Sensations fortes à Madagascar

Connaissez-vous beaucoup d’endroit au monde où l’on peut marcher sur des roches tranchantes, voir des lémuriens, nager avec des requins-baleines, et dormir sur une île embaumant l’ylang-ylang et la vanille ? Non, c’est seulement autour de Nosy Be, au nord-ouest de la Grande Île !

MADAGASCAR
Nosy Tanikely

Après avoir atterri à Nosy Be, l’île concentrant l’essentiel du tourisme régional, prenez une navette pour rejoindre Nosy Komba, une plus petite île recouverte de forêt, sans route ni véhicule, dont la moindre crique sableuse est occupée par une poignée de bungalows noyés dans la végétation tropicale. Le cadre idéal pour s’acclimater à la chaleur et l’humidité, et pour prendre le pouls du rythme malgache tout en langueur et douceur, mora-mora… La jungle qui bruisse derrière les bungalows est moins sauvage qu’elle en a l’air, et les insulaires y cultivent toutes sortes de fruits et légumes, ainsi que des plantations de vanille, le nouvel or vert de cette île. Il y a bien des lémuriens à Nosy Komba, mais ils sont tous au nord, vers Ampangorinana, le côté le plus touristique de l’île. Quasiment apprivoisés, ils n’hésitent pas à venir sauter sur l’épaule pour quémander une banane… Triste spectacle, il vaut mieux ne pas cautionner cela, vous verrez des lémuriens à d’autres occasions. Voir la faune sauvage dans son élément naturel, c’est tellement plus beau ! C’est ce qu’on se dit à Tanikely, un îlot situé tout près de Nosy Komba, qui abrite une réserve naturelle marine. Son récif  corallien abrite une quantité invraisemblable de poissons de toutes sortes, et la faible déclivité du fond permet de les observer en snorkeling (palme, masque et tuba) dans d’excellentes conditions. Outre les habituels squatteurs colorés des patates de corail (demoiselles, chirurgiens, perroquets…), on y rencontre fréquemment des mérous, des barracudas et même des tortues ! Un véritable aquarium naturel…

Les tsingy de l’Ankarana

Tsingy est issu d’une expression malgache signifiant « marcher sur la pointe des pieds », et désignant par extension un massif calcaire effilé par l’érosion, parfois haut de 50 m. C’est une forêt de pierre en forme de canyon, dont les sommets sont acérés et parfois tranchants comme des lames ! Il existe plusieurs massifs de tsingy à Madagascar, mais celui du massif de l’Ankarana est le plus accessible. Depuis Nosy Komba, un bateau vous conduira au port d’Ankify, et votre chauffeur vous attendra pour vous conduire en 4×4 au Iharana Bush Camp, en 3 à 4 h de route. Ce camp de brousse jouit d’une situation privilégiée, au bord d’un lac dominé par ces fameux tsingy. Au petit matin, un guide vous conduira sur les chemins aménagés dans cet étonnant et mystérieux chaos minéral, au cœur duquel poussent d’étranges plantes tels que arbres-bouteille ou pieds d’éléphant, baobabs nains, lianes, orchidées aériennes… Les tsingy sont peuplés d’une faune endémique, et il est fascinant de voir comment les agiles lémuriens arrivent à se déplacer dans cet univers austère en sautant de pics en pics ! Dans les grottes rendues facilement accessibles grâce à un aménagement de passerelles et d’échelles, on rencontre des mygales, des lézards et des chauve-souris suspendues au plafond, où s’accrochent aussi d’élégantes draperies de calcite ocres. Au retour vers Nosy Be, n’omettez pas de vous arrêter à la plantation Millot, un domaine fondé en 1904 par un colon français visionnaire, considéré ici comme un demi-dieu, car il a su faire prospérer la région avec ses plantations de cacao et sa distillerie de plantes à parfum (citronnelle, vétiver, ylang-ylang…). On y découvre les différentes variétés de cacao, la fermentation et le séchage des fèves, qui seront torréfiées par le chocolatier français Valrhona. Profitez-en pour acheter des épices ou des huiles essentielles, également produites sur place !

Requins-baleines et dauphins font leur show

Nosy Be est une île volcanique assez montagneuse qui ne révèle sa véritable beauté que si l’on sort des sentiers battus du tourisme. En l’occurrence de la ville principale, Hell-Ville, polluée et encombrée par d’innombrables tuk-tuk jaunes, et de la zone balnéaire, Ambatoloaka, constituée d’un alignement de location de motos ou de quad, de centres de plongée, de petits commerces, de restos et bars louches, bref tout ce qu’il faut pour satisfaire les besoins des vahazas (Blancs), pour la plupart des hommes célibataires ayant dépassé la cinquantaine, illustrant la triste réalité du tourisme sexuel… L’intérieur de l’île a un tout autre visage, authentique et accueillant, et la meilleure façon de le découvrir est d’y faire une randonnée à cheval à partir de l’Ambaro Ranch. La balade traverse des paysages agricoles ou sauvages verdoyants, entre plantations d’ylang-ylang, bananeraie ou champ d’ananas, et l’on croise des paysans sereins et souriants, et des enfants vous apostrophent joyeusement en criant le nom des chevaux… Après avoir fait une pause au bord d’un lac sauvage au pied du mont Passot, les chevaux arrivent sur la plage juste avant le coucher de soleil, et entrent dans la mer pour se rafraîchir : c’est magique ! L’autre excursion incontournable consiste à aller en bateau à Nosy Iranja, la parfaite illustration de l’île paradisiaque de carte postale : eau cristalline et turquoise, sable blanc, cocotiers, village de pêcheurs et nappes brodées flottant au vent… En chemin, vous croiserez sûrement des bancs de dauphins facétieux qui font la course avec le bateau et effectuent des sauts périlleux juste pour montrer leur bonne humeur, et d’octobre à décembre, vous pourrez aussi vous mettre à l’eau pour nager avec des requins-baleines, totalement inoffensifs et indifférents à votre présence. La sensation ressentie lorsqu’on frôle cette immense créature marine est très forte, et inoubliable !

Pratique

Y aller : Air Austral est la compagnie la plus pratique et la plus fiable pour accéder à Nosy Be, en passant par La Réunion. La classe affaires Club Austral est plus chère, mais outre les avantages en terme de confort (lit à 180 °, accès aux salons, service et repas impeccables…), cela permet de sortir en premier de l’avion à Nosy Be, et ainsi d’éviter l’interminable attente causée par les formalités d’entrée. http://www.air-austral.com

Evaneos est un voyagiste dont le concept novateur consiste à mettre les voyageurs en relation direct avec des agences locales. Votre contact à Madagascar se charge de tout (hébergement, transport, guide…), vous concocte un programme personnalisé, et est joignable en permanence pour vous assister si besoin ! C’est du « cousu main » au prix du prêt-à-porter… A partir de  www.evaneos.fr

Bonnes adresses

Jardin Vanille, à Nosy Komba : bungalows noyés dans la végétation luxuriante, face à la mer turquoise, une situation de rêve à prix raisonnable : 88 €/j en 1/2 pension. http://www.jardinvanille.com

Home The Residence, à Nosy Be : sur une plage isolée du nord de l’île, une trentaine de villas de luxe sont louées avec leur personnel, dans un esprit de tourisme durable et responsable. Piscine privée, spa bénéficiant de l’aura majestueuse d’un banian pluricentenaire, restaurant gastronomique… Il faut profiter des prix de lancement, incroyablement bas pour des prestations d’un tel niveau, surtout si l’on vient en tribu ou entre amis : à partir de 163 €/j pour 4/5 p !  www.home-la-residence.com

Iharana Bush Camp : confort dit « de brousse » dans des cases inspirées par l’habitat traditionnel malgache, mais qui ont beaucoup de charme, surtout celles ayant vue lac. Le site lui-même est fabuleux, au pied des tsingy de l’Ankarana ! Et ce camp contribue à faire vivre deux villages… A partir de 184 € pour 2 en  1/2 pension. http://www.iharanabushcamp.com

Se renseigner

https://madagascar-tourisme.com/fr

Road-trip en Afrique du Sud

Avec une mosaïque de peuples, des paysages grandioses et une faune parmi les plus riches du monde, l’Afrique du Sud offre une multitude de facettes qui en font une destination prestigieuse et fascinante.

AFRIQUE du SUDA Port-Elizabeth
AFRIQUE du SUD A Port-Elizabeth

Comme son nom l’indique, l’Afrique du Sud est plus qu’un pays, c’est un morceau de continent ! Vaste comme deux fois et demie la France, la République Sud-Africaine (c’est son vrai nom) se définit elle-même par cette formule : « un monde en un seul pays ». Sans doute fait-elle allusion à la diversité des paysages et des climats rencontrés sur cette terre australe, où alternent de part et d’autre de vigoureuses chaînes de montagne, plaines, déserts, savane, et forêts primaires… Ce slogan vaut aussi pour la mosaïque ethnique de l’Afrique du Sud. Cette contrée a connu des migrations, des guerres, des vagues de colonisation et d’immigration, qui ont dessiné une répartition humaine complexe, faite de populations d’origine et de culture différentes. On dénombre pas moins de 11 langues officielles dans ce pays ! Mais la coexistence entre ces peuples a été entachée d’une des pages les plus sombres de l’histoire : l’apartheid, politique de ségrégation conduite par la minorité blanche, prônant l’inégalité entre les races. Elle a pris fin en 1994, lors de l’élection de Nelson Mandela, mais c’est trop récent pour effacer les traces de 50 ans d’apartheid. Ainsi, « deux mondes dans un seul pays », conviendrait mieux, actuellement, pour rendre compte du fossé séparant les communautés noires et blanches de l’Afrique du Sud. Mais cela ne devrait pas vous empêcher de visiter le pays du rugby, du diamant et de la faune sauvage. Au contraire ! Le tourisme tient une place importante dans cette jeune république démocratique, dont l’aspiration à la paix et à la réconciliation passe par une économie prospère…

AFRIQUE du SUDA Port-Elizabeth
AFRIQUE du SUD A Port-Elizabeth

 

Le Cap : une ambiance très british

En arrivant à Cape Town, après avoir déposé vos bagages, empruntez le téléphérique qui mène en 4 minutes au sommet de la Montagne de la Table, à plus de 1000 mètres au-dessus du niveau de la mer. De là-haut, la vue panoramique englobant la ville, la chaîne de montagne de la presqu’île du Cap, et l’Océan Atlantique, donne la sensation de se trouver sur l’un des plus beaux sites au monde. C’est ce qu’ont dû ressentir les marins de la Compagnie hollandaise des Indes, qui décidèrent de s’y installer au 17ème siècle. Rejoints par des Anglais puis des Français, ils ont fondé Cape Town, qui garde toujours un air de vieille Europe. Dans la ville, la végétation méditerranéenne et les maisons de style hollandais ou victorien, ne procurent guère de dépaysement. Le Cap vaut surtout pour les excursions dans la péninsule du Cap de Bonne Espérance. En embarquant à bord d’un catamaran à Simon’s Town, vous pourrez passer au large de ce « crochet » mythique, proue de l’Afrique séparant les océans atlantique et indien. On peut aussi randonner dans la réserve naturelle du Cap, avec l’assurance de voir des babouins et des pingouins. A l’ouest, la route côtière passe en corniche au-dessus de magnifiques baies, et longe à partir de Camps Bay les plus belles plages du Cap. On croit rêver en traversant le quartier huppé de Clifton : les plus somptueuses villas, surplombant l’océan, ont même un téléphérique privé les reliant à la plage…

 

Durban, un melting-pot ethnique

Le Karoo est une région semi-désertique mais agricole, connue pour ses élevages d’autruches. Les fermes actuelles élèvent toujours des autruches, principalement pour la viande, mais il se trouve toujours quelques fermes qui contribuent au spectacle désolant  de touristes qui adorent se faire prendre en photo à cheval sur ces disgracieux volatiles… Il paraît même que c’est pour ne pas voir ça que les autruches ont pris l’habitude de mettre leur tête dans le sol… Les Blancs que l’on rencontre dans le coin sont les descendants des Boers qui exploitaient la région autrefois, et certains parlent toujours un patois curieux aux intonations afrikaners… En revenant sur la côte, et en suivant la superbe « route Jardin », qui longe l’océan, voici Durban, symbole du melting-pot ethnique et culturel de l’Afrique du Sud. Vue d’avion, cette ville côtière moderne ressemble à une station balnéaire californienne : des buildings, un front de mer bétonné, des surfeurs sur les vagues. Même les attractions sont à la sauce américaine, tel que le Sea World, où évoluent des dauphins dressés dans un show bien rodé. Mais lorsque l’on s’y promène, elle prend un autre visage, plus séduisant. Prenons le Golden Mile, par exemple, l’immense avenue qui longe la mer. Certes, elle est bordée d’hôtels de luxe, de fast-foods et de bars branchés. Mais sur ses trottoirs, des femmes africaines vendent des souvenirs ethniques, tels que colliers de coquillages, statuettes, amulettes, tandis que leurs hommes harnachés en Zoulous promènent les touristes en pousse-pousses… Ici se côtoient l’homme d’affaires en costume, le surfeur blondinet en caleçon de bain, l’indienne en sari et l’homme de la rue en boubou africain, dans une atmosphère décontractée très naturelle. Ce métissage entre l’Orient et l’Afrique se retrouve au marché indien, où l’on retrouve dans un joyeux bazar des produits des deux continents.

 

Un folklore assumé

Au nord de Durban, voici la province du Kwazulu Natal. La route côtière traverse de pimpantes stations balnéaires bordées par les belles plages de l’Océan Indien. Faites étape à St-Lucia, une réserve naturelle exceptionnelle qui regroupe des écosystèmes différents : la mangrove, la lagune, la savane, et la forêt. Vous découvrirez ce paradis naturel en bateau, le meilleur moyen pour approcher les hippopotames et les crocodiles. Mais ce qui émerveille le plus, c’est la richesse de l’avifaune : des nuées de flamants, des pélicans, des hérons, et bien d’autres espèces de tout plumage. Dans la réserve toute proche d’Hluhluwe, vous aurez plutôt rendez-vous avec des bêtes à cornes : elle est réputée pour ses rhinocéros, noirs ou blancs. En 4×4, guidés par des rangers, le jeu consiste à les reconnaître, même s’ils sont couverts de boue ou de poussière. L’astuce est de s’approcher assez pour distinguer la forme de leur bouche, aplatie ou non. Les rangers savent jusqu’où l’on peut s’approcher, et quand on sait à quelle vitesse peuvent charger ces colosses atrabilaires, c’est toujours trop près ! Après un safari, rien de tel pour se détendre que d’assister à un spectacle dans un village zoulou, par exemple à Dumazulu, près de Hluhluwe (prononcez « chlou-chlou-oui »). Ici, tout est fait pour le touristes, mais le folklore est assumé. Quand c’est l’heure du show, les prétendus guerriers zoulous quittent leur tee-shirt et leurs basket, délaissent leur téléphone portable et leur Coca, sortent de leur hutte où ils se reposent, et enfilent leurs costumes en rafia, comme un gars à Eurodisney qui se met dans la peau de Mickey. Les filles se mettent seins nus sans fausse pudeur, comme les filles au Paradis Latin, et prennent la pose pour le touriste voyeur, ou amusé.  Si le pourboire est généreux, la troupe se donne à fond, et la chorégraphie est assez « sauvage » pour donner l’illusion de l’authenticité…

 

Safari en liberté au parc Krüger

L’Afrique originelle, la vraie, se trouve au parc Krüger, l’une des plus grandes réserves naturelles d’Afrique, et la plus riche en animaux. La bonne nouvelle, c’est que l’on peut y circuler avec son propre véhicule. La mauvaise, c’est que ce parc est si grand (deux fois la Corse) que les rencontres ne sont pas garanties. Surtout en l’absence de rangers, qui vous repèrent un lion tapi dans l’herbe à 100 m ou un léopard dans un arbre, là où vous ne voyez que la savane ou la forêt… Toutefois, ce serait jouer de malchance si au bout d’une ou deux journées vous n’aviez pas vu de girafes, de buffles ou d’éléphants. Des babouins, des zèbres, des antilopes ou des gnous, vous en verrez beaucoup, mais les fauves sont plus rares… Pour avoir plus de chance de voir le Big Five (buffle, éléphant, rhinocéros, lion et léopard), vous pouvez tenter les réserves privées, situées en bordure du parc. L’indice de satisfaction est très élevé, mais les prix aussi !

 

Paysages fabuleux du Drakensberg

A l’ouest du parc Krüger, les plaines viennent buter contre la chaîne montagneuse du Drakensberg, qui s’élève de façon abrupte de plus de mille mètres. Une route panoramique permet de passer par des sites grandioses, tels que « la Fenêtre de Dieu » ou les « Trois Rondavels », au bord du canyon de la Blyde River. Ici, la Nature est un sculpteur de génie, dont on ne se lasse pas de contempler les œuvres… Artiste, la Nature a su aussi se montrer prodigue en déposant une manne d’or dans le lit d’un cours d’eau des environs. Pilgrim’s Rest, petit village classé monument historique, semble figé à l’époque de la ruée vers cet or, à la fin du 19ème siècle. La reconstitution est très réussie et l’on ne serait pas plus surpris de voir au saloon un chercheur d’or hirsute aux poches pleines de pépites !

 

Préférer les femmes Ndebele au township de Soweto

Avant de revenir vers Johannesburg, où se situe l’aéroport international, vous traverserez le pays Ndebele. Ne manquez pas d’aller visiter l’un de ses villages traditionnels, où les murs des cases sont peintes de formes géométriques aux couleurs vives. Ce sont les femmes qui ont développé cet art pictural original, et qui continuent, contre quelques pièces, de peindre et de poser pour la photo-souvenir. Après tout, si le tourisme peut contribuer à préserver cet art millénaire, pourquoi pas ? Plus discutable est la visite de Soweto, le quartier pauvre de Johannesburg. Enfermé dans un minibus, on épie la misère et le crime. Après avoir fait des milliers de kilomètres pour voir des animaux en liberté, il serait dommage de clore ce périple dans un zoo humain, non ?

Pratique

La meilleure période pour se rendre en Afrique du Sud est l’automne, c’est-à-dire le printemps dans l’hémisphère Sud. Le pays se couvre de fleurs, la température est douce partout, et dans les réserves, c’est l’époque des naissances ! L’hébergement est varié et de qualité, le réseau routier est excellent, et le niveau de vie assez bon marché. On peut donc voyager seul, à condition de savoir parler anglais ! En ce qui concerne l’insécurité : la criminalité de certains quartiers de Johannesburg est le baobab qui cache la forêt. Si l’on évite de se promener seul la nuit dans les quartiers sensibles des grandes villes, il n’y a aucune raison de se sentir en insécurité en Afrique du Sud, en tout cas, pas plus qu’à Paris ou à New-York !

Y aller : Air France et KLM ont des vols sans escale, d’autres compagnies proposent des vols moins chers, mais avec une ou deux escales… A partir de 400 € A/R depuis Paris vers Johannesburg, Durban, La Cap ou Port-Elizabeth.

Se loger : il y a de l’hébergement pour tous les budgets, de l’humble B&B ou de la case sans confort dans le parc Krüger à une trentaine d’euros la nuit, au lodge ou resort très haut de gamme, surtout dans les réserves privées, à 2000 € la nuit…

A savoir :

Durée du vol : 10 h 30

Décalage horaire : + 1 h

Guides : Afrique du Sud (Lonely Planet)

Infos :  Office du tourisme d’Afrique du sud

Les trois facettes du Sénégal

Vous êtes plutôt plage, nature ou culture ? Le Sénégal offre ce choix à ses visiteurs, respectivement sur la Petite Côte, dans le Sine Saloum, ou dans l’île de Gorée. Un cocktail réjouissant, que l’on se prépare sous forme d’excursions, à partir de la station balnéaire de Saly. Bienvenue au pays de la Teranga, l’hospitalité en wolof !

SENEGAL Petite Côte  Plage de Saly

Petite côte mais grands plaisirs

La Petite Côte, avec la station-phare balnéaire de Saly, occupe une longue plage de sable fin au bord de laquelle se succèdent la plupart des hôtels-clubs du Sénégal. C’est le spot rêvé pour se reposer et s’amuser en famille en toute sécurité, avec soleil et bonne ambiance garantis. On peut y faire du golf, du cheval sur la plage, taquiner le mérou, surfer sur les vagues, piloter un quad, ou prendre des cours de danse africaine… Si vous souhaitez découvrir un Sénégal plus authentique, vous laisserez votre cocktail au bord de la piscine pour participer aux excursions organisées par les hôtels. La sortie en 6×6 (gros 4×4) ou en quad vous fera sillonner la savane au milieu des baobabs géants et des palmiers roniers, en vous arrêtant dans des villages traditionnels. Vous pourrez aussi vous extasier devant le lac Rose, flâner sur la plage de Mbour pour assister au retour des pêcheurs, ou visiter Fadiouth, incroyable village construit sur une île faite de coquillages amoncelés…

Sine-Saloum, le delta où l’on plane…

A 2 h de route de Saly, changement de décor et d’ambiance : le delta du Sine-Saloum forme un labyrinthe de bolongs – voies d’eau plus ou moins étroites serpentant au travers d’une multitude d’îlots verdoyants, de bancs de sable ou de mangrove – qui est un paradis pour des colonies d’oiseaux de toutes sortes. Un fascinant univers de terre et d’eau où l’on se sent comme à la création du monde… Deux options se présentent, selon que vous êtes plus ou moins sensibles à cette nature omniprésente et si dépaysante, qui peut parfois être oppressante (sans parler des moustiques !) : l’excursion à la journée, où vous louerez les services d’un guide-piroguier à N’dangane, ou l’option séjour, pour goûter au repos, au calme absolu, et à la beauté stupéfiante d’un lever ou d’un coucher de soleil sur la mangrove, lorsque le disque d’or se découpe sur la silhouette d’un grand baobab tandis que dans le ciel tournoient pélicans, sternes, hérons ou cormorans… Les vrais amoureux de nature choisiront de séjourner plusieurs jours au cœur du delta, où se sont installés des campements allant du plus « roots » au plus chic.

 

SENEGALSine Saloum Coucher de soleil sur baobabs
SENEGAL Sine Saloum Coucher de soleil sur baobabs

 

Saint-Louis et Gorée : des îles-mémoire

Cette petite île située à 15 minutes de bateau de Dakar, justifie à elle seule le déplacement jusqu’à la capitale sénégalaise, qui par ailleurs n’a pas grand intérêt touristique. Gorée est le symbole de l’esclavage et de la Traite des Noirs. Que ce soit dans la Maison des Esclaves, où les captifs étaient parqués avant leur long voyage transatlantique, ou au fort d’Estrées récélant un passionnant musée historique du Sénégal, vous ne pourrez plus rien ignorer de cette douloureuse page de l’histoire africaine. Plus joyeuse et animée est l’île de Saint-Louis, classée au Patrimoine mondial de l’Unesco, qui a tant de liens historiques avec la France : d’abord son nom ; ses belles bâtisses coloniales, certes un peu vétustes, mais qui font tout son charme ; son fameux pont Faidherbe tout en poutrelles métalliques, installé par Eiffel ; et son musée de l’Aéropostale Jean Mermoz, qui a inauguré de nouvelles salles, à l’occasion du 350ème anniversaire de la ville.

Pratique

Y aller : Paris/Dakar avec Air France et Corsair, environ 5h45 de vol, à partir de 500 € A/R.

Réceptif

Cheikh Dieye est un guide basé à Ndangane qui propose plusieurs circuits de Saint-Louis à Dakar, et des excursions en barque à la journée ou en bivouac dans le Siné Saloum. Il est sérieux et sympathique, et saura vous faire aimer son pays en toute décontraction !

http://www.cheikh-guideprive-senegal.com

Se loger

A Saly : Le Lamantin Beach Hotel (spa, 2 restaurants…) est le meilleur hôtel de la Petite Côte.  http://www.lelamantin.com

On peut trouver à loger pour moins cher dans les nombreuses résidences de la station, ou locations entre particuliers, avec service hôtelier  (ménage, repas…)

A Saint-Louis : chez Jamm, maison d’hôtes typiquement saint-louisienne, rénovée avec les matériaux de l’époque, mais avec le confort du 21ème siècle. www.jamm-saintlouis.com

Sine-Saloum : Le Pélican, à N’dangane, en bordure du fleuve, bungalows simples mais cuisine savoureuse. Excursions à la 1/2 j (promenade en pirogue, pêche, messe au tam-tam, Fadiouth, marché de N’Guediene)…

Sine Saloum : Delta Niominka : isolé au cœur du delta, magnifique lodge constitué de bungalows de charme, noyées dans les massifs de fleurs et ombragés de vénérables baobabs.  www.deltaniominka.com

Se renseigner : http://www.au-senegal.com/

Le Kenya en famille

Les neiges éternelles du Kilimandjaro, les safaris en brousse, les plages idylliques et les lagons turquoise de l’Océan Indien… Ces vacances de rêve sont possibles, en famille, sur une semaine, à prix doux.

 

Combiné safaribalnéaire
KENYA Maasaï Mara Lions

 

La formule du séjour combiné safari/balnéaire au Kenya est idéale pour découvrir le meilleur de l’Afrique en une semaine, pour un budget raisonnable. Votre hôtel, généralement un hôtel-club « tout compris », est situé au bord de l’Océan Indien, au nord ou au sud de Mombasa. L’hôtel que nous avons testé est le Lookéa Kenyan resort 4*, situé à deux heures de route au nord de Mombasa, vers Malindi, une petite ville où vit une importante communauté italienne. C’est ainsi que les enfants, qui jouent sous les énormes baobabs jalonnant la piste vers l’hôtel, vous font de grands signes de la main en hurlant « ciao, ciao ! caramelo ? »… Les bungalows ont de vastes chambres, dont les baies vitrées réfléchissent les couleurs turquoise du lagon baignant la plage de l’hôtel. Les premiers jours passeront très vite, entre plaisirs balnéaires dans les deux piscines à débordement ou dans le lagon (qui est une réserve naturelle marine !), et les activités ludiques proposées par la dynamique équipe des jeunes animateurs du club. Ils vous appelleront vite par votre prénom, connaîtront vos habitudes et vos goûts, et se plieront en quatre pour vous faire passer un séjour agréable.

Puis c’est le grand jour, le départ matinal en minibus à toit ouvrant pour la partie safari du séjour. Dans les minibus de 6 places, vous passerez la matinée à voir défiler les paysages de savane et de brousse, vous vous arrêterez dans les petits marchés des villages, et vous arriverez pour déjeuner dans le Tsavo, le plus grand parc national du Kenya, abritant dans ses plaines arbustives, ses collines vallonnées et ses forêts d’acacias, toute la faune sauvage d’Afrique de l’Est. En fin d’après-midi, vous ferez votre 1er vrai safari dans une réserve privée contenant une plus grande concentration d’animaux que le parc Tsavo. Peut-être aurez-vous la chance d’observer les « big five » (lion, éléphant, rhinocéros, buffle, léopard), les cinq animaux symboliques d’un safari réussi. Mais même si vous n’apercevez pas le léopard, le plus difficile à apercevoir des cinq, votre safari sera réussi, car c’est une expérience formidable quels que soient les animaux rencontrés. Un safari, c’est un cocktail d’émotions fortes : nos instincts enfouis de chasseur sont exacerbés, ainsi que nos peurs ancestrales de l’animal sauvage, et nous retrouvons nos yeux d’enfants qui s’émerveillent devant le spectacle de la Nature originelle, et des animaux qui nous faisaient rêver… Là, ils sont tout près, parfois à moins de 10 m, on admire la belle robe tachetée et le port altier des girafes broutant les feuilles d’acacia, on sourit devant la fuite désordonnée d’une famille phacochère, avec la petite queue levée de la mère pour servir de guide, on retient son souffle devant la force tranquille de l’éléphant marchant dans la savane, et on a la chair de poule en croisant le regard perforant d’un lion à la majestueuse crinière… Toutes ces scènes resteront à jamais gravées dans les mémoires, surtout celles des enfants, et elles sont passionnément commentées, le soir, pendant le dîner. La nuit aussi est magique, car vous dormirez dans une tente en toile. Absolument sécurisée, et équipée de tout le confort d’une chambre d’hôtel, ses parois en toile laissent cependant passer les sons, et l’on s’endort en frissonnant à l’écoute des appels mystérieux de la brousse…

Le lendemain matin, vous repartirez pour un nouveau safari, où vous apercevrez sûrement, près des sources d’eau et des rivières, de placides hippopotames barbotant dans l’eau, et d’immobiles crocodiles à l’effrayante gueule ouverte. Le safari se prolonge sur la route retour vers Malindi, vous laissant plus de chances de photographier des animaux différents (antilopes, zèbres, gnous, guépard, oiseaux, rapaces…). C’est reclus de fatigue que vous arriverez au Lookéa, épuisés par la route et la tension du safari, mais heureux. Ce soir-là, pas sûr que les animateurs arriveront à vous faire danser… Ce n’est que partie remise. Il vous restera trois jours pour vous reposer et pour profiter des plaisirs balnéaires de la côte kényane. Et ce serait dommage de s’en priver, car la réserve nationale marine de Watamu, classée au Patrimoine Mondial par l’Unesco, est toute proche. Le Lookéa organise une excursion d’une journée en bateau dans cette réserve, permettant d’aller à la rencontre des dauphins, et de nager dans une eau chaude et cristalline au-dessus d’un banc de corail abritant une incroyable quantité et diversité de poissons tropicaux, tous plus beaux et colorés les uns que les autres. Pouvoir approcher de près un jour des lions et le lendemain des dauphins, il n’y a que le Kenya et l’Afrique du Sud pour permettre cela ! Et le Kenya, c’est nettement moins cher…www.look-voyages.fr

Des séjours tout safari

Les véritables mordus de la vie sauvage préfereront sans doute consacrer leur semaine à parcourir les différents parcs et réserves du Kenya. Dans ce cas, la plupart des périples commencent à Nairobi, et dès la descente de l’avion, vous serez accueillis par votre chauffeur-guide, et vous filerez dans votre minibus ou votre 4×4 dans les parcs que vous aurez choisis. Vous n’aurez que l’embarras du choix entre les nombreux parcs nationaux et les réserves, gérés par l’Etat kényan, et les sanctuaires, petites réserves privées concentrant une faune spécifique. Grâce à une réglementation plus sévère (pas de hors-piste, pas plus de 5 véhicules autour des félins, et à une distance minimale d’observation…), les safaris au Kenya n’ont plus cette connotation bas de gamme qu’ils avaient auparavant. Ce sont d’authentiques  safari-photos où la chance joue un grand rôle, mais sans que l’on puisse réellement revenir bredouille. Quand les animaux se font rares, les chauffeurs se dirigent vers les points d’eau, qui fixent la faune, surtout en saison sèche. Et ce serait vraiment jouer de malchance que de revenir d’une journée de safari sans avoir vu au moins trois des « Big Five » ! Un itinéraire « idéal » consisterait à parcourir d’abord le parc de Nakuru, célèbre pour ses rhinocéros noirs, et dont le lac salé est coloré par des myriades de flamands roses. Puis il faudrait passer deux ou trois jours dans la réserve de Maasaï-Mara, frontalière avec la Tanzanie, où elle prend le nom de Serengeti. Entre ces immenses territoires s’effectue 2 fois par an la migration des gnous, accompagnés d’autres herbivores, et suivis à la trace par leurs prédateurs. Il n’est pas rare d’assister à une chasse, au repas des fauves ou des hyènes, vautours et autres charognards… Après avoir visité un village traditionnel Maasaï, où ces fiers et filiformes bergers vous feront la démonstration de leurs danses sautées, vous poursuivrez par la réserve d’Amboseli, où vous verrez les mêmes animaux, mais cette fois vous aurez en toile de fond les neiges éternelles du Kilimandjaro… Enfin, vous irez parcourir la terre ocre du Tsavo, réputé pour contenir en nombre deux géants d’Afrique : les éléphants et les baobabs… L’hébergement se fait dans des lodges en dur, ou des camps de tentes, presque toujours établis à proximité d’un point d’eau. L’observation des animaux se poursuit parfois depuis votre chambre ! En option, il est possible de demander à prendre le petit-déjeuner dans la brousse. C’est un « must » ! Au Maasaï-Mara, par exemple, les tables sont installées en surplomb de la rivière Mara, et l’on déguste ses crêpes au miel ou ses œufs au bacon, à quelques mètres d’une troupe d’hippopotames !

Venir avec des enfants

Pour un enfant, un safari au Kenya, c’est un rêve éveillé, c’est comme entrer dans « le Roi Lion » ou « Madagascar ». Pour que la magie soit complète, certains tours-opérateurs proposent des safaris adaptés aux familles avec enfants, avec des temps de transport routiers réduits, et des balades à pieds dans des réserves sans animaux dangereux, comme à Crescent Island (sanctuaire où ont été tournées certaines scènes d’ « Out of Africa »). Côté santé, pas de dispositions particulières à prendre : comme pour les adultes, il est conseillé de prendre un antipaludéen avant de partir, d’être à jour de ses vaccinations, et de se protéger contre les piqûres d’insectes et contre la morsure du… soleil !

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Pratique

Formalités : passeport + visa à prendre à l’arrivée

Décalage horaire : + 2 h

Climat : chaud et humide sur la côte, tempéré sur les hauts plateaux des safaris

A emporter : si possible, une paire de jumelles, et un appareil photo à fort zoom optique.

A ramener : animaux sculptés en bois ou en pierre… Ramenez de belles images !

A lire : « Kenya-Tanzanie », guide Bleu Evasion, et « Out of Africa », de Karen Blixen.

Site internet : www.magicalkenya.com

 

Les merveilles du sud tunisien

Dunes de sable ondoyantes, oasis inattendus, villages berbères authentiques… A pieds, à dos de chameau ou en 4×4, il faut parcourir le sud tunisien pour en découvrir toutes les merveilles, et ne pas se contenter d’un séjour à Djerba !

 

TUNISIE - Douiret
TUNISIE – Douiret

Bien que la Tunisie soit en « vigilance renforcée » sur le site du ministère de l’Intérieur, à l’heure où l’on publie ces lignes, il n’est pas spécialement dangereux de se rendre dans le sud de la Tunisie. A partir de Djerba (aéroport international), des excursions permettent de se rallier Douz, Matmata ou Tataouine sans danger. D’ailleurs, des voyagistes français tels que La Balaguère ou Nouvelles Frontières continuent d’y envoyer des touristes… qui sont attendus les bras ouverts par la population pour qui l’apport du tourisme est vital ! Voici 3 propositions de séjours ou de circuits dans le sud tunisien, mêlant marche, découvertes culturelles et bien-être, qui devraient vous inciter à ne pas vous priver de désert…

Ksar Guilane : le campement de rêve

Ksar Guilane est l’oasis tunisienne la plus au sud. Ce n’est pas une porte du désert, vous y êtes vraiment ! Cette petite palmeraie est un véritable miracle au milieu des dunes du Grand Erg, car la nature y fait sourdre une source chaude d’eau thermale, dans laquelle c’est un bonheur de se baigner : 35°C, c’est rafraîchissant quand il fait 45°C sous le soleil du Sahara ! Le campement Yadis récemment rénové contribue à rendre le séjour vraiment magique : de vastes tentes berbère en toile de lin, climatisées, disposant d’une salle de bains, sont disséminées en étoile autour d’une grande piscine sous les palmiers. Aux heures les moins chaudes de la journée, on peut se promener en liberté dans les dunes alentours, ou bien faire une sortie en quad, avec lesquels on accède aux petits villages ocres, qui se fondent dans l’immensité du désert. Même si ce n’est pas très écologique, ce moyen de locomotion procure des émotions très fortes, pas seulement liées à la vitesse ou au plaisir de glisser dans le sable, mais surtout dues au sentiment d’intense liberté que l’on éprouve à se faufiler entre les dunes, et à la surprise quasi miraculeuse de rencontrer des bédouins comme surgis de nulle part, qui vous amènent dans leur tente ou leur maison en pierre pour boire du thé à la menthe… Au retour, épuisé d’avoir marché dans du sable aussi fin que de la farine, un petit massage au hammam fait un bien fou, il est temps d’aller dîner autour du feu, sous les étoiles…

 

A pieds entre Djerba et Douz : la Tunisie authentique

Marcher dans les sables et les montagnes du sud tunisien, en logeant sous tente ou chez l’habitant, c’est l’unique façon de découvrir le mode de vie étonnant de ces populations au rythme de vie et aux coutumes ancestrales. Les paysages traversés sont splendides, que ce soit le site troglodytique de Matmata, aux maisons enterrées ; le village perché de Chenini, dont il faut visiter le ksar Hadada aux chambres en alvéoles qui ont servi de décor à quelques scènes de Star Wars ; les étonnants ghorfas (greniers à grains) de ksar Hallouf ; ou les maisons troglodytiques du ksar de Douiret, dont les murs couleur de sable le rendent quasi invisible dans ces étendues quasi-désertiques, si ce n’était sa mosquée, d’un blanc éblouissant…

 

A part Tozeur (plus au nord), c’est depuis Douz que partent la plupart des méharée du sud tunisien. Avant d’aller à la rencontre des chameliers, il faut faire un tour au marché de Douz, très pittoresque avec ces gros sacs blancs remplis d’épices et de fruits secs, ces étalages de poteries colorées, et sa foire aux moutons et aux ânes… A la sortie de la ville, l’arrêt dans une palmeraie de dattes s’impose, pour discuter avec les paysans, et goûter aux dattes fraîches. Quant à la méharée, c’est une aventure inoubliable où l’on s’émerveille des paysages de dunes à l’infini sculptées par le vent, de la science des chameliers qui s’orientent sans boussole et qui tirent le maximum de ce que peut leur offrir le désert, et des petits plaisirs quotidiens (une gorgée d’eau, un pan d’ombre, une datte, un matelas en mousse, un morceau de pain chaud cuit dans la braise…) qui prennent dans cet environnement austère des proportions inimaginables…  Sur l’échelle du bonheur vécu, le bivouac autour du feu sous le ciel étoilé atteint les derniers échelons : comment peut-on se sentir si bien, être si heureux sans aucune arrière-pensée en étant sale (pas de douche dans le désert…), en avalant un couscous aux grains de sable, la face brûlée par le feu, et le dos gelé par le froid du désert, et en écoutant la chanson d’un chamelier édenté frappant sur un seau en plastique renversé ? On ne peut pas l’expliquer, il faut le vivre pour y croire, c’est la magie du désert…

 

Séjour bien-être à Djerba : l’escapade thalasso

L’île de Djerba, dont les rivages sont assez défigurés par les complexes touristiques qui se serrent devant les plus belles plages, peut justifier un court séjour. Principalement en raison de son offre thalasso pléthorique. Presque tous les hôtels proposent une formule bien-être, allant du simple hammam à l’hygiène douteuse, au spa de luxe suréquipé. Parmi les bonnes adresses, le Yadis Djerba (4*) est un superbe hôtel blanc immaculé dont le spa jouit d’une excellente réputation. Au programme : alternance de soins, de bains de mer, de bains en piscine… Quant au bain de foule, vous n’y échapperez pas non plus, lorsque vous ferez vos dernières emplettes au souk d’Houmt Souk !

Le pain cuit dans la braise

C’est un rituel, un moment privilégié dans toute méharée. Le matin, à une heure où les voyageurs dorment encore, les chameliers font un feu de bois (oui, il y a du bois mort dans le désert ! En tout cas autour de Douz…) et l’un d’eux prépare du pain. Une large jatte, un peu de sel, de l’eau, de la farine, et de l’huile de coude. Au bout de 10 minutes, une boule est formée, aplatie, et déposée sur un lit de braises et de cendres chaudes. Recouvert d’un tissu lourd, le pain cuit un bon quart d’heure, et ses effluves appétissantes tirent les randonneurs de leurs tentes. Une fois cuit, le pain est frotté et fouetté par le tissu et un rameau broussailleux, pour enlever les grains de sable. Avec un peu de confiture et un verre de thé ou de café chaud, c’est le meilleur des gâteaux !

Escapades berbères au Maroc

Aux portes de Marrakech et au pied des montagnes du Haut-Atlas, voici deux adresses idéales pour découvrir un Maroc nature et authentique. 

 

Terres d’Amanar : une réserve naturelle d’énergie

A 30 km au sud de Marrakech, Terres d’Amanar est un éco-lodge alliant sport et tourisme durable. Vous pourrez ainsi pratiquer vos activités favorites (rando’, VTT, raft, tir à l’arc, volley…) dans le cadre somptueux du parc national du Toubkal, en étant entourés par du personnel marocain, la plupart habitant dans les douars (villages) entourant la propriété. Ici, pas de GO bronzé qui invite à danser la lambada, vos guides vous inviteront plutôt à prendre le thé dans leur famille, au village ; pas de buffet international, vous mangerez des couscous, tajines et salades préparées par des femmes berbères ; et pas de bungalow climatisé et aseptisé : vous dormirez dans des tentes ou des lodges simples, construits avec des matériaux locaux (terre, bois…), pleins de charme et dont le mobilier est fait sur place par un menuisier du douar voisin. Et à côté des sports classiques, vous pourrez essayer de pratiquer des activités plus originales et amusantes, telles que bowling berbère, ou le polo à dos d’âne… Le point fort du site, c’est d’abriter dans une forêt de pins d’Alep plusieurs parcours d’accrobranche. Equipés d’un harnais, vous pourrez tenter le grand frisson en vous laissant glisser sur des tyroliennes, dont la plus longue d’Afrique (320 m) ! Et le soir, vous vous reposerez sur la terrasse devant un braséro en savourant un thé à la menthe, et vous admirerez le panorama sur les sommets enneigés du Haut-Atlas, en écoutant les chants joyeux du personnel au repos, utilisant des seaux renversés en guise de tam-tam…

 www.terresdamanar.com

 

Terres M’Barka : le bien-être à la marocaine

A seulement 20 km de l’agitation, des klaxons et de la poussière de Marrakech, il existe une petite oliveraie isolée aux portes d’un désert minéral. De cette oliveraie, émergent les terrasses d’une grande demeure ocre, tel un douar traditionnel. Sur l’une de ces terrasses, un couple se prélasse sur de blancs sofas, sous la douce caresse des rayons du soleil couchant… Ce couple, ce peut être vous, car cette belle demeure est un hôtel 5*, une sorte de riad en pleine campagne, où tout n’est que charme, harmonie et volupté. Autour du patio central, vous aurez vite fait de repérer l’entrée discrète du spa, où Samira et Bahia sauront prendre soin de votre corps. Hammam, gommage, massages aux huiles orientales, vous reposeront de vos excursions. En effet, on vous proposera de découvrir la région en 4×4 ou à cheval (Terres M’Barka a sa propre écurie), de faire du quad, du golf, de la montgolfière… Côté saveurs, le chef vous préparera le meilleur de la gastronomie française ou marocaine, en utilisant les produits bio de la ferme attenante, qui propose aussi de belles villas à louer. Fatiha, la gouvernante de cette ferme, pourra vous donner des cours de cuisine afin que vous puissiez, de retour chez vous, préparer les tajines savamment épicés, ou le couscous royal dont vous vous serez régalés ici !

http://les-terres-mbarka-hotel-marrakech.hotelsmarrakech.net/fr/

 

 

Les nuits rouges de Marrakech

Avant de reprendre l’avion, réservez une journée ou deux à Marrakech. Pour voir ou revoir les incontournables de la ville impériale, bien sûr, tel que le jardin Majorelle, somptueux jardin aux mille essences qu’aimait tant Yves-Saint-Laurent, et la médina (classée au patrimoine mondial de l’Unesco), avec ses superbes mosquées et medersas. Pour passer du temps à chiner dans les souks, que ce soit pour ramener des étoffes, des épices, ou de l’artisanat pour lequel Marrakech est devenu à la pointe du chic… Enfin pour vivre une nuit marrakchi, une nuit rouge comme les murs de la ville, rouge comme le feu de la braise des vendeurs ambulants ou comme les flambeaux des jongleurs de la place Jemaa El Fna, rouge comme l’harissa qui parfumera votre couscous, rouge comme le visage de ces danseuses du ventre qui égaieront votre repas, rouge enfin comme les pétales de rose qui couvriront le lit dans la chambre de conte de fée de votre riad…

Y aller : avec Transavia, depuis Orly Sud. Réservation : www.transavia.com

 

Rodrigues, une île qui a du coeur

 

A l’ombre de l’île Maurice, la Cendrillon des Mascareignes dévoile ses beautés naturelles et offre son cœur à tous ses visiteurs. Une perle de l’Océan Indien à découvrir sans plus tarder !

 

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Tout commence par un voyage à l’île Maurice. Comme escale, on connaît pire. En effet, pour accéder à Rodrigues, il faut d’abord se poser sur l’ancienne Isle de France, ce paradis tropical ayant servi de cadre à l’idylle de Paul et Virginie. Ce serait dommage de ne pas y passer quelques jours, histoire de se reposer du voyage (11 h de vol), et de profiter des hôtels qui se répartissent sur les plages de l’île, toutes plus belles les unes que les autres. A Maurice, même s’il existe des excursions permettant de découvrir l’intérieur montagneux de l’île, vous serez irrésistiblement aimantés par ce lagon si beau, si chaud, si clair… qu’on resterait toute la journée dans ses eaux vert émeraude. Les clubs nautiques des hôtels ont l’équipement permettant d’évoluer sur ce lagon : kayak, planche à voile, petits voiliers, ski nautique, scooter des mers… Si vous faites la mini-croisière qui mène en catamaran à l’île aux Cerfs, vous pourrez même faire du parachute ascensionnel, et voir du ciel cette langue de sable paradisiaque qui cache un golf derrière ses filaos.

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Rodrigues, as-tu du cœur ?

Si vous avez aimé Maurice, vous adorerez Rodrigues. C’est l’une des dépendances de la République mauricienne, située à 650 km au nord-est de l’île Maurice. Au bout d’1 h 30 d’avion, regardez par les hublots : il ne s’agirait pas de manquer la vue spectaculaire de cette petite île volcanique sertie dans le plus grand lagon fermé du monde. C’est une sorte de piscine géante qui fait deux fois la superficie de l’île (200 km²), et sa faible profondeur lui confère d’extraordinaires teintes émeraude ou turquoise, contrastant avec le bleu marine plus intense de l’Océan Indien. La Nature a un talent de peintre coloriste inégalé… Rodrigues, c’est Maurice il y a trente ans. C’est-à-dire un petit paradis sous les tropiques, où le touriste est encore rare. Tout est authentique, couleur locale, et les voyageurs ne sont pas considérés comme de potentielles sources de devises… C’est peu de dire que l’accueil est chaleureux dans les petites pensions de famille ou les chambres d’hôtes du centre de l’île. Les gens vous reçoivent comme des amis chers, et se plieraient en quatre pour vous être agréable. Idem dans les hôtels : c’est service VIP pour tout le monde ! Est-ce pour le bon cœur des Rodriguais, presque tous catholiques, que Jean-Paul II est venu dire une messe en 1989, sur cette petite île perdue dans l’Océan Indien ?

 

Une destination pimentée qui a le vent en poulpe  

Il faut donc aller à la rencontre de la population (à peine 40 000 insulaires), en se promenant dans l’intérieur de l’île, à pieds, en voiture (attention, on roule à gauche, du fait du passé colonial anglais de Maurice), ou en autobus. Tout le monde parle français, et le Rodriguais, naturellement affable et curieux, n’hésite pas à aller vers le voyageur, pour savoir d’où il vient, et s’il a besoin d’aide. En premier lieu, vous visiterez la capitale Port-Mathurin, un port animé le matin par son petit marché, mais qui s’endort dès les heures chaudes de la journée, pour se réveiller un peu le soir, à la sortie des bureaux. Avec ses vieilles échoppes en bois, ses commerces bariolés de couleurs vives, et ses maisons coloniales, ce port distille le charme particulier aux îles créoles, un mélange de simplicité, de vitalité et de nostalgie. « Il y a ici une impression de lenteur, d’éloignement, d’étrangeté au monde des hommes ordinaires qui fait penser à l’éternité, à l’infini » écrit Jean-Marie Le Clézio dans Le Voyage à Rodrigues. D’ailleurs, un dicton local dit qu’à Rodrigues, « on y va doucement le matin, pas trop vite l’après-midi, et tranquillement le soir » ! Ce qui n’empêche pas le commerce et l’artisanat. A certains coins de rue, des femmes installent de petits stands sur lesquels elles vendent l’une des spécialités de l’île : le piment. Ou plutôt les piments : piments verts, rouges, entiers, en purée, au limon (citron vert), au coco, à la mangue, aux ourites… Les ourites (prononcez zourites), ce sont des poulpes, qui pullulent dans le lagon. A marée basse, on peut les pêcher à pieds, ce qui en fait une activité réservée aux femmes, les hommes préférant pêcher en pirogue. Avec leur grand chapeau en paille vissé sur la tête, les piqueuses passent des heures à arpenter le plateau corallien à la recherche de ce délicieux mollusque céphalopode, qui est consommé de moultes manières : frais, séché ou boucané, en salade, en curry ou en civet… Vous y goûterez forcément dans l’un des petits restaurants ou tables d’hôtes de l’île. N’hésitez pas à vous renseigner sur les fêtes en cours ou à venir, auxquelles vous serez toujours les bienvenus. Ici, tout le monde chante, joue d’un instrument ou danse, et l’on dénombre dans ce petit bout d’île une quarantaine de groupes folkloriques, qui se produisent dans les hôtels, les discothèques ou les kermesses. C’est l’occasion de voir danser le séga, mais aussi le quadrille, laval (la valse) ou le kotis (scottish), en écoutant de vieilles romances françaises accompagnées à l’accordéon diatonique. En effet, l’accordéon règne en maître à Rodrigues, depuis que des colons bretons y ont apporté au XIXe siècle instruments, chansons et mélodies !

 

Des plages de rêve intactes

Composées de fines poussières de corail, les plages de Rodrigues forment un éblouissant tapis blanc immaculé, ourlé de l’écume laissé par les vaguelettes… On vous proposera certainement de vous emmener sur l’île aux Cocos, une langue de sable corallien à l’intérieur du lagon, servant de refuge aux oiseaux marins. La balade en mer est agréable, mais vous trouverez d’aussi belles plages sur la côte Est de l’île. L’accès à ces magnifiques criques désertes se mérite : il faut marcher une demi-heure pour y accéder. Mais une fois installé dans ces alcôves idylliques, protégé du vent et des regards par des coulées de roches noires basaltiques, on ne veut plus en partir ! D’autant qu’une légende prétend qu’un pirate aurait dissimulé son trésor dans une grotte sous-marine creusée près du bord dans le récif de corail… Voilà de quoi donner envie de faire de la plongée ! Cela tombe bien, Rodrigues est réputée pour avoir un récif corallien presque vierge, abritant une faune et une flore sous-marine d’une richesse exceptionnelle. Trois clubs de plongée se partagent les meilleurs spots du lagon, qui font le bonheur de tous les amateurs de petits poissons (et même des gros) et de coraux multicolores. Le responsable du club de plongée du Cotton Bay affirme qu’on a dénombré à Rodrigues 273 espèces de coraux sur les 315 existants sur la planète, et qu’il se fait fort de faire évoluer les débutants au milieu des carangues, mérous et tortues, et autres poissons exotiques vivement colorés : poissons chirurgien, lune, perroquet, trompette… Flottant en apesanteur dans ce merveilleux monde sous-marin, on finit par oublier l’équipement de plongée, et l’on se sent heureux dans ce chaud lagon, comme un bébé dans le ventre de sa mère…

Pratique

Y aller

Pour aller à l’île Maurice, voler avec Air Mauritius, Air France, ou Corsair. Le vol Maurice/Rodrigues coûte environ 200 €.

Se loger

Familial : à l’Auberge de la Montagne, à Rodrigues, Françoise et Laval Baptiste vous réserveront un accueil chaleureux au sein de leur famille. Tél : 831 46 07

Pour l’accueil : le Cotton Bay (3*) est l’un des meilleurs hôtels de l’île, avec un accueil et un service attentionné. Belle plage et club de plongée.  Cotton Bay Resort & Spa

 

Sur place : A Rodrigues, il est possible de trouver des bungalows à louer ou des chambres d’hôtes, à partir de 15 €/j/pers.

A savoir

Meilleure saison : pour la plongée, de novembre à avril

Décalage horaire : + 3 h en hiver

Téléphone : 00 + 230 + N° local

A lire : le Guide du Routard « Ile Maurice et Rodrigues » (Hachette)

Office du Tourisme de l’île Maurice : 01 53 43 53 37  Ile Maurice

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