage entre découverte culturel et séjour balnéaire, un climat chaud qui attise la sensualité, la connaissance et la maîtrise du thé, les bienfaits de la médecine ayurvédique… Cette île tout en douceur et en langueur a tout pour séduire un large public, et particulièrement les femmes !

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« Ayubowan ! » La jeune fille aux cheveux de jais, irradiante de beauté, qui marche le long de la route, nous salue ainsi, et tient à nous offrir les fleurs de nénuphars qu’elle s’apprêtait à déposer au temple. Ce mot, signifiant bienvenue, qui s’accompagne d’un large sourire, avec les mains jointes en signe de paix, vient du fond des âges, du fond des âmes, et exprime toute la séculaire hospitalité des habitants de cette île posée au sud de l’Inde.

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Après avoir quitté Colombo (trop de monde, trop de circulation, trop de pollution), vous rejoindrez le Triangle Culturel, qui est à la fois le centre géographique et historique du Sri Lanka. Encadré par Anuradhapura, Polonnaruwa et Kandy, vous y trouverez la plupart des sites et monuments qui témoignent de la splendeur des civilisations qui s’y sont succédées pendant 25 siècles. En chemin, l’arrêt à l’orphelinat des éléphants de Pinnawela est incontournable. Il est vrai que le spectacle de ces pachydermes débonnaires faisant trempette dans la rivière, sous l’œil vigilant et la pique alerte de leurs cornacs, est vraiment plaisant. Après le bain, vous verrez des éléphanteaux orphelins avaler les bouteilles de lait comme des biberons. Touchant ! Mais il faut savoir que ces soins ne sont pas désintéressés, car ces éléphants devront un jour travailler pour l’homme, comme bête de trait, ou dans les cérémonies religieuses.

La religion, bouddhiste en majorité, tient une place considérable dans la vie des Sri Lankais. A Anuradhapura, les processions et les fêtes sont particulièrement fastes, surtout pendant la pleine lune. Le site est immense et regroupe de nombreux monuments entre lesquels circule une foule de croyants revêtus de blanc, au milieu de laquelle se remarquent les robes safran des bonzes au crâne rasé. Prosternés devant un arbre sacré, l’un des plus vieux du monde dit-on, de vieilles femmes psalmodient des prières, des hommes de tous âges méditent les yeux clos, même les enfants prient avec ferveur, et chacun va déposer des fleurs sur les autels, allumer des baguettes d’encens ou de petites coupelles d’huile. Parmi les nombreux dagobas (monument reliquaire) du site, celui de Ruvanvelisaya est le plus impressionnant : imaginez un immense dôme blanc immaculé de 90 m de haut, surmonté d’une coupole plaqué or, autour duquel tournent sans arrêt des centaines de fidèles pieds nus. Oui, c’est l’une des contraintes pour visiter les sites religieux, il faut se déchausser, être tête nue, et parfois ne pas découvrir ses jambes (on vous prêtera ou louera un sarong au besoin). Raison de plus pour ne pas se priver d’acheter un châle en Cachemire ou un sari en soie au marché de Kandy, par exemple, où les tissus sont très abordables. Savoir mettre un sari est une autre histoire, mais n’importe quelle femme rencontrée dans la rue ou à votre hôtel, se fera un plaisir de vous aider à plier cette longue pièce de tissu, qui devient comme par magie une parure conférant grâce et élégance à celle qui le porte. Surtout si elle est rehaussée de l’éclat de quelque saphir, rubis, topaze ou aigue-marine, dont le Sri Lanka est un grand producteur ! Kandy a un charme indéniable, dû sans doute à son lac serti dans un écrin de verdure. Un autre site magique est le rocher de Sigiriya, un gigantesque monolithe rouge planté dans la jungle, sur lequel un roi a construit un palais-forteresse inexpugnable… Si les abeilles géantes vous laissent monter, et si vous en avez le courage (200 m, c’est haut !), vous aurez le privilège d’admirer les Demoiselles, extraordinaires fresques impudiques miraculeusement conservées après plus de quinze siècles, et de jouir au sommet d’un panorama imprenable !

A partir de Kandy, la route qui mène à Nuwara-Eliya, situé à 1900 m d’altitude, est un enchantement. La végétation équatoriale, luxuriante et généreuse, comble les yeux et le palais de ses bienfaits, car elle remplit les étals des marchands de délicieux fruits exotiques (papayes, ramboutans, mangoustans…). Mais la plante dominante, ici, c’est le thé. Toutes les collines sont recouvertes de ces rangées de petits arbustes feuillus qui forment comme un velours côtelé d’un vert tendre et lumineux. L’essentiel de la main d’œuvre est constitué d’équipes de femmes tamoules, cueillant à la main les feuilles de thé, et portant sur leur dos la lourde hotte de leur récolte. Certaines factories (usines de thé) se visitent, et il est passionnant de voir toutes les étapes de traitement des feuilles de thé. On y apprend que la qualité du thé est proportionnelle à l’altitude où il est cueilli, et que le thé « réduit le cholestérol, rajeunit la peau, évite les caries, et diminue les risques de cancer »… On comprend pourquoi les Sri Lankais en boivent autant ! Le thé n’est pas la seule plante bénéfique du pays. Il suffit de visiter l’un des jardins d’épices qui se succèdent sur la route de Sigiriya à Kandy pour s’en persuader. A en croire le guide, toutes les plantes peuvent être utilisées dans la pharmacopée traditionnelle ! Vous trouverez dans leur boutique, un sirop amaigrissant aux herbes composé selon une ancienne formule d’ayurveda, cette médecine millénaire d’origine indienne. Des traitements ayurvédiques sont d’ailleurs proposés dans la plupart des grands hôtels, et il faut reconnaître que les services proposés, massages aux huiles essentielles, bains aux essences florales, réflexologie (massage des pieds), apportent du bien être et contribuent, sinon à la guérison de ses maux, du moins à la relaxation de son corps.

Que dire d’autre du Sri Lanka ? Lorsque vous saurez que la côte sud-ouest, entre Colombo et Galle, recèle des kilomètres de plage de sable fin, bordés bien sûr de cocotiers royaux (ceux qui produisent ces petites noix de coco orange gorgées d’une eau sucrée désaltérante), et qu’on y mange divinement bien, vous aurez compris que c’est une destination qui a de nombreux atouts, et qui promet des vacances de rêve…

La théière du monde

Qui ne connaît le thé de Ceylan ? Leader de l’exportation mondiale de thé, le Sri Lanka est la théière du monde après avoir été celle des Indes. Dans le centre montagneux de l’île, les plantations de thé s’étagent à perte de vue, jusqu’à se perdre dans les nuages, à plus de 2000 m d’altitude. C’est d’ailleurs à ces hauteurs que l’on récolte le meilleur thé, celui obtenu en ne récoltant que les bourgeons duveteux dorés ou argentés, qui donnent son arôme subtil à l’Orange Pekoe, la « Rolls » des thés de Ceylan. Achetez votre thé après avoir visité une factory : vous aurez les explications sur les différentes sortes de thé et la manière de le préparer.

Epices et délices

La cuisine locale semble se résumer à un unique plat : le riz au curry. Mais en jouant sur les combinaisons d’épices (safran, coriandre, muscade, girofle, cumin, poivre…), les différentes sortes de piment, l’ail et l’oignon, et en ajoutant parfois de la noix de coco aux sauces, on obtient toutes sortes de plats accommodant viandes, légumes, poissons, coquillages et crustacés, qui font d’abord le délice des yeux avant celui du palais. Si le repas est servi à la sri-lankaise, les currys seront servis sur une feuille de bananier, avec une généreuse portion de riz (blanc ou rouge, une variété locale), et il faut manger avec les doigts. Les fruits sont les meilleurs des desserts : délicieuses petites bananes si parfumées, ananas au goût de miel, mangues suaves et fondantes comme des pêches, ou la papaye arrosée d’un filet de citron vert, un pur régal aux propriétés digestives…

Pratique

Y aller : Qatar Airways relie Paris à Colombo en 13h30 avec une escale à Doha, à partir de 750 €.

Forfait : Plusieurs voyagistes proposent des circuits individuels en voiture avec chauffeur : Asia, Marco & Vasco, Jet Tours, Sri Lanka sur mesure…

Coups de cœur :

  • The Tea Factory, à Nuwara Eliya : une usine de thé reconvertie en hôtel ! Un charme fou, un excellent restaurant, un cadre exceptionnel au milieu des champs de thé.
  • Culture Club, à Kandalama : sérénité et confort dans ces éco-lodges construits en matériau local, centre ayurvédique zen très raffiné.
  • Bentota Beach Hotel, à Bentota : un resort avec cocoteraie situé entre une superbe plage et un lagon. Mariages traditionnels sur la plage et lunes de miel romantiques…

Décalage horaire : + 5 h en hiver, + 4 h en été

Climat : Chaud et humide toute l’année (t° de l’eau : 27 °C). Meilleure saison : de décembre à avril.

Pour en savoir plus : http://www.srilanka.travel.fr