La REUNION, une île sensationnelle

 

Dès la sortie de l’aéroport Roland Garros, un généreux soleil tropical détend le corps engourdi par 11 heures de vol. Qu’il est beau et profond ce ciel bleu, outremer bien sûr, et qu’il est suave le parfum des fleurs de frangipanier… D’emblée, le relief de l’île saute aux yeux : il faut savoir que ces cirques montagneux, s’élevant à plus de 3000 m, conditionnent pas mal de choses, à La Réunion. D’abord le climat : les nuages poussés par les alizés butent contre ces sommets et se déversent sur la côte Est, la côte « sous le vent », très verte, qui détient des records de pluviométrie. Alors que sur la côte Ouest il fait toujours beau ! Tout le centre de l’île étant occupé par ces cirques, l’essentiel de la circulation se fait sur le littoral, ce qui cause de fréquents embouteillages. Et la route des Tamarins, une portion d’autoroute de 34 km construite sur les Hauts de l’Ouest pour désengorger les stations balnéaires, ne suffit pas à éviter les bouchons. En conséquence, quand on loge dans l’Ouest, il vaut mieux éviter de se rendre le matin vers Saint-Denis, et inversement, dès 16 h, la circulation vers Saint-Gilles est très chargée…

Le paradis des randonneurs

L’atout majeur de La Réunion, c’est son intérieur montagneux au relief vigoureux, sa forêt primaire et son volcan, sillonnés par un dense réseau de GR et de sentiers balisés (+ de 1000 km). Attention, certaines balades sont difficiles, il peut être utile de se faire accompagner d’un guide péï, ne serait-ce que pour se faire nommer toutes ces plantes exotiques voire endémiques à La Réunion, avec leur usage dans la pharmacopée traditionnelle.

Mafate est le seul cirque à n’être accessible qu’à pieds : ses habitants sont ravitaillés par hélicoptère ! C’est un autre monde, un éden de quiétude, où l’on vit en harmonie avec la nature. Mafate est donc un terrain de jeu fabuleux pour les amoureux de nature et de randonnée. A travers ses champs et ses ravines, vous passerez d’îlet en îlet, fascinés par le mode de vie en quasi-autarcie des mafatais. L’accès à Mafate le plus facile consiste à suivre la canalisation des Orangers, à partir de Sans-Souci, un hameau situé sur les hauteurs de St-Paul. Mais comme cette balade est très longue, ceux qui ne veulent ou ne peuvent pas randonner ont quand même la possibilité de voir l’intérieur de Mafate. Pour cela, il suffit de se rendre en voiture jusqu’au piton Maïdo, à 2200 m d’altitude, où un belvédère surplombant offre un panorama époustouflant : 1000 m de vue plongeante sur cette immense cuvette montagneuse hérissée de pitons rocheux et d’îlets, sur lesquels brillent les toits des petites cases créoles, apparaissant comme des pépites au fond d’une batée gigantesque. Les cirques de Cilaos et de Salazie ne sont pas aussi isolés, et il est possible de s’y rendre par la route. Depuis Saint-Gilles, il faut deux heures pour arriver au bout de la « route aux 420 virages » qui mène à Cilaos, mais cela en vaut la peine. Les paysages offerts par cette route en corniche sont si spectaculaires qu’on a l’impression de traverser la Cordillère des Andes ! Cilaos est un charmant village thermal serti dans un écrin de montagnes, qui repose parfois sur une mer de nuages. Cela renforce son caractère insulaire, et comme toute île, Cilaos a ses particularités : de savoureuses lentilles, et un vin rouge. Mais comme ce n’est pas un grand crû, on ramènera plutôt les « jours », ces fines broderies faites main par les femmes de Cilaos. La route qui grimpe à Salazie est moins impressionnante mais tout aussi belle : on y admire les fameux « voiles de la mariée », ces cascades drapant les falaises d’un tulle blanc en mouvement, contrastant avec la végétation luxuriante de ce cirque très vert.

 

Marcher sur la lave du volcan

Mais l’excursion la plus spectaculaire est celle qui mène au volcan de la Fournaise. A 2360 m d’altitude, vous découvrirez d’abord un paysage stupéfiant, la Plaine des Sables. Cette vaste plaine remplie de scories volcaniques fait immanquablement penser à la planète Mars ! Soyez rassurés, même s’il est actif, le volcan est bien surveillé, et il est même possible de marcher sur les coulées de basalte jusqu’au bord sulfureux du cratère… Pour cela, il faut se renseigner à la Maison du Volcan, extraordinaire musée interactif consacré au volcanisme, ou au gîte du Pas de Bellecombe. Mais si vous ne désirez pas jouer à Haroun Tazieff, il est tout de même possible de se faire photographier sur une coulée de lave refroidie, sans faire le moindre effort : en effet, régulièrement, des coulées de lave se déversent dans la mer en traversant la route nationale ! Pour voir cette route presque unique au monde, il faut se rendre dans le sud de l’île (surnommé le Sud sauvage), au niveau du Tremblet. Ce  quartier de l’île est évidemment inhabité, puisque c’est la zone d’écoulement du volcan. Arrêtez-vous le long des coulées de lave qui ont traversé la route un peu plus loin. S’il n’y a pas eu de coulée récente, il est possible de marcher dessus, et c’est très impressionnant, car si l’on glisse la main dans les anfractuosités, on sent encore un peu de chaleur… Après une éruption, l’accès est interdit, mais même plusieurs semaines après, la température sous la croûte est encore si élevée que certains viennent y faire cuire des saucisses ! A Sainte-Rose, faites une halte devant la célèbre église de Piton-Sainte-Rose, figée dans son écrin de basalte. Lors d’une ancienne éruption, la lave a entouré l’église et s’est arrêtée juste devant la porte, ce que d’aucuns ont considéré comme un miracle…

Le charme des villages créoles

En empruntant les petites routes qui s’enroulent sur les pentes des cirques et du volcan, vous découvrirez de petits villages tranquilles où se niche l’âme créole. A Grand-Coude, Johnny Guichard guidera vos enfants dans un labyrinthe tracé dans un ancien champ de thé, et vous expliquera la distillation du géranium. Dans le même village, vous pourrez découvrir à la Maison Laurina la culture du café Bourbon Pointu, une variété d’arabica réputée donner le meilleur café du monde, qui se vend à prix d’or au Japon ! C’est moins cher sur place, mais tout de même aux alentours de 500 €/kg… A Hell-Bourg, dans le luxuriant cirque de Salazie aux parois couvertes de cascades, le guide-péï Dominick – alias Dodo – (06 92 86 32 88) a concocté un circuit « cases créoles » au cours duquel vous irez à la rencontre des habitants, qui vous dévoileront l’art de vivre créole et l’ordinaire de la vie lontan (jadis). Dans le même cirque, il y a aussi Patrick Manoro, qui n’hésite pas à emmener sa guitare pour charmer les touristes lors des haltes… A la Plaine des Grègues, c’est mémé Rivière qui vous dira tout sur la culture et les vertus du curcuma (le safran-péï), tandis qu’au Tampon, Bertrand Bègue vous fera visiter son exploitation d’ananas Victoria…

On ne dira jamais assez que la population créole est très accueillante et chaleureuse. On est reçu à bras ouverts au sein des familles avec un naturel et une sincérité touchantes, pour peu que l’on s’intéresse à la culture créole et que l’on n’arrive pas avec un complexe de supériorité, ni une attitude hautaine et méprisante, trop souvent affichée par les « Zoreilles » (surnom pour les Français de métropole). Si vous avez état d’esprit ouvert et bienveillant, il y a de fortes chances que vous repartiez de La Réunion en y laissant de merveilleux souvenirs… et de nouveaux amis !

Selfie avec Gilbert Robert, sympathique patron de l'Auberge du Piton Fougère
Selfie avec Gilbert Robert, sympathique patron de l’Auberge du Piton Fougère

Le tour de l’île en hélico, un must

Vus du ciel, les trois cirques apparaissent dans toute leur folle démesure : tout n’est que failles, pics et falaises, les sommets surplombent vertigineusement un chaos minéral recouvert de verdure, saigné par de profondes ravines. Lorsque le pilote plonge dans le Trou de Fer, gigantesque gouffre creusé par une majestueuse cascade, on retient son souffle, le cœur au bord des lèvres. Si vous choisissez la formule la plus complète, vous aurez la chance de vivre un autre moment très fort : lorsque l’hélico s’immobilise au-dessus du volcan, dévoilant à travers les fumerolles qui s’échappent de la gueule béante le magma en fusion !

Les plages

Les seules plages de l’île, situées sur la côte Ouest, réservent quelques surprises. D’abord, elles ne sont pas toutes de sable blond, comme à Boucan-Canot. A l’Etang-Salé-les-Bains, c’est une grande plage de sable noir qui vous attend, peut-être moins agréable, mais aussi moins fréquentée que celles situées autour de Saint-Gilles. La barrière de corail qui les borde forme parfois de magnifique lagons aux eaux turquoise peu profondes, comme à l’Hermitage, mais le corail mort, dur et cassant, peu blesser les pieds : pensez à apporter des sandales ! Même avec un simple masque et un tuba, vous pourrez observer les poissons colorés qui habitent les lagons : poissons-chirurgiens, poissons-pierre, poissons-lion, poissons-perroquets, et parfois, avec de la chance, mérous, raies, barracudas, dauphins. Attention, respectez les lieux de plongée et de baignade autorisée, car des requins rodent, au large…

Des cascades en-veux-tu-en-voilà !

Voici mon Top 5 des cascades de La Réunion, facilement accessibles.

* Au Nord, voici la cascade Niagara à Ste-Suzanne. Vous traverserez des champs de canne à sucre pour arriver devant cette haute paroi où s’écoule avec fracas la rivière Sainte-Suzanne. Les familles se baignent dans le bassin, et les plus téméraires se font masser les épaules par les cataractes les moins puissantes…

* A l’Est, jouxtant le cirque de Salazie, le Trou de Fer est l’écrin démesuré de la plus haute cascade de l’île. Si vous ne faites pas le tour en hélico pour découvrir ce site par la voie des airs, il est possible de se rapprocher de ce trou béant par la randonnée. Pour cela, rejoignez en voiture le gîte de Bélouve. De là, un sentier assez facile traversant une luxuriante forêt primaire, vous mènera à un belvédère surplombant cet abyme envoûtant.

* Au Sud-Est, vers Ste-Rose, l’anse des Cascades vaut surtout pour son ambiance. Dans cette cocoteraie où les locaux viennent le dimanche pour pique-niquer, quelques rastas maltraitent des tambours, des pêcheurs vendent du poisson, et chacun vient se rafraîchir sous une petite cascade qui tombe presque dans la mer !

* Au Sud, remontez le cours de la rivière Langevin depuis St-Joseph. Tout le long de la route, des camions de restauration proposent bouchons (boulettes de viande), samoussas et autres friandises créoles. Et à un virage, vous découvrirez la cascade Langevin, sans doute la plus belle de l’île, car très large, très haute, et plongeant dans un bassin d’eau claire. On en reste bouche bée d’admiration !

* A l’Ouest, sur la route de Saint-Gilles-les-Hauts, une petite marche permet d’accéder à une série de bassins idylliques alimentés de fraîches cascades (bassin des Aigrettes, des Cormorans…). A ce jour, l’accès en est interdit par un grillage, mais il est régulièrement ouvert par la population, qui n’est pas prête à renoncer à ce lieu de baignade idyllique. La commune prévient pourtant qu’il y a des risques d’éboulement, donc c’est à vos risques et périls…

Une farandole de fleurs et de fruits

L’été, dans l’hémisphère sud, correspond à notre hiver. C’est donc la belle saison pour les fleurs et fruits tropicaux. C’est une explosion de couleurs et de senteurs dans tous les jardins privés et publics. Parmi les jardins qu’il faut visiter, citons :

  • Les serres et les jardins du Conservatoire Botanique National de Mascarin, à Saint-Leu.
  • Le Jardin d’Eden à Saint-Gilles. Magnifique jardin paysager où l’on découvre les vertus de plantes tropicales sacrées, médicinales, magiques…
  • Le Jardin des Parfums et des Epices, à Saint-Philippe. Dans une végétation luxuriante, les épices voisinent avec les plantes à parfum et les fruits tropicaux.
  • Le jardin créole de la maison Folio, à Hell-Bourg. Jardin typique de La Réunion, avec guetali (kiosque), aux mille couleurs et senteurs.

Pour emporter des fleurs en métropole (ou des letchis en décembre/janvier), contacter le Comptoir Mélissa (02 62 21 12 12), à St-Benoît.

En ce qui concerne les fruits, promenez-vous dans le plus grand marché de l’île, qui se tient à Saint-Paul le vendredi toute la journée et le samedi matin. Vous y trouverez les fruits de saison, à savoir letchis, mangues, fruits de la passion, les délicieux petits ananas Victoria, les papayes et les bananes. Attention, la vanille vendue provient généralement de Madagascar. Demandez un certificat de provenance.

 

Vanille bleue et letchis roses

Le mois de décembre, à La Réunion, c’est le mois du letchi ! Un bonbon rose charnu et juteux, vendu en grappes au bord des routes et sur les marchés, à consommer sans modération. Cette variété est bien supérieure en qualité à ceux importés de Madagascar. C’est aussi le cas de la vanille, dont il faut découvrir les secrets de fabrication dans une plantation de la côte Est de l’île ou du Sud Sauvage. A Saint-André, la famille Roulof fait visiter sa plantation sous ombrière, et l’atelier de préparation des gousses. Et à l’Escale Bleue, à St-Philippe, la famille Leichnig produit la vanille « bleue », une vanille Bourbon exceptionnelle à l’arôme puissant et entièrement comestible !

Des musées relookés

Plusieurs musées incontournables ont été rénovés récemment : c’est le cas de Stella Matutina à St-Leu, qui s’est doté des outils multimédias les plus modernes pour faire découvrir l’histoire croisée du sucre et de l’île Bourbon (ancien nom de l’île) ; idem pour la cité du Volcan, où la muséographie innovante (projections holographiques, réalité augmentée, cinéma 4D…) permet de s’immerger dans l’univers fascinant des volcans et particulièrement celui du Piton de la Fournaise, dont on pénètre les entrailles grâce à un tunnel de lave reconstitué ! A Hell-Bourg, la maison Morange présente une fabuleuse collection d’instruments de musique venus du monde entier. Enfin, le musée des Arts décoratifs de l’Océan Indien présente des objets d’arts (meubles, textiles, porcelaines de Chine…) dans une superbe maison créole de St-Louis. Cet ancien domaine caféier permet aussi de se balader dans sa plantation de café Bourbon pointu !

Pratique

Y aller

Quatre compagnies aériennes desservent La Réunion en 11 à 13 heures de vol. Air France, Air Austral, Corsair et French Bee (low-cost appartenant à Air Caraïbes). Comparez leurs offres ! Ma préférence va à Air Austral, compagnie réunionnaise, pour son bon rapport qualité/prix, et ses nombreuses connections avec les autres îles de l’Océan Indien.

Se loger

Grand choix d’hôtels de toutes catégories. Attention, décembre et janvier correspondent à la haute saison touristique, il faut réserver longtemps à l’avance. Mon coup de cœur : le Palm Hotel & Spa, à St-Pierre, un 5 * au design contemporain très bien situé au calme dans le sud de l’île, dont le restaurant gastronomique est le meilleur de La Réunion. Palm & Spa . Pour les plus petits budgets, il y a d’innombrables nombreuses chambres d’hôtes à travers toute l’île, dont bon nombre font table d’hôte. Une bonne occasion de découvrir la gastronomie locale ! Je conseille l’Auberge de Piton Fougère, à la Plaine des Fougères (Sainte-Marie). La route grimpe sec pour y aller, mais l’accueil de Guylène et Gilbert, ainsi que leur cuisine au feu de bois valent le déplacement ! Piton Fougère

 

Activités

Le relief et l’hydrographie de l’île permettent de pratiquer de nombreuses activités outdoor très fun : surf, plongée, canyoning, kayak, escalade, VTT, parapente, etc…

 

Gastronomie : La spécialité locale est le cari. Cette manière de cuire la viande, le poisson ou les crustacés, originaire d’Inde, fait intervenir de nombreuses épices, telles que le curcuma et le gingembre. Il se sert sur « piton » de riz blanc, accompagné de « grains », sorte de fèves, de « brèdes », légumes verts aux propriétés digestives, et du rougail, mélange détonnant de piment, tomates et oignons. A déguster dans les chambres d’hôtes et dans les petits restaurants créoles, où l’on peut aussi goûter à l’autre spécialité de l’île, le rhum arrangé, exquise boisson à base de rhum, dans lequel ont macéré divers fruits, feuilles ou racines, le tout adouci par du sirop de canne à sucre.

A savoir

De janvier à mars, il peut faire très chaud, et c’est la période cyclonique. Il y a donc un risque de vivre un cyclone, ce qui peut être terrifiant, et cela peut impacter votre choix d’activité (nombreuses routes coupées, rivières en crue, très forte houle empêchant toute activité nautique…).

Se renseigner : Réunion Tourisme

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