La vallée d’Ossau

Cette vallée béarnaise a tout pour plaire : une tradition pastorale intacte, des villages  accueillants, et des paysages fabuleux à découvrir en randonnant dans le Parc National des Pyrénées. 

 

Vallée d'OssauVallée vers le Pic du Midi d'Ossau
Vallée d’Ossau Vallée vers le Pic du Midi d’Ossau

Tel le nez de Cyrano, le Pic du Midi d’Ossau se détache nettement de la dentelle mauve habillant l’horizon. Nous sommes à Pau, sur le Boulevard des Pyrénées, où s’ouvre un somptueux panorama sur la chaîne pyrénéenne. Mais il ne faut pas se contenter d’admirer « la plus belle vue de la terre » selon Lamartine, qui exagérait un peu. Car s’il s’était rapproché des montagnes en remontant la vallée d’Ossau, il aurait réservé ses superlatifs aux paysages que l’on découvre au pied du Pic ou autour des lacs d’altitude. Plutôt que de foncer sur l’excellente route qui mène en une heure au col du Pourtalet, à la frontière avec l’Espagne, prenez le temps de vous arrêter dans les villages pleins de charme de la vallée, qui content l’histoire du pastoralisme. Car l’élevage extensif de vaches et de brebis est une activité ancestrale toujours vivace, qui est fêtée chaque année lors de la transhumance. Début juillet et mi-septembre, les bergers montent et descendent leurs troupeaux des hauts pâturages, à pied, et non en camion, comme cela se pratique ailleurs. Les Ossalois sont fiers des coutumes de leur vallée, et sortent à cette occasion les costumes folkloriques, les flûtes et les tambourins. Mais qu’importe si vous n’avez pas la chance d’assister au passage des troupeaux, la vie pastorale est présente partout, à travers les fromages de brebis qu’on achète au saloir, les cloches exposées devant les maisons, et le béret, symbole du berger pyrénéen…

La Falaise aux vautours

La vallée ne commence vraiment qu’à Arudy, où c’est une bonne introduction de visiter la Maison d’Ossau, qui regroupe sur plusieurs étages des expositions sur la géologie, la faune, la flore et l’archéologie du Parc National des Pyrénées. Ainsi alléché, on a hâte de rentrer dans le Parc pour voir toutes ces merveilles. Depuis la D934, qui longe le gave (rivière) d’Ossau, on aperçoit le château de Castet, forteresse médiévale juchée sur une butte, qui défendait la vallée des envahisseurs. Un peu plus loin, Bielle est un village typique de la vallée. On y remarque des fours à pain, de larges portails en bois pour laisser passer le bétail, et des maisons du 15 et 16ème siècle, aux fenêtres à meneaux, et aux linteaux sculptés de coquilles, Bielle étant une étape du chemin de St-Jacques de Compostelle. Au niveau de Gère-Bélesten, arrêtez-vous à la fromagerie Pardou. Sa cave d’affinage se visite… dans un ancien tunnel ferroviaire ! Les bergers de la vallée y déposent les fromages qu’ils ont fabriqués dans leur cuyala (cabane) durant l’été. On repart avec une meule dans la glacière, et la ferme intention d’aller à la rencontre de ces bergers, là-haut, dans la montagne. Mais ce serait dommage de partir de la basse-vallée sans visiter la Falaise aux Vautours, à Aste-Béon. C’est un centre d’observation de ces grands rapaces qui nichent sur une falaise proche. Même si rien ne vous attire chez ces charognards, vous trouverez passionnant de suivre sur grand écran, grâce à un système de mini-caméras fixées sur la falaise, la vie dans les nids de ces grands oiseaux, expliquée en direct par un ornithologue qui télécommande les caméras.

Le petit train d’Artouste

A quelques battements d’ailes de vautour fauve, Laruns est le cœur de la vallée, étape idéale à partir de laquelle on peut organiser ses excursions. L’Office de Tourisme vous y aidera, et vous testerez du même coup une exposition ludique sur la vallée d’Ossau, suscitant les cinq sens. Mise en pratique immédiate au marché du samedi matin. Vous humerez, toucherez, goûterez et dévorerez des yeux les spécialités du terroir, fromages, charcuterie de montagne, miel et vins… Quant à l’ouïe, vous pourrez bientôt l’exercer en montagne, en écoutant le frais murmure des torrents, les sonnailles lointaines d’un troupeau, ou les cris stridents et brefs des marmottes. Reprenons la route qui monte à l’assaut des Pyrénées. A Gabas, nous sommes en haute-vallée, à plus de 1000 m d’altitude. Le Pic du Midi d’Ossau est là, en face, nous dominant encore de près de 2000 m. Retardons encore son approche pour prendre le petit train touristique d’Artouste. C’est l’une des plus hautes voies ferrées d’Europe, qui a servi en 1925 à amener hommes et matériel pour construire le barrage d’Artouste. Du lac de Fabrèges, une télécabine monte au départ des trains, à 2000 m d’altitude. Reconvertie pour transporter des vacanciers, la ligne, creusée dans le roc, suit un tracé vertigineux en corniche au-dessus de la profonde et belle vallée du Soussouéou. Panoramas superbes, vues plongeantes, et frissons garantis ! Astuce : choisir les wagons de queue, pour éviter les escarbilles et la fumée du diesel… Au terminus, il faut grimper quelques marches pour arriver au niveau du lac d’Artouste, enchâssé dans un cirque granitique sauvage. On peut pêcher ou se baigner, mais les eaux sont glaciales et profondes, et il vaut mieux se hisser sur une butte, sortir le fromage et le saucisson et profiter du soleil et du silence pour faire une petite sieste.

La légende de Jean-Pierre

De retour à Fabrèges, montons les derniers kilomètres qui mènent au col du Pourtalet. A la cabane du Caillou de Soques, nous entrons enfin dans le Parc National, dont l’emblème est une tête d’isard, ce chamois des Pyrénées. Lorsque l’on randonne, il est fréquent de le voir en hardes dévaler des éboulis. Par contre, n’espérez pas rencontrer d’ours, bien que « Ossau » signifie ours. D’ailleurs, si cela arrivait, cela ne serait pas forcément une chance… Les plus perspicaces remarqueront ses traces, les autres se contenteront de voir l’empreinte de sa patte sur les fromages AOC d’Ossau-Iraty. Une balade très agréable consiste justement à faire le tour des cuyalas, réparties dans l’immense cirque d’Anéou, haut-lieu du pastoralisme pyrénéen, situé sous le col du Pourtalet. Vous assisterez à la traite des brebis, à l’élaboration du fromage, et s’il a le temps, le berger vous contera peut-être pourquoi le Pic est surnommé « Jean-Pierre » dans la vallée… Sinon, voici la légende : Jean et Pierre étaient deux frères jumeaux, bergers des montagnes d’Ossau, chargés d’empêcher l’intrusion des barbares. Un jour, une sorcière précipite les deux frères dans son antre souterraine, alors qu’en surface les barbares anéantissent bêtes et gens. Mais bientôt Jean et Pierre jaillissent du volcan – le pic du Midi d’Ossau est réellement le vestige d’un ancien volcan ! – embrochant de leurs « épées de feu » jusqu’au dernier des envahisseurs. La sorcière a pétrifié les jumeaux pour immortaliser leur exploit, figeant côte à côte Grand Pic et Petit Pic d’Ossau pour l’éternité…

Les superbes lacs d’Ayous

Mais la promenade reine du Parc National, accessible à tout marcheur bien chaussé, part du lac de Bious-Artigues (1422 m). A partir du parking du refuge, le GR-10 s’élève d’abord dans un sous-bois d’épineux, puis serpente à découvert, le long du gave de Bious. Celui-ci forme de petits lacs au milieu des vertes prairies d’estive, sur lesquelles broutent en liberté des chevaux et des Blondes d’Aquitaine. Si vous êtes accompagnés d’un guide, il ne manquera pas de vous montrer des gentianes, des lis des Pyrénées, et mêmes quelques petites plantes carnivores, les « grassettes ». Puis on arrive aux lacs d’Ayous, perles lapis-lazuli serties dans une cuvette glaciaire, que l’on bénit doublement, d’être si beaux, et de si bien rafraîchir les pieds. Encore un effort pour grimper au refuge d’Ayous (1970 m). Juste récompense, sa terrasse offre l’une des plus belles vues des Pyrénées. Qu’aurait dit Lamartine en découvrant le Pic du Midi d’Ossau se dédoubler, l’un perforant l’azur, l’autre plongeant dans les eaux du lac d’Ayous ?


Pratique

Se loger et se restaurer

  • Les Bains de Secours, à Sévignacq : petit hôtel de charme à la table réputée, située juste à côté d’une micro-station thermale.
  • La Ferme de Listo: dans un hameau isolé à flanc de montagne, vente de produits fermiers et petite buvette servant de savoureux sandwichs au fromage de chèvre.
  • L’Arregalet, à Laruns : gastronomie traditionnelle de terroir : garbure, poule au pot…
  • Au Pic du Midi, à Gabas : café-restaurant familial servant une cuisine de terroir savoureuse et copieuse. Demander à voir le saloir familial.

Evénements :

  • début juillet : transhumance en vallée d’Ossau
  • 15 août : fêtes traditionnelles de Laruns
  • début octobre : foire aux fromages de Laruns

Se renseigner

http://bearn-pyrenees.tourisme64.com/

 

La route de la préhistoire dans le Morbihan

La Bretagne regorge de monuments mégalithiques quasi éternels, qui nous parlent de façon aussi fascinante que mystérieuse de nos ancêtres préhistoriques. La côte morbihannaise, de la ria d’Etel au golfe du Morbihan, en recense une étonnante concentration, ce qui permet de profiter de ses attraits touristiques, tout en découvrant les plus étonnantes constructions d’Homo Sapiens Sapiens…

 

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LOIRE-ATLANTIQUE Grande Brière St-Lyphard Dolmen de Kerbourgnec, vers Kerhinet

De la ria d’Etel à la presqu’île de Quiberon

Commençons ce périple morbihannais entre Lorient et Auray, autour de la ria d’Etel. Cet aber très sauvage, fruit de l’union paisible de la mer et de la terre, est bien connu des naturalistes et des ornithologues, qui apprécient l’exceptionnelle densité et variété de faune et de flore s’épanouissant dans ses îlots, ses marais, sa lande, et ses bois. Il n’est donc pas étonnant que les hommes du néolithique, il y a environ 5000 ans, aient choisi de vivre ici. D’autant plus que le sol granitique permettait aussi l’extraction de pierres, nécessaires à leurs croyances ! En sillonnant les routes peu fréquentées de ce petit coin de Bretagne encore préservé du tourisme, vous traverserez de charmants hameaux aux maisons trapues et moussues, vous tomberez sur quelques fermes ostréicoles, et vous aboutirez à d’imprévus cul-de-sac, offrant presque toujours des marines sereines et lumineuses. Vers Locoal-Mendon, à l’embouchure de la presqu’île du Plec, vous ne pourrez pas manquer de voir la « quenouille de St-Brigitte ». Cette stèle de granit de forme cylindrique, haute de 3 m, est surmontée d’une pierre taillée en forme de croix. Ce monument christianisé datant de l’époque gauloise s’inspire des pierres levées préhistoriques abondantes dans la région. A St-Cado, c’est un dolmen qui vous attend. Cette petite île, reliée à la terre par un pont de pierre, a un charme irrésistible. Elle n’abrite pourtant que quelques maisons et une humble chapelle romane, mais elle s’inscrit dans un paysage très photogénique. Le dolmen n’est pas sur l’île, il se trouve à un vol de mouette, au bord d’une route du hameau de Kerhuen. Il est un peu écroulé, mais si c’est votre premier, vous ne manquerez pas d’être impressionnés par la taille de ces blocs de pierres, surtout la dalle tenant en équilibre sur les autres, et formant table.

Petit lexique mégalithique

  • mégalithe : « grande pierre », monument de pierre bâti à l’époque néolithique (de 5000 à 2000 ans avant notre ère)
  • dolmen : « table de pierre », monument funéraire composé d’une à plusieurs chambres funéraires, d’un couloir et d’une couverture en pierres.
  • cairn : sépulture recouverte d’une accumulation de pierres
  • tumulus : sépulture recouverte d’un mélange de terre et de pierres
  • tertre : sépulture recouverte de terre
  • cromlec’h : cercle de pierres ou de menhirs. En Bretagne, on parle plutôt d’enceinte ou de quadrilatère, surtout s’il est associé à un alignement

Homo Sapiens Obelixus 

A la sortie d’Erdeven, vous aurez une surprise de taille. De pierre de taille, même. Ces silhouettes grises dressées de part et d’autre de la départementale ne sont pas des gendarmes, ni des radars… Ce sont des menhirs ! Une fois à l’intérieur du site, on réalise qu’ils ne sont pas plantés par hasard, mais qu’ils forment des lignes. En effet, vous circulez au milieu des alignements de Kerzerho. Enfin, ce qu’il en reste. Inconsidérément tailladé par la route, le site a été pillé et amputé de ses pierres au fil du temps, et si l’on ne peut s’imaginer la longueur initiale des alignements, il reste assez de pierres pour donner une idée de l’ampleur de cette construction humaine. Surtout avec les « géants de Kerzerho », trois menhirs de plus de 6 m, associés à deux énormes blocs couchés. On en reste perplexe : comment des hommes préhistoriques ont-ils pu traîner et dresser ces gigantesques masses de granit ? Laissez cette question en suspens et poursuivez votre route sur les traces d’Homo Sapiens « Obelixus ». Vous pourrez le faire à pieds, à VTT ou en voiture, car il existe un sentier de randonnée reliant les principaux sites du grand arc mégalithique de la région d’Erdeven. Vous découvrirez ainsi le très beau dolmen de Crucuno, avec son imposante dalle de 40 tonnes posée sur 9 piliers, qui a connu au siècle dernier des usages inattendus (grange, prison, buvette…) ; le dolmen de Mane-Croh, dont on distingue bien la chambre funéraire compartimentée en quatre cellules ; et Mane-Kerioned, ensemble de trois dolmens entourés de petits menhirs, dont les dalles comportent de nombreuses gravures. Sans explications irréfutables, chacun est libre de jouer les Champollion en décryptant à sa guise ces signes énigmatiques… A ce propos, prévoyez dans votre équipement d’archéologue amateur, une paire de bottes et surtout une lampe torche, certains dolmens étant enterrés.

La presqu’île de Quiberon

Bien qu’elle soit plus réputée pour ses belles et longues plages de sable fin, la presqu’île de Quiberon recèle de nombreux sites mégalithiques. Mais comme ils ne sont pas d’un intérêt majeur, on les découvre par hasard en parcourant cette luette flottant dans l’Atlantique. Il s’en faut de peu que ce soit une île, et les grandes marées d’hiver menacent parfois de recouvrir le tombolo (étroit cordon sablonneux) qui la relie au continent. En passant par Portivy, suivez la route de la côte sauvage, qui serpente sur les falaises dans une lande herbeuse exposée aux vents dominants. Par beau temps, cette côte déchiquetée s’échancre d’innombrables criques, anses et grottes baignées d’une eau vert émeraude. Mais au moindre coup de vent, la mer vient fracasser ses lames sur les noirs rochers blanchis d’écume. A l’instar des huîtres sauvages, le menhir appelé Bonnet d’Evêque s’ancre solidement devant les rochers de Beg er Goalennec. A la pointe de Goulvars (chemin d’accès du practice de golf, vers l’institut de thalassothérapie), vous trouverez le grand menhir de Goulvars, une pierre de granite feuilleté de 4 m de haut. Avant de partir, passez par St-Pierre-de-Quiberon, au hameau de Kerbourgnec, pour voir un cromlec’h et de petits alignements. Juste de quoi vous donner envie d’aller voir ceux de Carnac !

Les mystérieux alignements de Carnac

La région de Carnac (de cairn) détient la plus grande concentration de mégalithes au monde. Des menhirs dressés et alignés, bien sûr, mais aussi des dolmens, des tertres, des cromlec’hs… D’abord, il y a le choc visuel. Découvrir ces massives pierres longues (men-hir, en breton), dressées en file indienne en formant des lignes parallèles jusqu’à perte de vue, c’est très impressionnant. On dirait une armée au repos dans un silence minéral. Comment ne pas être fasciné par l’ordonnancement de ces grandes pierres phalliques ? Il y a plusieurs champs d’alignements, à Carnac, suivant plus ou moins un axe est-ouest, et représentant un total de 2737 pierres. Mais ce n’est rien comparé aux 7000 à 10 000 pierres levées qui auraient composé le site original ! Afin de préserver les sols, les principaux sites sont fermés au public d’avril à octobre, hors des visites guidées. Mais il est possible d’en faire le tour à pieds, le grillage n’empêchant pas d’en apprécier l’ensemble. Nous vous conseillons de participer à l’une de ces visites, car vous apprendrez beaucoup sur les hommes du néolithique, et sur les techniques employées pour dégager, tirer et lever les pierres. Cependant, vous n’obtiendrez pas de réponse certaine à cette question obsédante : pourquoi ont-ils fait cela ? Seulement des hypothèses : l’orientation des pierres suivrait la course de certains astres ; les pierres levées seraient un symbole entre le monde des vivants et celui des morts… Ces alignements ont suscité les interprétations les plus folles, et vous pourrez vous en amuser en lisant le bêtisier qui en a été tiré, au musée de la préhistoire. Carnac est une station balnéaire cossue, dont les belles villas et les petites résidences à volets bleus se remplissent à la belle saison d’estivants venant jouir de ses plages exposées plein sud. Préférez celle de St-Colomban, car elle donne accès à un sentier côtier menant jusqu’aux parcs à huîtres de l’anse du Pô. D’autres plages moins fréquentées vous attendent à la sauvage pointe de Kerbihan, à moins que vous ne préfériez l’animation du grand port de La Trinité-sur-mer, où voisinent au mouillage les chalutiers, les bateaux de plaisance, et les grands multicoques de course. Poursuivez en faisant le tour de la péninsule de St-Philibert, non pour débusquer les quelques dolmens présents sur cette commune, mais pour visiter une très jolie chapelle du XVIIe s., sise au bord de l’eau.

Les énigmes de Locmariaquer

Le site de Locmariaquer regroupe les trois principales familles de monuments mégalithiques armoricains. A savoir un tumulus, un dolmen et un menhir. Et quel menhir ! Le Grand Menhir. Avec ses 20 m de long et sa masse estimée à 350 t, c’est l’une des pierres les plus colossales jamais mise en œuvre par l’homme préhistorique. Même à terre, et brisé en quatre morceaux, il reste très impressionnant. Le plus étonnant, c’est que cette gigantesque stèle soit en orthogneiss, et que l’affleurement le plus proche de cette roche soit situé à une dizaine de kilomètres ! Comment l’ont-ils amené ici ? Par flottage, par pivotements successifs ? Le mystère s’épaissit avec d’autres questions : qu’est-ce qui a fait tomber ce géant, et pourquoi ? La présence d’un guide s’avère utile, surtout à l’intérieur du dolmen de la Table des Marchand. Ne serait-ce que pour vous aider à « lire » les dalles gravées. Si l’on reconnaît bien une hache sur une dalle de couverture, difficile de deviner que les signes de la dalle du fond seraient des crosses, interprétés parfois comme les épis d’un champ de blé… Dans le dolmen des Pierres-Plates, situé au bord de la mer à quelques kilomètres de là, vous serez seuls pour interpréter les gravures. Sachez que ces dessins énigmatiques aux lignes courbes épousant la forme ogivale des pierres, seraient des représentations d’une idole féminine, une déesse-mère, même si certains y voient des boucliers, ou même un poulpe !

Un chef-d’œuvre de l’art universel

Pour rejoindre Larmor-Baden, port d’embarquement pour l’île de Gavrinis, vous devrez passer par Auray. Ne manquez pas de vous promener dans le pittoresque quartier médiéval du port de St-Goustan, ni d’aller vous recueillir à la basilique de Ste-Anne-d’Auray, haut-lieu de pèlerinage. Arrêtez-vous aussi au ravissant petit port de Bono, dont vous aurez une jolie vue depuis le vieux pont suspendu au-dessus de la rivière Bono. Voici le moment de rejoindre par bateau l’île de Gavrinis, pour visiter l’un des plus anciens et des plus célèbres sanctuaires du monde. Le cairn de Gavrinis recouvre un fabuleux dolmen à couloir, en parfait état de conservation. La galerie dallée est parée de 23 dalles gravées, et elle débouche sur une chambre funéraire, elle-même faite de dalles ornées. L’ensemble forme un chef-d’œuvre de l’Art universel, le seul à concentrer une telle abondance de motifs de l’époque néolithique. Presque toutes les pierres sont recouvertes de dessins et de lignes concentriques savamment agencées, formant des dessins quasi hypnotiques ! Même si le guide pointe des éléments reconnaissables (crosses, haches, serpents, déesse-mère…), la signification profonde de ces glyphes et de ces curieuses compositions reste aussi obscure que la pénombre sépulcrale qui les a entourée depuis des millénaires. Qu’avaient donc à nous dire nos ancêtres qui méritât d’être inscrit d’aussi indélébile façon dans le granit ? Il faut abandonner la voie rationnelle et suivre la galerie de cette matrice originelle comme un itinéraire initiatique, en se laissant envoûter par la poésie des signes… Gavrinis est un site fascinant, qui marque durablement les esprits. Des chercheurs y ont échafaudé les théories les plus folles, attribuant à ses bâtisseurs des connaissances mathématiques, telles que la numération en base 6, le théorème de Pythagore, ou la division du cercle en 360 °… Pourquoi pas, après tout, quand on a vu ce que ces hommes du néolithique étaient capables de construire, transporter et inventer, plus rien ne peut plus nous étonner !

Les autres trésors du golfe

Après cette immersion dans les sombres arcanes de la préhistoire, cela fait du bien de retrouver l’air marin, vif et iodé, du golfe. Prenez une journée pour vous promener sur les petites routes et chemins de l’Île-aux-Moines. Depuis Port-Blanc, la traversée ne dure que cinq minutes, mais une fois le pied posé sur l’île, on se sent immédiatement îlien. Ce calme, cette courtoisie des habitants qui vous saluent, cette végétation luxuriante propre aux climats doux, favorisant camélias, magnolias et palmiers… Qu’il est agréable de découvrir à pieds ou à vélo cette île boisée, recélant aussi de belles plages, et même quelques dolmens ! Ses sentiers côtiers vous offriront de magnifiques points de vue sur les eaux miroitantes du golfe, sur lesquels glissent les triangles blancs des voiliers, et les rectangles orangés des sinagots (vieux gréements), tels des papillons butinant ce miel liquide. Mais le golfe, c’est aussi de charmants petits ports de pêche ou de plaisance (Arradon, Séné, Port-Anna, Port-Navalo, Le Logéo…), de grandes plages (île d’Arz ou de Berder, pointe du Moustérian, Kerjouanno…), des marais sauvages (réserve naturelle ornithologique de Séné, Le Hézo, …), et des fermes ostréicoles, réparties sur toutes les côtes, où l’on déguste de succulentes huîtres creuses. Certes, il y a bien d’autres sites mégalithiques à voir, notamment dans la presqu’île de Rhuys, mais après Carnac, Locmariaquer et Gavrinis, ils ne vous apporteront pas grand-chose de plus dans la compréhension de l’art des bâtisseurs du néolithique. Tout au plus est-il judicieux de visiter le musée d’Histoire et d’Archéologie de Vannes, qui présente une importante collection d’outils et d’objets retrouvés dans les sites funéraires du néolithique, tels que des haches polies en fibrolite, des poteries, ou des colliers de perles vertes en variscite.

Faites plutôt un bond en avant dans le temps pour entrer de plain-pied au Moyen Âge, en visitant le château de Suscinio, vers Sarzeau. A proximité de l’Océan, cette impressionnante forteresse du XIVe s., hérissée de tours et crénelée de mâchicoulis, était une des résidences favorites des ducs de Bretagne, qui venaient y chasser. Vous y verrez de splendides carrelages médiévaux, et la visite permet d’avoir une bonne idée de la vie de cour à cette époque.

Les lumières du golfe clair

C’est en bateau que l’on ressent le mieux l’ambiance très particulière du golfe du Morbihan (petite mer, en breton). Avec les marées, les caprices du ciel, et le contour très découpé des côtes, les paysages changent constamment et l’on ne distingue plus l’entrée du fond du golfe, ni les îles des presqu’îles. L’exiguïté du golfe, la force des courants et la présence de tous ces îlots, amènent à louvoyer, ce qui provoque des conditions de lumières toujours différentes. L’horizon est hérissé d’amers, de clochers, de phares ou de balises, et la mer est striée de petits drapeaux flottants ou de piquets en bois, signalant un casier ou un parc à huîtres. On ne s’ennuie jamais en croisière dans le golfe, il y a toujours un bateau ou un oiseau à observer, une île à dépasser, un arc en ciel à admirer…

Le parc de la préhistoire de Malansac

Si vous êtes accompagnés d’enfants, ne manquez pas de les emmener dans ce parc dédié à la préhistoire, situé près de la cité de caractère de Rochefort-en-Terre. Au fil d’une agréable promenade dans d’anciennes carrières boisées, on découvre des dinosaures et des hommes préhistoriques dans des scènes reconstituées. Même si les modelages ne sont pas saisissants de réalisme, les panneaux didactiques permettent aux petits et aux grands de remettre de l’ordre dans leurs connaissances de la préhistoire.

Vannes la médiévale

Rendez-vous sous les remparts de Vannes, devant la porte Poterne, où de superbes lavoirs à pans de bois symbolisent le caractère médiéval de la cité. L’architecture défensive de ces remparts contraste avec les jardins à la française qui comblent les douves. Longez les remparts jusqu’à la porte Prison. En passant sous cette porte monumentale, entrez dans la ville close piétonnière, et suivez la rue des Chanoines jusqu’à la place Henri IV. C’est la plus belle place de la cité, entièrement entourée de magnifiques et séculaires maisons à pans de bois. Elle n’a pas beaucoup changé depuis le Moyen Âge, si l’on fait abstraction des commerces au rez-de-chaussée… Les plus anciennes maisons à colombages datent du XVème s., elles sont souvent de guingois, ou penchées, et leurs étages en bois, plus larges que leur base en granit, menacent de se rejoindre de part et d’autre des ruelles. Dépassant des toits en ardoise, les hautes tours de la cathédrale St-Pierre minéralisent un peu cette ville de bois. A l’ombre de la cathédrale, vous découvrirez plusieurs hôtels particuliers en pierre, construits au XVII et XVIIIème s., tel que l’hôtel Roscanvec, rue des Halles. Au bout de cette pittoresque ruelle, juste en face du remarquable hôtel particulier du XVème s. (Château-Gaillard) qui abrite les riches collections du musée d’histoire et d’archéologie, vous tomberez nez à nez avec « Vannes et sa femme ». Ce sont deux figurines en pierre, sculptées à l’angle d’une belle maison à colombages, dont on ne connaît pas l’origine, mais qui ont fini par devenir l’un des symboles de la ville. En passant par la place des Lices, sur laquelle se tient le grand marché du mercredi et du samedi matin, vous sortirez de la ville close par la porte Saint-Vincent. Devant cette porte s’ouvre en demi-cercle la place Gambetta, occupée en partie par des terrasses de café. Au moindre rayon de soleil, elles se remplissent de badauds qui viennent y respirer l’air du large. C’est en effet devant cette place qu’aboutit le port de Vannes, long chenal sur lequel ne s’alignent plus que des bateaux de plaisance. Bien que très actif au Moyen Âge, il s’envasa, et fut laissé à l’usage exclusif des plaisanciers. Suivez le quai de la Rabine en longeant la rivière la Marle. C’est une agréable promenade bordée de beaux immeubles bourgeois du XIXème s., qui vous conduira jusqu’à l’entrée du Golfe du Morbihan.

Pratique

Se loger et se restaurer

  • Le Moulin de Cochelin : à Locoal-Mendon : intégré dans un moulin du XIIIe s. restauré, ce restaurant propose une cuisine de qualité avec des produits frais et locaux.
  • Hôtel-restaurant le Râtelier (2*), à Carnac  : établissement calme au cachet rustique. Excellente table, réputée pour son « voyage autour du homard breton ».
  • Auberge du Parc Fétan, à Larmor-Baden : excellent accueil dans cette auberge disposant de 20 chambres (dont 16 vue mer), d’appartements meublés, d’une grande piscine et d’un jacuzzi. L’ambiance est familiale, la cuisine aussi.
  • Logis de Parc Er Gréo, à Arradon : belle villa noyée dans la verdure, aux chambres douillettes et confortables, disposant d’une piscine-balnéo chauffée.
  • Le Galichan, à Sarzeau : malgré sa situation au bord d’un rond-point, cette crêperie affiche souvent complet ! Cela s’explique par la qualité de ses galettes justifiant son label « Crêperie Gourmande », un label promouvant les producteurs locaux.
  • Villa Catherine, à Vannes : dans une belle villa 1900, jolies chambres confortables et écologiques. Petit déjeuner bio !
  • Le Roscanvec, à Vannes : cuisine gastronomique de terroir, métissée de saveurs du monde entier.

A lire

« Dolmens et menhirs » (Ed J.P. Gisserot)

« Bretagne mégalithique » de Gwenc’hlan Le Scouëzec (Seuil)

Se renseigner

www.morbihan.com

 

L’Ardèche en camping-car

Entre Massif Central et Provence, des vignobles la vallée du Rhône aux plateaux désertiques de la source de la Loire, en passant par les gorges encaissées de l’Ardèche, partez à la découverte de ce département aux sublimes paysages, drapé en automne de toutes les couleurs de l’été indien. 

ARDECHE A Banne

En venant de Lyon par l’A7, sortez à Chanas direction Annonay. A Peaugres, prévoyez de passer la matinée dans le parc zoologique, surtout si vous êtes en famille. Avec votre véhicule, vous ferez un « safari » sensationnel en traversant le territoire d’ours, d’éléphants ou de rhinocéros évoluant en liberté dans d’immenses enclos. Ne manquez pas, dans la partie du parc qui se visite à pieds, l’heure du dîner des tigres et des lions, auquel on assiste sous un tunnel en verre ! Après ce tour du monde animalier, rendez-vous à Annonay. Saviez-vous que c’est le berceau de la montgolfière ? C’est là qu’en 1783, les frères Montgolfier firent décoller le premier ballon de l’histoire. Pourtant, ce n’est pas de ballon dirigeable que le musée d’Annonay vous parlera, mais de papier ! Car les frères Montgolfier étaient des papetiers, fondateurs de la fameuse maison Canson. C’est dans leur maison natale que vous découvrirez les étapes de la fabrication du papier, sur d’anciennes machines. Prochaine étape, Tournon-sur-Rhône, très jolie ville située au cœur des vignobles de l’appellation saint joseph. Vous aurez une vue panoramique sur le fleuve et le coteau de l’Hermitage depuis les terrasses du château, perché sur un piton rocheux en bord du Rhône. Après avoir déambulé dans les ruelles moyenâgeuses de la vieille ville, renseignez-vous sur les horaires de départ du petit train du Vivarais. C’est un pittoresque train à vapeur qui relie Tournon à Lamastre en longeant la vallée encaissée du Doux, et offrant tout au long du parcours des vues époustouflantes sur des paysages somptueux et sauvages. Lors de l’unique arrêt, on est fasciné par la superbe locomotive, abreuvée d’eau et nourrie de charbon, qui tire encore vaillamment la dizaine de wagonnets aux bancs de bois sur cette ligne touristique. Le Mastrou, c’est son nom, met deux heures pour effectuer le trajet, et le retour semble un peu long. La route reliant Tournon et Lamastre est magnifique et permet de voir les impressionnants viaducs qu’emprunte le Mastrou pour traverser les gorges abruptes du Doux. Avant de quitter Lamastre, allez rendre visite à la famille Grange à la Ferme du Châtaignier. Ces sympathiques castanéïculteurs vous diront tout sur le châtaignier et son petit fruit rond ! En saison, vous pourrez ramasser de belles châtaignes dans une partie de la châtaigneraie non récoltée. En automne, les paysages ardéchois sont magnifiques grâce au châtaignier, dont le feuillage rouge et or enflamme les forêts…

 

Pourtant, que la montagne est belle…

A St-Agrève, prenez la petite route qui tournicote jusqu’à St-Martin-de-Valamas. C’est un peu « rock & roll », mais les décors en technicolor de la forêt ardéchoise vous paieront de vos efforts. Au Cheylard, poussez la porte d’un des meilleurs chocolatiers de France, Dominique Riou. En continuant vers le lac de St-Martial, le paysage change peu à peu. Moins d’arbres, un relief plus doux, l’horizon qui s’élargit : bienvenue sur les hauts plateaux des monts d’Ardèche. Si vous faites un régime sans suc, n’allez pas plus loin, car les mamelons volcaniques qu’on voit s’ériger sur ces vastes étendus désertiques, s’appellent ici des sucs. Le plus connu d’entre eux, c’est le Mont Gerbier de Jonc, dont chacun sait qu’il donne naissance à la Loire. Un grand parking le long de la route permet de stationner juste en dessous de ce mont mythique culminant à 1551 m, qu’on gravit en 30 minutes. De là-haut, superbe vue panoramique sur la lande et les sucs alentours. Remarquez la pierre grise, cassante, sur laquelle vous marchez : c’est de la phonolite, pierre volcanique qui sert à faire la lauze, avec laquelle on couvre les maisons. Vous en verrez dans les villages environnants, Les Estables, Borée, ou Le Béage, passage obligé si vous voulez aussi grimper sur le mont Mézenc, à 1753 m, point culminant des Monts d’Ardèche, et 3ème sommet du massif central. A cette altitude, il peut faire très froid et venteux ! Pour vous réchauffer et vous réconforter, passez donc voir Nicole, qui fait des confitures et autres douceurs dans sa très belle maison située à côté du Mont Gerbier-de-Jonc. A Ste-Eulalie, prenez la D122 en direction de Mézilhac, puis la D578 en direction de Vals-les-Bains. Arrêtez-vous à Antraigues-sur-Volane, un village de caractère perché sur un piton volcanique. Comme le stationnement est problématique dans ce village aux étroites ruelles pentues, le mieux est de trouver l’aire de services (direction Genestelle). Vous serez non loin de la place du village, qui a un air méditerranéen avec ses platanes et ses jeux de boules. Il faut déambuler par les ruelles qui descendent en cascades de l’église, pour remarquer les têtes sculptées sur les murs, et pour dénicher les boutiques d’artisans d’art. Car Antraigues est un village d’artiste, où habitait d’ailleurs Jean Ferrat… « Pourtant, que la montagne est belle ! » c’est ce qu’on fredonne tout le temps, sur les routes d’Ardèche…

Des villages de caractère à foison

Quittons la montagne pour faire étape à Vals-les-Bains, station thermale aux eaux thérapeutiques reconnues. Il faut voir l’établissement thermal, qui dispense des soins de bien-être et de remise en forme, et dont les eaux soignent toutes sortes d’affections ; le parc de Vals enjambant la Volane, aux séquoias et cèdres gigantesques ; la brasserie Bourganel, qui produit une délicieuse bière aux marrons ; enfin le Casino. Si l’eau de Vals n’a pas soigné vos maux, peut-être celle de Neyrac-les-Bains y parviendra-t-elle ? Cette petite station thermale était déjà fréquentée par les Romains qui venaient y soigner les maladies de peau et les rhumatismes. Même si vous êtes parfaitement sains, vous ne ferez pas de détour inutile, car la région de Neyrac, située au cœur du volcanisme d’Ardèche, recèle des sites intéressants : la coulée basaltique de Fabras, impressionnante falaise de basalte bleu ; et le pont du Diable, à Thueyts, magnifique arche de pierre romaine lancée dans un défilé au-dessus des eaux émeraude de l’Ardèche… Prochaine étape, Aubenas. L’idéal est d’arriver le vendredi et de visiter la ville, encore calme. Car le samedi, c’est jour de marché. Et comme Aubenas est un carrefour commercial, son gigantesque marché paralyse tout le centre-ville. C’est sympa de découvrir le cœur médiéval d’Aubenas au milieu de tous ces étals colorés et odorants, dont les clameurs montent jusqu’au donjon aux tuiles vernissées du château-fort qui domine la ville ! En suivant le cours de l’Ardèche, vous arriverez à Vogüé, village plein de charme qui se distingue par son château du XIe s., aux jardins suspendus en balcon au-dessus de la rivière. Restez de l’autre côté du pont pour photographier ce merveilleux village adossé à la falaise calcaire, dont les vieilles maisons en pierre aux volets bleus se reflètent dans l’Ardèche, sous les tours rondes de son fier château. Quelques méandres de l’Ardèche en aval, Balazuc est un autre village de caractère, perché sur une éminence (non, pas grise, mais verdoyante), dont on découvre au hasard de ses ruelles, venelles et passages, toutes pentues, les émouvants vestiges du temps : ici un morceau de rempart, là les ruines d’un château, des bouts de tourelle, un donjon féodal, et derrière ces pierres millénaires, des lambeaux de jardin, un petit coin de ciel bleu au travers d’un clocher-mur, un vue plongeante vers la rivière… Un peu plus loin, voici encore un superbe village : un décor lunaire, un écrin de hautes falaises et de rochers ruiniformes, c’est Labeaume. Faites-vous votre opinion en musardant dans le labyrinthe de petits passages et de calades étroites qui se déploient autour des maisons rustiques en galets ou en pierre, sur lesquelles courent glycine et vigne vierge. Avec ses platanes, ses cigales, et ses herbes odorantes, ce village sent bon la Provence…

 

Un lion et un ours… en pierre

Rejoignez l’Ardèche à Vallon-Pont-d’Arc. Par de sinueuses petites routes de montagne, vous passerez par Thines, typique village cévenol auquel on n’accède qu’à pieds, aux maisons aux toits de lauze et à l’église romane qui surplombe une vallée encaissée et boisée ; Naves, lové dans ses collines plantées d’oliviers, qui a conservé un caractère moyenâgeux ; et Banne, superbe village perché, aux deux quartiers distincts réunis par la place de jeux de boules. D’un côté, l’église au clocher pointu qui domine tout, les maisons anciennes de grès ou de calcaire, les vignes et les oliviers en terrasse ; de l’autre, le « fort », vestige du château féodal, dont les dimensions des écuries voûtées donnent une idée de la majesté d’antan. Enfin, après avoir traversé Les Vans, où vous aurez fait provision de bonne huile d’olive, faites une promenade dans le bois de Païolive. Dans ce bois de chênes blancs et verts, l’érosion a fait prendre à la roche calcaire des formes surprenantes qui sont autant de sculptures naturelles zoomorphiques. Vous reconnaîtrez un oiseau, un éléphant, un lion et un ours, tout en randonnant dans un dédale de rochers et de verdure (parmi les circuits fléchés, celui de la corniche, d’1 h, est très bien).

ARDECHE Rocher ruiniforme du bois de Païolive

Un concentré de vestiges archéologiques

Vallon-Pont-d’Arc est la porte des fameuses gorges de l’Ardèche. A proximité il faut visiter la Caverne du Pont d’Arc, reconstitution de la fameuse grotte Chauvet, recelant  les plus belles et les plus anciennes peintures préhistoriques du monde (32 000 ans !). L’ambiance de la grotte et les dessins sont restitués avec fidélité, ce qui procure une grande émotion. Autre visite incontournable, situé non loin de là, le site de l’aven d’Orgnac, l’une des plus belles grottes de France. On est immédiatement impressionné par les dimensions de ce gouffre aux salles cathédrales remplies de concrétions calcaires prenant des formes et des couleurs extraordinaires : fins cierges blancs, gigantesques piles d’assiettes, majestueux palmiers orangés, orgues monumentales, forêts de stalactites et de stalagmites, merveilleuses draperies translucides, bouquets de cristaux de calcite… le tout savamment commenté et éclairé pour faire surgir toute la beauté et la poésie de cet univers minéral : c’est magique ! Certes, il y a d’autres grottes à visiter tout au long des gorges de l’Ardèche, mais ne commencez pas par Orgnac, vous seriez déçus par les autres… Retour à Vallon-Pont-d’Arc pour emprunter la route des gorges de l’Ardèche. Surplombant les gorges très encaissées (environ 200 m) creusées par la rivière, cette route en corniche ménage de fréquents et larges belvédères offrant des panoramas grandioses sur ce massif calcaire sauvage entaillé par l’Ardèche, dont les boucles moirées dessinent d’élégantes arabesques. Au sortir des gorges, vous voilà à nouveau dans la vallée du Rhône. L’autoroute n’est pas loin, mais… si vous remontez vers le nord, empruntez plutôt la N86 qui longe le fleuve. Cela vous permettra de vous arrêter dans deux autres superbes villages ardéchois. Il s’agit tout d’abord de Saint-Montan, village médiéval perché qui est un modèle du genre. Coincé entre la rivière et la montagne, il s’élève en pyramide jusqu’à son château des temps féodaux, et ses vieilles maisons de pierre blonde se blottissent sous la protection des ses remparts et de son haut donjon carré. Sa restauration, qui dure depuis plus de trente ans, est une réussite, et lorsqu’on se promène dans ses passages voûtés, ses rue-escaliers et ses venelles en colimaçon, on se croirait vraiment au Moyen Âge ! Alba-la-Romaine est très différente. D’abord, c’est un village construit en pierre volcanique, et le basalte le dispute au calcaire dans l’appareillage des maisons. Certes, l’ambiance médiévale est là aussi (lacis de ruelles pavées, linteaux sculptés, fenêtres à meneaux, remparts…), mais l’impression n’est pas la même. Sans doute à cause de son château, remanié au fil des siècles, et des nombreux artistes et artisans qui la rendent plus vivante que Saint-Montan. Pourquoi « la romaine » ? Il faut sortir de la cité pour aller sur le site des ruines de la ville antique. Toujours en fouilles, vous ne verrez que les fondations de cette grande ville romaine, dont subsiste tout de même un théâtre bien conservé. Tout autour, la plaine est plantée de vigne. La boucle est bouclée. Vous avez démarré ce circuit dans les vignobles des Côtes du Rhône, vous le finissez dans ceux des coteaux de l’Ardèche. Un magnifique itinéraire qui mérite bien vin sur vin !

Pratique

Stationnement, étapes

Aucune difficulté pour trouver où passer la nuit, entre les nombreuses aires communales (Tournon-sur-Rhône, Lamastre, Désaignes, le lac d’Issarles, Antraigues, Meyras, Thueyts, Vinezac, Banne, Vallon-Pont-d’Arc, Alba-la-Romaine…), les parkings de supermarchés, de châteaux, ou tout simplement les places de village. Hors saison, cela ne pose pas de problème pour une nuit… Pensez aussi aux étapes chez les viticulteurs membres de France Passion !

Bonnes tables

Le Chaudron, 7 rue Jean Jaurès à Tournon-sur-Rhône : bonne cuisine française de tradition, et belle carte des vins régionaux (St-Joseph, Hermitage…).

Ferme-auberge de Jameysse, vers Désaignes : cuisine familiale au feu de bois avec volaille fermière et charcuterie maison.

Restaurant de l’Hôtel Beauséjour, route du Lac, Le Béage : goûtez aux spécialités locales, la maoche (estomac de porc farci au chou), ou le bœuf fin gras du Mézenc.

Le Vivarais, (hôtel Helvié), à Vals-les-Bains : cuisine gastronomique pour un prix raisonnable.

Le Levant, à Neyrac-les-Bains : cuisine fine et inventive, 6ème génération de cuisinier a officier aux fourneaux de ce restaurant réputé dans la région. Spécialité : le foie gras aux châtaignes.

L’Olivier de Païolive, route d’Alès, Les Vans : cuisine de terroir copieuse et généreuse. Très bien situé à proximité du bois de Païolive.

Le Bec Figue, à Labeaume : bistrot de pays très sympathique. Produits frais et de saison, formule d’assiettes complètes à 13 € qui vous laisseront sans faim.

La châtaigne dans tous ses états

L’Ardèche étant le premier département français producteur de châtaignes, vous retrouverez ce fruit sous toutes ses formes tout au long de votre voyage. Si vous êtes sur place en octobre-novembre, pendant la récolte, vous pourrez assister aux « castagnades », fêtes de village très animées célébrant la châtaigne (marchés de producteurs, concours de ramassage, repas, rôties de châtaignes, randonnées, spectacles…). Programme à demander au CDT ou www.castagnades.fr . A visiter pour tout savoir sur l’histoire, la culture et les usages de la châtaigne :

  • le musée de la châtaigneraie, à Joyeuse
  • la maison du châtaignier, à St-Pierreville
  • la ferme du châtaignier, à Lamastre

Et pour déguster de savoureux marrons glacés, allez les acheter sur leur lieu de fabrication : Ets Sabaton, ZA La Plaine, à Aubenas

Se renseignerwww.ardeche-guide.com

 

Un circuit en Sarthe

Des rives du Loir aux Alpes mancelles, en passant par Le Mans, voici un itinéraire au pays des rillettes et des bonnes volailles, à faire en famille, alternant découvertes culturelles et plaisirs gastronomiques.

MAYENNE Sainte-Suzanne

 

Qu’il est agréable de pouvoir stationner dans une grande ville, gratuitement, à proximité immédiate du centre ! Pour Le Mans, c’est au pied de l’enceinte romaine la mieux conservée d’Europe (avec Rome et Constantinople, excusez du peu), et à quelques volées d’escaliers de la Cité Plantagenêt, le joyau de la ville, un secteur médiéval incroyablement bien conservé. Un quartier entier de ruelles pavées habitées de maisons à pans de bois et d’hôtels Renaissance, recréant si parfaitement l’ambiance du Moyen Âge que de nombreux films historiques y ont été tournés : Cyrano de Bergerac, Le Bossu, Molière… Passez d’abord dans une annexe de l’office du tourisme, située dans une superbe maison à pans de bois, dite du Pilier Rouge (au 41 Grand’ Rue). On vous remettra des documents propres à faciliter votre visite. En plus des circuits de visite classiques, vous pourrez aiguiser votre perspicacité en répondant aux questions d’une chasse au trésor qui vous fera voir la cité d’un autre œil. C’est comme la cathédrale St-Julien, l’une des plus belles de France, qui veille depuis des siècles sur la Cité : on la trouve déjà belle quand on la visite seul, mais avec un guide, elle devient fabuleuse ! Après avoir rappelé le contraste existant entre l’élégance gothique du chœur (le monde du verre) et l’austère solidité romane de la nef (le monde de la pierre), il nous a montré les erreurs de chantier de l’époque, et nous a aidé à « lire » les vitraux de cette « cathédrale de lumière ». Même sans guide, n’oubliez pas de passer derrière le chœur pour aller admirer les peintures de la chapelle de la Vierge : sur les voûtes, planent des anges musiciens jouant d’instruments médiévaux… La visite de ce quartier si attachant peut être complétée par le musée archéologique du Carré Plantagenêt, qui conte l’histoire de la ville et des environs, depuis l’époque préhistorique jusqu’au 15ème siècle. Après avoir beaucoup entendu parler de Bérengère de Navarre, reine d’Angleterre mariée à Richard Cœur de Lion, vous pourrez voir son gisant dans l’abbaye de l’Epau, qu’elle a fondée en 1229 après la mort du roi. Située à Yvré-l’Evêque, à l’Est du Mans, cette abbaye cistercienne, dont le cloître a disparu, est un peu vide. Mais elle est située à l’orée d’un magnifique espace naturel, l’Arche de la Nature, dans lequel vous ferez de très jolies balades. A pieds ou à vélo, parcourez cette grande forêt percée de clairières et de plans d’eau, bien aménagée, à la découverte, par exemple, des arbres remarquables répertoriés, ou bien des animaux de la Ferme de la Prairie. Retour au point de départ en longeant les bords de l’Huisne, rivière très poissonneuse si l’on en juge par la présence de nombreux pêcheurs.

 

Le Loir, pas la Loire

Avant d’atteindre les bords du Loir, arrêtez-vous au Jardin du Petit Bordeaux, à Biez-en-Belin (à l’ouest d’Ecommoy) : c’est un jardin privé de style anglais, qui rassemble une collection de 3800 plantes du monde entier. C’est toute la science et le talent de Michel Berrou d’avoir su mettre en scène les massifs et les arbustes comme autant de tableaux impressionnistes variant de couleurs et de formes au gré des saisons et des heures de la journée. Ce jardin méconnu, isolé dans la forêt sarthoise, est évidemment classé jardin remarquable de France. La forêt de Bercé est toute proche, c’est l’une des plus belles chênaies de France, et Carnuta, la Maison de l’Homme et de la Forêt, à Jupilles, permet de mieux la connaître avant de s’y aventurer. En effet, l’exposition met en scène, de façon moderne et ludique, tous les aspects naturels et humains liés à la forêt de Bercé. Les sens sont en éveil, et l’on a parfois l’impression de se promener au milieu de chênes centenaires… Le chêne Boppe, lui, un vénérable ancêtre né sous Louis XIV, a trépassé, mais on admire une coupe de son énorme tronc, sur lequel sont notées quelques dates historiques. Une fois sur les bords du Loir, suivez-le vers l’est, vers Vendôme. Arrêtez-vous à Lavardin, classé dans les Plus Beaux Villages de France. Il est vrai que ce village a beaucoup de caractère, et que les ruines de sa forteresse, bâtie sur un promontoire rocheux à 45 m au-dessus du Loir, a fière allure… Si la forteresse n’est pas ouverte, vous ne serez pas venus pour rien, car l’église romane attenante vaut le détour pour ses admirables peintures murales. Mais ce n’est encore rien comparé aux fresques peintes de la chapelle St-Gilles de Montoire, de l’autre côté du Loir. Demandez les clefs de cette modeste chapelle au Café de la Paix ou à l’office du tourisme. Une fois sur place, il est émouvant de contempler, comme le poète Ronsard qui en a été le prieur, ces chef-d’œuvres de la peinture romane, étonnamment bien conservées.

 

 

Ne dites plus « c’est trop beau », mais plutôt « c’est beau, Troô » ! Ce petit village troglodytique fortifié construit sur une butte a un charme fou. Il faut stationner en bas et le visiter en montant : le panorama depuis le sommet, au-dessus de la collégiale, en vaut la peine ! Chemin faisant, vous aurez vu la grotte pétrifiante, le Puits qui Parle, et vous aurez peut-être la chance de croiser un habitant qui acceptera de vous montrer son logis creusé dans la roche. Ou sa cave ! Car sur les coteaux du Loir s’étend non loin d’ici un vignoble peu connu, mais donnant un excellent vin blanc, le Jasnières. Pour les amateurs, rendez-vous à La Chartre-sur-le-Loir, au domaine de la Charrière, chez Joël Gigou (02 43 44 48 72). Ce sympathique viticulteur se fera un plaisir, sur RDV, de vous faire visiter ses caves creusées dans le tuffeau, en vous expliquant sa démarche bio, et en vous faisant déguster ses crus de Jasnières, vin très minéral à boire avec du fromage de chèvre ou du poisson. A Vouvray, pas de méprise, vous ne trouverez pas de cave où déguster le vin du même nom, qui se produit au bord de la Loire. « Tout le monde fait la même erreur ! » s’amuse André Clément, propriétaire du moulin de Pousset. André s’est passionné pour ce moulin à grain des années 30, en activité jusqu’en 1975, qu’il entretient amoureusement. « Et tout tourne encore ! » assure-t-il fièrement en actionnant une machine à nettoyer les grains, suspendue sur de fines lattes de bois… Si le bonhomme vous a « à la bonne », il vous montrera aussi son musée de la projection. Dans une salle de cinéma à l’ancienne, vous découvrirez une collection unique d’appareils de projection, de la plus rudimentaire 8 mm analogique aux grosses machines numériques récentes. Passionnant ! En passant par Vaas (où il y a aussi un beau moulin qui se visite, le moulin de Rotrou), dirigez-vous vers Le Lude, pour visiter son château. C’est une ancienne forteresse médiévale qui s’est embellie à la Renaissance, puis au 18ème siècle. D’ailleurs ses quatre façades témoignent des différentes époques de construction, la façade Renaissance faisant assez « Chambord »… Mais le plus intéressant se trouve à l’intérieur, puisque ce château est meublé et habité. En plus de toutes les merveilles qu’on s’attend à voir dans un château (meubles gothiques, dorures, plafond à caissons peints, cheminées monumentales…), sont éparpillées des traces de vie des châtelains : portraits, photos, arbres généalogiques… Si vous faites la dernière visite du matin, vous verrez, dans la salle à manger aux immenses tapisseries d’Italie, leur table déjà dressée ! Puis, flânez dans les jardins à la française, et descendez jusqu’au bord du Loir, le long du boulingrin, c’est une balade très agréable.

 

Fort en boule ou boule de fort ?

Prochaine étape, La Flèche, toujours au bord du Loir (aire de service gratuite au port Luneau). Bien que la ville soit surtout connue pour son prytanée militaire, nous vous convions ici à visiter un zoo, à faire du canoë et à s’initier à un jeu de boules. A moins que vous ne soyez allergiques aux zoos, celui de La Flèche est incontournable. C’est l’un des plus grands de France, il propose de nombreuses attractions (spectacle d’otaries, rapaces…), et vous y verrez certains animaux rares (loups blancs), dans de bonnes conditions. A la base de canoë-kayak des Pouliers (02 43 45 98 10), vous pourrez louer un canoë ou vous initier à la pratique du kayak avec un moniteur diplômé. C’est la meilleure façon de découvrir les berges sauvages du Loir, sa faune et sa flore, car le parcours est tranquille, sans rapides. Juste une ou deux passes à écluse à franchir, pour le fun… Vous préférez une activité moins sportive, plus calme, vraiment plus calme ? La boule de fort est faite pour vous : c’est simple, pour y jouer, il faut enfiler des charentaises ! Pour ne pas abîmer le revêtement de ce boulodrome incurvé si particulier, où l’on fait rouler tout doucement une boule dissymétrique. Rdv les lundi, mercredi et vendredi à 14 h à l’Amicale du Bas-Rhin (26 bis av du Gal Leclerc à La Flèche), l’une des 400 sociétés de boule de fort de l’Ouest de la France. Vous pourrez y admirer les « pros » qui savent trouver l’angle et la force justes afin que la boule se rapproche du cochonnet en zigzagant, avec une lenteur et une précision étonnantes… Il ne faut pas être pressé : une partie dure environ 2h30 ! Pour 2 €/p, on pourra même vous initier (le matin, sur réservation au 02 43 94 32 74).

 

Rejoignez maintenant la Sarthe à Malicorne, justement renommée pour sa tradition céramique et sa production de faïence. Commencez par faire la visite très instructive proposée par la Faïencerie d’Art (rue Bernard Palissy, 02 43 94 81 18), un atelier artisanal qui est l’un des seuls à préparer sa terre sur place. Vous suivrez toutes les étapes : moulage, estampage, fabrication de l’émail, ajourage (la spécialité de Malicorne), cuisson, peinture à la main… Cet atelier produit déjà de belles faïences, mais lorsque vous passerez au musée (Malicorne Espace Faïence), vous découvrirez des collections inestimables et serez subjugués par la variété et la richesse des formes et des décors de ces œuvres d’art… En suivant la Sarthe, rejoignez Asnières-sur-Vègre. C’est une Petite Cité de Caractère aux vestiges médiévaux, qui vaut surtout pour son église St-Hilaire, dont les fresques du 12ème siècle comportent des scènes incroyables de l’Enfer avec le cerbère et le léviathan punissant les pécheurs pour leur avarice ou leur luxure… En haut du village, faite un saut chez Philippe et Khady Grandry (02 43 92 52 35) pour admirer leur jardin écologique. Il est merveilleux par sa forme et par ses plantes, et on y apprend plein de choses sur le jardinage bio, en plus de s’y sentir bien.

A partir de là, vous pouvez revenir vers Le Mans en passant par Loué, le pays des bonnes volailles. Mais nous ne saurions trop vous conseiller de continuer vers le nord du département, pour rejoindre une région superbe, très verte et vallonnée, les « Alpes mancelles ». Arrêtez-vous d’abord à Fresnay-sur-Sarthe pour visiter le musée médiéval installé dans la monumentale porte du château, puis flânez dans les ruelles pleines de charme de cette cité de caractère. Puis faites étape à St-Léonard-des-Bois, joliment lové dans une boucle de la Sarthe. Plusieurs circuits pédestres balisés, de 2 à 5 h de marche, permettent d’accéder, en longeant la Sarthe et en remontant de vallons boisés, à des sommets offrant de superbes vues panoramiques. Attention, ça grimpe dur ! Mais la plus belle vue, vous l’aurez depuis l’église de St-Céneri-le-Gérei, adorable petit village aux maisons construites en grès roussard. Perchée sur un piton rocheux, elle offre un panorama sublime sur le village, sur le moulin, et sur le vieux pont construit sur la Sarthe, tout en bas, qui sert de frontière entre les départements de la Sarthe, de l’Orne et de la Mayenne.

 

Adresses gourmandes

  • Le Jardin Gourmand, lieu-dit Papéa, à Yvré-l’Evêque : juste à côté d’un petit parc d’attraction, bon rapport qualité/prix. Tél : 02 43 89 60 20
  • La Petite Auberge, 5 pl Duglesclin, à Malicorne : cuisine de terroir, terrasse au-dessus de la Sarthe. Tél : 02 43 94 80 52
  • L’Auberge des Acacias, à Dureil : le chef concocte des plats sophistiqués, dans lesquels il adore intégrer des herbes et des plantes du jardin. Une belle expérience ! Tel. 02 43 95 34 03
  • Le Moulin des 4 Saisons, rue Gallieni, à La Flèche : littéralement entouré par le Loir, superbe adresse proposant une cuisine gastronomique à prix raisonnable. Incroyable carte des vins !
  • Ricordeau, 11 rue de la Libération, à Loué : une table réputé, un excellent chef, un cadre agréable, pourquoi s’en priver ? Tél : 02 43 88 40 03

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Senteurs et saveurs de Provence

Si dans le sud-ouest le bonheur est dans le pré, en Provence, il est dans l’air printanier. Venez respirer les enivrantes effluves du Midi dans les villages perchés et les champs du pays de Forcalquier. 

 

ALPES DE HAUTE PROVENCERando-bistrot autour d'Ongles
ALPES DE HAUTE PROVENCE  Autour d’Ongles

 

« Les Dieux créent les odeurs ; les Hommes fabriquent du parfum ». C’est Margaux Hofstedt, animatrice de l’atelier du parfumeur au couvent des Cordeliers de Forcalquier, qui rappelle cette jolie formule de Jean Giono, l’enfant du pays. L’objectif de cette formation de deux heures, ouverte à tous, est d’apprendre par la pratique les bases de la composition d’un parfum. C’est génial ! Installé dans un amphithéâtre, devant un pupitre avec tout ce qu’il faut pour jouer au parfumeur (orgue à parfum, balance de précision, pipettes, mouillettes…), on écoute d’abord les bases théoriques de l’olfaction et de l’art du parfumeur, puis on mélange délicatement les essences en suivant une formule pré-établie (eau de toilette féminine, masculine, ou pour jeune fille), qu’on personnalise en fonction de son envie et de son inspiration. Avec les conseils de Margaux, au bout de 2 heures, vous ressortez avec 100 ml d’un parfum unique au monde, votre parfum !

En été, toute la Provence n’est que parfums. Il suffit de se balader le nez au vent sur les petites routes à pieds ou à bicyclette, pour être chaviré par un air saturé d’effluves agréables, un pot-pourri naturel d’herbes de Provence, où domine parfois, en fonction des champs traversés, les notes suaves de la sauge sclarée, douces du foin coupé, ou entêtantes de la lavande… Rendez-vous au Prieuré de Salagon, à une portée de narine de Forcalquier. L’église romane aux vitraux contemporains est entourée de plusieurs jardins thématiques, regroupant une incroyable collection de plantes pour tous usages : médicinal, maléfique, plantes pour femme (pour les règles, la grossesse, l’hygiène…), plantes ornementales des 5 continents, et un jardin des senteurs où l’on est autorisé à toucher les feuilles pour se laisser surprendre et séduire par les merveilleux parfums qu’elles exhalent. Cela donne envie d’en savoir plus sur l’utilisation pratique de toutes ces plantes ! Qu’à cela ne tienne, le château de Simiane-la-Rotonde, l’un des plus beaux villages perchés de Haute-Provence, abrite un laboratoire d’aromathérapie qui répondra à toutes vos questions. Après avoir grimpé les calades (ruelles pavées) de ce superbe village médiéval, vous atteindrez au sommet le château, chef-d’œuvre de l’art roman, qui abrite un extraordinaire laboratoire, puisqu’il produit et propose à la vente plus de 120 huiles essentielles 100% pures et naturelles, à usage thérapeutique ! Il faut absolument assister à la conférence d’Alain Tessier, ethno-botaniste, qui démystifie avec beaucoup d’humour les secrets de la phyto-aromathérapie. En commençant bien sûr par la plante emblématique de la région, la lavande (aux pouvoirs inimaginables…), dont il faut commencer par reconnaître la différence entre la lavande ordinaire et le lavandin. A l’écouter, on pourrait tout guérir avec des huiles essentielles ! Il est si convaincant que les plus sceptiques repartent avec plusieurs flacons…

 

Saviez-vous que certaines huiles essentielles étaient également alimentaires ? Rendez-vous cette fois dans la ZI de Mane, un autre superbe village perché des alentours de Forcalquier. Christian Alpe y a installé « Ensentielles » un atelier de préparation d’huiles essentielles et d’eaux florales, spécialement conçues pour l’utilisation culinaire. Toute la puissance gustative de la plante d’origine concentrée dans une seule goutte ! Menthe poivrée, aneth, basilic, thym, sarriette, gingembre, cumin… Très pratique quand on cuisine et qu’on n’a pas l’ingrédient frais sous la main ! Même si c’est le cas pour l’huile d’olive, particulièrement bonne dans la région, toutes les saveurs de Provence ne se mettent pas encore en bouteille. Prenez le Banon, par exemple, ce fromage de chèvre entouré d’une feuille de châtaignier, il n’est jamais meilleur que quand on le déguste sur place, sous la tonnelle d’un bistrot (voir rando-bistrot ci-dessous), ou mieux encore, directement à la ferme, chez un producteur artisanal. Si vous allez à Banon, poussez la porte de la librairie le Bleuet, une institution locale, qui est en passe de devenir la 1ère librairie de France en fonds littéraire, et cela dans un village de 1000 habitants ! Vous y trouverez sûrement le livre de recettes qui vous donnera envie de cuisiner tous les bons produits qu’on trouve sur un marché de Provence. Celui de Forcalquier, le lundi, est immense, il étend ses ramifications dans les ruelles adjacentes (allez voir le marché bio de la minuscule et charmante place St-Michel), il regorge de victuailles, de tissus, de savons parfumés… C’est le symbole même de cette région bénie des Dieux, qui rassemble une incroyable profusion de senteurs et de saveurs agréables au nez et au palais.

Enfin, pour plonger dans l’univers monochromatique violet des champs de lavande, rendez-vous sur le plateau de Valensole, où s’étendent à perte de vue les rangées de bouquets de lavande. Par temps chaud, la fragrance est si forte qu’elle devient presque incommodante… Pour en retrouver toutes les subtilités de retour chez vous, n’hésitez pas à passer chez un distillateur (ou à l’Occitane…) pour ramener un flacon de cette huile si essentielle à la Provence !

Une p’tite rando sur les sentiers de Provence ?

Voici un bon plan pour une balade guidée au pays de Jean Giono : participer à une rando-bistrot ! C’est un concept génial consistant à randonner le matin en compagnie d’un guide qui vous fera rencontrer un ou deux producteurs artisanaux, et de déjeuner dans un bistrot de pays autour de ces produits de terroir. Par exemple, en partant de St-Etienne-les-Orgues, vous randonnerez au pied de la Montagne de Lure, et rencontrerez un éleveur bio de veaux, et une apicultrice. Déjeuner au Café de la Tonnelle au Rocher-d’Ongles, avec blanquette de veau et faisselle au miel ! Choix de 14 randos thématiques, de 35 à 45 €/p avec le repas. www.bistrotdepays.com

Pratique

Se loger :

  • Le Charembeau (3*), route de Niozelles, à Forcalquier : dans une ancienne ferme du 18ème rénovée, hôtel de charme aux vastes chambres dont certaines sont équipées d’un coin cuisine. Piscine, tennis, location de vélos…  04 92 70 91 70
  • L’Oustaou d’Oulivié, à Oraison : coup de cœur pour cette bastide au charme florentin entourée d’oliviers (avec piscine), proposant chambres d’hôtes et gîtes. Un petit paradis dirigée par une hollandaise amoureuse de la Provence. Cuisinière cordon-bleue, Joyce Borgmann fait table d’hôtes sous le platane centenaire où chantent les cigales, avec des plats raffinés à se pâmer, et elle donne même des cours de cuisine.  04 92 73 76 08 et oulivié.fr

Se restaurer :

  • Le 9, avenue Jean Giono, à Forcalquier : subtile cuisine du marché dans ce restaurant au design contemporain.  04 92 75 03 29
  • Les Vins au Vert, rue Pasteur, à Banon : un jeune couple sympathique tient ce bar à vins convivial, en préparant aussi des assiettes gourmandes et des desserts, consommés sur la grande table familiale. Faites-leur confiance pour les accords mets/vins ! 04 92 75 23 84

Carnet d’adresses :

  • Atelier du parfumeur au Couvent des Cordeliers, à Forcalquier : 04 92 72 50 68
  • Laboratoire Sainte-Victoire, au château de Simiane-la-Rotonde : 04 92 73 11 34
  • Ensentielles : 8, ZA de Pitaugier, à Mane : 09 65 31 69 39
  • Distilleries et Domaines de Provence, à Forcalquier : pour l’inégalable pastis haut de gamme Henri Bardouin, et la nouveauté : l’Absente, une délicieuse crème d’absinthe. 04 92 75 00 58
  • L’Occitane, ZI Saint-Maurice, à Manosque : pour la visite d’usine et la boutique aux prix intéressants. 04 92 70 19 50

Se renseigner : Off du Tourisme : 04 92 75 10 02 ou www.forcalquier.com ; CDT : 04 92 31 57 29 ou www.alpes-haute-provence.com

Balade en terre catalane

D’immenses plages de sable, une chaîne montagneuse, des châteaux, des villes fortifiées, des vignobles… Non, on ne parle pas d’un pays, mais d’un département français, qui concentre une incroyable diversité de sites, de paysages et d’attraits touristiques : les Pyrénées-Orientales. L’intérêt de ce circuit tient aussi dans la découverte de la culture et de la gastronomie catalane !

PYRENEES ORIENTALES Château cathare de Quéribus

 

Vous êtes plutôt mer ou montagne ? Si votre compagne ou compagnon a un faible pour la Grande Bleue, alors que vous préférez crapahuter en altitude, au lieu de trancher, optez pour les deux ! Tout en bas de l’Hexagone, niché entre les hautes montagnes des Pyrénées et la Méditerranée, le département des Pyrénées Orientales permet un tel choix. Son littoral offre aussi une dualité parfaite : au nord, de longues plages de sable fin, au sud une côte rocheuse abrupte, échancrée de criques sauvages et abritant de jolis villages de pêcheurs. Et lorsque vous aurez les pieds dans l’eau, vous ne serez qu’à 1 h de route des premiers sentiers de randonnée !

En venant du nord par l’A9, le voyageur arrive forcément à Perpignan. Le quartier St-Jean, piétonnier, a du cachet avec ses maisons médiévales, et plusieurs sites méritent la visite, telle la cathédrale St-Jean, ou le Castillet en briques roses abritant un très intéressant musée d’arts et traditions populaires, ou encore le Palais des Rois de Majorque, très bel et vaste ensemble de bâtiments gothiques, illustrant bien l’architecture militaire et civile médiévale du Midi de la France. Si vous venez à Pâques, ne manquez pas la procession religieuse de la Sanch, pour voir des processionnaires aux cagoules pointues, vêtus de noir ou de rouge, porter de lourdes statues votives. A 10 km au nord de Perpignan, les hautes murailles du château de Salses impressionnent. C’est une fabuleuse forteresse construite par les Ibères, au temps où le Roussillon était espagnol. Ses énormes murailles en briques – roses le matin, oranges le soir – renferment des astuces défensives très ingénieuses, et des raffinements architecturaux rares pour une place-forte militaire du 16e s. Intéressant contraste, des œuvres contemporaines sont intégrées au château, des écuries aux terrasses, depuis lesquelles la vue porte jusqu’à la mer. De Salses, remontez la longue et étroite vallée de Fenouillèdes aux coteaux plantés de vigne, pour rejoindre Tautavel, où se situe le passionnant musée de la Préhistoire. Non loin de là, faites un détour pour aller admirer l’un des plus beaux châteaux cathares : Quéribus. Perché sur un piton rocheux au milieu d’une garrigue sauvage, ce château médiéval fait vraiment corps avec la pierre, de laquelle il semble émerger. Il a été si bien conçu, avec sa situation imprenable et ses enceintes successives, qu’une dizaine de soldats suffisaient pour le garder ! A Millas, dans la vallée voisine de Conflent, faites provision d’une huile d’olive très fruitée à la coopérative oléicole. Cette large vallée, creusée par la rivière Têt, est très verte et regorge de vergers. A Ille-sur-Têt, la capitale de la pêche (le fruit), arrêtez-vous sur le site des « orgues ». Ce sont des colonnes de roche tendre, appelées poétiquement cheminées de fées, érodées par les pluies et le vent, et formant des parois verticales sculptées ou des pitons monolithiques. Sublime et étonnant paysage qui évolue avec le temps… Le temps, par contre, semble ne pas avoir prise sur les prieurés et abbayes que vous rencontrerez de part et d’autre de la vallée. La plus connue est sans doute l’abbaye de Saint-Michel-de-Cuixa, à 3 km au sud de Prades, un monastère du XIIe siècle dont une partie du magnifique cloître en marbre rose est exposé à … New-York ! Mais le prieuré de Serrabone a un charme incomparable, superbement isolé dans la montagne au milieu des chênes verts et de la bruyère arborescente, et c’est aussi un chef-d’œuvre de l’art roman ! Les monstres sculptés des chapiteaux de la galerie du cloître n’effraient plus personne, et l’on vient se recueillir dans cet endroit désertique et austère, où simplicité rime avec beauté.

 

Villefranche-de-Conflent est une ville entièrement ceinte de remparts qui garde la vallée. Bien qu’elle soit fortifiée par Vauban, la visite des remparts, longue et fastidieuse, ne s’impose pas. Par contre, n’hésitez pas à vous promener dans les ruelles étroites, pour chiner chez les antiquaires, ou faire vos emplettes dans les boutiques de souvenirs. En poussant la porte des boulangeries, vous pourrez goûter aux douceurs catalanes : rousquilles (petits biscuits ronds nappés de sucre glace), tourons (proches du nougat) et bunyetas (beignets à la fleur d’oranger)… Si vous avez le temps, deux visites valent la peine qu’elles infligent : le fort Libéria surplombant la ville, qui offre des vues magnifiques sur la vallée, mais d’où il faut redescendre par un interminable escalier, dit des 1000 marches (on ne les a pas comptées…) ; et les grottes des Canalettes aux concrétions fantastiques, mais où l’on se refroidit très vite. Après Villefranche, la vallée se resserre et la pente s’accentue. Au fil des virages,  les paysages deviennent spectaculaires dans les gorges, lorsqu’on attaque la montagne. Une autre place-forte militaire, Mont-Louis, également fortifiée par Vauban, protège le haut de la vallée. Elle abrite un étonnant four solaire, installé là par une équipe d’écologistes et de céramistes. Vous pourrez y voir d’immenses miroirs focaliser les rayons du soleil en un point pouvant atteindre 3000 °C. A cette température, une plaque d’acier se troue en quelques secondes ! D’autres fours solaires sont installés dans la région, ce qui prouve que l’ensoleillement y est généreux. A partir de Mont-Louis, s’ouvre un plateau d’altitude baigné de lumière, et encadré par les hauts sommets pyrénéens. C’est la Cerdagne. D’innombrables sentiers de randonnées sillonnent ses prairies et ses forêts de pins, et montent à l’assaut des cimes. Une route monte même au lac des Bouillouses, à 2000 m d’altitude, au royaume des mouflons, des isards et des aigles royaux. Quant au lac de Matemale, on le surnomme le Canada miniature, c’est tout dire ! Après une journée de marche, rien de tel qu’un bain dans l’une des sources chaudes de la région. Vernet-les-Bains dispose d’un établissement thermal doté d’un centre de remise en forme, tandis qu’à Fontpédrouse, aux bains de St-Thomas, une source d’eau chaude naturelle sulfurée permet de se détendre, avant un massage bienfaisant aux huiles essentielles. La descente de la vallée est rapide. Il est possible de ranger les chaussures de rando’ et la veste polaire après le déjeuner, et de se promener en sandale et paréo sur la plage en fin d’après-midi ! Mais si l’on veut prendre son temps, on peut rejoindre la côte par les chemins de traverse, en s’arrêtant par exemple à Castelnou, classé parmi les plus beaux villages de France, et à Thuir, pour visiter les caves Byrrh qui abritent la plus grande cuve en chêne du monde.

 

Côté mer, de Port-Leucate à Argelès-sur-mer, une poignée de stations balnéaires se partagent 40 km de plages de sable. Très familiales et bondées en saison estivale, elles s’endorment un peu dès que les derniers vacanciers sont partis. Ici, l’arrière-pays est viticole, et la visite de cave est une alternative au farniente sur le sable. C’est à partir d’Argelès que la montagne a rendez-vous avec la mer. Les contreforts de la chaîne des Albères plongent dans la Méditerranée en ménageant des ports, des caps et des criques sauvages. Cette côte schisteuse est surnommée la côte vermeille, sans doute parce que la pierre s’empourpre au coucher du soleil. Il faut s’arrêter pour prendre une paëlla ou une friture au port de pêche animé de Port-Vendres, et se promener autour de la superbe marina de Banyuls-sur-mer. Mais la perle de cette côte est sans conteste Collioure. Ce petit port a tant de charme qu’il attire même des touristes américains et japonais ! Ils viennent sans doute pour retrouver l’ambiance des tableaux de Matisse, de Derain, et des peintres fauves, qui aimaient beaucoup peindre dans cette région aux couleurs éclatantes. Il est vrai que les touches colorées des maisons serrées devant la plage, encadrées par le château et la tour, font de cette baie le cliché parfait du petit port méridional. Collioure doit aussi sa renommée à un savoir-faire ancestral : la préparation des anchois. Il reste deux maisons artisanales sur le port, Roques et Desclaux, chez qui l’on peut voir la préparation et la mise en bocal de ces petits poissons. Plaisir des yeux, merveilles de bouche, tout y est. A Cosprons, petit village entouré de vignes, à quelques kilomètres de Port-Vendres, vous trouverez une vinaigrerie artisanale produisant différents vinaigres de grande qualité élaborés dans la tradition, tel que le vinaigre de Banyuls ou le vinaigre au safran…

Repères

Se renseigner : Comité Départemental du Tourisme : 04 68 51 52 53. Site Internet : http://www.tourisme-pyreneesorientales.com/

Bonnes tables

  • Le Double Y : 8 place Jean Payra, Perpignan (04 68 34 51 16) : déco et cuisine moderne, plats élaborés alliant le mariage des saveurs à l’esthétique.
  • Le Fanal : Banyuls-sur-mer (04 68 98 65 88) : table gastronomique (1 étoile Michelin), qui magnifie les produits de la mer et de la terre catalanes.
  • La Senyera : 81 rue Saint-Jean, Villefranche-de-Conflent (04 68 96 17 65) : sympathique auberge mettant en valeur les produits du terroir : escargots à la catalane, pintade braisée aux figues et au Banyuls…
  • Une Table au Courtalet : en haut du village de Corbère-le-Château (04 68 84 00 53) : cuisine catalane authentique.
  • La Réserve : à Argelès-sur-mer (04 68 81 08 68) : pour se régaler de poissons grillés à la plancha, ou d’un festin de fruits de mer, servis dans un plat en forme de barque.

Régalez-vous à Oléron !

Oléron

L’île charentaise séduit par son harmonieux équilibre entre tourisme balnéaire et activités agricoles : à vous les belles plages, les balades à vélo, et les bons produits du terroir !

 

Ce n’est pas parce que l’on se met en maillot de bain sur les plages, que l’été doit ressembler à un désert gastronomique. Une demi-douzaine d’huîtres et un poisson grillé accompagné d’un bon petit vin blanc, auront moins d’effets sur votre silhouette qu’un sandwich-frites ou des beignets avalées avec un soda ! Oléron est l’endroit idéal pour passer une semaine ou deux à la plage, tout en variant les plaisirs gustatifs sans complexe et sans se ruiner. Tout d’abord avec l’huître locale, la Marennes-Oléron (ma reine Oléron !), qui s’affine dans des claires d’où elle tire sa saveur si particulière. En se baladant dans l’île à vélo, vous longerez ces pièces d’eau qui se vident et se remplissent au gré des marées, et qui reflètent la couleur du ciel. Vous apprendrez à les différencier des vrais marais salants, repérables aux petites pyramides étincelantes amassées par les sauniers avec leurs grands râteaux de bois. C’est sans doute cet échiquier de lumière qui a fait surnommer Oléron « l’île lumineuse »… Un terme que ne renierait pas Pierre Loti, qui l’a célébrée dans ses romans, ni les peintres ou les artisans d’art qui ont investi les cabanes mises à leurs dispositions par plusieurs communes de l’île. Au canal de la Baudissière, par exemple, ces anciennes cabanes ostréicoles, repeintes de couleurs vives, donnent un charme fou à un paysage qui pourrait paraître austère. N’hésitez pas à pousser la porte de ces ateliers pour admirer (et acheter) ces créations d’artistes, qu’elles soient faites à partir de cuir, de céramique, de bois, de métal ou même de coquillages, comme au « Retour de plage » situé sur le port de Saint-Trojan-les-Bains.

Des plages pour tous

A propos de plages, Oléron a ce qu’il faut. De nombreux campings prospèrent sous la pinède, c’est un signe qui ne trompe pas. Les familles avec petits enfants apprécient les plages de sable fin en pente douce baignées par une mer aussi calme qu’un lagon (entre St-Denis et Boyardville et plage de Gatseau) ; les ados préfèrent les longues plages désertes exposées à la houle et au vent, propices au surf, au kite-surf et au char à voile (côte ouest) ; tandis que les amateurs de pêche à pied choisissent celles du nord-ouest de l’île, mi-sable, mi estran rocheux, afin de récolter à marée basse les coques, les étrilles ou les bulots qui se cachent sous les algues et dans les trous d’eau. Et pour éviter la promiscuité des plages bondées du mois d’août, il est même possible, après 15 minutes de marche dans la pinède, d’accéder à la plage de la Nouette, magnifique, et quasi-déserte…

L’âme d’Oléron

Après avoir fait le plein d’UV et de bon air iodé, louez un vélo et suivez les pistes cyclables qui sillonnent l’île. Vous traverserez de ravissants petits villages (Arceau, Domino, La Brée…) avec leur lacis de ruelles étroites et leurs maisons blanches aux tuiles rondes, égayées de volets peints et de roses trémières. C’est là que se niche l’âme d’Oléron, au détour d’un puits, dans une humble église, dans l’intimité d’un chai ou la convivialité d’une cabane ostréicole, où vous achèterez pour pas cher des huîtres savoureuses tout juste sorties de l’eau. Vous réaliserez alors qu’Oléron est une île discrète et pas « bling-bling », une île où il fait bon vivre et séjourner, en toute simplicité.

Les bons produits du terroir

L’huître Marennes-Oléron

C’est le produit-phare de l’île, une huître qui acquiert son goût unique en étant affinée 28 jours minimum en claire (pour la fine de claire IGP), et 4 mois minimum pour la Rolls des huîtres, la pousse en claire Label Rouge. Certains ostréiculteurs ouvrent leur ferme au public (Huîtres Fonteneau, au Dolus d’Oléron), mais vous pouvez aussi visiter la Cité de l’Huître, à Marennes, où un circuit de découverte de l’ostréiculture a été aménagé au cœur des parcs à huîtres, alternant visite commentée, balade à vélo (prêtés), expositions et ateliers interactifs. On y apprend même à ouvrir et à cuisiner les huîtres ! 05 46 36 78 98 et http://www.cite-huitre.com

Le pineau

Un pineau des Charentes AOC est une mistelle, un vin de liqueur obtenu en mélangeant un moût de raisin avec du cognac issu des mêmes raisins. C’est donc un vin de terroir, et les vignobles oléronais, exposés aux embruns, ont une spécificité que vous pourrez découvrir en visitant leurs chais et en dégustant leurs cuvées, pineau rouge, blanc, rosé, vieux ou très vieux. Par exemple chez Favre et fils, à St-Pierre d’Oléron, qui vient de passer en bio (05 46 47 05 43).

La fleur de sel

Autrefois, l’île était parsemée de marais salants, et le sel était l’or blanc d’Oléron. La plupart ont été abandonnés ou remplacés par des parcs ostréicoles, mais il reste une poignée de sauniers perpétuant cette tradition et récoltant une fleur de sel de qualité. Au port des Salines, vous pourrez visiter un écomusée, comprendre le fonctionnement d’un marais salant in vivo, et vous promener en barque pour découvrir la faune et la flore des marais. (05 46 75 82 28).

Autres saveurs oléronaises

A découvrir dans les épiceries ou les marchés : la bière des Naufrageurs ; une limonade et un cola d’Oléron ; des sablés ou galettes à la fleur de sel d’Oléron ; de la salicorne, des rillettes, terrines ou soupes de poisson ; et même des oignons roses et doux, dits de St-Trujan !

 

Bons plans

Thalasso

Le Novotel de Saint-Trojan-les-Bains se distingue par son centre de thalasso proposant un grand éventail de modelages et de soins innovants. A partir de 65 € pour une après-midi thalasso avec deux soins. 05 46 76 02 46

A voir

Bilout’ en Vauban

Un soir par semaine durant l’été, Bilout’, un comédien local, endosse le rôle du marquis de Vauban pour une découverte originale de la citadelle, qui tient autant de la visite guidée que du spectacle théâtral. (05 46 47 60 51)

Le poisson du bateau à l’assiette

L’office du tourisme de St-Pierre d’Oléron s’est associé avec une poissonnerie d’exception « Les Pêcheries de la Cotinière » (l’un des seuls libre-service de poissons et crustacés de France), pour organiser des visites de la criée du port de la Cotinière, suivies d’une démonstration de cuisine donnée par un chef. (05 46 47 11 39)

Festival

Au mois d’août : « Un piano dans la pinède » est un festival de jazz gratuit à Grand Village Plage. Tel : 06 08 60 21 24

 

Pratique

Y aller : un pont gratuit relie Oléron à Marennes, en Charente-Maritime.

Se loger

Les Jardins d’Aliénor, au Château d’Oléron : hôtel de charme au restaurant gastronomique, dont les chambres sont si agréables et spacieuses qu’on n’a pas envie de les quitter ! Le patron est aussi un chef très doué en cuisine. Menus à partir de 19 € le midi et 49 € le soir, et chambres à partir de 110 €.   http://www.lesjardinsdalienor.com

L’Île de Lumière, à la Cotinière :  de lumineuses chambres façon motel posées sur les dunes, juste devant la plage ! A partir de 110 € la chambre avec petit déj. (05 46 47 10 80)

Se restaurer

Les Poissons Rouges, au port de St-Trojan : que de l’extra-frais dans ce restaurant de poissons et fruits de mer. Menu à 18,5 €, avec huîtres et moules ! 05 46 76 00 04

Chez Mamelou : bar-restaurant situé au bord du chenal de la Baudissière, réputé pour son églade (moules cuites aux aiguilles de pin). Plats de 7 à 13 €, le midi uniquement. 05 46 75 44 41

Se renseigner :  05 46 85 65 23 ou  www.ile-oleron-marennes.com