La Thaïlande en tourisme durable

Très loin des plages et des îles du sud dénaturées par le tourisme de masse, voici un itinéraire dans les provinces du Nord de l’ancienne Siam, privilégiant la »green attitude » et le tourisme durable. Une Thaïlande authentique qui ravira les amateurs de nature et de culture.

Chiang Mai, la capitale du nord

Chiang Mai est la seconde ville de la Thaïlande. Elle s’étend dans une vallée verdoyante au cœur du Lan Na, un ancien royaume nourri d’influences birmanes et laotiennes, qui a doté la ville de nombreux temples où s’expriment le meilleur de l’architecture et des arts thaïes. Tel le wat Chet Yod, un temple du XVème s. dont les murs sont sculptés de superbes bas-reliefs de divinités hindoues. Sous son banian sacré, des fidèles prient devant des autels surchargés de statuettes de serpent, l’animal totémique du temple… Après en avoir visité plusieurs, vous comprendrez le rôle important que tient le bouddhisme dans la société thaïlandaise, et vous aurez vu l’incroyable diversité dans leur décoration, parfois kitsch, souvent baroque, toujours fastueuse. Le soir, après une halte dans un salon de massage pour harmoniser vos chakras et soulager vos courbatures, faites un tour au centre-ville pour goûter la « street-food » locale, telle que la soupe Tom Yum à la citronnelle (assez épicée), le pad thaï (nouilles de riz sautées aux crevettes) ou un curry au lait de coco… 

Trek dans la jungle

A 1 h de route de Chiang Mai, la capitale du nord, le parc national Doi Inthanon porte le nom du plus haut sommet du pays, qui culmine au-dessus des forêts de mousson à 2565 m d’altitude. C’est évidemment très humide, et de spectaculaires cascades grondent dans les replis d’un relief vigoureux. Mae Ya est la plus haute chute d’eau du parc, son voile blanc recouvre 250 m de rochers, et forme à ses pieds un brumisateur géant, très agréable en atténuant la chaleur ambiante. La marche d’approche permet d’admirer des orchidées épiphytes, poussant aux creux moussus des arbres, tandis que l’air est parfois zébré par l’éclair bleu d’un martin-pêcheur. Un guide local vous devancera dans la jungle, en s’arrêtant pour vous montrer ce qu’un œil non averti ne saurait déceler – un coléoptère gros comme la main, une plante carnivore, un papillon aux ailes comme un tableau – et pour décrypter les cris d’animaux émergeant de la canopée ou des taillis impénétrables… L’observation directe est rarement possible, mais savoir que des éléphants, des gibbons et des tigres vivent dans cette jungle, procure de vrais frissons d’aventure ! Le parc national de Mae Charim est lui à 1 h de route de la ville de Nan. Il est traversé par la rivière Wa, dont les rapides permettent de faire de belles descentes en rafting. Une autre façon de traverser ces magnifiques forêts aux milles nuances de vert, sous le regard intrigué des singes dans les frondaisons des arbres, et celui amusé des pêcheurs sur les rives…

Rencontres autochtones

Le principal intérêt de voyager hors des sentiers battus du tourisme, c’est de rencontrer des communautés autochtones aux us et coutumes préservées, sans être considéré comme un porte-monnaie à deux jambes. Dans les villages de montagne du nord de la Thaïlande vivent des Akhas, des Hmongs ou des Karens, dont le mode de vie n’a guère changé depuis des siècles, téléphone portable et télévision mis à part… Vivant dans des cases en tek sur pilotis, certains portent un costume traditionnel en coton, tissé et brodé de couleurs chatoyantes, et ne demandent en général pas d’argent si l’on souhaite les photographier. Au contraire des femmes-girafes Padaung, qui vivent dans des villages frontaliers avec la Birmanie, et qui monnayent l’image de leur cou déformé par des anneaux en laiton… Je ne les juge pas de fonctionner ainsi, je condamne plutôt les touristes qui achètent l’image de leur difformité… Je sais bien que pour cette minorité ethnique, c’est un critère esthétique ou une identité culturelle, mais cette « coutume » fait souffrir des femmes, dès l’âge de 5 ans. Pour information, en 2008, le HCR (Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés) a encouragé le boycott par les touristes des villages Kayans (ou Padaung), considérant que les femmes y sont exhibées comme dans un « zoo humain ».  A l’inverse, les villageois que j’ai rencontrés dans mon voyage hors des sentiers battus du tourisme, se montrent touchés par l’intérêt que leur porte le visiteur étranger, et ils acceptent donc de se faire prendre en photo avec un plaisir évident. Ainsi, à Ban Sobhad, un village entouré de rizières dans le parc Doi Inthanon, la tisseuse était visiblement ravie devant l’objectif, et son sourire arc-en-ciel s’harmonisait avec les couleurs de ses cotonnades… Et en plus, son sens inné de l’hospitalité lui a même commandé de nous offrir un thé ou un café ! Parfois, l’accueil est organisé, comme à Samkha, une sorte de village « modèle » qui vit en autosuffisance et qui protège sa forêt de la culture sur brûlis. Nunok, une jeune femme Karen parlant anglais, reçoit de petits groupes chez elle, et explique autour d’un savoureux repas préparé par sa tante, comment la reforestation et la construction de digues ont amélioré leurs récoltes de riz, d’ail et de piment. Assis en cercle sur une natte autour d’un assortiment de plats, chacun trempe des petites boulettes de riz gluant dans les sauces proposées, tout en bombardant Nunok de questions. Alors que son cousin (un jeune bonze) s’est mis à l’écart pour consulter discrètement son smartphone, Nunok résume les principales restrictions auxquelles doivent se plier les moines bouddhistes (il y en a 227 !), et nous explique pourquoi un jeune homme (ou une jeune femme, il y a des nonnes habillées de blanc qui servent dans les temples), accepte ces règles contraignantes dans la société contemporaine…  Un bel exemple de tourisme durable... Dans le même ordre d’idée, je citerai l’exemple du « Royal Project » du parc Doi Inthanon, situé à côté du village de Klunklang : dans le but d’inciter les tribus montagnardes à ne pas pratiquer la culture sur brûlis (ce qui aggrave la déforestation), ni la culture d’opium, le gouvernement thaïlandais a formé ces villageois à des techniques d’agriculture modernes et respectueuses de l’environnement, tout en leur fournissant l’équipement et les outils pour le faire. Le site est splendide et se visite, le tourisme étant une composante du projet, car une partie de ce qui est produit sur place est cuisiné et servi dans un restaurant sur pilotis surplombant les cultures ! C’est génial comme idée, et à la satisfaction de voir la population travailler dans des serres de culture hydroponiques, des champs de fraises ou de salade, ou dans une ferme piscicole, s’ajoute le plaisir de retrouver tous ces produits dans son assiette. On ne peut pas manger plus local, avec des saveurs thaïe épicées, c’est un régal, et en plus tout est bio !   

THAÏLANDE – Parc national Doi Inthanon Petite fille devant un champ de fraises bio

De fabuleux temples bouddhistes

La religion tient une place capitale dans la vie des Thaïlandais. Le bouddhisme, teinté d’animisme dans les tribus du nord, régit la vie de tous les jours. Devant chaque maison ou commerce, les gens se recueillent en joignant les mains près du menton devant de petits autels chargés d’offrandes aux esprits. Dans chaque région, les temples (wat) reflètent l’architecture et le style décoratif des civilisations qui les ont influencées : l’Inde du sud au wat Chet Yod de Chiang Mai ; la Birmanie au wat Si Rong Muang de Lampang, rouge et or jusque sur ses toitures étagées, surchargé de dorures, de verres colorés et d’innombrables statues de bouddhas au regard bienveillant, sur lesquelles les gens pieux collent de petites feuilles d’or… Le wat Phumin de Nan abrite des peintures murales extraordinaires, véritables BD racontant la vie de Bouddha. Une fresque est particulièrement célèbre, celle de ce couple d’amoureux coiffés et habillés à la mode thaïe Lue, où un homme tatoué susurre des mots doux à l’oreille d’une femme au sourire complice, qui lui effleure le genou. Cette scène osée pour l’époque, reprise par tous les peintres et illustrateurs du pays, montre le vrai visage de la Thaïlande : une civilisation raffinée et délicate, à mille lieues des turpitudes de Pattaya ou de Phuket…

THAÏLANDE – Nan Jeune bonze du wat Phra That Khao Noi

Prolongation balnéaire au sud de Bangkok

Pour ceux qui ne conçoivent pas de voyage en Asie sans profiter tant soit peu des plaisirs balnéaires, la Thaïlande du sud offre l’embarras du choix. Mais sans descendre jusqu’à Phuket, il est possible de s’arrêter à Hua Hin, une grande station balnéaire un peu chic, pas trop éloignée de Bangkok, fréquentée par le gratin de la capitale. Vous y trouverez de bons hôtels, des restaurants spécialisés en fruits de mer, installés sur la plage, et toute la palette habituelle d’activités nautiques… Les plages ne sont pas à tomber à la renverse, c’est pourquoi vous en profiterez pour faire quelques excursions sympas. Par exemple faire un safari au parc naturel national de Kuiburi. On s’installe à l’arrière d’un 4×4, qui sillonne à faible vitesse des pistes jalonnées de postes d’observation. Il pleuvait à verse pendant mon safari, mais nous avons quand même pu observer une troupe d’éléphants qui se baignaient dans une mare. Voir ces pachydermes insouciants dans leur élément naturel, s’aspergeant et prenant un plaisir visible à leur bain, c’est tout de même autre chose que de voir des éléphants piétiner dans un zoo, ou dressés à balader des touristes, quand ils ne sont pas asservis aux rudes travaux de débardage en tirant de lourdes grumes de bois… De plus, l’argent dépensé dans cette réserve revient intégralement aux paysans du coin, puisque ce sont eux les chauffeurs et les guides du safari ! Encore un bel exemple de tourisme durable. Par contre, je déconseille le Khao Deng canal boat trip, une excursion proposée dans tous les hôtels, consistant à faire un tour de bateau sur des canaux marécageux. Le cadre est superbe, avec ces falaises karstiques bordant la mangrove, mais le moteur pétaradant est si bruyant (et polluant !) qu’il gâche tout le plaisir de la balade, en plus de faire fuir toute la faune… Quand on pense qu’il suffirait d’un moteur électrique pour transformer cet attrape-touriste en balade merveilleuse… Enfin, il nous a été signalé, dans la région, une excursion à faire absolument, que je n’ai malheureusement pas eu le temps de faire : il s’agit de la grotte Phraya Nakhon, le joyau du parc national de Sam Roi Yot. Accessible à pieds après un petit trek, la grotte abrite une modeste construction érigée sur un tertre, un petit pavillon royal construit en 1890 à l’occasion de la visite du roi Rama V. Si votre guide a bien calculé son coup, vous devrez arriver au moment où les rayons de soleil éclairent quasi miraculeusement ce temple en passant par une ouverture au sommet de la grotte, et en le nimbant de lumière : il paraît que c’est magique ! (Je joins une photo prise sur google images…)

Mon voyage pratique

Y aller : La Thaï Airways a un vol direct quotidien Paris-Bangkok en A380, à partir de 839 € A/R. https://www.thaiairways.com/fr_FR/index.page?gclid=EAIaIQobChMIxafNiM6V3wIVTLvtCh0jVwo3EAAYASAAEgKpEPD_BwE

Voyagiste : Grâce à son réceptif local très réactif, Evaneos vous concoctera un itinéraire sur mesure en Thaïlande du nord, à partir de 900 €/p pour 7 nuits en B&B. www.evaneos.fr

Séjourner :

Au Rati Lanna de Chiang Mai, un somptueux 4* « éco-friendly », situé au bord de la rivière Ping. A partir de 250 €/ch en B&B.

THAÏLANDE – Chiang Mai Hôtel Rati Lanna Riverside

Coup de cœur pour le très « roots »  Giant Bamboo Hut, une maison tout en bambou en forme de bateau, au charme fou, au milieu des rizières de Doi Inthanon. Compter environ 80 € la nuit pour 2 en pension complète. Réservation sur Facebook.  https://www.facebook.com/Giant-Bamboo-Hut-356513381353632/

Nan Seasons boutique resort : 7 villas en tek noyées dans la verdure, surplombant les rizières. A partir de 70 €/ch en B&B.

Evason Hua Hin : situé à Pranburi, à l’écart de l’animation de Hua Hin, magnifique 5 * aux chambres spacieuses, donnant dans un jardin tropical. Idéal pour une cure de bien-être, grâce à la zénitude de sa piscine, et surtout grâce à son spa The Six Senses, l’un des plus réputés de Thaïlande. A partir de 250 €/ch double en B&B. 

THAÏLANDE – Pranburi A l’hôtel Evason

Onusa retreat, au sud de Hua Hin : superbes villas en tek abritées dans un jardin tropical, à deux pas de la mer. Le proprio est un australien qui s’appelle…Gary Cooper ! A partir de 150 €/ch en B&B.

Se restaurer :

Huean Hom, à Nan : juste à côté du wat Phumin, restaurant à la clientèle exclusivement thaïe, qui fait un délicieux khao soï, le plat du nord emblématique, avec des nouilles de blé au bouillon de coco, des épices et de la viande. Pas cher du tout…

Let’s SeaBeach, à Hua Hin : jolie terrasse vue mer pour ce restaurant de poissons à la cuisine raffinée. Compter 30 €/p.

Bien-être : Oasis Spa (Sam Lan Road), à Chiang Maï : un havre de paix et de douceur au cœur du bruyant centre-ville. Le traditionnel massage thaï de 2 h est à seulement 45 € !

THAÏLANDE – Nan

Se renseigner : http://www.tourismethaifr.com  

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