GUYANE, l’Amazonie française

La forêt amazonienne vue d’ULM, à Mana

Etant couverte à 97 % d’une dense forêt équatoriale, la Guyane, vue d’avion, ressemble à un vaste champ de brocolis, irrigué par des fleuves déroulant leurs méandres à la façon des anacondas. Cette jungle recèle une faune et une flore extraordinaires, que des réceptifs locaux font découvrir aux rares touristes venant de métropole. Ceux-ci ont donc la chance pouvoir observer dans leur élément naturel les animaux qu’on ne voit d’habitude que dans les documentaires à la télé. Singes de toutes sortes, caïmans, jaguars, toucans, sont ici chez eux, mais vous aussi, puisque c’est la France ! On se pince pour y croire, quand on descend en pirogue une rivière dont les eaux sombres sont hantées par des piranhas et des crocodiles, et qu’on aperçoit sur ses berges des capibaras (plus gros rongeur au monde) ou des loutres géantes… Pour ressentir le grand frisson de la jungle amazonienne, il faut s’engager dans la forêt avec un guide, et passer la nuit en hamac (avec moustiquaire…) dans un carbet aménagé, un abri sommaire ouvert sur l’extérieur. Ce qui permet de bien profiter du bruissement de la jungle, et d’être réveillé par les chants matinaux des oiseaux… ou des singes-hurleurs. Il est même possible de passer la nuit dans une cabane arboricole construite à 10 m du sol, et de grimper en rappel dans les arbres pour atteindre des plateformes d’observation, dont l’une est dans la canopée, à 42 m du sol ! Moins physique, et accessible à tous, la nuit passée dans un carbet flottant, sur les marais de Kaw. Pendant la sortie de l’après-midi en pirogue, Ricky, le guide et piroguier émérite, se charge de débusquer les animaux dissimulés dans les hautes herbes de la savane inondée, ou dans les branches du rideau d’arbres formant rempart au bord du marais. A 200 m, il repère le dos d’un paresseux, là où vous ne voyez qu’une grosse branche, devine où se trouvent les oiseaux (qu’il appelle les zozos, tout en étant capable de donner leur nom latin…), et détaille le mode de vie et les habitudes alimentaires de toute cette faune inféodée au marais. Il faut dire qu’il est né à Kaw, un village du bout du monde isolé en plein marais, où l’on s’arrête pour boire un verre, et où il est interdit de prendre les gens en photo… Pendant la sortie nocturne, Ricky montre toute l’étendue de son talent de guide en repérant les caïmans à la très faible lueur que leurs yeux réfléchissent sous le faisceau d’une torche. Il ne se fait pas prier pour attraper un (petit) caïman à la main, et sous les yeux ébahis des passagers, il le retourne sur le dos, et le fait tomber en léthargie, en lui frottant doucement le ventre ! Hallucinant ! En janvier, lors de mon séjour, il y avait un énorme caïman qui barbotait à quelques mètres du carbet flottant de JAL Voyages. Ricky, notre guide, a beau jurer qu’il n’est pas nourri par les cuisiniers, on a du mal à croire que ce monstre squatte les alentours du bateau uniquement pour avoir le plaisir de se faire photographier par les touristes à bord…

En pirogue sur les marais de Kaw
Le carbet flottant de JAL Voyages
Activités sur les marais de Kaw
Chouette locale dans les marais de Kaw
Grandes aigrettes dans les marais de Kaw
Paresseux sur sa branche
Marais de Kaw
Monument aux morts du village de Kaw
Evelyn, piroguier brésilien
Francisco, cuisinier et piroguier du carbet flottant de JAL
Ricky, piroguier et guide du carbet flottant de JAL Voyages
Ricky « endort » le caïman
Les touristes peuvent tenir le caïman
Gros caïman du marais de Kaw

Si vous n’êtes pas vraiment enclins à vous immerger dans la forêt amazonienne, il vous restera trois possibilités pour espérer voir un peu de faune en toute sécurité. La première consiste à parcourir les différents sentiers balisés autour des villes. A 5 minutes du centre-ville de Cayenne, sur le sentier du Rorota, il est fréquent de voir des paresseux, des singes ou des perroquets. Idem sur le circuit de la Montagne des Singes, à Kourou. Autre alternative, faire une excursion en bateau jusqu’à l’îlet la Mère, où réside une colonie de singes-écureuils facétieux, prompts à vous grimper sur le dos pour voir si vous n’avez pas quelque fruit ou friandise dans votre sac… Le tour de cette petite île est très agréable à faire, on y croise de magnifiques fromagers aux racines géantes, on peut observer les singes-écureuils qui cherchent leur nourriture, qui jouent ou qui se battent, et il y a même une petite plage de sable pour se baigner en attendant la navette du bateau. Et au retour, il est possible d’observer des ibis rouges sur l’estran vaseux de l’embouchure du fleuve Mahury. Enfin, si vous n’avez pas eu de chance dans vos balades, pourquoi ne pas faire un tour au zoo de Matoury ? Vous pourrez y observer tranquillement les animaux vivant en Guyane, dans un cadre proche de leur élément naturel !

Sentier de la Montagne des Singes, à Kourou
Sentier de la Montagne des Singes, à Kourou
Arbre de l’îlet La Mère
Singe-écureuil à l’îlet La Mère
Singe-écureuil à l’îlet La Mère
Singe-écureuil peu farouche, à l’îlet La Mère
Capibara
Singe hurleur
Ibis rouge
Tooucan
Tamarin empereur
Panthère

Les bagnes de Guyane

L’aspect culturel n’est pas absent d’un voyage en Guyane. D’abord pour visiter les vestiges des bagnes où la France envoyait ses indésirables. De 1795 à 1948, date à laquelle ferma le dernier bagne, la Guyane compta une trentaine d’établissements pénitenciers ou de camps forestiers où devaient travailler les bagnards. Les ruines restantes sont visibles dans les îles du Salut (dont l’île du Diable, où Dreyfus a été retenu), accessibles par catamaran en excursion d’une journée. Saint-Laurent-du-Maroni, à l’ouest du département, détient aussi le « camp de la transportation », un vaste bagne dont la visite guidée permet de se rendre compte des conditions inhumaines dans lesquelles étaient détenus les prisonniers. Sandrine, la guide de l’Office du Tourisme, émaille sa visite d’anecdotes et de faits réels émouvants, et n’hésite pas dans les cellules étroites à se mettre de lourdes chaînes aux pieds pour bien montrer l’horreur de la détention des bagnards. 

Saint-Laurent-du-Maroni

Au bagne de Saint-Laurent-du Maroni
Cellule collective au bagne de Saint-Laurent-du Maroni
Cellule du camp de la Transportation, au bagne de Saint-Laurent-du Maroni
Statuettes contre l’esclavage à Saint-Laurent-du Maroni
Pirogues traversant le Maroni pour aller au Surinam
Jeffrey, amérindien du village Balaté de Saint-Laurent-du Maroni
Jeffrey, amérindien du village Balaté de Saint-Laurent-du Maroni
Eglise d’Iracoubo
Eglise d’Iracoubo
Sandrine, guide au bagne de Saint-Laurent-du-Maroni
Rudiza, stagiaire à l’OT de Saint-Laurent-du-Maroni

Le Centre Spatial Guyanais de Kourou

Longtemps, la Guyane évoqua le bagne pour beaucoup de Français, mais depuis qu’en 1964, le général De Gaulle choisit Kourou pour y installer une base spatiale, la Guyane peut s’enorgueillir de posséder aujourd’hui l’une des meilleures bases de lancement de fusée du monde, lançant chaque année 50 % des satellites commerciaux, grâce à ses trois lanceurs européens  : Ariane 5, Vega et Soyouz. La visite du Centre Spatial Guyanais est fascinante, car elle permet d’entrer dans ce site ultra-sécurisé et d’apprendre presque tout sur le lancement d’une fusée. D’abord, comme le site fait 650 km², on se rend en bus devant les trois sites de lancement, ce qui permet de voir de près les gigantesques fosses où s’effectuent les mises à feu. Puis on pénètre dans le saint des saints, la salle Jupiter, là où se situe le « bocal », le centre de commandement des lancements, là où les ingénieurs et les opérateurs s’assurent que tous les paramètres sont réunis pour lancer la fusée, et où s’effectue le décompte final : 5, 4, 3, 2, 1… Après 30 minutes de vol, la fusée envoie un ou plusieurs satellites en orbite, pour un coût compris entre 20 000 et 25 000 €/kg ! Un musée complète la visite, où tout est dit sur le lancement d’une fusée, sa vitesse, la composition des carburants, le fonctionnement des moteurs et de la propulsion cryogénique… Pas-sion-nant vous dis-je !

Devant le musée de l’Espace
Fosse de lancement des fusées Soyouz
Les différentes fusées lancées à Kourou
La salle de lancement des fusées

Les communautés amérindiennes

La Guyane compte environ 200 000 habitants, dont 10 000 Amérindiens répartis en six groupes (les Arawak, Kali’na, Palikur, Teko, Wayana et Wayãpi). Ces communautés autochtones, qui étaient donc là avant la colonisation, vivent dans des petits villages le long des fleuves ou sur la côte, voire en forêt, et tentent tant bien que mal de concilier leurs propres coutumes et traditions sociales, économiques et culturelles, avec le mode de vie occidental. Malheureusement, le voyageur curieux de leur identité culturelle n’a pas souvent l’occasion de les approcher, tant il y a une méfiance, voire une défiance, vis-à-vis de ces Blancs qui les ont privés de leurs terres, qui polluent leurs forêts et leur rivières, et qui les considèrent bien souvent comme des citoyens de second ordre… Au nord-ouest du département, au-dessus de Mana, la communauté Kali’na de Awala-Yalimapo se montre un peu plus conciliant, et il est possible de visiter leur village et de rencontrer ses habitants grâce au concours de l’un des leurs, Olivier Auguste, devenu en quelque sorte le guide officiel du village. Malheureusement, le jour de ma visite, il y a eu un décès au village, et selon la coutume, toute activité s’arrête pour rendre hommage au défunt, et le chef du village ne pouvait pas se permettre de recevoir un journaliste ! Je n’ai donc pu rencontrer personne, si ce n’est la famille de mon guide. Pierre et Lucia (son père et sa mère) épluchaient des tubercules de manioc amer, sa femme préparait le repas du soir, et sa fille était vautrée dans un canapé, vissée à son téléphone portable, comme tous les ados de Guyane et d’ailleurs… Olivier m’a montré son très beau tambour peint, dont il se sert lors des fêtes, mais qu’il ne pouvait pas faire chanter ce jour-là. Dans d’autres circonstances, je suis sûr que j’aurais passé une journée passionnante dans ce village, qui possède en outre une très belle plage. Notez aussi qu’une Française s’est installée à Awala-Yalimapo (Marie-Line Janot), et qu’elle fait de délicieuses confitures locales avec son mari guyanais.

Plage de Yalimapo
Préparation du manioc amer
Lucia Auguste
Pierre Auguste
Olivier Auguste, guide amérindien à Awala-Yalimapo

Cet imprévu a au moins eu le mérite de me faire passer plus de temps à Mana, très agréable petite ville située au bord du fleuve éponyme, non loin de l’embouchure du Maroni. La population mananaise est composée d’un melting pot de communautés (créole, hmong, amérindienne, chinoise, brésilienne, haïtienne, indienne, bushinengué…), et cette diversité se retrouve autour de la place centrale, devant l’église. Elle est bien expliquée dans la formidable visite audio-guidée de Mana, nommée « koutémana », une balade sonore dans les ruelles qu’il faut faire en suivant un plan disponible à l’office de tourisme. Cet audioblog (disponible sur Arteradio) centré sur Mana, permet de comprendre pas mal de choses importantes concernant la Guyane… Et si vous voulez voir Mana d’en haut, un pilote d’ULM est installé au bord du fleuve, et propose des vols découverte à partir de 40 € (Marc Dabrigeon, 0694 42 79 18). La forêt vue du ciel, c’est très beau, et il vous fera aussi survoler la plus grande ferme d’élevage bovin de France !

https://audioblog.arteradio.com/blog/97400/podcast/108367/koutemana

Marc Dabrigeon, à Mana
Dans l’ULM de Marc Dabrigeon, à Mana
Shelsanne, de l’OT de Mana
Ronda, de l’OT de Mana

Enfin, lorsque vous ferez la route entre Cayenne et Kourou, vous passerez par Macouria, où deux communautés amérindiennes ont installé des carbets où ils vendent leurs objets artisanaux. Que ce soit au marché artisanal du village de Kamuyeneh (au bord de la N1), ou à celui de Norino (le long de la D5, en direction du zoo), des membres de la communauté palikur fabriquent de la vannerie, des calebasses gravées, des colliers de perle, des chapeaux de paille, etc…

Village Norino, à Macouria
Azane Ipparra, amérindienne Palikur, fabrique de la vannerie sous son carbet
Village Norino, à Macouria
Amérindienne gravant une calebasse
Village Norino, à Macouria
Amérindienne Palikur vendant des calebasses gravées
Village Norino, à Macouria
Loïc Batista, amérindien Palikur

Une journée à Cacao

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, on ne va pas à Cacao pour visiter une fabrique de chocolat. Ce village situé à 1h30 de route de Cayenne a la particularité d’être habité par une importante communauté Hmong, qui tient chaque dimanche un marché très couru par les expatriés et les touristes. Il est vrai que ce marché donne vraiment l’impression de se trouver au Laos ou en Thaïlande ! Tous les marchands sont d’origine asiatique, et si les étals sont chargés de fruits et légumes locaux, on en trouve aussi beaucoup spécifiques à l’Asie, et les stands de restauration proposent tous un assortiment de plats, nems et rouleaux de printemps que l’on trouve dans les restaurants asiatiques. C’est en 1977 que la France décida d’accueillir sur le site abandonné d’un ancien bagne, des réfugiés Hmong fuyant la guerre civile au Laos. Cette communauté a prospéré dans l’agriculture (Cacao est devenu le principal fournisseur de produits maraîchers de Guyane), s’est agrandie, constituant aujourd’hui un village authentiquement Hmong, avec ses fêtes et ses traditions… Juste en face du marché, il faut visiter le musée des Insectes, tenu par l’association Le Planeur Bleu, dont le fondateur, Philippe Soler, est un ancien instit passionné par les insectes en général et les papillons en particulier. Vous y verrez une fabuleuse collections de papillons (dont les superbes morphos) et d’insectes de Guyane, certains que l’on n’aimerait pas croiser dans la nature, tels que les matoutous (mygales), les mouches rhinocéros de la taille d’une main ou les Titanus giganteus (plus gros coléoptères du monde, mesurant jusqu’à 16 cm)… Une petite serre permet aussi de voir évoluer en liberté quelques beaux papillons.  

A propos d’insectes, faisons un petit point sur les petites bêtes qui risquent d’émailler votre séjour de frayeurs et de désagréments divers. Les serpents, araignées et autres scorpions, d’abord : certes, leur rencontre n’est pas exclue lorsque vous vous baladez en forêt. Mais ces bêtes-là ne vous sautent pas dessus, si vous en voyez, restez à distance respectable et observez-les sans crainte. Il faut juste prendre l’habitude, si vous dormez dans un carbet dans la jungle, de vérifier qu’il n’y a rien dans vos chaussures avant de les enfiler le matin… A moins d’être arachnophobe, je dirais même que découvrir au détour d’un chemin ou sur une charpente une matoutou (surnom guyanais d’une mygale au bout des pattes orange) noire bien velue, est une chance, et cela procure un frisson d’aventure à la Indiana Jones… Moins plaisant en revanche est la rencontre avec les moustiques. Il y en a 200 espèces en Guyane, de toutes sortes, de toutes tailles, mais heureusement, toutes ne transmettent pas le paludisme ou le chikungunia ou la dengue, tel que le moustique tigre. Mais il vaut mieux prendre toutes ses précautions, c’est-à-dire couvrir ses bras et ses jambes en fin d’après-midi, et s’asperger de répulsif anti-moustiques. Curieusement, je n’ai pas été embêté par les moustiques lorsque j’ai randonné dans la jungle, ni lorsque j’ai dormi à l’air libre (sans moustiquaire) sur le carbet flottant des marais de Kaw, car il paraît qu’il y a tellement de prédateurs naturels que les moustiques ne peuvent pas pulluler. Par contre, il est de notoriété publique que la zone d’Awala-Yalimapo (au nord de Mana) est infestée de moustiques, et qu’un séjour même bref au bord de la plage peut se transformer en cauchemar. Effectivement, j’ai eu le malheur d’arrêter ma voiture près d’un petit bois à Yalimapo, et un véritable nuage de moustiques s’est engouffré dans la voiture sans que j’ai eu le temps de réagir, et j’ai eu toutes les peines du monde à m’en débarrasser, glanant au passage des dizaines de piqûres assez désagréables… En conclusion, les insectes et autres petites bêtes effrayantes ne devraient pas vous décourager de venir en Guyane, surtout si vous prenez toutes les précautions d’usage et que vous emmenez des lotions contenant au moins 30% de DEET (molécule très efficace), telles que Insect Ecran ou Cinq sur Cinq…

Matoutou (mygale) à Kourou
Marché de Cacao
Au marché de Cacao
Vendeuse Hmong au marché de Cacao
Vendeuse Hmong au marché de Cacao
Vendeuse Hmong au marché de Cacao
Au musée des Insectes de Cacao, Philippe Soler fait des visites animées
Au musée des Insectes de Cacao
Au musée des Insectes de Cacao
Au musée des Insectes de Cacao
Morpho au musée des Insectes de Cacao
Au musée des Insectes de Cacao
Au musée des Insectes de Cacao

PRATIQUE

Y aller : Air Caraïbes propose des vols quotidiens pour Cayenne (9h de vol), à partir de 600 € A/R. Pour environ 400 € de plus, la classe Caraïbes (premium economy) apporte un vrai plus en terme de confort et de services. https://www.aircaraibes.com/

Forfait : Evaneos propose des circuits complets de 8-10 j avec location de voiture, pour environ 1000 €/p. https://www.evaneos.fr/guyane/

Séjourner :

L’Ebène Verte, à Cayenne : au calme, dans un jardin tropical verdoyant. Idéal avant un départ ou à l’arrivée. 80 €/ch.

La Tentiaire, à St-Laurent-du-Maroni : bien situé, avec piscine. 80 €/ch.

Rour’Attitude, à Roura : coup de cœur pour ce gîte dont les charmants bungalows en bois (avec kitchenette) surplombent la rivière Oyak. Joëlle, la propriétaire, fait aussi table d’hôte (25 € le repas avec boisson), et c’est un cordon-bleu ! A partir de 205 € pour 2 nuits. Demandez, s’il est disponible, le bungalow qui est le plus proche de la rivière, c’est aussi le plus calme. Pour les petits budgets, il est possible de dormir dans un hamac sous un carbet, pour 22 €/nuit.

Se restaurer :

A Cayenne : La Marinière, restaurant de l’hôtel Belova. Grand choix de blaffs, de colombos, de plats de crevettes, de moules et de poissons grillés tels que le croupia, l’acoupa ou le jammengouté, délicieusement boucané. Menu à 28,90 € ou à la carte.

A Kourou : La Marina, avec sa terrasse bien aérée donnant sur le fleuve. (25 €)

A Cacao : Le Degrad de Cacao, tenu par des Hmongs (10 à 15 € le plat).

A Roura : Waiki Village, cuisine guyanaise à déguster sur une terrasse ombragée au-dessus d’une rivière. (25 €). L’établissement propose également des prestations touristiques et excursions, tel que la location de canoë, balades en forêt, promenades en pirogue…

A Saint-Laurent-du-Maroni : Le Toucan, bar-resto très agréable qui réussit la prouesse de proposer à la fois des pizzas, des kebabs, avec des plats élaborés (gigot de 9 h) entièrement faits maison. Compter de 25 à 30 €.

A Mana : Chez Lili, jeune couple sympathique proposant une cuisine fusion guyanaise/française/asiatique, dans une salle climatisée. (20 €)

A ramener : La Cabresse, rhum local ; confitures de fruits tropicaux ; artisanat des communautés amérindiennes…

Pour les amateurs de costumes de carnaval, l’Atelier Marly, à Matoury, est tenu par Marie-Line Brachet-Cesto (0694 23 35 28), une couturière et styliste passionnée de carnaval, qui loue ou vend des centaines de costumes ou accessoires. Elle vous expliquera l’étonnant concept du touloulou, ce personnage typique de la culture créole guyanaise qui représente en général une femme bourgeoise du 18ème ou 19ème siècle. D’autres touloulous peuvent être zombie, diable, boeuf, zarab… On peut retrouver tous ces personnages lors du carnaval de Guyane, qui a lieu pendant 7 semaines et demie, de l’Epiphanie au mercredi des Cendres.

 Se renseigner : https://www.guyane-amazonie.fr/

Retournons à Saint-Martin !

Plus d’un an après avoir été dévastée par l’ouragan Irma, cette île des Caraïbes a pansé ses plaies et accueille à nouveau les vacanciers dans de bonnes conditions. C’est le moment d’y aller pour encourager les prestataires qui sont restés, et qui ont investi dans la rénovation de leurs hôtels ou restaurants. L’île est redevenue une destination idéale à cette période de l’année ; en effet, vous pourrez profiter de ses superbes plages et de sa gastronomie réputée, tout en faisant vos achats de Noël, puisque c’est une île duty-free !

SAINT-MARTINPlage le long de la côte occidentale
SAINT-MARTIN Plage le long de la côte occidentale

Située au nord de l’arc antillais, Saint-Martin est une petite île assez vallonnée, au littoral ourlé de magnifiques plages de sable corallien, baignées par des eaux turquoises à 28 °C, et ombragées par des cocotiers balançant mollement leurs longues palmes sous les alizés. Bref, une île de rêve, comme Anguilla ou Saint-Barthélémy, ses voisines… L’île est partagée entre deux nations, la France et la Hollande : au sud de l’île, appartenant aux Antilles néerlandaises, on parle l’anglais ou le néerlandais, et la monnaie est officiellement le florin ; au nord, la partie francophone est une Collectivité d’Outre-Mer, et la monnaie est en principe l’euro. Mais en réalité, tous les locaux parlent anglais, et le dollar est la principale monnaie partout !

Durement frappée par l’ouragan Irma, l’île s’est en partie reconstruite, même si l’on voit çà et là les stigmates du désastre. En tous cas, la moitié environ des hôtels ont déjà rouverts leurs portes, certains entièrement rénovés, et les plages de rêve sont toujours là, déroulant leur tapis chaud et moelleux sous les douces vaguelettes d’une mer Caraïbes limpide dans laquelle on se sent aussi bien que dans un liquide amniotique… Dans ce cadre idyllique, un cocktail à la main, on a peine à imaginer que cet éden ait pu connaître un jour l’enfer…

SAINT-MARTINHôtel Radisson Plage de l'Anse Marcel, où se situe l'hôtel
SAINT-MARTIN Plage de l’Anse Marcel

 

A chacun sa plage de rêve

Fait rare sur une si petite île (comme l’île de Ré), Saint-Martin compte une trentaine de plages de sable blanc. L’Anse Marcel est une vaste baie bien abritée, mais ses plages sont réservés aux deux hôtels très haut de gamme qui sont actuellement en rénovation. Pour avoir un peu de tranquillité, vous irez à l’Anse Heureuse, une adorable petite plage quasi déserte, accessible en 10 minutes de marche depuis Grand-Case. La baie Orientale était un peu le St-Trop’ local, avec ses complexes hôteliers et ses paillotes de plage ; c’est là où venait bronzer la jet-set, avec une belle offre de sports nautiques. C’est beaucoup plus calme, les people se sont rabattus sur Saint-Barth’ car l’ouragan a tout rasé… Au moins, la baie a gagné en naturel ce qu’elle a perdu en animation. Les restaurants de plage se reconstruisent un peu plus en retrait (et en béton !), tel le Bikini Beach, très agréable avec sa terrasse en bois et ses transats ombragés de parasols vert pomme. Plus familiale, la plage de l’îlot Pinel, accessible en ferry depuis Cul-de-Sac, est une étonnante langue de sable qui s’étire en pente si douce qu’on la croirait posée sur un lagon. Ses deux restaurants ont été reconstruits, permettant de siroter un mojito ou déguster une langouste grillée entre deux séances de snorkeling… Pour vraiment s’isoler, il faut se rendre sur l’îlot Tintamarre, qui, comme son nom ne l’indique pas, est très calme car totalement inhabité. Inclus dans une réserve marine, ses fonds sont superbes, et ils ont été totalement épargnés par l’ouragan. A noter, pour les amateurs de sensations fortes, le carré de plage situé au bout de la piste d’atterrissage, du côté hollandais. Certains avions passent si près qu’on est fouetté par le souffle des réacteurs. Apparemment certains aiment ça, puisqu’il y a toujours du monde pour hurler de joie à chaque passage d’avion, en respirant à grands poumons des rafales de kérosène…

 

Une île duty-free

 L’île étant exemptée de taxes, St-Martin est comme un duty-free géant ! Si vous allez à Marigot, la capitale de la partie française, vous pourrez faire du lèche-vitrines devant les boutiques de mode de la rue Kennedy, avec ses ateliers de peintres et ses galeries d’art (celles qui n’ont pas fermé…). Juste à côté, s’étend le long du front de mer le plus grand marché de l’île. Il regorge d’épices, de tissus madras, et de très jolis objets artisanaux en bois, pierre volcanique, corne, écaille de tortue… Au West Indies Mall, un petit centre commercial situé à deux pas, vous trouverez chez Vanity First ou l’Occitane vos produits de beauté et parfums préférés. Il y a même une boutique Lacoste. Et tout est 10 à 40 % moins cher qu’en métropole ! Du côté hollandais, c’est à Philipsburg qu’il faut aller, pour flâner sur Beach Street, où se serrent les bijouteries, magasins d’équipement électronique, grandes enseignes de mode… En marchandant un certain temps (les vendeurs, la plupart indiens, sont coriaces !), vous arrivez à obtenir des prix très intéressants, surtout en payant en dollars. Attention, on est censé déclarer ces achats en douane en rentrant en France.

De grandes tables sous les cocotiers

Autre atout de Saint-Martin : c’est la capitale gastronomique des Caraïbes. Certes, il y a moins de restaurants qu’avant Irma. Mais les produits frais arrivent toujours quotidiennement de Rungis ou des USA, et permettent de réaliser des recettes d’inspiration française,  agrémentées d’épices locales. Alors que certains chefs récitent leur partition sur les pianos des grands hôtels, d’autres préfèrent opérer à Grand-Case, un charmant village lové le long d’une jolie plage, où l’on assiste à de fabuleux couchers de soleil. Cette zone a été particulièrement frappée par l’ouragan, de nombreux restaurants ont fermé, mais il en reste assez pour satisfaire les gastronomes les plus exigeants. Le Pressoir et le Barranco sont deux restaurants gastronomiques, mais il y en a pour tous les budgets, surtout si l’on s’attable devant un « lolo », gargote locale proposant des acras, des grillades de poisson, de lambis, ou des crabes farcis. Cerise sur le gâteau (de patate douce), l’addition est moins salée que l’eau de mer devant laquelle vous dînerez… En effet, même si les prix paraissent élevés, les restaurateurs acceptent la règle de parité entre l’euro et le dollar, ce qui est avantageux si vous payez en dollars : par exemple, un menu à 50 € ne vous reviendra en fait qu’à 45 €, si vous payez 50 $…. Cela paiera la bière que vous prendrez en sortant du resto dans un bar musical, où vous danserez la salsa et le zouk sur la plage !

SAINT-MARTINHôtel Radisson Plage de l'Anse Marcel, où se situe l'hôtel
SAINT-MARTIN Plage de l’Anse Marcel

Pratique

Y aller : 1 vol quotidien par Air France, et 3 vols par semaine par Air Caraïbes.

Durée du vol : environ 8 h

Décalage horaire : – 5 h

Climat : chaud et ensoleillé toute l’année, avec parfois quelques douches tropicales.

Se loger

  • Le Mercure Marina & Spa (3*) : situé sur une belle plage à 5 minutes de Marigot, cet hôtel de style créole est en train de monter en gamme. A la fin des travaux, ce sera un 4*…
  • Couleur Café : tout le charme des cases créoles dans ces chambres d’hôtes couleur locale, bien situées à 5 min de la baie d’Orient et de l’embarcadère pour l’îlet Pinel. A partir de 616 $ la semaine pour 2 p. Réservation sur Facebook.
  • La Plantation : des villas colorées de style colonial et des studios équipés (40 m²), dotés de terrasse dominant la baie Orientale. A partir de 277 €/nuit pour 2 en B&B en haute saison. http://www.la-plantation.com/
  • Locations : on peut trouver des studios en appartements ou bungalows, en bord de mer, à partir de 400 € la semaine. Réserver sur : www.abritel.fr ou www.iha.fr

Bonnes tables

Le Pressoir, à Grand-Case : authentique case créole de 1871 (reconstruite après Irma), où l’on déguste les mets les plus fins dans une ambiance intime. Compter 50 €/p (60 € avec la langouste). http://www.lepressoirsxm.com/?lang=fr

Sol e Luna, à Mont Vernon, sur les hauteurs de la Baie Orientale : à l’heure actuelle, la meilleure table de l’île. Compter environ 70 € le menu gastronomique, sans le vin… http://solelunarestaurant.com/

Se renseigner

https://www.st-martin.org/fr/

SAINT-MARTINHôtel Radisson La plus grande piscine des Antilles
SAINT-MARTIN L’ex-Radisson avait la plus grande piscine des Antilles

 

Nota-bene : Toutes les informations ci-dessus ont été vérifiées en novembre 2018, et mon texte original a été mis à jour en tenant compte du passage d’Irma. Les photos ont été faites avant l’ouragan, il est possible que certaines ne correspondent pas exactement à la réalité, mais n’ayez aucune crainte, les plages sont toujours aussi belles, à Saint-Martin ! Et la photo de l’avion à l’atterrissage a été « piquée » sur le site de l’office du tourisme, car je n’ai pas pu la faire sur place, et elle est assez spectaculaire…

La REUNION, une île sensationnelle

 

Dès la sortie de l’aéroport Roland Garros, un généreux soleil tropical détend le corps engourdi par 11 heures de vol. Qu’il est beau et profond ce ciel bleu, outremer bien sûr, et qu’il est suave le parfum des fleurs de frangipanier… D’emblée, le relief de l’île saute aux yeux : il faut savoir que ces cirques montagneux, s’élevant à plus de 3000 m, conditionnent pas mal de choses, à La Réunion. D’abord le climat : les nuages poussés par les alizés butent contre ces sommets et se déversent sur la côte Est, la côte « sous le vent », très verte, qui détient des records de pluviométrie. Alors que sur la côte Ouest il fait toujours beau ! Tout le centre de l’île étant occupé par ces cirques, l’essentiel de la circulation se fait sur le littoral, ce qui cause de fréquents embouteillages. Et la route des Tamarins, une portion d’autoroute de 34 km construite sur les Hauts de l’Ouest pour désengorger les stations balnéaires, ne suffit pas à éviter les bouchons. En conséquence, quand on loge dans l’Ouest, il vaut mieux éviter de se rendre le matin vers Saint-Denis, et inversement, dès 16 h, la circulation vers Saint-Gilles est très chargée…

Le paradis des randonneurs

L’atout majeur de La Réunion, c’est son intérieur montagneux au relief vigoureux, sa forêt primaire et son volcan, sillonnés par un dense réseau de GR et de sentiers balisés (+ de 1000 km). Attention, certaines balades sont difficiles, il peut être utile de se faire accompagner d’un guide péï, ne serait-ce que pour se faire nommer toutes ces plantes exotiques voire endémiques à La Réunion, avec leur usage dans la pharmacopée traditionnelle.

Mafate est le seul cirque à n’être accessible qu’à pieds : ses habitants sont ravitaillés par hélicoptère ! C’est un autre monde, un éden de quiétude, où l’on vit en harmonie avec la nature. Mafate est donc un terrain de jeu fabuleux pour les amoureux de nature et de randonnée. A travers ses champs et ses ravines, vous passerez d’îlet en îlet, fascinés par le mode de vie en quasi-autarcie des mafatais. L’accès à Mafate le plus facile consiste à suivre la canalisation des Orangers, à partir de Sans-Souci, un hameau situé sur les hauteurs de St-Paul. Mais comme cette balade est très longue, ceux qui ne veulent ou ne peuvent pas randonner ont quand même la possibilité de voir l’intérieur de Mafate. Pour cela, il suffit de se rendre en voiture jusqu’au piton Maïdo, à 2200 m d’altitude, où un belvédère surplombant offre un panorama époustouflant : 1000 m de vue plongeante sur cette immense cuvette montagneuse hérissée de pitons rocheux et d’îlets, sur lesquels brillent les toits des petites cases créoles, apparaissant comme des pépites au fond d’une batée gigantesque. Les cirques de Cilaos et de Salazie ne sont pas aussi isolés, et il est possible de s’y rendre par la route. Depuis Saint-Gilles, il faut deux heures pour arriver au bout de la « route aux 420 virages » qui mène à Cilaos, mais cela en vaut la peine. Les paysages offerts par cette route en corniche sont si spectaculaires qu’on a l’impression de traverser la Cordillère des Andes ! Cilaos est un charmant village thermal serti dans un écrin de montagnes, qui repose parfois sur une mer de nuages. Cela renforce son caractère insulaire, et comme toute île, Cilaos a ses particularités : de savoureuses lentilles, et un vin rouge. Mais comme ce n’est pas un grand crû, on ramènera plutôt les « jours », ces fines broderies faites main par les femmes de Cilaos. La route qui grimpe à Salazie est moins impressionnante mais tout aussi belle : on y admire les fameux « voiles de la mariée », ces cascades drapant les falaises d’un tulle blanc en mouvement, contrastant avec la végétation luxuriante de ce cirque très vert.

 

Marcher sur la lave du volcan

Mais l’excursion la plus spectaculaire est celle qui mène au volcan de la Fournaise. A 2360 m d’altitude, vous découvrirez d’abord un paysage stupéfiant, la Plaine des Sables. Cette vaste plaine remplie de scories volcaniques fait immanquablement penser à la planète Mars ! Soyez rassurés, même s’il est actif, le volcan est bien surveillé, et il est même possible de marcher sur les coulées de basalte jusqu’au bord sulfureux du cratère… Pour cela, il faut se renseigner à la Maison du Volcan, extraordinaire musée interactif consacré au volcanisme, ou au gîte du Pas de Bellecombe. Mais si vous ne désirez pas jouer à Haroun Tazieff, il est tout de même possible de se faire photographier sur une coulée de lave refroidie, sans faire le moindre effort : en effet, régulièrement, des coulées de lave se déversent dans la mer en traversant la route nationale ! Pour voir cette route presque unique au monde, il faut se rendre dans le sud de l’île (surnommé le Sud sauvage), au niveau du Tremblet. Ce  quartier de l’île est évidemment inhabité, puisque c’est la zone d’écoulement du volcan. Arrêtez-vous le long des coulées de lave qui ont traversé la route un peu plus loin. S’il n’y a pas eu de coulée récente, il est possible de marcher dessus, et c’est très impressionnant, car si l’on glisse la main dans les anfractuosités, on sent encore un peu de chaleur… Après une éruption, l’accès est interdit, mais même plusieurs semaines après, la température sous la croûte est encore si élevée que certains viennent y faire cuire des saucisses ! A Sainte-Rose, faites une halte devant la célèbre église de Piton-Sainte-Rose, figée dans son écrin de basalte. Lors d’une ancienne éruption, la lave a entouré l’église et s’est arrêtée juste devant la porte, ce que d’aucuns ont considéré comme un miracle…

Le charme des villages créoles

En empruntant les petites routes qui s’enroulent sur les pentes des cirques et du volcan, vous découvrirez de petits villages tranquilles où se niche l’âme créole. A Grand-Coude, Johnny Guichard guidera vos enfants dans un labyrinthe tracé dans un ancien champ de thé, et vous expliquera la distillation du géranium. Dans le même village, vous pourrez découvrir à la Maison Laurina la culture du café Bourbon Pointu, une variété d’arabica réputée donner le meilleur café du monde, qui se vend à prix d’or au Japon ! C’est moins cher sur place, mais tout de même aux alentours de 500 €/kg… A Hell-Bourg, dans le luxuriant cirque de Salazie aux parois couvertes de cascades, le guide-péï Dominick – alias Dodo – (06 92 86 32 88) a concocté un circuit « cases créoles » au cours duquel vous irez à la rencontre des habitants, qui vous dévoileront l’art de vivre créole et l’ordinaire de la vie lontan (jadis). Dans le même cirque, il y a aussi Patrick Manoro, qui n’hésite pas à emmener sa guitare pour charmer les touristes lors des haltes… A la Plaine des Grègues, c’est mémé Rivière qui vous dira tout sur la culture et les vertus du curcuma (le safran-péï), tandis qu’au Tampon, Bertrand Bègue vous fera visiter son exploitation d’ananas Victoria…

On ne dira jamais assez que la population créole est très accueillante et chaleureuse. On est reçu à bras ouverts au sein des familles avec un naturel et une sincérité touchantes, pour peu que l’on s’intéresse à la culture créole et que l’on n’arrive pas avec un complexe de supériorité, ni une attitude hautaine et méprisante, trop souvent affichée par les « Zoreilles » (surnom pour les Français de métropole). Si vous avez état d’esprit ouvert et bienveillant, il y a de fortes chances que vous repartiez de La Réunion en y laissant de merveilleux souvenirs… et de nouveaux amis !

Selfie avec Gilbert Robert, sympathique patron de l'Auberge du Piton Fougère
Selfie avec Gilbert Robert, sympathique patron de l’Auberge du Piton Fougère

Le tour de l’île en hélico, un must

Vus du ciel, les trois cirques apparaissent dans toute leur folle démesure : tout n’est que failles, pics et falaises, les sommets surplombent vertigineusement un chaos minéral recouvert de verdure, saigné par de profondes ravines. Lorsque le pilote plonge dans le Trou de Fer, gigantesque gouffre creusé par une majestueuse cascade, on retient son souffle, le cœur au bord des lèvres. Si vous choisissez la formule la plus complète, vous aurez la chance de vivre un autre moment très fort : lorsque l’hélico s’immobilise au-dessus du volcan, dévoilant à travers les fumerolles qui s’échappent de la gueule béante le magma en fusion !

Les plages

Les seules plages de l’île, situées sur la côte Ouest, réservent quelques surprises. D’abord, elles ne sont pas toutes de sable blond, comme à Boucan-Canot. A l’Etang-Salé-les-Bains, c’est une grande plage de sable noir qui vous attend, peut-être moins agréable, mais aussi moins fréquentée que celles situées autour de Saint-Gilles. La barrière de corail qui les borde forme parfois de magnifique lagons aux eaux turquoise peu profondes, comme à l’Hermitage, mais le corail mort, dur et cassant, peu blesser les pieds : pensez à apporter des sandales ! Même avec un simple masque et un tuba, vous pourrez observer les poissons colorés qui habitent les lagons : poissons-chirurgiens, poissons-pierre, poissons-lion, poissons-perroquets, et parfois, avec de la chance, mérous, raies, barracudas, dauphins. Attention, respectez les lieux de plongée et de baignade autorisée, car des requins rodent, au large…

Des cascades en-veux-tu-en-voilà !

Voici mon Top 5 des cascades de La Réunion, facilement accessibles.

* Au Nord, voici la cascade Niagara à Ste-Suzanne. Vous traverserez des champs de canne à sucre pour arriver devant cette haute paroi où s’écoule avec fracas la rivière Sainte-Suzanne. Les familles se baignent dans le bassin, et les plus téméraires se font masser les épaules par les cataractes les moins puissantes…

* A l’Est, jouxtant le cirque de Salazie, le Trou de Fer est l’écrin démesuré de la plus haute cascade de l’île. Si vous ne faites pas le tour en hélico pour découvrir ce site par la voie des airs, il est possible de se rapprocher de ce trou béant par la randonnée. Pour cela, rejoignez en voiture le gîte de Bélouve. De là, un sentier assez facile traversant une luxuriante forêt primaire, vous mènera à un belvédère surplombant cet abyme envoûtant.

* Au Sud-Est, vers Ste-Rose, l’anse des Cascades vaut surtout pour son ambiance. Dans cette cocoteraie où les locaux viennent le dimanche pour pique-niquer, quelques rastas maltraitent des tambours, des pêcheurs vendent du poisson, et chacun vient se rafraîchir sous une petite cascade qui tombe presque dans la mer !

* Au Sud, remontez le cours de la rivière Langevin depuis St-Joseph. Tout le long de la route, des camions de restauration proposent bouchons (boulettes de viande), samoussas et autres friandises créoles. Et à un virage, vous découvrirez la cascade Langevin, sans doute la plus belle de l’île, car très large, très haute, et plongeant dans un bassin d’eau claire. On en reste bouche bée d’admiration !

* A l’Ouest, sur la route de Saint-Gilles-les-Hauts, une petite marche permet d’accéder à une série de bassins idylliques alimentés de fraîches cascades (bassin des Aigrettes, des Cormorans…). A ce jour, l’accès en est interdit par un grillage, mais il est régulièrement ouvert par la population, qui n’est pas prête à renoncer à ce lieu de baignade idyllique. La commune prévient pourtant qu’il y a des risques d’éboulement, donc c’est à vos risques et périls…

Une farandole de fleurs et de fruits

L’été, dans l’hémisphère sud, correspond à notre hiver. C’est donc la belle saison pour les fleurs et fruits tropicaux. C’est une explosion de couleurs et de senteurs dans tous les jardins privés et publics. Parmi les jardins qu’il faut visiter, citons :

  • Les serres et les jardins du Conservatoire Botanique National de Mascarin, à Saint-Leu.
  • Le Jardin d’Eden à Saint-Gilles. Magnifique jardin paysager où l’on découvre les vertus de plantes tropicales sacrées, médicinales, magiques…
  • Le Jardin des Parfums et des Epices, à Saint-Philippe. Dans une végétation luxuriante, les épices voisinent avec les plantes à parfum et les fruits tropicaux.
  • Le jardin créole de la maison Folio, à Hell-Bourg. Jardin typique de La Réunion, avec guetali (kiosque), aux mille couleurs et senteurs.

Pour emporter des fleurs en métropole (ou des letchis en décembre/janvier), contacter le Comptoir Mélissa (02 62 21 12 12), à St-Benoît.

En ce qui concerne les fruits, promenez-vous dans le plus grand marché de l’île, qui se tient à Saint-Paul le vendredi toute la journée et le samedi matin. Vous y trouverez les fruits de saison, à savoir letchis, mangues, fruits de la passion, les délicieux petits ananas Victoria, les papayes et les bananes. Attention, la vanille vendue provient généralement de Madagascar. Demandez un certificat de provenance.

 

Vanille bleue et letchis roses

Le mois de décembre, à La Réunion, c’est le mois du letchi ! Un bonbon rose charnu et juteux, vendu en grappes au bord des routes et sur les marchés, à consommer sans modération. Cette variété est bien supérieure en qualité à ceux importés de Madagascar. C’est aussi le cas de la vanille, dont il faut découvrir les secrets de fabrication dans une plantation de la côte Est de l’île ou du Sud Sauvage. A Saint-André, la famille Roulof fait visiter sa plantation sous ombrière, et l’atelier de préparation des gousses. Et à l’Escale Bleue, à St-Philippe, la famille Leichnig produit la vanille « bleue », une vanille Bourbon exceptionnelle à l’arôme puissant et entièrement comestible !

Des musées relookés

Plusieurs musées incontournables ont été rénovés récemment : c’est le cas de Stella Matutina à St-Leu, qui s’est doté des outils multimédias les plus modernes pour faire découvrir l’histoire croisée du sucre et de l’île Bourbon (ancien nom de l’île) ; idem pour la cité du Volcan, où la muséographie innovante (projections holographiques, réalité augmentée, cinéma 4D…) permet de s’immerger dans l’univers fascinant des volcans et particulièrement celui du Piton de la Fournaise, dont on pénètre les entrailles grâce à un tunnel de lave reconstitué ! A Hell-Bourg, la maison Morange présente une fabuleuse collection d’instruments de musique venus du monde entier. Enfin, le musée des Arts décoratifs de l’Océan Indien présente des objets d’arts (meubles, textiles, porcelaines de Chine…) dans une superbe maison créole de St-Louis. Cet ancien domaine caféier permet aussi de se balader dans sa plantation de café Bourbon pointu !

Pratique

Y aller

Quatre compagnies aériennes desservent La Réunion en 11 à 13 heures de vol. Air France, Air Austral, Corsair et French Bee (low-cost appartenant à Air Caraïbes). Comparez leurs offres ! Ma préférence va à Air Austral, compagnie réunionnaise, pour son bon rapport qualité/prix, et ses nombreuses connections avec les autres îles de l’Océan Indien.

Se loger

Grand choix d’hôtels de toutes catégories. Attention, décembre et janvier correspondent à la haute saison touristique, il faut réserver longtemps à l’avance. Mon coup de cœur : le Palm Hotel & Spa, à St-Pierre, un 5 * au design contemporain très bien situé au calme dans le sud de l’île, dont le restaurant gastronomique est le meilleur de La Réunion. Palm & Spa . Pour les plus petits budgets, il y a d’innombrables nombreuses chambres d’hôtes à travers toute l’île, dont bon nombre font table d’hôte. Une bonne occasion de découvrir la gastronomie locale ! Je conseille l’Auberge de Piton Fougère, à la Plaine des Fougères (Sainte-Marie). La route grimpe sec pour y aller, mais l’accueil de Guylène et Gilbert, ainsi que leur cuisine au feu de bois valent le déplacement ! Piton Fougère

 

Activités

Le relief et l’hydrographie de l’île permettent de pratiquer de nombreuses activités outdoor très fun : surf, plongée, canyoning, kayak, escalade, VTT, parapente, etc…

 

Gastronomie : La spécialité locale est le cari. Cette manière de cuire la viande, le poisson ou les crustacés, originaire d’Inde, fait intervenir de nombreuses épices, telles que le curcuma et le gingembre. Il se sert sur « piton » de riz blanc, accompagné de « grains », sorte de fèves, de « brèdes », légumes verts aux propriétés digestives, et du rougail, mélange détonnant de piment, tomates et oignons. A déguster dans les chambres d’hôtes et dans les petits restaurants créoles, où l’on peut aussi goûter à l’autre spécialité de l’île, le rhum arrangé, exquise boisson à base de rhum, dans lequel ont macéré divers fruits, feuilles ou racines, le tout adouci par du sirop de canne à sucre.

A savoir

De janvier à mars, il peut faire très chaud, et c’est la période cyclonique. Il y a donc un risque de vivre un cyclone, ce qui peut être terrifiant, et cela peut impacter votre choix d’activité (nombreuses routes coupées, rivières en crue, très forte houle empêchant toute activité nautique…).

Se renseigner : Réunion Tourisme

La Martinique de plage en plage

La Martinique présente une diversité de paysages étonnante pour une si petite île. La meilleure façon d’en découvrir tous les aspects c’est d’en faire le tour, en n’oubliant pas son maillot de bain…

MARTINIQUESte-Anne Plage de la Grande Anse des Salines
MARTINIQUE Ste-Anne Plage de la Grande Anse des Salines

En dépit de sa taille, huit fois plus petite que la Corse, l’île de la Martinique présente une étonnante diversité de paysages. Dans la même journée, on peut passer d’une exubérante jungle tropicale à un bocage de type normand, traverser des bananeraies et des champs de canne à sucre puis se retrouver dans des collines boisées faisant penser au Massif Central… Le littoral n’est pas moins varié, prenant des aspects très différents selon que l’on se trouve au nord ou au sud, côte Atlantique ou côte Caraïbes. C’est même l’un des principaux atouts de la Martinique, qui dispose d’une plage pour chacune de vos envies. Sable noir ou sable blanc ? Déserte ou fréquentée ? Cocotiers ou filaos ? Grosses vagues ou lagon calme ? Avec ou sans naturistes… Certes, la facilité est d’aller à la plage la plus proche de son hôtel. C’est d’ailleurs ce que l’on fait les premiers jours, pour se reposer du décalage horaire. Mais ce serait dommage de ne pas profiter de tous les attraits de ces différentes plages, ni des activités que proposent les clubs nautiques : catamaran, plongée, ski nautique, scooter des mers ou kayak… Sans parler des distilleries de rhum, telles que Clément ou Depaz, qui permettent de visiter leurs superbes habitations créoles. Louez une voiture et partez à leur découverte !

Des plages pour tous les goûts

Commencez par le sud, qui regroupe les principales infrastructures touristiques de l’île. Il faut dire qu’on y trouve des plages de rêve, sable blond et cocotiers, comme à Sainte-Anne, un charmant village de pêcheurs qui a su rester authentique malgré la proximité des grands hôtels. Entre deux baignades, on vient acheter des fruits au marché, picorer quelques acras, voir le retour des pêcheurs, et choisir le restaurant de bord de plage où l’on ira déguster le soir venu un colombo, un curry ou une langouste grillée… Un peu plus isolée et sauvage, la Grande Anse des Salines, située à l’extrême sud, est considérée comme la plus belle plage de Martinique : un étincelant croissant de sable en pente douce, rafraîchi par des vaguelettes où les enfants s’amusent en toute sécurité. Soleil, alizés, transparence de l’eau, cocotiers, cette plage est idéale, il y a même des douches pour se rincer avant de reprendre la voiture ! Mais évidemment, elle est bondée le week-end… En furetant un peu le long de l’Atlantique, du côté du cap Macré, vous dénicherez des anses aussi jolies, mais quasi désertes, accessibles à pieds ou à cheval à partir du Ranch des Caps. Là, ce ne sera pas la foule, mais la houle qui peut déranger… Si vous aimez sauter dans les grosses vagues, allez plutôt poser votre serviette et votre planche de surf au sud-ouest, sur l’immense plage de la Grande Anse du Diamant. C’est le rendez-vous des sportifs, qui y font leur jogging, et les martiniquais aiment s’y installer pour pique-niquer en famille. Mis à part votre chéri(e), le bijou ici, c’est ce drôle d’îlot planté dans la baie, qu’on appelle le Diamant. Mais entre les Anses d’Arlet et Les Trois Ilets, se cachent deux ravissantes criques qui sont vraiment de petits joyaux : l’Anse Noire, conque de sable volcanique sur lequel reposent yoles (barques) et casiers de pêcheurs, est une perle noire dissimulée dans la verdure, et l’Anse Dufour, avec ses eaux bleu turquoise et son sable blond, est une émeraude sertie dans un écrin doré… Le cap rocheux qui sépare ces deux merveilles est l’un des nombreux spots de plongée de Martinique. Munis simplement d’un masque et d’un tuba, vous y admirerez de jolis coraux et tout le casting du « Monde de Nemo ». Et comme l’Anse Dufour est un repaire de pêcheurs, c’est l’endroit idéal pour déjeuner d’un poisson grillé sur la plage !

 

Fonds Blancs et sables noirs

La côte Est, sauvage et très découpée, est constellée d’îlets, allant du gros caillou refuge des oiseaux, à l’îlot boisé et habité. C’est à partir du François, une agréable petite ville très animée, que partent les excursions en yole pour les Fonds Blancs. Ces bancs de sable affleurant permettent de se baigner en ayant de l’eau jusqu’à la taille. C’est une expérience inoubliable que de barboter en compagnie des étoiles de mer dans ces piscines naturelles, chaudes et prenant d’extraordinaires teintes vertes, tout en sirotant un ti’punch ou un planteur amené par le capitaine du bateau ! Demandez à aller dans celle que l’on surnomme la « baignoire de Joséphine ». Elle est située juste devant l’îlet Oscar, celui où a été tourné « Le Sauvage » avec Deneuve et Montand. Vous reconnaîtrez sans doute la maison et le ponton du film… De l’autre côté de Fort-de-France, la côte nord-Caraïbes comporte aussi de superbes plages de sable noir. C’est normal, on s’approche de la Montagne Pelée, le volcan qui a détruit Saint-Pierre en 1902. Au nord de Saint-Pierre, peu après Le Prêcheur, la route s’arrête, bloquée par le volcan. Depuis le parking, après quelques minutes de marche en forêt, vous accéderez à la sauvage et magnifique plage d’Anse Couleuvre. Rassurez-vous, aucun serpent ne s’y prélasse, et si vous sautez dans le sable, c’est qu’il sera brûlant ou que vous jouerez au ballon. Derrière la rangée de cocotiers, se dresse l’imposante silhouette de la Montagne Pelée, dont le sommet se perd dans les nuages. Mais ne craignez pas d’éruption, le volcan dort. Les seules effusions sur cette plage sont celles des touristes ! Car passer des vacances idylliques sous les tropiques, dans une eau à 30 ° C, voilà de quoi raviver les feux de l’amour ! C’est aussi ce que prétendent les plantureuses doudous du marché couvert de Fort-de-France, lorsqu’elles veulent vous vendre leurs épices ou leurs philtres aphrodisiaques. Ce marché vaut la peine d’affronter les embouteillages du centre-ville, car il rassemble toutes les bonnes et belles choses à ramener de la Martinique : fleurs tropicales, tissus, objets décoratifs, chapeaux ou paniers en raphia, et les innombrables épices et variations de punch, dont les odeurs et les couleurs vont si bien avec le verbe haut et les tenues chatoyantes des joviales vendeuses !

Pratique

Y aller : Avec Corsair, Air Caraïbes, XL Airways ou Air France. Environ 8h30 de vol, à partir de 500 €.

Se loger 

Le gîte ou la chambre d’hôtes est la formule la moins coûteuse et la plus sympathique en Martinique. Etre indépendant tout en étant conseillé, choyé et intégré au mode de vie local, c’est l’idéal ! Accueil à l’aéroport, dîner à la table familiale, punch offert, fruits du jardin… toutes ces petites attentions rendent le séjour très agréable. La gamme s’étend du simple bungalow à la villa de standing avec piscine. En plus des gîtes de France, une douzaine de gîtes ou chambres d’hôtes viennent d’être labellisées Clévacances. Par exemple :

Villa Lauramar, au Carbet : villa en bois de style créole (2 ch), avec piscine. Superbe vue mer et montagne. Tel : 05 96 61 61 77

La Route des Epices, au François : villas F3 de style créole, dans un magnifique jardin paysager. 1 villa F4 avec piscine privée. Tel : 05 96 61 61 77

Excursion pour les Fonds Blancs : contacter La Belle Kréole (05 96 54 95 57), Denise vous emmènera en yole ou en vedette autour des îlets du François, avec accras, punch maison,  langouste ou poisson grillé…

Se renseignerMartinique Tourisme

 

Mayotte, l’île aux parfums

Le 101ème département français est une destination touristique injustement méconnue, qui a tout pour séduire les métropolitains avides de soleil, d’exotisme et de sécurité. On y va en famille pour découvrir sa faune et sa flore étonnante, et pour profiter de ses plages de rêve aux doux effluves de vanille et d’ylang-ylang…

MAYOTTEBaie de Acoua
MAYOTTE Baie de Acoua

 

« Caribou » ! C’est ainsi qu’on est accueilli à l’aéroport de Dzaoudzi, et il ne faut pas s’en formaliser ni croire qu’après un long voyage, on a une tête d’ongulé nord-américain… Caribou, cela signifie bienvenue dans cette petite île nichée dans la partie orientale de l’archipel des Comores, devenue, le 31 mars 2011, département français d’outre-mer. L’aéroport étant situé à Petite-Terre, une île de 16 km² où se sont implantés les premiers colons, une grande barge la relie toutes les 30 ‘ à l’île principale, la Grande Terre. Mamoudzou, la capitale, est une ville administrative surpeuplée qui n’a guère d’intérêt. On flânera dans le quartier des belles maisons coloniales aux jardins débordant de bougainvillées, et à la descente de la barge, on fera un tour au marché pour se régaler de mangues ou de petites bananes délicieusement parfumées. Attention, les photos ne sont pas toujours les bienvenues. 95 % de la population est musulmane, et si vous ne demandez pas l’autorisation, vous risquez de vous faire sévèrement houspiller par des bouenis, des mamas au tempérament aussi vif que les couleurs de leur pagne…

C’est ce qu’expliquera votre guide ou le chauffeur de taxi sur la route qui vous mènera à votre hôtel. Les Mahorais pratiquent donc la religion musulmane, mais tout en intégrant un animisme proche des Tamouls. Il y a une forte influence culturelle malgache et indienne, d’ailleurs 40 % des Mahorais proviennent de Madagascar, la grande île voisine. Ici, le métissage intense se lit sur les visages, qui trahissent un mélange harmonieux entre des origines d’Afrique centrale ou de l’Est, du Moyen Orient, d’Europe ou d’Asie. D’un point de vue géographique, cet ancien volcan sans volcan est protégé par deux barrières de corail, ce qui fait de Mayotte l’un des plus grands lagons fermés du monde. La faune et la flore sont assez bien préservées, et l’île abrite de nombreuses espèces végétales ou animales endémiques, tels que le baobab ou le souïmanga, un petit oiseau proche du colibri. Au Jardin Maoré, l’une des meilleurs adresses hôtelières de Mayotte, occupant le bout d’une péninsule au sud de l’île, vous aurez aussi de grandes chances de pouvoir observer des tortues marines. En effet, sa plage est un lieu de ponte pour ces merveilleux animaux, et l’herbier qui descend en pente douce sert de pâturage aux tortues vertes et aux tortues imbriquées. Comme elles sont placides, vous pourrez les côtoyer sans crainte en ayant pied ou en nageant avec palmes, masque et tuba. De plus, l’hôtel organise des sorties en mer, avec ou sans plongée, lors desquelles il n’est pas rare de croiser la route d’une des six espèces de dauphins fréquentant le lagon, ou, entre juillet et octobre, des baleines à bosses de 30 tonnes, avec ou sans leurs baleineaux… En cette saison, nombreux sont ceux qui croient voir le panache de vapeur projeté par ces mégaptères. C’est souvent faux ! En fait, il se trouve que la barrière de corail du lagon est assez éloignée des côtes, et les déferlantes qui s’y écrasent provoquent des franges écumeuses à l’horizon, ressemblant fort à ces respirations de cétacés… Cerise sur le gâteau, ou plutôt meringue sur le lagon, le bateau accoste en général sur l’îlot de sable blanc (c’est son nom), un banc de brisures de corail formé par les courants. Totalement désert et vierge, cet îlot sert de robinsonnade aux touristes ravis, autant éblouis par la couleur irréelle du lagon, que par la blancheur immaculée du substrat corallien.

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Le tour de l’île fait environ 175 km, il peut être fait en 2 jours. Parmi les excursions à ne pas manquer, il y a l’écomusée de Bandrélé. Ce petit musée du sel met en valeur le travail des « mamas shingos » (mamans du sel en mahorais). Ces femmes mettent en œuvre ici une technique unique de production de sel à partir de limon, une activité ancestrale d’origine bantou, transmise de génération en génération… Les mamas ne parlent pas trop français, mais des panneaux explicatifs viennent pallier les difficultés de communication… Les petits paquets de sel vendus à la boutique permettent à l’association de perdurer son action sociale, et c’est une bonne idée de cadeau ! Non loin de là, à Bambo Est, faites un arrêt à la Musicale plage, non pour écouter quelque groupe folklorique, mais pour voir l’un des plus gros baobabs de l’île : il faudrait une trentaine de personnes pour faire le tour de sa circonférence en se donnant la main ! Le centre et le nord de l’île sont verdoyants, on peut y faire des randonnées pédestres d’1/2 journée à 2 journées avec bivouac, accompagnées d’un guide, bien sûr. Il vous expliquera tous les secrets de la brousse et les utilisations des plantes dans la pharmacopée traditionnelle. Chemin faisant, vous rencontrerez certainement des groupes de makis, ces lémuriens au poil roux qui délaissent volontiers la recherche de fruits dans la forêt pour profiter des petites bananes que leur lancent des touristes au grand cœur. Ce qu’il ne faut pas faire, bien sûr, afin qu’ils conservent leur mode de vie forestier. Trop nombreux sont ceux qui ont renoncé à la vie sauvage, car certains hôtels ont comme pensionnaires ces facétieuses petites boules de poil, toujours promptes à sauter sur une table ou sur une épaule, s’il y a une friandise ou un fruit à glaner… Vous visiterez sans doute une petite unité de distillation de l’ylang-ylang, cet arbuste aux branches tortueuses et aux délicates fleurs blanches, dont le parfum envoûtant a une note déterminante dans le bouquet de certains parfums de Chanel ou de Guerlain… Vous ne verrez probablement pas la récolte des fleurs, car celle-ci se fait exclusivement le matin, de 5h30 à 9h. Les femmes cueillent les fleurs fraîches une à une, et elles partent tout de suite à la distillation, pour conserver au maximum leur puissance aromatique.

Des traditions intactes

Bien qu’il soit possible de visiter l’île en liberté (les routes sont correctes, et les principaux itinéraires sont côtiers), il est conseillé d’avoir un guide à ses côtés, afin de ne pas passer à côté d’une des richesses de Mayotte : ses particularismes culturels. Par exemple, vous ne remarquerez pas forcément, à la sortie des villages, ces petites cases décorées de peintures, de dessins ou de tags : votre guide vous expliquera que ce sont des bangas, des garçonnières dans lesquelles les garçons s’émancipent à l’adolescence, en y amenant leurs premières copines… Il pourra vous présenter aussi à un fundi (« celui qui sait ») , en général un vieil homme expert dans son domaine, mi-sorcier, mi-guérisseur… Il vous racontera comment se déroulent ici le mariage, très importante cérémonie qui dure 3 semaines, qui demande des mois de préparation et des années d’économie… Les femmes mahoraises sont expertes en soins de beauté. Très souvent, elles protègent la peau de leur visage de brûlures du soleil et des insectes en appliquant un masque blanc ou jaune, le tzinzano, fait à partir de bois de santal râpé et/ou de kaolin. Il est parfois additionné d’autres produits naturels selon l’effet recherché : avec de l’avocat pour éclaircir la peau, ou de l’huile de sésame pour son action anti-âge. Et lors des cérémonie, ou tout simplement pour paraître belle, le visage est peint de motifs astronomiques, floraux, géométriques, qui parent les joues et le front. Pour tout savoir sur cet art du maquillage traditionnel, il faut aller voir Taambati. Cette mama mahoraise tient table et chambre d’hôtes à Bouéni (Au Santal Logis), et c’est une figure locale incontournable. Très investie dans le développement de Mayotte, elle a créé l’association  » Ouzouri wa m’troumche  » qui veut dire  » la beauté de la femme « . En plus d’être une cuisinière hors pair, et d’avoir toujours le sourire, c’est une maquilleuse et masseuse professionnelle qui adore faire partager ses petits secrets de beauté aux voyageuses. Après avoir râpé du bois de santal, et étalé sur une feuille de bananier des fleurs de jasmin, d’ylang-ylang, des pétales de rose, du patchouli, du mimosa et du lait de coco, elle prépare devant vous ses potions et onguents dont elle se sert pour vous prodiguer des massages ou vous faire un véritable masque de beauté mahorais ! Et comme un bonheur ne vient jamais seul, vous pourrez après déguster le pilao, le plat national, une sorte de couscous à base de riz, ou du poisson cru mariné, ou un poulet coco… Si cela vous plaît, Taambati propose aussi des ateliers cuisine !

 

Pratique

Y aller : Corsair et Air Austral proposent des vols directs avec la métropole.

Sur place : Baobab Tour est la meilleure agence réceptive de l’île. Son responsable mahorais, Attoumani, est un ancien guide, et connaît l’île et ses sentiers comme sa poche. Baobab Tour

Séjourner :

* Le Jardin Maoré, à la Pointe N’Gouja : des bungalows confortables dans un jardin tropical, tout près de la plage, flanquée de baobabs centenaires. Le soir, une association naturaliste présente à la clientèle des conférences sur les tortues marines, qui viennent pondre directement sur la plage.  Jardin Maoré

* Le Sakouli, à Bandrélé : vastes bungalows climatisés face au lagon. Superbe piscine à débordement, jacuzzi, et son restaurant est l’une des meilleurs tables de l’île. Sakouli

* Le Santal Logis, à Bouéni : 5 chambres d’hôtes très propres mais au confort sommaire. On y va pour Taambati ! Moins de 30€/p en 1/2 pension. Tél : 02 69 62 60 13

Se renseignerMayotte tourisme

 

Le rhum agricole de Guadeloupe

A la différence du rhum industriel, tiré de la mélasse, le rhum agricole est une eau-de-vie produite à partir du jus de canne-à-sucre. Un produit de terroir, donc, qu’il faut aller déguster sur place, à Grande Terre, Basse-Terre, ou Marie-Galante…

Les rhums de Guadeloupe

L’histoire

A l’origine du rhum, il y a bien sûr la canne à sucre, introduite par les colons français ou anglais dans les Antilles, comme le café ou le coton. Celle-ci était cultivée pour fabriquer du sucre, produit noble destiné à l’exportation, et le sous-produit, la mélasse, était mise en fermentation pour obtenir une boisson alcoolisée rudimentaire, qu’on appelait le tafia, ou guildive (déformation de kill devil !). Ce tafia était servi aux marins, aux soldats, aux esclaves. Point besoin de qualité, seule comptait l’ivresse ! Au début du dix-huitième siècle, un missionnaire scientifique, le père Labat, a innové en distillant la mélasse. Au 19ème siècle, les îles françaises et particulièrement la Martinique adoptent le système de l’alambic charentais en y ajoutant des récipients annexes destinés à retenir les éléments responsables du goût âcre. Il est appelé  » alambic du Père Labat « , et distille le vesou, le pur jus de canne à sucre. Les distilleries agricoles se multiplient, elles sont une centaine en Guadeloupe vers 1940. Parallèlement, les nombreuses usines sucrières  (16 à la même date) continuent à produire du rhum de mélasse constamment amélioré.
Aujourd’hui, en Guadeloupe, ne subsistent que 9 distilleries et 3 usines sucrières.

La fabrication

Voici schématiquement le processus d’élaboration d’un rhum agricole :

 

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Récolte de la canne

Depuis le début des années 1990, deux modes de coupe coexistent :

  • la coupe manuelle, en voie de disparition et réservée aux terrains accidentés. A Marie-Galante, il y a encore beaucoup de petits producteurs qui coupent manuellement la canne à sucre et vont la livrer à la distillerie en char tiré par des boeufs.
  • la coupe mécanisée. Une machine (récolteuse-tronçonneuse-chargeuse) coupe la canne et la débite en tronçons de 20 cm.

Cette coupe intervient une fois par an, durant la saison sèche, de février à juillet.

Réception de la canne

À l’arrivée à la distillerie, les cannes sont contrôlées (poids, teneur en sucre, pH…) et payées au producteur en fonction de la qualité des lots et de la variété (canne bleue, rouge ou jaune…).

Broyage

Si les cannes sont entières (coupe manuelle), elles sont d’abord débitées en tronçons de 20 cm. Ces tronçons sont ensuite broyés par une série de moulins et arrosées entre chaque broyage pour optimiser l’extraction du jus. Les résidus de ce broyage appelés bagasse sont stockés pour servir de combustible à l’usine (chauffage des colonnes à distiller, production d’électricité…).

Le jus obtenu est placé en cuves pour la suite du processus de fabrication.

Fermentation

Le jus de canne contient beaucoup de sucre qu’il faut transformer en alcool. Cette transformation s’effectue sous l’influence de levures qui déclenchent la fermentation éthylique.

Traditionnellement les levures utilisées étaient celles naturellement présentes dans la canne. Afin d’accélérer le processus et de le rendre plus reproductible, de nombreuses distilleries ensemencent une fraction du jus avec des levures puis chauffent cette fraction afin d’accélérer le développement des levures. Cette partie du jus est ensuite utilisée pour ensemencer à son tour le reste du jus.

On obtient ainsi au bout de 24 h un vin de canne à 5° baptisé vesou.

Distillation

Ce vin est ensuite distillé. La distillation se fait dans une colonne à distiller qui est composée de plateaux. Le vin est introduit par le haut de la colonne et descend de plateau en plateau. En chemin il rencontre la vapeur qui est introduite par le bas de la colonne. La vapeur baigne dans le vin et le réchauffe, se chargeant ainsi en alcool et principes aromatiques. Les vapeurs alcooliques sont ainsi entraînées vers le haut et sortent de la colonne pour être refroidies afin de redevenir liquides.

Le refroidissement est effectué dans un chauffe vin qui permet d’échanger la chaleur entre le vin froid qui sera introduit dans la colonne et la vapeur en sortant. Une partie du liquide est en général réintroduite dans la colonne afin d’obtenir une meilleure concentration en alcool. Cette réintroduction est appelée reflux.

On obtient ainsi un rhum agricole cristallin, titrant environ 70°.

Ce rhum à 70° est ensuite dilué à 59° (Marie-Galante), 55° ou 50° pour consommation.

Ce rhum a trois destinations : le rhum blanc agricole, le rhum ambré agricole et le rhum vieux agricole. Lorsque le rhum est vieilli en fût de bourbon ou de cognac, il porte l’appellation VO pour trois ans de fût, quatre pour VSOP, et six pour XO. Mais il existe aussi des rhums millésimés de plus de 20 ans, et des rhums dits « hors d’âge »…

Les distilleries

Grande-Terre

  • Damoiseau, au Moule : boutique de vente sur place, visite sur rdv.  Damoiseau

Basse-Terre

  • Domaine de Séverin, à Ste-Rose : visite libre dans les jardins créoles et autour de l’habitation Marsotte, une authentique demeure créole.   Séverin
  • Distillerie Reimonenq, à Ste-Rose : après avoir visionné une vidéo présentant le cycle du rhum et ses secrets de sa fabrication, vous visiterez un très intéressant musée du rhum, avec objets anciens, documents, photos, gravures… A l’étage, exposition d’une collection d’insectes du monde entier. Dégustation des diverses variétés de rhum de la distillerie, ainsi que les nombreux dérivés tels que punchs et Shrob. Reimonenq
  • Distillerie Bologne, à Basse-Terre : en activité depuis 1887, c’est la plus ancienne distillerie de Guadeloupe. Installée au bord de la mer, les champs de canne à sucre partent à l’assaut des pentes de la Soufrière. Visite guidée passionnante, y compris des caves, et dégustation. Bologne
  • Distillerie Longueteau, à Capesterre-Belle-Eau : superbes jardins et belle boutique de vente. Longueteau
  • Distillerie Montebello, à Petit-Bourg : le matin, visite libre ou guidée de cette distillerie artisanale et familiale, au plus près des cuves, des moulins, et des machines à vapeur !

Marie-Galante

  • Distillerie Poisson, à Grand-Bourg : « ici c’est Labat ! » comme on dit dans cette distillerie où tout respire la tradition, et qui rend hommage au père spiritueux du rhum agricole… Visite libre, boutique et restaurant. Des rhums très appréciés par les connaisseurs !
  • Distillerie Bielle, à Grand-Bourg : distillerie familiale, avec une exposition de machines anciennes. Boutique bien achalandée.  Bielle
  • Domaine de Bellevue, à Capesterre-de-Marie-Galante : distillerie la plus moderne des Antilles françaises, abritant un authentique moulin à vent restauré : l’alliance parfait de la tradition et de la modernité. Visite libre grâce à des panneaux judicieusement répartis. Boutique ouverte uniquement le matin.   Bellevue

S’y rendre

Corsair : environ 500 € A/R ou 1500 € en classe Grand Large : franchise bagage généreuse (2 x 32 kg, fort utile pour ramener plein de rhum !), salon privé à l’aéroport, repas gourmet, bagage prioritaire… Corsair

Pour organiser son séjour sur place : Tourisme Guadeloupe

 

La Polynésie authentique

Par-delà de l’image « carte-postale » du bungalow posé sur un lagon turquoise, le véritable charme de la Polynésie se révèle dans ses coutumes, sa gastronomie, et à travers son accueil, qui est un véritable art de vivre. A découvrir dans 4 îles de l’archipel de la Société, en pension de famille, ce qui allège le coût du séjour…

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Polynésie Française Tahiti Un groupe de tahitiens fait la fête sur une plage tranquille de Tahiti Iti

La Polynésie compte cinq archipels et 118 îles, dont les plus accessibles sont les îles de l’archipel de la Société. Dès la sortie de l’aéroport de Papeete, à Tahiti, vous serez accueillis par un chaleureux manava et un collier de fleurs fraîches, symbolisant l’hospitalité coutumière et sincère des Polynésiens. Louez une voiture pour découvrir cette île volcanique, dont le centre montagneux se perd dans les nuages. Les pentes du volcan sont couvertes d’une jungle luxuriante, qui tombe en à-pic dans les eaux azuréennes du lagon. Quel dépaysement ! En une seule journée, vous ferez le tour de l’île principale, Tahiti Nui, et de la presqu’île Tahiti Iti, beaucoup plus sauvage, et vous aurez vos premiers contacts avec la culture polynésienne. A travers la visite du marae Arahurahu, lieu de culte racontant l’histoire précoloniale de la Polynésie, et au hasard de vos arrêts dans les petits villages de pêcheurs où vous vous régalerez de votre premier plat de poisson cru au citron vert et lait de coco…

A Moorea, motu(s) et bouche bée

A 30 minutes de ferry de Tahiti, Moorea est une île en forme de cœur qui séduit tous les voyageurs. Ses deux baies profondément échancrées sont un régal pour les yeux, et l’on ne se lasse pas de contempler les pics volcaniques verdis par les champs d’ananas et les cocoteraies, qui plongent dans le lagon aux mille nuances de bleu… Comme à Tahiti, vous pourrez faire le tour de l’île en voiture, et accéder à un belvédère dominant les deux baies, mais l’excursion incontournable se fait sur et dans le lagon ! Une journée mémorable au cours de laquelle vous nagerez avec des raies ou des dauphins, en déjeunant sur un motu, un petit îlot corallien coiffé de cocotiers. En ce qui concerne la plongée, la plupart des clubs sont situés au sein des grands hôtels. En fonction de votre niveau, vous descendrez plus ou moins profondément dans le lagon, dont la flore et la faune sous-marine est si riche que même en initiation à 1 ou 2 m sous la surface, vous pourrez admirer et toucher d’innombrables poissons aux couleurs flashy, voir des murènes, et même frôler des requins inoffensifs…

 

Des îles Sous le Vent… l’admiration

Raiatea et Tahaa sont des îles hautes dites « Sous le Vent », beaucoup moins fréquentées que Moorea ou Bora-Bora. Pourtant, le lagon qu’elles partagent est aussi idyllique, avec ses nombreux motu sur lesquels vous pourrez venir jouer les Robinson en amoureux le temps d’une journée… L’ambiance y est encore plus cool, et l’accueil plus personnalisé, car il n’y a pas de grands resorts ni d’hôtels de luxe mais des pensions de famille et des lodges de charme. Raiatea étant considérée comme le berceau de la civilisation maori, elle a conservé un riche patrimoine culturel qui s’exprime lors des cérémonies autour de son marae Taputapuatea, et lors des fêtes traditionnelles rythmant l’année (voir encadré). Quant à Tahaa, vous y dénicherez de petits producteurs de vanille et des fermes perlières… Mais la plupart du temps, vous serez dans les eaux chaudes du lagon, ou sur un motu une noix de coco fraîche à la main, en savourant sous les alizés l’ineffable douceur de vivre polynésienne !

 

A ramener

De Tahiti : allez au marché de Papeete le jour de votre départ : il regorge de fruits tropicaux, de paréos, de chemises à fleurs, de bijoux en nacre, d’objets en bois de coco…

De Moorea : du monoï, cette huile de coco parfumée aux fleurs de tiaré, qui s’utilise lors des massages traditionnels. Visitez Tahiti Arômes (au pk 26) le matin, pour voir le pressage du coco, et le ramassage manuel des fleurs de tiaré.

De Raiatea et Tahaa : des perles (Perle d’Ô, à Raiatea) et de la vanille, réputée la meilleure du monde  (Vallée de la Vanille, à Tahaa).

 

A ne pas rater

En janvier, le Tere Fa’ati, le tour de Tahiti en « truck » au son du ukulele, avec arrêts musicaux et gourmands dans les plus beaux sites de l’île. En juillet, le Heiva, festival de chants et danses qui s’accompagne de jeux traditionnels, tels que le lever de pierre, la course de porteurs de fruits, le concours de décorticage de noix de coco, le grimper au cocotier… A voir aussi toute l’année dans les lagons, les spectaculaires courses de va’a, la pirogue à balancier polynésienne.

 

Pratique

Y aller

Air Tahiti Nui relie quotidiennement Paris à Papeete en 22 h de vol, à partir de 1686 € A/R (incluant le trajet depuis 19 villes de province vers l’aéroport CDG avec le TGVAIR). Tel : 0825 02 42 02.   Air Tahiti Nui

Séjourner

Voici une sélection de pensions de famille testées et approuvées :

Pension Damyr (Tahiti) : à 3 minutes de l’aéroport, c’est l’endroit idéal pour éviter les bouchons de Papeete. Daniel viendra vous chercher et vous ramener. Wifi gratuit. 60 € la ch double, avec le petit déjeuner aux fruits du jardin préparé par Myrtille. (689 40 83 69 13)

Fare Aute (Moorea) : bungalows équipés d’une cuisine, posés sur une plage de sable blanc au bord du lagon. Demandez les bungalows vue mer ! Elodie et Patrice feront tout pour rendre votre séjour agréable. 110 € pour un bungalow 2 p + de 8 à 10 € par enfant selon âge. (689 40 56 45 19)

Sunset Beach (Raiatea) : vastes bungalows sous une cocoteraie, au bord du lagon, équipés d’une cuisine et barbecue. Moana vous prêtera des kayaks et du matériel de snorkeling, et Maïté vous donnera des recettes pour cuisiner à la noix de coco ou la vanille ! A partir de 100 € la nuit. (689 40 66 33 47)

L’Hibiscus (Tahaa) : bungalows simples de 2 à 8 p, noyés dans un jardin très fleuri, à deux pas du lagon. Lolita vous cuisinera des langoustes et du poisson grillé, et Léo vous passionnera avec son association de sauvegarde des tortues marines. Leur fils organise des excursions sur le lagon. 88 €/nuit + 40 €/p la 1/2 pension. (689 40 65 61 06)

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