Croisière en Egypte sur le lac Nasser

EGYPTE - Louxor Temple de Louxor Tête de Ramsès II

 

6 h du matin. Les étoiles s’éteignent une à une tandis que les babouins sculptés en frise en haut du temple d’Abou Simbel saluent le lever du soleil. Les colossales statues de Ramsès II rosissent et accueillent le disque solaire avec ce même léger sourire depuis plus de trois mille ans. Le silence est total. Nous sommes en plein milieu du désert, en Nubie, au sud de l’Egypte, dans ce lieu mythique où s’élèvent les fabuleux temples de Ramsès II, et celui de sa femme, Néfertari. Une cloche sonne, tirant les spectateurs matinaux de leur contemplation. Ils descendent du pont supérieur vers le lobby de leur bateau-hôtel, qui mouille à quelques encablures du plus célèbre monument de Haute Egypte. Un guide les attend, pour une visite très privilégiée des temples. En effet, les autocars provenant d’Assouan ne sont pas encore arrivés, ni les premiers avions. C’est l’un des principaux avantages dont bénéficient les voyageurs effectuant une croisière sur le lac Nasser, cette immense retenue d’eau formée par les barrages d’Assouan sur le Nil. Seulement une poignée de bateaux effectuent des croisières sur ce lac. Sachant qu’il y en a plus de 300 naviguant sur le Nil, cela donne une idée de la tranquillité dont on bénéficie sur les sites. A Abou Simbel, surtout, cet avantage est appréciable. Déambuler entre les piliers en évitant la cohue, pénétrer seuls dans les pièces latérales à offrandes comme si vous étiez des explorateurs, et écouter les explications du guide dans le calme et la sérénité convenant à ce lieu, c’est l’assurance de profiter vraiment de la visite. De prendre le temps d’observer les détails d’une scène de guerre, la finesse des traits des divinités, et de saisir les expressions des personnages gravés de profil dans la pierre. Bref, d’être ébloui à jamais par ce temple gigantesque, sauvé des eaux par l’Unesco de 1964 à 1968.

 

Après avoir quitté Abou Simbel, le bateau voguera sur cette mer intérieure, si large qu’on n’en distingue pas les deux rives. Peu importe, d’ailleurs, car contrairement aux rives du Nil, vivantes et colorées, les abords du lac Nasser forment un univers monotone de collines et de dunes ocres, sans l’ombre d’une présence humaine. Lors de la montée des eaux, les populations nubiennes ont été déplacées en aval, et les seuls monuments qui se dressent dans ce désert, sont ceux qui ont été déplacés par l’Unesco, et qui font le but des visites quotidiennes. Pendant la navigation, vous aurez tout le temps pour vous reposer sur le pont supérieur, ou dans votre cabine climatisée (il fait très chaud, dans le désert nubien, et toujours beau !). N’étant pas limités par l’écluse d’Esna, les bateaux du lac Nasser sont plus larges et plus longs que ceux naviguant sur le Nil, ce qui leur permet d’avoir des cabines spacieuses, et une piscine digne de ce nom… Les temples nubiens sont de toute beauté et fascinent autant le profane que l’égyptologue. S’ils sont moins connus que ceux du Nil, c’est parce qu’ils ne sont ouverts à la visite que depuis une vingtaine d’années. Certains abritent des fresques aux couleurs étonnamment bien conservées, comme les temples d’Amada, où les guides lisent les panneaux de hiéroglyphes à livre ouvert, en racontant les exploits de Thoutmosis III ou de Ramsès II. Les scènes très réalistes de prisonniers ligotés du temple de Wadi es-Seboua, expriment bien la toute-puissance des pharaons égyptiens sur cette région. Non loin de là, à dix minutes à dos de chameau, se dresse le temple de Dakka, où l’on voit bien l’évolution de la représentation au fil des siècles : sous l’influence grecque, les personnages sont plus en mouvement, et prennent des formes plus rondes, surtout les femmes. Au temple de Kalabsha, tout près d’Assouan, on progresse encore en finesse des traits et des expressions, et les reliefs sont si bien conservés, qu’on distingue aussi les détails des vêtements !

 

Bien que la croisière finisse à Assouan, votre séjour n’est pourtant pas terminé. Vous pourrez visiter la ville librement, et aller prendre un verre à l’hôtel Old Cataract, ce magnifique palais colonial situé en surplomb de l’île Elephantine. C’est si agréable, le soir surtout, lorsque les felouques tournent comme des papillons autour d’une lampe, sur le Nil embrasé par le soleil couchant. Et à l’aller ou au retour (selon les vols), vous passerez aussi une journée ou deux à Louxor, pour voir ou revoir le fabuleux temple de Louxor, ou son musée, pour longer le Nil en calèche, ou pour flâner dans les souks à la recherche de vos derniers achats de souvenirs : statuettes, cartouches gravées à votre nom, pierres précieuses, tapis, cuivres, boîtes en bois sculptées, épices… Ah, l’Egypte éternelle, on croit la connaître et elle nous séduit toujours !

Pratique

La croisière sur le lac Nasser ne durant que trois jours, les voyagistes proposent trois ou quatre nuits dans des hôtels de Louxor, d’Assouan ou du Caire. Les bateaux proposés sont en général de bon confort (5* ou 5* luxe). La pension étant complète sur les bateaux, les prix dépendent essentiellement des prestations hors croisière (dîners, excursions) et des hôtels proposés.

Plusieurs voyagistes proposent des croisières sur le lac Nasser : Les Voyages du Pharaon (spécialiste de l’Egypte), Jet Tours, Djosair Voyages, STI voyages…

 

 

Heures de vol : 4 h 30 pour Le Caire, 5 h pour Louxor

Meilleure période : d’octobre à avril. L’été, la température grimpe à 45 °C dans le désert nubien.

Décalage horaire : + 1 h par rapport à la France

Se renseigner : http://www.egypt.travel/fr

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